8 août 2021 7 08 /08 /août /2021 16:36

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Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poésie des ancêtres | Poétextes thématiques

 

 

 

 

 ​​​​

 

 

Poèmes de faim de vie (extraits)

 

 

&

 

 

Douze chants hérétiques,

 

chant second

 

 

 

 

Thibault Jacquot-Paratte

 

 

Crédit photo : Photographie d'une actrice en "Bacchante Profil de femme avec couronne. Commons.

 

 

 

 

Poèmes de faim de vie (extraits)

 

 

 

Brume citadine mêlée de l'écume de mon souffle

aux boulevards continus où ma vision s'engouffre 

labyrinthe de destinées où l'issu est passage

et profiter de ses errants sans l'devenir j'envisage

et soufflant dans le froid qui s'acharne bruine et pluie

l'orage bientôt en neige ; faire suivi

de ses mots, de ses sacres

de ses moissons de prières

des lueurs de longues nuits

du désespoir le massacre

de vins chauds, d'ambrées bières

engouffre-le chéri,

le passage des fêtes 

et encore faire suivi

continu du pavé c'est tout droit

éternelle marche aveuglée la vaguelette de buée 

le temps qu'il faudra pour ne pa(nne)s essoufflé

qui s'engouffre dans les recoins de creux et de grottes 

creusées où construites en parois nos maisons

et la neige en orage s'évanouissent flocons 

inonde-nous courant, de lieux

chez eux, nuages plancton et flocons, chez eux

ressenti que nous-mêmes l'on retombe en gouttelettes

heurtant à l'air la plage s'érode

s'emporte.

 

*

 

Santé à tous et vous-mêmes,

ceux pour qui vous buvez.

À qui les pas mènent titubants

sombres dans l'obscurité

à la coque fragile coquille

d'œuf en crâne

folie à la routine voit au voyage

l'organisme fonctionner tout seul ;

les courants bougent et décident

les vagues rongent les côtes

les mains palpent les seins de l'amour malhabile

sautent de nos bras et hors de nous les vins

années qui ne nous tiennent plus debout

marionnette de circonstance, 

mais les rois en habits robustes

de qui l'on peint portraits et gravent bustes

savent se défendre mieux que quiconque

et mirent sans zieuter et trinquant

aspirent confiance pour dérouter

et dans les voiles prédire les vents

et craquent coquilles faisons brouiller

sur une assiette voulez-vous votre petit déjeuner?

Il est aussi disponible dans la poêle, dans une feuille

dans du papier journal.

 

*

 

Quand c'qui a eu des beaux massacres

tout le monde a bien mangé

tu t'assois dans ton fauteuil

un cigare à fumer.

Des bains de sang qui coulent à flots

qui forment rivières dans l'caniveau

qu'on draine par aqueduc avec l'eau de nos toilettes

avec quoi on arrose nos plantes.

 

*

 

Image rendue d'une huile parfumée

qui ne reste seule au mur accrochée

qui m'entoure de ses traces, ses mouvements si charmants

elle existe et donc fou elle me rend

la réalité si belle de faveur des lumières

dans la cour de sa f'nêtre je chante air sur air

et en air flotte l'appel tiède de sa chair

aux joues rosées, à la fine figure

toutefois indicible dans son cadre quand est vue

et tableau restera, peinture d'idéaux

qui enjoue autant qu'interne est torture

une autre dose de telle dope; l'on court dans la rue

recherchant une idée vive et douce peau.

 

*

 

La seule drogue qui puisse une emprise sur moi

je ne peux chasser ta présence de mon envie

Quelle est la meilleure façon d'incendier?

Par des mots ou par des gestes ?

D'un aveu ou d'un baiser?

Je n'ai jamais tant voulu tant essayer

la défonce à ne plus voir rien d'autre

mes veines n'ont jamais tant appelé

que mon cœur batte !

Aucune piqûre ne frétille, plus

fumée n'a d'odeur telle

portant à perdre tout sens

et déraison,

à réfléchir d'une autre façon

à qu'est c'qu'a quelle importance.

 

*

 

pourquoi je me drogue alors que je suis

induit en erreur

la paranoïa la plus sincère guide mes actes.

Je remets en cause ce dont je croirais n'être jamais capable 

et pour une raison ou une autre j'aimerais me faire mal.

