20 juin 2025 5 20 /06 /juin /2025 11:57

N° III | ÉTÉ 2025 / NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES » | 1er Volet | Revue culturelle des continents* & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Varia & Actualité

 

 

 

 

 

 

 

Éclats de mémoire archéologique gazaouie


 

 

 

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète, artiste peintre

Sociologue-conseiller au Palais de l’Elysée pendant la présidence de François Hollande

 

Photographie par

 

Élisabeth Bouillot-Saha

 

Artiste photographe

 

 

​​​​​© Crédit photo : Élisabeth Bouillot-Saha, « Mustapha Saha visitant l'exposition "Trésors sauvés de Gaza" à l’Institut du Monde Arabe à Paris le samedi 20 mai 2025.

 

Paris. Samedi, 20 mai 2025. Institut du Monda Arabe. En prélude à une rencontre avec Jack Lang sur mon projet Louis Massignon, nous visitons l'exposition Trésors sauvés de Gaza. Depuis 2007, le Musée d'art et d'histoire de Genève est le refuge de cinq-cents œuvres archéologiques confiées par l'Autorité nationale palestinienne, des stèles, des amphores, des statuettes, des mosaïques, de l'âge de bronze à l'époque ottomane. Des traces exceptionnelles, soustraites aux destructions systématiques. Cent-trente-pièces de cet ensemble, issues de fouilles franco-palestieniennes entamées en 1995,  et de la collection privée de Jawdat Khoudery, sont en fin visibles sur le territoire français.  En deux ans de bombardements intensifs, le sionisme a anéanti cinq mille ans d'histoire. 

Je reste longtemps immobile devant une statuette grecque d’Hécate d'une trentaine de centimètres. Hécate, fille d'Astéria, déesse de la nuit étoilée. Hécate, déesse de la lune, de la magie, des routes, des carrefours, des passages, des ouvertures. Hécate s'appuie sur un buste d'Hermès, le pessager, la patron des voyageurs, des orateurs. Hécate est, comme son regardeur, perdue dans ses pensées. Sa terre natale se meurt. S'étend sous les yeux une mosaïque de vingt-quatre mètres carrés, érodée par le temps, prélevée en 1997 sur le site de Dair el-Balah, à l'emplacement d'une église byzantine disparue. 

 

Des sites archéologiques, des patrimoines historiques,  irremplaçables, sont détruits par l'armée sioniste. Trois cents mosquées, trois églises, sont réduits en poussière. L'adhan ne résonne plus. Les cloches ne retentissent plus. Les appels à la prière, à la paix, étouffés par pilonnges des bombardiers, les crépitements des mitraillettes, les hurlements des soldats enragés. Vie sociale éteinte, les rituels sont suivis sur téléphones portables.

Gaza, antique oasis, confluent  des cultures, ouvert sur le monde depuis des millinéraires, cloisonné, emmuré, isolé, assiégé,  depuis 1949,  Au cinquième siècle avant Jésus-Christ, Hérodote décrit Gaza comme un royaume arabe, habité par les cananéens, les philistins, les peuples de la mer. En 332 avant l'ère chrétienne, Alexandre le Grand occupe la cité, tue tous hommes, expédie ses richesses en Mécédoine. Sous Pompée, Gaza est une province romaine. Au quatrième siècle, sous les byzantins, Gaza se christianise. Le monastère d'Hilarion, fondé par un ermite, enfant aisé du pays, initié à la philosophie grecque, prospère. Le territoire est renommé pour ses pèlerinages et son vin, vinum gazetum ou vina gazatina,  exporté dans toute la Méditerranée. L'évêque et historien Grégoire de Tours (538-594), vante ce vin dans ses écrits. Il raconte l'histoire d'une épouse de sénateur lyonnais, qui offre du vin de Gaza à chaque messe qu'elle fait célébrer à l'honneur de son mari jusqu'au jour où elle s'aperçoit que le sous-diacre subtilise le précieux breuvage et le remplaçe par une vulgaire piquette. 

 

Elle s'appelle Palestine

 

Le nom Palestine est attesté en grec dès le cinquième siècle avant l'ère chrétienne. Hérodote évoque la Syrie-Palestine où le pharaon Psammétique vient, vers 620 avant Jésus-Christ, à la rencontre des  Scythes marchant contre l'Egypte et les persuade de quitter le pays sans le piller. Hérodote visite la région. Il décrit les stèles dressées par le pharaon Sésostris. Pline l'Ancien (23-79 après Jésus-Christ) connaît le nom de Palestine. Il en fixe les limites géographiques dans son Histoire naturelle. "Après la ville de Péluse, commencent l'Idumée et la Palestine à la sortie du lac Sirbon". Il dénombre plusieurs cités de Gaza, dont la capitale. Les palestiniens sont dépeints comme des nomades occupant également le Sinaï.

L'empereur romain Adrien utilise l'appelation Palestine comme une dénomination admistrative. Aux lendemains de la révolte de Bar Kokhba, il substitue, en 134, le nom de Syrie-Palestine au terme de Judée. Le toponyme perdure après la conquête musulmane au septième siècle. Le colonialisme occidental reprend le sens chrétien péjoratif de philistins. Il occulte le mot Palestine au profit de Terre sainte, de Levant. L'orientalisme dans sa mystification lexicale. Dans l'article de l'Encycloédie, 1751-1772, de Denis Diderot et Jean le Rond d'Alembert sur la Palestine, se mêlent fantasmes et réalités. "La palestine est un territoire sec, désert, entièrement dépeuplé, partout couvert de rochaes arides. il n'a jamais de quoi nourrir ses habitants. La Palestine actuelle est plus misérable que jamais. Elle est la proie des arabes qui la courent de toutes parts. Ils attaquent les voyageurs et les étrangers". La distinction entre arabes et chrétiens rallume le racisme désasembleur, fractionneur, désagrégeur des Croisades. 

La cité de Khan Younès, à trente kilomètres au sud de Gaza, entièrement saccagée aujourd'hui, est une ville mamelouke florissante et prospère au quatorzième siècle. Le caravensérail, khan en arabe, fondé vers 1380, avec ses magasins en rez-de-chaussée, ses logements, sa mosquée coiffée d'un dôme, son enceinte fortifiée, est un patrimoine humain inestimable. Il est irrémédiablement rasé de la surface de la terre. Une pulvérisation totale, absolue, de tout ce qui vit, de tout ce qui existe. Une destruction programmatique, algorithmique,  dronique, robotique. Du jamais vu dans l'histoire des guerres.  Les rares reportages émanent de journalistes palestiniens traqués comme des proies maudites. Après l'apocalypse, Khan Younès n'est qu'effondrements de béton, amoncellements de gravats, boues malodorantes, poussières asphyxiantes. Des enseignes commerciales, des plaques de rue, des panneaux de circulation gisent par terre. Des habitants hagards ne retrouvement pas l'emplacement de leurs maisons. La cité fantôme dégage une atmorphère lugubre, funèbre, sépulcrale. L'irrespirable refoule intantanément toute manifestation de vie. Des centaines de milliers déplacés condamnés à l'errance, à la mort. Dans les camps de toiles de Rafah, les pluies battantes, les frayeurs tourmentantes, les pensées déroutantes. Je lis d'une traite Un historien à Gaza de Jean-ierre Filiu, éditions Les Arènes, Mai 2025. Je n'en retiens qu'une plongée cauchemardesque dans l'horreur infernale. Entre deux ordres d'évacuation, "Les survivants s'écartent par réflexe. Ils détournent le regard. Ils portent avec honte leur peine. Ils étouffent de leurs deuils. Ils se relient sur leurs proches. Ils réduisent leur horizon à leur seule tente".

Le nom Palestine est attesté en grec dès le cinquième siècle avant l'ère chrétienne.  Hérodote évoque la Syrie-Palestine où le pharaon Psammétique vient, vers 620 avant Jésus-Christ, à la rencontre des  Scythes marchant contre l'Egypte et les persuade de quitter le pays sans le piller. Hérodote visite la région. Il décrit les stèles dressées par le pharaon Sésostris. Pline l'Ancien (23-79 après Jésus-Christ) connaît le nom de Palestine. Il en fixe les limites géographiques dans son Histoire naturelle. "Après la ville de Péluse, commencent l'Idumée et la Palestine à la sortie du lac Sirbon". Il dénombre plusieurs cités de Gaza, dont la capitale. Les palestiniens sont dépeints comme des nomades occupant également le Sinaï.

L'empereur romain Adrien utilise l'appelation Palestine comme une dénomination admistrative. Aux lendemains de la révolte de Bar Kokhba, il substitue, en 134, le nom de Syrie-Palestine au terme de Judée. Le toponyme perdure après la conquête musulmane au septième siècle. Le colonialisme occidental reprend le sens chrétien péjoratif de philistins. Il occulte le mot Palestine au profit de Terre sainte, de Levant. L'orientalisme dans sa mystification lexicale. Dans l'article de l’Encycloédie, 1751-1772, de Denis Diderot et Jean le Rond d'Alembert sur la Palestine, se mêlent fantasmes et réalités. "La palestine est un territoire sec, désert, entièrement dépeuplé, partout couvert de rochaes arides. il n'a jamais de quoi nourrir ses habitants. La Palestine actuelle est plus misérable que jamais. Elle est la proie des arabes qui la courent de toutes parts. Ils attaquent les voyageurs et les étrangers". La distinction entre arabes et chrétiens rallume le racisme désasembleur, fractionneur, désagrégeur des Croisades. 

En 637, Gaza est conquise par le légendaire général musulman Amr ibn al-As, compagnon du prophète. La garnison byzantine est décimée, mais la population est épargnée. Les chrétiens, dans leur majorité, se convertissent à l'islam. Les juifs gardent leur foi en contrepartie d'une imposition de protection, dhimma. La ville est détruite à plusieurs reprises pendant les Croisades. Avec Saladin,  Salah Eddine al-Ayoubi (1138-1193), Gaza connaît une nouvelle renaisssance. les ottomans l'incorporent en 1516 à leur empire.

