30 novembre 2022 3 30 /11 /novembre /2022 17:41

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Bémols artistiques  | Revue culturelle des Amériques

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​​​​Frida Kahlo au-delà des apparences

 

 

Exposition au Palais Galliera à Paris

 

 

 

 

 

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 1. 

 

Loin des clichés, cette exposition exceptionnelle transcende le paraître pour s'attacher à la personnalité intime et authentique de Frida Kahlo, l'une des icônes féminines et féministes les plus populaires du XXe siècle. Les trois commissaires  de cette manifestation, Circe Henestrosa, conceptrice de l'exposition, Miren Arzalluz, directrice du Palais Galliera et Gannit Ankori, conseillère curatoriale et directrice du Rose Art Museum aux USA, en partenariat avec CHANEL, nous invitent à rencontrer cette artiste à nulle autre pareille.

Le magnifique Palais Galliera offre un écrin de choix pour réenchanter le destin de Frida Kahlo qui naquit en 1907 à la Casa Azul près de Mexico.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 2. 

 

 

Dès son plus jeune âge, l'image, son image, prennent de l'importance avec son père, le photographe Guillermo Kahlo, pour lequel elle se plaît à poser.

À six ans, Frida Kahlo contracte la poliomyélite, sa jambe et son pied droits en garderont à vie les séquelles handicapantes. Douze ans plus tard, elle est victime d'un accident de bus qui l'oblige à s'aliter de longs mois et à abandonner ses études de médecine. Sa mère a alors l'idée astucieuse de lui proposer de peindre à l'aide d'un système de miroirs. C'est ainsi que naît son double en peinture, un motif récurrent que l'on retrouvera notamment dans le tableau intitulé « Les deux Frida » peint en 1939. En 1925, elle épouse le peintre communiste de renommée internationale, Diego Rivera, ce sera le début d'une vie tumultueuse. Ils divorcent en 1939 pour se remarier un an après à San Francisco !

 

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 3. 

 

 

 

De nombreuses photographies et peintures retracent cette suite d'événements qui ont bouleversé la vie de l'artiste qui a passé la majeure partie de sa vie à la Casa Azul, la Maison Bleue, construite par ses parents en 1904, elle y vivra avec Diego Rivera et y décédera en 1954 après avoir peint son dernier tableau « Viva la vida » (Vive la vie).

Cette maison décorée dans la plus pure tradition de l'art mexicain devient très vite un lieu culturel où l'on croise André Breton et Léon Trotski arrivés au Mexique vers 1930.

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 4. 

 

 

Souvent alitée en raison de son état de santé qui l'oblige à subir plusieurs opérations, Frida Kahlo  réunit autour d'elle des statues mexicaines, des ex-voto, des tissus traditionnels aux couleurs chatoyantes  pour se réfugier dans le microcosme d'un Mexique idéalisé. C'est dans la Casa Azul qu'elle déclare « Je me peins moi-même car je suis si souvent seule ». Elle réalise de nombreux autoportraits qui nous donnent à voir son visage d'une beauté troublante où l'on peut lire le défi, la fierté et l'esprit de rébellion. André Breton dira de Frida Kahlo, qui fut l'amante de sa compagne Jacqueline Lamba, qu'elle était « un ruban autour d'une bombe ». 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 5.

 

 

 

Nul doute que les personnes qu'elle rencontrait n'étaient pas près de l'oublier. Elle dénigra les surréalistes lors d'un séjour à Paris, elle ridiculisa Peggy Guggenheim auprès de Diego Rivera car celle-ci revêtait une tenue exotique dont Frida Kahlo estimait qu'elle n'en avait pas la légitimité.

Car l'artiste affirme sa «  mexicanité »  et façonne son style « Tehuana » issu de la culture matriarcale de Tehuantepec où elle porte des blouses et des robes chamarrées et brodées, des colliers de jade précolombiens, des châles tissés et arbore des coiffures élaborées. Elle devient actrice de son apparence et fait de son corps une œuvre à part entière dans laquelle elle exalte l'âme mexicaine qu'elle nous restitue dans chacune de ses peintures.

 

 

​​​​​​© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 6. La photo originelle en noir et blanc est de Lola Alvarez Bravo.

 

 

Mais derrière la muse iconique, la douleur incommensurable de la femme à la colonne brisée nous atteint de plein fouet, en particulier dans le tableau où elle se met en scène dans le corps d'un cerf transpercé de flèches à l'instar du martyre de Saint Sébastien.

