16 septembre 2020 3 16 /09 /septembre /2020 13:57

Megalesia 2020 | Poésie, musique & art audiovisuel

 

 

 

 

« Reality Scares Me » ou

 

quand la réalité de la Terre

 

et celle de l'amour nous font peur

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

 

 

 

© Crédit photo : L'affiche de la sortie de la chanson "Reality Scares Me" de MONSIEUR, capture d'écran réalisée par LPPDM via le réseau social Twitter

 

 

 

L'auteur-compositeur-interprète MONSIEUR a annoncé le 3 septembre dernier la sortie d'une nouvelle chanson en anglais intitulée « Reality Scares Me » (que l'on peut traduire par « La réalité me fait peur »). Cette nouveauté RnB et Saoul est marquée de sonoritées de la guitare électronique.

Au premier degré et avant même d'écouter la chanson, on pense tout de suite à tout ce qui se passe sur la planète Terre, dans cette maison que le feu Président de la République Française Jacques Chirac déclarait déjà au début du XXIe siècle en danger imminent puisqu'elle « brûle, et nous regardons ailleurs », oui, « Notre maison brûle » et il y a de quoi avoir peur en lisant, regardant l'actualité et son lot quotidien de désastres...

 

Mais, cette chanson parle-t-elle vraiment de ceci ? ! Intriguée donc par ce titre parlant à plus d'un titre dans un monde dit-on en déroute (voire qui part à volo ou en etc.), j'ai suivi les conseils de mes collègues et ai écouté à plusieurs reprises le single en question. Et quelle fut ma surprise de découvrir que « Reality Scares Me » parle d'une crise amoureuse en laissant entrevoir les crises sanitaire et mondiale que nous traversons et leurs lots de catastrophes d'autres natures...

Sur un fond d'histoire d'amour qui tourne au fiasco, MONSIEUR nous parle de tout ce qui nous désoriente et nous déstabilise en cette année très particulière et dans un contexte mondial ultra crispé. Le single porte en effet sur une thématique récurrente en poésie lyrique et plus particulièrement dans les chansons contemporaines d'après mai 68 (et la liberté sexuelle...). Ainsi, chanter sa rupture amoureuse ou un échec amoureux (voire une déception passionnelle) n'est pas seulement un sujet classique mais il reste toutefois très en vogue puisqu'il concerne tout le monde ou presque... Or, ce thème bien habituel de la chanson s'entiche d'ambiguïtés dispersées ici et là et me renvoie à mes premières intuitions presque archaïques.. la réalité du monde nous fait peur comme celle de l'amour... Et cette peur n'est pas facile à endiguer. Elle est constante et ébranle l'être tout entier.

Hébété, l'artiste s'insurge en rythme saccadé et, en mélodies douces, lentes et romantiques, Monsieur scande son inquiétude et la nôtre...

L'être aimé en Muse est bien présent et c'est bien lui la source du bonheur, de l'attente, de la peur et de l'inspiration poétique. La déesse Gaïa en bien-aimée semble aussi là, une Muse inspirante et inquiétante... Ces représentations de l'être aimé sont assez traditionnelles où l'amertume côtoie la douleur et la douceur... Et Monsieur en joue pour libérer ses émois et états d'âme d'amoureux éperdu et déstabilisé par la conduite de l'être aimé.

En poète néoromantique, soucieux de la planète autant que de lui-même, en poète fragile, esseulé, inconsolable, en proie aux inquiétudes et aux tourments de la passion amoureuse, MONSIEUR vous livre sincèrement une part intime de lui-même et une part aussi de notre triste actualité face non seulement à un échec amoureux mais aussi au "Radeau de la Méduse" dans lequel on attend incessamment, on espère, désespère, et s'entremêle violemment...

Ne sachant que faire, MONSIEUR chante donc nos peines et espoirs presque désespérés... Si vous aimez par exemple la chanson du groupe Scorpion « Still Loving You », vous aimerez aussi « Reality Scares Me » de MONSIEUR.


 

Rappel utile  :

ce single est disponible en libre accès sur

SPOTIFY :

https://open.spotify.com/album/616czriDg84YlawKrhs5x3

APPLE :

https://music.apple.com/fr/album/reality-scares-me-single/1527450341
DEEZER, etc.

