2 septembre 2021 4 02 /09 /septembre /2021 15:58

​​​

Événements poétiques | Justice pour elles ! | Poésies féministes 

 

​​​​​

 

 

 

Nos larmes les désarment

 

 

​​

Dina Sahyouni

 

Poéticienne, éditrice, lyreuse & fondatrice de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

​​​​​​​​​​​Crédit photo :  "Why" by René Cheng, oil painting, 2019, Wikimedia, domaine public.

 ​​​​​

 

 

Des larmes, que des larmes

pour guérir vos plaintes,

le monde s'endort, avec le remords

comme unique horizon-univers

le monde se noie dans nos larmes amères

 

 

 

Des armes, que des armes, 

le monde se noie dans le sang

des innocents sacrifiés sans peine

cette scène nourrit la haine

 

 

Les larmes désarment pourtant,

nos larmes désarment tout le temps

les plus puissants de la terre.

 

 

 

©DS, août 2021, poème féministe pour "Justice pour elles". 

 

***

 

Pour citer ce poème politique & féministe 

 

Dina Sahyouni, « Nos larmes les désarment » poème féministe & politique inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  Événements poétiques | Insurrection poétique 2021 « Justice pour elles ! », ​​​​mis en ligne le 2 septembre 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/justicepourelles/ds-noslarmes

 

 

 

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2 septembre 2021 4 02 /09 /septembre /2021 15:05

​​​

N°8 | Dossier majeur | Florilège de poétextes

 

​​​​​

 

 

 

 

Une larme d'encrier

 

 

​​

Dina Sahyouni

 

Poéticienne, éditrice, lyreuse & fondatrice de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

​​​​​​​​​​​​Crédit photo :  Melting snow on tomb, Wikimedia, domaine public. 

​​​​​

 

Tu n'es pas là, non, 

et je t'écris pourtant

avec les larmes 

en guise d'encre, d'armes

éphémères pour estomper cette solitude,

guérir mon âme des habitudes,

de toi, chère enfant tissée de perles, de mots, de papiers et de guirlandes de rêves éveillés


 

 

Tu n'es pas là, non

mais ton parfum s'exhale 

telle une rose éclose au petit matin

telle la rosée bleutée de songes suaves, d'espoir 


 

 

Petite fille, fillette, larme bleue d'encrier, 

tu grandis chaque instant, 

tu grandis là-bas

dans le bleu des mots

et moi.. en pleurs, je t'écris.. crie,

je demeure ici, je meurs.

 

 

©DS, "Rêves de Rêva", 2021.

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Dina Sahyouni, « Une larme d'encrier  » poème inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques :  N°8 | Été 2021 « Penser la maladie & la vieillesse en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, ​​​​mis en ligne le 2 septembre 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no8/ds-unelarmedencrier

 

 

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29 août 2021 7 29 /08 /août /2021 11:05

 

N° 10 | Célébrations | Instant poétique avec...

​​

 

 

 

 

 

Danse, danse

 

 

&

 

 

Le monde est dur, mon fils

 

 

 

 

 

 

 

[Invitée]

 

 

Maram Al-Masri

 

Photographie de

 

 

Philippe Barnoud

​​​​​

 

 

 

​​​​​© Crédit photo : Philippe Barnoud, "Maram Al Masri" 2013, photographie fournie par la poète.

 

 

 

 

Danse, danse

mon fils

car tu es né

pour apprendre aux oiseaux

à voler

 

 

Danse, danse

mon fils

pour que le cœur agité du monde se calme

sous le rythme de tes pas

 

 

Danse, danse

mon fils

pour apprendre toi-même à voler

 

 

 

 

 

 

 

Le monde est dur, mon fils

Dur comme un chargeur de mitrailleuse

dur comme les murs d’un centre de rétention

dur comme un regard de mépris

Je ne t’ai pas dit de patienter avant de venir me rejoindre

Je ne t’ai pas dit que les petites plantes

sont facilement écrasées

Je ne t’ai pas dit de venir en étant fort

Ici on les aime avec des diplômes

on les aime avec un compte en banque

Je te dis que les noyés

ne peuvent pas sauver

les noyés

Immigré,

tu seras toujours

dans le viseur du doute

Je ne t’ai pas dit que les immigrés arrivent fragiles

comme les enfants

 

 

 

***

 

 

Pour citer ces deux extraits

 

Maram Al-Masri« Danse, danse » & « Le monde est dur, mon fils », poèmes reproduits avec l'amiable autorisation de l'auteure & des éditions Bruno Doucey, photographie par Philippe Barnoud, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 10 | Automne 2021 « Célébrations », mis en ligne le 29 août 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/mas-2extraits

 

 

 

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27 juillet 2021 2 27 /07 /juillet /2021 10:58

​​

​​​​​REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations

 

 

 

 

 ​​

 

Une femme aux yeux noirs

 

 

 

(Victime de féminicide)

 

 

 

 

 

Mona Gamal El Dine

 

Docteur en sciences de l'art (La Sorbonne Paris), Membre de la Société des Gens de Lettres, Membre du P.E.N Club International, Sociétaire des Poètes Français, Présidente de l'association ISIS Arts & Cultures, Fondatrice des Rencontres des Poètes pour la Paix, Membre de Cercle Universel des Ambassadeurs de la paix (Genève/Paris), Historienne de cinéma & Réalisatrice

 

 

 

 

Crédit photo :  Une "Andalouse", tableau, Commons. 

