3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 16:29

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Articles sur la poésie | Revue Matrimoine |  Poésie érotique | No 9 | Dossier mineur permanent

 

 

 

 

 

 

 

Amores y amantes / Noche de sombra

 

Amoureux et amants / Nuit d’ombre

 

de Jacinta Ceballos

 

 

 

 

 

Œuvre traduite de l’espagnol du Mexique et préfacée par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Jacinta Ceballos, poète maxicaine contemporaine. 

 

 


 

C’est une poésie intimiste teintée de sensualité, de volupté et d’érotisme que nous offre notre amie mexicaine Jacinta Ceballos dans ce recueil de poèmes. Elle est celle qui n’a pas froid aux yeux car elle ose exprimer ses désirs ardents sans tabou, sans vulgarité ni grossièreté. Elle est de ces femmes libérées qui considèrent que l’évocation ou la description de l’acte d’amour ne doit pas être le monopole du sexe masculin. Quoi de plus naturel que d’exprimer en toute liberté ses désirs amoureux, ses fantasmes ! 

D’entrée de jeu, elle met en évidence les différentes parties de son corps qu’elle soumet aux caresses de son partenaire. Les préliminaires sont annoncés par ces vers :

 

 

« tes mains glissent sur ma peau blanche

touchant mes seins dressés

ma poitrine ardente

baisant mon ventre

frôlant mes hanches

par des mouvements lents

doucement tu laisses descendre

tes doigts

jusqu’à mon intimité »

 

 

À l’instar d’autres pays de l’Amérique latine, le Mexique n’est entré dans l’ère du féminisme que dans les années 70 alors que la religieuse Sor Juana Inès de la Cruz avait déjà tracé le chemin d’émancipation de la femme dès le XVIIe siècle via la culture du lyrisme amoureux dans ses poèmes. 

 

 

« Je ne peux ni te garder ni te quitter,

pourquoi je ne sais, en te quittant ou en te gardant,

il y a toujours un je ne sais quoi pour t’aimer

et bien des si pour t’oublier. »

 

 

Il faut sans cesse réinventer sa vie de couple et pour cause elle déploie des trésors d’imagination car comme dit Corneille dans le Cid : «  L’amour est un feu qui s’éteint faute de nourriture ». Aussi est-elle «  dans la séduction provocatrice » 

C’est grâce à la connaissance de son corps qu’on arrive à maîtriser sa sexualité. Anaïs Nin nous l’a fait remarquer par cette assertion : « L'érotisme est l’une des bases de la connaissance de soi, aussi indispensable que la poésie. » Diderot de son côté a su lever le voile sur la nature de la femme dans les « Les Bijoux indiscrets » en mettant en scène Louis XV et Mme de Pompadour sous les traits du sultan Mangogul et de sa favorite Mirzoza » 

 

Jacinta Ceballos s’exprime sans fausse pudeur en utilisant un langage érotique non un langage convenu comme les femmes poètes latino-américaines de la deuxième moitié du siècle dernier :

 

« inlassablement tu me pénètres 

et parvenant à l’extase

nous nous émerveillons d’un long soupir. »

 

 

Elle témoigne de sa reconnaissance envers son partenaire qui la comble en faisant d’elle une femme épanouie. Elle nous fait comprendre également que l’amour est une force donc, ça rend heureux, comme on dit, ça fait du bien. De ce fait, elle se sent en confiance, elle respire l’amour, la passion la fait vibrer :

 

« tu couvres mon corps de baisers

et véhicules ta passion »

 

C’est l’amour qui donne un sens à son quotidien. Même le jour se met au diapason de leur amour :

 

« se perdre dans le mystère silencieux

le jour se lève

avec un chant d’amour. »

 

*

 

« avec ma langue ardente

je vérifie tes chemins

pleins d'humidité

lentement s’ouvrent

les pétales

pour dévorer

le sexe. »

 

Jacinta Ceballos célèbre l’amour en beauté en rejoignant la liste de poètes latino-américaines qui ont écrit des poèmes sur les plaisirs charnels comme l’Uruguayenne Delmira Agustini, la chilienne Gabriela Mistral, Prix Nobel de Littérature en 1957 et plus près de nous la Nicaraguayenne Gioconda Belli, internationalement connue et la Mexicaine Lina Zerón traduite en français par Claude Couffon .

Ainsi comme dit Georges Perros « L’érotisme, c’est de donner au corps les prestiges de l’esprit ».

 

 

Quelques poèmes de Jacinta Ceballos :

 

Prólogo

 

Este libro está consagrado a los amores y amantes que en las noches atormentan y enloquecen a la sombra y estimulan los sentidos. Escribir es esa necesidad de querer tener la esencia tan íntima y efímera; es filtrarse en un sueño profundo donde sale la locura de los deseos.

