17 novembre 2020 2 17 /11 /novembre /2020 12:33

 

 

Événements poétiques | Calendrier poéféministe contre le féminicide | Janvier 2021

 

 

 

 

 

 

 

Féminicide

 

 

 

  

 

Sarah Mostrel

 

Site : www.sarahmostrel.online.fr 

Facebook www.facebook.com/sarah.mostrel

 

 

© Crédit photo : © Sarah Mostrel, Prière

 

 

 

JANVIER 2021

 

LUNDI  MARDI  MERCREDI  JEUDI  VENDREDI  SAMEDI  DIMANCHE
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À la mémoire de 146 femmes

 

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, Elle ne sait plus.

 


 

Comment ose-t-on 

ôter la vie d’un être

Souvent plus fragile 

plus faible

 

 

Abuser d’elle

User de la force

La mettre à terre

L’anéantir ?

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, Elle se tait.

 

 

 

Comment ose-t-on

Lever la main sur elle

La violenter

Attaquer ses enfants

 

 

Se conduire comme un barbare

Assoiffé de pouvoir

Pauvre fou dangereux

Narcissique

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, ​​​​​Elle pleure.

 

 

 

Il veut qu’elle se soumette

Il ne sait rien obtenir autrement

Il est incapable de se faire aimer

Et bien sûr incapable d’aimer

 

 

Quelle satisfaction a l’homme violent

Handicapé des sens

À contraindre, obliger

L’autre à lui obéir ?

Pour assouvir sa frustration

Son incompétence, sa tare

Il sévit, frappe, boit, tabasse

Il est une bête

 

 

Des femmes se rendent à la police

Elles avisent

Préviennent

« Il va me tuer »

 

 

On ne les croit pas

On leur dit : « Sauvez-vous ! »

« Allez dans des associations ! »

Comme si c’était facile

 

 

Elles ont peur

Elles ont déjà eu beaucoup de courage 

pour dénoncer

Elles ont reçu des menaces

 

 

© Crédit photo :  Sarah Mostrel, stop. 

 

 

 

Les représailles seront terribles

Le chantage est permanent

Il jure, il s’excuse

Il ne recommencera plus

 

 

Il l’aime

Elle ne le croit pas

Mais elle est perdue, seule

Sa gentillesse, sa patience, son enfance peut-être

 

 

Tout cela a concouru à sa fragilité

Elle n’est pas armée contre l’infâmie

Elle est dans l’empathie

Jamais elle n’aurait pensé…

 

 

Mais il est trop tard.

Le coup est parti

Le crime a été prémédité

En 2019, le nombre de féminicides a augmenté de 21% en France




 

Comment ne pas avoir peur 

De ces dangereuses bêtes

 

Car le bourreau n’a rien d’un homme

Il est un animal*.

 

©SM, 2020.

 

 

* Cet éclairage est proposé par la revue "LE PAN POÉTIQUE DES MUSES" : les termes "barbare", "bête" et "animal" et l'expression "Handicapé des sens" sont utilisés dans ce poème pour témoigner de ce que se dit sur le meurtrier auteur d'un féminicide ; une représentation assez courante et parmi d'autres de l'assassin. Cet emploi ne vise pas de blesser des êtres sensibles...

 

***

 

Pour citer ce poème féministe illustré

 

Sarah Mostrel (texte et peintures), « Féminicide », poème et illustrations inédits, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :   Événements poétiques|Calendrier poéféministe 2021 pour lutter contre les violences faites aux femmes et particulièrement le féminicide, mis en ligne le 17 novembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/calendrierpoefeministe2021/sm-janvier-feminicide

 

 

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4 novembre 2020 3 04 /11 /novembre /2020 14:53

Hommage poéféministe | Textes poétiques

 

 

 

 

Complainte sur un horrible assassinat

 

commis par un fanatique, qui a

 

éventré sa femme enceinte, par

 

l'instigation des mauvais prêtres, 1797.