Voilà pourquoi Frida Kahlo nous parle encore aujourd'hui du plus haut de ce piédestal où son talent l'a hissée mais nous touche aussi aussi dans notre condition humaine et dans notre chair. Elle ne cesse d'inspirer les grands couturiers tels Jean-Paul Gaultier, Maria Grazia Chiuri pour Dior, Karl Lagerfeld pour CHANEL, Riccardo Tisci pour Givenchy...

 

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 7. 

 

 

 

Leurs créations sont exposées aux côtés des 200 objets provenant de la Casa Azul. Nous y découvrons avec émotion les accessoires orthopédiques portés par l'artiste, ses corsets, sa bottine adaptée à son handicap, la prothèse de la  jambe droite suite à son amputation en 1953  qu'elle a « customisés » et sublimés en leur conférant le statut d'œuvres d'art.

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 8. 

 

 

Ses bijoux, ses robes, ses autoportraits nous la rendent vivante, universelle et intemporelle et en quittant le Palais Galliera, on ressent  la présence invisible et prégnante de Frida Kahlo qui nous accompagne par la pensée.

 

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris, image no 9. 

 

 

 

Exposition Frida Kahlo jusqu'au 5 mars 2023 au Palais Galliera 10 Avenue Pierre de Serbie 75116 Paris.

 

 

© Françoise Urban-Menninger, photos prises par Claude Menninger avec l'aimable accord du musée.

 

 

 

***

 

Pour citer ce bémol artistique inédit

 

Françoise Urban-Menninger, « Frida Kahlo au-delà des apparences. Exposition au Palais Galliera à Paris » avec des photographies inédites par Claude Menninger, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 30 novembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/fum-exposition-fridakahlo

 

 

 

 

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29 novembre 2022 2 29 /11 /novembre /2022 15:09

REVUE ORIENTALES (O) | N° 2-1 | Créations​​​​​ poétiques 

 

 

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​​Partir

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Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo :  Ange Tissier, "L'Odalisque" (1860), tableau des "Peintures des lointains" du Musée du quai Branly, Commons.

 

 

 

Partir.. là-bas

loin d'eux.. loin des yeux

partir.. comme un poisson dans l'eau

s'en aller libre.. sans un mot

voyager.. oui, partir.. là-bas

où le soleil ne dort pas.

 

 

©DS., 2022

 

_______

 

 

Pour citer ce poème féministe inédit​​​​​​

 

Dina Sahyouni, « Partir », Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels & fictifs », n°2, volume 1, mis en ligne le 29 novembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no2/ds-partir

 

 

 

 

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18 novembre 2022 5 18 /11 /novembre /2022 14:52


Événements poétiques | Concours Féministes| Festival des poésies féministes 2021 | Recueil | Poésie féministe pour éliminer les violences faites aux femmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Violence des lâches

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nicolas Bodereau

 

 

 

 

 

Crédit photo : Fleurs du mal hymne, image de Commons.

 

 

L'eau pâle est taillée dans un écrin humide et désiré

C'est là que les vives vagues déferlent sur le rivage

Entonnent des symphonies lourdes d'accords assombris

Les réveils sont longs allumés sur un chemin incendié

Délateurs zélés entre les détonations des Cœurs 

S'

Emmêlent les détracteurs fumant claudicant

Crème anesthésique sur une

Myriade de

Lacs enneigés les feux

Scintillent sur le

Devant sur les

Abords

Du Styx

On y dénombre des étoiles

Aux pigments azur et grenat rangées 

Dans les

Tiroirs étroits du temps 

D'un firmament ardent au conseil

Des soleils, il n'y a qu'un pas de chat

Or y accéder requiert  

Force et douceur des esprits

Une tournure d'âme mélancolique et impérieuse 

Les trésors y résident au vent roses d'avant 

Au détour des présents nimbés 

Des futures souches concaves de forêts vexées

Oubliées par le biais virtuel d'un monde habité

Je m'endors sur ton œil 

Aux soubresauts funestes 

Dans un désert froid 

Des rebonds du cœur 

Le sommeil dans le portefeuille 

Vers les sentiers de la gloire mène 

Aux confins des mers

Il pleut des énoncés vert et rose

Je vois des mots se languir haletant et balbutiant des invectives follement douceâtres

Le bleu et le jaune délivrent des messages pleins d'espoir 

Mauvissant par endroit les étroites rues malaisées 

Où combinent les regards 

Le vent et les nuages délirent 

Mollement caressant les Hommes

Ici-bas et actifs comme des lions

La nuit ment d'un extrême à l'autre 

Mais dément l'extrême de l'autre 

Avec plus de vice au corps

Que les terrasses de l'aurore  

Les songes des catacombes

D'or dorment par deux à la lisière de la lumière 

Les sens vacillent 

La lumière se déporte sur les ombres du nord, les interstices 

Chevauchés,

Glisse sous les heures sur 

Les trous béants des rats odorants

Les imberbes couchés dans la merde

Les oligarques oubliés

Les démons des jeux

Voleurs violeurs

La reine

Les futurs morts.

