17 septembre 2017 7 17 /09 /septembre /2017 15:37

 

Revue culturelle d'Orient & d'Afrique

 

 

 

Nouvelle zone qui célèbre l'Orient et l'Afrique en poésie

 

 

 

Edgar Morin, une pensée faite monde

 

 

 

Mustapha Saha

 

Reportage photographique par

 

© Élisabeth et Mustapha Saha

 

 

Contexte

 

 

Le Maroc célèbre Edgar Morin à Paris avec un hommage vibrant de l’Ambassadeur Chakib Benmoussa. En présence des deux amis proches et complices philosophiques, les sociologues Alain Touraine et Mustapha Saha.

Mustapha Saha rend public, à cette occasion, son texte « Edgar Morin, une pensée faite monde » dont un large extrait ci-dessous.

Reportage photographique :  © Elisabeth et Mustapha Saha. Avec :

Edgar Morin (sociologue, philosophe)

Son Excellence Chakib Benmoussa, Ambassadeur du Royaume du Maroc en France

Alain Touraine (sociologue),

Mohamed Mourabiti (artiste peintre),

Mustapha Saha (sociologue, poète, artiste peintre).

Edgar Morin, une pensée faite monde
Edgar Morin, une pensée faite monde
Edgar Morin, une pensée faite monde
Edgar Morin, une pensée faite monde

© Crédits photos :  images du reportage photographique par Élisabeth et Mustapha Saha.

 

***

 

Edgar Morin, une pensée faite monde

 

 

À quatre-vingt-seize ans, Edgar Morin donne au monde une leçon perpétuelle de jeunesse d’esprit. Une pensée en continuelle immersion dans les complexités labyrinthiques de la raison humaine. Une pensée faite monde. Socrate est parmi nous. Sa voie, Edgar Morin l’a trouvée depuis longtemps, vivre poétiquement, chaque journée, comme une vie entière, la construire comme une œuvre d’art, fournir au cerveau du bon grain à moudre pour l’empêcher de s’empêtrer dans la vase des choses. Sa ligne de conduite, dans son long parcours existentiel, s’inspire du paradoxe lumineux de Blaise Pascal, « la raison prend sa source dans le cœur ». Il n’est donc question pour lui ni d’exclure la raison ni d’admettre que la raison. La voie se trouve probablement dans cet entre-deux étroit, entre science sans conscience et conscience sans science, dans cette fibre sensible qui fait l’humaine humanité.

 

La présentation du numéro spécial des Cahiers de l’Herne, consacré à Edgar Morin de son vivant, a réuni de nouveau, au milieu d’un quartet d’intellectuels, dandys fatigués de la surexposition médiatique, Edgar Morin et Alain Touraine, fringants nonagénaires, dinosaures de l’agora sociologique, rescapés miraculeux de la glaciation culturelle, combattants indéfectibles de la pensée sociale, adversaires irréductibles de tous les scientismes, monstres sacrés de la critique radicale, incorrigibles empêcheurs de tourner en rond, indémontables guetteurs de l’imprévisible. Le temps des querelles vivifiantes, des controverses revigorantes, des confrontations stimulantes, paraît bel et bien révolu. Ne demeurent que polémiques stérilisantes, platitudes arrogantes et coups d’épée dans l’eau.

 

Edgar Morin, attentif aux entendus et sous-entendus de ses glorificateurs, console son ennui d’imperturbable bienveillance. Quand le vacarme l’assourdit, Sénèque murmure à son oreille. Il s’installe résolument dans l’économie symbolique du temps pour vivre intensément l’instant présent. Malgré les innombrables sollicitations protocolaires, il se soustrait, le plus possible, à l’abstraction du temps morcelé pour baigner dans le temps naturel, cette durée sans commencement ni fin conceptualisée par Henri Bergson, qui s’accordéonise selon sa propre musique, qui n’a d’autre substance que la volupté d’être. Il ne sert à rien de courir de plus en plus vite pour aller nulle part, sinon à la catastrophe. Blaise Pascal nous le rappelle « Nous errons dans les temps qui ne sont pas les nôtres et ne pensons point au seul qui nous appartient ».

 

L’accélération du temps métronomise le vertige de la mondialisation. L’interconnexion décisionnelle au sommet, à l’échelle planétaire, broie impitoyablement la dimension humaine, absorbe et digère toutes les productions, toutes les inventions, toutes les créations, ne laisse d’autre alternative à la servitude volontaire que l’exclusion sociale. La mondialisation compressive est chronophage par définition. Elle vampirise implacablement le temps de la contemplation, de la méditation, de la réflexion. Elle récuse le droit à la paresse fécondateur de maturation créative. Elle désintègre la conscience de soi, dissoute dans le mépris sans visage, dans les contrôles électroniques, dans les ordres signalétiques, dans les puces indétectables, qui gangrènent, comme des tumeurs, la vie quotidienne. La mondialisation ultralibérale étouffe la pensée critique dans l’œuf. Les monopoles financiers aux commandes et la technocratie gouvernante à leur solde ignorent eux-mêmes la direction prise par le monde. Ils fonctionnent avec les théories obsolètes et les concepts archaïques hérités du dix-neuvième siècle, passés à la moulinette des statistiques descriptives et des variables aléatoires. L’ordre géométrique triomphant dissèque le réel et ne reconstitue que du virtuel. Foin de l’analyse qualitative !

