16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 16:49

N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Revue culturelle d'Europe


 

 

 

 

 

 

Claude Luezior,

 

Sur les franges de l’essentiel

 

suivi de Écritures,

 

Éditions Traversées, 2022,

 

isbn : 9782931077047, 128 p., Virton, Belgique

 

 

 

 

 

 

Recension par

 

François Folscheid

 

Écrivain à Saumur

 


 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Première de couverture illustrée de l'œuvre "Sur les franges de l’essentiel suivi de Écritures" de Claude Luezior. 

 

 

 

 

Sur les franges de l’essentiel, suivi de Écritures, la nouvelle publication de Claude Luezior, au titre ample et majestueux, est un recueil de poèmes et proses au format à l’italienne, illustré en couverture d’une huile sur toile de Jean-Pierre Moulin.

 

Le liminaire, d’entrée de jeu, nous happe. Par son thème (l’évolution de l’écriture), ses images hautement picturales. Son goût de silex sur la langue râpeuse des origines. Ses ombres de mammouth qui s’étrécissent dans les casses de Gutenberg et vont se dissoudre dans les tweets de l’abrutissement digital.

 

Puis viennent les poèmes, denses, ciselés. On retiendra, dans Clarté, cette vision de l’aube perçue comme « ce grêle espoir / dans le cambouis de failles / que j’ai crues éternelles » ; dans le poème suivant, ce « soleil (qui) émerge en majesté », comme un « monocle de feu » ;  l’émouvant (p.30) : « scarifiée par les tourments, la jeune femme a choisi un chemin de cendres […] » ; l’Orage, habité par les forces telluriques ; Racines, à la nudité âpre, au goût de sable et de rocaille ; et puis ce magnifique, aux accents persiens (p.86) : « Aux grands flots offerte, seule face à l’assaut, la lagune, telle une fiancée polie par les caresses […] »

 

On ne saurait clore cette succincte et incomplète énumération sans évoquer ce poème magistral qu’est Rupture, la beauté de ses images et de sa symbolique – cette flamme de l’amour enfui face à l’hostilité du monde et à l’érosion du temps : « nous serons, l’un à l’autre / ces labyrinthes de craie / quand les torches vives / devaient porter leur feu » […] « si tendre et innocente / la braise de nos nuits / restera le trait d’union / de nos chairs qui s’éteignent » […] « et dans l’eau précieuse / de tes regards en amande / restera la transparence / d’un commencement ». 

 

Écritures (deuxième partie du recueil), réflexion-introspection poétique sur l’art d’écrire, par sa tonalité à la fois grave et légère, ne manquera pas de faire résonance chez ceux et celles qui s’adonnent, peu ou prou, à « l’ancienne et très vague mais jalouse pratique » (Mallarmé). On appréciera notamment : Écrire, Burine ta page, Mouettes, ainsi que les savoureux Saint-Graal et Alerte.

 

De ce corpus, une perle nous saute au visage et à l’âme – perle qui à elle seule justifierait l’existence de ce recueil :

 

« Écrire, c’est officier sous la voûte des étoiles, c’est chercher le gui à mains nues, sur les ramures du chêne. » (Hallucinogènes).

 

Mais on ne saurait prendre congé sans évoquer la préoccupation anxieuse (et encolérée) de Luezior pour les « malheurs du monde », sa violence, ses injustices. Sous la forme de petits textes en prose serrée, elle parsème régulièrement le recueil, telle une basse continue. Dans ce genre d’exercice, forcément la poésie rogne ses ailes, mais la prose fine et ciselée du poète transmute sans effort ce déficit poétique en parole universelle.

 

Quoi qu’il en soit, il le sait : « Écrire est un acte dangereux : c’est une mise à nu avant l’immolation. »

 

 

 

© François Folscheid, Saumur, juillet 2022

 

 

Voir aussi le poème de Claude Luezior, « Extrait de Sur les franges de l’essentiel, suivi de Écritures »

 

***

 

 

Pour citer ce texte inédit 

 

François Folscheid, « Claude Luezior, Sur les franges de l’essentiel, suivi de Écritures, Éditions Traversées, 2022, isbn : 9782931077047, 128 p., Virton, Belgique », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre », mis en ligne le 16 juillet 2022, Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/ff-surlesfranges

 

 

 

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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 16:36

N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Muses au masculin 


 

 

 

 

 

 

Extrait de

 

Sur les franges de l’essentiel

 

suivi de Écritures

 

 

 

 

 

 

Claude Luezior

 

Site personnel


 

 

 

© ​​​​Crédit photo : Première de couverture illustrée de l'œuvre "Sur les franges de l’essentiel suivi de Écritures" de Claude Luezior. 