 

​​​​​

 

​​

 

Le Troubadour républicain

 

Poème choisi, transcrit, remanié, mis en français moderne & commenté brièvement pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Commentaires brefs :

 

Ce poème d'un fait-divers est un témoignage poignant daté de la fin du XVIIIe siècle sur les méfaits atroces et criminels du fanatisme religieux. S'il narre avec effroi et horreur sans toutefois s'attarder sur les détails les plus affreux le récit de ce que l'on qualifie de nos jours de « féminicide », le texte récite une élégie d'un horrible d'un attentat. Pour le moment, on sait peu de chose sur l'identité du poète-témoin auteur de ce qu'on qualifie du Poème-fait-divers ou (de l'élégie du fait-divers ou encore de l'élégie d'attentat) et de la lettre qu'il accompagne. Il se qualifie toutefois du « Troubadour républicain » ayant à cœur de dénoncer simultanément les ravages du fanatisme religieux et sa peur des représailles... Le poète-témoin en question peut être le directeur de la publication du journal cité "Le Troubadour républicain". En tous les cas, le poète élégiaque a eu le courage de dénoncer les conséquences néfastes du fanatisme sur les esprits les plus fragiles et non armés par l'esprit critique mais il n'était pas en mesure d'afficher son identité par crainte pour sa propre sécurité. Le poète-journaliste auteur du texte nous a transmis sans le savoir un précieux témoignage sur la condition des femmes qui vivaient en fin du siècle des Lumières. Le chant de cet affreux meurtre commis à l'encontre d'une femme enceinte perpétue le questionnement sur les origines multiples des violences faites aux femmes.

Si l'on reproduit cette complainte ici, c'est pour témoigner à notre tour des violences meurtrières commises au nom des religions et des croyances mêmes politiques... Et enfin pour ne pas nous leurrer sur la nécessité de nous rappeler incessamment la nécessité d'éclairer et d'éduquer aussi les esprits dans notre siècle pour éviter ce genre de crimes....

 

 

Le texte reproduit ci-dessous provient du périodique "Le Troubadour républicain", Complainte sur un horrible assassinat commis par un fanatique, qui a éventré sa femme enceinte, par l'instigation des mauvais prêtres, 1797. Cet opus appartient au domaine public.

 

 

[Sur l']Air de la Romance de Daphné

 

 

 

De nos prêtres réfractaires,

Peuple, connais les fureurs

Et les projets sanguinaires,

Qui du culte de nos pères

Signalent les orateurs.


 

Au village de Tulendre,

Deux époux vivaient heureux ;

Leurs cœurs avaient su s'entendre,

L'épouse était chaste et tendre,

L'époux était vertueux.


 

Mais l'épouse au monastère

Sous le voile avait vécu.

À la voix d'un réfractaire,

De sa paisible chaumière

Le bonheur a disparu.


 

Le cœur navré de tristesse,

Elle invoquait l'éternel.

À son aspect qui le blesse,

Le prêtre interrompt sa messe

Et s'éloigne de l'autel.


 

C'est un monstre abominable,

Dit-il, qui souille ce lieu.

Sacrilège épouvantable !

C'est la pâture du Diable

Qu'il faut jeter vive au feu.


 

Le peuple, à sa voix cruelle,

S'en écarte avec frayeur,

L'époux ne voyant en elle

Qu'une femme criminelle,

La repousse avec horreur.


 

Mais la rage forcenée

Du prêtre rebelle aux lois,

Veut trancher sa destinée,

Et, pourtant l'infortunée

Est enceinte de six mois.


 

Étouffe avant sa naissance,

Dit-il, cet enfant proscrit,

Arrache-lui l'existence

Ou du ciel crains la vengeance ;

Cet enfant est l'AntéChrist.


 

À la voix du réfractaire,

L'époux croit venger son Dieu ;

Pour frapper, dans sa colère,

Et son enfant et la mère,

Il choisit la Fête-Dieu.


 

En secret, sur une échelle

Il l'attache avec effort,

Sans nulle pitié pour elle ;

Bientôt sa main criminelle

Saisit l'instrument de mort.


 

Mais de ce forfait atroce

Comment faire le récit ?

Ô crime ! Ô monstre féroce !

Voilà donc du sacerdoce

Et les vertus et l'esprit.


 

Vers lui l'épouse timide

Tourne des yeux suppliants

Le monstre, nouveau Séide,

Lève la fourche homicide

Et la plonge dans ces flancs.


 

Bientôt ses dents déchirantes

La mettent au monument :

De ses entrailles fumantes

Des mains de sang dégoûtantes

Vont arracher son enfant.


 

Je frémis !.... ma voix expire !

Ô peuple ! voilà ton sort !

De tes prêtres crains l'empire !

Vois pour tout ce qui respire

Ou l'esclavage ou la mort !


