10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 17:42

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Réflexions féministes sur l'actualité* 

 

 

 

 

 

 

 

 

Désir à géométrie variable 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

Définition de Désir :

Le vocable désir renvoie toujours à quelqu’un ou à quelque chose de palpable ou d’impalpable. Ainsi dans un poème le désir peut être simplement implicite.

 

Dans l’antiquité le désir ne relevait pas forcément du sentiment amoureux ainsi tomber amoureux de sa femme n’était pas politiquement correct. Ainsi à propos du roi Candaule Hérodote raconte « qu’un roi tombe amoureux de sa femme, le public comprend que c’est le signe de malheurs politiques à venir. » Le désir ne se réfère pas forcément à une dualité hétérosexuelle car il est question d’interchangeabilité des rapports puisque une femme peut se comporter comme un homme et vice versa, pas de barrières entre les sexes comme le montre bien Ovide dans les Métamorphose d’Ovide : Iphis élevée comme un garçon change de sexe pour pouvoir épouser Ianthé, celle que son père lui désigne pour épouse.

Quand le désir émane du sentiment amoureux, le poète se fait l’interprète des intentions du corps, le désir devient scriptural. Cependant le désir peut être aussi l’expression d’un vœu non charnel, il est à ce moment-là l’expression d’un idéal traduisible par des mots. En écrivant on le vitalise, on le sublime, on le dynamise.

Pour qu’il y ait désir il faut qu’il y ait un objet, je dirais un objet dynamisant et cela fait penser à Baudelaire dans les Fleurs du mal quand il dit « Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard. »

Une partie du corps peut suffire à attiser le désir, ainsi concernant la belle Julie Musset avance :

 

« Donne-moi tes lèvres, Julie ; »

Donne-les-moi, mon Africaine,

Tes belles lèvres de pur sang. »

 

La bouche c’est le siège de l’oralité et l’enfant dès la naissance expérimente la phase orale, c’est par là que commencent les préliminaires, les prémices de l’amour.

 

« Ta bouche est brûlante, Julie ;

Inventons donc quelque folie

Qui nous perde l’âme et le corps. »

 

Chez le poète le désir est en gradation ascendante, là il atteint son paroxysme.


 

Puisque c’est par toi que j’expire,

Ouvre ta robe, Déjanire,

Que je monte sur mon bûcher.

 

L’absence peut aiguiser le désir car la nature a horreur du vide : C’est ce qui se constate chez Claude-Charles Pierquin de Gembloux qui s’ennuie de l’être aimé. Dans « Le délire d'amour », il avance :

 

« Sur le duvet lui seul était absent

Quand le désir me brûle, me dévore,

Toute la journée je le cherche encore » !

Ou encore :

« Je te désire, ange de mon cœur,

Toi que tendrement j'aime et j'adore ! »

Le désir est sublimé par la tendresse, fruit d’un amour vrai.

 

On constate également que la perception du désir varie selon les auteurs.

Selon Rémy BELLEAU (1528 – 1577) Ne se cantonne pas dans le désir en tant que sentiment amoureux mais il le considère dans une acception plus large.

 

Ainsi dans son poème intitulé Le Désir,  il avance : 

 

« Celuy n'est pas heureux qui n'a ce qu'il désire, 

Mais bienheureux celuy qui ne désire pas

Ce qu'il n'a point : l'un sert de gracieux appas

Pour le contentement et l'autre est un martyre. »

*

ou encore : 

« Désirer est un mal, qui vain nous ensorcelle ; 

C'est heur que de jouir, et non pas d'espérer : 

Embrasser l'incertain, et toujours désirer

Est une passion qui nous met en cervelle. »

 

« C’est un périlleux orage » car ça bouleverse, ça secoue, ça perturbe ;  la jouissance n’est pas manifeste mais l’attente, c’est fracassant même.

On est tenté de lui appliquer cette maxime : «  Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire ».

 

 

 

 

* Sur le thème "Désir", actualité du Festival Le Printemps des Poètes.

