7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 18:19

Megalesia 2020 | Critique & réception 

 

 

 

Jean-François Blavin,

 

« Oscillations vagabondes au crépuscule »,

Éditions Unicité, 2020, 94 p., 13€

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

​​​​​​​© ​​​​​​​​​​Crédit photo : "Première de couverture illustrée du recueil aux Éditions Unicité ".

 

 

Ces poèmes rehaussés des beaux dessins de la talentueuse Nicole Durand reflètent les pérégrinations urbaines d'un poète à l’œil affûté. Ils sont aussi chapeautés d’une très longue préface de  Laurent Desvoux- D’Yrek intitulée : Les terrasses de la divine comédie humaine ». 

Le poème luminaire court mais très parlant décrit l’état d’esprit d’un poète pèlerin parcourant les allées d’un quotidien  à géométrie variable:

 

 « Entre extase et accablement

Je chemine ici ou là ».

 

Et Notre-Dame dans son martyre de trouver une place d'honneur dans le recueil ! Il fallait y penser ! Ainsi peut-on lire : 

 

« Notre- Dame de Paris martyrisée

Mais c’est Paris tout entier qui suffoque »

 

Et c’est aussi le constat de l’hiver qui saisit la ville et la soumet à son « poignard de gel » car « Ce jour il gèle à pierre fendre » mais le poète courageux et téméraire ne cède pas à la panique: « Pas à pas dans la rue il marche ». « Il », c’est bien lui le poète qui se nomme à la troisième personne car le « je » peut bien paraître ostentatoire, il vaut mieux s’effacer derrière le « il » et c’est bien là son jeu. Il est aussi cet homme mûr qui dans la montée des ans se souvient avec

 

bonheur de l’enfance et c’est ainsi que :

 

«  Des jeux enfuis il se souvient

De la pêche sur la jetée  « 

………………….. 

» Et  les sirènes  de sa vie

Voltigent devant l’homme mûr »

 

La nuit, les songes du poète semblent peuplés « d’oiseaux migrateurs » histoire de penser que ses nuits seraient le prolongement de ses journées de balades enchanteresses :

 

« Oiseaux migrateurs de mes curieux sommes

Est-ce souvenance au tamis des jours »

Il ne manque pas de faire un clin d'œil à Rimbaud dans le poème sur le très chic restaurant Le Zimmer de la Place du Châtelet à Paris avec de très belles images ou évocations : 

 

«  Quand le val n’est point tragique

au dormeur

il est d’étranges escales »

 

Avec un luxe de détails, le poète nous invite à découvrir le charme de ce lieu feutré et chaleureux : 

 

« Au-dessus des marbres durs

Il y a comme la scène et le promenoir

d’un théâtre

les tentures rouges, les rideaux écarlates

les lettres de flétrissure, les miroirs,

les sièges cossus, les penseurs, les faux-penseurs,

les imposteurs »

 

Référence est également faite aux héros mythologiques qui veillent sur la Fontaine  Médicis dans un poème dédié à Elsa, la fille du poète, comme cadeau d’anniversaire, aussi considère-t-il :

 

«  Polyphème enfouit sa haine

D’Ulysse sous tant de flocons

Quand la neige caresse Acis

Créant l’émoi en Galatée »

 

Il joue avec les sonorités sans verser dans une  rimaillerie insipide et banale. Il a pour particularité d'omettre les déterminants et de forger des locutions verbales comme dans les vers suivants : " Où se ruaient dames affolées", « dresser constat de l’inavouable » (locution verbale) bien d'autres emplois similaires : originalité qui le rapproche du registre classique : 

 

« C’est déjà intrigante mélopée

A ravir pauvres éperdus et blêmes » p. 89

 

Lancer pelletées :  « […]il  lance

Pelletées de rimes en rade. »p. 41

 

Se créer chemins : « Des laves se créent chemins en rigoles »

Poursuivre quête : « Poursuis alors quête de l’oasis » p.48

 

« Signant clôture d’une vie

Pour l’échoppe de vie vibrante » p.54.

Ici, il y a coexistence d’allitérations et de locutions verbales.

