13 mars 2021 6 13 /03 /mars /2021 15:54

 

Événements poétiques | Le Printemps des Poètes | « Désir » | Les femmes & le désir en poésie  

 

 

 

 

 

 

Poems by John Wander /

 

 

Poèmes de John Wander

 

 

 

 

 

 

Poèmes traduits de l'anglais américain par

 

Camille Aubaude

Sites officiels : http://www.camilleaubaude.com/

& www.lamaisondespages.com/

Blog officiel : https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

 

 

Crédit photo : Reclining beauty, domaine public, Wikimedia. 

 


 

Possession  

 

JE DIS AMOUR, JE VEUX L’AMOUR, JE LE CRIE, 

je le sens dans mes os, il me couvre

happe les pudeurs passées de mon cœur, 

recrée sa sorte de sens et de conscience, 

rassasié de sa propre nourriture.

 

Le hasard le provoque, me laissant étonné 

lorsque j’attends à un coin de rue sous la pluie

un clairon sonne dans le chaos pour éclairer ma route

 

Possession !

 

Je tends la main pour attraper un corps pris dans une pièce qui fut partagée,

pour faire glisser deux pieds hors des décombres du combat d’un couple,

pour créer la survie de l’esprit quand le temps perdu, placidement oublié

dans les vieilles demeures verdoyantes me fait choisir avec hardiesse le chemin vers moi,

arrachant des pierres qui branlent d’une construction en pierres.



 

Possession  

 

Love I say, I wish it, I call it, 

feeling it hedging through my bones, 

pushing past discretions of the heart, 

creating anew some sense of selves, 

selfed, though nurtured apart.

 

Uncertainties provoke it, sometimes perplex me, 

while standing in streetcorner rain, 

confusion's clarion summons me to clear my road:

 

Possession !

 

I reach out to clutch an enrapt body across a once-shared room,

to drag two backing feet over rubble left by wrestling pairs,

to make a mind survey once wasted time & placidly forget

older greener mansions, & boldly pick a way towards me,

pitching wrenched stone on building stones.









 

De telles voies mystiques

 

Elle avait de telles voies mystiques pour séduire

et le monde entier se réjouissait de gagner son sourire

Alors moi, jeune homme costaud, je me suis épanché en prières

pas de plus belle façon de tourner comme une toupie, pendant des kilomètres.

 

L’instant était à prendre, et à tenir, ah ! quel instant 

Quand maintenant elle est si loin, devenue le sujet de mes rimes.

Le temps est un sommet que je ne peux gravir

Dans le deuil de l’Absente, dans l’espace-temps.

 

J’ai tenu ses épaules il y a des années

Et je l’ai sentie bouger sous les caresses.

Bien souvent nous éprouvons avant d’apprendre

& attendons la promesse d’un baiser.




 

& she had such witching ways
That all the world rejoiced to earn her smile
So I the hardy youth lingered in praise
No better way to idle several miles

Time was to grasp, time was to hold, what's time
When she's but far the object of these rhymes
Time is the unstuck point I cannot climb
While mourning her absence in space & time

I tickled her shoulder long years ago
& felt her all move with the caress
How often we can feel before we know
& linger in the promise of a kiss





 



 

Le hic, c’est qu’elle était trop jeune pour moi

En terme d’enthousiasme & d’erreur

& puis à l’inverse, trop âgée, si c’est possible

Dans la connaissance du monde, dont elle a le don.

 

En tournant les phrases du dedans au dehors

Leur sens & grammaire démêlés 

Comme une écharpe de printemps

Dont les liens relâchés capturent les ondes subtiles.

Éveillé par l’ouïe, captivé par la manière du don

 

Tandis que les mots coulent loin jusque dans son rire

qui m’affirme moi, qui suis bien là

 

& donne le sens propédeutique inverse

Avec si grande instruction, l’âge n’a plus de sens

Les manières s’en mêlent, sans perversion

Et avec deux fois la chance d’être jeune/vieux

  • quel sujet, quel sujet…




 

The conundrum is she's way too young for me
In terms of exuberance & mischief
& yet conversely too old, may it be
In knowledge of this world, she has the gift

Of turning phrases inside out, their sense
& grammar unraveled like a Spring scarf
Whose loose weave only fends off subtle winds.
Puzzled by what I hear, dazed by her art