Je bois, je me drogue

il est tard et je suis fatigué, mais je continue

me force à danser, essaie de m'approcher

de ce qui me fait étrangement du bien

induit en erreur alors que je sais

ce dont je ne serais jamais capable remis en doute.

 

*

 

se connaître soi-même

et masque, ce que l'on ne veut montrer aux autres

les défauts qui nous tourmentent

qui nous transforment en un si faible pour cent de notre capable être.

Je ne boirai pas, je ne prendrai pas de drogue

je refuse de perdre contrôle 

et risquer d'extérioriser mes démons...

À moins que ces vices ne soient la solution ?

 

   

douze chants hérétiques, chant II

 

On buvait des bières en écoutant d'la country

le Québec c'est du beau pays, même s'ils sont arrogant des fois

par endroit y'avait des restes de neige

les premières, les dernières,

il faut faire de la route pour que tout d'un coup

les contrées aient l'air aussi désertes qu'on les voudrait

il sont arrogants des fois ; c'est parce qu'ils s'aiment beaucoup aussi

mais au Québec tout se fait tranquillement, pas vite

la terre a une révolution plus lente

toutes les Maries de l'église catholique

Montréal c'est pas trop mal

mais l'Amérique

c'est pas un continent de villes

décalages

rêves d'où l'on ne se réveil pas

lents

passants

impressionnés par la forme

impressionnés par le désir de l'être

allant du centre-ville au plein air

pour une poignée de billets

ne daignerait pas

pionniers,

aller au lieu de naissance

d'aspirations dépassées

éclatera un jour

bientôt ? Lointain ?

J'espère pour bientôt

la désillusion

mais je suis optimiste

 

fusillé

j'ai ri un grand coup

je suis allé voir ailleurs, et j'y étais

j'ai parcouru le Québec par tous les bouts

toutes les boutes

sauf Anticosti

Ant-

-i-

-(que)-

-(c)-

-(h)osti(e)

qui fut presque vendu aux nazis en 1937

et qui fut vendu au pétrole en 2014.

Tout ça pour un misérable 60% de profits.

À ce prix là,

pas besoin de condoms ! 

C'était un soir au Québec que je m'étais fait traiter de radin car je ne donnais pas l'argent que je n'avais     pas moi-même !

Quelque part, le Québec me rappelle beaucoup l'Afrique.

Comment généraliser un si grand continent !

Tant-pis, je m'y lance – 

c'est vrais qu'en générale partout dans le sud,

les gens vivent plus les uns sur les autres.

Il fait chaud

on est dehors,

on se rencontre dehors

on passe nos journées ensemble

on voit tout ce qu'on fait

on va se voir

globalement, y'a moins d'espace personnel

on s'attend toujours à avoir des points communs 

on se veut des points communs

on en trouve

on en crée 

on en cherche

on en demande !

On s'attend à aimer les même choses

vouloir les même choses ;

le Québec, pour moi, est trop conformiste

je n'déteste pas la mode, mais je n'suis pas commerciale 

La mode au grand M

la mode dans les arts

les coutures vivantes, formes, broderies...

c'est joli, c'est tout.

Au Québec le regard se projette sur notre apparence pour en déterminer le groupe sociale

« T'es tu un... »,

et on tend facilement la main

Dans Mandabi d'Ousman Sembéné

où les gens cherchent leur partie, cherchent à recevoir

où l'on se concerne de ce que pensent les autres

*

 

Santé à tous et vous-mêmes,

ceux pour qui vous buvez.

À qui les pas mènent titubants

sombres dans l'obscurité

à la coque fragile coquille

d'œuf en crâne

folie à la routine voit au voyage

l'organisme fonctionner tout seul;

les courants bougent et décident

les vagues rongent les côtes

les mains palpent les seins de l'amour malhabile

sautent de nos bras et hors de nous les vins

années qui ne nous tiennent plus debout

marionnette de circonstance, 

mais les rois en habits robustes

de qui l'on peint portraits et gravent bustes

savent se défendre mieux que quiconque

et mirent sans zieuter et trinquant

aspirent confiance pour dérouter

et dans les voiles prédire les vents

et craquent coquilles faisons brouiller

sur une assiette voulez-vous votre petit déjeuner?