 

Seule l’accumulation des données compte. La culture occidentale s’ankylose, depuis des siècles, dans le rationalisme castrateur, s’obstine à imposer son universalisme en modèle civilisationnel indépassable. Depuis le XVIème siècle, l’Occident se prévaut d’une avance scientifique irrattrapable, alibi idéologique de sa fuite en avant dominatrice, de son complexe de supériorité patho-historique. Avec la Révolution numérique, tous les continents, tous les peuples, toutes les localités repartent à pied d’égalité. Je rappelle à mes vieux complices philosophiques que j’ai forgé le concept de diversalisme pour liquider, définitivement, l’héritage colonial. Toutes les cultures du monde, du passé, du présent, du futur, se valent et s’équivalent dès lors qu’elles ne sont pas instrumentalisées comme armes de destruction et comme véhicules d’infériorisation.

 

La Révolution numérique dépouille le pouvoir, tous les pouvoirs, de leur levier principal, le monopole de l’information, instaure une société transversale en réseaux où le centre se décentre à l’infini, où les périphéries proches et éloignées deviennent instantanément, en temps réel, des centres de focalisation planétaire en fonction des scoops qu’elles propulsent, où l’événement se déclenche, sans préavis, n’importe où, n’importe quand, où l’inattendu se niche dans les indénombrables ordinateurs domestiques. Le flux perpétuel de l’information engloutit ses manipulateurs. La marée communicationnelle avale impitoyablement les désinformateurs. La conscience individuelle interagit désormais, sans intermédiaires institutionnels, avec la conscience planétaire dans son immense diversité, dans une fermentation chaotique propice à toutes les imprévisibles.

 

Le concept d’alter-mondialisme, aspiration profonde à une autre configuration des rapports planétaires, entre civilisations, entre cultures, entre personnes, au-delà de ses multiples récupérations, tresse, dans le tâtonnement expérimental, des passerelles parallèles. Le succès grandissant des produits biologiques, après les dévastations pathogènes des additifs chimiques, remet progressivement la nature-mère au centre des préoccupations humaines. Les énergies renouvelables, solaires, éoliennes, hydrauliques, géothermiques, le développement durable et l’économie circulaire, s’imposent, peu à peu, comme palliatifs pérennes aux combustibles destructeurs. Les entreprises citoyennes, les coopératives, les mutuelles, le commerce équitable, édifient progressivement une économie interactive, sans grossistes, sans distributeurs, sans spéculateurs. L’actualisation des architectures traditionnelles résout des problèmes insolubles pour les technologies sophistiquées et inopérantes des industries monopolistiques du bâtiment. Les niches écologiques se multiplient dans les interstices du bétonnage ravageur.

 
Edgar Morin, une pensée faite monde
Edgar Morin, une pensée faite monde
Edgar Morin, une pensée faite monde
Edgar Morin, une pensée faite monde

© Crédits photos :  images du reportage photographique par Élisabeth et Mustapha Saha.

 

 

Edgar Morin ne s’est jamais embarrassé des prévenances idéologiques. Il se dit atteint d’incurable dissidence. Les distinctions, les décorations, les gratifications, génératrices d’émotions agréables, protègent socialement son âme rebelle. Il est d’autant plus éthiquement juif qu’il a toujours défendu la cause palestinienne. Il invoque, dans un soupir, la Thessalonique de ses origines, terre d’asile de ses ancêtres andalous. Il cultive sa citoyenneté du monde dans sa marocanité adoptive. Quand il convoque son alter ego disparu, Cornelius Castoriadis, en parlant laconiquement du vide de la pensée, il pense d’abord aux acolytes de circonstance. La course à l’audience participe décisivement au décervelage de masse. La technocratisation de la société va de pair avec sa déculturation. L’appauvrissement intellectuel se conjugue à la prolifération des pathologies mentales. L’addiction aux neuroleptiques compense dangereusement la perte de repères, l’absence de sens à l’existence. La spécialisation à outrance atomise la connaissance, pulvérise la pensée, génère, dans tous domaines, des générations de techniciens ignorantistes.

 

La recherche universitaire n’échappe pas au confinement. Les techno-sciences, qui s’en alimentent, broient l’humain au profit de l’efficience. La compréhension du monde bute sur le cloisonnement disciplinaire et l’atomisation programmée. L’intrépide humaniste ne cherche pas des solutions, tôt ou tard fossilisées en systèmes, juste des voix de passage, avec l’amour, la poésie et la sagesse comme emblèmes, vers les contrées inexplorées du savoir et du bien-vivre. En élaborant la Charte de la Transdisciplinarité avec Lima de Freitas et Basarab Nicolescu, Edgar Morin pense une nouvelle éthique qui contrebalance les grands risques encourus par le genre humain et son environnement en sortant de l’ombre leurs pendants d’espérance. Cette Charte remet à l’ordre du jour une approche dialectique de la réalité dans sa complexité synergique. L’intégrité morale et physique du vivant est inaliénable. Toute tentative de dissoudre l’humain dans une structure formelle, de l’abstraire comme unité statistique inerte, de le soumettre à des manipulations génétiques monstrueuses, de le transformer en cybernanthrope sans âme, est un crime inexpiable contre l’humanité. La connaissance tenant compte de la variété de la nature et de la diversité du vivant est forcément complexe et globale. L’enfermer dans une logique unique, dans une interprétation monolithique relève de l’obscurantisme.