 

 

EXTRAIT (bonne feuille) :

 

Alerte !

 

 

Il s'est échappé. Oui, mon mot d'amour : échappé !

 

 

 

Je l'avais pourtant peaufiné, caressé, cajolé. Entre deux fièvres, il s'était blotti dans ma paume. Tel un chiot nouveau-né, il humait mes lignes de vie, devinant celle qu'il allait suivre, malgré quelques arborescences.

 

 

 

Dans le brouhaha de mes doigts qui pianotaient leurs phrases, il s'est fait la belle, clopinant sans doute vers quelques lettres que je n'ai pas écrites, sur un billet déchiré à la volée ou sur l'écran d'un portable jamais allumé.

 

 

 

Les mots d'amour sont des êtres bien étranges. Je crois que le mien n'avait pas encore les yeux ouverts...

 

 

 

Il était tout rose, potelé à souhait, trop bien nourri, sans doute: aux mamelles du rêve où se concentrent les étoiles, les anneaux des planètes pour de vives fiançailles.

 

 

 

Un mot d'amour tout seul, perdu dans les jungles urbaines : ce n'est pas raisonnable. Si vous le trouvez, frigorifié au coin d'un square ou sous le linteau d'un porche, parlez-lui tout doucement. Racontez-lui mes paupières qui ne cessent de cligner à sa recherche, mes lèvres entrouvertes, mes bras en déshérence. Rassurez-le un peu, beaucoup, et surtout, surtout, passionnément.  Dites-lui que les arborescences de ma paume ne sont que des dessins post-modernes commis par un gaillard qui se voulait artiste. Et qu'en fait, il y a une seule ligne de vie à suivre...

 

 

 

Les mots d'amour sont des petites choses, susceptibles parfois. Le mien avait un domicile fixe, niché au creux de ma main.


 

© Claude Luezior

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème en prose 

 

Claude Luezior, « Extrait de Sur les franges de l’essentiel, suivi de Écritures », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre », mis en ligne le 16 juillet 2022, Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/cl-extraitdesurlesfrangesdelessentiel

 

 

 

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13 juillet 2022 3 13 /07 /juillet /2022 16:44

 

N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Dossier majeur | Articles & témoignages
 

 

 

 

 

 

 

La fabrique du poème :

 

 

Françoise Urban-Menninger, parfum d'âme

 

 

 

 

 

 

 

Michel Loetscher

 

 

 

 

 

© ​​​​Crédit photo : 1ère de couverture de l'œuvre L'Âme du jour aux éditions Astérion.

 

 

 

La poétesse et nouvelliste Françoise Urban-Menninger « étire le fil de lumière » d'un nouveau recueil sur l'étendue foisonnante d'un jardin d'enfance sans murs.

 

Si la poésie est un « état d'enfance conservé » selon l'expression de Goethe (1749-1832), Françoise Urban-Menninger cultive la sienne en cette « grâce éphémère » – celle qui « me fait danser et rire / sur la corde du temps ».

 

La poétesse fait parler et chanter la langue commune avec cette légèreté, toute infusée de cette conscience des choses qui font lire directement le poème du monde dans un livre d'images radieuses et natives :

 

Le temps est suspendu

Dans un jardin de ciel

Où tout le bleu de l'âme

Repose dans un poème de lumière

 

 

La poésie de ce nouveau recueil s'ancre tout à la fois en terre bien ferme et d'envol, c'est-à-dire dans le carré magique du jardin de sa mère, au jour le plus neuf du monde. Elle s'irrigue dans l'image fondatrice de l'auteure de ses jours qui taille les rosiers et prend soin de ses plantes comme de ses œuvres. Hélène Martinez-Urban (1926-2000), artiste d'origine catalane reconnue a exposé notamment à l'Aubette de Strasbourg en 1982. Cette haute figure maternelle n'en finit pas de renaître comme entre les lignes, quelque part entre le chant d'un rossignol, le frémissement d'une « tulipe translucide » ou l'envol d'un cygne, au fil des recueils de Françoise Urban-Menninger.

