12 juillet 2023 3 12 /07 /juillet /2023 10:10

N°14 | Les conteuses en poésie | Dossier majeur | Florilège / Poésie des aïeules Littérature & Poésie pour la jeunesse | Astres & Animaux | Poésie & philosophie | REVUE MDV | N°3 | Les couleurs... | AS 

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Conte d'enfant

 

 

 

 

 

 

 

Marceline Desbordes-Valmore  (1786-1859)

 

Poème choisi, transcrit & mis partiellement

en français moderne & commenté par Dina Sahyouni 

 

 

Crédit photo :  Image d'une prairie où poussent des coquelicots. Photographie libre de droits, capture d'écran par LPpdm, juin 2023.

 

 

 

 

Il ne faut plus courir à travers les bruyères,

Enfant, ni sans congé vous hasarder au loin.

Vous êtes très petit, et vous avez besoin

Que l'on vous aide encore à dire vos prières.

Que feriez-vous aux champs, si vous étiez perdu ?

Si vous ne trouviez plus le sentier du village ?

On dirait : Quoi ! si jeune ! il est mort ! c'est dommage

Vous crîriez*... De si loin, seriez-vous entendu ?

Vos petits compagnons, à l'heure accoutumée,

Danseraient à la porte, et chanteraient tout bas ;

Il faudrait leur répondre, en la tenant fermée :

« Une mère est malade ; enfant, ne chantez pas !

Et vos cris rediraient : « Ô ma mère ! ô ma mère ! »

L'écho vous répondrait, l'écho vous ferait peur.

L'herbe humide et la nuit vous transiraient le cœur.

Vous n'auriez à manger que quelque plante amère ;

Point de lait ! point de lit !…  Il faudrait donc mourir !

J'en frisonne ! et vraiment ce tableau fait frémir !

Ma tendresse pour vous réveille ma mémoire,

Et d'un petit agneau me rappelle l'histoire.

 

« Il était un berger, veillant avec amour

Sur des agneaux chéris, qui l'aimaient à leur tour.

Il les désaltérait dans une eau claire et saine ;

Les baignait à la source, et blanchissait leur laine ;

De serpolet, de thym, parfumait leurs repas ;

Des plus jeunes agneaux guidait les premiers pas ;

D'un ruisseau quelquefois permettait l'escalade ;

Si l'un d'eux, au retour, traînait un pied malade,

Il était dans ses bras tout doucement porté ;

Et, la nuit, sur son lit, dormait à son côté ;

Réveillés le matin par l'aurore vermeille,

Il leur jouait des airs à captiver l'oreille ;

Plus tard, quand ils broutaient leur souper sous ses yeux,

Aux sons de sa musette, il les rendait joyeux.

Enfin il renfermait sa famille chérie

Dedans la bergerie.

Quand l'ombre sur les champs jetait son manteau noir,

Il leur disait : « Bonsoir,

« Chers agneaux ! sans danger reposez tous ensemble ;

« L'un par l'autre pressés, demeurez chaudement ;

« Jusqu'à ce qu'un beau jour se lève et nous rassemble,

« Sous la garde des chiens dormez tranquillement ! »

Les chiens rôdaient alors, et le pasteur sensible

Les revoyait heureux, dans un rêve paisible.

Eh ! ne l'étaient-ils pas ? Tous bénissaient leur sort,

Excepté le plus jeune ; hardi; malin, folâtre,

Des fleurs, du miel, des bleds et des bois idolâtre,

Seul il trouvait que son maître avait tort.

Un jour, riant d'avance, et roulant sa chimère,

Ce petit fou d'agneau s'en vint droit à sa mère,

Sage et vieille brebis, soumise au bon pasteur.


 

« Mère ! Écoutez, dit-il : d'où vient qu'on nous enferme ?

« Les chiens ne le sont pas, et j'en prends de l'humeur.

« Cette loi m'est trop dure, et j'y veux mettre un terme.

« Je vais courir partout, j'y suis très résolu.

