19 juillet 2020 7 19 /07 /juillet /2020 17:00

Megalesia 2020 | Critique & réception | Croyances, religions & mysticismes en poésie

 

 

 

Claude Luezior,

 

Golgotha

 

Préface d'Albert Longcham, sj,

 

Éditions Librairie-Galerie Racine, Paris, 2020

 

 

Nicole Hardouin

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture du recueil Golgotha, image fournie par l'auteur. 

 

 

Claude Luezior a rédigé ce recueil à l’âge où la vie semble un jeu, une énigme, une farandole joyeuse comme celles que savait si bien conduire François à Assise, avec la complicité de ses amis, les « tripudianti ».

Est-ce un ange qui a tenu la plume de l’auteur voilà quelque cinquante ans ?

Quelle force a-t-elle poussé cet adolescent rieur de 17 ans à un engagement d’une telle densité, qui troue les ronces Entre désespérance et espérance pour n’offrir que L’encre / Des prophéties

Déjà son regard intérieur est oasis sans nuit froide, il est conscient  de la dualité du vivre : Nuit d’aveugle. Nous le sommes toujours, devant ceux que nous crucifions ; Nous avions laissé tant d’enfants sur le bord du chemin. Si jeune, il a assimilé la croyance en l’Amour Là-haut / Les paumes / Ouvertes / Du crucifié. La réalité de l’Attente : Nous étions aux abois, un credo sur les lèvres. La force du pardon : À nouveau / Respiraient / Nos mains/ Le moût / des êtres / Bouillonnait .

 

 

© Crédit photo : Première et quatrième de couverture du recueil Golgotha, image fournie par l'auteur. 

 

 

L’auteur sait que la délivrance est enfouie dans le gémir de l’extrême, Il était là, quelque part / En ineffable présence. Il se rend compte, tout comme Max Jacob, que la mort est céleste pour la première fois. 

Luezior ayant compris la difficulté et le mystère de la Rencontre, Nos bouches tremblèrent / Entre blasphèmes et espérance,  égrène ici son premier chapelet, le seul où il met ses pas dans la montée du Golgotha, versets dépouillés d’une très longue succession de textes qui, au fil des années, deviennent, dans d'autres livres, rosaire poétique dans des registres variés, sensualité, humour, attente : toujours les mots se transmuent en eau vive. 

Pourtant il est à remarquer que,  dans les derniers recueils de l’auteur et particulièrement dans Jusqu’à la cendre (2018) l'on retrouve des échos, l’empreinte de l’atmosphère de Golgotha, par exemple : C’est ici que suintent en désespoir balafres, cicatrices et doutes, c’est ici que dansent les blessures d’un artiste au pied de la croix, ou encore : Lorsque se condense au fond de nos entrailles l’infinie parole d’une prière. Le feu mémorise toujours ses braises.

Dans Golgotha, avec fougue, recueillement, passion, Luezior nous fait vibrer un credo sur les lèvres. 

C’est un livre d’heures à lire, mains jointes, comme aux premiers temps Au seuil / D’un précipice / Devant le tronc / Exfolié de paroles / Des mains / Se joignent.

C’est un hymne avec Des mains de vierges / Et de femmes / Mains gothiques / Hautes comme des cathédrales / Mains des siècles / À venir.

C’est un chant de silence. On était à la onzième heure / Celle où s’arrêta l’éternité. C’est l’écho de Verhaeren dans Humanité : les soirs crucifiés sur les Golgothas noirs, portons-y nos douleurs et nos cris et nos plaies.

Luezior déchire l’absence, il ouvre d’étranges portes sur le seuil de la foi. Sous la trace du cri, dans la souffrance, apparaît un visage : La douceur de la Femme / À l’enfant / Le miracle de la flamme / La flaque de lumière / Un miracle de mère.

Avec des phrases réduites à l’extrême minimum,  ce qui décuple leur intensité,  ce recueil est une prière ardente qui s’incruste dans l’âme du lecteur. Luezior, un des plus hauts poètes contemporains, lauréat de l’Académie française, a écrit là un livre d’une force exceptionnelle, passant de la douleur à l’espoir, du sacrifice au renouveau : Nos âmes avaient fait peau neuve. La force de l’image dans sa brièveté est exceptionnelle, sa force en est décuplée. 