 

C'est ce nouveau terreau fécond que la poétesse remue et retourne contre la prosaïté d'un monde dévitalisé par le morne calcul des plaisirs et des peines pour réaliser l'identité à soi, scandée par les battements d'un cœur accordé, à la fraîcheur baptismale invaincue puisque puisée dans la profondeur même du langage, sous l'apparente simplicité du propos :

 

 

J'ai choisi de revenir

Dans mon jardin pour y recueillir

L'âme du passé

 

Les plantes y font refleurir

Les ombres de l'oubli

De cette enfance paradis

 

 

À dix-neuf ans, Françoise Urban-Menninger rencontre le poète Jean-Paul Klee, son aîné d'une décennie, et anime avec lui le Café de Poésie à l'Aumônerie universitaire protestante (AUP) de Strasbourg puis à la Fête de la poésie avant de côtoyer Igor Uibo, créateur de la Zone d'Aménagement poétique (ZAP) de Colmar. En 1980, elle publie son premier recueil de poésie (À hauteur de vague et de parole,éditions Saint-Germain des Prés). Une vingtaine d'autres ont suivi ainsi que des anthologies – la plupart chez Éditiner.

 

Elle est également passeuse des œuvres d'autrui, notamment par des collaborations à des revues électroniques comme Exigence Littérature ou le Pan poétique des Muses –  une autre façon de nommer la poésie, ou de la laisser parler pour former cet humus d'un « bien commun » continuant le langage rendu à sa liberté première.

 

 

Irai-je au bout de ma vie

Avec le poème pour cri

Dans ce jardin où les roses sans bruit

Embaument le cœur de ma rime


 

J'écris dans l'enclos des mots

Qui cernent l'horizon

Pour atteindre en moi

La lumière dans le verbe


 

 

Entre l'intime et le monde, la poétesse se ressource dans la lumière inapaisée d'un temps de célébration ininterrompu pour interroger encore ce qui fait mystère et l'accorder à l'exigence d'une raison poétique vécue en présence pure, c'est-à-dire en « profonde éternité » (Nietzsche) – rien moins qu'un art de vivre une ferveur jamais démentie.

 

 

© Michel LOETSCHER*

 

Réf. Françoise Urban-Menninger, L'âme du jour, éditions Astérion, 88 pages, 12 euros.

 

 

*Texte paru dans Les Affiches d'Alsace et de Lorraine, (N°50, 24 Juin 2022, « Culture », p. 21) et reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteur.

 

© ​​​​Crédit photo : L'image de l'article, juin 2022.

​​​​​​

 

 

***

 

 

Pour citer ce texte

 

Michel Loetscher, « La fabrique du poème : Françoise Urban-Menninger, parfum d'âme », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre », mis en ligne le 13 juillet 2022, Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/ml-lafabriquedupoeme

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 11 Amour en poésie Muses et féminins en poésie
1 juillet 2022 5 01 /07 /juillet /2022 12:56

N°11 | Parfums, Poésie & Genre |  Dossier majeur | Florilège | Astres & animaux 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’eau de mon univers

 

 

 

 

 

 

Mariem Garaali Hadoussa

 

Artiste plasticienne & poète

Présidente de lassociation "Voix de femme nabeul"

 

 

 

 

Crédit photo : Edvard Munch, Woman in Blue against Blue Water, 1891, image Wikimedia, Commons, domaine public.

 

 

 

L’eau de mon univers

Parfums de nuits, parfums de jours,

Ils m’exaltent, m’emportent vers un univers

Sans nom, sans vie, où,

Toi ma vie tu le fais tien,

Toi mon âme, tu y habites,

Mon regard l’illumine.

Les fleurs de mon jardin embaument,

Les parois de mon univers sont en eau,

Une eau limpide comme mon âme,

Une eau transparente comme mon esprit.

 

 

 

Mon dieu ?

 C’est l’Eau de Mon univers,

Ô dame eau, je suis ivre de toi !

Ô dame eau désaltère-moi, Habille-moi de tes flots,

Drape-moi de tes vagues,

Enchante-moi de tes ruissellements,

Caresse-moi de ta tendre rosée du matin !

Je me noie dans ton lac de jouvence,

Ô mon eau adorée !

Je me noie dans tes bleus de bonheur,

Ô mon eau enchantée !

