14 novembre 2020 6 14 /11 /novembre /2020 08:30

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 16

 

 

 

 

Rêve intermittent

 

 

d'une nuit triste

 

 

 

 

 

 

 

Marceline Desbordes-Valmore

 

Poème choisi, transcrit & remanié pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : Edma Trimolet (peinture de), domaine public, Commons.

 

 

Le texte reproduit ci-dessous provient de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Poésies de Mme Desbordes-Valmore, 2e édition publiées par Gustave REVILLIOD, Genève, imprimerie Jules-Guillaume Fick, 1873, « Famille », pp. 107-113. Ce recueil appartient au domaine public.

 

 

 

Ô champs paternels hérissés de charmilles

Où glissent le soir des flots de jeunes filles !

 

Ô frais pâturage où de limpides eaux

Font bondir la chèvre et chanter les roseaux !

 

Ô terre natale ! à votre nom que j'aime,

Mon âme s'en va toute hors d'elle-même ;

 

Mon âme se prend à chanter sans effort ;

À pleurer aussi tant mon amour est fort !

 

J'ai vécu d'aimer, j'ai donc vécu de larmes ;

Et voilà pourquoi mes pleurs eurent leurs charmes.

 

Voilà, mon pays, n'en ayant pu mourir,

Pourquoi j'aime encore au risque de souffrir.

 

Voilà, mon berceau, ma colline enchantée,

Dont j'ai tant foulé la robe veloutée,

 

Pourquoi je m'envole à vos bleus horizons,

Rasant les flots d'or des pliantes moissons.

 

La vache mugit sur votre pente douce,

Tant elle a d'herbage et d'odorante mousse,

 

Et comme au repos appelant le passant,

Le suit d'un regard humide et caressant.

 

Jamais les bergers pour leurs brebis errantes

N'ont trouvé tant d'eau qu'à vos sources courantes.

 

J'y rampai débile en mes plus jeunes mois,

Et je devins rose au souffle de vos bois.

 

Les bruns laboureurs m'asseyaient dans la plaine

Où les bleds nouveaux nourrissaient mon haleine.

 

Albertine aussi, sœur des blancs papillons,

Poursuivait les fleurs dans les mêmes sillons ;

 

Car la liberté toute riante et mûre

Est là, comme aux cieux, sans glaive, sans armure,

 

Sans peur, sans audace et sans austérité,

Disant : « Aimez-moi, je suis la liberté ! »

 

Ô patrie absente ! ô fécondes campagnes,

Où vinrent s'asseoir les servantes Espagne !

 

Antiques noyers, vrais maîtres de ces lieux,

Qui versez tant d'ombre où dorment nos aïeux !

 

Échos tout vibrants de la voix de mon père

Qui chantait pour tous : «  Espère ! espère ! espère ! »

 

Ce chant apporté par des soldats pieux,

Ardents à planter tant de croix sous nos cieux,

 

Ce chant apporté par des soldats pieux,

Ardents à planter tant de croix sous nos cieux,

 

Tant de hauts clochers remplis d'airain sonore,

Dont les carillons les rappellent encore :

 

Je vous enverrai ma vive et blonde enfant,

Qui rit quand elle a ses longs cheveux au vent.

 

Parmi les enfants nés à votre mamelle,

Vous n'en ayez pas qui soit si charmant qu'elle !

 

Un vieillard a dit en regardant ses yeux :

« Il faut que sa mère ait vu ce rêve aux cieux ! »

 

En la soulevant par ses blanches aisselles

J'ai cru bien souvent que j'y sentais des ailes !

 

Ce fruit de mon âme, à cultiver si doux,

S'il faut le céder, ce ne sera qu'à vous !

 

Du lait qui vous vient d'une source divine

Gonflez le cœur pur de cette frêle ondine.

 

Le lait jaillissant d'un sol vierge et fleuri

Lui paira le mien qui fut triste et tari.

 

Pour voiler son front qu'une flamme environne

Ouvrez vos bleuets en signe de couronne :

 

Des pieds si petits n'écrasent pas les fleurs,

et son innocence a toutes leurs couleurs.

 

Un soir, près de l'eau, des femmes l'ont bénie,

Et mon cœur profond soupira d'harmonie.