 

Il a aussi l’art d’adjectiver les substantifs comme dans « monts aventuriers » (p. 89) et dans le dernier poème (à la page 91) qui fait retour au premier vocable du titre du recueil : « Oscillations » qui dénote son amour de la montagne, il récidive en adjectivant le mot « moraine » : « Et ma souvenance est moraine » et tout s’achève : 

 

« Comme une transe poétique

Où se lient malheur et bonheur »

 

Le champ lexical de l’auteur relève nettement du registre de la langue soutenue et c’est à loisir qu’il emploie des mots comme : « libation », « vaticination » et bien d’autres. De par sa formation de juriste il puise aussi dans le vocabulaire juridique aussi peut-on lire : « invite comminatoire ». 

 

L’auteur s’accorde certaines licences académiques en employant par exemple le mot « ténèbre » au féminin singulier : « Où est le vrai dans la ténèbre » p.45. 

Emploi rare, usité dans le langage littéraire comme ce fut le cas pour Léon Daudet dans (Bacchantes, 1931, p. 143) : « La nuit était devenue absolument calme et silencieuse, d'une ténèbre douce et ouatée. »

 

Nous relevons d’exquis vers enchâssés dans une succession d'allitérations que nous prenons plaisir à lire :

 

« Et la tornade tordait l’arbre » p.44.

« Le temps si charmant des charmilles » idem.

 

« Des essaims d’huissiers consignant leurs comptes » p. 46.

« En chaos des courants contraires » p.68.

 

Grave, il se révèle également en s’attardant sur le sort de ces migrants désespérés qui s’embarquent sur « Ces esquifs précaires dans le tumulte »

 

Avec lui on comprend que le poète se livre à un « perpétuel travail d’Hercule » par : 

 

 « L’effort des mots pour rendre l’indicible

Pari fou à ne point sortir indemne »

 

C’est dans l’ambiance du Cafés parisiens comme le Hall-1900 du IIIe arrondissement, après avoir savouré son café noir parallèlement aux « Buveurs enflammés de leur vin » et lu son quotidien préféré qu’il se rend disponible à l’accueil des muses. 

Promeneur solitaire, il aime également à se retrouver par « Les radieux matins dans les jardins »

 

C’est la vie dans tous ses aspects qui est consignée dans ce recueil rehaussé d’une belle écriture. 

 

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « Jean-François Blavin, "Oscillations vagabondes au crépuscule", Éditions Unicité, 2020, 94 p., 13€ », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020mis en ligne le 7 septembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/decoster-oscillationsvagabondes-blavin

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 16:13

Megalesia 2020 | Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe siècle | Articles & témoignages | Critique & réception

 

 

 

« Le Cœur Holiday »

​​​​​​

ou la joie de vivre

 

 

 

Dina Sahyouni

 

 

 

© Crédit photo : Le visuel de la chanson "Le Cœur Holiday" de Mika en duo avec Soprano. Capture réalisée par LPPDM via les réseaux sociaux

 


 

Le 28 août dernier, l'auteur-compositeur-interprète Mika a annoncé la sortie de deux nouvelles chansons en Français « Le Cœur Holiday » et en Italien « Bella D'Estate » (une excellente reprise du titre du chanteur Mango). Elles ont été réalisées pour la première avec l'artiste Soprano, quant à la deuxième, avec l'artiste Michele Bravi. Ce sont ses premières participations avec des chanteurs Français et Italien.

Les deux singles ont le vent en poupe depuis leur sortie et l'on pense qu'ils ouvrent un nouveau volet de la carrière artistique internationale de l'artiste Mika par sa façon de chanter (posée et séductrice) et par la sobriété voulue des titres. Par ailleurs, parmi les dernières photographies postées par l'artiste sur les réseaux sociaux, on découvre qu'il s'habille entièrement en blanc. Au-delà de cette élégance qui ne peut que nous rappeler celle du chanteur Joe Dessin, Mika dégage ainsi vêtu une certaine simplicité sereine, et semble apaisé. Il y gagne en épaisseur et grandeur.

Or, c'est en effet fort juste et louable son engagement pour le Liban meurtri par une crise économique sans précédent et les deux explosions du 4 août 2020. L'artiste se démène tous azimuts pour apporter son aide à Beyrouth, la ville où il est né en 1983 en publiant sa « Lettre d'amour à Beyrouth », en organisant le 19 septembre prochain un concert caritatif virtuel « I Love Beirut » et en mettant en place une collecte de dons au profit de deux organismes humanitaires. Mika explique que « l'argent récolté sera divisé entre deux associations qui font un travail incroyable sur le terrain à Beyrouth, en se concentrant sur la réponse d'urgence et la reconstruction de la ville : la Croix rouge libanaise et Save the Children UK » (à ce propos, voir le lien proposé en fin du texte). Toutes ces initiatives dévoilent une nouvelle facette du chanteur : il est un artiste engagé qui n'hésite pas à prendre des décisions inattendues par la majorité des personnes et d'être là où on l'attend pas. Même si cette actualité mérite de s'y attarder et même si les deux nouvelles chansons citées nous intéressent, nous nous contentons d'esquisser une brève analyse de la chanson française qui est un événement en soi puisqu'elle arrive six ans après le titre "Boum Boum Boum".


