Il a été difficile de choisir les personnalités listées dans ce livre. Nombre de femmes au cours du temps ne sont jamais parvenues à quelque notoriété, étouffées par un système qui ne leur laissait pas de place. J’ai donc opté pour passer en revue le profil d’individues plus ou moins connues, militantes, pionnières, modèles de courage et de talent, femmes inspirantes et ô combien louables, méritant d’être réhabilitées et remises sur le devant de la scène. Outre les artistes et scientifiques qui me tiennent à cœur, j’ai tenu à étudier le parcours de ces êtres qui ont changé le monde et osé, dans un cadre qui ne leur était pas réservé, aller au bout de leurs passions et convictions, à l’instar des exploratrices, des journalistes et des politiciennes, certaines l’étant devenues par nécessité. Humanistes, ces femmes se sont engagées dans l’espoir de faire évoluer le monde dans lequel nous vivons. Ce livre se veut un aperçu de celles qui ont participé à changer la société. Il y en a évidemment beaucoup d’autres.
Cet ouvrage dresse différents portraits de femmes à travers le temps. Il donne voix à des personnalités empêchées d’exister en tant que telles parce que nées dans une époque discriminatoire. Parler de leur existence, de leurs expériences, de leurs combats est un acte de reconnaissance. Longtemps oubliées, ces femmes exceptionnelles et talentueuses, militantes des droits élémentaires, pionni.res, aventurières, scientifiques, artistes, ont bravé les interdits pour nous donner plus de liberté. Combattant pour les droits fondamentaux de toutes et tous, elles ont ouvert la voie vers un monde meilleur, plus égalitaire et plus heureux.
Le droit des hommes et des femmes à disposer d’eux-mêmes ne saurait, quand il touche les femmes, être appelé « féminisme ». Il s’agirait plutôt d’égalité de droits, pour un meilleur vivre-ensemble. Malgré plusieurs siècles de lutte, 2,4 milliards de femmes en âge de travailler ne bénéficient toujours pas de l’égalité des chances économiques (rapport de la Banque Mondiale, en date de mars 2022). L’émancipation féminine est donc toujours un sujet brûlant. Des progrès ont été faits. Il reste encore beaucoup de choses à accomplir. Rien n’est acquis.
Puissent les hommes et les femmes œuvrer à une vie plus sereine pour tous, et se souvenir de ceux et celles qui ont tout risqué pour une société plus juste et une plus belle humanité.
Table des matières
9 — Avant-propos
13 — I Les icônes de la lutte pour les droits des femmes
Olympe de Gouges (1748-1793),
15 — la révolutionnaire humaniste
Louise Michel (1830-1905),
23 — la Vierge rouge de la Commune de Paris
Clara Zetkin (1857-1933),
33 — la femme qui inventa le 8 mars
Cécile Brunschvicg (1887-1946),
47 — la pragmatique
Simone de Beauvoir (1908-1986),
55 — l’aventure d’être soi
Simone Veil (1927-2017),
63 — une héroïne du xxe siècle
71 — II Des militantes américaines
Rosa Parks (1913-2005),
73 — un symbole de la lutte contre la ségrégation
Tarana Burke (1973- ),
89 — l’origine de #MeToo
95 — III Les aventurières
Alexandra David-Néel (1868-1969),
97 — l’exploratrice éprise de libert
109 — L’esprit d’aventure
117 — IV Les scientifiques
Marie Curie (1867-1934),
119 — la physicienne aux deux prix Nobel
Rosalind Elsie Franklin (1920-1958),
133 — un génie que les récipiendaires du prix Nobel ne citèrent m.me pas
Autres femmes scientifiques
137 — qui ont marqué l’histoire
141 — V Une artiste et résistante : Joséphine Baker
D'autres éléments seront bientôt disponibles pour compléter cette page.
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Pour citer ces images & textes du matrimoine inédits
Sarah Mostrel (textes & photographies), « Des extraits de l'ouvrage primé Femmes inspirantes », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet,mis en ligne le 10 juillet 2024. URL :
EMNA LOUZYR : « En ce qui concerne la poésie, celle-ci a le pouvoir de consolider une identité collective plus ou moins large selon les cas. »
BIOGRAPHIE
Emna LOUZYR est poète, communicatrice et productrice culturelle à RTCI. Elle a collaboré avec plusieurs organismes de presse, et fut pendant plus de cinq ans Ambassadrice ONU Femmes, défendant à travers sa présence en tant que femme de média et écrivain, l’égalité des genres, la parité et le droit à la liberté.
