30 avril 2023 7 30 /04 /avril /2023 18:43

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | Entretiens poétiques, artistiques & féministes |Revue culturelle d'Orient & d'Afrique & REVUE ORIENTALES (O) | N° 2-1 | Dossier

 

 

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Fatma Bouvet de la Maisonneuve : 

 

“Le féminisme est pour moi un élément

 

inséparable du combat pour

 

les droits humains.”

 


 

 

 

 

 

Propos recueillis par

 

Hanen Marouani

 

 

 

Entrevue avec

 

 

Fatma Bouvet de la Maisonneuve

 

Psychiatre, psychothérapeute & écrivaine franco-tunisienne

 

Site officiel :

fatmabouvet.com

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Portrait photographique de Dr. Fatma Bouvet de la Maisonneuve.

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Profession : Médecin psychiatre psychothérapeute

Site Internet, Blog :

fatmabouvet.com fbdlm, Paroles_Magh_Fr  

 

 

BIOGRAPHIE 

 

Elle est psychiatre, psychothérapeute et écrivaine franco-tunisienne. Elle exerce à Paris. 

 

Mandats :

– Elue municipale  de 2008 à 2014, à Montrouge (92)
– Ancien membre CESE jusqu’en 2019 (2 mandats) 

– Membre du conseil scientifique du 1er congrès de psychiatrie francophone : l’Encéphale qui se tient chaque année en Janvier  à Paris.  

– Ancienne administratrice du Club XXIe siècle 

– Membre du Parlement des Écrivaines Francophones 

 
Distinctions :

 

Prix de la Réussite au Féminin par l'association France-Euro-méditerranée en partenariat avec le Quai d’Orsay en 2011 ;

Trophée 2019  1e Médecin Tunisien dans le monde (Association Tounsi du Monde) ;

Chevalier de la Légion d’honneur (2016).

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

Publications personnelles : 

L’odeur d’un homme, roman, Éditions Au Pont 9 ;

L’île aux mères, roman,  Éditions Au Pont 9 ;

Les femmes face à l’alcool, Résister et s’en sortir, essai, Éditions Odile Jacob ;

Le Choix des femmes, essai, Éditions Odile Jacob ;

Enfants et parents en souffrance. Dyslexie, anxiété scolaire, maladies somatiques…, essai, Éditions Odile Jacob ;

Une Arabe en France. Une vie au delà des préjugés, essai, Éditions Odile Jacob.

 

Publications collectives :

 

Secrets de psy (Éditions Odile Jacob) ;

Pouvoir(e)s (Éditions Eyrolles) ;

Alcool et troubles mentaux (Éditions Masson) ;

D’ailleurs et d’Ici (Philippe Rey) ;

Les psy se confient : Pour vous aider à trouver l’équilbre intérieur (Éditions Odile Jacob) ;

Les apparences dépouillées (Hervé Chopin).

 

Chroniques : 

Ex chroniqueuse : Psychologie Magazine et La Croix.

 

 

ENTRETIEN

 

 

© Crédit photo :  Première de ouverture illustrée du roman « L’odeur d’un homme »  de la romancière Fatma Bouvet de la Maisonneuve aux Éditions Au Pont 9.

 

 

 

H.M – « L’odeur d’un homme » offre un panorama de réactions et de positions vis-à-vis de la révolution tunisienne à partir de la littérature romanesque. Peut-on dire que les écarts entre les deux périodes pré-révolutionnaire et post-révolutionnaire et qui se ressentent visiblement dans votre œuvre sont à l’origine de l’écriture de votre nouveau livre ? 

 

F.B.D.L.M – La révolution a permis au monde entier mais avant tout aux Tunisiens de mieux réfléchir sur eux-mêmes : leurs choix de vie, leurs identités, leurs contradictions, leurs forces, leurs fragilités. Alors, oui, il y a incontestablement un avant et un après la Révolution de la Dignité. D’une certaine façon, tout ce qui allait de soi ou dont nous négligions la complexité et qui, comme je l’ai ressenti s’est exprimé après la révolution, m’a intéressée pour écrire ce roman. 