« Le bois doit être beau pendant le clair de lune !

« Oui, mère ! dès ce soir je veux tenter fortune :

« Tant pis pour le pasteur ! c'est lui qui l'a voulu. »


 

« – Restez, petit agneau, dit la mère attendrie ;

« Vous n'êtes qu'un enfant, bon pour la bergerie ;

« Restez-y près de moi ! Si vous voulez partir,

« Hélas ! j'ose pour vous prévoir un repentir ! »

 

– « J'ose vous dire non ! cria le volontaire..... »

 

Un chien les obligea tous les deux à se taire ;

Quand le soleil couchant au parc les rappela,

Et que par flots joyeux le troupeau s'écoula,

L'agneau sous une haie établit sa cachette ;

Il avait finement détaché sa clochette ;

Dès que le parc fut clos, il courut alentour,

Il jouait, gambadait, sautait à perdre haleine.

« Je voyage, dit-il, je suis libre à mon tour !

« Je ris, je n'ai pas peur ; la lune est claire et pleine :

« Allons au bois ! dansons ! broutons ! » Mais, par malheur,

Des loups pour leurs enfants cherchaient alors curée :

Un peu de laine, hélas ! sanglante et déchirée,

Fut tout ce que le vent daigna rendre au pasteur.

Jugez comme il fut triste, à l'aube renaissante !

Jugez comme on plaignit la mère gémissante !

« Quoi ! ce soir, cria-t-elle, on nous appellera,

« Et ce soir... et jamais l'agneau ne répondra ! »

En l'appelant en vain elle affligea l'Aurore ;

Le soir elle mourut en l'appelant encore. »


 

Je vous peins ce malheur tel qu'il me fut rendu ;

Pour vous, petit enfant, qu'il ne soit pas perdu !

 

 

 

* Attention, il s'agit de "crieriez", Marceline Desbordes-Valmore a usé de deux licences poétiques en écrivant "crîriez" à la place du verbe conjugué vous "crieriez". La première concerne la surpression de la lettre "e", quant à la deuxième, elle se manifeste par l'accent circonflexe qui apparaît sur la première voyelle "i" (note ajoutée par l'éditrice Dina Sahyouni).

 

 

L'extrait poétique ci-dessus provient de l'ouvrage tombé dans le domaine public de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Poésies [de Mme Desbordes-Valmore], 3ème édition, Paris, Chez François Louis (libraire, 10 rue Hautefeuille) 1820, « Mélanges », pp. 185-188.

 

Ce conte en vers est un poème gnomique s'adressant explicitement aux enfants et implicitement aux adultes qui s'égarent et ne comprennent pas la nécessité de restreindre légèrement leur liberté pour bénéficier en échange d'une protection durable contre des prédateurs de tout genre... Ce conte en vers gnomique destinée apparemment à la jeunesse se caractérise par l'usage métaphorique des animaux personnifiés pour construire un conte au prisme d'une fable philosophique ayant une moralité... La "zoopoétique" déployée a ainsi une utilité primordiale. Un développement plus étendu sur ce conte se trouve dans mon article sur la poésie gnomique contée de Marceline Desbordes-Valmore (texte à paraître cet été dans les périodiques du site www.pandesmuses.fr).

 

© DS., juin 2023.

 

 

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Pour citer ce conte gnomique de l'aïeule

 

Marceline Desbordes-Valmore, « Conte d'enfant », poème choisi, transcrit & mis partiellement en français moderne & commenté par Dina Sahyouni de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Poésies... 3ème édition, (1820), Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 14 | ÉTÉ  2023 « Les conteuses en poésie », 1er volume & Marceline Desbordes-Valmore | Revue annuelle, internationale, multilingue & poéféministe, « Les couleurs dans les œuvres des autrices Marceline Desbordes-Valmore », n°3, mis en ligne le 12 juillet 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/mdvno3/no14/mdv-contedenfant

 

 

 

 

 

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Liens à venir

7 juillet 2023 5 07 /07 /juillet /2023 13:00

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Cuisiner en poétisant | Astres & animaux en poésie 

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​​​​​​Dîner dans le jardin

 

 

 

 

 

 

Poème de

Hélène Picard (1873-1945)

Illustration par

Delphin Enjolras

Poème choisi & transcrit par Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo :  Delphin Enjolras, "Dames élégantes prennent du thé", domaine public, capture d'écran par LPpdm.