 

Khan Younès

 

La cité de Khan Younès, à trente kilomètres au sud de Gaza, entièrement saccagée aujourd'hui, est une ville mamelouke florissante et prospère au quatorzième siècle. Le caravensérail, khan en arabe, fondé vers 1380, avec ses magasins en rez-de-chaussée, ses logements, sa mosquée coiffée d'un dôme, son enceinte fortifiée, est un patrimoine humain inestimable. Il est irrémédiablement rasé de la surface de la terre. Une pulvérisation totale, absolue, de tout ce qui vit, de tout ce qui existe. Une destruction programmatique, algorithmique,  dronique, robotique. Du jamais vu dans l'histoire des guerres.  Les rares reportages émanent de journalistes palestiniens traqués comme des proies maudites. Après l'apocalypse, Khan Younès n'est qu'effondrements de béton, amoncellements de gravats, boues malodorantes, poussières asphyxiantes. Des enseignes commerciales, des plaques de rue, des panneaux de circulation gisent par terre. Des habitants hagards ne retrouvement pas l'emplacement de leurs maisons. La cité fantôme dégage une atmorphère lugubre, funèbre, sépulcrale. L'irrespirable refoule intantanément toute manifestation de vie. Des centaines de milliers déplacés condamnés à l'errance, à la mort. Dans les camps de toiles de Rafah, les pluies battantes, les frayeurs tourmentantes, les pensées déroutantes. Je lis d'une traite Un historien à Gaza de Jean-ierre Filiu, éditions Les Arènes, Mai 2025. Je n'en retiens qu'une plongée cauchemardesque dans l'horreur infernale. Entre deux ordres d'évacuation, "Les survivants s'écartent par réflexe. Ils détournent le regard. Ils portent avec honte leur peine. Ils étouffent de leurs deuils. Ils se relient sur leurs proches. Ils réduisent leur horizon à leur seule tente".

 

La Grande Mosquée Al-Omari

 

La Grande Mosquée Al-Omari, tour à tour temple romain, abritant une statue de Zeux, synagogue, église des croisés dédiée à Sainte Eudoxie, avec ses colonnes, ses arcades circulaires, ses coupoles, son minaret agrémenté de décorations mamloukes, coeur de la cité de Gaza, dans le quartier al-Balad, exemple unique de recylage architectural de marbres antiques et de calcaires crétois par les trois religions monothéistes, mémoire cumulative de nomvreux siècles, est pulvérisée en décembre 2023. A elle seule, cette mosquée était l'emblème de la diversité culturelle et spirituelle, sentinelle immuable des fraternités électives.  Elle a survécu aux mutilations des séismes, des conquêtes, des guerres. Il n'en reste plus rien. Sous les cendres d'aujourd'hui, nichaient les lumières du savoir. Rayonnait dans ce sanctiaire la bibliothèque Al-Zahir, fondée par Al-Zahir Baibars en 1277, avec ses ving mille ouvrages, embrassant tous les domaines des sciences et des lettres. Brillaient de mille feux des centaines de manuscrits comme Sharh Al-Ghawamid fi 'Ilm a-Fara'id, Explicitation des hermétismes en psychologie, de Badreddine al-Mardini. Les campagnes napoléoniennes de 1801 ont éparpillé les précieux grimoires. Le pillage coloniale a partout dépouillé les cultures ancestrales de leurs tésors.

Athénadon.

Anthédon au nord de Gaza, aujourd'hui Blakhiya, cité grecque de l'époque mycénienne, occupée entre 250 avant l'ère chrétienne et 70 après Jésus-Christ.  Les murailles et les structures portuaires ont fait l'objet de fouilles par une équipe franco-palestinienne entre 1995 et 2005 sous la direction du Père Jean-Baptiste Humbert, membre de l'Ecole biblique et archéologique de Jérusalem. Des maisons héllenestiques aux murs peints, un rempart et la osrte de la ville ont été dégagés. D'autres maisons romaines de l'époque nabatéenne ont également été mis à jour. Athédon n'est plus qu'une dune ébréchée par des carrières, ravagé par les vagues, un camp de réfugiés. Sous les sables, les vestiges d'une ville autrefois prospère, entourée de jardins et de vergers. Anthédon, sans jetée ni ponton,  était appelée ar les romains le port des aziotes. Des barques prenaient le fret au large. Les transactions se faisaient sur la plage. Les bateaux phénicens, grecs échangeaient les caravanes arabiques les richesses de la corne d'Afrique, pierres fines, bois rares, textiles, épices, encens, parfums, onguents. Emerge un quartier héllénistique aristocratique  avec murs peints dans le style poméien, remarqueblement conservé. Il est clôturé d'une enceinte en brique crue. De l'époque romaine, des maisons contiennent des poteries nabatéenne et des amhores lybiennes, une villa maritima, une fontaine, un bassin gardé par une thiase, cortège de créatures au service de dionysos. Les sables ont vaincu Anthédon vers l'an 300 sous l'emereur Dioclétie. Cf. Jean-Baptiste Humbert, Gaza Méditerranéenne, histoire et archéologie en Palestine, éditions Errance, Paris, 2000. En octobre 2023, Blakhiya et le site archéologique sont broyés par les roquettes et missiles sionistes. Selon des reuves hotographiques fournies par l'archéologue Fadel Al-Attal, le site a été directement ciblé. Le sionisme viole délibérement la Convention de la Haye de 1954 qui protège les biens culturels endant les conflits armés.

Toujours au nord de Gaza, les restes de l'église byzantine de Jabalaya, édifiée au cinquième siècle, dévoile en 2022 des mosaïques animalières et florales impressionnantes, découvertes vinq-cinq plus tôt, avec des palmiers dattiers, des arbres fruitiers, des grappes de raisins, des scènes champêtres, des lions, des gazelles, des lains, des oiseaux, des paons, des poissons, des chèvres, des vaches, des chevaux, des ciens. Des médaillons ovales et rectangulaires, en grec ancien, portent des prières et des noms d'évêques, de prêtres, de bienfaiteurs, datés de 496 à 732, attestant de l'existence d'une communauté chrétienne gazaoui au début de l'ère musulmane. Dans le baptistère attenant  l'église, une piscine en forme de croix pavée de mosaïques géométriques et figuratives. Quatre animaux exotiques sont représentés aux coins du bassin btismal, un éléphant, une girafe, un lépoard, un zèbre, des arbres fruitiers et les uatre fleuves du paradis, Gihon, Physon, Euphrate, Tigre. Au nord de Jabaliya, Beit Lahia, village de l'historien chrétien de langue grecque du cinquième siècle Sozomène, auteur d'Histoire ecclésiastique, localité réputée pour son eau douce et ses citronniers. Il y reste des ruines de deux mosquées ottomanes et d'une autre de la période de Saladin. Jabalaya est, ville de quatre-vingt-deux mille habitants, est totalement détruites, en partie assassinée ou exulsée après avoir subi les pires atrocités criminelles d'après les mots de Volker Türk, Haut commissaire des droits de l'homme de l'Onu.

Le Monastère de Saint Hilarion.

Le Monastère de Saint Hilarion, situé sur dunes côtière dans le site archéologique Tell Umm el'Amr, est dédié au fondateur du monachsime chrétien palestinien. Il a été contruit au quatrième siècle et détruit en 614. Le monachisme chrétien oriental incarne un idéal ascétique, dans le désert, espace imperméable à l'agitation du monde, propice à la purification, à la catharsis. Le mot moine provient du grec monachos qui signifie sollitaire.  L'anachorète se tient à l'écart. Le terme ermite d'érêmos, désert. Saint Charition (vers 270-vers 350), dit Chariton le confesseur,  institue le monachisme du désert vers l'an 320. Il s'installe dans une grotte de Wadi Qelt. Il établit des règles strictes, jeûne permanent, silence continuel, abstinence perpétuelle, un seul reas par jour fait de pain, d'eau et de sel, prière jour et nuit. Les anachorètes sont considérés comme des thaumaturges. La foule se précipite autour d'eux. Les plus courus finissent par créer des monastères. Saint Sabas, disciple d'Euthyme, après s'être retiré dans un grotte du Cédron, érige la Grande Laure, pieurie, avec soiante-dix cellules, puis six autres ermitages à proximité. Il est nommé archimandrite de tous les anachorètes. Il meurt centenaire.

Saint Hilarion, considéré comme le plus vieux monastère de Terre Sainte,  . En juillet 2024, le site est inscrit au patrimoine mondial en péril.  Les hivers pluvieux ravinent les sols. Les fondations s'affaissent, séventrent sous l'humidité. Les herbes dévorent les pavements des mosaïques. Les murs s'écroulent. Dans une note d'information de 2004 à l'Académie des inscriptions et  Belles Lettres, les archéologues français René Elter et palestinien Ayaman Hassoune expliquent l'importance de ce patrimoine, découvert en 1997 par le Service des Antiquités de Gaza à l'occasion d'un projet immobilier dans le lieu dit Oum al-Amr. Cinq caagnes de fouilles sont engagées entre 1997 et 2001. Le site, à dix kilomètres de Gaza,  s'étend sur un cordon de dunes littorales à trois mètres de la mer. Il domine des palmiers et des vignes. Il est à l'abri des des vents maritimes et des bourrasques sableuses une grande partie de l'année. Ce sont les vestiges d'un monastère byzantin complet, église, chapelles, crypte, atrium, cellules, annexes, établissement de bain. La pierre utilisée est du grès marin, appelé localement kourkar. La nef de l'église sont pavés mosaïques à décor géométrique. L'autel est axé sur la tombe d'Hilarion et l'inscrition le citant. Le tapis du centre comporte deux médaillons. L'un représente un oiseau. L'autre honore un donateur :"Souviens-toi, Seigneur, de ton serviteur Nestorios le juriste et de toute sa maison". Les différentes restructurations, remaniements, agrandissements des édifices indiquent une augmentation de prestige, une sacralisation progressive et une vénération de plus en plus populaires des lieux. Le monastère et l'adoration des reliques étaient vraisemblablement une étape du pèlerinage du Sinaï. La logique du remodelage transparaît dans le déplacement des baptistères, dans les transformations de la crypte, dans le dallage de marbre gris la nef, dans le recours aux puissantes colonnes de marbre, avant la destruction finale par un tremblement de terre. 