Elle a publié cinq ouvrages, dont quatre recueils de poésie en arabe littéraire : Ranin (2003), Samt El Barakin (2008), Sabra (2009), Khabarratni errih (2017), puis Tout un poème (2022) avec Moëz Majed, un ouvrage inspiré d’une production radiophonique portant le même titre.
Ses poèmes ont été traduits en italien, en anglais et en espagnol. Certains ont été publiés dans des Anthologies (anthologie de l’Université Victoria, Canada : Borders in Globalisation, World Poetry Tree, UAE, etc) d’autres ont figuré dans le programme d’enseignement de Brighton University au Royaume- Uni.
Emna Louzyr a reçu le prix Zoubeida Bchir pour la poésie en 2009.
Elle vient d’être récompensée en tant que communicatrice par la Radio tunisienne.
INTERVIEW
Hanen MAROUANI — Pouvez-vous nous parler de votre parcours professionnel, en particulier de votre transition de la télévision et de la radio à votre rôle actuel en tant qu'organisatrice d'événements culturels, notamment du Festival International de la Poésie à Sidi Bou Saïd ?
Emna LOUZYR — J’ai rêvé de faire ce métier très tôt. Il faut dire que je fréquentais les locaux de la Radio et de la Télé tunisienne dès mon jeune âge, puisque mon père est du domaine. À six ans, les speakerines télé prenaient soin de moi, elles me maquillaient et je me souviens qu’à la fin de leurs vacations je récupérais leurs fiches pour faire mon show le lendemain à la maison devant ma première spectatrice : Ma mère. Dieu qu’elle était patiente. L’histoire a commencé tôt. Je n’ai jamais hésité, j’étais déterminée. Je pense que c’est une chance de savoir ce qu’on veut très tôt, cela déjoue les hésitations et les files d’attente existentielles, certaines du moins !
J’ai campé mon premier rôle à la radio à cinq ans. On m’a fait monter sur une chaise pour atteindre le niveau du micro. C’était magique. Puis, j’ai animé mes premières émissions télé à 13 ans. C’était le dimanche, en prime, en direct.
Je suis arrivée à la radio, RTCI (Radio Tunis Chaine Internationale) en tant que productrice à 19 ans. Je me suis présentée à la direction, la première fois, à 17 ans, on m’a dit gentiment d’attendre la majorité, ils ne pensaient pas que j’allais revenir !
Pour pouvoir parler de transition, il faudrait trouver un point de rupture entre un monde et un autre. Il n’y en a pas à mes yeux. J’ai quitté la télé en 2006 car l’ambiance et l’ingérence de forces extérieures à l’institution ont commencé à prendre le pouvoir. Je ne me retrouvais plus. Je suis partie avec un pincement au cœur.
J’ai commencé très jeune à participer à l’organisation d’événements culturels, comme Découvertes Tunisie 21 à El Jem. J’étais encore étudiante en Lettres à la fac. C’est un métier très prenant mais passionnant, fait de rencontres, d’échanges et qui permet de nourrir ma carrière de journaliste et d’écrivain.
J’ai fait quatre ans de théâtre avec mon père, qui est un metteur en scène très exigeant. J’ai suivi des formations au TNT (Théâtre National Tunisien), j’ai joué dans des pièces qui m’ont permis de faire le tour de la Tunisie, de découvrir des régions éloignées, oubliées. C’était une leçon d’humilité qui est arrivée alors que je n’avais que seize ans. Un vrai courant d’air. J’ai tellement appris durant ces années. Le théâtre est une école de vie.
H.M — Quels ont été les défis et les moments les plus gratifiants de votre transition vers le monde de la culture et de la poésie ?
E.L — Comme je l’ai déjà mentionné, il n’y a pas de transition, ces univers se frôlent du moins à mes yeux. Puis je suis née dedans.
La poésie me ramène à moi-même, à mon être essentiel. Elle crée une rupture avec l’extérieur, qui devient intériorisé, rêvé. La poésie réinvente le monde, le journalisme le prend en photos. Ce sont deux approches différentes, deux regards portés sur le monde.