 

Au-delà des pierres sanguinaires 

Accrochées à la terre sauvage

Quelques papillons s'extasient 

Sobrement

La tête éclatée d'une nuit d'ivresse 

Et pleine encore des ébats épars

Leurs facettes

Doubles exigent des jeux

Funestes des apparats aux manières

Grandiloquentes et étranges

 

Sous les palmiers décharnés

Dansent les araignées mélancoliques

Au pendule éclairé par un soleil brûlant

L'air vicié les nuages aux aurores

Les pointeurs en sang les attendent hilares

Ne vois-tu pas venir les moments encensés ?

 

 

Biographie

 

 

Nicolas BODEREAU est né à Villecresnes en 1979, a vécu à Maspalomas en Espagne et il vit actuellement sur l'île de La Palma.

 

 

Publications

 

Poésie

– Recueil de poésie Combat Intérieur aux Éditions Le Manuscrit, Juil 2006

– Recueil de poésie Les Scories Diurnes (en cours d’écriture)

Troisième recueil en préparation

 

Quelques poèmes publiés dans des magazines comme Poetisthme ou les Cahiers de la poésie 

Quelques poèmes lus à la radio.

 

Roman 

– Novella Le Soulèvement des Rêves (en cours d’écriture)

Suites en préparation

 

Scénario

 

Scénario court-métrage Obscurantisme, en 2008

 

Théâtre

– Pièce de théâtre C'est encore loin Villateqa ? (non publiée)


 

Divers

 

– Sketches

– Articles pour le magazine culturel « l’Artaujourdhui »

– Critiques littéraires, musicales et cinéma pour le magazine « l’Alternatif »

– Bibliographies pour le site « Biobble »

– Ghostwriting pour un livre sur l’hypnose

 

Distinctions :

 

– Scénario Obscurantisme (Prix de Bronze au Concours International Wuacademia) en 2009.

– Texte La Vérité sur Edward Nojas (Mention Honorable au Concours numéro 18 de Writemovies, et finaliste aux numéros 19 et 22)


 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe inédit

 

Nicolas Bodereau, « Violence des lâches », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Festival de Poésies Féministes 2021| « Cinquante poèmes féministes », recueil collectif paru en 2021 aux éditions PAN DES MUSES DE LA SIÉFÉGP, mis en ligne le 18 novembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/concoursfeministes/bodereau-violencedeslaches

 

 

 

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À venir

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14 novembre 2022 1 14 /11 /novembre /2022 15:47

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Revue Poépolitique | Fictions féministes [Nouvelle rubrique]*
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De l'autre côté du tableau

 

 

 

 

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Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

​​​​Crédit photo : Charles-François, Marchal, "La foire aux servantes", Wikipédia.

 

 

J'ai écrit cet essai de fiction féministe l'été dernier en redécouvrant le tableau de 1864 cité ci-haut et peint par Charles-François Marchalécrit.

 

 

 

De l'autre côté du tableau

 

 

 

 

Quand je me suis retrouvée dans ce tableau intitulé « La foire aux servantes » dans le musée du Pays de Hanau à Bouxwiller, je me suis souvenue de ce jour où, dans ma tenue traditionnelle, une longue jupe verte, bordée d'un liseré rouge, un devantier brodé qui fermait ma chemise en lin blanc,

un large tablier d'une blancheur immaculée débordant sur mes hanches, je me suis présentée pour me louer chez un propriétaire terrien parmi d'autres postulantes.

 

Une oie batifolait à nos pieds et j'en fis part à mes compagnes, me comparant à cet animal volatile, bien plus libre que nous. Aussitôt, le fils de l'un des propriétaires, d'un geste péremptoire, me musela de sa large main pour me faire taire ou peut-être pour mieux étudier mon profil…

 

Il faut dire qu'à cette époque, je n'étais pas mal de ma personne, ma taille de guêpe, mon teint de pêche, faisaient tourner plus d'une tête quand je traversais le village pour me rendre au lavoir, un panier de linge sous le bras.