Ce recueil est un livre d’amour, d’espoir : Le Golgotha n’était plus souffrance. Il était résurrection. On peut penser que l’auteur est un moine-poète sans bure, en ce sens où il écrit dans le silence et la solitude de son bureau qui est, au fond, son oratoire.  L’adolescent a su faire face à la puissance de l’inexplicable. Tout comme Rilke, il a très tôt compris que  le futur doit vivre en toi, bien avant qu’il ne survienne. Tu n’as qu’à attendre la naissance, l’aube d’une nouvelle clarté. C’est tout le cheminement de Golgotha.

Il est à souligner que les illustrations de Golgotha,  mines de plomb et encres sont de l’auteur : elles ont aussi été réalisées au même âge que les textes. En les observant on pense aux encres de Cocteau.

Superbe recueil qui par la magie de l’image, de la poésie, permet d’accéder à une lumière véritable.

 

 

***

 

Pour citer ce texte

Nicole Hardouin, « Claude Luezior, Golgotha, Préface d'Albert Longcham, sj, Éditions Librairie-Galerie Racine, Paris, 2020 »Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 19 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/hardouin-golgotha

 

 

 

 

​​

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
16 juillet 2020 4 16 /07 /juillet /2020 10:20

 

Megalesia 2020 | 8 avril | Distinctions 2020 | Prix poétiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

 

Contenu des distinctions de l'Académie

 

Claudine de Tencin​ de la SIÉFÉGP 

 

 

 

 

Crédit photo : Portrait de la femme de lettres, Claudine Guérin de Tencin, domaine public​​​​​​.

 

Toute distinction attribuée par l'Académie Claudine de Tencin à une personne physique ou morale à titre non posthume* offre à la personne distinguée un contrat d'édition aux éditions PAN DES MUSES de l'association SIÉFÉGP (maison d'édition à compte d'éditeur/éditrice) dans la collection de son choix ou dans la collection "Clio" consacrée aux lauréates & lauréats de l'Académie de Tencin de la SIÉFÉGP.

 

La personne lauréate a trois ans (à partir de la date de réception de la date de publication publique de l'attestation par LE PAN POÉTIQUE DES MUSES du courrier comportant l'attestation originale des distinctions) pour transmettre aux éditions PAN DES MUSES de la SIÉFÉGP un tapuscrit individuel ou collectif dont elle est la responsable à publier. Cette durée peut être prolongée d'an supplémentaire s'il s'agit d'un essai ou d'une étude. 

 

​​​La personne lauréate peut renoncer à cette proposition de publication. Elle lui suffit d'en informer l'association par courrier postal ou électronique pour que son refus soit définitif.

 

Dans le cas d'un décès survenu durant la période du dispositif (trois ans), les ayants droit de la personne physique uniquement** peuvent utiliser l'offre du contrat d'édition pour éditer une œuvre posthume de la personne défunte distinguée.

 

Les droits d'auteur (ou auteure/autrice) ou des ayants droit sur l'ouvrage édité s'élèvent à 100 % du prix du livre (sans les frais postaux, ni la TVA)*** lorsque le livre est directement vendu par la SIÉFÉGP et à 50% si l'association le vend par l'intermédiaire de la distribution classique (librairies et dispositifs en ligne).

 

L'auteur ou auteure/autrice et les ayants droits peuvent acheter le livre papier au prix coûtant de ses impression et expédition postale. De même pour la version électronique, la transmission du livre électronique par voie électronique est gratuite.

 

L'œuvre bénéficie d'une édition livresque et électronique (format PDF, EBook).

 

La maison d'édition PAN DES MUSES et la personne lauréate (ou ses ayants droit) travaillent ensemble pour promouvoir le livre.

 

Des articles du contrat standard de l'édition de la SIÉFÉGP s'appliquent en accord avec la personne distinguée (ou ses ayants droit).