 

I- De la poésie lyrique et populaire sur un fond de références mythique, légendaire et philosophique

 

Le single, de Mika en duo avec Soprano, s'intitulant « Le Cœur Holiday » est un éloge lyrique à la joie que procurent Érato et Terpsichore (Muses du chant lyrique et de la danse). Le texte de la chanson insiste d'ailleurs sur le fait de ne pas céder aux sirènes des peines, tristesses et catastrophes qui nous frappent et nous affaiblissent, d'être un moderne Ulysse, véhément et combattant, face aux obstacles rencontrés au gré des jours :

 

Vois ces rivières sous mes yeux

Mes prières à ces dieux

J'ai pas vu d'hiver, d'hiver aussi froid

Jamais l'enfer, d'aussi bas

Allez, bouge ton corps à la gauche et à la droite

Allez, on se tord, on n'est pas des automates

Allez, viens danser,

Danser coûte que coûte, on n'a pas besoin, pas besoin de doutes

Allez, secoue-toi, reste pas là dans ton lit

[...]

Garde le cœur debout, garde le cœur holiday

(cf. Mika, « Le Cœur Holiday », août 2020.)


 

Certains médias consultés dernièrement (Aficia, RFM.fr, BFMTV, Sortir à Paris...) voient dans ce message dit « positif » de garder le cœur insouciant, léger et joyeux « un hymne [… et] un véritable appel à la résilience puisqu'il] sonne particulièrement aux oreilles en ces temps sanitaires incertains » ou « ce nouveau titre est une véritable ode à la vie et sonne particulièrement aux oreilles en raison de la crise sanitaire." mondiale. […] "Un rappel à garder la tête et le cœur brillants", a par ailleurs rappelé l'artiste […] ».

 

En fait, après la sortie de l'album poétique et néopaganiste My Name Is Michael Holbrook, Mika renouvelle son attachement à la mythologie et à la philosophie gréco-latine comme à la mythologie africaine avec la chanson POP danse « Le Cœur Holiday » enregistrée l'été 2019 et qui est assez chargée de références explicites et implicites à l'Antiquité et à la mythologie (par exemple « Mes prières à ces dieux » ou les métaphores implicites aux Muses Érato, Terpsichore, à Éros, Épicure, au Golem (ou zombie, à la zombification) avec le terme « automates », au merveilleux des contes et fables avec le visuel et l'aperçu de la vidéo de la chanson, au paradis et à l'enfer, à Apollon avec le terme "soleil", au kairos, aux dieux, au fatum, etc.) De même, il fait référence au continent africain et à l'univers merveilleux et populaire de Disney avec l'affiche et la vidéo de la chanson qui rappellent des films tels Le roi Lion, Le livre de la jungle, etc.) Ce titre est par ailleurs très mélodieux aux paroles faciles à retenir, rythmées et rimées y compris par des rimes internes (comme par exemple « Et si la vie te rend fou, même sans le soleil /Garde le cœur debout, garde le cœur holiday). Il constitue ainsi un titre relevant de la Pop danse et du néopagnisme. Mika réussit à réunir dans une seule chanson qui a l'air d'être légère et simple (voire même facile...), à joindre à la fois l'utile à l'agréable, la légèreté des fables de la Fontaine dans un style contemporain, populaire et urbain.

Bien sûr, l'on peut lui reprocher le choix assez simple des termes mais c'est justement la correspondance entre la légèreté mélodieuse des mots, leur accessibilité à tout public, la musique pop et la profondeur du message émis par le titre qui nous touche et nous semble bien intéressante. La voix urbaine de Soprano qui exprime des « orages dans [sa] voix » dévoile la profondeur de la chanson et accentue la douceur et la phrasée de la voix de Mika.