Tell es-Sakan est une colline artificielle de huit hectares, dominant la plaine litorale d'une dizaine de mètes, située à cinq kilomètres au sud de Gaza,  constituée de ruines accumulés d'une agglomération occupée entre 3200 et 2000 avant Jésus-Christ  par des populations égyptiennes et cananéennes. La religion cananéenne désigne des croyances sémites remontant à l'âge de bronze, pratiquées jusqu'aux premiers siècles de l'ère chrétienne, tantôt polythéistes, tantôt monolatristes.  Le site est découvert en 1998 à l'occasion de la construction d'un complexe d'habitations. Il est aussitôt fouillé par une équipe archéologique franco-palestinienne. Le creusement de fondations avec des engins mécaniques mettent  jour des constructions en brique crue et un abondant mobilier antédilluvien.  C'est une clé capitale pour comprendre les relations entre la Palestine et l'Egypte de l'époque prédinatique de l'Ancien Empire, aux quartième et troisième millinéraires avant Jésus-Christ. De nouveaux  chantiers immobiliers  l'endommagent en 2017.

Non loin de Tell el-Sakan, Tell el-Ajjul, 2100 avant Jésus-Christ, découvert en 1930-1934 par l'archéologue britannique Flinders Petrie (1853-1942), père des fouilles scientifiques en Egypte et Palestine, inventeur de la stratigraphie, qui consiste  à prélever les objets couche par couche et  les dater avec précision. C'est Flinders Petrie qui explore le cimetière d'Hauwarâ el-Maqta dans le Fayoum et déniche les fameux portraits des défunts momifiés.  C'est toujours Flinders Petrie  qui prospecte Armana, capitale d'Akhenaton, dixième pharaon de la dix-huitième dynastie au deuxième millénaire avant Jésus-Christ. C'est encore Flinders Petrie qui étudie la pyramide à faces lisses de Maïdoum attribuée à Snéfrou, premier roi de la quatrième dynastie. C'est toujours Flinders Petrie qui découvre la statue colossale de Ramsès II dans le temple de Tanis. En 1999-2000 les fouilles de Tell el-Ajjul sont relancées par l'australo-suédois Peter Fischer et le palestinien Moain Sadeq.

 

Qasr al-Bacha

 

Qasr al-Bacha, construit par les Mamlouks au treizième siècle, est bombardé et détruit en 2024. Le premier étage présentait l'emblème du sultan Baybars, une sculpture de deux lions se faisant face. Au dix-septième siècle, l'édifice est une forteresse, dotée de passage sousterrains et de meurtrières, de la dynastie Radwan, puis des pachas ottomans. Elle comportait une mosquée, ne caserne, une armurie. Elle était défendue par des canons. Napoléon y passa trois nuits. Qasr al-Bacha est devenu un musée en 2010. Il est parti en fumée. Des bonnes volontés, comme Projet Intiqal, transmission, initié par Première Urgence Internationale,  se mobilisent pour sauver ce qui peut l'être, des artefacts, des éclats, des débrits de mémoire. Cf. Gaza, Comment transmettre le patrioine, le programme Intiqal, sous la direction de René Elter, éditions Riveneuve, Paris, 2025.

Gaza ne dispose pas d'une loi préventive en matière d'archéologie. Même si cette loi existait, elle ne servirait à rien. L'anéantissement ne ménage ni profane ni sacré. Jawdat Khoudary, entrepreneur  avait construit une musée privé, Al-Mat'haf, où il exposait les artefacts déterrés dans ses chantiers. Le bâtiment est échaffaudé avec des vieilles pierres, des traverses de chemin de fer, des colonnes de marches débusqués par des pêcheurs. L'équipement est conçu comme une halle de réception de l'hôtel. Se découvrent des colonnes, des chapiteaux, des sculptures, des poteries, des amphores,  des sceaux, des bulles, des inscritions grecques et arabes,  des ancres, des verreries,  des bijoux, des monnaies. La collection bénéficie du soutien scientifique et technique de la Direction des Musées de Genève. En temps normal, certaines pièces sont censurées par les islamistes, des divinités anciennes, une aphrodite dont la robe est jugée trop suggestive. Cf. Alain Chambon, Une collection archéologique privée à Gaza, in ouvrage collectif, La Pioche et la plume, 2ditions Presses Universitaires Paris Sorbonne, 2022. Alain Chambon, Le Musée archéologique de Gaza al-Mathaf et la collection al-Khoudary, in René Elter , Patrimoine en Palestine, enjeux et obstacles à sa mise en valeur, éditions Riveneuve, Paris, 2014. En fvrier 2024, le musé est bombardé. Puis, tout le quartier, à proximité de l'antique cité grecque de Blakhiya-Athédon est passé au buldozer. Jawdat al-Khodary avait sauvegardé une partie de la collection dans son domicile. Sa maison a subi un sac total avant d'être à son tour cannonée. Les antiquités pillées finiront plausiblement dans les salles de vente israéliennes. Il n'y a plus de conservation, sauf pour les objets explitrés en Suisse. Il ne reste qu'un devoir d'inventaire des pertes. L'archologue Jean-Baptiste Humbert rapporte un exemple. Une partie de nacelle d'un char en bronze masopotamien, avec une inscrition cunéiforme, une pièce excetionnelle, cadeau d'un roi sumérien à un monarque égytien, introuvable. L'archéologue la retrouve dans le bureau Jawdat al-Khoudary. Deux mois plus tard, il reçoit une photographie avec la rareté complétement carbonise. Les sionistes l'ont définitivement atomisée. Le grand effacement n'épargne rien. 

Mes recherches sur l'archéologie gazaouis se terminent en inventaire des destructions. Inutile de s'emprêtrer dans les recensements macabres. Avec son culturicide racinaire, son ethnocide sanguinaire, le sionisme s'acharne sur la matérialité des choses. Il  vise la résignation par la perte. Il faut bien entendu documenter les crimes culturels. Des scientifiques s'y emploient utilement. Des livres pérennisent l'ineffaçable. L'exposition Trésors sauvés de Gaza de l'Institut du Monde Arabe s'affirme comme un acte de résistance. Cf. Sébastien Haule, Carte des lieux. Gaza, inventaire d’un patrimoine bombardé,  Le Carnet Hypothèses, Gaza Histoire.

 

Canaan

 

Retour sur une histoire multimillénaire. Canaan est un carrefour de plusieurs cultures mésopotamiennes, hourrites, égyptiennes, mycéniennes, crétoises. L'essentiel des connaissances sur la religion cananéenne provient d'une série de tablettes trouvées à Ras Shamra. Le dieu princial était El époux d'Asherah. Mais, la divinité la plus adulée est Baal, maître des pluies et de la fertitilité. Astarté, équivalente de la déesse babylonnienne Ishtar, accompagne et portège les souverain à clai sur un cheval. Adad est le dieu de la tempête, de l'orage, des manifestations climatiques. Son animal-symbole est le taureau. Reshep est le seigneur des mondes souterrains, des enfers, des guerres, des épidémies. La langue des cananéens, intiatrice de l'alphabet,  est une forme archaïque de l'hébreu. Les strates du site archéologique de Lakesh, âge de bronze récent,  montrent une écriture considérée comme l'ancêtre du phénicien et une cureux alphabet cunéiforme utilisé à Ougarit. Le cunéiforme syllabique traditionne de Masopotamie est régulièment employé. 

La civilisation des hourrites remonte à l'âge de bronze. Elle se développe entre le quatrième millénaire et le premier millénaire avant Jésus-Christ. Leur empire Mitanni fusionne avec leurs voisins Hitites. La culture et la langue hourrites restent sibyllines. Les archéologues espèrent obtenir des clarifications des fouilles dans des cités antiques comme Urkesh dans le nord-est de la Syrie. L'historien William James Hamblin (1954-2019) précise : "La conquête de la Mésopotamie par la Hourrites est un phénomène complexe comprenant des implantations pacifiques, des infiltrations de mercenaires à la solde des cités états locales, de invasions de chefs de guerre, et finalement de migrations hourrites à grande échelle de tribus des montagnesvers la vallées fluviales fertiles".

Les grandes découvertes archéologiques sont souvent providentielles. Des agriculteurs labourant leurs  champs, des ouvriers creusant des soubassements, des mineurs forant des puits, des défricheurs ouvrant des routes, excavent, par miracle, des merveilles endormies depuis la nuit des tems. La grotte de Lascaux, cathédrale peinte et gravée du paléolithique supérieure, sanctuaire inoui du paganisme, est par hasard, en 1940, par quatre écoliers intrigués par un trou d'arbre déraciné. Les manuscrits de la Mer morte sont par un bédouin en 1947 par un bédouin à la recherche d'un animal. La Mer morte décidément, amenuisée du tiers de sa surface depuis 1970, sous menace d'assèchement à l'instar de la mer d'Aral. 