 

***

 

 

Pour citer ce texte

 

Maggy De Coster, « Désir à géométrie variable », texte inéditLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 10 mars 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/mdc-desirvariable 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
10 mars 2021 3 10 /03 /mars /2021 16:03

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages, etc. 

 

 

 

 

 

 

Dors, belle Alisha

 

 

 

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

 

En mémoire de la jeune Alisha

 

 

Dors, 

belle Alisha

On t'a volé la joie et l'insouciance, 

le souffle de vie par outrance 

ils t'ont fait tomber en souffrance 

ton silence crie aux alentours 

la haine est de retour…

 

 

 

Dors

belle jeune fille

repose-toi au firmament, 

aux plis des nuages, 

au fond des cieux

là où la lumière inonde

ce pauvre, pauvre monde...

 

 

 

© DS, élégie, Mars 2021.

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème élégiaque 

 

Dina Sahyouni, « Dors, belle Alisha » poème élégiaque inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 10 mars  2021. Url :  http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ds-bellealisha

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Poésie engagée Enfants en poésie
9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 14:00

 

REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques

 

 

 

 

 

 

 

Orientale

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

Fondatrice & directrice de

Publication de la revue

Le Pan Poétique des Muses

 

Crédit photo : Sophie Gengembre Anderson (1823-1903), Scheherazade, tdomaine public, Wikimedia. 

 

 

 

 

Le bleu nuit 

de ses yeux m'émerveille

dessine 

au creux du cœur

Un ciel bleu azur

 

 

L'orientale aux éclats de récits 

S'insurge en messie

des nuits blanches

sauve des milliers de vies

de femmes avec son maqam

La belle Shéhérazade

 

© DS, 2021

 

 

 

Pour citer ce poème 

 

Dina Sahyouni, « Orientale », poème féministe inéditRevue Orientales« Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 9 mars 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/ds-orientale

 

 

 

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Retour au N°1 

8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 18:32

 

Événements poétiques | Le Printemps des Poètes « Désir »| Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

Cher Merlin...

 

 

à ma Saint-Valentin  

 

 

 

 

 

 

Vivian O'Shaughnessy

 

Site officiel : 

www.vivianoshaughnessy.com/

 

 

 

Crédit photo : Vestale, peinture trouvée sur Wikimedia, domaine public. 

 

 

 

Cher Merlin... à ma Saint-Valentin

Où étiez-vous ?

Et qu'est-ce qui vous a pris si longtemps ?

 Ce visage

Ces rues

Moi, proche au rythme de ton cœur

Nous savons que nous faisons partie du mystère.

C'est indescriptible.

C'est éternel.

C'est pour le bien.

La fée de mon merlin.

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème d'amour

 

Vivian O'Shaughnessy, « Cher Merlin... à ma Saint-Valentin » poème inédit d'amour, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 8 mars  2021. Url :  

http://www.pandesmuses.fr/desir/VOS-chermerlin

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Amour en poésie
8 mars 2021 1 08 /03 /mars /2021 16:26

 

Événements poétiques | Le Printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie »

 

 

 

 

 

 

Tristesse d'Actéon  

 

 

 

 

Gabriel Hecker

 

 

Crédit photo : Diane de Versailles Leochares, domaine public, image de Commons, Wikimedia.

 

 

 

 

 

 

Ciels bruts, herbages bleus, couronnes des monts chauves,

Gouffres tempétueux par l’espace habités,

Où passe en rugissant la meute des clartés

Ainsi que des mâtins miniatures et fauves,

 

 

Que si je chois, soyez mon repos, linceuls d’air !

Catafalques, soyez les courants où varient

Les ramas vains des soifs insanes qui châtient

Mes visitations dans la forêt de chair !

 

 

Chasseur impatient, j’ai surpris la déesse,

Diana, qui se fardait aux mares, mais son teint

Éclatant mal cachait la traque et le butin,

Et les odeurs des peaux, du sang frais, de l’ivresse !