 

La dignité humaine ne se réduit pas à sa dimension existentielle, sociale, matérielle, passagère, elle s’inscrit dans l’anamnésie théorisée par Platon deux mille cinq cents ans en amont. Chaque humain est un éclat de l’univers, il porte en lui la mémoire génétique et intellectuelle de l’humanité entière depuis les origines. La terre tout entière appartient à chaque vivant par le seul fait que chaque être est porteur de son feu sacré. Dès lors, la transdisciplinarité se propose d’articuler les domaines artificiellement séparés du savoir pour susciter une compréhension à la fois panoramique et multidimensionnelle de la nature et de la réalité, une compréhension qui restitue à l’humain son bien le plus précieux, sa dignité. En ce sens, l’interdisciplinarité peut se définir comme une intelligence connective. L’intelligence, du latin « intellegere », ne signifie-t-elle pas, étymologiquement, « relier plusieurs lectures » ? L’intelligence n’est-elle pas cette faculté proprement humaine de comprendre le sens et la substance des choses en déchiffrant, au-delà de leurs apparences, les liens organiques qui les animent ? Chaque discipline est traversée par des courants sémantiques, sémiologiques, éthiques, voire mythologiques, qui la dépassent. Il n’est pas de science qui ne soit en même temps allégorique.

 

La théorie des correspondances de Charles Baudelaire, inspirée de Platon, déclinée dans son poème « Les Correspondances », résume avec justesse ces interactions mystérieuses. Les correspondances verticales tissent des communications secrètes entre le visible et l’invisible, cet invisible visiteur des artistes et des poètes, qui les arrache à l’espace-temps, les plonge dans des sensations célestes incommensurables et les met en état de transe. Paul Klee ne distingue-il pas les artistes par leur don de rendre visible l’invisible ? Les correspondances horizontales réunifient sans cesse le monde, au-delà de ses turbulences, ses désordres, ses violences. Les crises, qui meurtrissent le monde, ne sont-elles pas des résidus lointains du chaos originel dont il est né  ? « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent » quand l’âme s’élève suffisamment haut pour capter leur symphonie. La fusion de la subjectivité et de l’objectivité se matérialise dans l’œuvre d’art. L’art et la poésie ne germinent et fleurissent que dans l’imaginaire fertile et l’intuition créative. La seule légitimité des artistes, des poètes, des penseurs, sera leur œuvre dévolue à l’humanité, leur seul juge la postérité à l’aune de leur legs à l’humanité. Mai 68 n’a existé que par sa créativité. Les enfants de mai rêvaient de l’imagination au pouvoir sans savoir que leur rêve était aporétique. Le pouvoir et l’imagination sont et seront irréductiblement antinomiques.

 
Edgar Morin, une pensée faite monde
Edgar Morin, une pensée faite monde
Edgar Morin, une pensée faite monde
Edgar Morin, une pensée faite monde

© Crédits photos :  images du reportage photographique par Élisabeth et Mustapha Saha.

 

 

Alain Touraine rappelle sa réfutation permanente des théories systémiques, réduisant les individus à des unités comptables, son aversion des logiques statistiques sans âme, des méthodologies technocratiques déshumanisantes. Face aux machines robotisantes, vulgarisées par le technicisme conquérant, il a toujours développé une sociologie des acteurs, exploré les dynamiques transformatrices des mouvements sociaux, scruter les évasures de la libération. Il s’attache particulièrement à l’utilité de la sociologie, ses théorisations devant naître des pratiques réelles et leur donner sens en retour, avec le souci constant de transformer les consommateurs passifs en sujets actifs dans un monde déboussolé, qui a perdu ses ressorts d’espérance. Le retour du sujet, dans le marasme économique et l’ankylose politique, est, depuis longtemps, son exaltant cheval de bataille. Il n’est d’épanouissement social que dans la synergie des singularités. Alain Touraine fait du concept de subjectivation son étendard, autrement dit l’affirmation de soi comme être libre, responsable et créateur. Je me ressource à cette évocation dans Mai 68.

 

Les idées singulières doivent descendre dans la rue. L’action citoyenne n’a d’autre moteur pour impacter le devenir commun que l’interactivité créative à la base, sur le terrain, hors sentiers battus, par l’apport créatif de chacun. La singularité ne se réalise pleinement que dans la liquidation définitive de la sacralité du pouvoir. Pendant des siècles, seuls les artistes, les poètes, les saltimbanques accédaient à cette liberté d’être sous masque d’amuseurs du roi ou sous guenille de gueux. L’expression de minorité agissante, galvaudée par le pouvoir pour dévaloriser les agitateurs indisciplinables, désigne justement ces groupuscules, sommes de singularités sans entraves, délivrées des chaînes de la productivité, de la rentabilité, de la compétitivité, capables, par leur créativité et leur imaginaire en action, de s’investir dans l’intérêt général et de déclencher des lames de fond dévastatrices de l’ordre établi. Leur déviance, comme le dit justement Edgar Morin, dès lors qu’elle rencontre une attente collective, se mue en tendance pour devenir une force historique. Ainsi se réalise l’improbable qui, au moment où tout semble perdu, sauve l’humain du désastre annoncé.