As words flow forward ending with her laugh
Which comforts me that I attend enough

& leave meanings propaedeutic inverse
With such instruction, age loses all force
& manners vary, nothing less perverse
Twice lucky young/old a matter of course 
 

 

 

John Wander

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes d'amour sur le désir 

 

Camille Aubaude (traduction de l'anglais américain par), «  Poems by John Wander / Poèmes de John Wander » poèmes d'amour inédits, traduits avec l'aimable autorisation du poète, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 13 mars  2021. Url :  

http://www.pandesmuses.fr/desir/ca-poemesdejohnwander

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Amour en poésie
12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 17:56

 

Événements poétiques  | Megalesia 2021 | Astres & animaux | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

 

 

 

 

 

 

 

 

Requiem pour un noyer

​​

 

 

Écopoème de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Photographie par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, " Le noyer au Royaume des cieux à Kunheim.

​​​​​​

 

 

 

 

planté par mon ancêtre dans le Himmelreich ou Royaume des cieux à Kunheim

 


 

sans doute est-ce la dernière année

que je contemple ce noyer

dont les plus hautes branches

se ramifient à celles de mon enfance

 

 

bientôt il ne veillera plus

sur l'ombre des disparus

et la cohorte de mes aïeux

rejoindra celle du royaume des cieux

 

 

abattu ce noyer qui s'arrime

aux stances de ma rime

brûlera le bois de ma peine

dans le feu de mon poème

 

 

décapité cet immense noyer

restera dans mon âme planté

tel l'indéracinable vigile

d'un temps à jamais immobile*

 

 

 

*Contexte :

"Je me bats pour "sauver ce noyer qui jouxte ma propriété sur une terre jadis cultivée par mes ancêtres mais aujourd'hui vendue par d'autres héritiers à une agence immobilière. Il est menacé par une construction immobilière ! Le bétonnage intensif menace nos terres, détruit la nature...

Peut-être que ce texte et la photo signée Claude Menninger trouveront-ils leur place dans une rubrique ayant trait à l'écologie ? Je n'ai que ma poésie pour sauver cet arbre centenaire que j'essaie de faire classer comme arbre remarquable !"

 

 

© Poème de F. Urban-Menninger, Kunheim 31 décembre 2020.

 

 

***

 

Pour citer cet écopoème

 

Françoise Urban-Menninger, « Requiem pour un noyer », écopoème inédit illustré par une photographie inédite de Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 12 mars 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/fum-requiem-noyer

 

 

 

 

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Notre Commentaire : 

L'association SIÉFÉGP et ses périodiques soutiennent la démarche écologique de Françoise Urban-Menninger et demandent vivement au service administratif concerné de classer ce noyer comme arbre remarquable. 

 

Par LE PAN POÉTIQUE DES MUSES et l'association SIÉFÉGP 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Poésie engagée Écopoétique Écopoésie
12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 16:12

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Critique & réception

 

 

 

 

 

 

 

 

Quand l'humanitaire

 

 

s'invite en poésie

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

​​​​​​​

 

 

 

Si pour Malherbe « Un bon poète n’est pas plus utile à l’État qu’un bon joueur de quilles. » mais plus tard Hugo nous enseignera dans Les Rayons et les ombres que le poète était un guide, un justicier, un messager. Alors qui dit mieux ?

 

Dans Sauvons les migrants, Anthologie poétique humanitaire, Éditions Parole & Poésie, 2020, 169 pages, format A5, 20€, coordonnée par Patrick Picornot et Aumane Placide, ce sont les poèmes de cinquante poètes qui résonnent comme un silence brutal sur lequel se referment les portes de la vie. La vie de tant d’êtres humains engloutis au creux des vagues tumultueuses de la Mer Méditerranée. 

Les propos liminaires de Patrick Picornot « Redonnons la parole aux poètes » portent sur le regard des poètes tels qu’Aimé Césaire, Victor Hugo, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Louise Michel et bien d’autres sur la construction du tissu social au fil de l’Histoire.

