25 janvier 2021 1 25 /01 /janvier /2021 15:28

 

Lettre n°15  | Eaux oniriques... | Textes poétiques thématiques |  S'ndigner, soutenir, Lettres ouvertes, Hommages, etc. | Poésie féministe pour lutter contre les violences faites aux femmes

​​​​

 

 

 

 

perdre la mer

 

​​

 

 

Houle

 

 

 

 

Crédit photo : Édouard Debat-Ponsan (1847- 1913), La Vérité sortant du puits, domaine public, image trouvée sur Wikipédia.

 

 


 

je me souviens de l'angoisse dans mon ventre. quelques jours, quelques semaines après les viols. si je portais un enfant ? si je portais l'enfant de l'homme ayant volé mon corps de petite fille ? mon ventre était déjà plein d'une peine trop lourde pour mon corps. Chaque soir et chaque matin, je me déshabillais devant le miroir de plain-pied. je contemplais mon ventre de profil, de face, de trois quarts, pour constater un changement, ou son absence. je comptais sur mes doigts les jours me séparant de mes règles. puis les jours de trop. ceux que je n'aurais jamais dû compter. pourtant mon ventre ne grossissait pas. mon ventre était une mer tranquille, qu'aucune vague ne venait troubler. je pensais que, peut-être, l'enfant était aussi fragile que moi. aussi faible que je l'avais été. peut-être même que l'enfant avait la taille de mon amour, et qu'il ne grandissait pas. j'avais tellement honte. honte de porter un enfant. honte qu’à peine sortie de l'enfance, il faille donner naissance à mon tour. je ne voulais qu'une chose, c'était que l'enfant sorte de moi, qu'il me tue. je voulais mourir, et je voulais que ma mort l'emporte, comme les rouleaux des vagues m'attirent. je voulais noyer tout mon corps. laver chaque enfant de son angoisse, et de sa haine. mais je ne pouvais pas. je ne savais pas comment faire. comment donner la vie, alors que je mourrais. donner naissance alors que j'étais incapable de survivre.


 

 

 

 

 

 

cela ne te suffit pas de prendre mon corps
et de repartir, me laissant pour morte,
quelque part sur ton lit,
les volets clos contre mes larmes.
cela ne te suffit pas de prendre mon corps.
il faut que tu l'habites,
que tu l'occupes alors même
que tu n'es plus là.
quand je rentre seule le soir,
je me fonds dans un recoin de la chambre,
mes jambes contre mon torse,
je serre mon ventre si fort
pour qu'il ne grossisse pas.
je murmure dans une prière,
il n'y a pas la place pour deux enfants
dans mon corps*

 

 

* Ces deux poèmes contiennent une  licence grammaticale portant sur le refus de la majuscule, nous les publions tels quels avec leur titre pour respecter la volonté de la poète, LPpdm. 

 

 

***

 

Pour citer ces poèmes féministes pour lutter contre le viol

 

 

Houle« perdre la mer », poèmes féministes inédits sur le viol, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 25 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/houle-perdrelamer

 

 

 

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22 janvier 2021 5 22 /01 /janvier /2021 11:40

 

Lettre n°15  | Eaux oniriques... | Critique & réception 

 

 

 

 

 

Adrien Cannamela​​​​​​,

 

Le Petit Prince aux douze pieds,

 

L’Harmattan, 2018, 125 p., format A5, 20€

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© Crédit photo, Première de couverture illustrée du recueil Le Petit Prince aux douze pieds aux éditions L’Harmattan, 2018. 

 

 

Le Petit Prince de Saint-Exupéry, après avoir fait le tour du monde est maintenant campé sur douze pieds par une prouesse poétique d’Adrien Cannamela pour qui rien ne semble impossible. Pari réussi ! 

Et on le comprend bien quand il écrit dans le prolongement de l’idée de Saint Ex « Ce rêve me hante ». Rêve qui se traduit dans une sorte de complétude de la pensée de Saint Ex.

On se demande ce que le créateur du Petit Prince aurait pensé de cette rencontre avec son personnage. En effet, en chacun de nous loge un Petit prince avec lequel on rêve de dialoguer. Le poète s’est accordé une certaine licence en juxtaposant sa pensée à celle de St Ex. Au discours originel (en italique) s’adjoignent les mots issus de son imaginaire et le tout est construit en alexandrin.

Les qualificatifs employés tombent bien à propos sur le plan discursif. Là encore, on peut toujours épiloguer en se demandant si sur le plan sémantique tout est dans le droit fil. Mais on ne va pas lui tenir rigueur, privilégions l’aspect poétique car il s’agit d’une fantaisie littéraire Apprécions ainsi ces vers de la page 19 :

 

Il me fallait fallut longtemps ainsi pour bien comprendre

De quel endroit venait Petit prince charmant,

Il posait des questions ne voulant pas m’entendre

Mais ses mots prononcés par hasard doucement, «

» Vont ainsi révéler le fond de sa pensée,

 

De très belles évocations et des apartés sur fond poétique qui ne manquent pas de nous enchanter, nous dérider. Le poète a su y mettre du sien sans être insipide. Très bel hommage à Saint-Exupéry. Comme quoi la poésie se mêle de tout ou à tout, c’est selon.

Il a su maintenir le souffle sur 117 pages divisées en vingt-sept chapitres avec une maîtrise de la syntaxe classique.

