18 avril 2020 6 18 /04 /avril /2020 17:18

Megalesia 2020 | Faits divers & catastrophes en poésie | Chroniques de la pandémie de COVID-19 | Florilège de textes poétiques

 

 

 

​Annus terribilis

 

&

 

Coronavirus

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

Crédit photo : Francisco de Goya (1746-1828), "Saturne dévorant ses fils", peinture de 1819-1823, domaine public, Wikimedia. 

 

 

Annus terribilis

 

 

Deux-mille-vingt annus terribilis arrivant

Ex abrupto avec le coronavirus se voulant 

Universel naissant sous 

X et roulant sa bosse de Charybde en Scylla

Mondialisation oblige et à ses ignobles 

Injonctions il nous soumet, en outre, confinement et tutti quanti 

Les jours se succèdent et le vilain petit virus distille en nous 

Le parfum délétère de la peur et de l’angoisse 

En battant tous les records de

Victimes logeant tout le monde à la même enseigne 

Injuste succès pour ce maudit Corona qui sape tout, en mettant

Nos braves soignants à rude épreuve

Gageons de l’éradiquer si le civisme de nos compatriotes

Tourne rond dans la balance de la solidarité nationale


 

MDC

24-03-2020

 

 

 

 

 

Coronavirus

 

 

Invisible et sans masque il avance

Mais ne masque pas la réalité

Tragédie à visage découvert

Qui nous sommes de porter un masque

Il érige sa demeure dans  nos poumons 

Et y dessine des arabesques asphyxiantes

Jusqu’à la convocation des Parques  

Toujours promptes au devoir

 

MDC

15-04-2020

 

***

 

Pour citer ces poèmes

Maggy de Coster, « Annus terribilis » & « Coronavirus », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020|V- Chroniques de la pandémie de COVID-19, mis en ligne le 18 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/annusterrilis

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
17 avril 2020 5 17 /04 /avril /2020 15:39

 

Megalesia 2020 | Poésie, musique & art audiovisuel

 

 

 

Poème

 

récité

 

 

 

Vivian O'Shaughnessy*

 

Site officiel : 

www.vivianoshaughnessy.com/

 

 

 

 

 

 

https://youtu.be/Wo1MOyB2NCo

 

 

"Ce cadeau adressé à la revue grâce à Camille Aubaude met du baume au cœur durant le confinement, merci bien à Vivian, Sébastien et Camille ! ", LPpdm

 

***

Pour citer ce court-métrage

 

Vivian O'Shaughnessy, « Poème récité », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 17 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/texte-vivianoshaughnessy

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 16:15

 

Megalesia 2020 | Poésie, musique & art audiovisuel

 

 

 

Nuit

 

 

 

Nicole Coppey

 

Site officiel : http://www.nicolecoppey.com/

 

Chaîne officielle YouTube : https://www.youtube.com/channel/UC_Mt28JgxfzPW91iaO7TS1g

 

 

© Crédit photo : Nicole Coppey, "Vers unis vers/Toi et moi (sur un poème de Rûmî)", image capturée par LPpdm, en octobre 2017.

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=5jxhvCZwD_8

Description

"Nuit" est un poème calligramme mis en musique et récité par N. Coppey

 

 

***

Pour citer ce court-métrage

 

Nicole Coppey, « Nuit  », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 16 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/nuit-coppey

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Audiothèques-vidéothèques
16 avril 2020 4 16 /04 /avril /2020 15:17

Megalesia 2020 | Chroniques de la pandémie de COVID-19 | Florilège de textes poétiques

 

 

 

 

​Coronavirus​​​​​​

​​​​​​

 

 

 

Stephen Blanchard

 

© Crédit photo :  image du poème, transmis par le poète Blanchard. 

