2 avril 2025 3 02 /04 /avril /2025 15:09

N° I | HIVER-PRINTEMPS 2025 | INSPIRATRICES RÉELLES & FICTIVES | 1er Volet | Entretiens poétiques, artistiques & féministes  | Dossier majeur | Articles & témoignages

 

 

 

 

 

 

 

 

Interview avec Sarah Mostrel

 

 

 

 

 

Propos recueillis & image par

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

Peinture photographiée par

Sarah Mostrel

 

Site : 

https://sarahmostrel.wordpress.com

Facebook : https://www.facebook.com/sarah.mostrel

Chaîne You Tube :

https://www.youtube.com/user/SarahMostrel

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, « Intrigue », peinture à l'huile ».

 

 

MDC — Sarah Mostrel, comment êtes-vous arrivée à la poésie puisque votre profession (ingénieur) de départ n’avait rien à voir avec la poésie ? 

 

SM La poésie m’est tombée du ciel ! J’avais déjà une sensibilité artistique par la musique, et en particulier le piano, que j’ai pratiqué toute mon enfance. Vinrent ensuite les mots, qui m’ont permis de déposer sur le papier des sentiments, des états d’être, des révoltes aussi que j’avais en moi. Le verbe m’est venu et m’a transportée dans les sphères de la poésie, qui permet d’exprimer le plus profond de soi, mais aussi la beauté du monde, perceptible à tout moment. 


 

MDC —  Selon Paul Valéry « L’essence de la poésie est la recherche de la poésie même ». Cette assertion trouve-t-elle sa justification dans votre poésie ?

 

SM — Le langage poétique est un art et comme tout art, il décrit, dénonce et tente d’éveiller le lecteur, auditeur, à une certaine finesse de la vie. C’est en tout cas dans cette esthétique, voire éthique, que j’écris. Décrire le fond de l’être, tenter de trouver des réponses ou au moins de poser les bonnes questions fait partie de mon processus créatif. La recherche du bon mot, du bon assemblage, non sans une association d’images souvent, est un travail ontologique qui part de la nature des choses vers son analyse. 


 

MDC — Selon Ionesco « Les poètes sont inutiles mais indispensables », ne pensez-vous pas que c’est plutôt la poésie qui est utile au poète ?

 

SM — La poésie est indispensable et j’ose espérer qu’elle l’est pour tous les humains. C’est une façon d’être, d’approcher la vie. Elle met un peu de délicatesse dans ce monde brutal. Il faut dire aussi que la poésie est diverse. Elle peut être engagée, tentant d’émettre un message politique, lyrique, romantique (en cela, elle est formidable car elle permet tous les excès), satirique, didactique, ludique. Elle est en fait un moyen de transmission, et est nécessaire pour le poète qui la manie bien sûr, mais surtout pour le monde, qui a besoin de cet essentiel…


 

MDC — Je veux croire que ce recueil de poèmes est de circonstance. Mais qu’est-ce qui vous l’a inspiré ?

 

SM — Les événements de la vie. La perte de proches. Ma quête vers la lumière, même dans les moments obscurs. Je m’accroche au Beau, même si dehors il fait gris et que dedans aussi, parfois. Emerger de la peine, donner une lueur d’espoir est le propre du poète qui est un passeur en quelque sorte. Je m’attèle aussi à rétablir l’inversion des valeurs de notre société contemporaine qui part à vau-l’eau.
 

 

MDC — À quelle fréquence écrivez-vous ?

 

SM — J’écris tout le temps, tous les jours, et parfois la nuit. Journaliste, j’écris tout d’abord dans le cadre de mon travail, dans la presse magazine. Ecriture bien sûr différente que l’écriture personnelle. La poésie, mais aussi les autres genres littéraires que je pratique (fiction dans le roman ou les nouvelles, prose dans les essais ou plus récemment le théâtre) sont de formidables moyens d’expression pour décrire, s’épancher, créer des personnages proches ou à l’opposé de ce qu’on est. La littérature ouvre sur les Autres.


 

MDC — Avez-vous un moment privilégié pour écrire ? 

 

SM — Il fut un temps où j’écrivais essentiellement la nuit, lorsque mes enfants, petits, dormaient. Aujourd’hui, dès que j’ai un peu de temps ou d’ouverture sur mon temps personnel, je m’y mets. Je priorise mon expression artistique selon les échéances que je me fixe ou que l’on me fixe. J’aime le challenge et je réponds à beaucoup de propositions. Il faut alors parer au plus urgent. Restitution d’un manuscrit, réalisation d’une œuvre pour une expo (photo ou peinture), préparation d’un concert (j’ai notamment sorti six albums) etc. Beaucoup de travail, et de plaisir...


 

MDC — Question subsidiaire : Connaissez-vous des passages à vide qui vous plongent dans l’inquiétude ?

 

SM — Pas trop. Je n’ai pas le syndrome de la page blanche (ou de la toile blanche, dirais-je). Beaucoup de choses m’inspirent. La vie est d’une richesse infinie. La nature offre son éventail de beauté en permanence. Lorsque j’ai un passage à vide, je me ressource avec mes amis, je vais marcher, je voyage, je profite de l’offre culturelle qui ne manque pas. J’aime le théâtre, le cinéma, les musées, la musique. Je puise dans mes ressources, dans mon intérieur. La création m’est indispensable. L’art est un bien précieux.


 

MDC — Avez-vous éprouvé un sentiment de satisfaction après avoir terminé ce recueil et le voir publié telle une mission accomplie ?