 

H.M – Vous consacrez des passages très pertinents pour donner une représentation de « l’étrangère chez soi » affirmant ainsi le dépassement du premier sens de l’expression en soulignant que la présence de l’autre pourrait être infernale comme disait Jean Paul Sartre et en faisant même un clin d’œil à « Une chambre à soi » de Virginia Woolf. Pourriez-vous nous analyser encore plus ce point ? 

 

F.B.D.L.M – Je suis honorée par ces références. L’enfer ce sont les autres à travers ce qu’était Inès, ou ce qu’elle est et qu’elle refuse de reconnaître. Autrement dit, l’enfer ici, c’est elle-même puisqu’elle est face à elle-même. Cet homme, Youssef  et les autres personnages sont la Tunisie moderne, la terre de ses parents et de ses ancêtres. Leur rencontre lui a permis de retrouver ses sens qu’elle a camouflés en s’anesthésiant. D’ailleurs, nous ne savons pas trop pourquoi Inès est devenue à ce point insensible. Il s’agit là d’écrire la rencontre la plus complexe que l’on puisse vivre dans une vie. C’est la rencontre avec son authenticité. Je ne voudrais pas dévoiler certains éléments très métaphoriques dans le livre qui font mention à cette notion. 


 

H.M – Serait-il possible voire logique de tisser un lien entre le voyage gustatif de Marcel Proust et le voyage olfactif de Fatma Bouvet de la Maisonneuve ?


 

F.B.D.L.M – Effectivement, il existe toujours quelque chose qui nous rappelle les temps insouciants (pour les chanceux) de notre enfance. Dans mon premier roman L’île aux mères, j’ai voulu travailler sur la sensualité du visible : les couleurs et les formes. Dans L’odeur d’un homme, j’ai voulu développer la sensualité olfactive que j’ai trouvée bien difficile à écrire, et pourtant elle est très développée chez moi.  J’ai souhaité également faire découvrir une odeur que tous les méditerranéens connaissent sans savoir ce qu’elle est vraiment : celle du myrte dont la signification mythologique développée dans le roman correspond à une quête. Dès le début du roman, en sentant cette odeur que l’héroïne reconnait, elle retourne en enfance, jusqu’à la revivre d’une certaine manière. 


 

H.M – Mettons l’accent sur votre méthode d’analyse. Nous relevons plusieurs motifs d’analyse sociologiques et psychologiques. Il y a également les traces d’un vécu autobiographique et des témoignages ; ce qui transforme les textes en documents grâce à une technique d’énonciation qui varie les discours, les personnages, les voix et les plans d’énonciation. Cette méthode permettra-t-elle d’avoir une série d’images, de concepts, de révélations authentiques et objectifs des femmes et des sociétés pour pouvoir les traiter par la suite comme problématiques majeures liées aux relations et modes de pouvoir dans la société en question ? 

 

F.B.D.L.M – Il est vrai que j’observe beaucoup les autres, est-ce cette nature qui m’a poussée à être psychiatre ou est-ce parce que je suis psychiatre que j’observe beaucoup les autres ? J’ai donc retenu depuis toutes ces années des scènes que j’ai reproduites mais que je propose dans le roman dans des décors différents tout en préservant le message que j’en ai retenu. Il existe toujours des lieux intéressants, outre le cabinet de psychothérapeute, pour observer les évolutions de la société, les rapports de forces entre les individus ou les clans, ainsi que les contradictions et le déchirement intérieur. J’ai surtout souhaité avec cet ouvrage et à travers ces observations sortir des clichés que les occidentaux ont l’habitude de lire au sujet des pays du Maghreb, décentrer le regard, fuir l’orientalisme et le misérabilisme. Ceux qui s’attendent à lire une histoire de mariage forcé ou de violences faites aux femmes, etc, ne trouveront rien de cela dans mon roman. J’aime montrer une Tunisie moderne, instruite, qui a réalisé l’impensable, qui a probablement été à l’origine d’un changement de repères total dans le paysage politique de la région et peut-être même du monde. Je considère que cette révolution est sous-estimée dans les bouleversements qu’elle a provoqués dans le monde.  Je tente de raconter dans L’odeur d’un homme, ce qu’elle a remué chez les Tunisiens-mêmes.  J’y évoque les questions du régionalisme, des transfuges de classe, de l’amour, des traditions, du rapport à l’occident etc. 