​​​​​​

Puis dans « Intra-Muros / Extra-Muros », il a dressé un état des lieux en replaçant le phénomène migratoire dans son contexte sociopolitique et historique. Aussi considère-t-il que l’autre est « le suspect » en puissance tout en ne se gardant de lancer cette exhortation : « Saluons tous ceux qui, avec courage, proposent d’accueillir les migrants dans les ports, bien qu’ils n’aient pas toujours l’aval des gouvernements ». (p.30) 

Témoin de son temps, le poète n’est pas moins actif que les autres entités sociales. Il participe par l’écrit au sauvetage de ses semblables. En traduisant ce qu’il a vu, en retraçant les faits, il n'en demeure pas moins qu’il laisse une trace derrière lui. 

« Une vie ne vaut rien mais  rien ne vaut une vie », proclame Malraux et c’est ce qu’ont compris les protagonistes de l’anthologie en  concrétisant cette idée insufflée par Patricia Bruneaux qui s’indignait face au drame humanitaire  qu’est le péril en mer des milliers de migrants. « Dans son plaidoyer pour le respect du vivant » dédié à l’Aquarius, elle évoque le passé de sa maman, l’exilée fuyant la guerre à l’époque coloniale avec sa fratrie : « Tous, à fond de cale d’un navire, parqués comme des bestiaux sans eau ni alimentation ». (p.34)

 

À travers les pages qui suivent c’est un véritable SOS sous couvert de la poésie que lancent cinquante poètes à la sensibilité et à la plume très différentes. Quelle gageure !

Quant à Aumane Placide dans « Nous sommes tous des migrants », pour corroborer sa thèse, elle nous donne à voir une vue panoramique de l’Histoire de France en soulignant les différentes strates qui se sont agglomérées au fil du temps (du IXe au XXe siècles) pour former la société française. Elle a également évoqué le paroxysme du racisme chez le zoologiste Cuvier qui compara Sarah Baartman (la Vénus hottentote) à un orang-outang. Pour contrer ce racisme viscéral, elle en appelle à l’anthropologue et ethnologue Claude Lévi-Stauss qui soutient :

« L’Homo sapiens venant d’Afrique s’installe progressivement au Proche –Orient, en Asie puis en Europe, territoire occupé par les Néerdanthaliens. Il conquiert ensuite l’ensemble du globe » (p.149)

C’est sur les propos de Pedro Vianna que cette anthologie se referme avec « Conjuguer Migration et Poésie entre Hasard et Nécessité ». Qui peut mieux parler de la condition des migrants que lui ? « Je fais partie de cette minorité », écrit-il.

Économiste, poète et dramaturge, il a eu un parcours atypique en tant que réfugié politique d’origine brésilienne. Ayant été juge assesseur à la Cour nationale du droit d’asile, nommé par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), il connaît bien les dossiers. Cela va sans dire qu’il a pas mal plaidé la cause des migrants.

Il nous rappelle que le phénomène migratoire ne fait partie que de plus de 3%  de la population mondiale qui est de 7 milliards et demi,  ce qui sous-entend que les migrants,  loin d’être un fardeau  difficile à porter pour les pays d’accueil, contribuent la plupart du temps à l’essor économique et culturel de ces derniers quand leur intégration est réussie. Pedro Vianna n’en est pas moins un exemple pour avoir mis son savoir universitaire à la disposition des étudiants français et européens en tant qu’enseignant. 

 

Avec Éric Meyleuc, feu son compagnon, en qui il avait su trouver un allié de taille, il militait dans le théâtre tout en continuant son combat dans le domaine associatif en faveur des migrants.

Retraité, il poursuit encore avec beaucoup d’intérêt sa lutte « dans le champ des questions migratoires ». 

 

Cette anthologie est un livre de référence, riche en faits socio-historiques et politiques. Elle recèle également un bon nombre d’adresses utiles. 

 

 

***

 

 

Pour citer ce texte

 

Maggy De Coster, « Quand l'humanitaire s'invite en poésie », texte inéditLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 12 mars 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/mdc-humanitaireenpoesie

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Poésie philanthropique
12 mars 2021 5 12 /03 /mars /2021 14:57

 

Événements poétiques | Le Printemps des Poètes | « Désir » | Les femmes & le désir en poésie 

 

 

 

 

 

Les reins enveloppés de lin blanc

 

 

&

 

 

La lune s’effondre dans le ciel de Dia

 

 

 

 

 

Marie-Laure Le Berre

 

 

 

Crédit photo : Médée, "Jason et leurs enfants", Napoli, domaine public, Wikimedia. 