J'ai dû retenir la main de ma sœur dont le sang n'avait fait qu'un tour et dont le cou et le visage s'empourpraient sous son châle brodé car elle s'apprêtait à intervenir, je ne sais trop comment. D’ailleurs je n'ai jamais su quelles furent ses intentions à cet instant précis.

 

Tout ce dont je me souviens, c'est qu'à dater de ce jour-là, j'éprouvais du ressentiment pour nos maîtres qui se croyaient tout permis et nous traitaient à l'instar de cette oie blanche apeurée représentée sur le tableau.

 

Je revois ce propriétaire débonnaire dont le gilet rouge avait du mal à cacher le ventre proéminent et qui jaugeait mes sœurs d'infortune en leur indiquant avec les doigts de sa main grasse qu'il ne choisirait que trois d'entre elles.

 

N'étions-nous que du bétail aux yeux de ces messieurs en costume ? Je me pose cette question quand je nous contemple sur ce tableau où aucune d'entre nous ne sourit. Voilà tout notre destin en ce temps-là où il nous fallait nous louer pour survivre chez des propriétaires terriens du Pays de Hanau.

 

Combien d'entre nous ont-elles été abusées dans le silence hypocrite de la bien pensance d'alors.

J'entends d'ici les bigotes qui n'avaient d'autres chats à fouetter que de rapporter les derniers potins sur la place de l'église le dimanche matin…

 

Lorsque Charles-François Marchal m'a demandé de poser pour le tableau que lui avait commandé Napoléon III par l'entremise de George Sand, j'ai songé à la grande écrivaine féministe dont j’avais eu des échos alors que je servais à table lors de la saison dernière, peut-être allait-elle dénoncer cette foire humiliante qui s'apparentait, de loin sans doute, à celle des esclaves d'antan.

 

Que pouvait bien penser George Sand de ce Gsindemärik car elle aussi possédait des terres et avait grandi à la campagne. Avait-t-elle voulu, en commandant ce tableau, rendre hommage à cette société rurale qu'elle a idéalisée dans « La Mare au Diable » ou dans « François le Champi » ?

 

N' est-il pas surprenant qu'une autrice qui dénonce les oppressions dont les femmes sont les victimes, mette en lumière, en quelque sorte, cette coutume pour le moins humiliante, voire sexiste et décadente ?




 

Et pourtant rien d'étonnant quand on lit la lettre qu'elle adressa à Eugène Sue en lui déclarant : « Oui, c'est sur le peuple des campagnes qu'il faudrait pouvoir agir. C'est lui qui est l'obstacle et il ne sait pas qu'il trahit sa propre cause » ou plus loin encore, de pousser ce cri du coeur : « L'éducation du paysan est à faire ! »

 

Et bien oui, nous en avons fait du chemin, nous les femmes de la campagne depuis  votre constat, chère madame ! Mo-même durant de longues nuits, j’ai appris à lire et à écrire à la lueur d’une chandelle dans ma misérable chambre de bonne sous les toits mansardés d’une maison bourgeoise à Bouxwiller.

 

Qu'y-a-t-il de commun aujourd'hui avec les propriétaires terriennes, les éleveuses, les agricultrices, les viticultrices et les servantes représentées dans ce tableau réalisé en 1864 par le Parisien Charles-François Marchal ?

 

En ce XXIe siècle, je vous parle depuis l'autre côté de cette fameuse toile d'où je vous observe quand vous venez visiter mon musée, j'y analyse l'évolution du monde, ses progrès mais aussi la mise à mal de nos terres et de la planète tout entière au nom du consumérisme et du profit de quelques uns .

 

Les homme ne changent pas, ils n'apprennent rien des leçons de l'Histoire, de ses guerres meurtrières et destructrices…

 

Ce tableau a figé un fragment de ma vie mais aussi un temps révolu dont je ne regrette rien car c'est dans cette œuvre que j'ai enfin trouvé ma vraie place. Dans la pleine lumière qui m'éclaire, je vous vois comme vous me voyez et vous continuerez à  me contempler  toujours belle, jeune et immortelle et cela pour l'éternité alors que vous, mes visiteurs d’un jour, vous ne ferez que passer...

 

 

 

© Françoise Urban-Menninger

 

* © "Fictions féministes" est une nouvelle rubrique créée le 12 novembre 2022 pour répondre à la proposition de Françoise Urban-Menninger :


© Description : cette zone inclusive est ouverte aux auteures/autrices débutantes et confirmées qui écrivent des fictions poéféministes, écopoéféministes, zoopoétiques et féministes, etc. en inspirées des œuvres artistiques (peintures, sculptures, gravures, films, chansons, etc.)