Les défis majeurs viennent de la société elle-même, du milieu littéraire. J’ai écrit jusqu’à récemment en arabe ce qui m’a été reproché, puisque le français est ma langue maternelle (ma mère est française). On m’a mis les bâtons dans les roues. C’était difficile. Je me suis accrochée. J’ai publié quatre recueils de poésie. J’ai reçu le prix Zoubeida B’chir, du CREDIF, (Centre de recherche et de documentation et d’information sur la femme), c’était gratifiant. Puis, mes textes ont volé de leurs propres ailes, loin de la maison de la poésie tunisienne dont je garde un mauvais souvenir, estompé, relativisé, avec le temps.
J’ai participé à certains festivals à l’étranger : Lodève, Bari, Skopje, Montréal. À ce jour, les invitations de lectures viennent de l’étranger ou des ambassades. C’est triste mais la vie continue, la poésie surtout.
H.M — En tant que communicatrice culturelle, quelle est votre vision pour le rôle de la poésie dans la société tunisienne contemporaine, et comment votre travail contribue-t-il à la promotion de cet art ?
E.L —Mon rôle est de faire connaître les artistes, les écrivains et leur travail et ce, en tant que journaliste culturelle.
En ce qui concerne la poésie, celle-ci a le pouvoir de consolider une identité collective plus ou moins large selon les cas.
Dans une société dévorée par la consommation, à tous les points de vue y compris culturel, la poésie est capable sur une formule ou un vers par rassembler des profils pluriels.
Concrètement, on a vu surtout durant les grandes épreuves qu’a vécues la Tunisie, bien souvent, des citoyens lambda citer des vers de poésie d’Ouled Hmed, Ben Jeddou, Mnawer Smedah, pour exprimer leurs émotions dans des formules poétiques emblématiques de l’identité tunisienne.
Il serait injuste de cantonner la poésie à ce seul rôle de consolidation collective, elle en a bien d’autres …Comme le fait de nous faire rêver dans un monde qui ne rêve plus.
H.M — Pouvez-vous nous parler du Festival International de Poésie de Sidi Bou Saïd, qui vient d’avoir lieu et de votre rôle en tant que cofondatrice et responsable de l'événement ?
E.L — Tout d’abord, je ne suis pas cofondatrice du festival. Il a été créé en 2013 par Moez Majed, qui en est le directeur. J’ai intégré l’équipe du festival en 2019 en tant que responsable de la communication.
Le Festival de poésie de Sidi Bou Saïd se veut un point d’ancrage et de rencontre autour de la poésie internationale sur le sol tunisien. Il a fini par s’imposer comme un rendez-vous important de la géographie de la poésie.
H.M — Vous avez écrit de la poésie en arabe, mais vous avez également contribué à des événements et des présentations en français et même en italien ou autres en Tunisie et à l'étranger. Comment ces langues influencent-elles votre relation avec la poésie et votre expression artistique ?
E.L — La question de la langue est complexe. On ne sait jamais pourquoi on écrit dans telle langue, pourquoi on s’éloigne parfois de sa langue maternelle, pourquoi on revient vers elle (c’est mon cas) parfois tardivement. La langue d’écriture est un soldat à la fois discipliné et fougueux. Elle est entourée de mystère, changeante.
J’ai écrit mes premiers poèmes en arabe littéraire, cela me semblait naturel.
Puis une rencontre amoureuse m’a fait revenir vers ma langue maternelle. Tous ces mouvements demeurent ponctués d’interrogations, de questions sans réponses. C’est l’histoire d’une perpétuelle métamorphose qui nous échappe.
Certains de mes textes ont été traduit en italien, en anglais, en espagnol, cela permet à tout poète d’exister en dehors des frontières de ses langues d’écriture. Cela permet à la poésie, aux textes d’avoir une vie plurielle.
H.M — En Tunisie, comment percevez-vous la place de la poésie d'expression française dans le paysage culturel, en particulier dans le contexte de l'édition et de la diffusion ?
E.L —- Je pense que la poésie, tout comme le roman d’expression française ont leur place en Tunisie et leur public.
Le secteur de l’édition est quant à lui souffrant. L’écosystème depuis la publication jusqu’à la distribution et la promotion, est défaillant.
Les maisons d’éditions, en dehors de rares exceptions, ont des problèmes structurels et méthodologiques, ce qui oblige les auteurs et en particulier les poètes à assurer la promotion de leurs ouvrages. Ces mêmes auteurs n’ont quasiment pas de visibilité à l’échelle internationale puisque la diffusion ne suit pas.
Le secteur est à restructurer, son modèle économique à repenser…Quelques jeunes éditeurs audacieux sont en train de faire avancer les choses.