Il est aussi disponible dans la poêle, dans une feuille

dans du papier journal.

 

*

 

Quand c'qui a eu des beaux massacres

tout le monde a bien mangé

tu t'assois dans ton fauteuil

un cigare à fumer.

Des bains de sang qui coulent à flots

qui forment rivières dans l'caniveau

qu'on draine par aqueduc avec l'eau de nos toilettes

avec quoi on arrose nos plantes.

 

*

 

Image rendue d'une huile parfumée

qui ne reste seule au mur accrochée

qui m'entoure de ses traces, ses mouvements si charmants

elle existe et donc fou elle me rend

la réalité si belle de faveur des lumières

dans la cour de sa f'nêtre je chante air sur air

et en air flotte l'appel tiède de sa chair

aux joues rosées, à la fine figure

toutefois indicible dans son cadre quand est vue

et tableau restera, peinture d'idéaux

qui enjoue autant qu'interne est torture

une autre dose de telle dope; l'on court dans la rue

recherchant une idée vive et douce peau.

 

*

 

La seule drogue qui puisse une emprise sur moi

je ne peux chasser ta présence de mon envie

Quelle est la meilleure façon d'incendier?

Par des mots ou par des gestes?

D'un aveu ou d'un baiser?

Je n'ai jamais tant voulu tant essayer

la défonce à ne plus voir rien d'autre

mes veines n'ont jamais tant appelé

que mon cœur batte!

Aucune piqûre ne frétille, plus

fumée n'a d'odeur telle

portant à perdre tout sens

et déraison,

à réfléchir d'une autre façon

à qu'est c'qu'a quelle importance.

 

*

 

pourquoi je me drogue alors que je suis

induit en erreur

la paranoïa la plus sincère guide mes actes.

Je remets en cause ce dont je croirais n'être jamais capable 

et pour une raison ou une autre j'aimerais me faire mal.

Je bois, je me drogue

il est tard et je suis fatigué, mais je continue

me force à danser, essaie de m'approcher

de ce qui me fait étrangement du bien

induit en erreur alors que je sais

ce dont je ne serais jamais capable remis en doute.

 

*

 

se connaître soi-même

et masque, ce que l'on ne veut montrer aux autres

les défauts qui nous tourmentent

qui nous transforment en un si faible pour cent de notre capable être.

Je ne boirai pas, je ne prendrai pas de drogue

je refuse de perdre contrôle 

et risquer d'extérioriser mes démons...

À moins que ces vices ne soient la solution?

 

 

Douze chants hérétiques, chant second

 

 

 

On buvait des bières en écoutant d'la country

le Québec c'est du beau pays, même s'ils sont arrogant des fois

par endroit y'avait des restes de neige

les premières, les dernières,

il faut faire de la route pour que tout d'un coup

les contrées aient l'air aussi désertes qu'on les voudrait

il sont arrogants des fois ; c'est parce qu'ils s'aiment beaucoup aussi

mais au Québec tout se fait tranquillement, pas vite

la terre a une révolution plus lente

toutes les Maries de l'église catholique

Montréal c'est pas trop mal

mais l'Amérique

c'est pas un continent de villes

décalages

rêves d'où l'on ne se réveil pas

lents

passants

impressionnés par la forme

impressionnés par le désir de l'être

allant du centre-ville au plein air

pour une poignée de billets

ne daignerait pas

pionniers,

aller au lieu de naissance

d'aspirations dépassées

éclatera un jour

bientôt ? Lointain ?

J'espère pour bientôt

la désillusion

mais je suis optimiste

 

fusillé

j'ai ri un grand coup

je suis allé voir ailleurs, et j'y étais

j'ai parcouru le Québec par tous les bouts

toutes les boutes

sauf Anticosti

Ant-

-i-

-(que)-

-(c)-

-(h)osti(e)

qui fut presque vendu aux nazis en 1937

et qui fut vendu au pétrole en 2014.

Tout ça pour un misérable 60% de profits.

À ce prix là,

pas besoin de condoms ! 

C'était un soir au Québec que je m'étais fait traiter de radin car je ne donnais pas l'argent que je n'avais     pas moi-même !

Quelque part, le Québec me rappelle beaucoup l'Afrique.

Comment généraliser un si grand continent !

