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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
11 décembre 2013 3 11 /12 /décembre /2013 12:00

 

Critique & réception

 

 

Danny Marc

 

Un grand vent s'est levé

 

Préface de Michel Cazenave, post-face de Gaëtan de Courrèges

 

illustration de Danièle Maffray

 

Éditions Pippa, 2013

 

 

Marie-Josée Desvignes

 

   

 

Couverture de : Un grand vent s’est levé - Ouverture dans une nouvelle fenêtre

 

  © Crédit photo : Couverture illustrée par Danièle Maffray

 


 

 

   « Dès qu'on parle d'amour, on a vite fait de constater comme une femme ne s'exprime pas comme un homme... parce qu'elle est plus profonde... »  nous dit M. Cazenave dans sa préface au très joli recueil de Danny Marc,Un grand vent s'est levé. C'est un chant d'amour que nous délivre Danny Marc, porté par le désir et tout le corps d'une femme, l'amour venu du plus loin de soi sur lequel un jour « un grand vent s'est levé ». Désir métamorphosé par ces «  mains de soleil », ces« mains d'orfèvre », ces « mains de violence[qui]ont creusé au puits de ma tendresse », des« mains de soif »qui ont transcendé tous les rêves, épuisé toutes les certitudes,« ramené sur mes lèvres le chant des vagues ».

 

   Un chant qui, au-delà des mers, dans l'attente et jusqu'à Ostende s'écrira« sur la pageblanche de l'amour », « Ostende, plage de liberté ouverte »,écrit Danny Marc. Aborder le jour, dépasser l'attente et ses heures si longues, retrouver le« miracle de vivre »et cette nuit où« j'ai largué le monde/et pour quelques heures/lui ai demandé le silence ». Tolède à midi pour aller« chercher un grand cri de soleil »viendra au fil des saisons et du retour de l'autre dire encore et encore« la lampe allumée au cœur de vivre », dire la ferveur et faire« le tour de l'amour ».

 

    Entre les deux, rêver« comme un bateau prend la mer »dit-elle encore, citant J.P Rosnay. Lui, toujours dans le désir illuminé, elle dans l'attente renouvelée, c'est une poésie simple et belle qui questionne l'autre, l'aimé :

de quel volcan as-tu peuplé l'attente

de quelle vague as-tu soulevé le temple

de quelle déchirure as-tu fait basculer l'ordre établi

 

La femme demeure dans cette nostalgie des« tendresses démesurées »du temps d'avant, celui « de toi que je ne connaissais pas/celui de moi que tu ne savais pas », souffre l'absence, cultive la patience et se souvient de« ce chemin du temps »« tu inventais le temps en invitant le jour ». Ce « grand cadeau de vivre » qui naît toujours de l'amour, voilà ce que nous offre avec ce petit recueil délicieux, Danny Marc que la magnifique post-face de Gaétan de Courrèges vient attester :

 

 

Dire je t'aime c'est mettre au monde

Donner la vie, donner la route, rompre cordons et amarres » et quand l'absence est séparation « la plage redevient désert, les étoiles se voilent et le pain quotidien n'a plus son goût de fête.

C'est alors que la femme invente l'écriture***

 

 

 


***Toutes les citations proviennent du livre de Danny Marc, Un grand vent s'est levé, préface de Michel Cazenave, post-face de Gaëtan de Courrèges, illustration de Danièle Maffray, Éditions Pippa, 2013

 

 

  ***

 

Née en 1937 à Paris, Danny-Marc, après cinq années d’enseignement en Afrique, débute dans les années 1965 une carrière d’auteur-compositeur-interprète (chansons à texte et poèmes mis en musique). Elle chante tout aussi bien au Club des Poètes que contre l’apartheid avec Jacqueline Dulac et John Littleton. Contrainte d’interrompre la scène pour raison de santé, elle fonde avec Gaston Lefebvre l’opération W, association de coopération dans le cadre de la FAO, puis le Centre Didro, association d’aide aux toxicomanes, qu’elle dirige jusqu’en 1998. Avec Jean-Luc Maxence, elle assure depuis plus de vingt ans la direction des Éditions Le Nouvel Athanor. Très investie dans la défense et la promotion des auteurs des Cahiers du Sens notamment, elle y signe quelques poèmes mais surtout, régulièrement, des récits de voyage à travers le monde (biographie empruntée au site de l'éditeur). 