 

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Première de ouverture de l'essai « Une Arabe en France. Une vie au delà des préjugés » par l'essayiste Fatma Bouvet de la Maisonneuve aux Éditions Odile Jacob.

 

 

 

H.M – Fatma Bouvet de la Maisonneuve, comment êtes-vous arrivée à l’écriture à partir de la médecine et plus précisément de la psychiatrie ? Quel a été l’élément déclencheur voire le déclic qui vous a mis sur les bancs de la littérature comme façon d’agir ?

 

F.B.D.L.M – Avant d’écrire des fictions, j’ai écrit quatre essais autour de mon travail de médecin psychiatre et psychothérapeute, édités aux éditions Odile Jacob. Beaucoup, en lisant le dernier, Une Arabe en France, qui traite des conséquences psychiques du vécu en minorité de part et d’autre de la méditerranée, m’ont encouragée à écrire de la fiction, et cela a rejoint un rêve (j’ai toujours beaucoup lu et admiré les romanciers) et cette incitation m’a permis de raconter des histoires. J’entends tellement d’histoires dans mon cabinet qui font appel à tant de situations universellement partagées que j’ai toujours eu envie de les raconter. J’ai dans ma besace encore beaucoup de choses à écrire, mais je les radoucirai car la réalité est toujours pire que la fiction et je ne souhaite pas effrayer mes lecteurs mais les pousser à réfléchir autour des sujets qui me préoccupent. 


 

 

H.M – Au niveau des titres des chapitres, vous avez choisi l’anglais et l'arabe et vous faites allusion dès le premier chapitre à la chanson « Yes we can » = « Oui, nous pouvons » qui avait inspiré le discours de Barack Obama et avait marqué la campagne présidentielle américaine en 2008, en affirmant qu’il s’agit d’un simple credo très condensé qui résume l’esprit d’un peuple et la vision optimiste de l’avenir d’un pays. En quelques mots courts et simples, parvenez-vous à toucher du doigt une projection d’une réalité tunisienne optimiste et prometteuse en ces temps de crise sociale et économique après plus de dix ans de la « Révolution du Jasmin » ?

 

F.B.D.L.M – Je dois avouer que je suis pour la première fois très très préoccupée par la période que la Tunisie vit actuellement. Elle est critique à la fois sur le plan politique social et économique, mais aussi sur le plan intellectuel : quelle société pour le pays, comment et avec qui comme leader (homme ou femme) ?  Tout le monde n’a que cette question en tête. Il s’agit d’une question profonde puisqu’elle fait appel à des aspirations individuelles comme aux collectives. Jusque-là, je ne doutais absolument pas de la capacité de ce pays à se relever car il s’agit d’un peuple qui a toujours traversé les crises grâce aux consensus (il n’y a jamais eu de guerres civiles en Tunisie) et malgré la rudesse de la situation, je ne pense pas qu’il y en aura une. La jeunesse y est extrêmement active et créative, tout du moins celle qui reste. Mais la faim et la précarité augmentent bel et bien dans le pays et cela m’attriste mais atteint quelque peu mon optimisme. J’aurais vraiment souhaité répondre autrement…


 

 

H.M – You say you want a revolution est le slogan de votre deuxième chapitre. On sent la présence d’une cicatrice…mais très parlante sur le plan intellectuel, culturel, psychique, émotif. Est-ce bien tout cela qui participe à la construction de l’identité de l’écriture de Fatma Bouvet de la Maisonneuve ? 