 

 

 

© Mariem Garali hadoussa, dans « Comme nos pluies seront parfumées »

 

 

***

 

Pour citer ce poème inédit d'amour de la nature & de ses parfums 

 

 

Mariem Garaali Hadoussa, « L’eau de mon univers », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre », mis en ligne le 1er juillet 2022, Url :

http://www.pandesmuses.fr/no11/mgh-eaudemonunivers

 

 

 

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30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 16:37

REVUE ORIENTALES (O) | N° 2-1 | Dossier & Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | I. Le merveilleux féerique au féminin | Articles & témoignages


 

 

 

​​​​​

 

 

 

Les vertiges du mystérieux &

 

 

du merveilleux : l’art poétique de

 

 

Fatma Gadhoumi

 

 

 

 

 

​​

Propos recueillis en juin 2022 par

 

Hanen Marouani

 

Peintures, sculptures de

 

Fatma Gadhoumi

ou Fatmina

 

Site perso : www.fatmina.com

 

 

 

« Il faut commencer dans le noir pour trouver la lumière. »

 

 

 

Fiche d'Information
 

Pseudonyme : FATMINA

 

Profession : Artiste peintre, sculptrice et ingénieure


 

© Crédit photo : L’artiste Fatma Gadhoumi ou Fatmina. Photographie prise par Luca Tiozzo Pezzoli. 

 

 

Site Internet, Blog, liens sites de ventes :

Site perso : www.fatmina.com

Site du collectif the Enchanted Cypress. : Www.theenchantedcypress.com

Site de la série Safat : www.safat.live

 

 

Biographie

 

Artiste peintre et ingénieure, elle cherche à guérir l'âme du monde, et non uniquement à exprimer les névroses et l’absurdité de la condition humaine.

Ingénieure de formation, elle a toujours été passionnée par la peinture, et habitée par l'Art sous toutes ses formes.

« À 18 ans, je reçois une bourse de l'État Tunisien pour poursuivre des études d'ingénieur à Paris. Et là, j'arrive pour la première fois à la ville des lumières, je tombe sous son charme, et je décide de suivre des cours d'art (peinture, expression artistique, miniature persane, danse, théâtre, piano, jazz) , en parallèle avec mon travail d'ingénieure.

Un long chemin semé d'embûches, d'incompréhensions et de déceptions, mais aussi de fiertés et d'accomplissements.

J'avais participé à plusieurs expositions, à la publication d'un recueil de poésie avec un collectif d'artistes Maghrébines ''Les cinq saisons au féminin'', et récemment, à la publication de Lalla Samra, la sainte soufie de Sfax, qui fait partie de la série Safat Hikayet. »


 

Bibliographie

 

Livres/recueils

 

Recueil de poésie Les cinq saisons au féminin 2021.

Lalla Samra de la série Safat Hikayet 2022.

 

Expositions

Exposition Femmes Maghrébines médiatrices de la paix, fondation maison de Tunisie, 30 Octobre 2021.

Exposition avec Les amis du salon de l'automne, Galerie Etienne de Causans, Paris Saint Germain 2021 14 septembre-2 octobre 2021.

Grand Salon d'art Abordable 24ème édition, La Bellevilloise Paris 11-13 Mai 2018.

Exposition à l’Hôtel des Arts et Métiers, Iéna Février 2018.

Exposition au Cercle Du Rire, Paris 19ème 30 Mai 2018.

 

 

Interview

 

 

 

H.M – Vous préférez qu’on vous appelle Fatmina ou Fatma ?

 

 

F.G – Je suis les deux :

Je suis Fatma, prénom choisi par mes parents, et le fruit d'une culture millénaire, d'une mémoire collective tunisienne, africaine, méditerranéenne …humaine.

Je suis également Fatmina, un prénom composé de Fatma et Fatina (qui signifie petite fée en dialecte vénitien).

J'aime bien les deux ; ce qu'on m'a choisi et ce que j'avais choisi, être une goutte d'eau dans l'océan et être l'océan, être Fatma et Fatmina.

Et vous, vous préférez m'appeler Fatma et/ou Fatmina ?


 

 

© Crédit photo : Fatma Gadhoumi ou Fatmina en fée.

 

 

 

H.M – J’aime les deux puisque vous êtes les deux (sourire). Quelle est la vraie matière de votre art ?