Tant-pis, je m'y lance – 

c'est vrais qu'en générale partout dans le sud,

les gens vivent plus les uns sur les autres.

Il fait chaud

on est dehors,

on se rencontre dehors

on passe nos journées ensemble

on voit tout ce qu'on fait

on va se voir

globalement, y'a moins d'espace personnel

on s'attend toujours à avoir des points communs 

on se veut des points communs

on en trouve

on en crée 

on en cherche

on en demande !

On s'attend à aimer les même choses

vouloir les même choses ;

le Québec, pour moi, est trop conformiste

je n'déteste pas la mode, mais je n'suis pas commerciale 

La mode au grand M

la mode dans les arts

les coutures vivantes, formes, broderies...

c'est joli, c'est tout.

Au Québec le regard se projette sur notre apparence pour en déterminer le groupe sociale

« T'es tu un... »,

et on tend facilement la main

Dans Mandabi d'Ousman Sembéné

où les gens cherchent leur partie, cherchent à recevoir

où l'on se concerne de ce que pensent les autres

 

Sembéné, il s'en préoccupait aussi

ça le préoccupait

en fumant sa pipe

l'individualisme, on le lie souvent à l'égocentrisme,

à la méchanceté, au manque de sympathie,

en bref, au capitalisme.

Mais les risques liés au manque de soi-même

de différences,

Pff ! Je souhaiterais qu'on en parle plus

comme je souhaiterais que tout le monde discute

ensemble

on a construit des tours

des barrages

des civilisations

on a rempli des musées

(que l'on visitera plus en criant « last call »)

mais quelqu'un les a conçu !

Moi personnellement, je ne mélangerai pas Égo et identité

Idée

entité.

 

J'ai parcouru le Québec de plein de façons

en pouce, à pieds, en voyages payés,

mais comme toujours pour voir l'Amérique du nord,

faut y aller en voiture

mais comme peuvent en témoigner bien des gens

au Québec de nos jours, on trouve parmi les meilleures bières au monde

entre l'Éphémère, la Maudite, l'Eau Bénite

Trois Pistoles, à Chambly

celles de la Nouvelle-France

comme la Claire Fontaine

et pourtant on y trouve tout de même de la Bush, de la Cinquante et de la Blue Label

va savoir !

De toutes façons, je préfère le cidre.

 

 

***

 

Pour citer ces extraits 

 

Thibault Jacquot-Paratte, « Poèmes de faim de vie (extraits) » & « Douze chants hérétiques, chant second », poèmes inédits, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 8 août 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/tjp-faimdevie

 

 

 

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3 août 2021 2 03 /08 /août /2021 09:12

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques

 

 

 

 

 

 

 

Mon addiction

 

 

 

 

 

 

Evelyne Charasse

 

 

 

Crédit photo : Rose", Beauté de Versailles, image Commons. 

 

 

Mon addiction

C'est 

Toi

Toi

Qui ne le sais

Pas 

 

***

 

Pour citer ce poème d'amour 

 

Evelyne Charasse, « Mon addiction »​​​​​, poème inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 3 août 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/ec-monaddiction

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Amour en poésie
2 août 2021 1 02 /08 /août /2021 14:43

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques

 

 

 

 

 

 

 

L’ivresse

 

 

 

 

 

 

Aurore Nivelle

 

 

 

Crédit photo : Henri Martin, "Beauté", Musée des Augustins, image Commons. 

 

 

 

 