Les références philosophiques sont nombreuses, parmi lesquelles, on cite celles de l'Antiquité greco-romaine se basant sur les pensées des Stoïciens, Diogène et épicure, et celles de l'Ancien régime rappelant des idées de Spinoza et des penseurs des Lumières. D'autres influences philosophiques peuvent encore être décelées dans ce titre telles les pensées de Nietzsche, Freud, sans oublier des allusions à des idées contemporaines comme la notion en vogue de la « Résilience », etc.

Enfin, n'oublions pas les clins d'œil culturels aux styles urbains, à des lieux de vie des deux artistes par l'intermédiaire des villes citées « Miami et Marseille ». De même, ce titre de poésie lyrique optimiste renferme bien d'autres clins d'œil culturels aux vies privées des artistes, surtout Mika, qui sont dissimilés un peu partout dans le visuel, la vidéo et le texte de la chanson...

 

 

II- « Le Cœur Holiday » est une philosophie épicurienne de la joie et de la générosité

 

 

Comme on l'a déjà dit dans la section précédente à propos des références philosophiques et spirituelles (par les notions des « prières » et « dieux ») anciennes et modernes. Il est question dans ce titre de défendre une philosophie de vie basée sur l'émerveillement presque enfantin face à la beauté de la vie au lieu de cultiver les marasmes des affects tristes qui nous éloignent de la bonté du cœur amoureux de vivre et joyeux d'exister. On insiste dans cette section sur l'influence de la philosophie épicurienne, à la notion du kairos à réinventer chaque jour malgré tout, à l'aide des muses contemporaines (les artistes, danseurs, danseuses, etc.) qui nous donnent envie de les imiter et qui sont là pour dissiper nos peurs, doutes et angoisses par leurs arts.

La philosophie épicurienne est une pensée accessible et lucide, elle appelle à se contenter quotidiennement de ce qui est indispensable et de se réjouir humblement de la vie. Être dans l'Éros en saisissant le kairos. Chaque jour est une occasion pour « Le Cœur Holiday » d'éprouver la vie en lui et de la célébrer en dansant et en chantant. Vivre ainsi en poète bohème, vagabond et non en Orphée mutilé par la douleur de la perte de sa bien-aimée. Vivre en être dionysiaque est la philosophie de ce titre éloquent à plus d'un titre. 

Le terme anglais « Holiday » exprime bien les délices de se réjouir de cette existance-naissance de chaque jour en dansant ses joies et peines « Côute que coûte » comme Lucrèce, Rimbaud, Annie Cordy et tel Freddie Mercury...

 

« Le Cœur Holiday » est ainsi un concept, une notion synonyme de la joie et la génorosité. Ce single ne constitue donc pas une injonction à être heureux, mais une invitation à jouir de son statut d'Existant-vivant en apprenant à vivre pleinement et généreusement tout en pansant nos nombreuses blessures, souffrances, défaites…

 

La musique, le chant, la danse et la poésie sont une manière de célébrer la vie en nous et hors de nous puisque nous mourrons un jour, c'est cela notre condition, alors faisons la fête.

C'est une sorte de pharmakos (provenant du tetrapharmakos ou tetrapharmacum d'Épicure) du XXIe siècle, une ascèse dionysiaque (ou hédoniste) qui rend le cœur joyeux, et l'être tout entier généreux à l'égard de lui-même et des autres. C'est à défaut de refermer, voire guérir nos tristesses, avoir le cœur gai nous permet d'apaiser ses blessures et celles des autres...

Chantons et dansons alors...


 

 

Rappel utile :

À prendre en compte également la cagnotte créée par le chanteur Mika pour le Liban et spécialement Beyrouth. Ainsi, il organise pour le 19 septembre un concert caritatif direct via les réseaux sociaux en soutien à sa ville natale. Veuillez consulter le lien ci-dessous de ces activités :

 

 

Cet article paraîtra imprimé en novembre 2020 dans la revue féministe et paritaire " IRIS ET MÊTIS", no 3 intitulé "Eau".

​​​​​​

 

***

 

Pour citer cet article 

Dina Sahyouni, « "Le Cœur Holiday" ou la joie de vivre », texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020|I- Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe​​​​​​ siècle, mis en ligne le 7 septembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/ds-le-coeur-holiday-mika

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Chansons
30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 17:17

Megalesia 2020 | Équinoxe

 

 

 

ÉQUINOXE

 

Poèmes, textes et chansons

 

Confinés

 

Psaume, © Véronique Caye.  

