12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 18:33

Lettre n°14 | Être féministe | Megalesia 2020| Travestissements poétiques

 

 

Lettre de l’amoureux

&

Je le travesti du moi

 

 

Dina Sahyouni

 

Poèmes reproduits respectivement des recueils Murmures, et Lettres à Océan de savoir 2009-2010 avec l'aimable autorisation de l'autrice/auteure et de sa maison d'édition.

 

 

Lettre de l’amoureux

 

 

Le temps passe et un soupçon de vanité hante mes jours, rompt au fond, l’insolence de velours que je porte dans les yeux.

 

Je voudrais t’écrire, la plume se tait.

Les mots flottent dans la sphère des idées.

Je voudrais te dire, la parole se noue

Au fond de ma gorge, une truble floue

Mon regard amoureux de tout

Ce qui fait de toi

Mon âme sœur.

 

.........................que faire d’une passion dévorante qui pourchasse mon être quand ton ombre traverse mes rêves…

 

Je ne dors plus, je suis l’homme insomniaque qui rôde sur les supports,

 

Je me rends victime de ton amour, ultime voltige de mes sens…

 

Je ponce le regard pour veiller bien tard sur ta présence.

 

Les troubles envahissent mes contrées, je suis le mâle des souhaits de certaines mais point des tiens,

 

Je n’obtiens que le désordre et les frémissements du soi.. Guéris-moi.

 

Je meurs..

 

Je meurs..

 

Je meurs…

 

Ô

 

Eau d’amour,

 

Ode d’amour,

 

Ressuscite-moi…

 

Poème de Murmures.

 

​​​​​Crédit photo :​ Commons, domaine public, "CSD in Munich lila Drag Queen". 

 

 

Je le travesti du moi

 

Le je travestit mon identité, il me procure des modes de pratiques de soi* : des tas de processus d’assujettissement…

 

La loi Je me hèle, elle renferme mon être dans l’assujettissement discursif…

 

Je marche le long de mes ombres énonciatives et quête l’instant de Devenir…

 

« [...] Ne me demandez [plus] qui je suis »**, le je me clone…

 

Ne me redemandez plus qui je suis, ce Je ne me suffit guère…

 

Le je prostitue mon être, il m’étrangle en m’épousant…

 

S’il m’assujettit, il reste pourtant l’autre qui me façonne à son image.

 

Je passe par lui pour exister, je le revendique pour exister mais il est temps de dénoncer la supercherie, on ne devient pas Je par accoutumance mais presque toujours par sollicitude…

 

Je est le travesti du moi, il amuse la galerie en troublant toujours l’ordre linguistique…

 

Travestis-moi encore, il me reste toujours du temps pour retourner ma veste…

 

 

* et ** proviennent des écrits de Michel Foucault

 

Poème de Lettres à Océan de savoir.

 

 

***

 

Pour citer ces poèmes

 

Dina Sahyouni, « Lettre de l’amoureux » & « Je le travesti du moi », poèmes reproduits de Murmures et Lettres à Océan de savoir, 2009-2010, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe & Megalesia 2020, mis en ligne le 12 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/megalesia20/dinah

 

 

Mise en page par David Simon

 

© Tous droits réservés                                 Retour au sommaire 

Retour à la table de Megalesia​​

12 avril 2020 7 12 /04 /avril /2020 10:42

Megalesia 2020 | Lettre n°14 | Être féministe | Poésie érotique 

 

Désir &

 

Sonnet féminin 

 

 

Renée Vivien

Poèmes choisis, transcrits, remaniés, présentés brièvement & annotés par Dina Sahyouni

Crédit photo : Renée Vivien, domaine public.

Crédit photo : Renée Vivien, domaine public.

 

Présentation brève

 

Quelques phrases sur la poésie érotique de Renée Vivien :

 

Elle est picturale, classique cependant indémodable. Elle se réfère constamment à l'Antiquité, aux figures féminines païennes (ex. Volupté) et à La Poète (c'est-à-dire Sappho), vous pouvez le constater dans les poèmes extraits ci-dessous. La poésie érotique de Renée Vivien est puissante, limpide, revendicative, et rythmée. Elle est aussi féministe, et teintée d'une beauté et d'une fraîcheur provenant de la passion poétique vécue comme Extase et Volupté de l'être tout entier. Cette poésie relève également du lyrisme féministe parce qu'elle dévoile et sublime entre autres le corps et la sexualité non seulement féminins mais aussi lesbiens par l'intermédiaire de la création poétique.