 

La personne lauréate (ou ses ayants droit) dispose de quatre exemplaires imprimés, un Bon à tirer imprimé et de 800 exemplaires électroniques pour son usage personnel.

 

Deux exemplaires imprimés du livre et vingt exemplaires électroniques sont dédiés à la presse.

 

Le livre est imprimé à la demande.

 

La personne lauréate s'engage à respecter les valeurs éthiques de la SIÉFÉGP présentes dans sa charte déontologique.

 

La SIÉFÉGP a trois ans pour éditer le livre et le faire paraître dans son catalogue sauf en cas de force majeure, les deux parties trouveront une date ultérieure pour éditer l'ouvrage en correspondant par voie postale. La personne responsable de la collection vérifie avant de l'acceptater que le manuscrit de la personne distinguée respecte les valeurs éthiques et la qualité rédactionnelle de la SIÉFÉGP, elle demande à la personne lauréate d'améliorer son tapuscrit si cela s'avère nécessaire.

Les personnes co-lauréates du même prix de l'Académie Claudine de Tencin ont le choix de transmettre séparément ou conjointement un manuscrit à publier. Le refus de l'offre du contrat d'édition de l'une des personnes co-lauréates ne présume pas du renoncement de l'autre. Les mêmes droits susmentionnés s'appliquent aux ayants droit des personnes co-distinguées.

 

 

 

 

* Ne concerne pas les personnes distinguées à titre posthume.

** La dissolution de la personne morale (association, fondation, etc.) distinguée pendant la durée de trois ans signe la fin de ce dispositif.

*** Sur uniquement les livres vendus effectivement. Cela ne concerne donc ni les livres détériorés, ni rendus, ni perdus, ni détruits et ni déclarés défectueux (abîmés durant le stockage, reçus abîmés par un moyen de transport, etc.)

 

 

 

Ce document créé en mars 2018 a été complété puis ratifié le 13 juillet 2020 par la Présidente de la SIÉFÉGP.

Dina Sahyouni ​​​​

 

***

 

Pour citer ce texte 


L'Académie Claudine de Tencin, « Contenu des distinctions de l'Académie Claudine de Tencin de la SIÉFÉGP », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020|Distinctions 2020, mis en ligne le 16 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/detailsprixtencin

 

 

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Dernière mise à jour le 8 avril 2021

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Distinctions Megalesia
14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 16:26

Megalesia 2020 | Critique & réception | Revue Matrimoine | Revue culturelle d'Europe

 

 

 

Dix portraits de femmes en lutte

 

contre l'esclavage

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies* de

 

Claude Menninger

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image de l'affiche de l'exposition "Dix femmes puissantes. Portraits de femmes en lutte contre l'ésclavage colonial", 2020. 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Musée Victor Schoelcher", 2020. 

 

                              

Alors que deux statues de l'abolitionniste Victor Schoelcher viennent d'être déboulonnées en Martinique dans le contexte polémique de la mort de George Floyd, il apparaît essentiel de renouer avec l'Histoire. L'espace muséologique Victor Schoelcher situé à Fessenheim en Alsace s'emploie à mettre en lumière « Dix femmes puissantes » en accueillant dans ses murs une exposition conçue pour le Mémorial de la Ville de Nantes dans le cadre de la journée nationale des mémoires des traites négrières, de leur esclavage et de leur abolition.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Buste de Victor Schoelcher", 2020. 

 

 

Les femmes ont été discriminées non seulement parce qu'elles étaient des femmes mais davantage encore parce qu'elles étaient noires et esclaves. Parmi les 12 à 13 millions d'Africains déportés, on compta un tiers de femmes. Bien que minoritaires, elles ont constitué une force sociale et culturelle fondamentale.

C'est dans la plus vieille maison du village magnifiquement restaurée que se tient le musée Victor Schoelcher. Fils du manufacturier du même nom, le jeune homme parcourut inlassablement le monde, fut membre de sociétés abolitionnistes du XIXème siècle à l'instar de son ami Victor Hugo avant d'être nommé Secrétaire d’État dans le gouvernement provisoire d'Arago. Victor Schoelcher fut l'initiateur du décret du 27 avril 1848 qui abolit définitivement l'esclavage alors que Napoléon Bonaparte l'avait rétabli en 1802 après la restitution de la Martinique à la France. Soutenu par l'ONU, ce musée situé en Alsace fait partie des cinq sites de « La Route de l'Esclave » du Grand Est.