 

SM — Oui, bien sûr. La concrétisation d’un travail me met toujours en joie. Et même si ce n’est pas mon premier ouvrage édité (j’ai dû publier une trentaine de livres), je suis toujours impatiente du résultat. L’objet est important. Je ne parlerais pas vraiment de mission accomplie, tout texte est perfectible et mettre le mot « fin » à un ouvrage n’est pas simple. Mais il est une étape. Son contenu est le reflet de la maturité acquise au moment où le livre est publié, de mon appréhension du monde que j’ai envie de partager à ce moment précis. J’ai eu la chance — et je remercie à cette occasion les Éditions du Cygne — d’orner ce recueil de mes dessins et encres. C’est une autre de mes facettes, et elle m’est chère. Elle est un plus dans l’entendement du livre. Je tiens aussi bien sûr à vous remercier, Maggy de Coster, ma préfacière, talentueuse poète et amie.

 

© Crédit photo : De gauche à droite, les autrices Sarah Mostrel & Maggy De Coster lors de la présentation du recueil de poèmes « Gris de peine » de Sarah Mostrel aux Éditions du Cygne le 4 mars 2025 au Café de la Mairie, Place Saint-Sulpice. Image fournie par Maggy de Coster.

*

J’ai été à la fois touchée et flattée de faire la préface du recueil de ce recueil de poèmes car j’ai trouvé que c’était une marque de confiance de la part de Sarah Mostrel et je voulais lui prouver que j’étais digne de sa confiance comme les vingt-quatre auteurs précédents de tous genres littéraires confondus dont j’ai préfacé les livres. 

 

© Maggy De Coster, mars 2025.

***

Pour citer ce méta entretien poétique, inédit & illustré

 

Maggy De Coster, « Interview avec Sarah Mostrel » avec des illustrations des autrices, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : HIVER-PRINTEMPS 2025 | NO I « Inspiratrices réelles & fictives », 1er Volet, mis en ligne le 2 avril 2025. URL :

https://www.pandesmuses.fr/noi2025/mdc-entrevue

 

 

 

 

 

Mise en page par David

 

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3 janvier 2018 3 03 /01 /janvier /2018 11:50

 

Newsletter | Lettre n°13 | Éditorial 

 

 

La belle consolatrice

 

 

 

Chères lectrices, amies, collègues et autres,

Chers lecteurs, amis, collègues et autres,

 

En cette année qui démarre, au moment où nous nous échangeons chaleureusement nos vœux et bonnes résolutions, je vous prie de recevoir également mes meilleurs vœux pour 2018 : que cette année vous soit une source de joies.

Je voudrais cependant partager avec vous mes inquiétudes quant à l’irrationalité patente de la plupart des actes des humains envers eux-mêmes et les autres vivants, animés et inanimés. Certes, la poésie ne peut rendre nos actes et jugements vraiment réfléchis mais elle peut nous aider à nous familiariser avec nos sensations, sentiments, ressentiments, émotions, passions, etc. Elle peut nous aider à nous en décharger voire d'en maîtriser certains. La poésie a en effet le pouvoir de nous guérir de l'indifférence dont souffre notre monde en nous éveillant à ses beautés et travers, en nous réveillant aux affects sains et modérés à l'égard d'autrui par l’intermédiaire de la catharsis (poétique et politique dont parle Aristote).

Ne craignez plus d'être vous-mêmes, de lire de la poésie, d'en acheter, d'en faire, d'en éditer et de côtoyer des poètes. La poésie a parfaitement sa place dans nos villes, campagnes, déserts et univers. Elle est même nécessaire pour expérimenter, surmonter et appréhender les souffrances, colères, joies, amours, peurs et angoisses. Elle sait nous consoler de presque tout. Elle est la belle Muse consolatrice : la mer bleue, colorée, originelle et lyrique ; elle est aussi consolation et victoire dans les œuvres de Jean-Michel Maulpoix (voir entre autres Une histoire de bleu), Marceline Desbordes-Valmore, Françoise Urban-Menninger, Aurélie-Ondine Menninger (voir surtout Lettres à Bleue, Era la noche/C'était la nuit et le n°5 du Pan Poétique des Muses), Baudelaire, Camille Aubaude et chez bien d'autres poètes :

 

 

La Poésie est une mer

 

Aux récits de corail : elle bruit

[...]

Le rire d'Orphée ne peut mourir

Il glisse dans l'abîme : l'éclat

De sa gorge aux branches de corail

Est pur éclat d'amour. Et je vogue

Divague en ses ondes d'épaisse

Encre d'enfer et jouis dans l'éther.

Dans les ressacs du Chœur, l'arc-en-ciel

Renaît, gonfle l'air où il se déploie,

Feu follet, rivière d'or et de nuit.

[...]

Un grand corps noyé dans les coraux

Jamais ne guérira : mais il change

D'astre, de scintillement, de tête,

D’œil, hors de l'abysse du temps.

(Camille Aubaude, La Sphynge,

L'Ours Blanc, 2009, « Orphée », pp. 15-16).

 

 

Elle a ainsi de nouveaux rôles à jouer dans nos sociétés où les affects, la solidarité et l'autre constituent encore un problème et non pas une ouverture vers une éthique d'altérité et de responsabilité.

Cette année est donc placée sous le signe de la poésie comme une consolation des blessures de l'humanité et du monde animé et inanimé. Elle est vouée à ce que j'appelle « Rendre égard » et à la solidarité avec les créatives-créatrices, animaux, personnes handicapées, personnes exclues, malades ou en fin de vie, etc. Puis-je oser me réclamer de « Ce n'est jamais assez d'aimer » (ibid., p. 27).

Vive la différence !

 

Dina Sahyouni

 

En poésie avec vous ! Belle année 2018 !

 

***

Pour citer ce texte

 

Dina Sahyouni, « La belle consolatrice », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Newsletter & Lettre n°13, mis en ligne le 3 janvier 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/1/2018/consolatrice

 

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