Compte tenu de mes affinités avec les pays de l’Amérique latine, j’ai été tout suite séduite par le projet de Rocío Durán-Barba. C’est aussi pour fortifier de mes liens avec la langue espagnole qui a les mêmes racines que le français. En effet, depuis 2010, j’ai eu la chance de voyager en Amérique latine pour assister à des rencontres autour de la poésie féminine autour des poètes militantes comme Matilde Espinosa de Colombie, Diana Morán de Panamá, Cecília Meireles du Brésil et aussi des poètes de sexe masculin, et j’ai eu à développer une relation bilatérale entre la poésie latino-américaine et la poésie française.
J’ai eu à découvrir une poésie de combat, de lutte et de résistance contre le chaos du monde. Rocío a contribué à un élargissement du processus en créant les anthologies Resistir incluant tous les pays latino-américains et en transposant les voix des poètes dans la langue de Shakespeare et qui ont pu résonner aussi aux USA avec Resistir-Resit. Un véritable travail de Titan qui mérite d’être apprécié à sa juste valeur.
La poésie est pour nous une issue de secours contre le chaos du monde. Elle nous permet de mettre des mots sur les maux qui nous font souffrir, aussi joue-t-elle un rôle cathartique même si elle n’a pas le pouvoir d’éradiquer les maux. Elle révèle les zones d’ombre qui nous empêchent d’avancer.
Maggy De Coster (texte & photographie fournie), « Pourquoi je me suis jointe à Resistir ? », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet, mis en ligne le 18 juin 2026. URL :
Il s’agit de vingt nouvelles en deux parties : Le réel fissuré et Le temps ensuspens qui relatent des parcours de vie très particuliers, guidés quelquefois par une bonne étoile ou par une intuition. Des vies torturées, des silences contraints pour des raisons diverses ; des silences voulus ou subis, des souvenirs qui viennent au secours des moments de désespoir, des non-dits. L’éloge de la transmission y le devoir de mémoire y trouvent également leur écho.
La recherche du minimalisme « où le vide se serait transformé en espace de liberté absolue » est le corollaire du rêve. Il arrive que l’amour et la foi reposent dans la même partition.
Un mur de silence s’installe dans la relation de couple de Marguerite. Ainsi, par respect des convenances sociales ou par peur des qu’en dira-t-on, elle semble se résigner à accepter la monotonie de sa vie quotidienne.
C’est aussi la remise en question des délibérations et verdicts hâtifs des prétendus juges jouant les amateurs d’art dans les soirées mondaines bruyantes. Alors que la peinture est perçue comme la révélation du sacré. En effet, la peinture et l’écriture, cette dualité en soi, a sans doute la vertu de « faire toucher du doigt l’espace sacré et lumineux » invisible à l’œil d’un profane.
Il y a Margot qui a payé le prix fort de la violence de l’autre en y laissant la vie
La quête incessante de lumière pour sortir du brouillard et de l’obscurité afin de redonner à la vie son vrai sens résonne aussi. Cependant le doute n’est pas absent du raisonnement. Un doute méthodique qui conduira, espérons-le, à la voie de la paix tant souhaitée entre les peuples.*
Vertige du réel Format : 15 x 21 Nombre de pages : 142 ISBN/EAN : 978-2-38638-297-0 14 euros Irène Shraer Le réel ne se brise pas toujours avec fracas. Il se décale. Il s'effrite. Il laisse ...
Maggy De Coster, « Irène Shraer, « Vertige du réel », nouvelles aux éditions Unicité, 2026, 141 p. 14€ », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : AUTOMNE 2026 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1er Volet, mis en ligne le 18 juin 2026. URL :
À l’heure où la Méditerranée occupe à nouveau le devant de la scène culturelle, entre les événements lancés à Marseille et les résonances qu’ils trouvent bien au-delà du littoral, Strasbourg offre elle aussi sa propre lecture de cet horizon commun.
