7 janvier 2021 4 07 /01 /janvier /2021 12:33

 

Lettre n°15  | Eaux oniriques  | Textes poétiques thématiques

 

 

 

 

 

 

Une féministe

 

 

 

Dina Sahyouni

 

 

​​​​Crédit photo :Pluie sur une toile d'araignée Commons, domaine public.

​​​​​​

 


 

En mémoire de Simone de Beauvoir 


 

Loin des yeux, du cœur, des cieux, les cris étouffés des affamées de justice se propagent parmi les hommes. 

Elle, telle une assoiffée, buvait les bouquins des bibliothèques, se cachait aux plis des pages, narguait les puissants, bavait devant la mer de toutes les mères… Crachait sa colère en méduse aux mille serpents. "Gorgone, catin, mal baisée", on lui hurlait au visage. 

Son corps tel un tableau de Picasso sonnait la fin de leur règne… 

Son visage comme une toile de Marie Laurencin, illuminait le ciel du matin. 

Cette moderne Diane ne chasse, ne pourchasse que l'encre noire du mâle. 

La mère des mers vaguait au loin sur les écumes des pages jaunies par le temps, au coin de l'œil… 

Elle restait seule, seulette, esseulée telle Christine de Pizan, telle une larme amère placardée sur un monochrome bleu fait des mots de nos maux.

 

©DS.

 

 

Poésie engagée 

 

***

 

Pour citer ce poème féministe

 

 

Dina Sahyouni, « Une féministe » poème féministe inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 7 janvier 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/ds-unefeministe

 

 

 

 

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20 décembre 2020 7 20 /12 /décembre /2020 09:00

 

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 52

 

 

 

 

 

À la belle étoile

 

 

ou le rêve éveillé

 

 

 

 

 

Christine Droit

 

 

 


 

Mill's house street, la brume envahit 

Mon cœur mon âme mes artères iroise 

Les mansardes se chauffent à ton feu de tourbe

Et la pluie pliquetiploque sur l'ardoise

De tes toits en longues coulées chagrines.


 

 

Mill's house street je reviendrai noyer 

Ma peine qui ne s'éteint pas 

Sur les pas de nos amours anciennes

J'éborgnerai tes yeux derrière les persiennes. 

Puis m'en irai sereine vers de nouvelles histoires.


 

 

Mill's house street les souvenirs s'estompent

S'éloignent en lents refrains fragiles.

Gouttes de pluie à ne pas  interrompre 

Pliquetiploquent le soir sur mes  notes d'argile 

Notes agiles, se disloquent dans le noir.


 

 

Mill's house street je partirai un jour 

Vers les déserts brûlants de ces villes sarrasines

Sur les pas effacés d'anciens bagnards  dont les ksour

Alentour entament les chants profonds et sourds 

Tisser  enfin  l'étoffe claire de leurs vies clandestines.


 

Mills' house street le ciel d'orient éclate

Au dessus de ma tête les étoiles et sous mes pieds 

Le sable incandescent de mes rêves incendiés. 

S'élève alors la clameur assourdissante  d'un peuple 

Opprimé de rêveurs, de fous, de poètes et  d'enfants.

 

 

Mill's house street à l'heure où  passent les caravanes

Écrasées de chaleur sous les étoiles le soir 

Résonnent les chants profonds et sourds, l'espoir 

La brûlante rumeur du désert, l'odeur de jasmin 

Des rêves impatients aux allures de pavane.

 

 

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème philanthropique d'amour 

 

 

Christine Droit, « À la belle étoile ou le rêve éveillé », ​​​poème  inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 20 décembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/cd-belle-etoile

 

 

 

 

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19 décembre 2020 6 19 /12 /décembre /2020 09:00

 

N° 8 | Dossier mineur | Florilège de poétextes | Poésie féministe pour lutter contre les violences faites aux femmes

 

 

 

 

 

 

Ève

 

 

 

 

 

 

Tiphaine Mora

 

 

 

 

© Crédit photo : Illustration du conte "La petite fille aux allumettes",  Caputre du livre par LPPDM, du conteur Hans Christian Andersen, tombé dans le domaine public.

 

 

À la mémoire de toutes les Ève, d’ici, d’ailleurs.