H.M — Votre expérience en tant que poétesse tunisienne ayant contribué à l'international offre une perspective unique. Comment voyez-vous le rôle de la diversité linguistique dans la poésie contemporaine en Tunisie et quel impact voyez-vous dans le partage de cette poésie avec un public mondial ?
E.L — J’ai eu la chance de lire mes textes dans le cadre de festivals en France, Montréal, Bari mais aussi dans des espaces culturels ou publics en Albanie, à Skopie, à Québéc. Ces participations permettent à toute poésie de voyager. Elles ouvrent des portes, permettent des rencontres, les liens se tissent, des amitiés naissent…Le fait de découvrir un univers, une culture différente de la notre permet d’enrichir son imaginaire, de faire évoluer sa démarche d’écriture.
Exister pour les poètes tunisiens en dehors de nos frontières n’est pas uniforme. Il y a toute une panoplie de poètes tunisiens connus à l’échelle panarabe, confirmés, traduits, sollicités et primés comme Mohamed El Ghozi, Moncef Louahaibi, Adam Fathi, Amel Moussa. Cette existence reste tout de même cantonnée à l’intérieur de la langue arabe, ce qui signifie que les œuvres restent peu connues ailleurs dans le monde.
D’autres aussi ont une visibilité à l’échelle internationale, comme Moez Majed, ils ne sont pas nombreux certes, mais ils existent. Cette existence, ce passage de l’œuvre poétique à l’échelle universelle s’articule essentiellement sur le fait de la traduction. La diversité linguistique en elle-même de la poésie tunisienne n’est pas une garantie pour accéder à un public mondial. Il faudrait que cette poésie puisse être publiée dans des maisons d’éditions reconnues dans le monde et que les poètes tunisiens soient régulièrement invités dans des festivals internationaux.
H.M — Vous avez été honorée par le Prix Zoubida B’chir Poésie. Quel est le symbolisme de ce prix pour vous et quel impact a-t-il eu sur votre carrière et votre engagement envers la poésie ?
E.L —- Zoubeida B’chir est la première femme à avoir publié un recueil de poésie en Tunisie (1967). C’était une femme de radio avec une voix en or. Le président Bourguiba l’appréciait, il a demandé à ce qu’elle intègre la radio tunisienne.
Elle était autodidacte, elle s’est formée seule, en lisant, en écrivant. Elle a reçu de nombreux prix à l’échelle internationale. Elle a écrit ses textes en arabe classique et en vers libre.
Ce prix qui porte son nom est une belle reconnaissance. J’y vois une forme de continuité entre deux destins de femmes de radio et poètes. Sa vie ne fut pas facile, elle a dû faire face à une société patriarcale et conservatrice. On dit qu’elle était à la fois vulnérable et forte.
Quand j’ai reçu ce prix, je me suis dit la bataille continue pour moi et pour celles qui vont prendre la relève. J’ai eu la chance de la rencontrer lors de la remise de ce prix. Cela reste un moment fort de ma carrière.
H.M — D’après vous, quel est le rôle des prix littéraires dans la promotion de la poésie et dans la reconnaissance des artistes en Tunisie ou ailleurs ?
E.L — L’écriture se fait dans la solitude et le doute, ces prix permettent de faire connaitre les auteurs ou de confirmer leurs parcours. Après un prix, la vente du livre de l’auteur primé est dopée, cela fait du bien à l’éditeur et à l’écrivain.
H.M — Et pour conclure, quel message ou quelle émotion espérez-vous transmettre à travers votre poésie, et quelle est votre vision pour le futur de la poésie tunisienne féminine ?
E.L — Personnellement, la notion de message me dérange. Je n’écris pas avec des objectifs précis. « Écrire est un acte d’amour ; s’il ne l’est pas, il n’est qu’écriture », disait Jean Cocteau.
Puis, un texte porte plusieurs vies, à partir du moment où il sort du tiroir, il vit au gré de ses lecteurs. Chacun y trouvera l’émotion, le reflet qui lui correspond.
Il y a en Tunisie, de nombreuses poètes femmes, je souhaite de beaux jours à ce secteur et à ces écrivaines. Même si je ne pense pas que l’écriture porte forcément ou systématiquement une identité sexuelle. Les femmes écrivent-elles différemment des hommes ? Leurs textes sont-ils sexués ?
Que dire dans ce cas de l’identité de genre ? Ce sentiment que nous pouvons avoir d’être un homme, une femme, un peu les deux, selon les circonstances ou ni l’un ni l’autre.