 

Alain Touraine étudie, dès leur émergence, les mouvements étudiants, les activismes féministes, les bouillonnements incontrôlables, façonneurs d’un autre rapport au monde. Il se proclame membre à part entière du cénacle frondeur d’Edgar Morin, Paul Lefort et CorneIius Castoriadis. Il a tôt pressenti, sous les soubresauts des crises répétitives, l’agonie du vieux monde industriel et la gestation, dans la parole et le sang, d’une société nouvelle, en Amérique latine et ailleurs. Il salue la revanche historique de la dialectique hégélienne sur le positivisme kantien. Le souvenir du père spirituel, Georges Friedmann, hante toujours autant la mémoire des deux patriarches. La condition humaine est leur passion conceptuelle, la politique leur terrain de jeu analytique. Correspondance de leurs destinées conjugales, frappées par la disparition de leurs épouses-muses. Amoureux éternels de l’irremplaçable, ils sont, tous les deux, repartis, au tournant de l’âge, après abattement mortifère, pour une autre vie sentimentale. Quand souffle la tempête, leur donquichottisme, fièrement assumé, leur sert de radeau de sauvetage.

 

L’emprise absolue des pouvoirs écrasants des finances et des médias formatent, d’avance, les besoins, façonnent les opinions, réduisent méthodiquement les marges de liberté. Je pense à mon ami Jean Baudrillard, toujours incompris post-mortem. Le pouvoir pour le pouvoir anéantit subrepticement les droits fondamentaux de l’être humain, neutralise anticipativement ses velléités de révolte, anesthésie sournoisement son exigence vitale de dignité. L’embrigadement brutal des totalitarismes massifs a laissé place aux circuits tentaculaires de contrôle et de surveillance. Dans « la société bureaucratique de consommation dirigée » selon la formulation d’Henri Lefebvre, son cours magistral à Nanterre germinateur de la révolte étudiante, le social est partout évacué au profit de la manipulation politique. Je revis nos discussions interminables avec Henri Lefebvre dans son appartement Rue Rambuteau, nos promenades rituelles jusqu’à la Place des Vosges où la nostalgie de son époque surréaliste, avant d’être vampirisé par le stalinisme, le transfigurait ? Le poète ressurgissait par magie sous la stature du professeur vénéré.

 

Je souligne qu’aujourd’hui, plus qu’hier, le citoyen opprimé lui-même, est sommé, pour se faire entendre, d’intégrer un réseau lobbyiste sous peine de disparaître comme sujet. L’urbanisation technocratique de la planète dénie le droit à la ville jusque dans l’architecture. Le citadin, téléguidé dans des passages obligés, se métamorphose en spectre urbain. Des forces obscures, cependant, forment sourdement, solidairement, inventivement, des galeries souterraines d’émancipation dans les quartiers populaires. La transversalité sape, dans ses fondements, la prépotence pyramidale. Mai 68, chassé par la grande porte, revient par l’issue de secours. Mai 68, objet politique non identifiable, artefact historique non élucidable, s’invoque pieusement comme un paradigme utopique, une lanterne mythique, un sémaphore symbolique. Alain Touraine cite Mai 68 ; La Brèche (éditions Fayard, 1968), ouvrage écrit dans le vif de la Révolution ludique par Edgar Morin, Claude Lefort et Cornelius Castoriadis. Il omet volontairement d’évoquer, élégance intellectuelle oblige, son propre livre du même cru Le mouvement de mai ou le communisme utopique (éditions du Seuil, 1968). Visions empathiques de mandarins engagés ne saisissant de la conscience estudiantine révoltée que sa pellicule politique. Et pourtant, sous folklore ouvriériste, il n’eut que la soif de liberté, rien de plus, rien de moins. Au premier rang de l’auditorium, je me revois à l’époque, vêtu de noir comme aujourd’hui, cofondateur du Mouvement du 22 mars à la faculté de Nanterre, animateur romantique du temps des barricades, rêveur impénitent de rivages inaccessibles, calfeutré dans une distanciation de bonne aloi, souriant de la récupération académique et de l’émotion sincère des doctes nostalgiques. Je me contente d’objecter, pendant le dîner, quelques apophtegmes amphigouriques. Mai 68, perceur de traverses transgressives, fécondateur d’idées intempestives, porteur d’intemporalité poétique, féconde toujours l’avenir, au-delà des mutations éprouvantes. Le virus politique empêche la pensée de prendre son envol philosophique. La société transversale creuse, irréversiblement, ses cheminements invisibles. Les concepts de pouvoir et de politique sont définitivement obsolètes. Il n’est de salut que par l’art et la poésie.

 

La soirée se prolonge dans l’ambiance exotique et feutrée du restaurant marocain L’Atlas, boulevard Saint-Germain. Une douzaines de convives, triés sur le volet par la direction des Cahiers de l’Herne, puissance invitante, couvent Edgar Morin et Alain Touraine de leur affectueuse présence. Les cellériers lobbyistes de l’événement restent à la porte. Le pouvoir sans pouvoir puise sa raison d’exister dans les secrets d’alcôve. Les deux philosophes partagent bonnes anecdotes et tajines d’agneau embaumés d’effluves orientaux. Edgar Morin entonne à voix chaude des chansons classiques des années folles. La sociologue marocaine et complice épouse, Sabah Abouessalam-Morin, savoure en silence la déclaration d’amour.