Poétiser devient érotiser la vie. On retrouve ce même lyrisme féministe dans la poésie et les écrits de Sappho et des contemporaines comme Barbara Polla, Françoise Urban-Menninger (dans des écrits érotiques hétérosexuels...) et bien d'autres Angèle et MIKA (dans des chansons sur l'amour homosexuel).

 

 

 

Ces deux poèmes sont des extraits de Renée Vivien (1877-1909), Cendres et Poussières, Paris, Alphonse Lemerre, éditeur, 23-31, passage Choiseul, 23-31, 1902. Le recueil est adressé à l'amie de Renée Vivien H. C. L. B. et il a été imprimé le 27 mai 1902 à Paris.

Le poème "Désir" est un portrait érotique, descriptif, expressif et pictural de l'amante désirante et tant désirée. Ce poème explicite du désir amoureux lesbien permet de comprendre sa ressemblance au désir amoureux héterosexuel et normé. En outre, cette expression lyrique et féministe trouve des échos dans la culture populaire et musicale comme la récente chanson de l'artiste Angèle intitulée "Ta Reine" (voir le lien ci-dessous vers la chanson citée) ou chez l'artiste MIKA, auteur de plusieurs chansons qui portent sur la sexualité et l'amour homosexuels. Néanmoins, les difficultés de parler ouvertement de l'érotisme dit "homosexuel" persistent et continuent à attiser des tensions et même des discours de haine à l'égard des LGBTQAI+.

Quant au "Sonnet féminin", qui relève aussi de l'érotisme dit "homosexuel" et du lyrisme féministe, il permet de tracer un fil conducteur avec le matrimoine de la poésie de Sappho. Ce sonnet comporte aussi un blason élogieux de la voix de la personne aimée même si les rimes du sonnet ne sont pas plates, la litanie est là. D'autres parties du corps sont aussi érotisées comme les mains par exemple. La voix renvoie au souffle et à la poésie, car avant tout être poète, c'est être une voix, un souffle (cela a un rapport étroit avec les origines mythiques et légendaires de la poésie, le chant des Sirènes, Apollon, Mnémosyne, les Muses, Pan, Orphée, les Aèdes...)

 

​​​​​​Parmi les autres poèmes d'amour et d'érotisme du recueil "Cendres et Poussières", le "Sonnet féminin" se distingue par une sublimation claire du désir proprement "féminin" à l'égard du "féminin" pour le transfigurer en poésie, en une passion de la poésie. Renée Vivien a été ainsi étreinte par la poésie elle-même par le biais de l'être aimé (transfiguré en Muse) comme elle l'explique dans le premier tercet du sonnet. Et le "bleu" divin des clartés infinies" est le bleu de la poésie... On retrouve cette affirmation sur le fait que le bleu est féminin et Poésie dans le recueil de lettres de la poète Aurélie-Ondine Menninger "Lettres à Bleue" et bien d'autres poèmes de ses écrits et dans le poème chanté "Blue" de MIKA (voir lien ci-dessous vers la chanson citée). Dans le dernier vers du sonnet, la poète use encore de la métaphore pour décrire la "volupté" poétique qui transfigure sa bien-aimée en Muse libératrice et inspirante. Ainsi, la "blanche volupté" est une pureté symbolique et synonyme d'innocence poétique et de virginité des sensations érotiques rendues esthétiques ; une source d'inspiration, de créativité et un support de liberté. Ainsi, le lyrisme féministe se caractérise par une liberté créative.

 

Je voudrais par ailleurs en écrivant ces lignes renouveler ma proposition annoncée dans des billets datant de décembre 2019 pour tenter avec d'autres collègues de penser le lyrisme féministe dans tous ses états et toutes ses expressions. Il me reste de vous souhaiter une bonne lecture.

​​​​​

 

Désir

 

 

Elle est lasse, après tant d'épuissantes luxures.