 

 

Diana, ses seins faisaient, résineux, des flambeaux

Sur le palus fécond du ventre où s’abîmait

La chasse tour à tour atroce et sublimée :

Les cris rauques des chiens, les désirs les plus beaux,   

 

 

Qui écorchaient pourtant, ô tristesses d’archanges,

L’enfant nu, déchiré par le mythe cruel !

Hélas ! Mes poignets pris par les dogues du ciel

Au rythme qu’imprimaient leurs morsures étranges 

 

 

Se tordaient sous la lune, inconsolablement !

J’apercevais, candeur sans malice des bêtes,

Reluire, au fond du noir des gueules, les luettes

À travers les à-coups des crocs du sentiment !

 

 

« Ne bande pas ton arc, ô Diana, m’écriai-je,

« Diana, mon œil distrait dans la nuit ne voit rien ! » 

Mais, en lieu, c’est le cri du brame qui me vient

Sauvage, et secouant ma tête sacrilège.

 

 

Je suis changé ! Je fuis, fouaillant des deux bois 

Puisque j’ai, dévoré de frissons, blanc de fièvres,

Des cornes sur mon front et de la bave aux lèvres.

L’on entend, loin, qu’il est un grand cerf, aux abois,

 

 

Un dix cors, crânement, qui écrase les mousses,

Dans les brumes, aux bords des étangs désormais ;

Et tous-ceux-là des coins que la chasse connaît

Avec leurs chiens déjà se jettent à ses trousses !

 

 

Mais moi, qui fus chasseur, qui suis cerf, je me bats,

Je  heurte, foule et brise ; et mes épois embrochent

Les ventres doux qui font, dégouttant vers les roches,

Des lacs caillés, âcres et bleus, sous mon sabbat !

 

 

Puis comme enfin je vais solitaire en la place,

Le souffle court, presque pâmé, fumant parmi

Les cadavres que j’ai disloqués à demi,

L’on entend de nouveau le cri d’un cor de chasse…

 

 

La chasse encor, toujours ! qui bat les monts suivant

Ces chemins où je fis, par les sentes de l’âme,

Karma atroce, hélas ! des empreintes souvent !

C’est ma meute d’hier contre moi qui réclame !

 

 

Et, du fond de moi-même, assidûment renaît,

Hâtant le pas après les miens, comme une flamme,

La faute de naguère en les échos du drame,

Sans fin ! pour se rejouer dans les clairs du genêt :

 

 

Voici Diana, Diana  ! Sans répit et sans voile !

Diana ! Dont le courroux m’apporte pour courir

L’ivresse d’accorder la mort, puis de mourir

Quand tombe l’heure, ainsi qu’à l’aube mon étoile…

 

 

Voici la nudité terrible et le combat

Sur les talons des bois quand le marais s’abîme…

Voilà le reste : Un peu de bonheur dans le crime…

Triste bonheur, suivi du remords qui s’abat !

 

 

Où fuirai-je, s’il faut que ce temps de la chasse

Ne me soit qu’un exil désormais où luit

Rouge ma faute, au grand soleil, après la nuit,

Tandis que l’âme se confond avec l’espace ?

 

 

Où irai-je ? Où fuirai-je ? Il n’est aucun repos ;

Je suis cerné ! Je brame ! A moi ! Mes larmiers pleurent !

À moi ! Ma mort m’est comme une sueur légère,

Une bruine de sang qui fume sur la peau,

 

 

Ma mort soudain, hélas ! où pourtant je demeure !

Aux fautes de l’amour, n’est-il aucun pardon,

Affreusement que l’amertume en l’abandon

Diana ! Diana ! Sous les ramures familières ?

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème d'amour sur le désir

 

Gabriel Hecker, « Tristesse d'Actéon » poème inédit d'amour, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 8 mars  2021. Url :  

http://www.pandesmuses.fr/desir/gh-tristessedacteon

 

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Amour en poésie

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