 

F.B.D.L.M – J’aime beaucoup votre question. Je pense que lorsque l’on a les possibilités de changer les choses afin de les rendre plus justes, chacun à son niveau doit agir. Personnellement, je ne conçois pas mon passage sur cette terre comme un passage passif. Non pas que je me sente dotée d’une mission, mais j’exerce un métier où ma matière est celle de l’humain au sens le plus brut du terme et je sais que les dysfonctionnements font souffrir des êtres humains, nos semblables. Alors, j’essaie de ne manquer aucune occasion de souligner ce qui fait mal et ce qui est mal fait, à mon sens. Cette révolution en Tunisie, nous la voulions, mais nous étions à mille lieux de penser qu’elle ait lieu, seulement impossible n’est pas tunisien. Nous l’avons faite. J’ai connu les dictatures de Bourguiba et de Ben Ali, et je sais l’oppression que l’on ressent sous une dictature. Un souffle de liberté était bien présent en 2011, mais s’en sont est suivies des séquences tragiques, comme les assassinats de figures politiques de gauche qui participaient au débat collectif, puis des successions de dirigeants qui n’ont pas su redresser le pays. Tous s’attendaient à de la politique autrement, mais nous avons singé les autres démocraties qui vivent elles aussi une défiance de la part de leurs administrés. Bref, nous apprenons qu’une révolution met du temps à aboutir, il faut donc être patients, même si l’on est très déçus.  


 

H.M – Vous vous êtes engagée dans le combat féministe depuis des années. Quelle fut votre rencontre avec le féminisme ? 

 

F.B.D.L.M – J’ai grandi dans une famille très politisée et très gauche et le féminisme faisait partie du logiciel de notre éducation. Le féminisme est pour moi un élément inséparable du combat pour les droits humains. À mon sens, il n’est efficace que s’il est porté par les femmes et nos compagnons hommes. Nous ne pourrons jamais arriver à la parité sans impliquer les hommes dans la réflexion. 



 

H.M – Pensez-vous que le changement d’un régime politique est une action féministe et encore plus féminine dans la fiction que dans la réalité ? 

 

F.B.D.L.M – Je pense, et je ne suis pas la seule, que le pouls d’un pays se mesure à l’accès de ses femmes à l’éducation et à la santé. Je pense également que de par leur statut d’individus ayant constamment à franchir des obstacles et ayant pour habitudes d’être multitâches, les femmes sont plus visionnaires que les hommes. Dans un contexte de changement politique, ce sont toujours les femmes qui risquent de perdre plus que les hommes. S’il n’y avait eu la mobilisation de la société civile féministe lors de la rédaction de la constitution d’après la constituante, les femmes seraient défavorisées, d’ailleurs elles se sont penchées sur tous les autres problèmes de discriminations. L’espérance de vie des femmes étant plus importante que celle des hommes, les électrices sont plus nombreuses que les électeurs mais les dirigeants n’en prennent pas encore conscience. Donc je crois que les responsables politiques actuels ont tort de si peu considérer les femmes dans leurs programmes. Un jour très prochain, cela changera. En attendant, les nombreuses séries télévisées qui représentent des femmes au pouvoir vont donner l’habitude de voir des figures féminines aux commandes c’est certain. Mais ce n’est pas le cas aujourd’hui, même si dans la réalité, des femmes très courageuses dans le monde se jettent dans l’arène du machisme politique bien cruel, je l’ai expérimenté !   


 

H.M – Comment portez-vous la voix de la Tunisie d’aujourd'hui avec toute la complexité de son actualité et avec votre posture binationale ? 

 

F.B.D.L.M – Tout ce qui se passe en Tunisie me touche et me concerne au plus haut point. J’essaye d’en parler comme d’un pays en pleine ébullition, à l’image de l’Afrique entière. Une de mes préoccupations est de défaire les idées reçues, quelles qu’elles soient. Je profite donc de ce confort de connaître deux cultures pour défaire les clichés de part et d’autre de la méditerranée. Ma proximité avec l’imaginaire Français et celui du sud de la méditerranée me montre à quel point sans dialogue, les uns et les autres construisent des idées fausses au sujet les uns des autres. Je détricote sans cesse les préjugés. 


 

H.M– Vos références les plus fréquentes sont des personnalités politiques comme Barack Obama, Jacques Chirac… et même issues de la culture américaine sans oublier de signaler que le registre politique domine votre roman. Pourquoi ces choix énonciatifs et quel message avez-vous voulu transmettre ? 

