14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 10:00

 

 

Poèmes

 

Extraits de

 

Variations 2015

 

 

Jean-Pierre Parra

Dessins de Marianic Parra

 

 

 

 

 

Variation IV
 

© Crédit photo  « Variation IV »  par Marianic Parra  2015.  Dessin Gouache sur papier  29,7-42 cm

 



Noyée
sans souci de savoir
dans le tourbillon des lignes sans fin

tu vis
impatience accrue
ma vie

 

 

 

 


 

 

Variation X

 


 

© Crédit photo  « Variation X »  par Marianic Parra  2015.  Dessin Gouache sur papier  29,7-42 cm

 

 

Libérée

pensée trouvée

de toutes les expériences labyrinthiques

qui retardent

 

Femme

tu échappes

libre

au sort

   

 

 

 

Pour citer ces poèmes et dessins

Jean-Pierre Parra, « Extraits de Variations 2015 », dessins par Marianic Parra, Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°6 [En ligne], mis en ligne le 14 novembre 2015. Url : http://www.pandesmuses.fr/2015/11/variations-html/Url: 

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 10:00

 

 

 

Poème

 

Se libérer de la haine

 

 

 

Astartê

 

 

 

Je sais haïr et je hais
Les yeux ouverts
Tous les maux qui frappent,
Piétinent et disloquent
Vos rêves et les privent
De leurs beauté et innocence


Je sais haïr mais j’aime
Les yeux fermés
Les parfums de vos souhaits
Et tous les cris de joies
De vos corps libérés
De leurs souffrances
Et du regard de la haine
Qui tue quand il grandit
Délibérément dans les cœurs.

 

 

 

 

Pour citer ce poème

Astartê « Se libérer de la haine », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°6 [En ligne], mis en ligne le 14 novembre 2015.  

Url : http://www.pandesmuses.fr/2015/11/se-liberer-de-la-haine.html/Url :   

 

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11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 12:29

 

Agenda poétique de votre revue

 

Contribuer au hors-série 2016

 

   Crédit photo : portrait d'Arthur Rimbaud âgé de 17 ans (1854-1891) par Étienne Carjat

(image trouvée sur commons.wikimedia.org, domaine public)

 

 

Date limite : 29 avril 2016  23 octobre 2016

Parution imprimée et électronique en décembre 2016

 

La rédaction vous propose de contribuer à son hors-série de 2015-2016 par des articles, critiques, enquêtes, entretiens, portraits, poèmes et illustrations sur les thèmes « Le féminin et les femmes dans la vie et l’œuvre de Rimbaud » et « La poésie et l’enfance ». Vous êtes entièrement libre d’en parler en vers, en prose, en dessin, en photos, dans la langue, le siècle (et chez le poète, la femme poète/poétesse pour le deuxième sujet) de votre choix. Merci de transmettre vos contributions de préférence inédites (d’une longueur entre 5000 et 35000 caractères pour les articles, critiques, notes de lecture et essais) à contact.revue@pandesmuses.fr. Les contributions qui ne respectent pas les normes usuelles et la charte affichées sur le site de la revue www.pandesmuses.fr ne seront pas examinées.

   

 

Pour citer ce texte

LPpdm, « Contribuer au hors-série 2016 », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°6 [En ligne], mis en ligne le 11 novembre 2015. Url : http://www.pandesmuses.fr/2015/11/contribuer-au-hors-serie-2015-2016.html

 

 

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Dernière mise à jour : 15 septembre 2016

Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 12:29

 

 

Poèmes

 

 

Les chiens & Sans grivoiserie
 

 

 

Audrey Chambon

    

 

 

 

Les chiens

 

« Âmes fragiles livrées aux chiens avides qui forcent sans vergogne les portes mal scellées de leurs cœurs en papier. »

À l’affût, les chiens ont déniché leur proie et s’élancent, frénétiques, vers ce nouveau Paradis.

Les fines violettes sont piétinées… Les ont-ils même aperçues alors qu’elles disparaissaient sous leurs griffes meurtrières ?

En vainqueurs, ils se débauchent dans le Plaisir, n’épargnant de leurs profondes entailles ni la chair, ni le cœur ni les entrailles.

« Qu’avez-vous gagné cerbères repus d’extase, vos hormones folles désormais apaisées ? »

Un bien-être éphémère… Jusqu’à ce que la flamme se ravive. Où iront-ils alors ?