 

ÉQUINOXE

 

 

Barbara Polla

 

[Invitée de Megalesia]

 

 

 

 

 

ÉQUINOXE, 9ème Nuit de la Poésie, devait avoir lieu la nuit du 21 au 22 mars 2020 à la FONDATION THALIE à Bruxelles ; elle a été reportée (voir le site de l'événement ).

 

 

Mais la poésie continue…  

 

Et ce recueil permet la publication online sur le Pan Poétique des Muses (Megalesia) des textes et images de …

 

Chloé      

Arrouy 

Orianne   

Castel 

Véronique  

Caye 

Christine   

Guinard 

Nathalie   

Guiot 

Selçuk       

Mutlu 

Pierre       

Liebaert 

Sofie       

Verraest 

Jeroen       

Cantryn 

Nikias       

Imhoof 

Erik & Noah  

Pardaens 

Rachel      

Labastie 

Elya        

Verdal & Virginie Procureur 

Mimi      

Kunz 

   

Barbara   

Polla & Eva Magyarosi 

 

… ceci en attendant une nouvelle Nuit et en parallèle aux soirées poétiques online organisées par Nathalie Guiot, la Fondation Thalie et Pascal Barret, et en attendant, aussi, une future publication de la Fondation Thalie d’une sélection de textes des Soirées et de la Nuit. 

 

 

 

La jouissance et la poésie comparables en ceci qu’elles sont toutes deux des activités strictement autotéliques. Elles ne servent à rient d’autre qu’à elles-mêmes. Elles ne confèrent aucune gloire. Elles ne conduisent à aucun gain, aucune dépense, elles sont hors du temps et le temps cède à la jouissance comme il cède à la poésie. Elles sont hors du champ du capitalisme. Elles résistent. Elles sont féministes. Elles sont humanistes.

 

 

 

Merci à toutes et à tous les poètes du monde, dans l’âme.

 

 

 

Table du volume

selon la présentation des poèmes

par l'éditrice Barbara Polla, en cours de réalisation, merci de votre compréhension !

 

 

« Psaume » par Véronique Caye (voir la photographie ci-dessus)

​​

« Cmt empêcher les étoiles de mourir » par Chloé Arrouy

 

« S’ABSTRAIRE Les ennemis du signe » par Orianne Castel

 

« Je n'aime plus l’océan » par Christine Guinard

 

​​«​​ La vie est comme le sable » par Nathalie Guiot

 

« Calice » & « Mourir l’été » par Nathalie Guiot

 

« Deux poèmes » par  Selçuk Mutlu

« ​​Dans la chambre » par Pierre Liebaert

« mother does my horoscope in the morning » par Sofie Verraest

 

« ​​moeder maakt's ochtend mijn horoscoop op » par Sofie Verraest, vertaling Els Moors (trad.)

 

« We are human » par Jeroen Cantryn

 

«Élucubrations (extrait) » par Nikias Imhoof

 

«  Verbiage » par Nikias Imhoof

 

« Song for Rosanna or Kasia, Asta, Christel, Jacqueline, Ann, Anna, Barbara, Stefan, Koen, Geert, Greet,…Human Beings » par Erik & Noah Pardaens

 

« Djelem Djelem » par Rachel Labastie

 

Elya Verdal & Virginie Procureur, « À fleur de peau – correspondances »

 

​​​​« The Body » par Mimi Kunz

 

« Notes éparses sur ma mystique » par Véronique Caye

 

« MA QUARANTAINE. La quarantaine, ma quarantaine. Pause. Listen. Play. », « Je tiens déjà le pinceau »  par Cyrille Zoé Polla

 

« Épiphanie » par Barbara Polla  (poème) & Eva Magyarosi (dessins)

« L’équinoxe est devenu solstice » par Barbara Polla

 

 

***

 

Pour citer ce volume

​​​​Barbara Polla, « ÉQUINOXE », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020|IV-ÉQUINOXE sous la direction de Barbara Polla, mis en ligne le 30 mars 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/equinoxe

 

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Page créée le 30 mars 2020 et en cours d'édition... 

Dernière mise à jour : 30 avril 2020

Dernière mise à jour : 7 juin 2020.

Dernière mise à jour incomplète : 28 août 2020

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Équinoxe Événements poétiques
27 août 2020 4 27 /08 /août /2020 12:00

Megalesia 2020 | Critique & réception

 

 

 

Ses yeux d'eau

 

ou la poésie de la déesse Oxum​​​​​​

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

 

© Crédit photo :  "Première de couverture de Ses yeux d'eau", illustration par Adriana Varejão, Via Láctea, 2017, huile et plâtre sur toile 118 x 103 cm, photographie par Eduardo Ortega/Fortes d'Aloía & Gabriel. 