 

Dans ce cœur penché vers son jeune avenir

Votre nom tinta prophète souvenir,

 

Et j'ai répondu de ma voix toute pleine

Au souffle embaumé de votre errante haleine.

 

Vers vos nids chantants laissez-la donc aller ;

L'enfant sait déjà qu'ils naissent pour voler.

 

Déjà son esprit, prenant goût au silence,

Monte où sans appui l'alouette s'élance,

 

Et s'isole, et nage au fond du lac d'azur

Et puis redescend le gosier plein d'air pur.

 

Que de l'oiseau gris l'hymne haute et pieuse

Rende à tout jamais son âme harmonieuse !....

 

Que vos ruisseaux clairs dont les bruits m'ont parlé,

Humectant sa voix d'un long rythme perlé ! ….

 

Avant de gagner sa couche de fougère,

Laissez-la courir, curieuse et légère,

 

Au bois où la lune épanche ses lueurs

Dans l'arbre qui tremble inondé de ses pleurs,

 

Afin qu'en dormant sous vos images vertes

Ses grâces d'enfant en soient toutes couvertes.

 

Des rideaux mouvants la chaste profondeur

Maintiendra l'air pur alentour de son cœur,

 

Vis-à-vis les fleurs qu'un rien fait tressaillir

Elle ira danser, sans jamais les cueillir,

Croyant que les fleurs ont aussi leurs familles,

Et savent pleurer comme les jeunes filles.

 

Sans piquer son front vos abeilles, là-bas,

L'instruiront, rêveuse, à mesurer ses pas ;

 

Car l'insecte armé d'une sourde cymbale

Donne à la pensée une censure égale.

 

Ainsi s'en ira, calme et libre et content,

Ce filet d'eau vive au bonheur qui l'attend ;

 

Et d'un chêne creux la Madone oubliée

La regardera dans l'herbe agenouillée.

 

Quand je la berçais, doux poids de mes genoux !

Mon chant, mes baisers, tout lui parlait de vous,

 

Ô champs paternels, hérissés de charmilles

Où glissent, le soir, des flots de jeunes filles.

 

Que ma fille monte à vos flancs ronds et verts,

Et soyez béni, doux point de l'Univers !

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Marceline Desbordes-Valmore, « Rêve intermittent d'une nuit triste », poème extrait de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Poésies, 2e éd. publiées par Gustave REVILLIOD (1873), choisi, transcrit & remanié par Dina Sahyouni Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 14 novembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/mdv-revetriste

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Reconfinement
13 novembre 2020 5 13 /11 /novembre /2020 09:00

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 15

 

 

 

 

Rêve-oreiller

 

 

 

Pascal Dandois

 

 

 

Crédit photo : Lautrec," Dans le lit/in bed", 1893, ima e de Commmons, domaine public. 

 

 

 

 

Par accident/Je me suis rendormi/Sur l’oreiller où j’avais rêvé de toi/En vraie/Et, malencontreusement/En me réveillant/J’ai revécu l’enfer qui se ment/C’est-à-dire, ce cauchemar de l’éveil/Celui de se souvenir enfin/D’avoir oublié l’inoubliable/Enfin/Et trop tard/Et c’est vraiment con/De ne parvenir qu’à écrire des absurdités/Des phrases insensées/Qui pourtant disent tout/Qui disent tout/Mais ne parlent à personne/Car tu n’es pas/Et n’a surement jamais été/De ma vie/N’es-tu plus que ce fantasme traumatique/Qui fit de moi ce grand monstre/Ce fantôme humoristique ?/Et, tu n’existes pas telle que tu devrais être/Si les circonstances n’avaient pas été que des horreurs sans noms/Qui me plongèrent dans l’abyme psychiatrique/D’une pensée logorrhéique/Où se mêlèrent les stigmates physiques/De mon infirmité suicidaire/Car je suis si d’air bête/Idiot/Que, vois/Je me dandine/Sur mes béquilles/Ceci/Parce que/Je n’ai vécu que la parodie de moi-même/Qui n’a qu’à peine eut le temps d’être enfant/Et que, de cela/Je le sais/Car cela n’a de cesse/Je vais en mourir de rien/De rien, depuis toujours/De rien comme toujours/Mais, peut-être que/Je t’aurais peut-être aimée au moins jusque-là/Si j’avais pu/Si j’avais pu être apte/Bien après qu’il ne soit trop tôt pour jouer les Casanova prépubères/Ou plutôt, les Dom Juan (car l’enfer me guète encore)/Mais passons/Puisque comme il se doit je m’en fous/Car/Comme je l’ai écrit précédemment/Je vais en mourir de rien.