Le parfum émané de ses membres meurtris

Est plein du souvenir des lentes meurtrissures.

La débauche a creusé ses yeux bleus assombris.

 

 

Et la fièvre des nuits avidement rêvées

Rend plus pâles encor ses pâles cheveux blonds.

Ses attitudes ont des langueurs énervées.

Mais voici que l'Amante aux cruels ongles longs

 

Soudain la ressaisit, et l'étreint, et l'embrasse

D'une ardeur si sauvage et si douce à la fois,

Que le beau corps brisé s'offre, en demandant grâce,

Dans un râle d'amour, de désirs et d'effrois.


 

Et le sanglot qui monte avec monotonie,

S'exaspérant enfin de trop de volupté,

Hurle comme l'on hurle aux moments d'agonie1,

Sans espoir d'attendrir l'immense surdité.

 

Puis, l'atroce silence, et l'horreur qu'il apporte,

Le brusque étouffement de la plaintive voix,

Et sur le cou, pareil à quelque tige morte,

Blêmit la marque verte et sinistre des doigts.

(pp. 43-44)

 

 

 

Sonnet féminin

 

 

 

Ta voix a la longueur des lyres lesbiennes2,

L'anxiété des chants et des odes saphiques3,

Et tu sais le secret d'accablantes musiques

Où pleure le soupir d'unions anciennes.

 

Les Aèdes4 fervents et les Musiciennes

T'enseignèrent l'ampleur des strophes érotiques

Qui versent dans la nuit leurs ardentes suppliques,

Ton âme a recueilli les nudités païennes.

 

Tu sembles écouter l'écho des harmonies ;

Bleus de ce bleu divin des clartés infinies,

Tes yeux ont le reflet du ciel de Mytilène5.


 

Les fleurs ont parfumé tes étranges mains creuses ;

De ton corps monte, ainsi qu'une légère haleine,

La blanche volupté des vierges amoureuses.

 

(pp. 93-94)

 

 

Notes

 

1. Il s'agit d'une métaphore classique mais toujours employée et explicite comparant l'extase amoureuse féminine à l'agonie qui précède la mort. C'est tout le poème qui constitue en fait une métaphore comparant la volupté ardente du désir amoureux en action aux instants de la mort ; une sorte de tremblement saisissant l'être tout entier et le laissant ébahi.

2. Les "lyres lesbiennes" sont à la fois une inspiration, une référence, une affiliation revendicative féministe, créative et sexuelle. Elles renvoient à la poésie de Sappho.

3. Idem.

4. Comme Homère, les aèdes sont des poètes de l'antiquité grecque. Ils sont nomades, conteurs et musiciens comme Orphée. Il s'agit des premiers poètes qui déclamaient des épopées...

5. Le terme a été rectifié par nous pour correspondre au nom de la ville grecque décrite dans le poème.

 

 

***

 

Pour citer ces  poèmes

Renée Vivien, « Désir » & « Sonnet féminin » poèmes extraits de Cendres et Poussières (1902) choisis, transcrits, remaniés, présentés brièvement & annotés par Dina Sahyouni, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe & Megalesia 2020, mis en ligne le 12 avril 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/desir-feminin

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

© Tous droits réservés 

Retour au Sommaire 

Retour à la Table de Megalesia

26 janvier 2020 7 26 /01 /janvier /2020 15:37

 

Lettre n°14 |Être féministe | Faits divers & catastrophes en poésie

 

 

 

 

Bonjour 

 

liberté d'expression

 

 

 

Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : Attrape-rêves, domaine public, commons. 

 

 

Pour Mila

 

 

Elle a mal cette humanité qui nous unit,
Mal d'être tout le temps punie,

d'être souillée et aux marchés des sottises vendue.

Elle a mal, l'humanité qui nous unit, elle pleure sans cesse d'être l'objet du déni. 

_ Bonjour liberté d'expression ! _

Elle a le cœur en miettes,

l'humanité a été rendue une pauvre bête,
le visage défiguré, les mains liées,

la plume pliée, 

et le dos courbé en S

tenue en laisse par des malfrats et fanfarons, 

elle gazouille souvent au bord des ruisseaux, 

​​​​​​​​​​​et ses yeux bleus de rêves,

rient encore aux quatre vents...