 

 

 

 

C'était sous la tonnelle aux grands arceaux profonds.

Sur la table flottait, parfois, quelque ramure...

Là-bas, la pompe heureuse éclaboussait d'eau pure

Les enfants qui venaient remplir des carafons.


 

 

La clarté de la lampe était un palais rose

Qu'habitaient en riant les convives joyeux.

Et, dans l'ombre, c'était le groupe harmonieux

D'un fagot, d'un vieux banc, d'un puits et d'une rose.


 

 

La tonnelle s'ouvrait, toute pleine d'accueil,

Aux souffles montagnards, à l'odeur des résines,

Et, comme un doux essaim de petites voisines,

Des roses du Bengale en franchissant le seuil.


 

La poussière des fleurs tombait sur les bruyères.

En cette sombre nuit, l'on entendait, parfois,

Le cri tragique et bref des rapaces des bois,

Et toute la campagne était aux courtilières.


 

Ah ! quel chant monotone, étrange, fabuleux,

En cette solitude immense, plate, molle

Où la lune éclairait de mille lucioles

L'aquatique douceur des marécages bleus !


 

Plus près, c'était le parc débordant d'air sauvage,

Les cimes des tilleuls qui parfumaient le vent,

Ici, le grand jardin et les crapauds buvant,

Sur les gazons anglais, l'odeur de l'arrosage...


 

On mangeait avec joie... et, lentement, s'ouvrait,

Parasol de safran doublé de clair de lune,

Une belle-de-nuit... Puis, c'était l'infortune

Du cri de la chouette au fond de la forêt.


 

À côté, la maison majestueuse et belle,

Ruisselante de lune et s'ornant de rameaux,

Et, partout, le beau soir s'éclairant aux sureaux

Qui balançaient au vent leurs astres de dentelle...


 

Blanche de son grand plaid, de la nuque aux genoux,

La jeune mère avait un chapeau sur sa tempe,

Et l'on eût dit, de loin, une seconde lampe

Faisant de la lumière avec son rire doux.


 

Des glycines tombaient, dans la nuit, grappe à grappe,

Les verres s'emplissaient de la fraîcheur du soir,

Et des insectes bleus, et des insectes noirs,

Et des insectes verts s'abattaient sur la nappe.


 

Et la servante alerte, en riant, s'empressait,

Et la faïence était lumineuse et rustique,

Et, parfois, un cyprès ruisselait de musique :

Un rossignol... Silence... Et, puis, du vent passait...


 

Et l'enfant se taisait, les prunelles lointaines,

Attentive à ces faits qui, le soir, sont si doux :

Une pigne de pin qui tombe à petits coups,

Un mulot forestier qui grignote des faînes...


 

Et l'enfant se taisait et, prise de langueurs,

Songeuse, regardait, sur la pelouse ombreuse,

Le chat mutin léchant, d'une langue amoureuse,

Son petit ventre blanc chatouillé par les fleurs.

 

 

Les feuillages coulaient ainsi que des fontaines

Dans l'obscurité triste où le parc sommeillait,

Et, sous la lampe d'or, en tournoyant, veillait

L'essaim brun et velu des nocturnes phalènes.


 

Et, l'écluse, là-bas, qui suspendait les eaux,

Au-dessus de l'Ariège, en cascade enchantée,

Grondait dans sa fraîcheur, dans sa pluie argentée

Parmi le bruit du vent et de grands cris d'oiseaux.


 

Les convives rêvaient sous les blancs chèvrefeuilles,

Et, jusqu'après minuit, de son rose rayon,

La lampe que battait l'aile d'un papillon,

Éclaira doucement l'ombre pleine de feuilles...