 

 

La version ci-dessous est proposée par LE PAN POÉTIQUE DES MUSES pour vous faciliter uniquement la lecture de la rêverie originale de Pascal Dandois présente ci-dessus :

 

 

 

 

Par accident

Je me suis rendormi

Sur l’oreiller où j’avais rêvé de toi

En vraie

Et, malencontreusement

En me réveillant

J’ai revécu l’enfer qui se ment

C’est-à-dire, ce cauchemar de l’éveil

Celui de se souvenir enfin

D’avoir oublié l’inoubliable

Enfin

Et trop tard

Et c’est vraiment con

De ne parvenir qu’à écrire des absurdités

Des phrases insensées

Qui pourtant disent tout

Qui disent tout

Mais ne parlent à personne

Car tu n’es pas

Et n’a surement jamais été

De ma vie

N’es-tu plus que ce fantasme traumatique

Qui fit de moi ce grand monstre

Ce fantôme humoristique ?

Et, tu n’existes pas telle que tu devrais être

Si les circonstances n’avaient pas été que des horreurs sans noms

Qui me plongèrent dans l’abyme psychiatrique

D’une pensée logorrhéique

Où se mêlèrent les stigmates physiques

De mon infirmité suicidaire

Car je suis si d’air bête

Idiot

Que, vois

Je me dandine

Sur mes béquilles

Ceci

Parce que

Je n’ai vécu que la parodie de moi-même

Qui n’a qu’à peine eut le temps d’être enfant

Et que, de cela

Je le sais

Car cela n’a de cesse

Je vais en mourir de rien

De rien, depuis toujours

De rien comme toujours

Mais, peut-être que

Je t’aurais peut-être aimée au moins jusque-là

Si j’avais pu

Si j’avais pu être apte

Bien après qu’il ne soit trop tôt pour jouer les Casanova prépubères

Ou plutôt, les Dom Juan (car l’enfer me guète encore)

Mais passons

Puisque comme il se doit je m’en fous

Car

Comme je l’ai écrit précédemment

Je vais en mourir de rien.

​​​​​

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Pascal Dandois, « Rêve-oreiller », poème inédit Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 13 novembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/d-reve-oreiller 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Reconfinement
12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 09:00

 

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 14

 

 

 

 

 

 

 

Rêve éveillé

 

 

 

 

 

Michel Orban

 

 

 

​​​​​​Crédit photo : Charles Joshua Chaplin, "Rêverie" image de Commons, domaine public. 

 


 

 

La nuit,

Ton prénom sommeille en moi.

Mon cœur en éveil

Attend le songe de notre rencontre.

Dans l’obscurité,

Mes désirs voient le jour.

 

 

©MO

 

***​​​​

 

Pour citer ce poème

 

Michel Orban, « Rêve éveillé », poème inédit Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 12 novembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/mo-reve-eveille

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Reconfinement Rêves, rêveries, songes
12 novembre 2020 4 12 /11 /novembre /2020 08:58

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 14 

 

 

 

 

Brûlée vive​​​​​​

 

 

 

 

Lionel Marçal

​​​​​​

 

 

 