Resulta increíble cómo cada quien puede dar una interpretación diferente a una misma imagen: mis locos sueños están reflejados en estos poemas que son solo instantes fugaces que ya ni recuerdo. Aquí, hablo de los cuerpos de los amantes que pierden su deleite para llegar al éxtasis del placer, de cómo las miradas se convierten en cómplices, cómo una mujer enamorada soporta el silencio del amante.

Y darle vida al dios y que su cuerpo arda de pasión. Entre amores, quejidos y silencios, dime ¿Qué callas? Es el tiempo el que se encarga de borrar las sombras que guardamos con recelo. El cuerpo es el único que saborea esas caricias perdidas y se deleita con los besos escondidos. En las noches extenuantes se abre el abismo y entre fatigas hay que darse el permiso de sentir.¿Quién no ha tenido un amor o un amante en la oscuridad de la soledad?

Jacinta Ceballos

 

**

Prologue

 

Ce livre est dédié aux amoureux de l’ombre que les nuits tourmentent, affolent et dont elles stimulent les sens. Écrire est ce besoin essentiel si intime et si éphémère; c’est sombrer dans un sommeil profond où émerge la folie des désirs.

C’est incroyable que chacun puisse interpréter si différemment une même image : mes rêves fous se reflètent dans ces poèmes qui ne sont que des instants fugaces complètement effacés de ma mémoire. Ici, je parle des corps des amants qui perdent leur propension à parvenir à l’extase, de la complicité de leurs regards, de la façon dont une femme amoureuse supporte le silence de l’amant. Donner sa vie à dieu et laisser son corps brûler de passion.

Entre amours, gémissements et silences, dis-moi, que tais-tu ? C’est le temps qui se charge d’effacer les ombres que nous gardons avec appréhension. Seul le corps savoure ces caresses perdues et se délecte de baisers clandestins. Dans les nuits exténuantes l’abîme s’ouvre sur des ennuis, il faut s’autoriser des regards complices et savoir comment une femme amoureuse endure le silence de l’amant. Qui n’a pas vécu une relation amoureuse dans l’ombre de la solitude ?

Jacinta Ceballos,( traduction française Maggy De Coster)

 

 

Si Dios fuera hombre

 

Si Dios fuera hombre

amaría con todo su ser

lloraría en las noches quietas

viendo una estrella

pediría un deseo

cantaría con el arcoiris

el milagro de la esperanza

abriría los ojos de su alma excitado

ante la belleza de una mujer

su cuerpo de hombre

saborearía la carne fresca

sus manos presurosas

acariciarían los pechos ardientes

se le quemarían las venas

y las llagas de la piel arderían

se emborracharía con buen vino

por el placer prohibido

de una noche.

“Amantes y amorosos

Si Dieu était un homme

 

Si Dieu était un homme

il aimerait de tout son être

il pleurerait durant les nuits tranquilles

en voyant une étoile

il ferait un vœu 

il chanterait avec l’arc-en-ciel

le miracle de l’espérance

il ouvrirait les yeux de son âme excitée

devant la beauté d’une femme

son corps d’homme

savourerait la chair fraîche

ses mains seraient prêtes

à caresser les poitrines ardentes

ses veines le brûleraient

et les plaies de la peau le lanceraient

il s’enivrerait de bon vin

pour le plaisir défendu

d’une nuit.

El canto del amor

Cuando el amor canta en la mañana

respira por la noche

en los poros se aniquila el tiempo

se sueña un poco de magia

llena de mieles

donde lloran las sílabas

convirtiéndose

en aullido del dolor

y las venas transportan

los recuerdos de fantasmas

que vuelan en el aire

tiñendo las nubes

para morder

el secreto de la noche

que deja nuestro olor

perdido en el misterioso silencio

el día se levanta

con un canto de amor.

Le chant d’amour

Quand l’amour chante au matin

respire la nuit

le temps s’annihile dans les pores

on rêve d’un peu de magie

pleine de miel

où pleurent les syllabes

en se convertissant

dans un hurlement de douleur

et les veines transportent

les souvenirs des fantasmes

qui volent dans l’air

en teignant les nuages

pour mordre

le secret de la nuit

qui laisse notre odeur

se perdre dans un mystérieux silence

le jour se lève

avec un chant d’amour.

 

 

Tatuado

 

El beso vaga

por el cuerpo sediento

que sacia la sed

entre los brazos

navega impaciente

y se consume

en los ojos

donde se hunde

el universo tan pequeño

arde el pecho

donde gimen los labios

llenos de sed humedad

en la noche delirante

queda tatuado el mito

de los cuerpos que callan

el secreto del otoño.