 

Le corps en Bretagne. L'esprit à Gaza

 

Je reviens de Bretagne où j'ai tenu une deuxième conférence sur Louis Massignon et préparé un livre sur sujet. Les passerelles se tissent naturellement. J'établis intuitivement des correspondances affinitaires entre palestiniens et bretons. Je pense à la route de l'étain, partant du port de Binic, traversant toute la Méditerranée jusqu'au port gazaoui d'Anthédon. L'étain, métal indispensable pour la confection du bronze, avec le cuivre. Les navires phéniciens  frachissent les Colonnes d'hercule jusqu'en Bretagne, en Cornouailles, jusqu'aux mythiques îles Cassitérides, prodigues en  mines d'étain.

 

La légende

 

Chaque fois que je me retouve sur la côte nord du Finistère, je revisite le cairn de Darnenez,  dit Kerdi Bras en Breton, sur un promotoire dominant la baie de Morlais, monument étourdissant du Néolithique de soixante-quinze mètres, témoin des débuts du mégalithisme,  cinq-mille ans avant l'ère chrétienne. En 1954, un entrepreneur de travaux publics, sans scrupules, ouvre une carrière, éventre quatre chambres. L'écrivain, linguiste, spécialiste des littératures celtiques, journaliste à Ouest France, Francis Gourvil (1889-1984) alerte le préhistorien Pierre-Roland Giot (1919-2002), considéré comme le créateur de l'archéologie armoricaine, qui, à son tour, fait arrêter le scandaleux chantier par les autorités. S'entament des fouilles de sauvegarde jusqu'en 1968. Le cairn de Douarnanez, classé en urgence monument historique en 1956, surnommé par André Malraux le parthénon mégalithique, me fascine toujours plus à chaque retrouvaille.  Se décèlent des restes de peintures polychromes touges noires. Des gravures dans les couloirs représentent d'après les interprétations des archéologues des haches, des arcs. Des signes en U représenteraient des cornes de bovidés. Les croix représentations représenteraient des coprs humains. Les lignes ondulées seraient des vagues. Un rectangle surmonté de gerbe de courbes serait une déesse mère.

Les constructions mégalithiques déclinent des techniques éprouvées, sophistiquées, incroyablement. Chaque oeuvre est  unique. La sédentérisation génère une grande architecture en matériau durable, des monuments démesurés, prestigieux, surchargés de symboles, des communications  indécryptibles avec le cosmos et les esprits, un art des signes toujours indécodé, des cultures qui gardent leurs secrets.  Les cairns, des dolmens, des cromlehs, des menhirs racontent les origines des cultures humaines et leurs veines nourricières perdues. 

Que dire du Grand menhir d'Er Grah, dans le Morbihan , vingt-et-un mètres de long, brisé en quatre, de 330 tonnes de poids, érigé au cinquième siècle avant Jésus-Christ ? Dans Notes d'un voyage dans l'Ouest de la Bretagne, 1836, Prosper Mérimée, inspecteur-général des monuments historiques de la France,  décrit Locmariaquer : "Après Carnac, la presqu'île de Locmariaker est le canton où se trouve le plus grand nombre de monuments celtiques. Depuis le village de Crac'h, jusqu'à la mer, il n'y a pas de hauteur d'où l'on ne décovre des tumulus, des dolmens, des menhirs, ou des débris de ces monuments. En sortant de Locmariaker, on rencontre un grand menhir renversé. Il a une vingtaine de pieds de long, cinq de diamètre et se termine en pointe. Plus loin se présente un dolmen à moitié détruit. Il semble que son toit était formé de plusieurs pierres horizontales. On n'en plus aujourd'hui qu'une seule en place, remarquable par sa masse,  soutenue par des piliers. Elle a une quinzaine de peids de long. En comparaison, les piliers de trois ou quatre pieds au-sessus du sol, irrégulièrement disposés, avec des espaces vides par lesquels on peut passer, sont médiocres. Il m'a semblé que ce dolmen était assis sur un amas de terre artificiellement élevé. On arrive devant plusiuers blocs énormes renversés au bord d'un chemin. On reconnaît, en les examnant, qu'ils ont fait partie de la même pierre. C'était un immense menhir dont les quatre fragments réunis donnent une longuer de soixante-six pieds six pouces. La base, la partie la plus considérable, est encore inclinée sur le bord du trou dans lequel elle était implantée à une profondeur de trois à quatre pieds seulement. Son doamètre dépasse treize pieds. La chute de cette pyramide est inexplicable pour moi. En tombant, la base s'est tournée  presque du côté opposé des trois autres fragments, gisants à terre sur une même ligne. Les cassures sont aussi nettes que possible. Dans le choc qui a brisé le menhir, il semble qu'aucun petit éclat ne s'en soit détaché. On dit que c'est la foudre qui l'a renversé. La puissance de la foudre est incalculable. Il n' y a pas de prodige qu'on ne lui puisse attribuer. On estime à plus de cinq cent mille livres le poids du menhir. Le procédé qu'on a utilisé pour le dresser est un sujet de méditation perpétuelle". 

 

Les constructions mégalithiques déclinent des techniques éprouvées, sophistiquées, à la fois lumineuses et nébuleuses. Chaque oeuvre recèle des complexités insaississables. Les druides en étaient probablement les derniers dépositaires. Les cairns, les dolmens, les cromlehs racontent les racines inconnaissables, les sources intarissables, les vitalités indécomposables, les attentes inguérissables. Quant je pense au mehnir monumental d'Er Grah, traduisible par vieille sorcière, je le visualise debout, intact, dans on intégralité originelle. Une âme ineffable l'anime. Je ressens son inaltérable présence, vibratoire, ondulatoire, son intemporalité sacrale. Je ne manque pas une occasion, quand je retourne dans la région, de lui rendre visite. Interlocution muette, secrète, extatique. Là se gîte la pensée rhizomique.  Là se niche la conscience indicible.

 

Dans le même site des mégalithes de Locmariaquer, La table des Marchands, appellation officialisée par Prosper Mérimée après des spéculations nominatives interminables. C'est un dolmen  à couloir mesurant dix mètres, composé de dix-huit orthostates supports et trois dalles de couvertures. La dalle centrale mesure 5,72 mètres. La hauteur atteint 2,50 mètres.  La dalle de chevet est gravée sur sa face interne d'un motif qui représenterait une déesse à la chevelure rayonnante selon Charles-Tanguy Le Roux ou un symbole phallique selon Serge Cassen, qui traduit un double arc radié sur un rectangle et un croissant comme un habitat monde, la terre, et un bateau, la mer. La poétisation vaut le détour. Une grande hache emmanchée, arme de dissuasion, et trois animaux à cornes, sont de facture réaliste. Cf. Serge Cassen, Le Mané Lud en mouvement. Déroulé de signes dans un ouvrage néolithique de pierres dressées à Locmariaquer, Morbihan, revue Préhistoires Méditerranéennes, N° 2, 2011. L'entrée dans le cairn procure, à chaque fois, une intense émotion, comme un basculement dans d'autres dimensions. Ces ancêtres avaient-ils une connaissance de la physique quantique ?

 

De la Bretagne à Gaza. 

 

Gaza souffre depuis toujours d'un étrange éternel retour. En 97 avant Jésus-Christ, elle est envahie, détruite et abandonnée par la dynastie juive des Hasmonéens, issues des Maccabées, qui a régné sur la Judée pendant un siècle. Les juifs fêtent toujours las  Hanoucca, célébrée pendant huit jours, commémorant la révolte des Maccabées, du nom de Judas, dit le Maccabée, fils aîné de Mathatias l'hasmonéen, bien que es quatre livres décrivant cette épopée ne figurent dans le canon hébraïque."La fête célébrée par Judas et ses concitoyens, en l'honneur du rétablissement des sacrifices dans le Temple durent huit jours, est applée fête des lumières" (Flavius Josèphe, Antiquités juives, livre XII, édité en 93/94 sous le règne de Domitien). Toute la légende, rapportée dans le septième chapitre du deuxième livre des Maccabées, repose sur l'histoire d'une mère et de ses sept fils refusant de manger du porc, interdite par la Torah, mis çà mort par le roi sélucide Anthioxhos IV Epiphas, dit l'illustre, di l'évellé, né vers 215, mort en 164 avant Jésus-Christ. La cryte de l'abbaye de Bobbio, fondée au septième siècle en Emilie Roamagne, Italie, abrite une mosaïque narrant cette allégorie. L'insistance dans le deuxième livre des Macchabées sur le martyr et la résurrection des morts exlique probablement le sens dérivé signifiant cadavre.

 

L'École de Gaza. 

 

En anéantissant les sites archéologiques gazaouis, c'est ma mémoire de l'humanité que le sionisme ravage. Aux cinquième et et sixième siècles, la cité de Gaza abrite une vie intellectuelle raffinée, ouverte à la diversité. Une littérature vivante, irriguée par la connaissance historique, la recheche épistémologique, la rhétorique, la poésie, voit le jour, plaçant Gaza au centre de la créativité culturelle. Procope de Gaza (vers 370 - vers 530) est un rhéteur officiel, un conférencier public, un tribun renommé. Il cultive l'art oratoire dans le style grenc attique le plus pur. Il écrit. Il enseigne sans prendre part aux querelles théologiques.  Il est aussi connu pour ses commentaires exégétiques des Saintes Écritures. De son oeuvre plétorique, il reste trois dialexeis, quatre éthpées, deux descriptions d'oeuvres d'art, des framents d'un discours de bienvenue, un épithalame, un panéyrique impérial, deux monodies. Cf. Procope de Gaza, Discours et fragments, traduction française éditions des Belles Lettres, 2014).