 

Aux cris des énergumènes

Tu verras renaître ici

Les Vêpres siciliennes,

Le massacre des Cevennes,

Et la Saint-Barthélemy.


 

Par le Troubadour républicain.*

 

* Extrait littéral du Journal intitulé : la Clef du Cabinet des Souverains, n°. 159.

 

    Le crime consigné dans la lettre qu'on va lire nous a fait une telle horreur, que malgré la véracité de l'homme qui l'a signée, en toute lettre, nous avons hésité avant de l'insérer dans notre journal ; mais il faut que le gouvernement sache que, ne trouvant que, ne trouvant que trop d'excuses dans les atrocités du fanatisme révolutionnaire, le fanatisme religieux se relève armé de tous ses poignards, et que nous disions aux prêtres restés fidèles à l'évangile, que s'ils n'évitent le précipice où nos modernes apôtres veulent les entraîner, ils perdront entièrement, en France, la religion et ses ministres.

 

    De Tulendre, commune de Monton, près de Clermont, département de Puy-de-Dôme, le 3 messidor, an 5.

 

        Citoyen,

    Je vous prie d'insérer dans votre journal le fait suivant qui m'a fait pâlir d'effroi. Une malheureuse fille, ci-devant religieuse, mariée depuis environ trois ans, heureuse tant que les prêtres n'étouffaient point le flambeaux de la raison, vient d'expirer dans les tourments les plus douloureux, assassinée de la manière la plus cruelle par son mari.... Ce monstre, à force d'entendre dire partout ce qui l'entourait que son mariage était un sacrilège, et que sa femme méritait d'être brûlée en place publique, la mène dans sa grange, après la bénédiction, le 27 prairial, jour de la fête-Dieu, l'attache à une échelle, lui enfonce à plusieurs reprises une fourche de fer dans les parties sexuelles, et lui arrache l'enfant dont elle était grosse de six mois.

    Forcée de courber la tête sous le joug de l'opinion locale, je désire de garder l'anonymat, n'ayant point le courage de me vouer à la proscription.

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Le Troubadour républicain, « Complainte sur un horrible assassinat commis par un fanatique, qui a éventré sa femme enceinte, par l'instigation des mauvais prêtres, 1797 »,   poème choisi, transcrit, remanié, mis en français moderne & commenté brièvement par Dina SahyouniLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesHommage poéféministe au professeur Samuel Paty, mis en ligne le 4 novembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/21octobre/ltr-complainte

 

 

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14 juillet 2020 2 14 /07 /juillet /2020 16:26

Megalesia 2020 | Critique & réception | Revue Matrimoine | Revue culturelle d'Europe

 

 

 

Dix portraits de femmes en lutte

 

contre l'esclavage

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies* de

 

Claude Menninger

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image de l'affiche de l'exposition "Dix femmes puissantes. Portraits de femmes en lutte contre l'ésclavage colonial", 2020. 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Musée Victor Schoelcher", 2020. 

 

                              

Alors que deux statues de l'abolitionniste Victor Schoelcher viennent d'être déboulonnées en Martinique dans le contexte polémique de la mort de George Floyd, il apparaît essentiel de renouer avec l'Histoire. L'espace muséologique Victor Schoelcher situé à Fessenheim en Alsace s'emploie à mettre en lumière « Dix femmes puissantes » en accueillant dans ses murs une exposition conçue pour le Mémorial de la Ville de Nantes dans le cadre de la journée nationale des mémoires des traites négrières, de leur esclavage et de leur abolition.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Buste de Victor Schoelcher", 2020. 

 

 

Les femmes ont été discriminées non seulement parce qu'elles étaient des femmes mais davantage encore parce qu'elles étaient noires et esclaves. Parmi les 12 à 13 millions d'Africains déportés, on compta un tiers de femmes. Bien que minoritaires, elles ont constitué une force sociale et culturelle fondamentale.

C'est dans la plus vieille maison du village magnifiquement restaurée que se tient le musée Victor Schoelcher. Fils du manufacturier du même nom, le jeune homme parcourut inlassablement le monde, fut membre de sociétés abolitionnistes du XIXème siècle à l'instar de son ami Victor Hugo avant d'être nommé Secrétaire d’État dans le gouvernement provisoire d'Arago. Victor Schoelcher fut l'initiateur du décret du 27 avril 1848 qui abolit définitivement l'esclavage alors que Napoléon Bonaparte l'avait rétabli en 1802 après la restitution de la Martinique à la France. Soutenu par l'ONU, ce musée situé en Alsace fait partie des cinq sites de « La Route de l'Esclave » du Grand Est.