À la Galerie AIDA, l’exposition collective Méditerranée, présentée du 16 avril au 14 mai 2026, réunissait SophieRoy, Linda Moufadil, Chantal Sornat, Valérie Heitz, avec des sculptures de Monique Gaxotte Schutz, dans un dialogue sensible entre peintures, dessins et volume autour d’un même imaginaire méditerranéen.
Découverte dans le cadre d’une visite à la Galerie AIDA, cette exposition prenait une dimension particulière par la présence des artistes et la circulation des échanges autour des œuvres. Mais c’est surtout l’univers de LindaMoufadil qui retenait l’attention, par sa manière d’ancrer la Méditerranée dans une mémoire intime, marocaine, faite d’objets du quotidien, de gestes transmis et de retours constants à l’origine.
Ses toiles, à la fois précises et poétiques, transforment le réel en narration visuelle. Un service à thé, des reflets, une table familière, une lumière posée sur les choses ordinaires : chez elle, chaque détail devient matière à regard, à souvenir, à émotion.
Qui est Linda Moufadil ? Rencontrée à la galerie, une artiste entre mémoire méditerranéenne et regard contemporain
Rencontrée à la galerie,Linda Moufadil donne immédiatement à voir un univers personnel, à la fois précis, magnétique et profondément ancré dans la mémoire. Née à Rabat, formée à Paris à l’ESAG puis à l’Académie Charpentier, elle vit et travaille aujourd’hui entre Strasbourg et Chaumont, avec un parcours déjà nourri d’expositions en France, au Maroc, en Norvège et jusqu’à New York.
Son œuvre se construit à partir du réel, mais ne s’y enferme jamais. À travers des photographies qu’elle réalise elle-même, puis retravaille en croquis et en peinture, elle transforme les scènes du quotidien en images habitées par l’attente, les reflets et une forme de nostalgie active : un service à thé marocain, une table, une voiture, une vitrine, un café ou une rue deviennent chez elle des motifs de récit, où le visible se charge d’émotion et de mémoire.
Dans l’univers de LindaMoufadil, le quotidien devient tableau, et la Méditerranée devient mémoire et c’est à travers ces toiles que l’artiste maroco-norvégienne révèle son monde : détails, reflets et objets du quotidien.
Hanen Marouani (texte & images fournies), « Méditerranée en échos : de Marseille à Strasbourg, la mémoire des origines selon Linda Moufadil », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 16 mai 2026. URL :
« […] Mme de Sévigné est une grande artiste de la même famille qu’un peintre que j’allais rencontrer à Balbec et qui eut une influence si profonde sur ma vision des choses, Elstir. »
Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, 1918.
Au Musée Carnavalet, à Paris, une exposition est actuellement consacrée à la célèbre épistolière du XVIIe siècle, en l’occurrence, Madame de Sévigné, née Marie de Rabutin-Chantal.
À une époque où l’instruction des filles est négligée, elle a le privilège d’évoluer dans un cadre intellectuel où elle reçoit un enseignement riche et s’adonne à la musique, au chant, à la danse, noblesse oblige. À part cela, elle possède également un bagage suffisant en matière de conversation en italien.
Elle est de l’époque des Cénacles où la vie littéraire est favorable. Aussi s’inscrit-elle dans cette perspective aux côtés de Madeleine de Scudéry, de Madame de Lafayette et bien d’autres et elle profite également de son autonomie de femme veuve.
Figure féminine emblématique du classicisme, connue surtout pour ses lettres, adressées deux fois par semaine, à sa fille, Madame de Grignan, Madame de Sévigné n’a malheureusement pas eu l’heur de voir ses chefs d’œuvre publier de son vivant, selon son vœu ; il faudra attendre le XVIIIe siècle pour qu’un corpus complet soit publié et s’inscrive dans le patrimoine culturel national. Ainsi, son image devient une source d’exploitation dans les arts et spectacles et les publicités de toute sorte.