 

 

 

Nous voilà confinés, face à l'épidémie, 

Le virus se répand, il faudra patienter,

Nous n'avons plus le temps de tout argumenter, 

Les français sont touchés, c'est une pandémie

 

Chacun panique à bord, la porte refermée, 

La guerre est déclarée en absence de choix, 

L'amour est en danger quand l'horizon sans voix 

Nous prive de l'espoir d'une visite aimée. 


 

Je regarde la vie en perte de lien, 

À l'heure où vont s'enfuir les ailes de mes rêves, 

Le vide et l'abandon sont de mortelles sèves

Me transperçant le coeur d'un doute kafkaïen. 

 

 

Mais l'homme tend vers la belle espérance, 

La solidarité sur un même chemin, 

Car le devoir l'appelle à se faire devin

Pour sauver notre monde aux jardins de l'errance. 

 

 

***

 

Pour citer ce poème

Stephen Blanchard, « Coronavirus », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020|V- Chroniques de la pandémie de COVID-19, mis en ligne le 16 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/coronavirus-sb

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
14 avril 2020 2 14 /04 /avril /2020 14:52

Megalesia 2020 | Critique & réception

La poésie-performance

de

Hanétha Vété-Congolo

 

 

Roger Little

 

© Crédit photo : Première et quatrième de couverture de l'ouvrage "Mon parler de Guinée", éd. L'harmattan.
© Crédit photo : Première et quatrième de couverture de l'ouvrage "Mon parler de Guinée", éd. L'harmattan.

© Crédit photo : Première et quatrième de couverture de l'ouvrage "Mon parler de Guinée", éd. L'harmattan.

 

 

Et Césaire vint... Comment, lorsqu’on est poète martiniquais, échapper à l’immense ombre portée par le Cahier d’un retour au pays natal ? Hanétha Vété-Congolo le fait courageusement, en mode féminin, d’abord en balançant son porc (dès 2006 !) au tout début de son premier recueil, Avoir et être1, mais toujours avec le verbe volcanique et parfois liturgique de son aîné. Elle est « debout et libre » en réponse à son ardent appel. Elle s’expose dans une explosion lexicale nourrie du brassage linguistique des Antilles, prônant une paronomasie jouissive qui entraîne le lecteur vers une adhésion consentie. Exemple attachez vos ceintures !) :

 

 

« Rien ils ne vous ont rien laissé ces diables pauvres diables sieurs de leurs sueurs seule riche nourrisseure de leur houe houant houant toujours encore toujours houant la houe sous leur ahan ahan ahan houant sarclant le tiges fines acuminées fines fines lames à miel aux tiges de cristallin roux (p . 94)

ou encore :

 

comment

 

mettre en culbute le ressenti térébrant du cœur vultueux trépide en quête du vulnéraire miel nappant l’insurmontable tiraillement permanente implosion implorant l’explosion total du corps de l’âme dans l’impérieux de l’ultime » (p. 124)

 

 

Au cœur d’un vibrant hommage à la mère on trouve une vive conscience du passé esclavagiste et un autre passage typique :

 

 

« la voix la voie engrossée de l’inestimable de l’action la parole du frère marron extravasant la mémoire des Pères en marronnage qui palpe le règne de son legs dans son défi craché aux maîtres mabouya il écharpe la  main qui veut le fouet cingler il écharpe le leste bras qui veut de la chair noire nourri le rouge sang de sa diabolique appétence il entend déjà le grand bruit de la parole indocile » (p. 149)

 

 

Parfois une voix connue est citée, celle de Derek Walcott par exemple, en anglais dans le texte : « either I’m a nation or I’m nobody » pour affirmer l’appartenance... et la langue n’est pas étrangère.