 

 


 

Tu as des yeux noirs comme la nuit

Tes yeux noirs comme les pleurs de la nuit et du jour

Tes yeux noirs comme la tristesse 

Tes yeux noirs sont une force de combat

Tes yeux noirs sont à l’épreuve infinie

Tes yeux sont dépourvus de vie 

Tes yeux figent le vide de l’absence

Ce sont tous mes souvenirs qui me reviennent avec les larmes devant ta photo

Je déteste cette séparation

Mon sentiment est invisible

Quand je suis seul, tu es arrivée

Quand je suis triste, je t’aime

Une paire d’yeux ne suffit pas pour te regarder

Quand je croise ton regard, je tombe amoureux de toi

Pour toi maman car tu es un rayon de soleil  


 

© M. Gamal El Dine

 

 

 

Pour citer ce poème engagé & féministe

 

Mona Gamal El Dine, « Une femme aux yeux noirs (Victime de féminicide», poème féministe, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 27 juillet 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/mged-yeuxnoirs

 

 

 

 

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Retour à la Lettre n°16 

24 avril 2021 6 24 /04 /avril /2021 17:28

 

​​REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques

 

 

 

 

 ​​​​

 

 

 

Agar (fragment)

 

 

 

 

 

 

 Marceline Desbordes-Valmore

 

Poème choisi, transcrit & remanié pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : "Hagar and Ishmael Saved by the Angel", tableau du XVIIIe siècle domaine public, Commons. 

 

 

Le fragment poétique ci-dessous est un poème de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), il provient de son recueil Les Pleurs, poésies nouvelles, par Madame Marceline Desbordes-Valmore, Préface d'Alex DUMAS, Paris, Chez Charpentier, Libraire, Palais-Royal, MDCCCXXXIII/1833, pp. 239-243. Le recueil est tombé dans le domaine public.

 

 

 

    – Elle jeta de grands cris et se mit à pleurer.

– Or, Dieu écouta la voix de l'enfant ; et un ange de Dieu appela Agar du ciel, et lui dit : Agar, qu'avez-vous ? ne craignez point, car Dieu a écouté la voix de l'enfant du lieu où il est.

 

XLIII

 

 

Quelle mère un moment ne fut ambitieuse ?

Quelle mère, en plongeant son âme curieuse

Dans les jours où son fils ira chercher ses droits,

N'a dit : Voilà mon fils ! Que sont les fils des rois ?

 

 

« Vents ! portez dans les cieux la voix de ma prière.

Dieu ! versez le pardon sur l'orgueil à genoux :

Oui, l'orgueil m'a saisie, ô mon Dieu ! J'étais mère ;

Et la mère et l'enfant tendent les bras vers vous !

 

 

« Enfant, ne pleure pas. Voici des fleurs. Je t'aime.

Nous trouverons là-bas, peut-être, un frais ruisseau ;

Tu dormiras content sous un jeune arbrisseau ;

Et peut-être avec toi j'y dormirai moi-même ! »

 

 

Ainsi la triste Agar, un enfant par la main,

De son cœur oppressé brise le long silence.

L'enfant rit à sa mère ; et, plein d'obéissance,

Cueille une fleur mourante et poursuit son chemin.

Ce chemin est brûlant ; le soleil le dévore :

L'enfant poursuit en vain, de chaleur obsédé,

L'arbre vert, l'ombre et l'eau ! Triste, il a demandé :

« Ce frais ruisseau, ma mère, est-il bien loin encore ? »

 

 

– « Là bas ! répond Agar. – « Oh ! que c'est loin là-bas,

Ma mère ! » – Elle se tait, détourne son visage ;

Du voile qui la couvre elle forme un nuage,

Comme un linceul mouvant où se traînent leurs pas.

 

 

Ses premiers pas, à lui, l'éloignent de son père !

Ô Sarah ! de ton fils le sort est plus prospère.

Ô Sarah ! Cet enfant pâle, nu, sans soutien,

C'est le fils d'Abraham... Non, mon Dieu ! c'est le tien !

Sauve-le ! sauve-nous. Un peu d'air ! un peu d'ombre !

Dieu ! ta main devant le soleil !

Le bruit frais de l'eau vive, un arbre au rideau sombre,

Une pierre mouillée, un fruit, et du sommeil ! »

 

 

Et l'enfant tout à coup s'arrête. Elle s'arrête.

Du voile qui l'étouffe il dégage sa tête ;

De ses cheveux touffus lent à se découvrir,

Il tremble. Il jette enfin d'une lèvre altérée :

« J'ai soif ! » – Et dans le ciel l'espérance est rentrée...

…............................................................

…............................................................

…............................................................

…............................................................

…............................................................

 

 

 

Pour citer ce poème

 

Marceline Desbordes-Valmore, « Agar (fragment) », poème extrait de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Les Pleurs, poésies nouvelles, Préface d'Alex DUMAS (1833), choisi, transcrit & remanié par Dina Sahyouni, Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 24 avril 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/mdv-agar

 

 

 

 

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