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| Critique & réception |
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Danny Marc
Un grand vent s'est levé
Préface de Michel Cazenave, post-face de Gaëtan de Courrèges
illustration de Danièle Maffray
Éditions Pippa, 2013
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© Crédit photo : Couverture illustrée par Danièle Maffray
« Dès qu'on parle d'amour, on a vite fait de constater comme une femme ne s'exprime pas comme un homme... parce qu'elle est plus profonde... » nous dit M. Cazenave dans sa préface au très joli recueil de Danny Marc,Un grand vent s'est levé. C'est un chant d'amour que nous délivre Danny Marc, porté par le désir et tout le corps d'une femme, l'amour venu du plus loin de soi sur lequel un jour « un grand vent s'est levé ». Désir métamorphosé par ces « mains de soleil », ces« mains d'orfèvre », ces « mains de violence[qui]ont creusé au puits de ma tendresse », des« mains de soif »qui ont transcendé tous les rêves, épuisé toutes les certitudes,« ramené sur mes lèvres le chant des vagues ».
Un chant qui, au-delà des mers, dans l'attente et jusqu'à Ostende s'écrira« sur la pageblanche de l'amour », « Ostende, plage de liberté ouverte »,écrit Danny Marc. Aborder le jour, dépasser l'attente et ses heures si longues, retrouver le« miracle de vivre »et cette nuit où« j'ai largué le monde/et pour quelques heures/lui ai demandé le silence ». Tolède à midi pour aller« chercher un grand cri de soleil »viendra au fil des saisons et du retour de l'autre dire encore et encore« la lampe allumée au cœur de vivre », dire la ferveur et faire« le tour de l'amour ».
Entre les deux, rêver« comme un bateau prend la mer »dit-elle encore, citant J.P Rosnay. Lui, toujours dans le désir illuminé, elle dans l'attente renouvelée, c'est une poésie simple et belle qui questionne l'autre, l'aimé :
de quel volcan as-tu peuplé l'attente
de quelle vague as-tu soulevé le temple
de quelle déchirure as-tu fait basculer l'ordre établi
La femme demeure dans cette nostalgie des« tendresses démesurées »du temps d'avant, celui « de toi que je ne connaissais pas/celui de moi que tu ne savais pas », souffre l'absence, cultive la patience et se souvient de« ce chemin du temps »où« tu inventais le temps en invitant le jour ». Ce « grand cadeau de vivre » qui naît toujours de l'amour, voilà ce que nous offre avec ce petit recueil délicieux, Danny Marc que la magnifique post-face de Gaétan de Courrèges vient attester :
Dire je t'aime c'est mettre au monde
Donner la vie, donner la route, rompre cordons et amarres » et quand l'absence est séparation « la plage redevient désert, les étoiles se voilent et le pain quotidien n'a plus son goût de fête.
C'est alors que la femme invente l'écriture***
***Toutes les citations proviennent du livre de Danny Marc, Un grand vent s'est levé, préface de Michel Cazenave, post-face de Gaëtan de Courrèges, illustration de Danièle Maffray, Éditions Pippa, 2013
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Née en 1937 à Paris, Danny-Marc, après cinq années d’enseignement en Afrique, débute dans les années 1965 une carrière d’auteur-compositeur-interprète (chansons à texte et poèmes mis en musique). Elle chante tout aussi bien au Club des Poètes que contre l’apartheid avec Jacqueline Dulac et John Littleton. Contrainte d’interrompre la scène pour raison de santé, elle fonde avec Gaston Lefebvre l’opération W, association de coopération dans le cadre de la FAO, puis le Centre Didro, association d’aide aux toxicomanes, qu’elle dirige jusqu’en 1998. Avec Jean-Luc Maxence, elle assure depuis plus de vingt ans la direction des Éditions Le Nouvel Athanor. Très investie dans la défense et la promotion des auteurs des Cahiers du Sens notamment, elle y signe quelques poèmes mais surtout, régulièrement, des récits de voyage à travers le monde (biographie empruntée au site de l'éditeur).