 

Voir ausssi : url. http://www.pippa.fr/Un-grand-vent-s-est-leve

 

 

Pour citer ce texte 

Marie-Josée Desvignes, « Danny Marc, Un grand vent s'est levé, préface de Michel Cazenave, post-face de Gaëtan de Courrèges, illustration de Danièle Maffray, Éditions Pippa, 2013 », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°5 [En ligne], mis en ligne le 11 décembre 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-danny-marc-un-grand-vent-s-est-leve-editions-pippa-2013-121510092.html/Url.http://0z.fr/bmqYY

 

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Poèmes

 

À toi

 

&

 

Chère levantine…

 

 

 

Ahmed Hafdi

    

 

 

À Françoise Urban-Menninger,

en signe d’amitié et de haute considération

 

 

 

Chère levantine…

 


 

 

 

 

 

Aujourd’hui, je t’écris Ghada, j’ai hâte d’avoir de tes nouvelles, si tu es encore en vie. Ici, les gens se croisent sans se saluer, sans poser un regard sur vous ; oui, juste un léger regard qui vous procure cette sensation que vous existez… Suis-je transparent ? Peut-être ! Ils ne marchent pas ; ils courent tellement ils n’ont plus le temps. Vers où ? Je n’en sais rien. Te rappelles-tu ? Près du Tigre, je t’avais croisée ce jour-là, avant le dernier déluge. Nous avions joué à l’homme et à la femme, glané quelques galets, par-ci, par-là, bâti notre maison, un rectangle enchanté. Nous avions ri aux éclats profitant de cette fraîche brise léchant la surface de l’onde. Tu t’amusais à lancer des cailloux vers l’onde ruisselante, des cercles se formaient, et tu as commencé à les compter un, deux, trois… Puis rien, hormis l’écho enchanteur d’Erbil, du Mont-Liban qui chatouillait nos oreilles. L’enivrent maqâm ensorcelant de Farida nous transportait dans des contrées lointaines et indescriptibles !



  ***

 

 

 

 

 

À toi

 

 

 

 

À

Toi

Chère levantine

De l'auguste cèdre sublime

Cette douce clameur divine


 
 

Ô !

Levantine

Marine

Aux multiples vertiges

De lait et de miel

C'est là entre terre et ciel

Que l’homme peut encore s’habiller de lumière


 
 

À

Toi

Ghada

Mayada

Aïda

Aux yeux palpitants comme une liqueur

Éclairant encore les chemins de l'Orient


 
 
 
 

Ô !

Ghada

Fille du soleil

J’irai par ce chemin incertain

Humer, sentir la rosée du matin

Précieuse parure des vallons

Nul compagnon, seule ma passion

Bruit des pas de mon cœur

Peux-tu m’offrir une lueur ?

Sous ce gris ciel, j’ai perdu mon chemin

Éclaire de tes yeux ce reste de jour orphelin

Notre amour ne dure qu’un printemps

Divine, douce Ishtar de l’Orient

 

 

Ô

Muse de l’auguste Orient

Reine de Phénicie

De Mésopotamie

Au portail du levant

Traversant le firmament du Liban

Le berger égaré suit toujours ton sillon

J’ai suffisamment mordu dans la poussière

Des rayons pourpres de l'aurore

À Uruk, à Karbala, près des tablettes millénaires,

Tu m’as fais revivre les gloires de l’enfant téméraire

Accompagne-moi près du somptueux cèdre sublime,

Là je serai un homme,

Là j’oserai être.

Après la fonte des neiges,

L’hiver reculera derrière les montagnes

Et posera un dernier regard

Sur les paisibles collines voisines


 
 
 

Viens donc Ghada !