Choricios de Gaza, en latin Choricius Gasæus, écrivain, orateur grandiloquent, rhéteur officiel après la mort de son maître Procope de Gaza. Choricios de Gaza est un chrétien de l'époque de Justinien. Il pratique les genres traditionnels de la controverse, du panégyrique, de la descrition artistique, ekphraseis, de l'oraison funèbre. Ses déclamations s'acompagnent de commentaires. Le style de l'École de Gaza est formaliste, avec évitement  systématique du hiatus. Elle draîne des thématiques rebattus. Elle abuse des figures des ciataions des préceptes, des aphorismes, des citations, des tours poétiques. Choricios de Gaza est connu pour son Apologie du mime, recueil de textes dépeignant les mimes, vers 530, les comédiens, les acteurs au sixième siècle. Les mimes, se produisant dans les théâtres, les cirques, les foires,  malgré leur dénégreent par le prédicateurs chrétien, sont un rouage essentiel dans les fêtes et lescélébrations de fin d'année. Choricios de Gaza défend les saltimbanques, les cabotins, le farceurs, les matassins, les bouffons, les historiens. L'esprit dionysiaque résiste au dogmatisme. Cf. Choricios de Gaza, L’Apologie des mimes, traduction française éditions  Peter Lang, 2019. Le mime était une profession à art entière dans les premiers sicles de l'empire byzantin.La libérté d'expression préside à son exercice. Le mimodrame se définit dans l'antiquité comme une représentation de la vie quotidienne dans ses différentes manifestations.

D'autres penseurs gazaouis. Énée de Gaza (vers 445 - vers 534), philosophe néoplatonicien converti au christianisme, contemporain de Procope de Gaza. Il ne reste de l'auteur que quelques lettres et le Théophraste, dialogue sur l'immortalité de l'âme, la résurrection des cors, l'origine de l'être humain, la providence divine. Il rejette la doctrine de la préexistence de l'âme à son corps arguant de la paresse de l'âme avant son union avec le cors, incapable d'exercer l'une quelconque de ses facultés. Il rejette aussi l'éternité du monde dans la mesure où il est cororel et donc corruptible, quelque soit la perfection de ses mécanismes.  Il soutient aussi que le coprs étant constitué de matière et de forme, et même quand la matière érit, la forme contient la puissance de ressusciter cette matière au dernier jour. Les âmes, selon lui, ont été créées de toute éternité par Dieu. Elle sont en nombre limité. D'où la nécessité d'une opération de métempsychose qui passer succéssivement ces âmes de corps en coprs.

Gaza est, à cette époque, un théâtre d'affrontements violents entre païens et chrétiens. Les étudiants chrétiens dénoncent leurs condisciples paëns, adeptes de la magie et lecteurs de livres interdits. La Vie de Porphyre (vers 345 - vers 420), évêque de Gaza, remaniée par Marc le Diacre d'après un texte plus ancien, offre un témoignage unique sur le paganisme et le christianisme à Gaza à la fin du quatrième siècle et au début qu quinzièe siècle.  Gaza était si hostile aux chrétiens que leur communauté ne comptait que deux centains de fidèles. Leurs lieux de culte devaient se situer hors d'enceinte de la ville. Gaza, flanquée de son port Maiouma, est entouré d'un cercle monastique dressé contre le concile de Chalcédoine de 451, convoqué par l'empereur byzantin Marcien et son épouse Pulchérie, qui récuse le monphysisme, autrement dit la doctrine affimant que le christ n'a qu'une seule et unique nature, divine, où s'est dissoute la substance humaine.  La résistance s'organise autour de grands ascètes comme Pierre l'Ibère et Isaïe, dont Zacharie rédige les biographies. Pierre l'Ibère devient évêque de Gaza en 452, un an arès le concile contesté. Il est contraint de se réfugier en Egypte l'année suivante. Dans son Théophraste, Enée de Gaza relate les miracles de Zénon, le père spirituel de Pierre l'Ibère.

Le grammérien Jean Philopon combat, né vers 490-495 à Alexandrie, mort après 568, auteur du traté Contre Proclus, Sur l'éternité du monde, 529, combat le concile de Chalcédoine sur terrain philodophique. Enée de Gaza, Zacharie, également natif de Gaza, Jean Philopon sont des néolétoniciens, des monophysistes modérés. Dans la rencontre entre le néoplatocisme et le christianisme, c'est l'âme et son entrée en relation avec le coprs qui est l'enjeu.

Ordonné évêque en 395, Porhyre joue un rôle central dans la christianisation de Gaza. Il détruit le temple de Marneion, dédié à Zeus-Marnas et fonde, sur ses débris, une grande église. Cf. Marc le Diacre, Vie de Porphyre, évêque de Gaza, traduction française Les Belles Lettre, 1930. Une édition critique et une traduction française se trouvent dans la thèse de doctorat d'Anna Lampadaridi, La Vie de Porphyre de Gaza par Marc le Diacre, École doctorale Mondes anciens et médiévaux, Paris, 2011. 

Le mouvement appelée Troisième Sophistique, débroussailleur de grandes problématiques philosophiques, théologiques, éthiques,  permet à Gaza de disputer à Athènes le titre de capitale culturelle de l'empire. L'intérêt des chercheurs est ravivé par la découverte de manuscrits inédits. Plusieurs colloques sont organisés ces deux dernires décennies. En mai 2004, à Poitiers, sous la direction de Catherine Saliou. Les actes sont publiés sous le titre : Gaza dans l'antiquité tradive. Archéologie, Rhétorique, Histoire, Salerno, Hélios, 2005. En mai 2013 au Collège de France, sous la thémtique L'Ecole de Gaza, Espace littéraire et identité  culturelle dans l'antiquité tardive, sous la direction d'Eugenio Amato, Lucie Thévenet et Paola d'Alessio. En juin 2014, autre colloque à Nantes, Discours public et déclamation scolastique à Gaza dans l'antiquité tradive.

Le lexicologue et gramairien Timothé de Gaza a vécu au tournant du quinzième et du sixième siècles sous le règne de l'empreur Anastse. Il ne demeure de son traité zoologique Peri Zôôn que des fragments de compilations médiévales, byzantines et arabes. Des extraits sont inclus au dizième siècle dans l'encyclopédie zoolozique, dite syllogé Constantini,  de Constantin VII. Le traité de Timothée de Gaza est utilisé dans plusiueurs ouvrages arabes, l'encyclopédie du pjilosophe d'Abou Hayyân al-Tawhidi, né vers 932, en Irak, sous le califat abbasside, mort en 1023, grand prosateur de l'arabe classique. Le biographe Yacout Ben Abdellah al-Roumi al-Hamawi (1179-1229) l'appelle : "faylasouf al-oudabâ' wa adîb al-falâsifa', philosophe des gens de lettres et homme de lettre des philosophes".  Personnalité complexe, soupçonné d'hérésie, d'athéisme à cause de son moutazilisme et son soufisme. Cf. Marc Bergé, Essai sur la personnalité morale et intellectuelle d'Abû Hayyân al-Tawhidi, thèse d'Etat soutenu à la Sorbonne en 1976. Version publiée : Marc Bergé, Pour un humanisme vécu : d'Abû Hayyân al-Tawhidi, Institut français d'études arabes, Damas, 1979. Cf. Marc Bergé, Essai sur la personnalité morale et intellectuelle d'Abû Hayyân al-Tawhîdî, thèse d'État, Paris-Sorbonne, 1976 ; version publiée (sous le titre Pour un humanisme vécu : Abû Hayyân al-Tawhîdî, etc.), Institut français d'études arabes de Damas, Damas, 1979. Le traité de Thimothée est également cité, au douzièème siècle,  dans Tabaî' al-hayawan, La Nature des animaux, de l'historien, médecin, zoologiste Sharaf al-Zamân Tâhir al Marwazi (1056-1125).

Le phénomène de l'hybridation chez Timothée de Gaza est à la fois mythologique, fantaisiste et poétique. L'auteur se donne comme terrains d'étude l'Inde, l'Afrique et le Moyen-Orient. Il recense les mammifres, les oiseaux et les reptiles. Il applique le principe d'hybridation d'Artistote. Il considère le guépard comme un superhybide, croisement du lion, de la panthère, de l'hyène, de la gazelle, du chamois, et du lièvre. La giraffe serait la métisse de la panthère et du chameau. Les accouplements se feraient dans des oasis où ces animaux se désaltèrent. Les rencontres aux points d'eau sont probablement inventées par Zakarya Ibn Mohammed al-Kazwînî (vers 1203 - vers 1283), auteur des Merveilles des choses créées et les curiosités des choses existantes, Aja'ib al-makhlouqat wa gharaïb al-majdoudat. Les descriptions d'Al-Qazwînî révèlent les mythes, la coryances au coeur de l'imaginaire médiéval , oriental et occidental, sur le phénomne de la création.

Se mentionnent des animaux fabuleux comme le catoblépas, buffle au long dont la tête, trop lourde, traîne par terre, dont le regard cause instantanéent la mort de celui qui le croise. Il est signalé, pour la première fois, par Pline l'Ancien : "La source Nigris, pont de départ du fleuve Nil, se trouve en Ethiopie occidentale. Vit sur les bords de cette source, une bête appelée Catoblépas, d'une taille médiocre, avec des membres inertes. Tout ce qu'elle peut faire, c'est porter sa tête, très pesante, toujours inclinée vers le sol. Elle est le fléau du genre humain. Celui qui voit ses yeux expire sur le champ" (Pline l'Ancien, Histoire naturelle, VIII, 32). D'après lhistorien romain Claude Elien, Claudius Aelianus (175-235), dans De la nature des animaux, le catoblépas est herbivore. Il est de la taille d'un taureau domestique. Il a une crinière épaisse, des yeux bridés injectés de sang, de lourdes paupières. Son empoisonné intoxique les plantes qu'il mange et peut tranformer un être vivant en pierre. Lénard de Vinci évoque le bête fatale dans ses Carnets. Jorge Luis Borges consacre un chapitre au catoblépas dans son  Manuel de zoologie imaginaire, traduction française Christian Bourgois, 1980.

 

L'empreinte et la trace.