© MS*

 

* Mustapha Saha, sociologue, poète, artiste peintre, cofondateur du Mouvement du 22 Mars à la Faculté de Nanterre et figure historique de Mai 68.

 

Sociologie, poésie, féminisme & Mai 68

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Mustapha Saha, « Edgar Morin, une pensée faite monde », reportage photographique par Élisabeth et Mustapha Saha, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11 & Hors-série 2017, mis en ligne le 17 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/edgar-morin.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 11:17

 

Revue culturelle d'Orient & d'Afrique

 

 

 

Nouvelle zone qui célèbre l'Orient et l'Afrique en poésie

 

 

 

Regard sémiotique sur la peinture

 

 

 

intemporelle d’Ahmed Cherkaoui

 

 

 

Mustapha Saha

 

 

 

© Crédit photo : Portrait d’Ahmed Cherkaoui par Mustapha Saha,

peinture sur toile, dimensions : 100 x 81 cm.

 

 

 

Contexte

 

Le Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain programme une exposition rétrospective pour décembre 2017, en hommage à Ahmed Cherkaoui à l’occasion du cinquantenaire anniversaire de son éclipse de ce monde. Je consacre à l’immortelle figure de proue de la peinture marocaine et planétaire un portrait, peinture sur toile grand format, et une analyse des ressorts esthétiques et des radicules philosophiques de son œuvre fondatrice.

 


***

 

 

Regard sémiotique sur la peinture intemporelle d’Ahmed Cherkaoui

 


 

 

 

En 1967, le peintre Ahmed Cherkaoui est terrassé par une maudite infection à l’âge de trente-deux ans. Foudroyé par le feu de la création comme s’il n’est passé sur terre que pour imprimer son message. « L’Ange bleu » s’exécute en présage. Un demi-siècle plus tard, sa peinture trace toujours son sillage. Formé dès l’enfance aux arts calligraphiques et, par atavisme, au soufisme, il perçoit lui-même sa vocation artistique comme une impérative prédestination. Il conçoit, pendant son expatriation parisienne, sa trajectoire comme mise à nu des modélisations acquises, récusation des facilités exquises, exploration d’impénétrables territoires. Il ressent d’emblée son embrasement visionnaire comme une révélation.

 

L’œuvre accomplie dans l’urgence de l’éternité fugitive, dans la fébrilité des fulgurances intuitives, dans l’intensité d’une vie pressentie transitive, n’est ni abstraite, ni ancienne, ni moderne. Il s’agit, bien au contraire, d’une œuvre-univers, perpétuant, dans sa symbolique transcendante, le signe de l’esprit et l’esprit du signe, puisant sa sève dans des racines incorruptibles pour féconder des frondaisons sans cesse reconvertibles. L’artiste hérite à la naissance de la mystique interrogative sur les mystères de l’existence, du serment prophétique de la connaissance, du calligramme énigmatique de la prescience. Les premières compositions, captations des glyphes séculaires, déclinées comme antiques papyrus, déroulent les fluctuations existentielles, les incertitudes torrentielles, les vacillations essentielles.

 

Le jeune artiste acquiert les règles classiques de la plastique occidentale, les titres de noblesse universitaire, la reconnaissance des galeries internationales. Il se détourne ex abrupto des chemins balisés, des écoles labellisées, des gratifications caramélisées. Sa terre natale regorge d’indices indécryptables, de permanences indatables, de rémanences transmutables.

L’ambitieuse recherche s’attaque d’emblée à l’inconnaissable du connaissable, l’invisible du visible, l’indiscernable du perceptible. Se prospecte l’interaction secrète entre techniques magiques et magie de l’art. Le travail en profondeur sur surfaces réduites traque les fissures, les invisibilités tangentes, les échappatoires indétectables. Les tentatives de pénétration des références héréditaires, cuirassées dans leur récursivité close, glissent aussitôt dans l’imprévisible. Les formes extensibles se recombinent avec malice. Le jeu des miroirs démultiplie les points de fuite. L’amplification de l’infinitésimal bute sur l’inexprimable. Les brèches à peine suggérées se cimentent. L’intelligibilité se fragmente. La stylistique se façonne dans l’hybridation symbolique.


 

Aux commencements le tatouage, l’empreinte indélébile dans la chair, le patrimoine mnésique cessible dans la matrice inaliénable, les secrets concessibles dans leur hermétisme inviolable, les rites de passage transmissibles dans l’initiatique oralité. Cette peinture explicitement talismanique exprime avec ferveur la recherche ontologique, l’aimantation mythologique, l’ivresse argomautique. La palette saisit les couleurs ésotériques dans leur incarnation première, les figures allégoriques dans leur structure archétypale, les jonctions nodales dans leur vibration suspensive, les projections focales dans leur rupture évasive. La toile de jute, étoffe électrisable, fibre métamorphosable, absorbe sur le vif les visualisations extatiques, les télesthésies fantastiques, les imprégnations thaumaturgiques.