 

 

F.G – L'Amour est ma religion et ma foi :

Je ne cherche pas uniquement à imiter la "réalité" visible aux yeux, mais à transmettre et à servir dignement l’humanité, tout humain, quel qu’il soit, et à garder cette lumière d'amour vivante.

 

© Crédit photo : Fatma Gadhoumi ou Fatmina, "Le regard tourné ailleurs". Aquarelle, Gouache, Dorure 15 x 20 cm. 

 

 

 

Avec mes tableaux et sculptures, j'ai un regard tourné vers une humanité fragmentée, qui se mine, se détruit, et se mutile en permanence.

Avec mes miniatures, j'ai le regard/cœur tourné vers l'invisible. Mon art signale la présence d'un paradis spirituel ; et ce paradis, s'il n'est pas la Réalité dernière, est tout de même une étape d'un pèlerinage et un degré dans l'échelle de la transcendance.

Comme a dit Saint Saint-Exupéry : « On ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible aux yeux ».

 

 

© Crédit photo : Fatma Gadhoumi ou Fatmina, "Exposition : Le petit Prince 2022". Photographie prise par Luca Tiozzo Pezzoli.

 


 

H.M – Merci pour cette belle citation de Saint Saint-Exupéry et merci pour cette belle photographie. Quelle est alors votre « méthode » pour un art poétique et « féministe » efficace et distingué ou comment s’émancipe-t-on d’un schéma dominant ?


 

 

F.G – Je n'ai jamais aimé tout ce qui se termine par "isme" : comme féminisme, sexisme, salafisme, machisme... Je parlerais plutôt d'un art humaniste, atemporel et intérieur ; un art qui reflète fidèlement la lumière (et les ombres) de ce monde, un art qui soit également une fenêtre vers de nouveaux horizons, et surtout, un art qui se veut être Vrai.

Comment y arriver ? Ce n'est pas via une méthode, mais c'est tout un cheminement intellectuel et spirituel, que j'ai commencé à suivre, et qui prendra l'espace d'une vie.

 


 

H.M – La magie et le mystérieux portés à votre création artistique et poétique sont-ils un don ou un travail assidu et continu ? Peut-on vraiment s’y identifier ?

 

 

F.G – Thomas Edison avait dit « Le génie est fait d'1% d'inspiration, et de 99% de transpiration. »

J'estime que le don ne suffit pas à lui seul : il n'est que l'étincelle qui te fait travailler ardemment et sans relâche pour cette passion qui t'anime. Tu ne sens alors pas le temps, ni la douleur.

Même si tu tombes et tu retombes maintes fois, tu auras toujours la force de te relever et de réessayer. La force du don n'est pas uniquement une inspiration, mais c'est surtout l'amour de faire ce que tu fais.

 

 


 

H.M – Vous explorez les désordres de l’âme humaine depuis que vous avez commencé votre traversée artistique. D’après votre expérience spirituelle, qui est le plus puissant les lumières ou les ombres ?


 

 

F.G – La profondeur des émotions humaines a toujours été une source d'inspiration fascinante pour moi. La question des ombres et des lumières est au cœur de ma recherche spirituelle, et de mon introspection.

 

Je crois que tout Humain est à la fois ombre et lumière, ange et démon, haine et amour ; l'un ne se définit qu'avec son opposé.


 

© Crédit photo : Fatma Gadhoumi ou Fatmina, "Rostam et son cheval Rakch combattant un dragon". Aquarelle, gouache et dorure, 30x40 cm. 

 


 

H.M – Dans ce cas la bipolarité est de plus en plus détectée dans nos sociétés modernes et elle est mal comprise pourtant c’est aussi une source de créativité ? Quel est votre avis à propos de cela ?


 

 

F.G – Cette bipolarité existe depuis toujours et existera et elle est primordiale pour moi.

Nous vivons aujourd'hui dans un monde en crise, crise veut dire aujourd'hui système grippé qui ne saurait trouver en lui-même les ressources et moyens de sa réadaptation.

L'homme est devenu désorienté au sens propre du mot : il a en effet perdu son orientation, son cap. Il vit dans une peur individuelle et collective, qui le hante, et se transforme en angoisse permanente.

« Ils éprouvaient la souffrance profonde de tous les prisonniers et tous les exilés, qui est de vivre avec une mémoire qui ne sert à rien. » (Albert Camus, La peste)

Nous nous replions de plus en plus sur nous-mêmes, nous n'arrivons pas à retirer ce voile qui nous empêche de Regarder la beauté derrière. Pourtant cette dernière est partout.