Jeudi, 5 juin 2025. Fait marquant du jour. Une petite tache ocre sur un galet de huit centimètres découvert en 2022 pendant une fouille d'un abri-sous-roche à San Lazaro en Espagne, . Une équipe pluridisciplinaire de géologues, de paléontologues, de biométriciens se mobilise pour résoudre l'énigme. La revue Archaeoligical and Antroological Sciences du 24 mai 2025 publie leurs résultats. La panachure s'avère être l'empreinte d'un doigt de néandertalien sciemment teinte. Message projeté vers des futurs lointains.  Se révèlent les facultés d'abstraction, de pensée symbolique, de création artistique du néandertalien il y a quarante-trois mille ans. A première vue, aucune empreinte digitale ne se distingue sur le caillou lisse, non taillé. La microscope électronique à blayage ne décèle acun liant organique dans l'échantillon des orydes de fer et des minéraux argileux. Des précédés pointus s'investissent, imagerie multispectrale de la partie peinte, photoluminescence infrarouge, réflectograhie ultraviolet pour dévoiler les lignes de crête et de creux de la peau. Les enquêteurs en concluent que l'ocre est consciemment ajouté à  la surface du galet. La police scientifique confirme qu'il s'agit bel et bien d'une empreinte digitale. 

Les sionistes ont tout beau anéantir les matérialités, les visibilités, ils ne pourront jamais dissoudre les empreintes, les traces, les stigmates d'une présence palestinienne immémoriale.

 

© Mustapha Saha, juin 2025.

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Pour citer ce texte illustré & inédit

 

Mustapha Saha, « Éclats de mémoire archéologique gazaouie », photographie par Élisabeth Bouillot-Saha, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2025 | NO III NUMÉRO SPÉCIAL « CRÉATRICES », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 20 juin 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/

periodiques/orientalesno4/2025noiii/ms-eclatsdememoire

 

 

 

* Rappel ! Les anciennes revues culturelles des Amériques, d’Europe, d’Afrique... ont été regroupées dès 2023-2024 en une unique rubrique intitulée « Revue culturelle des continents ».

 

 

 

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31 mai 2025 6 31 /05 /mai /2025 17:24

Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles » | Annonces diverses / Agenda poétique

 

 

 

 

 

 

Le programme de la quatrième édition du

 

Festival la Tour poétique

 

 

 

 

© Crédit photo : L’affiche oficielle de la soirée sud-américaine du 14 juin 2025, 4édition du Festival « Tour Poétique » 2025 autour du thème de « L’exil » de l'association Apulivre.

 

Les artistes peintres

Elles furent artistes peintres en des temps où il était impossible pour elles d’étudier l’art comme les hommes
Le Pan Poétique des Muses a la joie et l’honneur de vous convier à la 4e édition du Festival « Tour Poétique » 2025 autour du thème de « L’exil » dont la marraine est notre rédactrice Maggy De Coster. Ce Festival existe grâce à l'initiative de l'association Apulivre. Son inauguration aura lieu le 12 juin prochain.

 

 

 

Communiqué de presse

 

Paris, 25-05-2025

 

Ouverture de la quatrième édition du festival, La Tour Poétique.

 

L'association Apulivre a l'honneur et la joie de vous annoncer l'ouverture de la quatrième édition de son festival de poésie "La Tour Poétique".

 

Le festival aura lieu du jeudi 12 au dimanche 15 Juin 2025, à la Maison de la Vie Associative et Citoyenne du 15e arrondissement de Paris.

 

Cette année, la thématique de l'exil sera le cœur vibrant de notre festival. 

 

Pour plus de détails sur notre événement, veuillez nous contactervia notre email

 

L'association Apulivre déploie des activités culturelles autour de ses valeurs : Lecture, Partage, Entraide.

 

La Direction collégiale du festival de poésie La tour poétique :

 

Amar Benhamouche, Arwa Ben Dhia, Maggy De Coster, Rachida Belkacem & Hacen Lefki

 

 

Programme Maison de la Vie Associative et Citoyenne du XVe arrondissement 

(22 rue de la Saïda, Paris 15e)

 

Programme du jeudi 12 juin

 

Salle 1

Salle 3

13h

Rencontres avec :

 

Hajar Ouhcine,  Sarah Attal et Ilaria Piazza

 

14h

Rencontres avec :

 

Alex Delusier, Sandrine-Malika Charlemagne et Emile Boutelier

 

15h30

 

Rencontres avec :

 

Fatima Chbibane Benaçar et Inez Oludé Da Silva 

 

16h30

 

Rencontre avec :

 

Jean-Pierre Paulhac

 

18h

 

Cérémonie d’ouverture

 

19h30

 

Rencontre poétique avec :

 

Tahoura Tabatabai-Vergnet, modérée par Khouloud Kebali avec un acompagnement musical de Aziz Boubezzou.

 

20h30

 

Rencontre poétique avec :

 

Annpol Kassis, Fatine Moubsit et Victor Hountondji 


 

13h30

 

Scène ouverte en arabe modérée par Zakia Laaroussi






 

15h30

 

Scène ouverte 



 

 

Programme du vendredi 13 juin

 

Salle 1

Salle 3

13h

Rencontres avec :

 

Alexandre Baurénie, Ende Need Eden et Alain Nzigou Moussavou

 

14h

Rencontres avec :

 

Sabine Mongue, Katia Adila et Charlotte Bellanger

 

15h30

 

Rencontres avec :

 

Patrice Kanozai (éditions du cygne)

 

16h

 

Rencontre avec :

 

Doina Guriță, Mirela Cocheci et Violeta Andrei Stoicesco

 

18h

 

Rencontre avec :

 

Marianne Catzaras et Iren Mihaylova 

 

19h

 

Rencontre avec :

 

Nour Cadour, MoezAwled Ahmed et Hadi Nasreddine

 

20h

 

Rencontre poétique avec :

 

Imen Moussa





 

20h30

 

Soirée en hommage à Boualem Sensal :

 

          Djemila Benhabib et Ghilas Ainouche.


 

13h

 

Scène ouverte  





 

14h30

 

Scène ouverte 






 

17h

 

Scène ouverte en Kabyle












 

20h

 

Scène ouverte

 

 

 

Programme du samedi 14 juin

Salle 1

Salle 3

13h

Rencontre avec :

 

Salim Mokaddam

14h

Rencontres avec :

 

Arwa Ben Dhia, Domi Bergougnoux et Méas Pech-Métral 

 

15h30

 

Rencontres avec :

 

Isabel Natacha Weiss, Rachida Belkacem et Muriel Augry

 

 

16h15

 

Présentation du livre collectif « Les poètes ne meurent pas en exil » des Éditions Constellations 

 

17h30

 

Rencontre avec :

 

Djemila Benhabib et Simon Suleymani

 

19h

 

Rencontre avec :

Patricio Sanchez-Rojas

 

20h

 

Rencontre poétique avec :

 

Patricio Sanchez-Rojas, Maggy de Coster, Consuelo Arriagada et Miguel Angel Sevilla


 

13h

 

Scène ouverte  



 

14h30

 

Rencontres avec

 

Besma Omrani et Samia Bensalem Ould Amara

 

 15h30

 

Rencontres avec

 

Catherine Rafanomezana

 

16h30

 

Scène ouverte  




 

Programme du dimanche 15 juin

 

Bistrot de la Gaieté 

(7 rue Papin, Paris 1e)

15h

Scène ouverte

Café le Jip’s  

(41 rue  Saint-Denis, Paris 1e)

 

15h

Scène ouverte

 

Café du Pont Neuf 

 (14 quai du Louvre, Paris)

15h

Rencontres avec Maggy De Coster et Sarah Mostrel suivies d’une scène ouverte

 

***

Pour citer cet événement poétique inédit

 

LPpdm, « Le programme de la quatrième édition du Festival la Tour poétique »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles », mis en ligne le 31 mai 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/megalesia25/noii/festivallatourpoetique

 

 

 

 

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16 mai 2025 5 16 /05 /mai /2025 15:59

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2025 | INSPIRATRICES RÉELLES & FICTIVES | 1er Volet | Entretiens poétiques, artistiques & féministes | Voix / Voies de la sororité | Métiers du livre & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Entretiens

 

 

 

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Interview avec Hassina Takilt

 

 

du magazine HORA 

 

 

 

 

 

 

 

Propos recueillis en 2025 par

 

Hanen Marouani

 

Entrevue avec

 

Hassina Takilt

Docteure en Pharmacie & Directrice Adjointe chez HORA magazine www.horamagazine.com

 

 

 

© Crédit photo :  Capture d'écran du site du magazine HORA (https://www.horamagazine.com), 2025.

 

 

Hassina Takilt — Je vous remercie chaleureusement pour cette invitation, qui représente pour moi bien plus qu'une simple interview. C'est une opportunité de m’exprimer de façon authentique, d’honorer la résilience, la persévérance, surtout le courage et l'influence des femmes à travers le monde, tout en partageant un fragment de mon parcours qui, je l'espère, trouvera écho auprès de vous.

 

 

​Hanen Marouani — Qu'est-ce qui vous a motivée à devenir Docteure en pharmacie et à travailler dans le domaine de la santé ?

 

HT. — Mon choix de devenir Docteure en pharmacie et me spécialiser dans le domaine de la santé était une finalité logique, en fait. J’ai grandi dans un environnement familial ancré dans le domaine de la santé, entourée de frère, sœurs et cousines évoluant dans le secteur sanitaire. On en avait des médecins, sagefemme et infirmières. Cet héritage familial m’a naturellement sensibilisée aux enjeux médicaux et à l’importance du bien-être des patients. Afin de compléter le bouquet et grâce aussi à ma passion pour la botanique et la phytothérapie, j’ai choisi spécialement de devenir Docteure en Pharmacie.

 

 

​HM. — Pouvez-vous nous parler des principales missions de HORA Magazine et de ce qui le distingue des autres publications ?