Cette image du livre a été prise par LPPDM.

 

 

 

Conceição Evaristo, Ses yeux d'eau, Nouvelles traduites du portugais (Brésil) par Izabella Borges, Préface de Daniel Rodrigues, éditions des femmes-Antoinette Fouque, 2020, p. 160, 15 €, ISBN 978-2-7210-0717-9, https://www.desfemmes.fr/litterature/ses-yeux-deau/

 

 

 

 

« Je veux contaminer d'espoir d'autres bouches », lit-on dans la nouvelle « Nous décidons de ne pas mourir ». Le désir du personnage Bica fait écho à celui de son autrice, Conceição Evaristo, dont l'œuvre a transmis son espoir à d'autres bouches et d'autres mains, devenant le point de départ d'une nouvelle génération d'écrivaines qui changent actuellement le paysage des lettres brésiliennes.

[...]

Peu à peu, sa littérature se construit autour du concept d'escrevivência qui est, selon elle, une forme littéraire dialectique mettant en rapport l'expérience d'une collectivité (les femmes noires brésiliennes) et l'autobiographie. Escrevivência ne se limite pas au récit et puise aussi dans le langage poétique la forme d'un chant qui s'exprime en 2008, dans le recueil Poemas da Recordação e outros movimentos4. Une autre forme d'expression en est la multiplication des histoires. […] Il est important de souligner que la nouvelle est un genre majeur au Brésil depuis l'avènement d'une littérature nationale au XIXe siècle. Les chants des femmes noires résonnent enfin à côté de ceux des personnages canoniques de la littérature brésilienne.

Daniel Rodrigues, Préface « Archives et transmissions » , pp. 5-12.

4. Poèmes de la mémoire et autres mouvements, trad. Rose Mary Osorio et Pierre Grouix, édition bilingue, des femmes-Antoinette Fouque, 2019.


 

 

 

Bellement traduit, préfacé et présenté aux éditions des femmes-Antoinette Fouque, ce recueil de nouvelles est avant tout une œuvre poétique bouleversante au style limpide ; une écriture – translucide à l'encre des larmes – qui dit l'humain dans ses grandeur et déchéance. Le recueil narre féministement et parfois crûment des beautés, souffrances, joies (souvent éphémères), désirs et amours des corps humains entravés par les supplices de la pauvreté, l'exclusion et un passé plus que douloureux. Il décrit brièvement mais sincèrement des vies de femmes noires brésiliennes sans oublier ni juger, leur entourage composé de brésiliens noirs ou pas. D'emblée, la violence du passé esclavagiste se mêle et s'ajoute à celle des vies brisées dans les favelas où règnent les violences, misères et armes des trafiquants de stupéfiants.

 

L'ouvrage dresse une cartographie géopoétique de la fragilité de l'existence humaine dans les classes populaires. En quelque sorte, il est un éloge de la vie côtoyant la mort. Il met ainsi en scène des témoignages puissants de vie aux favelas brésiliennes où des personnages féminins et masculins variés évoluent, apprennent à réinventer quotidiennement la vie ou à mourir dans l'indifférence générale. Ces récits de vie inspirés des personnes réelles naïves et exclues naviguant entre Éros et Thanatos (la vie et la mort) s'ouvrent par une nouvelle probablement autobiographique sur l'espoir « Ses yeux d'eau » et se terminent optimistement par une conviction libératrice avec la naissance de « Ayoluwa, la joie de notre peuple ». Ainsi, au cœur de l'exclusion mortifère naît l'amour multiple, explosif, puissant, jouissif sans jugements ni corps normés (voir par exemple les nouvelles intitulées « Luamanda », « Un baiser sur la joue »)

 

Grâce à ses style et voix poétiques, Evaristo nous fait entendre l'indicible douleur acculée aux corps des femmes afrobrésiliennes. Elle nous fait voir aussi la beauté de leurs poésie et héritage culturel métissé remplis de croyances. Elle arrive narrativement à restituer une collectivité de femmes et de filles battantes malgré la stigmatisation et les blessures. Des amazones, des vivantes, désirantes et désirables qui font vivre leur peuple. Elle fait également émerger tout un cosmos poétique peuplé de mythes, légendes urbaines et de croyances familiales.