Voir ausssi : url. http://www.pippa.fr/Un-grand-vent-s-est-leve
| Pour citer ce texte |
| Marie-Josée Desvignes, « Danny Marc, Un grand vent s'est levé, préface de Michel Cazenave, post-face de Gaëtan de Courrèges, illustration de Danièle Maffray, Éditions Pippa, 2013 », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°5 [En ligne], mis en ligne le 11 décembre 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-danny-marc-un-grand-vent-s-est-leve-editions-pippa-2013-121510092.html/Url.http://0z.fr/bmqYY |
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| Poèmes |
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À toi
&
Chère levantine…
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Ahmed Hafdi |
À Françoise Urban-Menninger,
en signe d’amitié et de haute considération
Chère levantine…
Aujourd’hui, je t’écris Ghada, j’ai hâte d’avoir de tes nouvelles, si tu es encore en vie. Ici, les gens se croisent sans se saluer, sans poser un regard sur vous ; oui, juste un léger regard qui vous procure cette sensation que vous existez… Suis-je transparent ? Peut-être ! Ils ne marchent pas ; ils courent tellement ils n’ont plus le temps. Vers où ? Je n’en sais rien. Te rappelles-tu ? Près du Tigre, je t’avais croisée ce jour-là, avant le dernier déluge. Nous avions joué à l’homme et à la femme, glané quelques galets, par-ci, par-là, bâti notre maison, un rectangle enchanté. Nous avions ri aux éclats profitant de cette fraîche brise léchant la surface de l’onde. Tu t’amusais à lancer des cailloux vers l’onde ruisselante, des cercles se formaient, et tu as commencé à les compter un, deux, trois… Puis rien, hormis l’écho enchanteur d’Erbil, du Mont-Liban qui chatouillait nos oreilles. L’enivrent maqâm ensorcelant de Farida nous transportait dans des contrées lointaines et indescriptibles !
***
À toi
À
Toi
Chère levantine
De l'auguste cèdre sublime
Cette douce clameur divine
Ô !
Levantine
Marine
Aux multiples vertiges
De lait et de miel
C'est là entre terre et ciel
Que l’homme peut encore s’habiller de lumière
À
Toi
Ghada
Mayada
Aïda
Aux yeux palpitants comme une liqueur
Éclairant encore les chemins de l'Orient
Ô !
Ghada
Fille du soleil
J’irai par ce chemin incertain
Humer, sentir la rosée du matin
Précieuse parure des vallons
Nul compagnon, seule ma passion
Bruit des pas de mon cœur
Peux-tu m’offrir une lueur ?
Sous ce gris ciel, j’ai perdu mon chemin
Éclaire de tes yeux ce reste de jour orphelin
Notre amour ne dure qu’un printemps
Divine, douce Ishtar de l’Orient
Ô
Muse de l’auguste Orient
Reine de Phénicie
De Mésopotamie
Au portail du levant
Traversant le firmament du Liban
Le berger égaré suit toujours ton sillon
J’ai suffisamment mordu dans la poussière
Des rayons pourpres de l'aurore
À Uruk, à Karbala, près des tablettes millénaires,
Tu m’as fais revivre les gloires de l’enfant téméraire
Accompagne-moi près du somptueux cèdre sublime,
Là je serai un homme,
Là j’oserai être.
Après la fonte des neiges,
L’hiver reculera derrière les montagnes
Et posera un dernier regard
Sur les paisibles collines voisines
Viens donc Ghada !
Nous irons aux portes du ciel
Là où la nuit cogne la montagne
Caresse les âmes des enfants du soleil
Là où chaque arbre raconte sa légende
Viens donc Ghada !
Sous le sable, j’ai déposé mon rêve
Je n’ai ni la patience du palmier
Ni l’endurance du chameau
Le café du matin a perdu son arôme
Ce n’est plus comme celui d’antan
Reviens douce muse de l’Orient
Traversant l’aube de mes premiers printemps
Ô
Poète
De Beyrouth
De Baalbek
De Tripoli
De Saida
Écris ton épopée
Montre-Toi
Au soleil
Écris Marche
Marche Pour
Ne Pas
T’égarer
Ahmed Hafdi, 26 octobre 2003
| Pour citer ces poèmes |
| Ahmed Hafdi, « À toi » & « Chère levantine… », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°5 [En ligne], mis en ligne le 11 décembre 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-levantine-121509944.html/Url. http://0z.fr/e1hkd |
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| Annonce de parution |
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Fanny Heldy, carnet de souvenirs d'une cantatrice 1910-1940
préf. Roberto Alagna aux éditions Pippa |
© Crédit photo : Couverture illustrée de l'éditeur
| Titre : Fanny Heldy, carnet de souvenirs d'une cantatrice |
| Auteure : Jacqueline Aymeries |
| Préface : Roberto Alagna |
| Éditions : Pippa |
| Langue : Français |
| Date de parution : 2013 |
| Genre : N/A |
| Collection : N/A |
| Format : Broché |
| Dimensions : Format 21x13 cartonné |
| Nombre de pages : 96 quadri |
| ISBN : 978-2-916506-34-0 |
| Prix : 14,90 € |
| Site de l'éditeur : url. http://www.pippa.fr/Fanny-Heldy-carnet-de-souvenirs-d |
Réception/critique dans un média
Camille Aubaude, « Fanny Heldy, carnet de souvenirs d'une cantatrice » dans Le Pan poétique des muses , Lettre n°5, mis en ligne le 11 décembre 2013.
© Crédit photo : Couverture illustrée de l'éditeur
Présentation de l'éditeur
Cantatrice rayonnante, Fanny Heldy a profondément mar-qué l’histoire de l’Opéra de Paris. Prima donna assoluta, elle incarna plus de 50 rôles phares et enthousiasma les mélomanes et les compositeurs les plus illustres de la Belle Epoque. De renommée internationale, elle fut réclamée par les plus grandes scènes du monde. Son nom brille encore au cœur de l’Opéra Garnier, sur la porte de la loge d’honneur : la loge Fanny Heldy.