 

© Crédits photos :  Claude Menninger, "Menottes", "Billet de banque représentant Harriet Tubman", 2020.

 

 

Parmi les dix femmes présentées au musée, on retrouve Sanité Belair originaire d'Haïti qui combattit en uniforme en tant qu'officier lors de la Révolution haïtienne aux côtés de Toussaint Louverture. Condamnée à mort, elle ne pouvait être passée par les armes en tant que femme, mais le bourreau n'ayant pas réussi à la décapiter, elle fut fusillée tout comme son compagnon. Une statue érigée sur l'île de La Réunion célèbre le courage de l'esclave maronne Héva, véritable icône de la cause noire, elle sert d'allégorie pour représenter la femme réunionnaise originelle, elle a inspiré de nombreuses œuvres littéraires. Claire en Guyane française fut une esclave rebelle qui fut suppliciée puis pendue en présence de ses propres enfants, Dandara devint une figure légendaire au Brésil après s'être jetée dans le vide pour ne pas revenir à sa condition d'esclave ...Cudjoe Queen Nanny est vénérée en Jamaïque pour avoir aidé les esclaves à se libérer en employant la technique des guérilleros, son portrait figure sur un billet de banque ! En Guadeloupe, les habitants se souviennent de la Mulâtresse Solitude qui représente toutes les femmes et mères car elle fut suppliciée et mise à mort le lendemain de son accouchement.. L'abolitionniste américaine Sojourner Truth gagna le premier procès  intenté par une femme noire pour récupérer son fils ! Cette femme hors du commun montait dans les tramways interdits aux Noirs bien avant Rosa Parks et prononça un discours en 1851 intitulé « Ne suis-je pas une femme ? » à la National Women's Right's Convention.

Anne Zinga, reine du Ndongo et du Matamba de 1582 à 1664, l'actuel Angola,  disposait d'un pouvoir absolu. Fine stratège, elle tint tête aux Portugais en refusant de leur livrer les 13000 esclaves qu'ils exigeaient, elle évita ainsi la colonisation de son pays.

Parmi les femmes abolitionnistes, n'oublions pas l'avant-gardiste Olympe de Gouges, membre de la société des Amis des Noirs, auteure de la Déclaration des Droits des Femmes qui dénonça l'esclavage dans sa pièce intitulée « Zamore et Mirza », ce qui lui valut des menaces de mort de la part de propriétaires d'esclaves.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Anne Zinga (à gauche), Sojourner Truth (à droite)", 2020. 

 

 

Quant à l'Anglaise Anne Knight, féministe convaincue, elle n'hésita pas à faire du porte à porte pour défendre la cause des Jamaïcains et à révéler ce qui se cachait derrière les récoltes de canne à sucre. Les habitants lui rendirent hommage en accolant son nom à une ville de Jamaïque qu'ils baptisèrent « Knightsville ».

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, 

"Nanny (2e à droite), Héva (à droite)", 2020.

 

 

Mais rappelons que si la traite occidentale ou atlantique a concerné 11 à 13 millions de personnes depuis le XVIIe siècle, la traite orientale  à destination du monde arabo-musulman compté plus de 17 millions d'esclaves ! Quant à la traite intra-africaine, les historiens dénombrent 14 millions de personnes dont une partie était revendue à des Européens ou des Arabes. ARTE vient de diffuser un excellent documentaire à ce sujet, nul doute que le travail de mémoire est encore long et ardu !