 

Ce recueil fait ainsi jaillir au for intérieur une « Fontaine de Jouvence », un moment de grâce et d'amour au-delà des passions tristes (la honte, la peur, la vengeance...), au-delà de la mort rôdant aux creux et plis des pages et des vies piétinées des personnages socialement rejetés, désorientés aux vécus (et parfois corps) mutilés qui cheminent quelquefois tragiquement vers leur fin (voir par exemple les nouvelles « Duzu-Querença », « Maria », « Zaíta a oublié de ranger ses jouets », « Di Lixão », « Les amours de Kimbã »)

 

La langue parfois crue – rappelle celle de Violette Leduc décrivant des scènes d'amour lesbien – mais sincère, s'ancre dans le langage des favelas et dans une description minutieuse de la quotidienneté violente des personnages. Elle témoigne également des difficultés rencontrées par les protagonistes. Elle colle également aux langage et vécu réels des gens des favelas (voir à ce propos l'extrait cité au début de ce texte de la préface de Daniel Rodrigues sur l'« Archive-transmission » et la « violence-archive », idem, p. 8).

 

Les quinze nouvelles portant majoritairement sur des femmes de tous les âges et caractères se caractérisent par des traits communs parmi eux, on cite :

 

Une narration féministe

 

Parmi les traits communs de l'ensemble des nouvelles, figure le féminisme disséminé dans la volonté manifeste des femmes et filles de s'en sortir, d'être libres de leurs entraves... de vivre et de jouir malgré tout.

 

Avec véhémence, la nouvelliste aborde dans Ses yeux d'eau des questions féministes sensibles sur la sexualité précoce, hors mariage et non protégée, la prostitution, le proxénétisme des femmes, le désir des femmes et jeunes femmes de jouir, la grossesse non désirée, l'avortement clandestin, la stérilité, le désir d'enfanter, les violences sexistes et racistes à l'encontre des femmes (insultes, surveillance, viol, mutilation, féminicide racial, matricide, etc.), l'abandon d'un bébé à la naissance, l'éducation, des savoirs dits féminins, la grossesse pour autrui, la sexualité des femmes mûres avec des jeunes hommes, la sexualité avec des personnes âgées, la l'homosexualité masculine et féminine, la bisexualité et la sexualité à plusieurs, etc.

 

La nouvelliste n'oublie guère d'évoquer les complicité, solidarité, compréhension, sororité, désaccords et malentendus entre les femmes de toutes les générations. Evaristo lève implicitement par exemple le voile sur le conflit freudien autour de l'absence du phallus chez une femme dans la nouvelle intitulée « Luamanda » ou sur la folie, l'hystérie et la sorcellerie des femmes dans « Duzu-Querença » et « Combien d'enfants Natalina a-t-elle eus ? »

 

Ainsi, l'ouvrage présente les récits du point de vue féministe y compris quand la nouvelliste raconte des vies d'hommes, le regard et la manière de rendre palpable leurs vies sont féministes. Par ailleurs, le choix du vocabulaire permet au lectorat de s'en rendre compte facilement.

Nous soulignons également que le féminisme de la nouvelliste n'est pas du tout un jugement moral relevant du bien et du mal, son féminisme renvoie au combat quotidien des femmes, enfants, adolescentes, adolescents et hommes aux origines afrobrésiliennes pour vivre et mourir dignement tout en rêvant et espérant en un lendemain meilleur.

[...]

Je recommande vivement la lecture du recueil.

 

DS. AOÛT 2020.

 

 

 

 

Retrouvez la version complète de cet article dans le n°3 papier sur l'Eau de la revue féministe et paritaire IRIS & MÊTIS, parution en novembre 2020.

 

Plan de l'article

 

I- Introduction

II- Caractéristiques communes aux nouvelles du recueil

_ Une narration féministe

_ Le tissu narratif et poétique des nouvelles est identique

_ L'omniprésence des femmes, des féminins et de la sexualité

_ Les références au masculin sont généralement crues et parfois drôles

​​​​​​_ La poésie de la déesse Oxum

III​​​​​- Conclusion

 

Pour consulter la page du livre aux éditions des femmes-Antoinette Fouque : 

 

***

 

Pour citer ce texte

Dina Sahyouni, « Ses yeux d'eau ou la poésie de la déesse Oxum », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020 & n°3 | Eau, IRIS & MÊTISmis en ligne le 27 août 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/ds-sesyeuxdeau-evaristo

 

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26 août 2020 3 26 /08 /août /2020 15:04

Megalesia 2020 | N°9 | Poésie érotique  

 

 

 

 

La grâce triomphera

 

 

Poèmes écrits d'après les œuvres de l’artiste Carine Bovey, et lus le 25 août 2020 en public à Genève.