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème engagé 

 

Dina Sahyouni, « Bonjour liberté d'expression », poème féministe inéditLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 26 janvier 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/bonjour

 

 

Page publiée par le rédacteur David Simon

 

© Tous droits réservés                                 Retour au sommaire ​​

11 janvier 2020 6 11 /01 /janvier /2020 17:29

 

Lettre n°14|Être féministe

 

 

 

 Femmes, allez au bout de vous-mêmes

 

 

 

 

Sarah Mostrel

 

Site : www.sarahmostrel.online.fr 

Facebook www.facebook.com/sarah.mostrel

 

 

© Crédit photo : Sarah Mostrel, Femme du soir.


 

 

Je suis totalement solidaire avec cette journée des droits des femmes.

Bien sûr, les choses évoluent. Mais, pas suffisamment.

 

Il y a encore trop de victimes femmes, en France et dans le monde.

Des victimes de harcèlement, d’agressions, de violences conjugales.

 

Les chiffres sont toujours les mêmes. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Les femmes sont payées en moyenne environ 25% de moins que les hommes.

 

Il est beau de remettre chaque année sur le tapis ces chiffres mais s’ils ne changent pas, peut-on parler d’une avancée ?

 

Certains métiers y compris créatifs ne dénombrent presque pas de femmes ou elles sont inconnues. Combien connaissez-vous de peintres du genre féminin, de sculptrices, de compositrices, de dessinatrices, de poétesses ?

 

Statistiquement, il y a aussi peu de femmes chefs d’entreprise, politiciennes, ingénieures.

 

Il n’est pas question ici de blâmer les hommes. Les femmes les aiment trop et les deux sexes sont faits pour s’entendre. S’entendre veut dire s’écouter, se respecter, s’aimer. Se séduire, se conquérir, s’aimer, quoi de plus beau, lorsque chacun est consentant !

 

Oui à la séduction, non à la manipulation.

Oui à l’égalité, non à la discrimination.

Oui à la particularité, non au déterminisme.

Oui à singularité, non au sexisme.

Oui à l’identité de chacun.

Oui à l’éducation de qualité, non à l’imposition d’une voie selon les genres

Oui aux études pour tous.

Oui à la parité s’il n’y a pas d’autre choix pour rétablir un équilibre femmes-hommes dans des domaines où l’on ne favorise pas l’accès aux femmes.

Oui à la liberté, de faire ce que chacun(e) désire vraiment dans sa vie.

Oui au partage, en bonne intelligence. 64 % des tâches domestiques sont encore gérées par les femmes. Ces femmes actives continuent d’assurer 71 % des tâches parentales.

Quant au congé parental, peu d’hommes le choisissent.

 

Prévenance, gentillesse, délicatesse, douceur ne prédestinent en aucune façon à l’asservissement.

Sensibilité n’est pas sensiblerie.

Émotion n’est pas faiblesse.

 

Non à l’image stéréotypée de la femme. Non au schéma archaïque d’elle en faire-valoir : femme au foyer, femme au service de, femme objet.

 

Oui à l’esthétique, à l’échange, à la complémentarité.

 

Il y a aussi le machisme ordinaire. Au travail, dans les transports, dans la rue, sur les réseaux sociaux. Des approches qui vont de la maladresse à l’humiliation, de la déconsidération au cliché, de la blague à laquelle il faut absolument rire à la provocation.

 

© Crédit photo : SM, Femme au pastel. 

 

 

 

#Metoo a du bon en ce sens qu’il a libéré la parole de certaines. Maintenant il faut agir, pour ne pas que les crimes restent impunis, pour que justice soit faite (bien sûr avec discernement), pour que la dignité humaine soit rétablie.

 

Oui, il faut enlever le voile, les victimes de viols, d’agressions sexuelles, de harcèlement, doivent parler, dénoncer, relever la tête.

 

Et pour ceux qui pensent qu’il y en a trop pour les femmes, je dirais que revendiquer un meilleur être pour elles n’est pas être contre les hommes. C’est au contraire un droit qui ne sera que bénéfique pour tous, pour la collectivité, pour l’épanouissement personnel et en privé dans le couple.