 

 

Les reins enveloppés de lin blanc 

frissonneront 

sous la scie lente d'un doigt

qui aimera glisser sur une cuisse tremblante

jusqu'à la caverne creuse où il s’engouffrera.

Perlera alors la fièvre de l’attente

entre deux seins

Jaillis

sous la lèvre ouvrière 

de leur dieu.

Elle gémira d’espoir de recevoir enfin 

le joyau en son creux

et suppliera de ses vœux sans paroles

de sombrer dans le grand bleu des cieux.

​​​​​​Elle sera morte avant.


 

La chair fondue en braise

rouge

dans la fournaise de mon feu.

 

Ah !, je sens là au ventre

mousser

une délicieuse angoisse

à l’idée 

des poisons efficaces

que j’ai versés brûlants 

sur les voiles de l’épousée.

Puissent-ils calmer ma rage effrénée 

de rivale

avant que je ne prenne 

jusqu'au fond

de mon sexe de femme 

Jason pour le tuer.*


 

 

 


* Extrait de M-L. Le Berre, Étude sur Médéé.






 

Crédit photo :  Angelica Kauffmann, "Ariane donne une pelote à Thesée", domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

La lune s’effondre dans le ciel de Dia. Les ramiers claquent leur vol sur un jour déjà mûr. Dans l’antre creuse. Sur la natte moelleuse. Les doigts blancs. Autour tâtonnent encore épris. Du plaisir de la nuit. Elle s’éveille. 

Les paupières aux longs cils battent. Contre un rayon, les doigts se sont lassés. Ils s’affaissent. Explorent de nouveau. La main s’étonne, elle cherche. La peau étrangère. Elle s’affole soudain. De la fraîcheur du lit.

 

Elle se dresse. Nue. 

La place est vide. 

Le ventre grouille, elle le caresse, le cœur bat trop. Sur cette terre sauvage encerclée d’eau. Elle est seule. Elle crie. 

Thésée.

Elle crie son désir de lui encore. Comme ça, les genoux. Sur les seins. Recroquevillés, elle pense, elle veut. Sa nuque, sa bouche, et ses yeux d’eau. Que sa poitrine dure lisse encore sa peau. Elle n’en peut plus. De sa douleur, ce feu. Dans le silence où nul n’entend.


 

Elle recouvre son corps des tissus épars.

 

Elle se met à courir. 


 

Jusqu’au rivage. Le sable freine ses pieds. Elle s’arrête. Sent la mer mourir. Sur sa chair. Glacée. Et les âcres goëmons. Des roches découvertes. Au soleil, ses voiles tombent. Dans les vagues. Ondulent comme des noyés. De torpeur. Elle est à lui, Thésée. Tout entière attachée. À son corps chaud qu’elle a  longtemps baisé. 

Elle voit.

Là-bas. La voile noire siller sur l’horizon lustré. D’argent. Elle crie. Pour que Thésée l’entende, folle. D’un éternel chagrin bientôt. Elle s’élance. Elle ne se souvient plus du fil qu’elle a tendu. Pour le sauver. Du labyrinthe, ses passages. Pour la perdre. Dans l’inextricable réseau de ses souffrances. Elle gravit les rocs aigus. Pour étendre sa vue sur la mer. La voile est là. Elle fend l’eau. Elle dévale. Les pentes, court au-devant. De l’onde, relevant les tissus trempés sur ses jambes nues. Elle crie. 

À dieu. 

De perdre Thésée et tous les hommes qui, jusqu’au lit, promettent les amours permanentes, ils partent après. Conquérir d’autres gloires, d’autres terres. Et ravir d’autres Phèdre. Toujours.


 

Elle a regagné l’antre et la couche sent le parfum du furtif vainqueur. Elle renifle. Comme la bête, elle pleure. Après. Elle allonge son corps. Parfaitement. De désir. 

Du désir lent de lui. 

Elle meurt. Elle sent, elle meurt. 