 

© Crédits photos :  Claude Menninger, "Menottes", "Billet de banque représentant Harriet Tubman", 2020.

 

 

Parmi les dix femmes présentées au musée, on retrouve Sanité Belair originaire d'Haïti qui combattit en uniforme en tant qu'officier lors de la Révolution haïtienne aux côtés de Toussaint Louverture. Condamnée à mort, elle ne pouvait être passée par les armes en tant que femme, mais le bourreau n'ayant pas réussi à la décapiter, elle fut fusillée tout comme son compagnon. Une statue érigée sur l'île de La Réunion célèbre le courage de l'esclave maronne Héva, véritable icône de la cause noire, elle sert d'allégorie pour représenter la femme réunionnaise originelle, elle a inspiré de nombreuses œuvres littéraires. Claire en Guyane française fut une esclave rebelle qui fut suppliciée puis pendue en présence de ses propres enfants, Dandara devint une figure légendaire au Brésil après s'être jetée dans le vide pour ne pas revenir à sa condition d'esclave ...Cudjoe Queen Nanny est vénérée en Jamaïque pour avoir aidé les esclaves à se libérer en employant la technique des guérilleros, son portrait figure sur un billet de banque ! En Guadeloupe, les habitants se souviennent de la Mulâtresse Solitude qui représente toutes les femmes et mères car elle fut suppliciée et mise à mort le lendemain de son accouchement.. L'abolitionniste américaine Sojourner Truth gagna le premier procès  intenté par une femme noire pour récupérer son fils ! Cette femme hors du commun montait dans les tramways interdits aux Noirs bien avant Rosa Parks et prononça un discours en 1851 intitulé « Ne suis-je pas une femme ? » à la National Women's Right's Convention.

Anne Zinga, reine du Ndongo et du Matamba de 1582 à 1664, l'actuel Angola,  disposait d'un pouvoir absolu. Fine stratège, elle tint tête aux Portugais en refusant de leur livrer les 13000 esclaves qu'ils exigeaient, elle évita ainsi la colonisation de son pays.

Parmi les femmes abolitionnistes, n'oublions pas l'avant-gardiste Olympe de Gouges, membre de la société des Amis des Noirs, auteure de la Déclaration des Droits des Femmes qui dénonça l'esclavage dans sa pièce intitulée « Zamore et Mirza », ce qui lui valut des menaces de mort de la part de propriétaires d'esclaves.

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, "Anne Zinga (à gauche), Sojourner Truth (à droite)", 2020. 

 

 

Quant à l'Anglaise Anne Knight, féministe convaincue, elle n'hésita pas à faire du porte à porte pour défendre la cause des Jamaïcains et à révéler ce qui se cachait derrière les récoltes de canne à sucre. Les habitants lui rendirent hommage en accolant son nom à une ville de Jamaïque qu'ils baptisèrent « Knightsville ».

 

 

© Crédit photo :  Claude Menninger, 

"Nanny (2e à droite), Héva (à droite)", 2020.

 

 

Mais rappelons que si la traite occidentale ou atlantique a concerné 11 à 13 millions de personnes depuis le XVIIe siècle, la traite orientale  à destination du monde arabo-musulman compté plus de 17 millions d'esclaves ! Quant à la traite intra-africaine, les historiens dénombrent 14 millions de personnes dont une partie était revendue à des Européens ou des Arabes. ARTE vient de diffuser un excellent documentaire à ce sujet, nul doute que le travail de mémoire est encore long et ardu !

 

Par ailleurs le président Barack Obama qui proposait d'honorer Harriet Tubman en créant un billet de banque à son effigie n'a pas pu voir son souhait se concrétiser.  Donald Trump en a décidé autrement en offrant un « clin d'oeil aux blancs » sous le prétexte que cette décision est « politiquement non correcte » ! Harriet Tubmann née en 1822 dans le Maryland fut vendue à 6 ans comme femme de ménage et passa de maître en maître. Elle s'enfuit lors de la guerre de Sécession, se retrouva en Pennsylvanie et soutenue par l'Underground Railroad, un réseau de sympathisants de la cause Noire en 1840, elle devint celle qu'on appelle encore aujourd'hui « La Moïse Noire ». Elle aida plus de 70 esclaves à s'enfuir et ce billet inédit dans l'Histoire américaine qui devait voir le jour en 2020 est annoncé de façon aléatoire par le secrétaire au Trésor pour 2028….