Derrière eux la terre est ruinée, mais en bêtes insatiables, ils reviendront y lécher les dernières traces de cyprine.

Puis ils l’abandonneront définitivement, leur passage aura rendu les champs arides pour longtemps.

Enfin, pleins de vigueur grâce à la fièvre, ils repartiront en infatigables guerriers vers de nouvelles landes fertiles et vulnérables.

 

 

 

Sans grivoiserie

 

 

La tendresse de mes fesses

Rebondies de poétesse

En appelle à la caresse

De ta main pleine d’allégresse.

PS.

Puisque le cœur signe en finesse

Les courbes d’un cul de déesse

Je veux et j’ose avec hardiesse

Lier cœur et cul avec tendresse.

 

 

Poèmes reproduits avec l'aimable autorisation d'Audrey Chambon et diffusés sous Licence Creative Commons BY-ND pour respecter sa volonté.

 

Pour citer ces poèmes

 Audrey Chambon, « Les chiens » & « Sans grivoiserie », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°6 [En ligne], mis en ligne le 11 novembre 2015. Url : http://www.pandesmuses.fr/2015/11/lchiens-sans-grivoiserie.html /Url :   

 

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
11 novembre 2015 3 11 /11 /novembre /2015 12:29

 

 

Chronique

 

Céline

 

Camille Aubaude

Rédactrice de la revue LPpdm, membre du groupe de recherche de la SIEFEGP

responsable de la rubrique en ligne Chroniques de Camille Aubaude

 

 

En ouvrant La Cavale du Dr Destouche1, j’ai pensé trouver enfin une œuvre attentive au couple Lucette & Céline. Je n’ai pas été déçue. Lucette est là.

Ce couple truculent, avec son chat Bébert, part en cavale quand la France se libère en 1945. En un mouvement pictural vraiment irrépressible, la cavale du génial écrivain condamné à mort prend des allures de saga. On connaît les livres, Nord, Féerie pour une autre fois. Le défi était dur à tenir. Avouons-le, c’est une des raisons de lire cet album dont les dessins transcendent l’angoisse.

 

On y voit les conditions du traumatisme extrême. Activités fiévreuses, désolation et folie construisent l’esthétique des doubles dessinateurs, les frères Brizzi. Dans le Grand Trauma, la pensée se consume. Lorsqu’elle renaît, telle un phénix, qu’elle redevient agissante, elle tire sa force de l’abîme. On le constate dans les images. Ils fuient l’odieux destin que le caractère de Céline a tracé. Les expériences de souffrance furent en accord avec le ressenti indicible de l’écrivain, sans quoi elles n’auraient pas nourri plusieurs chefs d’œuvre. Est-ce la présence de Lucette, Céline ne pense pas au suicide, ne remet jamais en question la vie, elle-même abyssale, cette violente sur-vie, dans l’urgence qui procède du Grand Trauma de la guerre. Il veut vivre, être libre.

 

Le Voyage au bout de la nuit est aussi une évasion, l’échappée de la misère. Le drame de la guerre2, l’absence de rêve, la mise à l’écart de la poésie, pour se livrer au grand écart de la gymnastique du Mal, ferment à Bardamu l’entrée du Temple de l’art. Pas de thé du lettré, mais l’homme qui pisse. Trépané des rêves. Pas de jeux de mots, on s’y perd. Sa force est la foi dans le vrai sens des mots, avec la tentation de vaincre leurs sortilèges. Dans l’âme hallucinée de souffrance de l’errant, les sonorités s’entremêlent telles des cloches d’église, des harmonies autrefois régulières dans un temple finalement déconstruit, où les souvenirs s’émiettent, jusqu’à l’effondrement. L’union du Dr Destouches avec une femme à Quintin, la venue d’une fille, qui dira ce que ça lui a fait ? La joie, le défi, puis quand l’assomption a eu lieu, le retour des puissances obscures, et la fuite en Allemagne pour échapper à la prison.

 

On ne peut ignorer la Bretagne et le choix de Quintin. C’est le choix des fastes du passé, du goût aristocratique français, du naturel dans le mouvement artistique. Céline-Destouches s’est marié là où le riche passé concourt à donner une impression d’avenir, il s’est engagé à vivre avec une femme protégé par des monuments érigés sur un substrat animiste, druidique, ce qu’il est convenu d’appeler « oralité », anéantie par le livre.