 

F.B.D.L.M – La référence à Chirac se fait dans un contexte cynique, à l’image d’Inès, l’héroïne, au début du livre.  Celle faite à Obama, moins. Le point de départ du roman est la révolution tunisienne, mais en réalité il s’agit d’une révolution intérieure. Je dirais que la révolution a été un prétexte pour moi de parler du lien que l’on a avec son pays d’origine : l’enfance, de parler des désirs d’une femme, de l’authenticité et de montrer la sensualité de ce pays. Je trouve que la Tunisie est un pays sensuel. 


 

H.M – Le personnage féminin principal s’appelle « Inès ». Inès et Fatma sont-elles superposables et quelles sont leur référence majeure ?

 

F.B.D.L.M – Ce qui est le plus difficile et parfois même douloureux dans la fiction c’est de créer des personnages. Autant dans L’île aux mères, dont l’héroïne est Ève, que dans L’odeur d’un homme, où un des personnages principaux est Inès, j’ai choisi de rentrer dans la peau de personnes qui étaient à l’opposé de ce que je suis. C’est formidable comme voyage imaginaire, mais très difficile à transcrire et pourtant je passe ma vie à rentrer dans la tête des autres. Nous ne sommes donc absolument pas superposables, mais nous nous sommes retrouvées dans les mêmes situations sociales.


 

H.M – Êtes-vous comme Inès qui trouve « les Tunisiens hypocrites, faux jetons et roublards (…) en affirmant même qu’il s’agit bel et bien des « qualificatifs qui les unissent où qu’ils soient » ? 

 

F.B.D.L.M – Oh non, pas du tout ! Et je m’érige constamment contre ces qualificatifs et ces généralisations à l’emporte-pièce. Absolument pas ! Je vois pas mal d’hypocrites et de roublards de toutes les nationalités. Mais je voulais mettre en scène là, la détestation de soi des gens du sud, qui est un sujet important dans ma réflexion. 


 

 

© Crédit photo :  Première de ouverture illustrée du roman « L'île aux mères » par la romancière Fatma Bouvet de la Maisonneuve aux Éditions Au Pont 9.
 

 

 

 

H.M – Il y a aussi le mélange de plusieurs registres et langues. L’emploi des mots arabes minutieusement relevés du dialecte tunisien comme « jeddi », « Hamdoullah », « burnous », « l’ben » « L’Azouza » « couscous » est remarquablement marquant dans tous les chapitres. S’agit-il d’un travail recherché ou d’une écriture spontanée et naturelle ? 

 

F.B.D.L.M – J’y tenais absolument car je constate qu’il y a un problème chez un certain nombre d’européens avec l’acceptation de la langue arabe. J’ai donc voulu l’imposer. Mon modèle d’écriture est Chimamanda Ngosi Adichi, qui, elle a su imposer les différents dialects nigérians dans ses livres. Il s’agit d’une volonté spontanée, disons spontanément recherchée. 


 

H.M – Quelle a été l’importance de la coexistence de plusieurs cultures au sein d’une même société et quel est le rôle du métissage culturel et de la polyvalence dans votre carrière d’écrivaine ?


 

F.B.D.L.M. – Un rôle majeur à la fois confortable et difficile. Car il n’est pas aisé dans l’intimité d’une relation amicale de trouver des personnes sensibles aux deux humours, connaissant les classiques des deux cultures etc. Il est difficile de convaincre de sa bonne foi de ne pas vouloir faire le choix d’une culture par rapport à une autre, sans compter d’autres cultures encore que j’ai eu la chance de découvrir par mes voyages et qui m’inspirent.  D’autre part, je me sens très forte de ces deux sensibilités et cela me permet de m’affranchir des codes. L’écriture m’a permis une liberté que je ne connaissais pas auparavant, la liberté étant une de mes quêtes de vie. J’ai déjà ressenti quelques formes de liberté, mais jamais celle de créer un monde. Alors s’il s’agit de créer un monde à deux voire à plusieurs voix, imaginez un peu ma jubilation ! 