 

***

 

Pour citer ce texte

Dina Sahyouni, « "Reality Scares Me" ou quand la réalité de la Terre et celle de l'amour nous font peur  », texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020mis en ligne le 16 septembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/ds-realityscaresme-monsieur

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Chansons
13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 09:39

Megalesia 2020 | Annonces diverses

 

 

 

 

L'artiste Catherine Gil Alcala

 

au festival "Les Balladines"

 

 

© Crédit photo : L'affiche du festival, image transmise par la maison d'édition de l'artiste-autrice citée. 

 

L'artiste Catherine Gil Alcala présente le 13 septembre à 11 heures dans le festival pluridisciplinaire de poésie LES BALLADINES DE PENNE sa Performance "Zoartoïste".

 

Qu'est-ce que ce festival :

 

‘Les Balladines de Penne’ est un festival de spectacles vivants qui met l’accent sur l’aspect poétique. La programmation est ouverte à toutes les expressions artistiques : poésies lues, contes, arts circassiens, musique, théâtre, danse, arts plastiques, vidéos, …

Tous les spectacles sont gratuits. Ils sont présentés sur une scène ou dans un espace extérieur public ou privé dans la cité historique.


BIENVENUE DANS LE COEUR DE PENNE !

 

PROGRAMME ‘LES BALLADINES de PENNE’

les 12 et 13 Septembre 2020 

 

'SuRréaLisMe' ou ...L'imaginaire par l'absurde

SAMEDI  12, Place de L'ÉGLISE, jardins privés et Château de Penne

14h, OUVERTURE DU FESTIVAL

- 14h30-17h00, DEAMBULL'IN dans 5 'géoformes du bourg' : performances poétiques, installations plastiques, musique, voix  

Départ toutes les 30 minutes de petits groupes, de la place de l'église vers le bourg huistorique et ses jardins avec une inscription à l'accueil  :

1.Pentagone d'Alain ‘Le Jardin des sus-pendus’ / installation et performance

2. Triangle du Café des Mesures  : Piano /  Chant

3. Rectangle des Mesures : Performance poétique dansée

4. Ellipse de Dame Odile : 'Le Pique-Nique des Ours' / rêverie / son

5. Trapèze des Daynes : Piano / Voix

PLACE DE L'EGLISE

- Marché des Éditeurs (dans l'église)

- Dédicaces d'auteurs et restitution de l'Atelier Poésie

-à partir de 19h30, un espace 'gourma avend'  est installé sur la place, proposition d'une 'Planche Gourmande complète' avec son cadeau surprise : 15€ (réservation recommandée en ligne dès maintenant ou à l'accueil sur place )

-21h30, Théâtre 'L'OBJET AIME ' d'Alfred Jarry

 

CHÂTEAU  de PENNE

- 17h30 : Des Histoires 'peu-ordinaires' de grandes figures penoles

-19h00, Déambulation patrimoniale masquée et retour sur la place de l'église...

- de 20h à 21h30 ...Pause gourmande avec une proposition de Gijs,

La planche surréaliste (Prix unique 15€)

- 21h30, Place de l'Eglise, Théâtre 'bouffe','L'Objet Aimé',  une pièce inédite d'Alfred  Jarry réadaptée par Harold Crouzet

 

DIMANCHE 13, PLACE DE L'EGLISE 

- 11h, ZOARTOÏSTE,  Spectacle vivant dans l'église : performance de Catherine Gil Alcala

PAUSE DÉJEUNER

- 15h, Le Banquet du Héron, Scène pennole théâtralisée. 

pendant les deux jours, exposition au MIRABILIA MUSEUM 

rez de chaussé : Collections privées de Pierre Malrieu (peintures Audrey Cruddas) et de François-Henri Soulié (Collages surréalistes de Georges Herment) , quelques oeuvres d' Alice Gagnaire et quelques collages choisis de Farine Gosset.

à l'étage : diffusion de vidéos surréalistes et diaporamas de Farine Gosset

RECOMMANDATION : Les spectacles étant à en grande partie à l'extérieur, en cas de soleil, pensez à prendre un chapeau et n'oubliez pas votre masque !!!

 

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES reproduit la présentation reçue du festival.