 

L'extrait poétique ci-dessus provient de l'ouvrage tombé dans le domaine public de PICARD, Hélène (1873-1945), Souvenirs d'enfance : Les lauriers sont coupés..., tome II, Paris, Bibliothèque Internationale d'Édition (E. SANSOT & Cie, 9, rue de l'Éperon), MCMXIII/1911, pp. 115-117.

 

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Pour citer ces poème & peinture des aïeules

 

Hélène Picard, ​​​​​« Dîner dans le jardin », poème choisi & transcrit par Dina Sahyouni de PICARD, Hélène (1873-1945)Souvenirs d'enfance : Les lauriers sont coupés..., tome II, (1911), peinture par l'artiste Delphin Enjolras, Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 7 juillet 2023. URL : http://www.pandesmuses.fr/no13/helenepicard-diner


 

 

 

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28 juin 2023 3 28 /06 /juin /2023 18:59

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

 

 

REVUE FÉMINISTE, INTERNATIONALE & MULTILINGUE DE POÉSIE

 

ENTRE THÉORIES & PRATIQUES

 

 

VOUS PRÉSENTE SON FESTIVAL EN LIGNE

 

 

 

MEGALESIA ÉDITION 2023

 

 

DU 8 MARS AU 10 20 JUIN 2023


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© Crédit photo :  Mucha, la Muse "Clio", dessin trouvé dans un livre tombé dans le domaine public, image prise par DS. pour LPpdm.

 

 

 

FESTIVAL NUMÉRIQUE, INTERNATIONAL & MULTILINGUE

 

DES FEMMES & GENRE

 

EN SCIENCES HUMAINES & SOCIALES

 

 

CET ÉVÉNEMENT EST PROPULSÉ PAR L'ASSOCIATION

SOCIÉTÉ INTERNATIONALE D’ ÉTUDES DES FEMMES

& D’ÉTUDES de GENRE EN POÉSIE (SIÉFÉGP)

 

 

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AUX ANTHOLOGIES POÉTIQUES DU FESTIVAL

 

VOS CONTRIBUTIONS SONT

VIVEMENT DÉSIRÉES SUR LES

THÈMES SUIVANTS :

 

 

I – ÉTRANGÈRES

 

 

II – FRONTIÈRES DU VIVANT

 

 

III –  LYRES PRINTANIÈRES*

 

 

LA PUBLICATION NUMÉRIQUE DES DOCUMENTS CHOISIS PAR

LA RÉDACTION DE FAIT SUCCESSIVEMENT

 JUSQU'AU 28 JUIN 2023 COMPRIS

 

 

 

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Festival International & Multilingue des Femmes & Genre en Sciences Humaines & Sociales

 

Nous acceptons les articles, notes de lecture, chroniques, poèmes, fragments, contes, fables, nouvelles, dessins, photographies, illustrations, pensées, chansons, vidéos, etc. 

 

 

IMPORTANT !

 

La soumission de textes pour les rubriques habituelles et les anthologies poétiques du festival est  ouverte jusqu'au 8 juin 2023 compris.

La règle de 6 poèmes & 3 communications par rubrique et par personne externe à nos organismes s'applique au festival Megalesia 2023. Les expositions picturales, illustrations, peintures, vidéos, etc. ne sont pas concernées pas cette restriction. Nous en publions toutefois une sélection.

 

 

* Une thématique réservée aux autrices.

Rappel utile : comme vous le savez bien cher lectorat la revue LPpdm (dans ses versions électronique et imprimée) décline toute responsabilité juridique concernant le contenu publié par elle parce qu'elle considère que chaque auteur/auteure est libre dans le respect de sa charte déontologique, par conséquent, l'auteure/auteur est l'unique responsable du contenu de son texte, de son image, sa vidéo, etc.