 

L’arborescence intemporelle, convulsée d’étincelles perceptives, d’illuminations substantives, traverse, sans altération, les tourbillons de l’histoire. La chromatique se pigmente de quintessence minérale, s’insuffle d’essence sidérale, s’infuse de conscience intégrale. Processus alchimique par excellence. L’architecture se tisse dans la texture. L’ardeur créative se canalise. Le concept se matérialise. Le substrat se spiritualise. La cosmogonie se tresse dans une clairvoyance inédite. Un vision tremblante, ondoyante, fluctuante de l’ovalité génératrice, définitivement rebelle aux pétrifications tétanisantes. Les talismans et les miroirs s’élaborent, dans la frénésie votive, en séries bijectives. « Le couronnement », acquisition française grâce au ministre de la culture André Malraux, allégorie sibylline d’une annonce messianique, consacre l’incandescence spirituelle dans ses flamboyances polychromes transperçant les pesanteurs de la matière.


 

Le pinceau trempé dans la cendre remue rageusement la boîte à Pandore, démaquille les démons lustrés d’or, démantèle les remparts et les miradors. Les toiles se baptisent de titres conjuratoires. S’interpellent dans la fureur graphique les fauteurs de malheur. « Le Mont des oliviers », branches décharnées, verdure noyée dans des mauves crépusculaires, sonne a postériori comme un cri prémonitoire contre une guerre génocidaire. Les candélabres de la fraternité se transforment en fourches caudines. Les tempêtes assourdies s’agglutinent en laves refroidies. Se décomposent et se recomposent des morphologies terreuses dans les cicatrices charbonneuses. S’amoncellent pupilles ballonnées dans leur impuissance scrutatrice. Le retour à l’argile purgative s’impose comme un appel au phénix rédempteur.

 

Les psalmodiques résonances du Dîwân d’Al-Hallaj tempèrent les cafardeuses dissonances. S’infiltrent lueurs multicolores dans l’opacité déprimante. S’exorcisent sur fonds sombres les malédictions objectales, les damnations sacerdotales, les compromissions fatales. Isis s’invoque comme bienfaisante pythonisse. Surgissent les trois mâts de la sagesse sur barque solaire. La coque terrestre se fait tour à tour comète tourbillonnante, graine germinante, vulve foisonnante. La tissure se déleste de ses tracés obscurs. Au-delà des géographies restrictives, l’elliptique représentation de théogonies lointaines ouvre le champ référentiel sur des analogies souterraines. L’œuf primordial s’entoure de blancheur sensitive, spectre énergétique d’inébranlable lumière. Le poisson cosmique, dans sa sacralité procréatrice, veille sur l’immuable écriture. La flèche divinatoire indique l’introuvable grimoire. Ne demeurent de la sphère purificatoire qu’arcures évocatoires, trigones sacrificatoires, reliquaires absolutoires. La spirale astrale aspire le regard au-delà du miroir, un miroir trinitaire revoyant l’affect à l’intellect et l’intellect au précepte indécodable. L’émotion esthétique bascule dans la contemplation métaphysique.

© MS

Ce texte est aussi classé dans "Muses au masculin"

 

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Pour citer ce texte

 

Mustapha Saha (article & illustration), « Regard sémiotique sur la peinture intemporelle d’Ahmed Cherkaoui », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11 & Numéro spécial 2017, mis en ligne le 14 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/peinture-cherkaoui.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 16:41

 

Publication successive

 

 

Lettre n°9

 

avec une publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016

 

 

Pour répondre à vos nombreuses demandes de publication,

nous mettons en ligne une partie des numéros imprimés de décembre

avec vos annonces et informations

 

© Crédit photo : Introspection, éditions Pan des muses, image prise par LPpdm, 2016.

 

ISSN numérique : 2116-1046

 

Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques

 

diffusée en version électronique (apériodique) et en version imprimée (4 numéros par an)

 

Le Pan poétique des muses ISSN Imprimé : 2492-0487

 

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Meilleurs vœux !

Iris & Mêtis messagères bleues des muses,

Le Pan poétique des muses,

le semainier des muses

avec l'association SIÉFÉGP

vous souhaitent une bonne année 2017 !

 

Poèmes, nouvelles, lettres, fragments

 

[Parution imprimée de certains de ses textes dans le numéro spécial et le hors-série 2016 ]

 

Nicole Coppey : Ô ! Ô! Lumière en prière , Ô rivière de lumière & Fruit Vermeil 

Mokhtar El Amraoui Miroirs & Oriflammes

Françoise Urban-Menninger : À fleur de paume

Dina Sahyouni : Aimer l’amour , Adieu homme & Gribouillage translucide

Maggy de Coster : « Les Versets simplifiés du soleil levant » (extraits)   &  Quatre poèmes d’In-version poétique/In-versione poetica

Laure Delaunay : De l’eau, à l’o en passant. Poème Évolutif. Mots doux. Quelques cris. Un "heu…"

 

 

Notre choix d'actualité poétique et artistique en ligne

 

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Notre choix d'actualité philosophique et scientifique sur le vivant

(disponibles en ligne)

Notre choix de séries télévisées, films et d'émissions culturelles

télévisées qui valorisent les femmes (disponibles en ligne)

 

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S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages

 

Pomme François-Ferron pour le Collectif Copines 

 

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Liens vers les actualités des actions en faveur des femmes