 

Par ailleurs le président Barack Obama qui proposait d'honorer Harriet Tubman en créant un billet de banque à son effigie n'a pas pu voir son souhait se concrétiser.  Donald Trump en a décidé autrement en offrant un « clin d'oeil aux blancs » sous le prétexte que cette décision est « politiquement non correcte » ! Harriet Tubmann née en 1822 dans le Maryland fut vendue à 6 ans comme femme de ménage et passa de maître en maître. Elle s'enfuit lors de la guerre de Sécession, se retrouva en Pennsylvanie et soutenue par l'Underground Railroad, un réseau de sympathisants de la cause Noire en 1840, elle devint celle qu'on appelle encore aujourd'hui « La Moïse Noire ». Elle aida plus de 70 esclaves à s'enfuir et ce billet inédit dans l'Histoire américaine qui devait voir le jour en 2020 est annoncé de façon aléatoire par le secrétaire au Trésor pour 2028….

 

Autant dire que cette exposition enrichissante tombe fort à propos ! Bien documentée, elle apporte un éclairage essentiel sur l'esclavage colonial en mettant à l'honneur des femmes d'exception qui ont payé un lourd tribut pour défendre leur liberté et leurs idées. 

Il nous incombe aujourd'hui d'entretenir leur mémoire et d'accorder une réelle reconnaissance à ces héroïnes souvent oubliées, voire totalement méconnues.

 

 

 

 

 

*Les photos ont été prises au musée Victor Schoelcher par Claude Menninger sauf le billet de banque représentant Harriet Tubman et l'affiche de l'expo avec le beau portrait en couleur de la reine Zinga.

 

Commentaires de Philippe PICHOT sur cet article suivis de trois liens vers les références citées par le commentateur** :

 

 

Merci pour votre message et la mise en ligne de votre article faisant référence à l'exposition sur les femmes en lutte contre l'esclavage et présentée à Fessenheim cet été.

Votre revue étant plus spécifiquement axée sur le rôle des femmes je vous précise que le Réseau Mémoire des abolitions de l'Esclavage - Pôle mémoriel national de l'Est de la France et Suisse inclut deux sites spécialement dédiés à l'action remarquable de deux femmes dont l'action mérite d'être connue: Anne-Marie Javouhey émancipatrice des noirs captifs de traite en Guyane et Germaine de Staël qui mobilisa le groupe de Coppet contre la traite au Congrès de Vienne en 1815, lesquelles ont produit chacune dans leur style et actions, des textes remarquables contre cette tragédie.

Vous retrouverez leurs histoires sur notre site.

 

 

Philippe PICHOT

Projet « Mémoire des abolitions de l’esclavage - Pôle mémoriel national de l’Est de la France ».

Site : www.abolitions.org

Membre du Comité National Pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage en France de 2009 à 2019.

Expert auprès de l'Unesco sur les lieux de mémoire lié à l’esclavage.

22, rue Pierre Dechanet – 25300 PONTARLIER - FRANCE.

 

** Les commentaires et liens susmentionnés ont été ajoutés à l'article le 23 juillet 2020 par la rédaction de la revue.

 

***

 

Pour citer ce texte

​​​​Françoise Urban-Menninger, « Dix portraits de femmes en lutte contre l'esclavage colonial », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 14 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/fum-femmesenlutte

 

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10 juillet 2020 5 10 /07 /juillet /2020 10:27

Megalesia 2020 | Varia de textes poétiques

 

 

 

 

 

La joie d'être Maman

​​​

 

 

 

Pascale Mathieu

 

 

 

Finies les grasses matinées,

Vivent les nuits écourtées !

Les yeux encore embués de sommeil,

J’émerge péniblement au réveil.

Je me sers une énième tasse de café, 

Tant pis pour ma santé !

Le soir, je dois lire une histoire,

Même s’il est déjà tard

Et que j’aimerais bien avoir la paix.

Voilà j’ai raté le début du film à la télé !

Je soigne les petits bobos

Je prépare de bons gâteaux.

Je m’inquiète pour un contrôle écrit.

Ne pourrais-je pas l’aider par télépathie ?

Je voudrais tant qu’il réussisse

 

 

Pour m’en vanter avec délice !

C’est sûr, il fera une brillante carrière politique,

Peut-être même deviendra t-il Président de la République…

J’essaie de soulager ses maux d’ado.

Saurai-je trouver les bons mots ?

Quelle naïveté, quelle quelle utopie

De croire qu’un jour on en aura fini !