 

FESTIVAL ORGANISÉ PAR :

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

RÉALISATION TECHNIQUE :

Aude et David SIMON

ÉQUIPE DU FESTIVAL :  les membres de la revue LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

CONTACTS :

contactlppdm@pandesmuses.fr & contact.revue@pandesmuses.fr

 

 

© Crédits photos : logos du festival & des éditions Pan des Muses.

 

 

 

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Pour citer cet événement poétique

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Festival International Megalesia 2023 », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères » , « Frontières du vivant » & « Lyres printanières » mis en ligne le 21 mars 2023 URL :

http://www.pandesmuses.fr/2023/megalesia23

 

 

 

Le Pan Poétique des Muses (LPpdm)

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre

théories & pratiques

 

 diffusée en version électronique (apériodique) & en version imprimée suspendue suite à un cas de force majeure de 2018 à 2020, reprise de l'édition imprimée dès 2021

 

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

(4 numéros par an dont un Hors-série & un Numéro spécial)

La reprise de la parution imprimée en fin 2021 

 

ISSN imprimé : 2492-0487

 

ISSN imprimé Hors-série : 2554-8174

© www.pandesmuses.fr

 

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Lettre n° 9 (Avant-première de nos dernières publications de 2016)

 

© Tous droits réservés

 

Présentation créée le 31 mars 2023

par Aude & David

 

Dernière mise à jour : le 28 juin 2023

 

LE 2 AVRIL EST LA JOURNÉE MONDIALE DE SENSIBILISATION À L’AUTISME et NOUS PORTONS DU BLEU.

MESSAGE DU 1ER AVRIL 2023

 

Crédit photo : Le 2 avril est la Journée Mondiale de Sensibilisation à l’Autisme, image libre de droits.

24 juin 2023 6 24 /06 /juin /2023 13:50

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | Revue culturelle d'Europe | Instant poétique avec.... (Frontières du vivant) | Astres & animaux 

 

 

 

 

 

 

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Jacques Millet : parcours & œuvres

 

 

 

 

 

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Texte de

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

 

© ​Crédit photo : Claude Menninger, image n° 1 de l'installation artistique des sculptures du sculpteur Jacques Millet, juin 2023.

 

 

 

 

Quand Jacques Millet m'a proposé de parler de son travail artistique, j'en ai été d'autant plus honorée que j'apprécie depuis de nombreuses années ses sculptures et lui ai consacré plusieurs articles.

 

 

© ​Crédit photo : Claude Menninger, image n° 2 de l'installation artistique des sculptures du sculpteur Jacques Millet, juin 2023.

 

 

Quelques dates clés qui jalonnent son parcours

 

Né en Mayenne en 1955, Jacques Millet effectue des voyages de 1976 à 1979 en Amérique du Nord et en Amérique centrale qui ont certainement nourri son inspiration et enrichi son imaginaire. Une rencontre décisive avec un artiste suisse va nouer son destin à celui de la sculpture qu'il va étudier à l'école des arts de Freiburg. Séduit par le Kaiserstuhl, il s'y installe à demeure, il ouvre un premier atelier en 1987 avant de s'établir en 1997 à Bickensohl où il inaugure son nouvel atelier/galerie « La Grange », il intervient également depuis cette date à l'école d'art de Freiburg et anime des stages de sculpture dans la région.

 

 

​​© ​Crédit photo : Claude Menninger, image n° 3 de l'installation artistique des sculptures du sculpteur Jacques Millet, juin 2023.

 

 

Le travail de Jacques Millet

 

Avant d'aborder le travail de Jacques Millet, revenons à la définition de la sculpture qui renvoie au fait de tailler une matière dure telle que la pierre ou le bois afin de dégager un objet, une figure, un ornement dans un but utilitaire ou esthétique.

Nul doute que lorsque Jacques Millet taille le bois, c'est la quête du beau, de l'esthétique qui l'anime au sens premier du terme, à savoir que son âme entre en symbiose avec l'âme végétale qu'il explore.