 

***

 

Pour citer ce texte

​​​​Le PAN POÉTIQUE DES MUSES, « L'artiste Catherine Gil Alcala au festival "Les Balladines"», Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 13 septembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/balladines-gil-alcala

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
12 septembre 2020 6 12 /09 /septembre /2020 15:59

Megalesia 2020 | Réflexions féministes sur l'actualité

 

 

 

 

« Éviter les secrètes surprises

 

du diable » !

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

Crédit photo : Joovs van Cleve, "La Vierge à l'enfant", domaine public, Wikipédia, Commons. 

 

 


Cet article a été écrit suite à la polémique du musée d'Orsay, il contient des réflexions suscitées par "la polémique liée au décolleté d'une jeune femme jugé indécent lors de sa visite au musée d'Orsay". Des images reprises sur Wikipédia accompagnent le sujet.

 

 

 

 

 

Voilà un conseil prodigué par le capucin Alexis de Solo dans son ouvrage de 1627 intitulé Le chemin assuré du paradis.

 

À l'instar de cette formulation, de nombreux textes religieux ont recommandé de fuir la séduction de la beauté féminine. L'on songe inévitablement à Lilith, première femme d'Adam, jugée trop licencieuse puis à Ève incarnant la tentation suprême…

 

Trois vers célèbres tirés du Tartuffe de Molière témoignent de la faiblesse des hommes quant à leurs inclinations : « Couvrez ce sein que je ne saurais voir / Par de pareils objets des âmes sont blessées / Et cela fait naître de coupables pensées ».

 

Sont-ce de « coupables pensées » qui ont traversé subrepticement les esprits du personnel du musée d'Orsay jusqu'à les égarer dans une injonction faite à une jeune femme de cacher les appas d'un décolleté forcément jugé indécent ?

 

Doit-on annoncer le retour de dévots hypocrites dans le lieu même où l'on nous donne à voir L'origine du monde ou Le déjeuner sur l'herbe ?

Quelle peut en être la mécanique sans doute inconsciente de cet excès de pudibonderie au XXIe siècle ?

 

Il fut un temps où dans la Grèce antique, les hommes affichaient une préférence pour les poitrines plates alors qu'à la Renaissance, ils considéraient que les femmes aux formes généreuses étaient plus attrayantes.

Quant à certaines tribus africaines où les femmes évoluent torse nu, l'anthropologue Fran Mascia-Lee nous apprend qu'elles ne suscitent pas d'intérêt particulier auprès des hommes.

 

 

Crédit photo : Eugène Delacroix, "La liberté guidant le peuple", domaine public, Wikipédia, Commons. 

 

 

C'est au XXe siècle avec l'avènement de la « libération » de la femme jusqu'alors cantonnée dans son rôle de mère reproductrice et nourricière que le sein devient un lieu de pouvoir et de révolte. Du sein dévoilé de la Marianne à celui dénudé des Femen, la femme se projette hors d'elle-même. Le sein n'est plus un objet désirant, la femme se réapproprie son corps, mettant ainsi à mal les fantasmes autour de l'éternel féminin.

 

Dans le même temps, le sein soumis aux diktats des apparences et du paraître, devient pour certaines un accessoire érotique indispensable, d'où leur engouement pour la chirurgie esthétique qui devient alors une nouvelle forme d'aliénation….

 

L'on en oublie la fonction naturelle et première du sein qui n'est autre que l'allaitement pourtant recommandé par l'OMS. Nombre d'incidents ont été relatés dans la presse ces dernières années quant à l'interdiction faite aux femmes de donner le sein à son nourrisson en public, témoignant ainsi  d'un mal être de certains esprits incapables de se défaire d'images prégnantes liées sans doute à la pornographie, la publicité subliminale, voire aux apparitions inquiétantes pour eux des Femen…

 

Il aura fallu une loi pour mettre fin au désordre d'un imaginaire collectif  souvent perturbé c'est ainsi que l'Equality Act de 2010 permet dorénavant aux femmes britanniques d'allaiter en dehors de la maison en  toute légalité !

 

Mais si dans l'Écriture sainte, le prophète Jérémie parlait des femmes avec mépris en évoquant celles qui « montraient leur mamelle nue », on rappellera que le Vatican a revu sa position en 2008 en affirmant qu'il fallait mettre fin à quatre siècles de pudeur quant à la représentation de la Vierge Marie allaitant son enfant.