Nous irons aux portes du ciel

Là où la nuit cogne la montagne

Caresse les âmes des enfants du soleil

Là où chaque arbre raconte sa légende

Viens donc Ghada !

Sous le sable, j’ai déposé mon rêve

Je n’ai ni la patience du palmier

Ni l’endurance du chameau

Le café du matin a perdu son arôme

Ce n’est plus comme celui d’antan

Reviens douce muse de l’Orient

Traversant l’aube de mes premiers printemps

 

 

Ô

Poète

De Beyrouth

De Baalbek

De Tripoli

De Saida

Écris ton épopée

Montre-Toi

Au            soleil

Écris              Marche

Marche                     Pour

Ne                                   Pas

T’égarer



 

 

Ahmed Hafdi, 26 octobre 2003

 

 

 

 

Pour citer ces poèmes


Ahmed Hafdi,  « À toi » & « Chère levantine… »Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°5 [En ligne], mis en ligne le 11 décembre 2013.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-levantine-121509944.html/Url. http://0z.fr/e1hkd

 

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Annonce de parution

 

 

 


 Jacqueline Aymeries 

 

 

Fanny Heldy, carnet de souvenirs d'une cantatrice 1910-1940  

 

 

préf. Roberto Alagna aux éditions Pippa 

 

   

 

 

Couverture de : Fanny Heldy, carnet de souvenirs d'une cantatrice - Ouverture dans une nouvelle fenêtre

© Crédit photo : Couverture illustrée de l'éditeur


 

Titre : Fanny Heldy, carnet de souvenirs d'une cantatrice

Auteure : Jacqueline Aymeries

Préface : Roberto Alagna

Éditions : Pippa 

Langue : Français

Date de parution : 2013

Genre : N/A

Collection : N/A

Format : Broché

Dimensions :  Format 21x13 cartonné

Nombre de pages : 96 quadri

ISBN :  978-2-916506-34-0

Prix : 14,90 €

Site de l'éditeur : url. http://www.pippa.fr/Fanny-Heldy-carnet-de-souvenirs-d

 


Réception/critique dans un média


Camille Aubaude, « Fanny Heldy, carnet de souvenirs d'une cantatrice » dans Le Pan poétique des muses  ,  Lettre n°5, mis en ligne le 11 décembre 2013. 


© Crédit photo : Couverture illustrée de l'éditeur


 

Présentation de l'éditeur


 

Cantatrice rayonnante, Fanny Heldy a profondément mar-qué l’histoire de l’Opéra de Paris. Prima donna assoluta, elle incarna plus de 50 rôles phares et enthousiasma les mélomanes et les compositeurs les plus illustres de la Belle Epoque. De renommée internationale, elle fut réclamée par les plus grandes scènes du monde. Son nom brille encore au cœur de l’Opéra Garnier, sur la porte de la loge d’honneur : la loge Fanny Heldy.

 


« Fanny HELDY n’est connue aujourd’hui que par quelques mélomanes ou collectionneurs de vieux enregistrements d’opéras. Elle fut pourtant dans les années 1930 une des figures marquantes des scènes lyriques. Sa personnalité, son goût, l’amour et la dévotion qu’elle porte à son art, sa beauté sensuelle et la fascination que son timbre exerce sur le public font d’elle une artiste hors norme. Précieux témoignage et inestimable héritage pour les générations futures de chanteurs et chanteuses d’Opéra... Merci Madame HELDY ! » Préface de Roberto ALAGNA 

 

  

Auteure 

  

 


Jacqueline Anick Roschi, biographe, s’intéresse plus particulièrement aux femmes célèbres qui ont marqué le début du XXe siècle. Elle a rassemblé ici des photos inédites de la diva qui l’a fascinée par son courage, son talent et sa modernité. Elle prépare une biographie exhaustive de Fanny Heldy à paraître en 2012 aux éditions Pippa.