Sur le lit fait.**


 

 

** Extrait de M-L. Le Berre, Étude sur Ariane.

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes sur le désir 

 

Marie-Laure Le Berre, « Les reins enveloppés de lin blanc » & « La lune s’effondre dans le ciel de Dia », poèmes d'amour inédits, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 12 mars  2021. Url :  

http://www.pandesmuses.fr/desir/mllb-medee-ariane

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Amour en poésie
11 mars 2021 4 11 /03 /mars /2021 17:05

 

Événements poétiques | Le Printemps des Poètes | « Désir » | Les femmes & le désir en poésie  

 

 

 

 

 

Le vent, L'urne,

 

 

Triste je suis

 

 

&

 

Tant rutilent mes yeux noirs

 

 

 

 

 

Camille Aubaude

Sites officiels : http://www.camilleaubaude.com/

& www.lamaisondespages.com/

Blog officiel : https://camilleaubaude.wordpress.com/

 

 

 

Crédit photo : Reclining beauty, domaine public, Wikimedia. 

 

 

 

Le vent 

 

 

Je suis enceintée par le vent

galopant à tous vents.

Personne ne m’enlève l’ivresse des mots,

galopant à tous vents.

Mirage de l’art, verte enfance empourprée

je suis encerclée par les vents,

L’harmattan, le zéphir… la brise

astucieuse enlace mes seins

ensemençant de ses caresses le blanc

entourant la colonne de sang

du giron de la Déesse.

 

 

 

 

 

L’urne  

 

 

Les baisers de la bouche dans la mer frissonnante emportent la chair dans leurs cadences.

 

 

La queue enfoncée dans la chatte chaude fait tanguer le beau cul aux tréfonds puissants, où la pierre de sang palpite, folle, en mesure, pourtant.

 

 

Il passe le long des seins, elle ouï sa voix à jamais en pressant son dessein d’aboutir au même instant qu’elle, tout prêt, nue et pâmée.

 

 

Elle sait sa toison noire aux perles ruisselantes sur la peau ambrée, la rose salée d’un baiser dans le cou, le ton haut des battements de son cœur.

 

 

Et ses doigts dans sa chatte éperdue et folâtre, où naviguent l’orque, le norval, la faune aux serpents de feu.

 

 

Plaqué contre ses reins, il manie le sceptre du sacre divin et lève les vagues de la mer. Le diamant qui ruisselle de ses yeux vers ses yeux est le sien, puis le leur, fort brillant.

 

 

La sirène a rué dans les palmes de l’ondin, occulte pouvoir de saisir l’esprit qui meut l’homme et la femme en une danse à pleines mains.

 

 

Sans être du même sang, ils ont l’envie jumelle de jaillir à l’aube de sourires d’aise. Mus dans l’étreinte de chaque jour, la lutte contre la nuit, les râles adorant le silence cadencé.

 

 

Feu perpétuel, cheveux mêlés, poitrines embrassées, aux formes arrondies de la mer dans les remous de paupières sous les jolies langues mouillées.

 

 

Oh ! que le sacre de Morphée relève le sceptre des ténèbres.

 

 

 

 

 

Triste je suis

 

 

Triste je suis, vous tordez mon désir

 

saisissez ma fleur d’étrange force

Vous me tenez sous un joug féroce

jusqu’à me faire consentir.

 

 

Je souris de n’être la première

à rester en prière penchée sur ma raison

étincelle sur la roche où vos caresses

dénudent mon corps en langueur.

 

 

Sur le roc de Lorelei brûle une fleur cueillie

au Phœnix des Veilles par un Oiseau qui fuit

tant il est blanc. Glace fendue, son vol

verse au ciel la cendre de peaux nues.

 

 

Un lys blanc, puis deux lys troublants

embaument la Maison qui m’enlace

en fils de rêverie pour que je trace

sans retard la séparation de l’Azur.

 

 

 

 

Tant rutilent mes yeux noirs

 

 

Tant rutilent mes yeux noirs

happant les tourbillons du désir 

qu’ils vous envoûtent sans gémir

en poursuivant de vains espoirs.

 

 

 

Temps de tempête dans les soirs 

mes lèvres roses vont s’ouvrir

et d’instinct mon âme mourir

tant vous dansez en ses miroirs.

 

 

Dans la cuisine aux cafés noirs

le ciel s’accorde à nos soupirs.

L’eau coule en nos abreuvoirs

tant que rutilent mes yeux noirs.


 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes d'amour sur le désir 

 

Camille Aubaude, « Le vent », « L'urne », « Triste je suis » & « Tant rutilent mes yeux noirs » poèmes inédits d'amour, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 11 mars  2021. Url :  

http://www.pandesmuses.fr/desir/ca-levent

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Amour en poésie

Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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