Dans l'Osservatore Romano, le père Enrico de Covolo préconisait même de revenir à des représentations plus charnelles et plus réalistes de cette scène emblématique de la maternité !

 

Le merveilleux tableau de Joovs van Cleve peint en 1525 nous permet d'admirer une Vierge au sein nu aussi rond et ferme que la pomme que son enfant tient dans l'une de ses mains. Voilà une œuvre emblématique qui devrait faire taire tous les Tartuffe qui ont offusqué la visiteuse du musée d'Orsay en estimant qu'elle avait un décolleté provocant, l'enjoignant à recouvrir une partie de son anatomie pour éviter à tout un chacun « les secrètes surprises du diable »…


 

 

***

 

Pour citer cet article féministe

​​​​Françoise Urban-Menninger, « "Éviter les secrètes surprises du diable"! », texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 12 septembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/fum-secretes-surprises

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
9 septembre 2020 3 09 /09 /septembre /2020 15:02

Megalesia 2020 | Astres & animaux en Poésie | Travestissements poétiques

 

 

 

 

Papillon à la rose

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographie par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, "Papillon à la rose", photographie prise durant le confinement, 2020. 

 

 

L'image ci-dessus a inspiré le poème "Papillon à la rose.

                



 

alvéoles d'un rideau de dentelles

où le papillon s'est posé

pétales de rose effleurés

le temps s'est fait la belle

 

je suis ce papillon à la rose

quand mon esprit volage 

rejoint la ronde des nuages

et dans le poème se pose

 

j'écris dans les alvéoles de ciel

où je quête la lumière

en ouvrant grand les ailes

de mon âme toujours plus légère

 

 

***

 

Pour citer ce poème

​​​​Françoise Urban-Menninger, « Papillon à la rose », poème inédit et illustré par le photographe Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 9 septembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/fum-papillon-rose

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
7 septembre 2020 1 07 /09 /septembre /2020 18:19

Megalesia 2020 | Critique & réception 

 

 

 

Jean-François Blavin,

 

« Oscillations vagabondes au crépuscule »,

Éditions Unicité, 2020, 94 p., 13€

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

​​​​​​​© ​​​​​​​​​​Crédit photo : "Première de couverture illustrée du recueil aux Éditions Unicité ".

 

 

Ces poèmes rehaussés des beaux dessins de la talentueuse Nicole Durand reflètent les pérégrinations urbaines d'un poète à l’œil affûté. Ils sont aussi chapeautés d’une très longue préface de  Laurent Desvoux- D’Yrek intitulée : Les terrasses de la divine comédie humaine ». 

Le poème luminaire court mais très parlant décrit l’état d’esprit d’un poète pèlerin parcourant les allées d’un quotidien  à géométrie variable:

 

 « Entre extase et accablement

Je chemine ici ou là ».

 

Et Notre-Dame dans son martyre de trouver une place d'honneur dans le recueil ! Il fallait y penser ! Ainsi peut-on lire : 

 

« Notre- Dame de Paris martyrisée

Mais c’est Paris tout entier qui suffoque »

 

Et c’est aussi le constat de l’hiver qui saisit la ville et la soumet à son « poignard de gel » car « Ce jour il gèle à pierre fendre » mais le poète courageux et téméraire ne cède pas à la panique: « Pas à pas dans la rue il marche ». « Il », c’est bien lui le poète qui se nomme à la troisième personne car le « je » peut bien paraître ostentatoire, il vaut mieux s’effacer derrière le « il » et c’est bien là son jeu. Il est aussi cet homme mûr qui dans la montée des ans se souvient avec

 

bonheur de l’enfance et c’est ainsi que :

 

«  Des jeux enfuis il se souvient

De la pêche sur la jetée  « 

………………….. 