 

Autant dire que cette exposition enrichissante tombe fort à propos ! Bien documentée, elle apporte un éclairage essentiel sur l'esclavage colonial en mettant à l'honneur des femmes d'exception qui ont payé un lourd tribut pour défendre leur liberté et leurs idées. 

Il nous incombe aujourd'hui d'entretenir leur mémoire et d'accorder une réelle reconnaissance à ces héroïnes souvent oubliées, voire totalement méconnues.

 

 

 

 

 

*Les photos ont été prises au musée Victor Schoelcher par Claude Menninger sauf le billet de banque représentant Harriet Tubman et l'affiche de l'expo avec le beau portrait en couleur de la reine Zinga.

 

Commentaires de Philippe PICHOT sur cet article suivis de trois liens vers les références citées par le commentateur** :

 

 

Merci pour votre message et la mise en ligne de votre article faisant référence à l'exposition sur les femmes en lutte contre l'esclavage et présentée à Fessenheim cet été.

Votre revue étant plus spécifiquement axée sur le rôle des femmes je vous précise que le Réseau Mémoire des abolitions de l'Esclavage - Pôle mémoriel national de l'Est de la France et Suisse inclut deux sites spécialement dédiés à l'action remarquable de deux femmes dont l'action mérite d'être connue: Anne-Marie Javouhey émancipatrice des noirs captifs de traite en Guyane et Germaine de Staël qui mobilisa le groupe de Coppet contre la traite au Congrès de Vienne en 1815, lesquelles ont produit chacune dans leur style et actions, des textes remarquables contre cette tragédie.

Vous retrouverez leurs histoires sur notre site.

 

 

Philippe PICHOT

Projet « Mémoire des abolitions de l’esclavage - Pôle mémoriel national de l’Est de la France ».

Site : www.abolitions.org

Membre du Comité National Pour la Mémoire et l’Histoire de l’Esclavage en France de 2009 à 2019.

Expert auprès de l'Unesco sur les lieux de mémoire lié à l’esclavage.

22, rue Pierre Dechanet – 25300 PONTARLIER - FRANCE.

 

** Les commentaires et liens susmentionnés ont été ajoutés à l'article le 23 juillet 2020 par la rédaction de la revue.

 

***

 

Pour citer ce texte

​​​​Françoise Urban-Menninger, « Dix portraits de femmes en lutte contre l'esclavage colonial », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 14 juillet 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/fum-femmesenlutte

 

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24 février 2018 6 24 /02 /février /2018 18:01

 

Megalesia 2018 | Florilège de poèmes sur les violences faites aux femmes

 

 

Poésie engagée

 

 

 

 

XLII Femmes

 

 

 

Pascal En Rimes

 

 

 


Malmenées et maltraitées partout dans le monde,

entre barbarie et actes immondes ;

violées, lapidées, ou bien emprisonnées,

tant de femmes sont victimes d'atrocité.

Victime de harcèlement moral ou bien physique,

menant doucement à la pensée mélancolique ;

sujet de raillerie et de moquerie permanente,

misogynie et mesquinerie insultante.

De la part de l'homme primaire,

de sa pensée amère.

À travers toutes les femmes de ce monde,

je ne vois qu'un être humain ;

l'égal de l'homme, c'est sûr et certain,

même si cela mène à la fronde.

 

© PER

 

Calendrier poétique | Événements poétiques

 

***

Pour citer ce poème féministe & inédit 
 

Pascal En Rimes, « XLII Femmes », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Le Festival Megalesia 2018, Le Printemps des Poètes au féminin & « Le calendrier 2018 des poèmes pour lutter contre les violences faites aux femmes, enfants & minorités », mis en ligne le 24 février 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/megalesia/xlii-femmes

 

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 13:00

 

Compte-rendu de lecture

 

Devenir poétesse à la Belle Epoque de Patricia Izquierdo


(éd. l’Harmattan, collection « Espaces littéraires », Paris, 2010)

 

  Camille Aubaude

Texte reproduit avec l'aimable autorisation de l'autrice

 

http://www.prologue.ca/DATA/LIVRE/grande/H10845~v~Devenir_poetesse_A_la_belle_epoque_-_etude_litteraire_histo.jpg
Crédit photo : Couverture illustrée de l'éditeur