Après l’amour, il a su à quoi s’en tenir pour observer les catastrophes, et leur fonction, peut-être. Comme pour le livre. Flaubert disait qu’un livre ne sert à rien mais qu’il domine superbement, comme les pyramides d’Egypte, à Guizeh, qu’il avait vues : un empilement de pierres. Bardamu est un cantonnier que son « père sperme » fait cogner au son des mots, aux vrais sons, en un mouvement de retour à la liberté sonore, enrichie de sa « petite musique ». L’oralité… Les forces obscures pourraient être converties en un nouveau bonheur. Lorsqu’ils ricanent sur la Grande Faille de l’Être, les mots céliniens ouvrent l’avenir nouveau. C’est « le miracle » Céline, écrit Julia Kristeva (Pouvoirs de l’horreur).

 

Céline donne le meilleur dans la démesure, Gide l’a souligné, à une époque favorable à la littérature. Céline s’insère dans ce climat, moraliste, misogyne et raciste. Il ne cherche pas à en sortir. Une épave ! qui retrouve le feu sacré en brillant dans l’outrance. Il se consume, va en dégueulant sa misère, fuyant l’immobilité où il n’entend que trop l’appel de la mort.

 Pour revenir à Gide, je souligne qu’il a, comme tant de ses pairs, soigneusement évincé les femmes dans l’écrit. L’Immoraliste fut compris par Lucie Delarue Mardrus, « une femme », s’est exclamé le « grand homme ». Pourquoi les violences faites aux femmes ne sont-elles pas traitées comme les vomissures racistes et antisémites ? Lucette a servi Céline, dans ce rôle assigné aux femmes, et que la plupart des femmes acceptent sans trop broncher, pour ne pas être trucidées3. Tant de danseuses, tant de chanteuses, de poétesses assassinées ! On cite l’apport des grands écrivains, Balzac, Rimbaud, Villon, Genet dans ce pays infernal qui fabrique des martyrs. On réclame de la discordance, sans questionner le système agresseur qui exclut les femmes de l’histoire littéraire.

 

Céline a donc construit ses remparts : les sons des mots, le métier de médecin, et ses deux alter ego, son épouse et son chat. Rien n’a empêché l’immolation, puisqu’il la désirait.

On le voit épave dans un monde en ruines aux prises avec des mots qui retiennent l’amour disparu. Ah ! le son cristallin des cloches de Quintin quand la vie était agréable... La beauté est saccagée, place aux bouffons ! Leur ardeur à paraître est bien là dans les dessins des frères Brizzi : c’est l’acteur Le Vigan, attaqué par un rat. Encore une épave dans les ruines de l’Allemagne, quand il faut accepter qu’il n’arrive plus rien, n’attendre de la vie que ruse et mensonge.

Et le veuvage.

Alors, le livre est un mirage qui trouble le désert laissé par le trauma. Un désert d’océan, les eaux bleuies par la mort. Sans vague, sans frisson, d’une inexorable violence.

 

 

Notes

 

  1. 1Dessins des frères Brizzi, scénario de Christophe Malavoy, Futuropolis, 2015.

  1. 2Voir ma chronique sur le film de Damien Odoul, La Peur.

  1. 3C’est aussi la « version » que servent les médias, comme « la femme qui a fait Michel Onfray », femme rongée par un cancer. Question : comment vit la femme qui n’est plus désirée, humiliée par les maîtresses du « grand philosophe », lequel en vient à s’accoupler au « grand poète », et chantre de la femme, Bobin ?

s des frères Brizzi : c’est l’acteur Le Vigan, attaqué par un rat. Encore une épave dans les ruines de l’Allemagne, quand il faut accepter qu’il n’arrive plus rien, n’attendre de la vie que ruse et mensonge.

Et le veuvage.

Alors, le livre est un mirage qui trouble le désert laissé par le trauma. Un désert d’océan, les eaux bleuies par la mort. Sans vague, sans frisson, d’une inexorable violence.


 

Pour citer cette chronique

Camille Aubaude, « Céline », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°6 [En ligne], mis en ligne le 11 novembre 2015.

Url : http://www.pandesmuses.fr/2015/11/celine.html/Url : 

 

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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

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