  • La plateforme www.sexismepasnotregenre.gouv.fr est un espace participatif destinée à : déposer des témoignages par le biais des réseaux sociaux ; retrouver les initiatives labellisées contre le sexisme ; connaître les chiffres clés ; s'informer sur les recours juridiques possibles face à certains actes sexistes (propos concernés, discriminations, harcèlements, violences...).
  • pic.twitter.com/LUvQxV9JUx @SergioTinti1 autour de son livre "Du sexisme dans le sport". Ouvert à tou-te-s @bbarbusse rencontre avec @Paris19e Le 23 janvier 19 heures
    January 5, 2017— andrea fuchs (@andreafuchs)
  • Je ne veux pas que dans nos quartiers on impose aux femmes la manière de s'habiller, de se comporter. Je suis féministe! #LEmissionPolitique

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Œuvres reçues par LPpdm et classées (certaines d'entre elles) dans

Le Catalogue de la Bibliothèque Cybèle de la SIÉFÉGP

 

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Notre agenda poétique

Dina Sahyouni

SIEFEGP

Avertissement : Le Pan poétique des muses s'est métamorphosée en périodique imprimé de 4 numéros par an, continue aussi à publier a-périodiquement sa version (différente) en ligne. La Lettre du Ppdm prend désormais un rôle important dans nos publications en ligne, n'hésitez plus donc à y contribuer. Vos contributions peuvent être choisies pour figurer dans nos numéros imprimés. Notre site héberge également et pour une durée indéterminée l'association SIEFEGP et ses publications. Belles rencontres poétiques au fil de nos pages ! Au plaisir de vous lire et de vous publier,
Rédaction de la revue LPpdm

 

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Lettre n° 9 (Avant-première de nos dernières publications de 2016)
Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
7 janvier 2017 6 07 /01 /janvier /2017 11:00

 

Les éditions de la SIÉFÉGP Pan des muses et le périodique Le Pan poétique des muses sont très heureuses de vous annoncer la parution de leur ouvrage

 

1 | NUMÉRO SPÉCIAL  2016

 

Des hommes en poésie

 

Invitée Nelly SANCHEZ

 

coordonné par la rédaction du Ppdm de Grenoble

 

© 1ère et 4ème de couverture illustrée par Gordan ĆOSIĆ et Nelly SANCHEZ (photo non actuelle)

 

Coll. OPS, 29, 70 cm x 21 cm. In-Plano, broché, 26 TTC ISSN 2492-0487

 

Numéro paru le 31 décembre 2016 &

 

en vente chez la SIÉFÉGP dès le 24 janvier 2017*

 

* Ce numéro (comme le Hors-SÉRIE) ne peut pas être vendu avant pour une raison d'organisation interne à la SIÉFÉGP. Merci de votre compréhension !

 

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Pour citer ce texte

LPpdm, « 1 | NUMÉRO SPÉCIAL 2016 ; "Des hommes en poésie", coordonné par la rédaction du Ppdm de Grenoble », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 7 janvier 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/hommes.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
30 décembre 2016 5 30 /12 /décembre /2016 09:17

 

Les éditions de la SIÉFÉGP Pan des muses et le périodique Le Pan poétique des muses sont très heureuses de vous annoncer la parution de leur ouvrage

 

N°2 HORS-SÉRIE | HIVER 2016

 

Enfances en poésie

 

Avec Mona GAMAL EL DINE & Paul TOJEAN

 

coordonné par Nelly SAHYOUNI-TAZA

 

 

© 1ère de couverture du HORS-SÉRIE N°2 illustrée par © Gordan ĆOSIĆ, Night-day-4, 2016

 

Présentation de louvrage

 

« Toutes les grandes personnes ont dabord été des enfants. »

(Antoine de Saint-Exupéry, Le petit prince)

 

« Enfances en poésie » porte sur les traces de lenfance en nous par le biais de la présence des femmes et/ou du féminin au sein dun art empreint des couleurs de lenfance et de sa pureté réelle et/ou imaginaire... Des fables antiques aux poètes morts jeunes comme Rimbaud en passant par la rose du petit prince et des sons du tam-tam de la négritude, des univers poétiques et artistiques souvrent à nous, en nous. On définit les poètes depuis des siècles en les qualifiant déternels enfants, de rêveurs et de perturbateurs de lordre établi dans la société. Cependant, il n’y a pas plus de Peter Pan, dilluminés et de fées Clochette chez les poètes que chez les autres. Les poètes sont souvent des empêcheurs de tourner en rond, des personnes qui ont gardé au creux de leur être un imaginaire vif et un cœur démiurgique. Les poètes sont les enfants de leur temps, mais aussi de tous les temps et de tous les arts. Comme les saltimbanques et les bohémiens, leur cœur est sans cesse offert en poèmes au lectorat. Lenfance représente aussi la légèreté, linsouciance et la liberté [...] Ainsi, quelques aspects des univers poétiques et variés de lenfance, y compris en art, sont explorés ici pour redonner à notre monde terni par les guerres et les violences ses saveurs dantan et ses puissances magiques qui nous portent à rêvasser, à sémerveiller et à retrouver tout simplement lesprit candide, désinvolte, révolté, curieux et étonné de lenfance. Il sagit donc de parler des enfances de lâme revisitées par les universitaires, les poètes et les artistes. Ce plaidoyer pour la poésie des enfances de l’âme est celui de l’amour de la poésie et de ses lectorats. […] Les termes « enfance », « poésie » et « négritude » sont féminins et à ce titre de grâce, au féminin et aux femmes, ce numéro est dédié. .Bonne lecture !