Tu réclames sans cesse, réclames que ça s'arrête, qu'au débotté les ombres crient ton nom, crient ton nom, même sombre, même sans beauté, tu veux que Dieu épelle ton aube, qu'il épelle ta mémoire, ton décor
Tu veux que la nature entière s'interrompe dans son être pour entorser son règlement et t'offrir un bic indolore et des idées sans accalmie
Tu veux des prêtres d'horizon pour consoler tes soirs de brumes et l'écume de tristes pensions à dire quand ton cœur se consume
Tu chantes que tu voudrais Le voir et Le sentir mais ne consens pas à la foi, tu vois son trône figurer sur le vitrail de ton mépris
Tu sens son souffle en rêve et voudrait l'équation du ciel, des étoiles de rumeur pour tapisser tes intérieurs
En guerre, tu te déguises en flammes seules, tu satines tes boucliers et aiguises tes solitudes
En guerre, tu soignes le calme de tes lèvres et panses tes plaies métisses dont tu crèves
Tu es une mer et ta musique repeuple la grève
Toi : lumière fidèle parmi tous les amas de chaire fidèle
À la pluie, à ta forge
À tes blés, à tes orges
Fidèle à ton point de mire, à ton rêve-étalon, aux symphonies que tu suintes, aux parfums de tes craintes
Tu es un après-midi de sieste après l'amour
Tu es une bibliothèque de paradis de secours
Tu es un rire
Tu es une marge, un interstice
Une blessure faite à la lumière

Mais pourquoi étouffes-tu les colombes dans les nids cachés de ton cœur de gamine ?
Où vas-tu quand tu sombres dans la cendre d'un franc matin ?
Comment annules-tu les milliards que tu héberges à la semaine ?
Que deviennent les couleurs et les rêves que tu promènes ?


Ton ventre te pilote et tes pensées que disent-elles ?
Et tes églises polyglottes et tes armées bleues pastel ?
Et ton tambour de folie ?
Et ton recueil de douilles ?
Et ta réserve de scolie ?
Et tes projets de fouilles ?

Intraitable femme-tempête 

Ardente dans tes gestes et ta voix
Fervente dans ta force et ta foi
L'autre, pas celles des minots

Pas celle des clercs faux 

Pas celle des ânes des mondes clos
Car la tienne brûle et domine par son feu

Née brûlée vive d'une fureur de la terre
Tu hybrides tes amours au regard de ton zèle
Explose de tes choix en hors-sol essentiels
Explore ta citadelle comme on explore des joies saines
Et contrebande ses éboulis la tête haute comme un reine

Ce toi d'octobre je l'ai connu
Il m'a séduit comme une paresse, tes silences m'ont déçu, ils ont des mélodies d'ogresse
Tu goûtais tant la vie et parfumais tes habitudes
Maquillais ta raison en doute et tes doutes en grammes de quiétudes

Il est grand temps de leur rentrer dedans, de leur creuser des cryptes saines, d'affiner leur panique en bateau de papier, de reconstruire la ville avec le béton des tendresses
Fais leur un univers en boutique, à emporter, que chez eux

Tous ces chiens anémiques acceptent le siècle injurieux

 

©LM

 

 

Professeur des écoles. À 35 ans, LionelMarçal, dit Lionel Soulchildren, n'est pas un professeur des écoles comme les autres.  L'argenteuillais discret, ancien membre du duo de compositeurs hip-hop The Soulchildren, a en effet composé pour quelques-uns des artistes les plus emblématiques du rap français. Sexion d'Assaut, Oxmo Puccino et Lucio Bukowski aussi bien que Soprano, Akhenaton ou Keny Arkana.  Internal Explosive et Le Disque de Sable, ses projets en solo, constituent un hommage à la littérature, car il a souvent puisé son inspiration du côté d'auteurs tels que Depestre, Ferré, Char ou Neruda. Depuis 2019, on retrouve certains de ses poèmes dans les revues littéraires L'Hermine et la Plume, Schnaps, Nègre Blanc, Éditions du Placard, Trilobite, Le Coquelicot, les Cahiers de Poésie,  la Revue des Archers et le Cafard Hérétique

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Lionel Marçal, « Brûlée vive », poème inédit Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 12 novembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/lm-bruleevive

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Reconfinement
11 novembre 2020 3 11 /11 /novembre /2020 09:00

N°8 | Encart des langues étrangères | Événements poétiques | ReConfinement| Rêveries fleuries | Jour 13

 

 

 

 

مواطن ٌ بدرجة ِ لاجئ

 

/

 

L'exilé

 


 

 

Poème inédit écrit en français et traduit en arabe par

Mona Gamal El Dine/

 د. منى جمال الدّين

 

 

شعر : د. منى جمال الدّين 

مراجعة النـّص : سالبي بغده صاريان 


 

Poème écrit en français et traduit en arabe par

 

 

 