« Fanny HELDY n’est connue aujourd’hui que par quelques mélomanes ou collectionneurs de vieux enregistrements d’opéras. Elle fut pourtant dans les années 1930 une des figures marquantes des scènes lyriques. Sa personnalité, son goût, l’amour et la dévotion qu’elle porte à son art, sa beauté sensuelle et la fascination que son timbre exerce sur le public font d’elle une artiste hors norme. Précieux témoignage et inestimable héritage pour les générations futures de chanteurs et chanteuses d’Opéra... Merci Madame HELDY ! » Préface de Roberto ALAGNA
Auteure
Jacqueline Anick Roschi, biographe, s’intéresse plus particulièrement aux femmes célèbres qui ont marqué le début du XXe siècle. Elle a rassemblé ici des photos inédites de la diva qui l’a fascinée par son courage, son talent et sa modernité. Elle prépare une biographie exhaustive de Fanny Heldy à paraître en 2012 aux éditions Pippa.
Sommaire
| Pour citer ce texte |
| LPpdm, « Jacqueline Aymeries, Fanny Heldy, carnet de souvenirs d'une cantatrice 1910-1940, préf. Roberto Alagna aux éditions Pippa », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°5 [En ligne], mis en ligne le 11 décembre 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-jacqueline-aymeries-121491425.html/Url.http://0z.fr/8uWpp |
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| Poèmes |
| Anima Mutandis
Paysage de glace – Brueghel/Amsterdam |
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Anima Mutandis
L'animal bondit
Sortit
Du bois
Du moi
Je veux de l'eau
En et autour de moi
Tenter d'apaiser ma soif
Tes mains, ces mains
Qui me touchent
Ne parviennent pas à contenter
Ma bouche
Agrippe toi à ma chair
Fais moi vivre ici bas
De peur que je ne pénètre,
En toi
Anima Mutandis
Mes rêves me créent
C'est le présent qui m'abstrait
De temps en temps
Je suis ce guépard allongé
Qui oublie
Absorbe l'air et le temps
Avant que la faim ne le remette
En émoi, aux aguets
Où es tu toi
Mon autre Prince
Aux charmes différents
Des peurs ignorant
Viens donc poser tes pattes
Sur mon velours
Mon ventre tendu
Mes fesses fermes
Mes seins rebondissants
Anima Mutandis
Joue, joue ta musique
Et
Fais moi
Danser
Danser
Pour que mon âme s'enflamme
Que mon esprit t’acclame
Que mon coeur, enfin repus et calme
Pour que mon coeur
S'étale
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Alors
Anima Mutandis
De ma gueule entrouverte
Je t'attraperai tendrement par le collet
Tu ne diras rien et te laissera transporter
Tout doucement, je te déposerai sur cette étendue
Ce grand, beau, lac
Frais et pur
Où nous pourrons nous ébattre joyeusement
Nous enrouler
Sans crainte
Nous parler
Silencieusement
Nous partager,
Absolument
Anima Mutandis
Mon visage magnifique
Couvert de mes poils
Mes yeux perçants, agiles
Mon âme, cet animal
Mon âme s'écrira
Chantera
Et tout alors
Enfin sera.
Réellement,
NORMAL.
Poème écrit le 10 Mai 2012
Paysage de glace – Brueghel/Amsterdam
J'ai été prise
Comme dans la glace,
Le vertige
Du temps,
Immobile.
Ces petits personnages,
Patinant
Fiévreusement,
Cette lumière, chaude
Qui caresse la pierre
Renvoie les ombres
Dessous la glace
Derrière les murs
Sous les canaux
Façades.
J'ai été prise
Par ce vertige,
Le temps
Immobile.
Mon enfant,
Non, le temps ne passe
Pas de changements
Nulle bourrasque
Ancré dans son plaisir
L'homme nu n'en finit pas de jouir
Et quelles que soient les guerres
Et quelles que soient les traces
Pierres roulent, oiseaux trépassent
Le monde toujours,
Toujours jacasse.
Et pourtant.
J'entends
Ce silence
Autour de l'homme nu, frais
Le corps frétillant,
Bien vivant.
Le vois-tu mon enfant?
Non, je te le dis
Le temps ne passe.
Poème écrit le 9 février 2012
| Pour citer ces poèmes |
| Marie Gossart, « Anima Mutandis » & « Paysage de glace – Brueghel/Amsterdam », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°5 [En ligne], mis en ligne le 11 décembre 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-anima-mutandis-121480637.html/Url.http://0z.fr/3dzNk |
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APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.
L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.
SIÉFÉGP, 27 novembre 2025
Dernière nouveautés en date :
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Info du 29 mars 2022.
Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.
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