Tatoué

 

Le baiser erre

sur le corps assoiffé

il étanche la soif

impatient il navigue

entre les bras

et se consomme

dans les yeux

où s’enfonce

l’univers si minuscule

la poitrine où gémissent les lèvres

assoiffées d’humidité

dans la nuit délirante

est en effervescence

le mythe des corps qui taisent

le secret de l’automne

 reste tatoué.

Dedos delirantes

 

Llenaré tu cuerpo

con las caricias

de los dedos delirantes

ligeramente rozaré

tus pezones resaltados

olvidando el tiempo

que se abre

con las manos hechizadas

abriendo paso con mi beso

para despertar tus sentidos

y engarzar tu llama

en los cuerpos

hechos nudo.

Doigts délirants

 

De caresses

des doigts délirants

je comblerai ton corps

je frôlerai légèrement

tes mamelons rebondis

en oubliant le temps

qui s’ouvre

avec des mains ensorcelées

en ouvrant la voie avec mon baiser

pour éveiller tes sens

et enchâsser ta flamme 

dans les corps 

dénudés

NLR : Jacinta Ceballos, est architecte, photographe et poète mexicaine

 

 

***

 

Pour citer cet article 

 

Maggy De Coster, « Amores y amantes/Noche de sombra / Amoureux et amants/Nuit d’ombre de Jacinta Ceballos », œuvre traduite de l’espagnol du Mexique et préfacée par Maggy DE COSTER, texte reproduit avec l'aimable autorisation des auteures et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°9|Hiver 2021 « Artistes en Poésie », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 3 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no9/mdc-jacintaceballos

 

 

 

 

 

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31 janvier 2021 7 31 /01 /janvier /2021 17:35

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Éditorial

 

 

 

 

 

 

La mer poésie 

 

  

 

Dina Sahyouni

 

 

Crédit photo : "Dune Pyla", wikimedia, domaine public.

 

La mer poésie nous appelle, elle nous aime, nous materne, nous engloutit parfois dans son utérus.. dans cet amour bleu translucide.

 

La mère poésie panse nos plaies et en même temps nous fait jubiler de joie.

 

La mer poésie est le bleu des lignes tracées hâtivement, le bleu des horizons, des souvenirs et des cieux d'été.

Elle est le blanc des écumes, les parfums marins de l'enfance.

Elle est aussi le noir des abysses et le bleu marine des abîmes profonds.

La bienveillante mère poésie nous accueille encore cette année et ses milliers de soins et seins nourriciers sont notre carme.

Ne craignez plus rien car cette revue continue de vous soutenir et de vous accompagner dans cette étape difficile à traverser en publiant quotidiennement des textes.

N'ayez plus peur, ni du confinement, ni de la solitude, ni de la peine, venez, rejoignez les vagues bleues du "Pan Poétique des Muses" et les frémissements des eaux oniriques ou les désirs des poètes pour retrouver le fil bleu des sourires ensoleillés. Restez avec nous, résistez avec nous aux sirènes des discordes et aux vacarmes des complotistes et cyniques. Faites taire avec nous les voix de la peur, soyons une mère courage. Soyons les vagues bleues violettes et les vagues arcs-en-ciel de la mère protectrice poésie.*

 

 

 

 

Salut amical à vous,

 

Navrée de n'être présente que partiellement et qu'à travers la précieuse aide des amis Aude et David. J'espère pouvoir vous retrouver sans aucun intermédiaire avant l'été.

Dans l'attente de nos retrouvailles, je vous adresse mes meilleurs vœux pour 2021.

 

Courage à vous, amitiés !

Fondatrice et Directrice de publication de la revue LPpdm,

DS.

 

 

 

* À lire aussi mon texte intitulé "La belle consolatrice", cf. http://www.pandesmuses.fr/1/2018/consolatrice.

 

***

 

Pour citer cet éditorial philanthropique 

 

 

Dina Sahyouni« La mer poésie », édito philanthropique inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 31 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/ds-lamerpoesie

 

 

 

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19 janvier 2021 2 19 /01 /janvier /2021 12:22

 

Événements poétiques |  Le Printemps des Poètes « Désir » | Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

La petite musique

​​

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Photographie par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : une magnifique image de Claude Menninger, Canal Kunheim.