 

Le deuxième recueil est intitulé Mon parler de Guinée2 et poursuit une recherche verbale et rythmique comme une partition de musique. Ce titre n’a pas manqué de rappeler le célèbre écart entre cœur et langage dont le Haïtien Léon Laleau souffre selon son poème « Trahison », l’impossibilité qu’il ressent

 

 

« D’apprivoiser, avec des mots de France,

Ce cœur qui m’est venu du Sénégal. »

 

 

Hanétha Vété-Congolo métisse son langage afin d’éviter ce piège. Encore plus que dans Avoir et être, des mots provenus de plusieurs langues s’imbriquent : « elle parle sa lang le langaj du / dedans » (p. 36) et n’hésite pas à écrire de longs passages en créole. Elle se déclare « l’amie des mots » (p. 46) et comme pour le prouver roule le vers suivant dans sa bouche : « grugeure grugeant dans la grugerie de la gruerie ». Plusieurs techniques sont à l’œuvre : le trait d’union disparaît au profit du mot-valise frappant déjà pratiqué dans le premier recueil ; la recherche lexicale est poussée dans les derniers recoins du dictionnaire ; l’invention de mots nouveaux s’enracine dans le tuf du reconnaissable. Tout cela contribue à créer une texture exceptionnelle qui fait que le parler des origines devient une fête de l’esprit, un flux irrésistible. La relation à l’enfant confine à la relation de l’enfant, au cœur du premier – et très long – poème de Mon parler de Guinée tout comme est centrale dans bien d’autres textes précédents.

 

L’Afrique matricielle et morcelée dans une numération d’ethnies – et partant de langues – dans le poème « clair du dedans » (p. 79-98) : la préoccupation de la « langue d’afrique nous inventée en langue nous » (p. 79) et de son intériorisation sont soutenues jusqu’à la fin :

 

« afrique vraie de ce jour d’hui délandjé afrique sans langue de ses langues sa langue afrique délanguée à langue flandjé

flanguée ce jour d’hui mais ma parole vraie du dedans vrai d’hier hier hier ici

​​​​​​ encore

​​ ​​​ encore

​​​​​​ encore

​​​​​​ encore ce jour d’hui » (p. 95-96)

 

 

Le sens de l’enracinement génétique et linguistique apparaît clairement dans le passage suivant :

 

 

« Nou

Nou nou nou

Nou-caribéen sur pieds afrique

noue

en marche

en marche

marche

en marche

dans la claire sente du jour ouvert de jour ouvert jour lumine clair jour clair lumine jour clair lumine de fruits jardin péyi de fruits jardin à pain oui à pain jardin en fruits à pain oui oui oui à pain à pain yapen clair fruit clair clair clair jardin rouge bleu rouge jardin yapen en jour lumine claires claires lumines du jardin clair de guinée. (p. 104)

 

 

Le débit tumultueux de cette poésie-performance comporte un paradoxe : comment porter une attention suffisante aux détails de l’inventivité linguistique lorsqu’on est emporté par ce flux enthousiaste ? Il faudrait les yeux du malfini, rapace antillais capable de passer en un instant d’une extrême presbytie à une extrême myopie afin que sa proie soit toujours au point. « ba mwen lè » lit-on au début de « tras doloris » (p. 119) : « donne-moi de l’air », expression à double tranchant. D’une part, l’appel de l’espace, pour l’oiseau comme pour l’être humain, est clair, mais d’autre part le locuteur veut tout simplement que celui qui le dérange s’enlève pour qu’il s’occupe mieux le travail qu’il entreprend. Comment s’arrêter à de tels nœuds quand on est entraîné vers l’avant avec une telle force ? 

Cette poésie mérite une attention toute particulière. Foin des cautions qui l’entourent dans ces éditions, signées pourtant de noms prestigieux : elle n’est pas précautionneuse, mais vivante, avec tout ce que cela comporte de risques.

 

 

 

Notes

1. Avoir et être : ce que J’ai, ce que je Suis, Mazères (F 09270), Le chasseur abstrait, « L’Imaginable », 2009.

2. Paris, L’Harmattan, « Poésie des cinq continents », 2015.

 

 

***

 

Pour citer ce texte

Roger Little, « La poésie-performance de Hanétha Vété-Congolo », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2020, mis en ligne le 14 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/megalesia20/performance-congolo

 

 

 

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