Mon rôle en tant que femme, artiste est de parler de cette beauté, de cette unité.

En fait, en dépit de leur pluralité, toutes les cultures constituent autant de réponses distinctes aux mêmes questions essentielles posées par la biologie et l’ensemble de la situation humaine.

L'Homme, cet être singulier conscient de sa propre mort, confronté à la première pandémie du monde globalisée, se trouve face à des interactions sans cesse croissantes entre les différentes régions du globe.

Une interdépendance qui le contraint à collaborer pour faire face à ce tsunami mental qui submerge l'humanité toute entière, à vivre ce paradoxe entre le repli sur soi et la solidarité et à admettre qu'il fait partie d'un grand tout.

La beauté, selon moi, réside dans nos différences et dans cette bipolarité mondialisée.

 

 

 

H.M – Le mélange des deux est constant chez vous. S’agit-il de ressources inattendues et imprévues qui invitent à combiner colères et émerveillements, élans et peines ou autre ?


 

F.G – Je suis à la fois miroir et fenêtre, peintre, sculptrice, et miniaturiste :

Dans la peinture, la rédemption de la matière et du monde des phénomènes s'accomplit par leur accession à la forme. J'étais alors un miroir qui reflétait la lumière, mais surtout l'ombre, la douleur et les abysses où notre monde est plongé. J'ai eu la chance d'être accueilli à l'atelier Artistik avec mon maître Manhal Issa, et Pako Khoury pour peindre fidèlement ces tempêtes et ouragans qui me traversaient.

 

 

© Crédit photo : Buste Argile chamottée blanche, 30x 50 x 60 cm (approximatif) 2022. 

 

 

© Crédit photo : L’artiste Fatma Gadhoumi (ou fatmina), photographie prise à l'atelier Artistik, avec Manhal Issa et Pako Khoury, 2022

 

 

Mais, il y a 5 ans, j'ai fait une rencontre : une rencontre exceptionnelle avec un grand Homme ; mon maître de miniature persane, le regretté, très cher Abbas Moayeri.

 

"Ostad" (maître en persan), était un très grand miniaturiste persan, peintre, sculpteur, musicien et acteur.

Il m'avait initiée à l'art de la miniature persane. Un univers où l'artiste transforme la matière en couleurs de lumière. La poudre d'or, d'argent, de lapis-lazuli, d'émeraude et d'autres pierres précieuses subliment la matérialité pour qu'elle ne soit plus que réflexion de lumière.

 

Les choses dépouillées de leur part obscure, du poids, du volume et de l'ombre apparaissent comme dans un miroir magique, qui ne réfléchit pas, à sa ressemblance, ce qui est devant lui, mais l'éclaire par une autre lumière et le porte dans un autre lieu, pour le métamorphoser en images d'ailleurs.

 

Le somptueux caractérise cette apparition et le merveilleux en est l'effet et la tonalité.

 

 

H.M – L’intensité de l’émotion est juste une réaction instantanée ou une vérité qui permet d’ouvrir l’âme, le cœur et les yeux et d’aller au fond ?

 

 

F.G – L'intensité de l'émotion n'est que l'étincelle qui ouvre une brèche dans le cœur, et permet de voir en profondeur ce qu'il y a derrière les voiles du monde visible.

"La blessure est l'endroit par lequel la lumière entre en nous." Rûmi

لا تجزع من جرحك و إلا فكيف للنور أن يتسلل الى داخلك" مولانا جلال الدين رومي

 

© Crédit photo : Fatma Gadhoumi ou fatmina. Pastel sur papier, 50 x 65 cm 2021, N'aie pas peur de tes blessures"/ لا تجزع من جرحك

 



 

H.M – Vous proposez aussi d’en finir avec le soufisme, c’est-à-dire ?


 

F.G – Qu'est-ce que le soufisme ; « c'est éprouver de la joie dans le cœur lorsque vient le chagrin » Rûmi

Le soufisme est la spiritualité musulmane, considérée, par les savants musulmans, comme une des sciences de la religion musulmane.

Ses principes sont la quête de la vérité et de la bonne direction, et reposent sur le renoncement au monde, à l'abandon des richesses, des plaisirs, des honneurs, des vanités superflues, tout en s'attachant à la stricte pratique des vertus qui élèvent l'âme vers l'Amour de Dieu.