L’ivresse,

La vie,

La vraie,

Au fond de soi,

Tout au fond de soi,

Dans la soie de son être intérieur,

L’ivresse de vivre,

L’ivresse d’un plaisir charnel,

L’ivresse d’une étreinte,

L’ivresse d’un moment langoureux,

L’ivresse d’un moment d’érotisme et d’évasion,

Le voyage,

Le voyage solaire,

Le voyage interstellaire,

Le voyage multidimensionnel,

Le voyage extra-sensoriel,

Le voyage intemporel,

L’étreinte d’un moment passionnel,

La passion,

L’ivresse de deux corps en fusion, 

À profusion,

En chaleur,

Chaleureux,

Doucement,

Délicatement,

Passionnément,

Langoureusement,

Extraordinaire,

Infra-ordinaire,

De l’extraordinaire dans l’ordinaire de la vie,

La vie quoi,

En soi et,

Tout autour de soi,

L’Amour avec un grand A,

Inconditionnel,

Intemporel,

Immortel,

Incommensurable,

Incroyable,

Grandiose,

Extraordinaire,

Indéfinissable,

Toute une évasion,

Tout un voyage des sens,

Toute une démesure,

Tout un sens,

Les sens en éveil et,

Le cœur grand ouvert,

À l'ivresse de la vie,

Toute entière,

Entièrement,

Passionnément,

Juste enivrante et passionnante,

Vivre,

Vivre,

Vivre,

Au grand jour,

Un jour et tous les jours de sa vie,

Pour plus d’émerveillement,

Pour plus de beauté,

Du cœur et dans son cœur,

Pour être soi,

Juste soi,

Rien que soi,

Passionnée et,

Passionnante,

Juste pour soi et les autres autour de soi,

Pour monter ces vibrations,

Pour monter ces fréquences,

Pour monter ces résonances,

Pour être soi et rien que soi,

Sans fioriture,

Sans démesure,

Sans additif,

Sans ajout de quoi que ce soi,

Juste être soi, 

Entièrement,

Indéfiniment,

Inconditionnellement,

Juste dans l’Amour de soi, sans égo,

Juste être soi,

Juste être dans la vie,

Juste VIVRE,

Être en vie,

Être dans l’ivresse du moment et de la vie,

Tout simplement,

Carrément,

Naturellement,

Pour le plus grand bien-être de soi,

Pour le plus grand bien pour soi,

Juste SOI,

Juste cultiver son soi intérieur,

Dans le cœur de soie,

Pour son plus grand plaisir,

Pour soi et les autres autour de soi,

Pour apprécier la vie qui nous est donnée chaque jour de notre vie,

Tout simplement,

Tout naturellement,

C’est simplissime,

Comme une colombe de la paix posée sur son cœur.

Alors voilà tout l’enjeu de l’ivresse de la vie et de la féminité,

Le respect de son être intérieur, à l’intérieur de soi,

Tout simplement,

Pour s’émerveiller de la vie et,

Aimer la beauté de la vie intérieure et extérieure,

Inexorablement,

Pour le plus grand bien de tous et de son être intérieur, caché au fond de soi,

Tout au fond de soi.

Avec AMOUR.

L’ivresse de la vie.

Tout simplement.

Affectueusement,

La vie en soi et tout autour de soi,

Qui est venue délivrer un message sur l’engouement de la vie au fond de soi,

Comme une vague en pleine mer qui vient vous prendre dans ces eaux fluides et légères pour y nager paisiblement et calmement pour un bon moment de détente intérieure et extérieure surtout en cette période estivale et de chaleur du cœur, au cœur de soi.

Avec ivresse,

La vie enivrante et « chavirante » qui vient vous plonger dans sa mer calme et paisible,

Le temps d’une serviette posée sur la plage,

Le temps d’un instant et d’un moment de détente et de relaxation en famille.

L’ivresse et la joie de vivre.


 

 

***

 

Pour citer ce poème d'amour 

 

Aurore Nivelle, « L’ivresse »​​​​​, poème inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 2 août 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/an-ivresse

 

 

 

 

 

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1 août 2021 7 01 /08 /août /2021 18:11

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques 

 

 

 

 

 

 

Ivresse & Identité*

 

 

 

 

 

 Nada Skaff**

 

 

 

 

Crédit photo : "Bacchante", image Commons. 

 

 

 

Ivresse

 

 

Ivresse, conscience aigüe du hic et du nunc

cru plaisir sanguin dans un palais dansant

vaux que ceps inondent d'amarantes pensées

bouquet qui terre et ciel marie

âme liquide du sol qui ma flamme irrigue

Ô vin, ô vie,

envie de tout versifier, pleine véracité

vérace crucifixion de la chair dans l'instant

Ô vin, ô vie,

ô vrilles des vignes glissantes

Esprit chancelant, cristal et tourment.

 

 

 

 

Identité

 

 

 

Dis, qui a volé l'odeur de verveine de ton payse d'enfance ?

Qui a masqué le souvenir des bois

et changé en terre aride la rouge terre de Pavese ?