Devenir poétesse à la Belle Epoque de Patricia Izquierdo interroge un phénomène littéraire exceptionnel, bien qu’occulté par le mouvement surréaliste qui lui a succédé : l’éclosion de talents poétiques féminins à l’aube du XXe siècle, « l’invasion » ont écrit les critiques, car on n’avait jamais vu autant de femmes écrire de la poésie, à une époque où ce genre connaissait un essor considérable. Etayé par l’excellente thèse de Patricia Izquierdo sur Les conditions et les modalités de l’essor de la poésie féminine d’expression française (1900-1914)1, cet essai littéraire, historique et sociologique retient quatorze poétesses des années 1900, et offre une lecture significative de soixante-cinq recueils publiés entre 1900 et la Première Guerre Mondiale, il y a juste un siècle. Un des prolongements de la redécouverte de ces poétesses est la création par Patricia Izquierdo de l’association des Amis de Lucie Delarue-Mardrus2, qui a mis en place le premier colloque international, « Art, genre, société », à Paris, afin d’appliquer la notion de genre dans la critique littéraire3.


La démarche novatrice adoptée par Patricia Izquierdo met à jour les liens complexes que les autrices entretiennent avec les genres littéraires, et leur façon de se situer face aux clichés du discours critique masculin : « d’abord « la littérature féminine est Mimesis, non Poiesis »4, avec la valeur de « sincérité » qui lui est attachée, ensuite, le mouvement d’émancipation des femmes justifierait l’appropriation du genre poétique par les femmes, et, ultime cliché, « la femme de lettres est « murée en elle » », et qui plus est, « condamnée à la prolixité ». Ces thématiques totalement piégées par des présupposés idéologiques reliant la Femme à la Nature sont brillamment réfutées par Patricia Izquierdo au profit de l’étude des mécanismes de création et de diffusion de ces œuvres de femmes.

Le titre mystérieux rend à la fois hommage à Beauvoir et sous-entend un apprentissage pour la femme qui se consacre à l’art poétique5. C’est une quête de l’individualité de chaque poétesse que cette étude richement illustrée et argumentée donne à voir. Anna de Noailles, « la comtesse socialiste » qui connut la célébrité dès la parution de son premier recueil, Le Cœur innombrable, en 1901, et fut saluée par Apollinaire comme un « authentique poète », est mise en relation avec ses contemporaines, telles que Lucie Delarue-Mardrus, dont les multiples talents la rendirent aussi très célèbre de son vivant et Judith Gautier, dont on découvre la philosophie, « un art de penser et de vivre »6 judicieusement associés aux pensées de Nathalie Barney. Gérard d’Houville, la fille de José Maria de Hérédia, symboliste très exigeante, Marguerite Burnat-Provins, Suissesse d’adoption, à la fois poète en prose et peintre, trouvent leur place aux côtés de Renée Vivien, dont la poésie fait justement autorité en matière de génie féminin. L’expression de Charles Maurras, « le romantisme féminin », ne suffit plus à rendre compte de ces destins et courages exceptionnels. Elle apparaît aussi simplificatrice qu’elle rendait démodées ces œuvres poétiques réussies de diverses manières.


Nous ne devons pas oublier les autres poétesses, moins connues, Marie Dauguet, Amélie Murat, Cécile Périn, Hélène Picard, Cécile Sauvage, Marie Krysinska, Polonaise et juive qui contribua à la reconnaissance de la poésie en vers libre, mais n’est pas encore appréciée à sa vraie valeur. Jean Dominique, la Belge symboliste, ciselait ses poèmes comme des mélodies douces. En étudiant le phénomène « insidieux et efficace » qui décourage les femmes à investir les domaines intellectuels et critiques, Patricia Izquierdo réhabilite « la poétesse » et retrace ses avatars ou ses anamorphoses dans des œuvres qui n’appelleront jamais une interprétation univoque.