L'approche n'est jamais la même car l'artiste communie avec le bois ou la pierre, les différentes espèces de bois, tilleul, cèdre, frêne, cerisier, chêne... Chaque pièce sera unique et réalisée dans une partition silencieuse entre l'homme et la matière qui renvoie à cette cosmicité qui nous met au monde. Dans cet esprit, on peut évoquer le « cœur-soleil » ou « l'ange du hasard » ou encore « le gardien » qui tissent des liens entre le végétal et l'humain.

 

Quant aux fragments de bois trouvés en forêt, ils ont souvent partie liée avec la beauté que la nature leur confère mais Jacques Millet va encore les sublimer en les mettant en scène sur des socles, en les brûlant dans son poêle d'où il les ressort couverts de suie, il les vernit, les peints pour les élever au statut d'œuvre d'art à part entière. Mais la nature demeure pour l'artiste un musée à ciel ouvert et le rapport qu'il entretient avec le chêne relève de l'alchimie et de la puissance d'un démiurge car c'est à la tronçonneuse qu'il explore la pièce, tourne autour d'elle dans un ballet silencieux pour en révéler l'âme, la quintessence.



 

​​© ​Crédit photo : Claude Menninger, image n° 4 de l'installation artistique des sculptures du sculpteur Jacques Millet, juin 2023.

 


 

Nul doute que Jacques Millet possède l'art de dialoguer avec le bois, la pierre ou le bronze. Je parle ici de dialogue et d'intelligence car nous le savons depuis quelques années, les arbres se parlent par leurs racines et depuis 2019, des textes juridiques défendent leurs droits. Les sculptures de Jacques Millet nous parlent dès lors d'apesanteur, de verticalité, de légèreté, de sérénité. Ce sont des arabesques qui dansent dans la lumière et la découpent tel le drapé d'une étoffe. L'artiste redonne vie et grâce à un morceau de bois que l'on dit « mort » et le transfigure. Des touches de peinture magnifient ses sculptures qui, du rouge au bleu, en passant par le jaune, les font vibrer, irradier telle cette « barque-lumière » qui vogue sur la carte d'invitation et qui côtoie aujourd'hui la barque à fond plat dans ce beau lieu intemporel.

Mais Jacques Millet, n'est pas seulement un sculpteur qui crée dans le huis clos de son atelier, il est, à l'instar de Marc Mimram qui a élaboré la passerelle des deux rives entre Strasbourg et Kehl, ou Helmut Lutz et son Sternenweg, un artiste transfrontalier qui lance des ponts entre la France et l'Allemagne.

Sa sculpture « Vision » qui s'élève sur les hauteurs de Bisckensohl en tutoyant le ciel, témoigne d'une création hors du temps qui puise son inspiration dans des valeurs universelles. Son titre « Vision » résume d'un mot la quête de l'artiste dont « le but est le chemin lui-même » pour reprendre la citation de Lao-Tseu.

 

​​​​​© ​Crédit photo : Claude Menninger, image n° 5 de l'installation artistique des sculptures du sculpteur Jacques Millet, juin 2023.

 

 

La sculpture intitulée « barque-passage » nous convie au dépassement, à la transcendance, elle sculpte le silence, le fait danser avec la pièce baptisée « flamenco » ! Quant au « bois chantant », il nous fait entrer dans « la féerie », « Vénus » ou le « phénix » nous y accueillent et tels les « personnages imaginaires » créés par Jacques Millet nous renouons dans le secret de notre entité avec notre mémoire végétale.



 

© Françoise Urban-menninger

 

© ​Crédits photos : Claude Menninger, images nos 1 & 2 de la présentation des œuvres artistiques du sculpteur Millet par Françoise Urban-Menninger, juin 2023.