 

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Pour citer cette entrevue illustrée & inédite

 

Hanen Marouani, « Fatma Bouvet de la Maisonneuve : “Le féminisme est pour moi un élément inséparable du combat pour les droits humains.” », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières » & Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels ou fictifs », n°2, volume 1, mis en ligne le 30 avril 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/marouani-fatmabouvetdelamaisonneuve

 

 

 

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Dernière modification de la page :  le 5 mai 2023.

 

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Retour au sommaire du N°2

27 avril 2023 4 27 /04 /avril /2023 15:18

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | III. Anthologie « Lyres printanières » | Astres & animaux

 

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​​​ Colores Atmosféricos /

 

 

Couleurs Atmosphériques

 

 

 

 

 

 

Poème & dessin printanier de

 

Catherine Gil Alcala

 

 

Dramaturge, poète & Artiste

Site officiel : www.lamaisonbrulee.fr/

 

 

 

​​​​© Crédit photo :  Catherine Gil Alcala, "Spectre Solaire", technique pastel sur papier 50x65cm, 2019.

 

 

 

 

Colores Atmosféricos

 

 

 

Fantasmas polvorientos parpadean en los rayos del sol

Un suspiro verde extraterrestre enfría mi cabeza rubicunda

El niño nube flota sobre las aguas milagrosas del cielo

Lágrimas azules de metileno apagan un desierto de oro amarillo

Un rayo púrpura zigzaguea por el horizonte nebuloso

El pájaro del trueno bebe el licor rojo de la tormenta

La luz y la oscuridad colisionan en la furia atmosférica  

La nave de los locos zozobra en el cielo de todos los colores gritando

La página de un blanco silencio se desliza sobre el universo

Una víbora arco iris se enrosca en el cielo descolorido

 

 

 

 

 

Couleurs Atmosphériques

 

 

Des fantômes poussiéreux clignotent dans les rayons du soleil

Un soupir vert extraterrestre rafraîchit ma tête rubiconde

L'enfant nuage dérive sur les eaux miraculeuses du ciel

Des larmes bleues de méthylène désaltèrent un désert d'or jaune

Un éclair violet zigzague sur l'horizon nébuleux

L'oiseau Tonnerre boit la liqueur rouge de l'orage

La lumière et la ténèbre s'affrontent dans la fureur atmosphérique

La nef des fous chavire dans le ciel de toutes les couleurs criardes

La page d'un blanc silence glisse sur l'univers

Une vipère arc-en-ciel s'enroule autour du ciel décoloré

 

 

 

© Catherine Gil Alcala. Ces poème et dessins inédits paraîtront également dans le numéro PRINTEMPS-ÉTÉ de 2023 de la revue paritaire, féministe, multilingue & paritaire de poésie IRIS ET MÊTIS (parution uniquement imprimée).

 

Mini-Biographie de​​​​​​

CATHERINE GIL ALCALA. Poésie, théâtre, performance, arts plastiques...les frontières sont poreuses, les arts s'interpénètrent... Catherine Gil Alcala a commencé à dessiner dans la continuité des répétitions d'un théâtre d'images qui était un théâtre du rêve.

Par la suite, ce théâtre du rêve devient une écriture foisonnante d'images et de sonorités qu'elle publie aux éditions La Maison Brûlée.

Ses écritures ont été jouées au théâtre et ont fait l'objet de performances musicalopoétiques, de même, elle conçoit des expositions d'œuvres plastiques et de poèmes et participe à des festivals intercontinentaux.

Site Internet : www.lamaisonbrulee.fr/

 

© C. Gil Alcala

 

 

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Pour citer ces poème bilingue & dessin colorés & inédits

 

Catherine Gil Alcala (poème bilingue espagnol-français & dessin inédits), « Colores Atmosféricos/Couleurs Atmosphériques », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 27 avril 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/catherinegiilalcala-couleurs

 

 

 

 

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24 avril 2023 1 24 /04 /avril /2023 16:53

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | I. Anthologie «  Étrangères » | Astres & animaux

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Chasse à la lune

 

 

 

 

 

 

 

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

 

 

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Crédit photo : Léon Printemps, "Parfum du soir", domaine public, capture d'écran de Commons.

 

 

 

Je traque la lune.