 

HT. — Avant de parler de HORA magazine, j’aimerais souligner l’anecdote qui a fait ma rencontre en fait avec le Président Fondateur et Rédacteur en Chef Mr Fethy MECHETII, un brave monsieur d’une humilité remarquable. C’était en fait, un simple hasard, lors d’un partenariat anodin de promotion de produits pour le bien-être, un contrat de quelques mois mais s’est terminé par une curiosité, de volonté de prendre ce risque inopiné qu’est de plonger dans la communication et le média à l’international. Et c’est là qu’a commencé mon parcours chez HORA magazine, en tant que Correctrice puis Directrice Adjointe du fondateur.

HORA est bien plus qu'une simple publication : c'est une ode à la diversité culturelle et à l'émancipation des femmes dans le monde, la sororité ... qui définissent son identité éditoriale. Notre mission est de créer des ponts entre les cultures au-delà des frontières, de donner une voix aux femmes inspirantes et de valoriser les parcours exceptionnels. Ce qui peut distinguer HORA magazine, je pense c'est sa capacité à transcender les frontières avec une ligne éditoriale forte et engagée.

 

​HM. — Quelles rubriques de HORA Magazine sont les plus populaires auprès de vos lecteurs ?

HT. — HORA magazine qui est un mensuel, comportent des rubriques qui reviennent tous les mois, mais aussi plusieurs autres qui sont personnalisées selon les tendances et actualités ou même parfois des coups de cœurs. Et c’est ce qui fait la particularité de HORA magazine, le lectorat reste émerveillé et attend toujours la surprise. Les rubriques les plus plébiscitées sont celles qui mettent en lumière des portraits de femmes inspirantes, des interviews exclusives avec des leaders, ainsi que les articles axés sur la diversité culturelle et l’art sous toutes ses formes. Les rubriques « Découverte by HORA, Évent, Entrepreneuriat, Échappées... mais bien d’autres suscitent également un vif intérêt. Vraiment c’est très riche et très varié selon la période ou la thématique ciblée.

 

 

​HM. — Comment choisissez-vous les sujets à aborder dans chaque numéro ?

 

HT. — Le choix des sujets repose sur un équilibre entre l'actualité mondiale, les tendances socioculturelles, d’une part, nos engagements éditoriaux avec nos partenaires. Nous privilégions les thématiques qui ont un impact social, culturel ou économique, en veillant à ce qu'elles résonnent avec les aspirations de notre public international. Chaque sujet est soigneusement sélectionné pour sa capacité à inspire. Nous en avons des rubriques pour toutes les périodes de l’année : estivale, rentrée sociale, Octobre Rose, ramadanesque… Nous nous efforçons continuellement d'ébahir notre lectorat et surtout rester fidèles à notre identité.

 

 

​HM. — Quel rôle pensez-vous que les médias jouent dans l'émancipation des femmes à travers le monde ?

 

HT. — Les médias sont des catalyseurs puissants de changement à double tranchant. Ils ont le pouvoir d'influencer les mentalités dans les deux sens, de promouvoir l'égalité des genres, ou militer pour les bonnes causes. Ils peuvent déconstruire les stéréotypes, offrir une visibilité là où ce n’est pas assez entendu ou trop souvent marginalisées.

Chez HORA Magazine, nous sommes convaincus que l'émancipation des femmes repose sur la représentation, l'éducation et la mise en lumière de parcours inspirants dans tous les domaines. Mais pas que, nous donnons aussi la parole aux hommes engagés en faveur de la cause du leadership féminins.

 

​HM. — Avez-vous des projets ou des initiatives à venir pour HORA Magazine que vous aimeriez partager ?

 

HT. — En effet, si vous suivez le parcours de HORA magazine, vous verrez que HORA n’a pas arrêté d'innover tout en restant en phase avec le moment présent. Ceci dit que l'envol du numérique aujourd’hui nous pousse à renforcer notre présence et préserver notre position que nous avons durement acquise, tout en étant conscients du chemin qu'il nous reste à parcourir. Nous avons misé sur des collaborations internationales, des partenariats stratégiques notamment en Europe et dans la région du MENA, pour cette année 2025, d’une part.

D’autre part, pour être honnête, le développement de la version papier est un écrin qui se rarifie, du coup ça sera vraiment des impressions ciblées pour un public bien précis, qui, si l’on peut dire comme ça, a toujours le goût et la nostalgie de feuilleter un média.

 

 

​HM. — Comment HORA Magazine s'adapte-t-il aux tendances actuelles et aux attentes de son public ?

 

HT. — Notre lectorat est particulièrement adulte et quasi paritaire, et du coup nous diversifions nos contenus de façon continu. Nous arrivons à adapter HORA Magazine en composant avec le moment présent, des hommages et retour dans le passé, pas spécialement des mises en lumières de profils connus de tout le monde. Ce sont ces récits insolites ou même parfois nostalgiques qui captent le plus nos lecteurs et boostent notre audience constamment. 

Notre force réside dans notre capacité à conjuguer authenticité et modernité, tout en préservant l'essence de notre identité, et ça nous réussit jusqu’à maintenant.

 

​HM. — Quelles sont les plus grandes satisfactions que vous tirez de votre travail chez HORA Magazine ?

 

HT. — Ma plus grande satisfaction c’est l’ouverture au-delà des frontières. Contrairement au monde du pharma qui est sur une autre dimension complètement et qui m’est cher tout de même. Avec HORA, d’autres portes me sont ouvertes. Au cours de ces quatre années, j’ai pu faire des rencontres exceptionnelles à l’échelle mondiale, à commencer par l’équipe HORA ainsi que le fondateur, qui prône un management fondé sur l'humilité et l’écoute. 

Travailler dans un environnement serein est une source d'épanouissement personnel et professionnel, où la créativité, l'engagement et la valeur humaine se rencontrent.

 

​HM. — Comment voyez-vous l'évolution du magazine dans les prochaines années ?

 

HT. — Tout simplement, avec la persévérance, je vois HORA Magazine continuer à s'imposer sur la scène digitale comme une référence mondiale. Nous aspirons élargir notre réseau de correspondants internationaux, développer des éditions spéciales, dans d’autres langues, et surtout intensifier notre impact à travers des initiatives sociales et éducatives hors du commun.

 

 

​HM. — Quels conseils donneriez-vous à quelqu'un qui souhaite se lancer dans le journalisme ou la publication ?

 

HT. — Je leur conseillerais d'être curieux, passionné et, avant tout, authentique. Le journalisme ne se limite pas à raconter des faits, c'est un art : celui de raconter des instants de vie, des parcours et des émotions qui touchent et qui interrogent les consciences. 

Ce n’est pas juste de poser la meilleure question mais plutôt de créer le moment. Il est essentiel de rester fidèle à ses valeurs, et d'avoir le courage de donner la parole à ceux que l'on entend trop peu aujourd’hui.

Par ailleurs, j'adresse ce message particulier aux lecteurs et lectrices de Pan Poétique des Muses et de la Revue Orientale et de HORA magazine : osez faire ce qui vous anime, tentez de nouvelles expériences et de reconversions inouïes. N'attendez pas le moment parfait, il n'existe pas. La vie est trop courte pour passer à côté de ses rêves, alors vivez pleinement et saisissez chaque opportunité !

Merci infiniment le Pan Poétique des Muses, Grand merci à la Revue Orientale.

 

© Hassina TAKILT (Docteure en Pharmacie, Directrice Adjointe chez HORA magazine, www.horamagazine.com)

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Pour citer ces images & entretien inédit​​​​​​s

 

© ​Hanen Marouani, « Interview avec Hassina Takilt du magazine HORA », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 16 mai 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/noi2025/hm-interviewhora

 

 

 

 

 

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15 avril 2025 2 15 /04 /avril /2025 16:28

Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles » | Critique & réception |  I — « Rêveuses » | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Critiques poétiques & artistiques

 

 

 

 

 

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Françoise Khoury el Hachem, Éclats de rêves,

 

Éditions l’Harmattan, collection

 

le Scribe l'Harmattan, 2025

 

 

 


 

 

Réception par

Nicole Barrière

Poète, essayiste, traductrice &

directrice de la collection « Accent tonique » aux Éditions l’Harmattan. Blogue officiel : http://nicoletta.over-blog.com/

 

 

 

Françoise Khoury el Hachem, Éclats de rêves, Éditions l’Harmattan, collection  le Scribe l'Harmattan, 2025

© Crédit photo : Première de couverture illustrée du recueil de poèmes « Éclats de rêves » de Françoise Khoury el Hachem aux Éditions l’Harmattan, 2025.

 

 

 

 

 

Dans le recueil « Éclats de rêves », publié cette année aux Éditions l’Harmattan dans la collection « le Scribe l'Harmattan » dirigée par Fatima Guemiah,  Françoise Khoury el Hachem opère un glissement de la création poétique à l'amour humain, puis à l’amour universel. 

De cette liberté de créer du poète au nœud de l'enchaînement amoureux, il y a une femme Françoise Khoury el Hachem, une poète et l'attrait qu'elle suscite, les fils invisibles qu'elle tisse. Est-elle une fée ? Une Parque ? Ou est-elle une grâce ou tout en même temps ?

Faut-il fuir ou transgresser l'interdit ? S'abandonner ? Aimer, rêver, étreindre ?

 

La poésie de Françoise Khoury el Hachem est charnelle, elle évoque le trouble, les craintes, les gestes, la caresse ou l'accident qui suggère la rencontre, la faille...

Femme, Françoise Khoury el Hachem est éclat, oiseau, rose, papillon, goutte de rosée, neige, rivière, feu, lumière, voix. Voix de l'amour, voix du poème.

Il faut l'entendre déclamer ses poèmes d'amour et conquérir le public, transmettre avec une élégance primesautière l'aveu, le songe, la lumière, la brûlure ; il faut l'entendre murmurer ses éclats de pudeur, la grâce jusqu'à l'infini, jusqu'à l'invisible. 