Adrien Cannamela n’a pas fini de nous étonner en s’appropriant l’œuvre de Saint-Exupéry. C’est une leçon de vérité qu’il nous enseigne par la voie poétique en nous faisant entendre la voix du Petit Prince. Notons les vers suivants (cf. p. 96) :

 

Mais il ne répond pas lorsque je le questionne

Il me dit simplement : « L’eau vois-tu pour le cœur,

Est bonne également, un bonheur, qu’elle donne !*

 

 

 

 

* Voir aussi la page du livre aux éditions L'harmattan :

 

***

 

Pour citer ce texte 

 

 

Maggy De Coster​​​​«  Adrien Cannamela, Le Petit Prince aux douze pieds, L’Harmattan, 2018, 125 p., format A5, 20€ », critique inédite, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 22 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/adriencannamela-lepetitprinceauxdouzepieds

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm
21 janvier 2021 4 21 /01 /janvier /2021 16:28

 

Lettre n°15  | Eaux oniriques... | Textes poétiques thématiques

 

 

 

 

 

 

Les dépossédé. e. s

 

  

 

 

Charlène Lyonnet

 

 

 


 

 

Mélodie des sirènes alarmées,

Par le passage,

Du navire près des rochers.

Naufrage.

 

 

Dépêchées sur la plage,

Les mariées ont retrouvé,

Emportés par l’orage,

Le cœur brisé, 

Marins volages,

Maris pêcheurs échoués.

 

 

Leur dernier baiser

Était humide et salé.

 

 

À chaque mariage,

Les cloches ont résonné,

Dans le petit village.

Mères et belles mères désenchantées,

Par funèbres hommages,

Mise en garde ont formulée,

Comme un funeste présage :

 

 

« Hissée, comme sur le mât d’un voilier

Par la mer jalouse qui enrage,

Portée par les vagues tourmentées,

La voile noire du veuvage,

Déployée,

Menace d’abordage,

Les épouses restées,

Sur le rivage. »

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe 

 

 

Charlène Lyonnet​​​​« Les dépossédé.e.s », poème féministe inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 21 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/cl-lesdepossede-e-s

 

 

 

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20 janvier 2021 3 20 /01 /janvier /2021 11:08

 

Événements poétiques | Le Printemps des Poètes « Désir » | Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

l’après-midi

 

 

d’un Rossignol

​​

 

 

Mona Gamal El Dine

 

Docteur en sciences de l'art (La Sorbonne Paris), Membre de la Société des Gens de Lettres, Membre du P.E.N Club International, Sociétaire des Poètes Français, Présidente de l'association ISIS Arts & Cultures, Fondatrice des Rencontres des Poètes pour la Paix, Membre de Cercle Universel des Ambassadeurs de la paix (Genève/Paris), Historienne de cinéma & Réalisatrice

 

 

 

 

 

 

Tu chantes nuit et jour, le printemps te fait plaisir

Tu danses sur l’arbre fruitier 

Chaque branche t’invite à voyager de l’une à l’autre

Tes secrets d’une femelle à l’autre

Tu ne connais pas la polygamie, tu prétendais !

Tu ne reconnais pas les enfants de la rue … Tu es là haut

 

Monsieur Rossignol :

Tu chantes nuit et jour, le printemps te fait plaisir

Tu danses sur l’arbre fruitier

Tu connais l’aventure comme tu aimes la nature

 

Crois-moi la nature sans engagement, sans partage devient solitude

Et,

Si tu acceptes ton voisin le Perroquet ?

Il commence par imiter ta voix en chant d’amour !

Tu réponds et il te fait signe

 

Moi, la musique et toi le chant …

 

Acte d’amitié que tu n’as pas prémédité !

 

Deux amoureux sur l’arbre est mieux qu’un, union contre un monde cruel

 

Monsieur Rossignol :

Apprends-toi le partage  

Oui, c’est vrai le perroquet parle beaucoup …

On peut dire qu’il est sociable !

 

Toi, Rossignol, tu as une voix chaleureuse qui attire le monde d’élites …

Tu as un certain regard sur ton voisin le Perroquet et sa famille nombreuse

Je pourrais te dire que l’égoïsme n’a pas le droit d’exister ...  

Je te propose un orchestre lyrique pour tous ...

 

Monsieur Rossignol :

La nature est belle, ses bras sont ouverts pour tous les chants et tous les bavardages parmi les arbres …

 

©MGED

 

***

 

Pour citer ce poème féministe & engagé 

 

Mona Gamal El Dine« l’après-midi d’un Rossignol », poème féministe inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 20 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/desir/mged-rossignol

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Poésie engagée Poésies féministes
19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 12:22

 

Événements poétiques |  Le Printemps des Poètes « Désir » | Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

La petite musique

​​

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Photographie par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : une magnifique image de Claude Menninger, Canal Kunheim.

 

 

 


 

désir de disparaître sous la peau des mots

désir de quitter le corps du texte

pour me promener l'âme nue

sur la page blanche en quête d'absolu

 

 

 

abandonner le tout pour le rien

et danser au bord de l'abîme

pour enfanter dans le poème

la petite musique qui m'a mise au monde

 

© F. Urban-Menninger

 

 

***

 

Pour citer ce poème sur l'amour de la poésie et de sa musique 

 

Françoise Urban-Menninger« La petite musique », poème inédit (sur l'amour d'une poète de la poésie et de sa musique) illustré par une photographie inédite de Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 19 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/desir/fum-lapetitemusique

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Amour en poésie Musique

Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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