 

Sommaire
  • Enfance
  • Naissance d’une cantatrice
  • Théâtre Royal de La Monnaie, Quatre années intenses
  • L’Opéra-Comique
  • L’Opéra de Paris, Vingt ans de succès
  • Ses rôles et ses créations

 

 

 

Pour citer ce texte

LPpdm, « Jacqueline Aymeries, Fanny Heldy, carnet de souvenirs d'une cantatrice 1910-1940, préf. Roberto Alagna aux éditions Pippa », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°5 [En ligne], mis en ligne le 11 décembre 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-jacqueline-aymeries-121491425.html/Url.http://0z.fr/8uWpp

 

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Poèmes


Anima Mutandis

 

 

Paysage de glace – Brueghel/Amsterdam


 

Marie Gossart

    

 

 

 

 

Anima Mutandis

 

 

 

 

 


L'animal bondit

Sortit

Du bois

Du moi

Je veux de l'eau

En et autour de moi

Tenter d'apaiser ma soif

Tes mains, ces mains

Qui me touchent

Ne parviennent pas à contenter

Ma bouche

Agrippe toi à ma chair

Fais moi vivre ici bas

De peur que je ne pénètre,

En toi

Anima Mutandis

Mes rêves me créent

C'est le présent qui m'abstrait

De temps en temps

Je suis ce guépard allongé

Qui oublie

Absorbe l'air et le temps

Avant que la faim ne le remette

En émoi, aux aguets

Où es tu toi

Mon autre Prince

Aux charmes différents

Des peurs ignorant

Viens donc poser tes pattes

Sur mon velours

Mon ventre tendu

Mes fesses fermes

Mes seins rebondissants

Anima Mutandis

Joue, joue ta musique

Et

Fais moi

Danser

Danser

Pour que mon âme s'enflamme

Que mon esprit t’acclame

Que mon coeur, enfin repus et calme

Pour que mon coeur

S'étale

-----

Alors

Anima Mutandis

De ma gueule entrouverte

Je t'attraperai tendrement par le collet

Tu ne diras rien et te laissera transporter

Tout doucement, je te déposerai sur cette étendue

Ce grand, beau, lac

Frais et pur

Où nous pourrons nous ébattre joyeusement

Nous enrouler

Sans crainte

Nous parler

Silencieusement

Nous partager,

Absolument

Anima Mutandis

Mon visage magnifique

Couvert de mes poils

Mes yeux perçants, agiles

Mon âme, cet animal

Mon âme s'écrira

Chantera

Et tout alors

Enfin sera.

Réellement,

NORMAL.

 

 

Poème écrit le 10 Mai 2012

 

 

 

 

 

Paysage de glace – Brueghel/Amsterdam

 

 

 

 

 

 

 

J'ai été prise

Comme dans la glace,

Le vertige

Du temps,

Immobile.

Ces petits personnages,

Patinant

Fiévreusement,

Cette lumière, chaude

Qui caresse la pierre

Renvoie les ombres

Dessous la glace

Derrière les murs

Sous les canaux

Façades.

J'ai été prise

Par ce vertige,

Le temps

Immobile.

Mon enfant,

Non, le temps ne passe

Pas de changements

Nulle bourrasque

Ancré dans son plaisir

L'homme nu n'en finit pas de jouir

Et quelles que soient les guerres

Et quelles que soient les traces

Pierres roulent, oiseaux trépassent

Le monde toujours,

Toujours jacasse.

Et pourtant.

J'entends

Ce silence

Autour de l'homme nu, frais

Le corps frétillant,

Bien vivant.

Le vois-tu mon enfant?

Non, je te le dis

Le temps ne passe.

 

 

 

Poème écrit le 9 février 2012

 


 

 

Pour citer ces poèmes

Marie Gossart, « Anima Mutandis » & «  Paysage de glace – Brueghel/Amsterdam »Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°5 [En ligne], mis en ligne le 11 décembre 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-anima-mutandis-121480637.html/Url.http://0z.fr/3dzNk

 

 

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