 

 

 


 

désir de disparaître sous la peau des mots

désir de quitter le corps du texte

pour me promener l'âme nue

sur la page blanche en quête d'absolu

 

 

 

abandonner le tout pour le rien

et danser au bord de l'abîme

pour enfanter dans le poème

la petite musique qui m'a mise au monde

 

© F. Urban-Menninger

 

 

***

 

Pour citer ce poème sur l'amour de la poésie et de sa musique 

 

Françoise Urban-Menninger« La petite musique », poème inédit (sur l'amour d'une poète de la poésie et de sa musique) illustré par une photographie inédite de Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 19 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/desir/fum-lapetitemusique

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Amour en poésie Musique
12 janvier 2021 2 12 /01 /janvier /2021 12:52

 

Événements poétiques |  Le Printemps des Poètes « Désir » | Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

Nous ferons l’amour

 

 

&

 

 

Mon souffle dessine

​​

 

 

 

Textes de

Sylvia Undata

Site officiel

Poèmes reproduits de son recueil érotique Murmures avec son aimable autorisation et celle de la maison d'édition Delatour France

 

 

Illustration par

 

Claire Arborem

Dessin reproduit avec l'aimable autorisation de l'artiste

 

 

© Crédit photo : Dessin érotique, dessin de Claire Arborem. 

 

 

Nous ferons l’amour

 

 

 

Nous ferons l’amour

dans l’herbe d’un soir étrange

Seuls

Très loin dans une clairière

bénie de toutes les lunes

Nos nudités blanches offertes

sur le drap encore tiède de la prairie

Le chant paisible des oiseaux du soir 

ouvriront l’offrande et la prière

La brume de ta sueur

comme un halo de fièvre

Nos peaux aveuglées de rire

ne sauront plus où se terre le monde

Nos sexes ivres et rouges

baptiseront les étoiles

dans les ruisseaux blancs du plaisir

Nous serons le lien serré

Entre le vent, l’eau et le feu

Nos yeux et nos mains cousus

indéchirables

sur nos serments muets

 

Mon souffle dessine

 

 

Mon souffle dessine 

des pierres de suspension

Mon soleil est sous ta peau

 

Il n’y a que ton regard de désir

qui peut lui donner vie 

 

Dans le creux de ta main

le diamant du sourire

 

Mille marches de douceur

à gravir

 

Si hautes et lumineuses

 

La sueur consentante

 

L’instant du oui

oscille sur les ailes du vent

 

Les secrets sourient

dans le froissé du soir

 

Il faut que je te parle du cri

celui qui tremble au fond de moi

 

Et du papier tissé de mots

qui déchire l’attente

 

Ta main y a imprimé

des lignes de promesses rouges

 

Tatouage de feu

qui réchauffe mon âme nue

 

Ou sang qui s’écoule

pour laver les mensonges

 

Mon rire est sous tes paupières

 

Il n’y a que ta main serrée

qui peut lui rendre ses ailes

 

Le lien est tissé attisé 

à resserrer jusqu’à l’oubli

 

L’infime espoir 

comme un câble d’acier

 

 

 

***

 

Pour citer ces poèmes érotiques 

 

Sylvia Undata« Nous ferons l’amour » & « Mon souffle dessine », poèmes érotiques reproduits avec le dessin de son recueil de poésie érotique Murmures avec son aimable autorisation et celle de la maison d'édition Delatour  France, illustration reproduite avec l'aimable autorisation de Claire Arborem, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 12 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/desir/su-amour-souffle

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Poésie érotique Amour en poésie
11 janvier 2021 1 11 /01 /janvier /2021 14:37

 

Événements poétiques | Le Printemps des Poètes « Désir » | Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

 

Désirance

 

 

​​

 

Véro Ferré

 

 

 

Tout doucement je m’efface,

Peu à peu je deviens transparente,

Imperceptiblement, je n’ai plus d’existence,

Comme si vieillir était une indécence.

 

 

Vos tempes grisonnantes sont élégance,

Mes mèches argentées négligence,

Votre désir de fleur de l’âge est légitime,

Mon entrejambe palpitant inconvenant.

 

 

Vous m’avez inculqué la honte de vieillir,

Je devrais user de mille artifices,

Camoufler les traces laissées par les années,

Pour, un tant soit peu, vous épargner.

 

 

Votre regard méprisant me fait vieille,

Je vous rebute, je vous révulse,

À vous renvoyer à votre propre finitude,

Il est plus aisé de me disqualifier.

 

 

Puisque rien ne sert de lutter, j'acquiesce

Je n’abdique pas, j’accueille

Ma peau parchemin, ses mollesses,

Ses taches avec une infinie tendresse.

 

 

Vous me voulez invisible,

Je ne me cacherai pas.

Mon désir devient inaudible,

Je n’y renoncerai pas.

 

 

Éros n’est jamais périmé,

Le feu entre mes cuisses rougeoie,

Mon désir palpite et crépite,

Mon automne sera flamboyant.

 

 

Osez à présent me regarder

Le rideau n’est pas encore tombé.

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe d'amour 

 

Véro Ferré« Désirance », poème  féministe d'amour, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 11 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/desir/vf-desirance

 

 

 

 

 

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