Revendiquer une meilleure répartition et redistribution des rôles n’est qu’être équitable. Ce n’est pas être féministe dans le sens péjoratif du terme comme on amalgame parfois. C’est demander une société plus juste. L’harmonie est loin d’être une utopie si seulement chacun y mettait du sien.

 

Femmes, étudiez, créez, amusez-vous.

Osez, revendiquez, aimez à n’en plus finir.

 

©SM

 

***

 

Pour citer ce texte

 

Sarah Mostrel (texte & dessins), « Femmes, allez au bout de vous-mêmes », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 11 janvier 2020, Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/femmes

Page publiée par le rédacteur David Simon

© Tous droits réservés                                 Retour au sommaire ​​​

15 mars 2018 4 15 /03 /mars /2018 15:15

 

Megalesia 2018 | Florilège de poèmes sur les violences faites aux femmes & Le Printemps des Poètes

 

 

 

 

 

Une paille dans le vent

 

 

 

 

Demie D. Simon

 

 

 

 

 

Quelques chose étrangle le regard puis la voix, me noue la gorge, me brise les os… ma voie se rétrécit, elle me ramène en chemin arpenté vers toi. Je rampe… là-bas.

Le temps passe, traverse les pages de ma vie puis s'arrête là où naît ton regard en moi.

Patrie aimée, patrie flétrie, patrie des cris...

Je suis l'être miroir du temps, l'être du rien, pleurant les travers du monde, pleurant ses beautés et ses laideurs, emportant dans les plis de son cœur, le peu d'humanité qui lui reste ; son unique trésor et sa raison d'être…

Quelque chose étrangle le réel, étrangle l'écriture, les mots se disloquent, s'abîment, se meurent tandis que l'odeur de la haine envahit des parcelles du monde… c'est immonde…

Là-bas, dans le paradis coloré des rêves, vivaient encore des files et des garçons dans l'innocence des temps divins.

Là-bas, dans le pays des sans cœurs, les cadavres jonchent la terre.

Là-bas, l'on abat...

Là-bas, quelque chose étrangle la vie, les voix et les voies… quelque chose demeure, blesse le regard, tue les mots, enfante le chaos.

Là-bas est ici parfois, oui, ici.. ici.. souvent parsemé dans les médias en terres brûlées et en clichées d’orphelins.. là-bas.

Là-bas… ne reste pas là-bas…

Là-bas, l'on s'abat...

Que faire quand la haine inventée par l'humain casse les mots, invente de nouveaux maux, frappe le cœur ici et là-bas ?

Que faire de tous ces cœurs en pierres ?

Que faire du temps qui joue au cache-cache dans les ruelles des guerres et quand la haine se déchaîne ?

Demeurée ici, demeurée là-bas, en deux lieux, dans l'entre-deux, dans le néant des cris, des corps flétris…

Que faire ? demeurée dans le vent une paille asséchée, virevoltante jusqu'à la nuit des temps…

 

mars 2018

« Parce que l'amour est mon unique demeure, je virevolte au vent »

 

© DDS

Poésie engagée

***

 

 

 

Pour citer ce poème


Demie D. Simon, « Une paille dans le vent », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Le Festival Megalesia 2018, Le Printemps des Poètes au féminin, mis en ligne le 15 mars 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/3/paille-vent

 

© Tous droits réservés                            Retour au sommaire

Bienvenue !

 

La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en septembre 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.

Rechercher

Publications

 

Dernière nouveautés en date :

VOUS POUVEZ DÉSORMAIS SUIVRE LE PAN POÉTIQUE DES MUSES  SUR INSTAGRAM

Info du 29 mars 2022.

Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.

Numéros réguliers | Numéros spéciaux| Lettre du Ppdm | Hors-Séries | Événements poétiques | Dictionnaires | Périodiques | Encyclopédie | ​​Notre sélection féministe de sites, blogues... à visiter 

 

Logodupanpandesmuses.fr ©Tous droits réservés

 CopyrightFrance.com

  ISSN = 2116-1046. Mentions légales

À La Une