Au-dessus de la cime des arbres, sa couleur blanche cendrée

au milieu d’une nuit ardente d'octobre

maintenue par des fuseaux de doute. 


 

Une quiétude – une pâleur jusqu'aux contours de nos yeux –

dans laquelle

aucune feuille ne se retire.


 

Nous sommes des étrangères

dans le monde de l'automne.


 

Nous avançons, les mains dans le dos 

attachées avec des tiges de fleurs séchées,

prisonnières d'une saison bruissante

 

que nous regardons au loin 

à travers la lunette 

d'une étoile.

 

 

 

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Pour citer ce poème inédit & engagé

 

Irina Moga, « Chasse à la lune », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 24 avril 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/irinamoga-chassealalune

 

 

 

 

 

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24 avril 2023 1 24 /04 /avril /2023 15:49

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | II. Anthologie « Frontières du vivant » | Astres & animaux

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​​​Fin ouverte

 

 

 

 

 

 

Irina Moga

 

Site Web :

http://www.irinamoga.com/

 

 

 

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Crédit photo : " Cerisier en fleurs", domaine public, capture d'écran de Commons.

 

 

 


 

Tu as évolué vers un cycle plus calme dans ta vie

Tu es venu pour rencontrer la fin d'un scénario plus simple.

 

Le nom du ciel déguisé en mendiant

la liberté de ne rien posséder

d'accepter tout 

 

l'étrange région de l'esprit où les cerisiers en fleur 

dispersent toujours leur parfum, jusqu'à tard dans la nuit

 

le confessionnal juxtaposé 

d'une semaine de fin novembre exceptionnellement chaude 

 

passé à danser dans de nouvelles sandales

parmi des éclats de verre vert.

 

 

 

© Irina Moga, ce poème inédit paraîtra aussi dans le numéro PRINTEMPS-ÉTÉ de 2023 de la revue paritaire, féministe, multilingue de poésie IRIS ET MÊTIS (parution uniquement imprimée).

 

 

 

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Pour citer ce poème inédit

 

Irina Moga, « Fin ouverte », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 24 avril 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/irinamoga-finouverte

 

 

 

 

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24 avril 2023 1 24 /04 /avril /2023 10:40

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | III. Anthologie « Lyres printanières » | Astres & animaux

 

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​​​ La Saga des couleurs

 

 

 

 

 

 

Poème & dessins printaniers de

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

© ​Crédit photo : Maggy de Coster, série de dessins colorés intitulée "La Saga des couleurs" pour "Lyres printanières" & "Poésie des couleurs", image no 1.

 

 

 

 

 

 

 

Un jet de lumière

Dans l’opale du jour

Charme suranné

Qui décoiffe le temps

 

 

Nitescence des fibres solaires

Qui tissent le tapis de l’aurore

Insondable mystère

De l’univers

 

 

 

 

© ​Crédit photo : Maggy de Coster, série de dessins colorés intitulée "La Saga des couleurs" pour "Lyres printanières" & "Poésie des couleurs", image no 2.

 

 

Bleu comme l’indigo

Des lointains horizons

Rouge comme le cramoisi

Véritable saga des coloris

 

 

Rouge feu

Feu de l’imagination

Jeu d’ombre et de lumière

Alchimie des couleurs

 

 

 

© ​Crédit photo : Maggy de Coster, série de dessins colorés intitulée "La Saga des couleurs" pour "Lyres printanières" & "Poésie des couleurs", image no 3.

 

 

Tendre complicité

Des couleurs

Dans les ciels du peintre

De rêves balisés

 

 

Vision d’arc-en-ciel

Dans l’émeraude

Des jardins suspendus

Tel un accord de principe


 

 

 

© Maggy DE COSTER, ces poème et dessins inédits paraîtront aussi dans le numéro PRINTEMPS-ÉTÉ de 2023 de la revue paritaire, féministe, multilingue & paritaire de poésie IRIS ET MÊTIS (parution uniquement imprimée).


 

 

***

 

 

Pour citer ces poème  & dessins colorés & inédits

 

Maggy De Coster, « La Saga des couleurs », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 24 avril 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/mdc-sagadescouleurs

 

 

 

 

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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