 

 

 

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Pour citer ces texte & photos inédit​​​​​​s 

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Françoise Urban-Menninger, « Jacques Millet : parcours & œuvres », photographies par le photographe Claude Menninger, Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 24 juin 2023. URL : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/fum-jacquesmillet

 

 

 

 

 

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Retour à la Table du festival Megalesia 2023

23 juin 2023 5 23 /06 /juin /2023 11:59

 

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Critique & réception | Handicaps & diversité inclusive
 

 

 

 

 

 

 

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Soisik Libert

 « Trombes en carré d’or vierge »,

 

L’Harmattan 2022, 81 pages, 12€

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

© Crédit photo : Première de couverture du recueil de Soisik Libert, Trombes en carré d’or vierge.

 

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La poète se retrouve face à un monde abîmé enfoncé dans les ténèbres et son souhait n’est autre que de voir ce monde traversé par un rayon de lumière. Avec des mots justes elle décrit les atrocités qui prennent forme « Dans la topographie gluante de la cité » où la recherche d’un éden terrestre engendre des situations ingérables fruits d’une civilisation naufragée et chargée de tant de paradoxes que l’Humanité soit « en état de choc ».

 

On dit que la nuit porte conseil mais elle peut être aussi synonyme d’effroi. Aussi  La poète se penche-t-elle sur les victimes de la nuit. La nuit perverse et démoniaque de ceux qui s’y aventurent, ceux en mal d’existence : 

 

«  Nuit chaotique

criblée de prospectus

de seringues

et d’infarctus

du myocarde »

 

Elle souligne également le manque de tolérance face à la différence de l’autre :

 

« Accusé l’autre

dans ses choix de vie

critiquer par principe

dans un amène sourire »

 

C’est un monde qui va à vau-l’eau est dans le paraître. C’est aussi un : 

 

« Monde incohérent

qui se cherche

au milieu des livres

et se cache

derrière des slogans »

 

Dans ce monde il y a aussi :

 

« des guérites qui clignent de l’œil

dans leur devanture

pimpante et menteuse »

 

C’est un monde qui s’accroche aux futilités par manque de bon sens et de discernement. 

Tout est à refaire car le monde semble se tromper de sens par manque de bon sens.

 

 

 

© Crédit photo : Quatrième de couverture du recueil de Soisik Libert, Trombes en carré d’or vierge.

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Le poète est avant tout un être lucide et doté d’une grande sensibilité. Il sait lire entre les lignes et révèle des vérités. Et pour cause, notre poète fait montre d’une grande perspicacité en nous livrant sa perception des choses :  

 

« Je vois

au fond de la nuit

la détresse

d’un monde évanoui

Qui gronde

et couve encore

ses carats de lumière »

 

Et encore :

 

« Je vois

gravés sur ce mur

des serments tressés

qui me grisent

derrière

la chaîne épineuse des tags. »

 

Selon elle, ce monde doit cesser de cultiver le paraître pour apprendre à être. 

Elle est aussi celle qui cherche la lumière. La lumière qui réchauffe le cœur et l’esprit : 

 

« Dans la tresse du soleil

tu laisses éclater ta joie »

 

Malgré sa plume subtilement incisive, elle chante aussi l’amour :

 

« Couvre mon corps

de ton haleine

 

Viens dans ma place

Réchauffe ma nuit

 

Je marche dans la ville

Enfant perdu

uni à tes côtés

 

je marche dans la ville

ivre de ta voix

qui s’est tue »


 

 

© Maggy DE COSTER

 

URL. https://www.editions-harmattan.fr/livre-trombes_en_carre_d_or_vierge_soisik_libert-9782343239217-74125.html

 

 

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Pour citer ce texte inédit​​​​​​​​​​​​

 

Maggy De Coster (texte &  images), « Soisik Libert, « Trombes en carré d’or vierge », L’Harmattan 2022, 81 pages, 12€ »Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 23 juin 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no13/mdc-trombesencarredor

 

 

 

 

Mise en page par David

 

 

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Citation brève de ce texte inédit ​​​​​

 

Maggy De Coster (texte &  images), « Soisik Libert, « Trombes en carré d’or vierge », L’Harmattan 2022, 81 pages, 12€ »http://www.pandesmuses.fr/no13/mdc-trombesencarredor

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