Par LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

 

 

 

***

 

Pour citer cet essai inédit de fiction féministe

 

Françoise Urban-Menninger, « De l'autre côté du tableau », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 14 novembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/fum-delautrecotedutableau

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 12 Féminismes Muses et féminins en poésie
10 novembre 2022 4 10 /11 /novembre /2022 17:07

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Dossier mineur | Florilège

 

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L'espoir &

 

 

Cette nuit d'hiver

 

 

 

 

 

 

 

Poèmes & peinture

 

Pierre Zehnacker

 

Poète, nouvelliste & artiste peintre

 

 

 

 

© Crédit photo : Pierre Zehnacker, peinture récente de femme de sa série sur les figures féminines, image no 2.

 

 

L'espoir

 

 

  Commencer comme on entrerait dans l'esprit d'une femme qui souffre, qui ne sait pas comment échapper à sa souffrance, et ne voit plus devant elle que de grands arbres se mouvant dans le noir, habités par les bourgeons de sa fièvre... Sentiment qu'une grande fleur pâle, aux reflets éteints, serait en train de l'étouffer, et que son âme prise dans les affres de son combat contre l'étrange maladie ne puisse plus exister que sous la forme d'une pénitence imposée par le prêtre chauve qui la confessa.

 

  Votre beauté, Madame, si effrayante à mes yeux, m'empêche de vous absoudre... Et c'était comme les paroles qu'un serpent répandrait, lancinant, dans la solitude de son âme. Elle ne se vante pas d'avoir connu l'amour, il ne lui en reste que des cendres, l'incertitude d'une mélancolie sans mémoire qui la dégoûtait d'elle-même. Il est des jours pourtant où semblait lui sourire la possibilité d'une renaissance. L'espoir la traversait du vol blanc de ses ailes, un frisson d'amour juvénile irisait les fleurs qu'elle contemplait, et alors un brusque sursaut d'amour-propre l'éloignait de son confesseur et du pli faussement onctueux de ses lèvres froides.

 

  Comme si sa douleur prenait les traits d'un enfant de lumière qui s'avance dans le calme du soir, tout en elle s'apaisait. Parfois, lorsqu'elle songeait aux trahisons qui l'avaient blessée, elle se sentait plus forte que le regret et la nuit. Il y avait à présent cette douceur un peu énigmatique qui ravivait la grâce de son visage comme si elle portait en elle la vérité d'un autre monde.


 

 

 

 

Cette nuit d'hiver

 

 

 

Ces maniérismes délicats de la pensée la plus perfide et du remords, comment s'en délivrer ?... Où trouver un peu de clarté, un soupçon d'estime de soi ?... À travers les méandres de quelle ville obscure, avons-nous dû traîner le fardeau de notre tristesse ?... Ce qui nous est proche, c'est le souvenir de la montagne, cette lumière sur la mer, et surtout ces grands oiseaux très blancs qui volaient dans les lointains de l'azur, pareils à des rêves de neige et de pureté sans mélange.

 

Et de notre liberté nous nous faisions une idée très précieuse, loin des falaises et de leur vertige... Et maintenant cette nuit d'hiver, notre histoire d'amour résumée en deux ou trois photos. Sur l'une d'elles, de la façon la plus étrange, tu ressembles à une madone aveugle, et sur une autre, on dirait que tu es une petite sœur amère, esseulée, perdue dans l'horizon d'une plage immense, de l'infortunée Charlotte Corday... Tu voulais écrire des oraisons funèbres au sujet de morts que tu ne connaissais pas. Tu évoques des cimetières, décris des pierres tombales, restitues des épitaphes, convoques des images. Comment ne pas aimer ta tête penchée, tes yeux mi-clos, la douceur infinie de tes lèvres ?... Étroite est la frontière entre l'amour et la mort, disais-tu, et je me sentais très seul, de nouveau, comme un homme abandonné dans la forêt des souvenirs... Je me souviens d'un wagon immobile dans la brume, un train pour Auschwitz, disais-tu, un train que ne prennent plus que les fantômes. Tu enseignais l'histoire à des élèves distraits, tu étais mécontente..

 

 

 

***​​​​

 

Pour citer ces tableau & poèmes en prose inédits

 

Pierre Zehnacker, « L'espoir » & « Cette nuit d'hiver », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 10 novembre 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no12/pzehnacker-espoir

 

 

 

 

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