Ses missives sont nourries d’actualités politiques, une version alternative à l’historiographie officielle du règne de Louis XIV, de chroniques judiciaires au sujet de l’affaire Fouquet.
Le contenu de ses lettres reflète aussi ses préoccupations liées à la médecine et à la spiritualité, plaidant pour la morale janséniste chère à son ami Blaise Pascal.
Un extrait d’une Lettre de Madame de Sévigné à Madame de Grignan sa fille, le 7 octobre 1677 :
« Dieu merci, nous avons l’hôtel de Carnavalet. C’est une affaire admirable : nous y tiendrons tous, et nous aurons le bel air. Comme on ne peut pas tout avoir, il faut se passer des parquets et des petites cheminées à la mode, mais nous aurons du moins une belle cour, un beau jardin, un beau quartier […] ».
Tout au long du parcours de l’exposition on peut écouter les extraits de ses lettres lues par des comédiens dans des bornes audiotextes.
Le musée Carnavalet - Histoire de Paris présente une exposition consacrée à Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné (1626-1696), à l'occasion du 400e anni
Maggy De Coster, « Exposition autour de Madame de Sévigné au Musée Carnavalet à Paris », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », mis en ligne le 13 mai 2026. URL :
La maison d’édition Senegal NJAAY est fière de vous annoncer la parution prochaine du premier recueil de poésies LE FOU DE GADARAdu jeune poète haïtien Ezechiel LUCCE, préfacé par Arwa BEN DHIA.
Nous vous proposons ici de commencer par lire la préface d’Arwa BEN DHIA qui vous donnera un avant-goût de cet ouvrage.
« C'est ainsi que je devins un fou. Et dans ma folie, j'ai retrouvé à la fois ma liberté et ma sécurité. La liberté d'être seul et la sécurité de n'être pas compris. Car ceux qui nous comprennent nous asservissent de quelque manière. » (Khalil Gibran, le Fou)
Dès les premières pages du recueil « Le Fou de Gadara », Ezechiel Luccé nous invite à suivre le chemin paradoxal de la folie, cette voie qui, loin d’être simple déraison, devient source de liberté et d’accomplissement. Ce lien intime entre folie et liberté, magnifiquement exprimé par Gibran, irrigue tout le recueil, où le poète choisit d’« exister / En corps mortel, / En âme vivante, / En esprit libre. » Chez Luccé, la folie n’est pas une fuite, mais une affirmation de soi, une conquête de l’indépendance intérieure.
La tradition philosophique et littéraire a souvent fait de la folie un espace de vérité. Michel Foucault écrivait : « De l'homme à l'homme vrai, le chemin passe par l'homme fou. ». Ce passage, Luccé l’explore à travers ses poèmes, où la voix du fou révèle des vérités que la raison ordinaire ignore ou craint. À l’instar de Nietzsche, pour qui « il y a toujours un peu de folie dans l'amour, mais il y a toujours un peu de raison dans la folie », Luccé cultive l’ambiguïté, la tension entre lucidité et déraison, entre sagesse et vertige.
La poésie du recueil s’inscrit ainsi dans une filiation où la folie est perçue comme une forme supérieure de connaissance. Platon y voyait une essence divine, et Gibran lui-même, dans une lettre à Mikhail Nouaïma, affirmait : « Tu effleures la folie qui est le premier pas vers la divinité, sois fou Micha et révèle-nous les mystères qui sont au-delà de la raison. ». Ces mystères, Luccé les interroge sans relâche, faisant de chaque poème une énigme, une invitation à dépasser les limites du rationnel.