 Juillet 2018

 

 

 

Appelle-moi Ève. J’ai peut-être un autre nom, peu importe, parce que personne ne le prononce, et moi-même je doute qu’on m’en ait un jour donné un. Ève, c’est le nom de toutes les femmes. C’est le nom du commencement. 

​​​​Et pourtant, ce soir, je ferai partie des cinquante-cinq. ​​​​​Tu es passé en coup de vent. Tu as vu que j’étais enceinte et que je crevais de chaud, mais ta froideur ne m’a pas rafraîchie. Tu as vu que je n’étais pas bien. Et tu t’es dit, un autre s’occupera d’elle. Sans doute. Pourquoi ce serait à toi de t’arrêter ? Tu es pressé. Ou tu as peur. Ou, simplement, tu t’en fous. 

Il y a quinze jours que je suis postée au même endroit, sur le parvis de la gare, quinze jours que je te remarques et que tu me confonds avec le mur. Je suis défoncée parce que je n’en peux plus. Tu seras la goutte d’eau qui fera déborder le vase. Tu l’ignores. Mais au moment où tu es passé, que tu m’as refusé à boire ou plutôt, que tu as fait semblant de ne pas m’entendre, moi je l’ai compris. Les chiottes sont payants et il me reste à peine dix centimes.

Tu as fait semblant de ne pas m’entendre, mais si on s’était croisés quatre ou cinq ans avant, j’aurais été la femme que tu siffles dans la rue. Parce que tu m’aurais trouvée belle. Parce que la rue est à toi. Si tu m’avais matchée sur un site de rencontre, on se serait donnés rendez-vous ici et installés à la terrasse d’un café, et tu m’aurais questionnée sur ma vie, ce que j’aime et espère, avec une idée précise derrière la tête. On se serait peut-être bien entendus. On se serait revus. Je t’aurais dit que la vie est meilleure avec toi, que je suis accro au parfum de ta peau, à tes taches de rousseur, tes cheveux jamais coiffés, et j’aurais maudit ton téléphone auquel tes yeux sont scotchés. Dans la hâte de se retrouver seuls, on aurait négligé la fille qui te demande à boire. 

Ta bouteille était presque vide quand tu es sorti de la gare, d’ailleurs, peut-être que tu allais la jeter dans le bac jaune car c’est important pour toi de recycler les déchets. Il y a les fontaines, les toilettes publiques. C’est vrai. Mais vois-tu, je suis fatiguée.

J’erre ici depuis longtemps. J’aimerais être une femme qui voyage pour confier son petit au père le week-end, ou qui prend des classes affaires, un notebook dans ses bagages, pour le business. Tout est autorisé dans les gares. J’ai perdu la notion du temps. Et même quand je n’ai pas les moyens de me payer quelque chose qui me la fasse perdre, le temps flotte, il  ne m’appartient plus. Le temps, c’est pour les gens qui circulent vite, qui traversent la hall d’un pas rapide et sûr, et qui sont attendus. Mais on l’oublie pas ; c’est lui qui nous oublie. Au début, c’était comme si je criais à travers un aquarium insonorisé, et que les gens évoluaient dans un monde parallèle. J’ai cessé de crier. Ma vie a coulé, je suis partie à la dérive. Comme on dit, j’ai sombré. 

Tu n’as pas eu pitié du bébé. Tes yeux se sont posés sur mon ventre, un quart de seconde. Et tu as pensé, elle aurait dû avorter. Un mec de passage, un client, un viol. Oui, il y en a eu. Des trois. Jamais tu n’as supposé que le bébé soit une histoire d’amour. Jamais tu n’as supposé que je veuille le garder. Si tu as supposé quelque chose. 

Une fois, je t’ai vu monter à bord du train. Le contrôleur a validé ton billet avant l’embarquement, tu as ôté tes écouteurs quand il t’a posé une question, et tu es aussitôt reparti dans ta musique. Peut-être une chanson d’amour, une chanson sur une fille qu’on laisse seule sur un trottoir. Ça te plait. 