 

« Mon cœur est devenu capable

D’accueillir toute forme

Il est pâturage pour gazelles

Et abbaye pour moines !

Il est temple pour idoles

Et la Ka’ba pour qui en fait le tour

Il est les Tables de la Thora

Et aussi les feuillets du Coran !

La religion que je professe

Est celle de l’amour

Partout où ses montures se tournent

L’Amour est ma religion et ma foi ! »

(Ibn Arabi)



 

 

H.M – Comment former les plus jeunes, surexposés au numérique et à la consommation, à la méditation et à l’art ?


 

F.G – Je pense que c'est notre rôle, en tant qu'artistes, penseurs et philosophes de proposer une alternative à cet environnement toxique où nos jeunes baignent : un monde où la seule constante est le changement, où le matérialisme devient roi, où les influenceurs remplacent les penseurs, et où les valeurs se perdent.

 

J'ai choisi, avec une belle équipe motivée et dévouée (Mondher Khanfir, Ahmed Nabli, Houcem Ben Jemaa) de créer une série de contes intemporels, “Hikayat” en arabe, qui parlent d'amour, de beauté et de sagesse, et qui sont illustrées avec des miniatures.

 

Le concept de Hikayat est à mi-chemin entre le récit et le conte, dont l'élément narratif est annoncé et énoncé, qui est de la fiction, sans être de la pure fantaisie comme le sont les Mille et Une Nuits, tout en ayant une sorte de prégnance comme une entité suffisante et brillante par elle-même, indépendamment du sens ésotérique, moral ou mystique qui s'y attache.  

 

Nous racontons l'histoire des héros, qui ont réellement vécu, et qui ont aidé, protégé et aimé. Il ne s'agit pas de héros qui viennent d'une autre planète ou qui aient été piqués par des fourmis ou des araignées, mais il s’agit bel et bien de Vrais Héros. Il s'agit des saintes et des saints qui existent, un peu partout dans le monde.

 

L’édition sous format d'une App, avec une animation et des lectures possibles en plusieurs langues et dialectes (avec ma voix), remet chaque Hikaya dans sa dimension universelle. Ce qui rend les personnages clefs encore plus proches….

 

Notre objectif est de participer à la création d'une nouvelle vision du monde, et d'accompagner tous ceux qui sont avec nous dans une quête de sens.

 

 

© Crédit photo : Fatma Gadhoumi ou Fatmina, "La peste". Gouache, aquarelle, argent et dorure sur papier., 30 x 40 cm, 2021. 

 

 

H.M – Qui inspire vos toiles et vos écrits : avant et actuellement ?


 

F.G – Il faut commencer dans le noir pour trouver la lumière.

Au début, mes peintures me permettaient de canaliser mes épouvantables tempêtes internes. Il s'agissait de mon refuge, de mon radeau, de ma lumière, sans laquelle je pourrais être plongée dans cette obscurité infinie. Par la suite, les ombres ont cédé la place aux miniatures : un étonnement contemplatif devant les mondes cachés et devant tout ce que le cœur peut en connaître. Je regarde alors le monde, mais pas avec mes yeux, avec mon cœur, tout en essayant de fendre les voiles qui cachent le paradis spirituel derrière. Cette peinture n'est pas véritablement le lieu d'une action mise en scène : en dehors du sentiment d'émerveillement, devant la beauté de l'image qui reflète un monde dans sa perfection, il n'existe aucune autre expression d'idée ou de sentiment quelconque.

Le drame, le pathétique, l'émotion sont absents : les combats sanguinaires n'inspirent ni terreur, ni pitié, ni dégoût, et les ruines ne diminuent en rien la splendeur et la beauté du tout.



 

(H.M) « Lalla Samra » est votre nouveau livre autour d’une femme. Qui est-elle réellement ?



 

F.G – Lalla Samra est une sainte soufie, qui a vécu à Sfax au 16ème siècle, et qui a combattu la peste noire, malgré toutes les douleurs et chagrins. Elle s'est donnée corps et âme pour aider les malades, les pauvres et les démunis…

Le fait d’avoir été en contact avec les pestiférés sans attraper le mal était interprété comme une bénédiction divine de Lalla Samra.  