Le cinéma aussi s’est emparé de cette figure du fou porteur de vérité. En effet, le grand réalisateur russe Andreï Tarkovsky, dans son film « Nostalghia », considère que bien que l’on échoue à comprendre les fous, ils sont certainement plus proches de la vérité que nous. D’ailleurs, dans ce film, une scène du « Gai Savoir » de Nietzsche est reprise avec un personnage fou s’adressant à la foule et lui tenant un discours qu’elle n’est pas capable de comprendre, en dépit de la sagesse sous-jacente des paroles en apparence délirantes. Luccé, à travers ses vers, adopte cette posture : il parle en marge, mais sa parole, souvent absconse et ésotérique, cherche à toucher l’essentiel. Comme Érasme dans son « Éloge de la folie », il fait de la déraison un instrument de lucidité.
La singularité du recueil d’Ezechiel Luccé tient aussi à son travail sur la langue. Le poète aime faire chanter ses textes : rimes, jeux de mots polysémiques, figures de style rythmiques comme l’anaphore, l’épiphore ou l’épizeuxe, tout concourt à donner à la folie une voix incantatoire, presque sacrée :
“Recto” et le “verso”
J’existe par Erreur
Et par Dessein.
Le fou qui s’exprime ici est fasciné par l’énigme, le paradoxe, le double sens :
La Folie que J’exprime
En revers dans mes Rimes
Est bien Celle qui t’Anime
De ses vers, ses Énigmes.
Cette fascination pour le mystère se retrouve dans l’usage du grec et du latin, par exemple Mathaino, Telos, Prosôpon, Conatus, Polaris, qui font écho à la tradition philosophique tout en ancrant la poésie dans une quête de sens universelle.
Face à une existence pleine de contradictions, le fou de Luccé trouve son salut dans le rire, ultime résistance à l’absurdité du monde :
J’ai pensé en héros
Et vécu en rieur ;
Cette vie n'est qu'un zéro :
Sa peine est sa valeur.
Ainsi, tout au long de ce recueil et malgré son jeune âge, Ezechiel Luccé s’inscrit dans la grande tradition des poètes et penseurs pour qui la folie n’est pas une faiblesse, mais une force, une manière d’habiter le monde autrement, avec lucidité, humour et profondeur. À travers ses poèmes, il nous invite à accueillir cette part de folie en nous, non comme un danger, mais comme une promesse de liberté et de sagesse.
Arwa BEN DHIA est née en 1986 en Tunisie qu’elle quitte en 2009 pour poursuivre ses études d’ingénieure à Télécom Paris. Elle est docteure en électronique, ingénieure brevets, poète polyglotte, lauréate de plusieurs prix littéraires, traductrice, autrice et préfacière de plusieurs recueils de poésies. Elle est membre de nombreuses associations culturelles dont la Société des Gens de Lettres. Elle a dirigé l’anthologie poétique « Nos muses les murs » publiée en octobre 2025 aux éditions Mindset, sous l’égide de l’association Apulivre. En 2025, Arwa a été honorée par la distinction d’Ambassadrice de la Paix attribuée par le Cercle Universel des Ambassadeurs de la Paix (CUAP). En 2026, Arwa est membre invité du jury de sélection pour le prix Dina Sahyouni décerné par la SIÉFÉGP et vice-présidente pour la région du monde arabe au sein du mouvement mondial « Poetas del mundo ».
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Pour citer ces avis de parution & préface, illustrés & inédits
Éditions Senegal NJAAY (avis & photographies) &Arwa Ben Dhia (préface), « Avis de parution & préface du recueil « Le Fou de Gadara » (à paraître prochainement) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE », & Revue poéféministe Orientales, « Libres », n°5, volume 1, mis en ligne le 13 mai 2026. URL :
Bienvenue à la directrice de publication du site Simone Durand (elle collabore et remplace en ligne la directrice-fondatrice de la presse de la SIEFEGP à partir de septembre 2026).
LPPDM, SEPTEMBRE 2026
La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).
L’association SIÉFÉGP publiera en 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.
SIÉFÉGP, JUIN 2026
APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.
Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.
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Autrice, Fadila ZEDIRA-DERBAL a la plume à la fois charnelle et éthérée, elle explore à travers ses écrits les fêlures cachées...