La recherche stylistique parfois acharnée de ces femmes ambitieuses et pugnaces explique leur épanouissement exceptionnel dans un Art où elles incarnaient l’Autre7. La redécouverte des œuvres passe par leur lecture. La thèse de Patricia Izquierdo présentait une anthologie dans le deuxième tome, dont une lecture vient d’être donnée dans une grande librairie parisienne8 dans l’attente de sa publication. Le talent, l’audace et les destins exceptionnels de ces véritables « femmes de lettres », nous invitent à lire Actes et Entr’actes de Natalie Barney, Par l’amour de Marie Dauguet, Les Fresques d’Hélène Picard, et encore Le Livre pour toi de Marguerite Burnat-Provins, Par vent et maréesde Lucie Delarue-Mardrus, les dix recueils de Renée Vivien récemment réédités9, ainsi que Les Innocentes ou la sagesse des femmes d’Anna de Noailles10, grâce aux efforts du Cercle Anna de Noailles, fondé par Alexandre d’Oriano, à Paris, en 2008. L’étude de Patricia Izquierdo sur le contexte socioculturel d’œuvres poétiques féminines, qui retrace aussi des parcours individuels d’une richesse et d’une diversité extrêmes, est appelée à trouver sa juste place auprès de ces écrits en voie d’être réédités.

 


 

Notes

 

1 Soutenue à Bordeaux en 2004, sous la direction de Mireille Dottin-Orsini, spécialiste de « la femme fatale » au tournant du vingtième siècle.

2 Créée à Nancy, en sept 2007. Voir le site http://www.amisldm.org

3 En janvier 2010, au Reid hall, Columbia university of Paris et Barnard collège.

4 Devenir poétesse à la Belle Epoque de Patricia Izquierdo, op. cit., page 68.

5 Voir Camille Aubaude, « Nommer un métier : la poétesse », dans Voi(es)x de l’Autre : poètes femmes XIXe-XXIe siècles, Presses universitaires Blaise Pascal, publications du CELIS, coll. Littératures, Clermont-Ferrand, 2010, actes du colloque international qui s’est tenu à la MSH de Clermont-Ferrand en novembre 2007 et qui soulevait la question du rapport entre la poésie écrite par des femmes et la notion d’altérité.

6 Patricia Izquierdo, op. cit., page 103.

7 Dans le prolongement du colloque international « Voi(es)x de l’Autre », le séminaire « Poésie au féminin », qui débutera en novembre 2010 sous la responsabilité de Patricia Godi, se déroulera en alternance avec le séminaire « Voix poétique et mythes féminins » (responsable : Pascale Auraix-Jonchière).

8 Librairie Wallonie-Bruxelles (librairiewb.com), le 7 avril 2010, par Delphine André, dans le cadre de « La maison des pages », enregistrement disponible sur les sitescamilleaubaude.com et amisldm.org.

9 Dont trois posthumes, par ErosOnyx éd., Paris, 2009.

10 Nouvelles, éd. Buchet Chastel, Paris, 2009, Préface de Marie-Joséphine Strich. Avant-propos de Josyane Savigneau.



Pour citer ce texte

Camille Aubaude, «  Devenir poétesse à la Belle Epoque de Patricia Izquierdo (éd. l’Harmattan, collection "Espaces littéraires", Paris, 2010) » (compte-rendu de lecture), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Le printemps féminin de la poésie », Hors-Série n°1 [En ligne], sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-devenir-poetesse-a-la-belle-epoque-de-patricia-izquierdo-116293495.html/Url.http://0z.fr/WpU_l

 

Auteur/Autrice

 

Camille Aubaude, née à Paris, est la poétesse française contemporaine la plus invitée et la plus traduite à l’étranger. Son doctorat sur Gérard de Nerval, Le Mythe d’Isis, a posé les bases de ce mythe littéraire. Il a été écrit en même temps qu’un essai d’histoire littéraire innovant un enjeu majeur de la critique moderne: Lire les femmes de lettres (1993). Dans les années 2000, le recueil Poèmes d'Amboise, relié au récit poétique, La Maison des Pages, et à La Sphynge, ont rencontré une audience internationale. Camille Aubaude est connue pour son utilisation des formes poétiques rares, les ballades, les rondeaux, les épyllions, des miniatures épiques. Un des thèmes récurrents de son œuvre est la femme mythique. « Les beaux textes sont une bénédiction. Ceux de Camille Aubaude nous prennent à chaque fois. Lumière, douceur, vérité, plaisir renouvelé, enchantement d’une langue superbe, puissamment subtile, tissée des pieds à la tête par la beauté. »
 Marie-Hélène BREILLAT.Elle soutient un nouveau concept de "photopoèmes" (cf. http://vimeo.com/57707083 Voyage pittoresque par Thibaut Vergoz).

Ce concept est protégé par l'INPI + © "La Maison des Pages éd.", tous droits réservés. 

 

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