Dante n'envoie-t-il plus les indolents en enfer ?

Je ne muerai aucune de tes croyances,

et n'ébranlerai aucun pilier.

Au fond de mon âme s'enfilent comme dans un entonnoir

les adrets monts,

la mosaïque colorée des plaines,

le camaïeu de bleu des eaux puniques.

Défluent des saveurs inaccessibles et fermes,

évoquées par les échos chers de voix lointaines.

Cep saturé,

j'adhère au terrain inconnu porteuse de ma propre lymphe.

Ouvre grandes les portes à la lumière d'orient,

abandonne-toi à l'ivresse du fruit de nos épousailles.

Bacchus a chevauché l'ère du temps intransigeant

et défoncé les bornes de tout esprit étroit.

 

© N. Skaff


 

 

 

* Ces poèmes sont des extraits reproduits, avec l'aimable autorisation de l'auteure et de sa maison d'édition, du recueil de poèmes Nada Skaff, Nusa, Prix de poésie 2021 Yolaine et Stephen Blanchard décerné par l'association « les poètes de l'amitié-poètes sans frontières » à Dijon, éd. France Libris, coll. Florilège, couverture illustrée par Nada Skaff, 2021.

** "Nada SKAFF, est née à Beyrouth en 1969. Après des études de Microbiologie à l'université américaine de Beyrouth, elle collabore pendant quatre ans à un hebdomadaire de langue française. En 1998, avec son mari, Italien, elle s'installe à Naples. Devenue créatrice de bijoux, mais toujours passionnée de poésie et de littérature, elle obtient une maîtrise en langue et littérature française à l'université « Orientale » de Naples. Elle est membre du jury du Prix International de Poésie et « Léopold Sedar Senghor » depuis 2018 et enseigne le français dans les établissements scolaires italiens depuis 2016. « NUSA » est son second recueil en langue française après « Fleur de sel » paru en 2013 aux éditions « Dar An-Nahar ». Elle a publié en outre en 2020 un recueil poèmes en italien, « Il punto di rugiada » aux éditions « MR Editori » ainsi que deux nouvelles aux éditions de l'université « Orientale » de Naples."

Par l'éditeur

 

***

 

Pour citer ces extraits

 

Nada Skaff, « Ivresse » & « Identité », deux extraits reproduits du recueil Nada Skaff, Nusa, (2021).  Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 1er août 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/ns-ivresse

 

 

 

 

 

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28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 09:20

 

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Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Articles & témoignages  & N° 10 |  Célébrations | Poésie érotique

​​​​​

 

 

 

 

 

Certaines l'aiment chaud

 

 

​​

 

 

 

 

 

Barbara Polla*

Site où elle publie régulièrement :

https://sarasvati.fr/

ou

https //womentoday.fr/

Blog officiel : 

https://barbarapolla.wordpress.com/

Site officiel de la Galerie :

https://analixforever.com

 

Texte reproduit avec l'amiable autorisation

de l'auteure et du site WOMEN Today

 

 

 

 

Les  femmes investissent aujourd’hui les champs politiques, économiques, artistiques, sportifs, aéronautiques, informatiques, techniques – en plus de tous les champs qui sont les leurs depuis des siècles, le soin, la petite enfance, l’éducation, la poésie… Est-il vraiment important qu’elles investissent aussi le champ érotique ? N’ont-elles pas assez à faire avec tous ces autres champs à s’approprier progressivement ?

 

 

Investir le champ érotique serait une préoccupation secondaire ? Je ne suis pas de cet avis : il me semble au contraire que de devenir les héraults et les chantres de notre propre érotisme pourrait bien représenter une manière encore inexplorée de détourner voire de briser le stéréotype résilient qui veut que les hommes soient des prédateurs sexuels et les femmes des victimes sexuelles. Non pas que les femmes deviendraient alors des prédatrices sexuelles, non, nous ne visons pas une telle inversion des rôles. Mais l’expression et le partage publics, et non plus seulement intimes, de nos désirs et de nos plaisirs érotiques – que cette expression soit esthétique, poétique, politique – nous sortirait, nous femmes, de la position traditionnelle d’objets du désirs, pour nous faire entrer de plain pied dans un terrain d’échange et de jeu où nous serions alors partenaires à part entière.