Ce soir, je ferai partie des cinquante-cinq et toi tu as gardé tes écouteurs quand je t’ai aussi posé une question. Quand je t’ai indiqué ta bouteille d’eau presque vide. Tu as rejoins ton train content parce que c’est ta dernière journée de boulot avant les grandes vacances, tu as prévu des tas de trucs. Voyage entre amis, avec tes anciens potes de fac, vous partez à l’étranger, où, tu t’en tapes, le principal c’est que vous partiez. Ou en famille, avec ta femme, ton fils, qui va rentrer en 6 eme, ta fille qui est déjà presque aussi grande que lui. Tous les quatre, vous allez vous éclater au Grau du Roi. C’est pas loin, pas cher, c’est tranquille. Ou tu vas faire du trekking, en solitaire, parce que tu es un aventurier, tu aimes le contact brut avec la nature, ça te permet de réfléchir, de faire le point sur ton existence. 

Tu quittes le taff satisfait. Tes objectifs sont atteints, la journée s’est bien passée. Aucun clash avec les collègues, même Romain qui te fait tout le temps chier. Jeanne-Marie a pris ton parti et depuis que tu l’as remis à place, il se tient à carreaux. Il le fallait. Même si d’habitude, tu es un adepte de la communication non violente. Les disputes, c’est pas ton truc. Sur la route, dans embouteillages ou si on te double sans clignotant, tu restes calme. Tu as jamais levé la main sur personne.

Il y a peut-être plusieurs heures que tu es rentré chez toi. Tu prépares tes valises, enthousiaste. Ou tu reçois à dîner. Tu emmènes ta chérie au cinéma. Il y a un film qu’elle voulait absolument découvrir avec toi. Et moi je suis là, postée au même endroit, je vais fondre dans le décor, si un parvis de gare, c’est un décor. Oui, il y a eu les vols. Les charlatans qui m’ont vendu n’importe quoi pour que je plane, et surtout que je rachète. Les viols, non, pas la nuit dans une ruelle sombre. Dans les centres d’hébergement. Il y a eu l’eau que tu m’as refusée, et ce soir, je ferai partie des cinquante-cinq

Appelle-moi Ève. J’ai peut-être un autre nom mais peu importe, parce que personne ne le prononce, et moi-même je doute qu’on m’en ait un jour donné un. Ève, c’est le nom de toutes les femmes. C’est le nom du commencement. 

 

 

***

 

Pour citer ce poème en prose féministe 

 

Tiphaine Mora, « Ève », nouvelle féministe inédite, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°8 | Penser la maladie & la vieillesse en poésie​​, mis en ligne le 19 décembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no8//tm-eve

 

 

 

 

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18 décembre 2020 5 18 /12 /décembre /2020 07:58

 

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 50

 

 

 

 

 

Tu rêves

 

 

 

 

 

 

Tiphaine Mora

 

 

 

© Crédit photo : Illustration du conte "La petite fille aux allumettes",  Caputre du livre par LPPDM, du conteur Hans Christian Andersen, tombé dans le domaine public.

 

 

 

 


 

Dans la nuit froide de l’oubli

De décembre

Quand scintillent les couronnes aux portes 

Et le givre sur les auvents

Tu glisses

Dans le silence et la torpeur

Reine des neiges glacée jusqu’au cœur

Tu dors

L’hiver brille sur les bancs

Mais il n’y a pas de bois dormant

Juste une rue vide de pas

Et alors que sourde la fête

Jeune femme aux allumettes

Tu rêves

D’étreinte, de feu, de chaleur

Mais il n’y a plus rien à craquer

Tous les verrous sont tirés

Et alors que le soir s’avance 

Tu penses

Que ça passe vite trente ans

Mais qu’on part si lentement

Sous les étoiles de décembre

Quand scintillent les couronnes aux portes

Et le givre sur les auvents.

 

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème philanthropique 

 

Tiphaine Mora, « Tu rêves », poème philanthropique inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 18 décembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/tm-tureves

 

 

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

 

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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 15:21

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques | Biopoépolitique | Varia ou poèmes divers

 

 

 

 

Noël en mode Covid

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

Crédit photoBoules de noel pastel​​​​, image Commons, domaine public

 

 

Noël en mode Covid

vide de bonheur

bonheur avorté

pari d’un monde déconfit

faisant fi de l’humain

l’humain sacrifié

sur l’échelle du profit

profit à tout va

un va-tout sans fin

 

  

© MDC, 10-12-20

 

 

***

 

Pour citer ce poème biopoépolitique 

 

 

Maggy De Coster, « Noël en mode Covid », poème philanthropique (ou humaniste) inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°15 « Eaux oniriques », mis en ligne le 14 décembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/mdc-noelenmodecovid

 

 

 

 

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Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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