Dina SAHYOUNI

Éditrice scientifique

Nelly SAHYOUNI-TAZA est universitaire syrienne, co-fondatrice de la revue féministe Le Pan poétique des muses et membre de lunité de recherche indépendante de la SIÉFÉGP. Elle a déjà travaillé sur le merveilleux et les contes de fées. Depuis quelques années, elle s’intéresse aux études des femmes en poésie.

 

Ont contribué à ce numéro : Mona GAMAL EL DINE, Paul TOJEAN, Emmanuel TOH BI, Maggy de COSTER, Aurélie-Ondine MENNINGER, Claude MENNINGER, François TÉRROG, Sarah MOSTREL, Vivian OSHAUGHNESSY, Nancy MANOCHERIAN, Françoise URBAN-MENNINGER, Camille AUBAUDE, Zohra SEDIRA, Trihn LO, Laure DELAUNAY, Gordan ĆOSIĆ, Huguette BERTRAND, Sandrine DAVIN, Aude COURTIEL, Tatiana DEBELJAČKI, Ciela ASAD, Jérôme AVIRON, Mario PORTILLO, Marceline DESBORDES-VALMORE, Carole CLOTIS, Khalid EL MORABETHI, Frèd BLANC, Nelly SAHYOUNI-TAZA & Dina SAHYOUNI.

 

 

Coll. OPS, 29, 70 cm x 21 cm. In-Plano,

broché, 104 p., 28 TTC

ISSN 2492-0487

 

Sommaire

© Photographie prise par LPpdm

 

Numéro paru le 30 décembre 2016 &

en vente chez la SIÉFÉGP dès le 12 janvier 2017

 

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Dans la même collection & le même périodique :

2015 : Le Pan poétique des muses ; « Identités genrées en poésie », numéro spécial 2014-2015, avec les invités Claude BER, Éric GUILLOT & Pierre LE PILLOUËR, coordonné par Dina SAHYOUNI (sous le nom de plume d’Anna PERENNA)

2016 : Le Pan poétique des muses ; « Tant de Philomèles en ce monde ! » & « Muses & Poètes. Poésie, Femmes & Genre », n°4 | Hiver 2015-2016, sous la direction de Camille AUBAUDE

 

Fiche technique :

Titre : N°2 | HORS-SERIE 2016 ; "Enfances en poésie"

Éditrice scientifique : Nelly SAHYOUNI-TAZA

Ouvrage collectif : Mona GAMAL EL DINE, Paul TOJEAN, Emmanuel TOH BI, Maggy de COSTER, Aurélie-Ondine MENNINGER, Claude MENNINGER, François TÉRROG, Sarah MOSTREL, Vivian OSHAUGHNESSY, Nancy MANOCHERIAN, Françoise URBAN-MENNINGER, Camille AUBAUDE, Zohra SEDIRA, Trihn LO, Laure DELAUNAY, Gordan ĆOSIĆ, Huguette BERTRAND, Sandrine DAVIN, Aude COURTIEL, Tatiana DEBELJAČKI, Ciela ASAD, Jérôme AVIRON, Mario PORTILLO, Marceline DESBORDES-VALMORE, Carole CLOTIS, Khalid EL MORABETHI, Frèd BLANC, Nelly SAHYOUNI-TAZA & Dina SAHYOUNI.

Iconographies : Claude MENNINGER, Sarah MOSTREL, Gordan ĆOSIĆ & Carole CLOTIS.

Image de couverture : Gordan ĆOSIĆ, Night-day 4, 2016

Éditions : Pan des muses, Éditions de la SIÉFÉGP

Collection : Ops

Date de parution : 30 décembre 2016

Imprimé en France, à Grenoble

Dimensions : 29,70 cm x 21 cm

Format : in-plano

Nombre de pages : 104 p.

Impression en noir, blanc avec des pages en couleur

Reliure : broché dos carré collé.

Langues : français avec des pages en anglais & espagnol

ISSN 2492-0487

Prix de vente : 28 € TTC

2 € de frais d'emballage et de port pour un exemplaire en France métropolitaine.

Merci d'ajouter 1 € par exemplaires supplémentaire commandé.  À partir de 4 exemplaires, les frais de port deviennent ceux d'un colis (merci de nous contacter).

Prix de vente de la version électronique (format PDF) livrée sur CD : 20 € TTC (emballage et frais de port inclus en France métropolitaine) & 15 € TTC (transmission par courriel)

Diffusion en France & dans les autres pays par l’Association SIÉFÉGP & la revue LPpdm

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES est un périodique édité par l’Association Société Internationale d’Études des Femmes et d’Études de Genre en Poésie (sigle SIÉFÉGP) à but non lucratif.

 

Nous remercions les personnes qui contribuent à la réussite, à la diffusion et à l'existence de nos structures ou qui nous soutiennent en ligne :

 

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N°2 | HORS-SÉRIE  2016   Enfances en poésie

 

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□ une version PDF livrée sur CD : 20 € TTC

□ une version PDF livrée par courriel : 15 € TTC

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Pour citer ce texte

LPpdm, « N°2 | HORS-SÉRIE 2016 ; "Enfances en poésie", coordonné par Nelly SAHYOUNI-TAZA », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 30 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/12/taza.html

 

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