Jusqu’à nos jours, sa mémoire est célébrée chaque début de printemps, avec une procession conduite par une femme entourée de deux chèvres noires, sous le son de percussion « Stambali », rappelant les cortèges de la mort de l’époque.



 

H.M – Vous pensez que la nouvelle génération manque d’assez de connaissances et de savoirs autour de l’Histoire ?  Ces histoires merveilleuses surtout autour des femmes se considèrent-elles comme lueur d’espoir, de chercher encore les vérités cachées dans nos médinas à Sfax ou dans d’autres villes ou pays ?


 

F.G – Hegel avait dit "on apprend de l'histoire que personne n'apprend de l'histoire"

Je ne partage pas complètement cette thèse : je pense qu'on ne peut pas avancer sans avoir une connaissance de l'histoire.

Cependant, dans le contexte actuel de mondialisation, de progrès technologique, et de disponibilité instantanée de quantités faramineuses d'informations, les nouvelles générations, et en particulier dans les pays du tiers monde dont la Tunisie (mon pays d'origine), subissent encore un système éducatif dangereux qui ne cesse de "débiliser", "aplatir" les connaissances avec des programmes mous, manipulés et réducteurs, et détruire la pensée critique des élèves (ça a commencé avec les dictatures successives et a continué après la révolution avec l'extrémisme).

Avec Safat Hikayet, nous partageons un rêve : celui de raviver des histoires oubliées de héros et héroïnes qui ont vraiment vécus, et qui ont participé à créer un monde meilleur, à transmettre des valeurs humanistes, et à communiquer un message d'amour, de tolérance et de sagesse.

Cette recherche historique, qui a commencé par Sfax mais qui continuera dans plusieurs villes et pays, est alors un moyen d'attiser la curiosité des lecteurs pour une histoire délaissée et ignorée, de donner l'exemple aux générations à venir, et d'inspirer un monde qui se mine en se divisant.


 

 

H.M – Fatmina, votre formation est principalement scientifique mais votre passion est purement artistique et spirituelle. C’est rare de trouver des profils qui réunissent les deux et qui excellent aussi dans les deux comme votre cas. Comme un mot de fin, quel est le message à transmettre pour ces jeunes qui ne voient l’avenir que dans la formation scientifique surtout que vous avez montré votre intérêt vis-à-vis de la jeunesse dès le début de notre entretien ?


 

F.G – Je vais répondre à votre question en deux temps :

D'abord, je suis à la fois artiste et ingénieur : parcours atypique et interdisciplinaire, mais qui a toujours existé avec de grandes figures comme Perret, De Vinci…

Je n'y vois pas une incohérence, mais plutôt une richesse. L’art donne un sens à l’inexplicable et à l’invisible, la science réduit nos ignorances en cernant de façon critique l’inexpliqué et l’inconnu.

Cette bipolarité essaie de rendre l'invisible visible, et d'unir ces deux mondes pour en créer un meilleur. J'ai choisi de suivre ce chemin sinueux, pleins d'embûches, d'incompréhensions, de douleurs et de défaites, mais aussi de réussites, d'accomplissements et surtout de sens (direction, signification, sensation), le plus important étant le chemin, non pas la destination.

J'ai fait un choix : c'était difficile au début mais le jeu vaut la chandelle.

Comme a dit Steve Jobs : Have the courage to follow your heart and intuition.”

Le travail ne doit pas être une torture (comme son origine latine tripalium), mais une source d'épanouissement et d'accomplissement.

Donc, selon moi, il ne faut pas que tu choisisses ta voie en fonction du gain pécuniaire potentiel, mais en fonction de ce que tu aimes, de ce qui te passionne et te fais vibrer.

Socrate a dit « La vie est trop courte et trop précieuse pour la passer à nous distraire et à accumuler un trésor périssable. Cherchons plutôt à en comprendre le sens véritable et à enrichir notre âme. »

______

 

 

Pour citer ces voyages poétiques (œuvres & entretien) inédits

 

Hanen Marouani, « Les vertiges du mystérieux et du merveilleux : l’art poétique de Fatma Gadhoumi » avec des œuvres de Fatma Gadhoumi et deux photos de Luca Tiozzo Pezzoli, Revue Orientales, « Les voyageuses & leurs voyages réels & fictifs », n°2 volume 1 & Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 30 juin 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no2/hm-avecfatmagadhoumi

 

 

 

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L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

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