» Et  les sirènes  de sa vie

Voltigent devant l’homme mûr »

 

La nuit, les songes du poète semblent peuplés « d’oiseaux migrateurs » histoire de penser que ses nuits seraient le prolongement de ses journées de balades enchanteresses :

 

« Oiseaux migrateurs de mes curieux sommes

Est-ce souvenance au tamis des jours »

Il ne manque pas de faire un clin d'œil à Rimbaud dans le poème sur le très chic restaurant Le Zimmer de la Place du Châtelet à Paris avec de très belles images ou évocations : 

 

«  Quand le val n’est point tragique

au dormeur

il est d’étranges escales »

 

Avec un luxe de détails, le poète nous invite à découvrir le charme de ce lieu feutré et chaleureux : 

 

« Au-dessus des marbres durs

Il y a comme la scène et le promenoir

d’un théâtre

les tentures rouges, les rideaux écarlates

les lettres de flétrissure, les miroirs,

les sièges cossus, les penseurs, les faux-penseurs,

les imposteurs »

 

Référence est également faite aux héros mythologiques qui veillent sur la Fontaine  Médicis dans un poème dédié à Elsa, la fille du poète, comme cadeau d’anniversaire, aussi considère-t-il :

 

«  Polyphème enfouit sa haine

D’Ulysse sous tant de flocons

Quand la neige caresse Acis

Créant l’émoi en Galatée »

 

Il joue avec les sonorités sans verser dans une  rimaillerie insipide et banale. Il a pour particularité d'omettre les déterminants et de forger des locutions verbales comme dans les vers suivants : " Où se ruaient dames affolées", « dresser constat de l’inavouable » (locution verbale) bien d'autres emplois similaires : originalité qui le rapproche du registre classique : 

 

« C’est déjà intrigante mélopée

A ravir pauvres éperdus et blêmes » p. 89

 

Lancer pelletées :  « […]il  lance

Pelletées de rimes en rade. »p. 41

 

Se créer chemins : « Des laves se créent chemins en rigoles »

Poursuivre quête : « Poursuis alors quête de l’oasis » p.48

 

« Signant clôture d’une vie

Pour l’échoppe de vie vibrante » p.54.

Ici, il y a coexistence d’allitérations et de locutions verbales.

 

Il a aussi l’art d’adjectiver les substantifs comme dans « monts aventuriers » (p. 89) et dans le dernier poème (à la page 91) qui fait retour au premier vocable du titre du recueil : « Oscillations » qui dénote son amour de la montagne, il récidive en adjectivant le mot « moraine » : « Et ma souvenance est moraine » et tout s’achève : 

 

« Comme une transe poétique

Où se lient malheur et bonheur »

 

Le champ lexical de l’auteur relève nettement du registre de la langue soutenue et c’est à loisir qu’il emploie des mots comme : « libation », « vaticination » et bien d’autres. De par sa formation de juriste il puise aussi dans le vocabulaire juridique aussi peut-on lire : « invite comminatoire ». 

 

L’auteur s’accorde certaines licences académiques en employant par exemple le mot « ténèbre » au féminin singulier : « Où est le vrai dans la ténèbre » p.45. 

Emploi rare, usité dans le langage littéraire comme ce fut le cas pour Léon Daudet dans (Bacchantes, 1931, p. 143) : « La nuit était devenue absolument calme et silencieuse, d'une ténèbre douce et ouatée. »

 

Nous relevons d’exquis vers enchâssés dans une succession d'allitérations que nous prenons plaisir à lire :

 

« Et la tornade tordait l’arbre » p.44.

« Le temps si charmant des charmilles » idem.

 

« Des essaims d’huissiers consignant leurs comptes » p. 46.

« En chaos des courants contraires » p.68.

 

Grave, il se révèle également en s’attardant sur le sort de ces migrants désespérés qui s’embarquent sur « Ces esquifs précaires dans le tumulte »

 

Avec lui on comprend que le poète se livre à un « perpétuel travail d’Hercule » par : 

 

 « L’effort des mots pour rendre l’indicible

Pari fou à ne point sortir indemne »

 

C’est dans l’ambiance du Cafés parisiens comme le Hall-1900 du IIIe arrondissement, après avoir savouré son café noir parallèlement aux « Buveurs enflammés de leur vin » et lu son quotidien préféré qu’il se rend disponible à l’accueil des muses. 

Promeneur solitaire, il aime également à se retrouver par « Les radieux matins dans les jardins »

 

C’est la vie dans tous ses aspects qui est consignée dans ce recueil rehaussé d’une belle écriture. 

 

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « Jean-François Blavin, "Oscillations vagabondes au crépuscule", Éditions Unicité, 2020, 94 p., 13€ », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesMegalesia 2020mis en ligne le 7 septembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/decoster-oscillationsvagabondes-blavin

 

 

 

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SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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