Être maman,

C’est un emploi à plein temps

Pour lequel on a signé éternellement…

 

***

 

Pour citer ce texte

Pascale Mathieu, « La joie d'être Maman », texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020mis en ligne le 10 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/3pm-maman

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
9 juillet 2020 4 09 /07 /juillet /2020 09:37

Megalesia 2020 | Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe siècle | Florilège de textes poétiques

 

 

 

 

 

Violence conjugale

 

&

 

Ne, je ne crois pas !  

 

 

 

Pascale Mathieu

 

 

​​​​​Crédit photo : "Mutilated Woman" "Femme mutilée", peinture de 1915-1916 par Amadeo de Souza-Cardoso (1887-1918), domaine public, Wikimedia. 

 

Violence conjugale

 

 

 

Elle vivait une belle histoire d’amour

Semblable aux contes de fées

Qu’elle lisait petite fille.

Elle était tombée éperdument amoureuse

Et nageait en plein bonheur.

L’avenir s’annonçait radieux.

Sauf que, sauf que...son prince n’était pas charmant.

Il l’accablait de reproches :

Sur le repas qu’il jugeait infect, 

Sur sa tenue qu’il jugeait vulgaire, 

Sur n’importe quel sujet.

Elle se taisait, elle encaissait.

Convaincue de le mériter,

Convaincue d’être une ratée 

Ou autre nom d’oiseau.

Dans un élan de témérité et d’effronterie,

Elle se permit de répliquer.

Elle reçut une gifle magistrale

Qui la jeta à terre.

Elle en resta médusée,

Incapable de la moindre réaction,

Incapable de la moindre réflexion,

Dépourvue de cette clairvoyance

Qui lui aurait conseillé de fuir

Sans tarder, loin, le plus loin possible.

Larmoyant, l’élu de son coeur implora son pardon 

Qu’elle s’empressa d’accorder.

Il lui offrit même un magnifique bouquet de roses

Qu’elle accepta avec émotion.

Elle crut à une seconde lune de miel.

Une nouvelle lune de miel

Qui s’acheva quelques mois plus tard dans un cimetière…




 

Ne, je ne crois pas ! 

 

 

 

Crédit photo : "Apollon et Daphné", peinture par Giovanni Battista Tiepolo (1696-1770), domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

Je marche nonchalamment dans cette rue commerçante. Je flâne en regardant les vitrines. Comme la plupart des femmes, j’aime les belles tenues. Je rêve devant les mannequins qui portent les derniers vêtements à la mode et des articles tendance. Je me promène seule et je ne prête aucune attention aux gens qui m’entourent.

Je me suis arrêtée pour admirer un sac à main. Une vraie merveille qui est, hélas !, hors de prix ou plutôt qui n’entre pas dans mon budget. Non, je ne peux raisonnablement pas l’acheter. J’hésite vraiment…

Toute à mes tergiversations, je ne remarque pas les deux individus qui s’approchent. Je les entends juste déclarer :

- Elle est baisable.

- Ouais, t’as raison, elle est baisable…

Leurs propos crus me clouent sur place. Je reçois toute la violence qu’ils comportent. Comme une gifle. Oui, ils m’ont frappé. Pas avec leurs poings. Ils m’ont frappée avec leurs mots.

Je suis incapable de répondre. Je suis abasourdie.

Pourquoi se permettent-ils de me juger ? Quelqu’un leur a -t-il demandé leur avis ? Non, je ne crois pas !

Ces hommes sont-ils eux-mêmes l’incarnation de la beauté ? Se prénommeraient-ils Apollon ? Non, je ne crois pas !

Apprécieraient-ils qu’on parle ainsi de leur mère ? Non, je ne crois pas !

Alors, Messieurs, quand vous croisez une femme, vos commentaires, gardez-les pour vous !

 

***

 

Pour citer ces textes engagés (ou féministes)

Pascale Mathieu, « Violence conjugale » et « Ne, je ne crois pas ! », textes inédits, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020|I- Le néopaganisme & la sexualité dans la culture populaire du XXIe​​​​​​ siècle, mis en ligne le 9 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/2pm-violence

 

 

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SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

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