 

Il reste malheureusement indéniable que les femmes subissent encore et toujours des abus sexuels de tous genres, en particulier dans le cadre familial. Une partie de cette réalité doit être corrigée par des changements profonds de l’éducation des garçons. Mais une jeune fille qui s’approprie de champ de l’éros, de l’érotisme voire de la pornographie – d’une pornographie à créer, qui serait sienne et non pas empruntée à celle exisatnte – sortirait de ce fait même du champ prédésigné de la victime sexuelle. Je conçois donc l’appropriation du champ de l’éros, de l’érotisme et de la pornographie comme une voie encore largement inexplorée de l’indispensable protection – de l’auto-protection en l’occurrence – contre les agressions et les abus sexuels.

 

 

Une femme qui exprime son désir, ses désirs, quels qu’ils soient, est une femme proactive dans le domaine de la sexualité. Une telle attitude va à l’encontre de l’attitude de réserve qu’aujourd’hui encore on enseigne – de façon explicite ou implicite – aux jeunes filles. Le classique « Fais attention » qui leur est encore et toujours adressé pourrait être remplacé par « Exprime-toi ». Le fait d’être invitée à exprimer ses désirs plutôt que de les dissimuler détournerait les filles et les femmes de la sempiternelle question de savoir si elles vont plaire, au profit de définir ce qui va leur plaire – et donc aussi ce qui pourrait leur déplaire. Et voici que les garçons, les hommes, par effet de miroir, se mettraient peut-être à se demander comment ils pourraient répondre aux désirs ou à l’absence de désir de leurs partenaires, plutôt que d’être essentiellement préoccupés par leur « performance » et la satisfaction narcissique de leurs « pulsions ». Il n’est pas impossible qu’une telle attitude, nouvelle, des femmes, effrairait transitoirement les hommes – grand bien leur fasse si c’est le cas. À terme, il en découlerait indubitablement des échanges plus équilibrés, plus riches, plus profonds, plus sensuels. Adieu la mascarade du plaisir que l’on simule, place au vrai plaisir !

 

Joignant l’action à la parole, j’ai récemment publié un poème intitulé Ma vulve dans la revue « Le Pan poétique des Muses ». Ce site de poésie féministe ouvert à tou.t.e.s a en effet proposé une série « Dyonisiaque : À nos Ivresses et aux Bacchantes ». Le peu de retours des poétesses très actives pourtant sur le « Pan poétique des Muses » souligne la réticence persistante – malgré des avancées formidables, à cet égard, chez certaines jeunes femmes – que nous avons à parler de nos désirs.

 

Dans mon livre Le Nouveau Féminisme, combats et rêves de l’ère post-Weinstein (Odile Jacob, 2019), je rappelais déjà cette belle légende du Rwanda : il y a très longtemps, une reine s’y languissait de son époux retenu loin d’elle par la guerre. La reine assume son désir et ordonne à un esclave de la rejoindre dans sa chambre. L’homme, tétanisé à l’idée du sort qui l’attend si le roi venait à découvrir l’affaire à son retour et tremblant de tout son corps, ne parvient pas à pénétrer la souveraine. Mais son sexe, en frottant contre les lèvres et le clitoris de la reine, provoque un jaillissement de plaisir… On raconte même, au Rwanda, que la reine aurait éjaculé le lac Kivu !

 

Au début était le verbe, paraît-il. Au début de l’harmonie sexuelle, il y a aussi le fait de dire ce qui est désiré, agréable, nécessaire à notre épanouissement, et ce qui ne l’est pas. Sans prescription d’aucune sorte : ce qui est désiré par chacune d’entre nous, oui, mais individuellement, et non collectivement. Il n’y a aucune norme en la matière.

 

 

 

* "Barbara Polla est médecin, galeriste et écrivain. Elle a quatre filles. Elle aime les femmes, les hommes et les autres, l’art et la poésie et la vie. En politique, en art, pour les femmes, elle s’engage pour la liberté." Via ©Women Today.

 

 

En lien direct avec ce texte :

 

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Pour citer cet article féministe

 

Barbara Polla, « Certaines l'aiment chaud », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16 & N° 10| Automne 2021 « Célébrations », mis en ligne le 28​​​​​​ juillet  2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/bp-certaineslaimentchaud

 

 

 

 

 

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