Elle a cette « passion sauvage, cette soif inconnue » des grandes amoureuses jusque dans les situations tragiques de la guerre. Mais que valent les serments des fous amoureux dans la guerre ?

Comment restaurer la paix dont elle rêve dans « le chant des souvenirs », qu'elle pleure sur « le fil de l'histoire » ?

De ce retour dans le temps, le temps qui passe, germent l'incertitude, les faux miroirs qu'elle sait débusquer « entre l'être et le paraître ».

 

Françoise Khoury el Hachem nous entraîne dans la complexité des êtres, leur dualité qu'elle nomme le Diable et Dieu comme l'endroit et l'envers d'un même tissu. Elle nous emmène ainsi dans les univers parallèles du monde Moyen Oriental et l'être se confond avec le monde et devient « poudrière ».

Est-ce que seul l'amour sauve? Est-ce que seules la douceur de la vie et la vieillesse rendent la vie acceptable ? Apaisée ?

Cependant rien n'empêche la passion de resurgir en transe érotique, pour se rencontrer encore et encore malgré le silence ou l’absence car « derrière le voile de tristesse, une force renaît, une promesse » en confiance, en preuves d'amour. 

Ce recueil nous emporte comme une marée, en vagues successives dont le ressac transmet les « émotions ravageuses » l'intimité du désir et de l'interdit jusqu'à « la victoire de l'amour ».

Cette victoire de l'amour se mêle au triomphe de la paix comme si chez Françoise Khoury el Hachem le désir puissant de la vie et la foi pouvaient élever l'humanité à plus de justice et de paix.

Elle nous donne ce rendez-vous unique, amoureux de la parole où les âmes se joignent, où l'amour éternel est fait de « languissante séduction et d'érotisme insubmersible ».

Merci Françoise Khoury el Hachem pour cet hymne à l'amour, à la paix et à la vie. 

© Nicole Barrière

 

___________

 

Pour citer ce texte inédit​​​​​​​

 

Nicole Barrière, « Françoise Khoury el Hachem, Éclats de rêves, Éditions l’Harmattan, collection le Scribe l'Harmattan, 2025 », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2025 « Rêveuses » & « Poésie volcanique d'elles » & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 15 avril 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/megalesia25/noii/nb-reves

 

 

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18 mars 2025 2 18 /03 /mars /2025 15:21

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2025 | INSPIRATRICES RÉELLES & FICTIVES | 1er Volet | Critique & réception / Chroniques de Camillæ | Dossier majeur | Articles & témoignages & REVUE ORIENTALES (O) | N° 4-1 | Dossier

 

 

 

 

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Le Temple de la Maison des Pages (I)

 

 

 

 

 

Épisode 1 / Chronique par

 

Camillæ/Camille Aubaude

 

https://everybodywiki.com/Camille_Aubaude

 

Blogue officiel :

https://camilleaubaude.wordpress.com/ 

 

 

© Crédit photo : Plan du plateau des Châteliers, entre deux remparts gallo-romains en marron... Image no 1 fournie par la chroniqueuse Camillæ.

 

 

 

Sur le plateau des Châteliers, entre deux remparts gallo-romains (en marron sur le plan) se trouvent les fondations d’un grand temple, et d’un second plus petit.

Le premier rempart est dans le parc de la Maison des Pages.

La maison adossée à la falaise prolonge et clôt le rempart.

 

© Crédit photo : Des fouilles successives ont mis à jour ces temples païens.... Image no 2 fournie par la chroniqueuse Camillæ.

 

Des fouilles successives ont mis à jour ces temples païens.

Ils furent actifs probablement depuis la guerre des Gaules menée par Jules César et jusqu’à la christianisation des Gaules menée par Sainte Geneviève.

La destruction d’un temple païen à Amboise est attestée au IVè siècle dans les Dialogues (III, 8) de Sulpice Sévère1.

C’est un lieu immémorial relié à la Maison des Pages. Durant des siècles, des cérémonies de nature politique ou religieuse se sont déroulées dans cet enclos sacré. 

 

© Crédit photo : Le premier rempart néolithique et la Maison des Pages de Camille Aubaude sont orientés nord-ouest. Image no 3 fournie par la chroniqueuse Camillæ.

© Crédit photo : Un antre magique dans l’escalier du pressoir, durant le vernissage de l’exposition des photographies de Thibaut Vergoz sur Amboise (son et lumière au château royal, sur le chevalet). Image no 4 fournie par la chroniqueuse Camillæ.



 

Mon esprit s’envole vers l’enclos sacré de Saint Médard…

Après l’adoption du christianisme, la reine Radegonde (520-587) s’est réfugiée

dans un espace qui lui a sauvé la vie. 

Vous me suivez ?

Les sbires de son mari n’ont pas profané cet espace. 


 

Il y a un quartier Sainte Radegonde à l’entrée de Tours, 

avec la tombe de mes aïeules. 


 

© Crédit photo : Nuages sur le plateau des Châtelliers. Vue de l’emplacement de la cité gauloise. Image no 5 fournie par la chroniqueuse Camillæ.


 

En 2024, je cherche la voie sacrée par où les processions religieuses eurent lieu 

de la cité gauloise à la Maison des Pages.

C’était un temple imposant, essentiel. 

Comment figurer trois mille ans de l’histoire humaine ? 

 

 

© Crédit photo : Le pressoir sculpté de la Maison des Pages contient une bacchanale, à défaut de l’entre-dévoration que met en scène Sevrage de Camille Aubaude (éd. Pan des muses-SIÉFÉGP). Image no 6 fournie par la chroniqueuse Camillæ. 


 

Juste une cité gallo-romaine : Die, commune de la Drôme où le poète plasticien Yves Bergeret (langue.espace@gmail.comaffin de la Maison des Pages, installe ses œuvres.

À Die, les preuves du culte de la Grande Déesse Cybèle sont établies (an 250).

Cette religion  n’aurait pas dépassé le nord de la ville de Lyon. 

 

 

© Crédits photos : Une toile peinte par Camille Aubaude avant l’exil à Ghardaïa (en sept. 1980), très abîmée et restaurée dans les années 2010, avec les étagères de livres dans la pièce au carrefour des chemins (la revue mexicaine Fornix, trilingue, les Actes du 1er colloque sur Isis au Futuroscope de Poitiers…). Et la Maison des Pages qui veille. Images no 7 & no 8  fournies par la chroniqueuse Camillæ.



 

Les êtres humains qui œuvrent sur Internet vont-ils nous apporter des cadres ?

Ce serait «  la revanche de l’imperceptible », car il ne reste presque rien.

Les artistes et les chercheurs qui passent leur temps sur des écrans

répandent leur faconde fanée.

 

Cinq ans à peine, et les grandes « créations » disparaissent : 

« la page que vous recherchez est introuvable ». 

Les « experts » annoncent une avalanche de cas d’épilepsie.

 

 

© Crédits photos : Une toile peinte par Camille Aubaude avant l’exil à Ghardaïa (en sept. 19 Un des Pages de Camille Aubaude, au 1er étage — œuvre acquise à Binic (vers 2013). Les couleurs de la description littéraire sur fond de lumière d’or, par Barcello. Image no 9 fournie par la chroniqueuse Camillæ.



 

Le ressourcement qu’apporte la Maison des Pages se fait en silence.

Peu enclin au bavardage, le mythe d’Isis se nourrit comme l’Hydre géante

par la somme d’innombrables versions.


 

Le chapitre II va en recueillir quelques-unes.






 

Note

1. Le passage de Sulpice Sévère relatant les événements survenus à Amboise au IVè siècle (Dialogues, III, 8) :

"In VICO autem AMBATIENSI, id est CASTELLO ILLO VETERI, quod nunc frequens habitatur a fratribus, idolum noveratis grandi opere constructum. Politissimis saxis moles turrita surrexerat, quae in conum sublime procedens, superstitionem loci operis dignitate servabat. Hujus destructionem Marcello, ibidem consistenti Prebystero, vir beatus saepe mandaverat. Post aliquantum tempus regressus, increpat Prebysterium, cur adhuc idoli structura constiteret. Ille causatus, vix militari manu et vi publicae multitudinis, tantam mol lem posse subverti, nedum id facile putaret per imbecilles clericos. aut infirmos monachos quivisse curari. Tum Martinus recurrens ad nostra subsidia, nocte totam in orationibus pervigilat. Mane orta tempestas, aedem idoli usque ad fundamentum provolvit. Verum haec Marcello teste dicta sint."

« Dans le bourg d’Amboise (c’est-à-dire dans le vieux château, maintenant habité par un grand nombre de moines), on voyait un temple d’idoles élevé à grands frais. C’était une tour bâtie en pierres de taille, qui s’élevait en forme de cône, et dont la beauté entretenait l’idolâtrie dans le pays. Le saint homme avait souvent recommandé à Marcel, prêtre de cet endroit, de la détruire. Étant revenu quelque temps après, il le réprimanda de ce que le temple subsistait encore. Celui-ci prétexta qu’une troupe de soldats et une grande foule de peuple viendraient difficilement à bout de renverser une pareille masse de pierres, et que c’était une chose impossible pour de faibles clercs et des moines exténués. Alors Martin, recourant à ses armes ordinaires, passa toute la nuit à prier. Dès le matin s’éleva une tempête qui renversa le temple de l’idole jusque dans ses fondements. Je tiens ce fait de Marcel, qui en fut témoin. »

(Transmis par Jean-Marie Laruaz, archéologue)

 

 

___________

Pour citer ce premier épisode illustré & inédit de ce chronique-feuilleton des inspiratrices

 

 

© Camillæ ou Camille Aubaude, « Le Temple de la Maison des Pages (I) », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet & Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 19 mars 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientalesno4/noi2025/ca-letemple

 

 

 

 

 

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