هل لدي َّ أن أبوح َ لكم بسرّي ؟

أنا أعيش ُ على رِتـْم دقـّات قلبي

و أهمس ُ بمئات التـّخيّلات لروحي

و أودُّ أن ْ أ ُردِّد َ بأنـّني من يشيد ُ البنيان 

و أتمنـّى أن أرفع َ مشروعا ً عاليا ً بالعمران 

مع أنـّني لا أحوز ُ بحُبّكم بكل ِّ تقدير

و بدون ِ مواطن ٍ دون مواطنة 

و قد ْ تجدوني في زحام ِ الأنقاض ِ المـُندَثرة 

جسدي كالمومياء 

و تشيّدون َ تمثالا ً للشيطان ِ ليكون َ هويّتي 

أنـّني أبحث ُ عن الحكمة ِ على باب ِ مملكة ِ الأموات 

لكنـّني أبحث ُ عن مصيري

ها أنذا المظلوم ُ بدربي

تجربة ٌ قاسية ٌ على بدني

و سوف َ أفرح ُ في يوم ٍ تـُقلـِّدوني ملك َ المعمار 

حتى بقايا الزلزال ِ لها جمالها 

حرفتي أن أ ُجـَمِّل َ الحجر َ حتـّى يشق َّمنه ُ النور 

غدا ً التـّاريخ ُ سوف َ يـَذْكـُرُني بحروف ٍ من نور 

 

 


 

ليس َ لي اختيار ٌ فأنا في ذِمّة ِ النـّسيان

أرجوكم تذكـّروا عُمّال البناء 

الذين هـُم ْ عباقرة ُ تشييد ِ صرح ِ الكنائس

لكنـّهم مُسْتـَضـْعَفين مثلي 

أنا اللاجئ بدرجة ِ مواطن 

ماذا أفعل ُ كي أستحق ًّ محبـّتكم !؟

سأ ُدَوِّن ُ على صفحاتي مُذكـّرات لاجئ

ساكتب ُ حكايتي مع الآخرين 

حتـّى الماضي يُسجـّل ُ مصيري على أجنحة ِ الذ ّكريات 

حكايتي مجدولة ٌ بكلمات ٍ من ذهب 

لكنـّني لا أعرف ُ الطريق َ إليكم 

بل إنني لا أعرف ُ أسراركم 

سأظل ُّ كما حالي أنا عامل ُ البناء ِو أنتم مهندسو المعمار

 

 

L’exilé

 

Je dois vous faire une belle confidence

Je vis aux battements du cœur

Je possède des milliers de dessins de l’âme

Je murmurais, je suis le bâtisseur de la terre

Je suis enthousiaste de grand chantier

Je suis l’histoire mal aimée

J’arrive en dernier citoyen

Dans la jungle des vestiges, vous trouverez ma momie

Un démon triste sera mon symbole

Je suis en quête de sagesse aux portes des royaumes des morts

Je n’ai pas ma place …

C’est moi l’homme opprimé

C’est une épreuve douloureuse

Un jour, je serai le roi des bâtisseurs, les ruines ont leur beauté

Ciseler les pierres, laisser passer la lumière

Le bâtisseur de demain témoigne de mon incroyable histoire

Je n’ai pas le choix, je suis la girouette de l’histoire

Souvenez-vous des bâtisseurs ?

1/2

 

Génie de construire les chapelles

Barbare comme moi l’exilé

Que faire pour aimer l’autre ?

Sur les pages de l’exil, j’écrirai le mode d’emploi

Le passé glisse sur les ailes de la mémoire

La parole est d’or

Je ne connais pas vos thèmes

Je n’ai pas vos codes

Vous êtes l’architecte et moi le bâtisseur

 

MGED, juin 2020.

 

Les recueils qui ont paru dernièrement de l'auteure/autrice :

© Crédits photos : Couvertures de 2 recueils parus de la poète, images fournies par Mona Gamal El Dine. 

 

 

***

 

Pour citer ce poème bilingue 

 

منى جمال الدّين ​​​​​/Mona Gamal El Dine, « مواطن ٌ بدرجة ِ لاجئ / L'exilé », poème inédit Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries » & N°8 Penser les maladies & la vieillesse, 2ème volet sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 11 novembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/mged-exile

 

 

 

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

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