La question du genre binaire, XX ou XY est devenue désuète et limitative. L’expression humaine et artistique est plus que jamais plurielle, complexe et décomplexée.
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Pour citer ces images & entretien inédits
Hanen Marouani,« Interview avec Emna LOUZYR », photographies fournies par l'autrice,Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet& Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 5 juillet 2024. URL :
Le corps est un réservoir de souvenirs, il est le relais de la mémoire, c’est ce que Manon Godet semble nous faire comprendre avec ce roman. Dégaine est un véritable verbatim qui nous désarme, un bouillonnement intense, un chassé-croisé de situations en mosaïques.
Cela vous accapare et vous donne des vertiges, des soubresauts et des tressaillements tellement ça tourbillonne. Chez elle, les mots arrivent, coulent à flots et tombent en cascade.
Elle dégaine ses mots pour abattre ses maux et se libérer des aspérités de la vie. Cependant, dans sa vie, aussi immense que la mer, elle veut laisser un passage guéable à l’amour quel qu’il soit.
Ses pulsions vous font frémir de tristesse ou de joie, c’est selon, parfois ça déroute à telle enseigne qu’on se demande perplexe où elle veut en venir et après on se ressaisit et on savoure ses mots qui donnent la chair de poule.
Manon Godet nous entraîne dans un univers sombre peuplé de personnages féminins aux histoires complexes. Véritables écheveaux difficiles à démêler. Même les moments de bonheur sont fugaces. Les événements se succèdent à une intensité tellement folle qu’ils n’ont guère de prise sur eux. Ils sont comme pris dans un véritable maelström.
L’écriture est pour l’autrice une interrogation de la mémoire, un questionnement de son intériorité. On dirait qu’elle a vécu mille vies et tout un chacun peut se reconnaître dans chacune de ses évocations.
Il y a des silences qui sont si éclatants et si profonds qu’on ne peut s’empêcher de les entendre. Cela dit, cette écriture sans filtre a sans doute pour but d’exorciser ces silences et la peur, qui sont les marqueurs de sa vie, de défier également les tabous.
Une écriture qui a une valeur cathartique. Après avoir navigué en eau trouble l’important c’est d’avoir la tête hors de l’eau.
Il y a tout un foisonnement de faits inavouables. Leur évocation permet-elle d’en guérir ? Pas si sûr car elle énonce:
« Le sexe, ça brise les familles, les couples, les enfances. Les tromperies, les adultères, les divorces, la lassitude, la lourdeur, les mains croulantes, les viols. Partout, tout le temps » etface à tout cela il est bien « Difficile de crier quand on ne comprend pas soi-même, que le bourreau est face à nous, à table, à chaque dîner de famille à chaque Noël. », conclut-elle.
Écrire contre l’oubli, l’oubli des couleurs favorites, des odeurs familières, des êtres aimés, tels Charlie la grand-mère, qui dort de son sommeil éternel en haut d’une colline qui surplombe la mer. Il y a la malheureuse Lola. Il y a le chant envoûtant de Carmen. Hélas, Camille qui s’est défenestrée !
Il y a Viviane, il y a Côme, Guillaume, Simon. Il y a bien du monde qui donne le ton, chaud ou froid, à ce roman où s’entremêlent fiction et réalité.
Née le 20 décembre 2001, Manon Godet est une jeune femme passionnée par les mots, la poésie, la vie et l'eau. Entre la Normandie où elle est née et la chambre parisienne où elle grandit, ell...
de Manon GODET ISBN : 978-2-84924-785-3 13 x 20 cm 162 pages 16,00 € " Charlie dit qu'il y a du cannibalisme dans l'amour. Les gens que l'on aime, on a envie de les manger. De les chérir de ...
EN COURS DE MISE EN PAGE DES LECTURES POÉTIQUES...
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Pour citer ce texte inédit
Maggy De Coster, « Manon Godet, « Dégaine », Éditions du Cygne 2024, 158 pages, 16€ », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet, mis en ligne le 4 juillet 2024. URL :
Myriam Kendsi,« Hommage à Baya et bouquet pictural (exposition) »,Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet& Revue Orientales, « Déesses de l'Orient », n°4, volume 1, mis en ligne le 3 juillet 2024. URL :
Sarah Mostrel (poème audiovisuel), « Regards sur la ville », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : ÉTÉ 2024 | NO III « Florapoétique », 1er Volet,mis en ligne le 30 juin 2024. URL :
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SIÉFÉGP, JUIN 2026
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SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025
Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.
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