 

 

 

 

Barbara Polla

Site où elle publie régulièrement :

https://sarasvati.fr/

ou

https //womentoday.fr/

 

Blog officiel : 

https://barbarapolla.wordpress.com/

 

Site officiel de la Galerie :

https://analixforever.com

 

Poèmes dédiés aux compositions artistiques de

Carine Bovey

 

 

© Carine Bovey, "La grâce triomphera".

 

 

Carine 

 

 

Nous étions confinés

J’ai inventé l’amour

L’amour à la maison

J’avais envie de vivre

 

 

J’ai mis mes hauts talons 

Mes perles dans ma vulve

Et je me suis assise 

Sur la machine à laver

 

 

J’ai appuyé sur start

J’étais à califourchon

Il est venu voir

Attiré par le bruit

 

 

Car je criais un peu

Le voisin d’à côté

Qui me connaît trop bien

Tapait fort sur le mur

 

 

Nous étions confinés

J’ai inventé l’amour

L’amour à la maison

J’avais envie de vivre

 

 

Il est venu voir

De très près

Les perles dans ma vulve

Il pleuvait des cyprines

 

La machine tressautait

Mes fesses faisaient de même

Il prit la peinture rose

Et me peignit les seins

 

Il prit la peinture blanche 

Et peignit mon visage

L’acrylique sentait bon

Comme une corbeille d’argent

 

Nous étions confinés

J’ai inventé l’amour

L’amour à la maison

J’avais envie de vivre

 

J’ai appuyé sur stop

J’ai pris toutes les couleurs

Je me suis mise à peindre

La grâce triomphera

 

 

 

 

Rapunzel


 

 

Talons aiguille
intérieur jour
Ögonblick
fin de soirée en forme de chute
 

 

Les seins avancent masqués
l’orgasme à fleur de peau
l’orgasme au bout des perles

 

 

Les vulves sont des fleurs
cela on le savait
les vulves sont des bijoux
en soie et en perles

 

La poignée de la porte
un bouquet à la main
elle sort
laissant derrière elle
sa tresse kilométrique


 

© Carine Bovey, "Rouge à lèvres".

 

 

Rouge à lèvres


 

Mitraillette en dentelle
le sexe ou les armes
nous préférons le sexe
le clitoris en fleur
des vulves en bois
couleur soleil couleur bleu nuit
petites lèvres grandes lèvres
rouge à lèvres

 

 

 

 

 

© Carine Bovey, "La mère".

 

 

La grâce triomphera 


 

La grâce de la mère

Prozac
biberon
lolette
des seins de lèvres
des bouches aphones
téléphone
 

 

Parfum
réveil

Cologne
sac glace
maquillage

 

 

Des huitres gluantes
des perles des fleurs et des fraises
et du lait maternel
vibromasseur
boules de geisha

éclaboussures couleurs, de toutes couleurs
je peins le ciel
pour la mère goulue
couleur arc en ciel

 

 

La grâce triomphera

 

 

© Carine Bovey, "invitation à la danse".

 

 

Invitation à danser



 

Mon amant m’a dit
d’exquises horreurs 

Ce soir je serai la plus belle
pour aller danser
 

 

Lui James, moi Nora
J’écoute, je ris, je ris et je jouis
Ma chère éminence

Ce soir je danse !

 

 

Avec mes hauts talons

Cages dorées ensanglantées

Je trébuche maladroite et floue

Fin de soirée je suis tombée

 

 

Mais il m’a rattrapée par les cheveux

M’a remise droite sur la piste

Il me parle d’amour
Et dans ses bras je danse

 

 

Jusqu’au matin 


 

Jusqu’à la fi

 

 

Dans le cadre du festival Eauditives (12e édition) à Toulon, voir ci-dessous :

 

© Capture d'écran, fournie par Barbara Polla, 2020. 

 

***

 

Pour citer ces poèmes érotiques & féministes

 

Barbara Polla« La grâce triomphera », poèmes inédits dédiés aux œuvres de Carine Bovey, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020 & N°9 | Fin d'été « Femmes, Poésie & Peinture » sous la direction de Maggy de Costermis en ligne le 26 août 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/bp-poemes-carine

 

 

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