Mariem Garali Hadoussa,«Voix de femmes !»,Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 9 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/voix.html
Laisse cette petite lueur scintillante de tes gouttes
Chargées d’espoir, chargées de vie
Me parvenir, m’éblouir, me soutenir !
Laisse cette grande lueur essuyer, balayer mes larmes,
Rendre à mes jours l’espoir de voir mon amour renaître
***
Pour citer ce poème
Mariem Garali Hadoussa,« Pluies de vie»,Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 9 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/pluies.html
Il est des amertumes que l’on aurait voulu ne pas connaître.
Mais elles sont là, comme perdues dans le vide de nos pauvres existences. Petits fantômes. Pauvres pantins. Tristes dérisions. Fausses profondeurs.
Nous les regardons avec une sorte de désespérant étonnement et nous ne savons pas quoi en faire.
Ainsi parfois le vin sans fond nous fait faire ce que certains appellent avec beaucoup de complaisance des écarts et ce que d’autres nomment peut-être un peu trop durement un adultère.
L’important, dans ce désastre presque sinistre, est de rester très fidèle à une radicale justesse du sentiment. Seule compte en effet la difficile sincérité. C’est elle qui fait naître les plus profondes douceurs et les amours les plus solides.
Le temps forge les poètes. Mais aussi les épreuves.
L’amour est une chose puissante que la faute effleure et fait vaciller mais l’amour aussi se nourrit de certaines douloureuses chutes qu’il guérit et transpose.
***
Se déposer quelque part
Sans jamais citer le nom de cet endroit unique, cherchons, cherchons à nous déposer quelque part.
Le paradis n’existe pas et nous l’avons péniblement découvert.
Mais un lieu tout simple et bien réel, un lieu où l’on puisse enfin échapper à la malédiction de l’errance, un lieu d’adoption, cela oui, nous l’espérons et nous l’appelons de toutes nos forces.
Un lieu nourricier et où la vérité n’est jamais cruelle.
Un lieu ou un être. Un point d’appui. Un endroit où écrire et où nos fausses souffrances pourrait enfin trouver l’air qui leur manque.
Un lieu subtil mais un lieu simplement où il serait doux de marcher.
***
Naissance du rire
Il n’est pas de chose plus mystérieuse que la commissure des lèvres et le filet musculaire savamment architecturé autour qui la fait se mouvoir.
Les médecins disent avec une confiance en eux sans doute un peu excessive que tout vient et tout retourne à une réalité bien scientifique qu’ils nomment d’un mot comiquement barbare : le zygomatique.
Et l’on pourrait s’en tenir là. Finalement, effectivement, c’est ce petit brin là tout rose qui se tendant fait naître la divine ouverture et il n’y a là, alors, n’en déplaise aux amoureux des vérités mouvantes, rien de magique.
Le poète pourtant ne saurait se satisfaire d’une si laconique explication. Un peu idiot peut-être ou mieux délicieusement naïf, le poète veut croire que cette illumination bouleversante du visage naît d’un mouvement global du corps où il a bien longtemps mûri.
Laure Delaunay,«Trois extraits de "Fiançailles et promesses"», Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°12, mis en ligne le 8 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/extraits-fiancailles.html
Ces extraits sont reproduits avec l'aimable autorisation de l'auteur et des éditions Unicité
Place du village
silencieuse
Platanes, feuillage immobile
Seule, résonne claire
l’eau d’une fontaine
***
Dans la vallée
Tranquille
un nuage dort
***
Pièce silencieuse
Large bouquet
Fleurs variées, colorées
Du vase
tiges émergées, dressées
Ce bouquet, là
toute la réalité
cristallisée !
***
Poésie
Accueillir
le monde
Alain Clastres
***
Présentation de l'ouvrage
Alain Clastres observe les phénomènes qui sont lents ou l’œuvre d’un jaillissement. De cette observation naît un approfondissement. Mais jamais il ne donne de réponse car ce serait alors trop réducteur. L’éternité c’est quand il marche, s’asseoit ou regarde par le prisme de la totalité. En ce sens comprendre, c’est ne pas chercher justement à comprendre. La nature, l’art et la musique sont silence en ce poète qui creuse l’âme de l’humanité. (Présentation reproduite de la 4ème de couverture de l'éditeur dans les mêmes conditions de sa publication originale avec l’aimable autorisation de l'auteur)
"De la poésie minimaliste... encore et alors ? ! Oui, c'est un recueil minimaliste, épuré, imitant son objet de prédilection où le silence s'installe au fil des pages pour devenir poésie. Le poète est tantôt spectateur averti débusquant le chant des Sirènes, tantôt un pointilliste saisissant des instants fugitifs. En somme, un recueil intéressant puisqu’il emploie la poésie minimaliste à bon escient pour dire les silencieux dans un vacarme généralisé."
LPpdm,« Alain Clastres, Silencieux, éd. Unicité, 2017, 90 p.», Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°12, mis en ligne le 7 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/silencieux.html
(St-Nicolas de Fribourg), éd. Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Fribourg, 2016.
Être confessionnal, à l’heure actuelle, n’est pas une sinécure… Et je dois bien l’avouer : je suis presque au chômage. Moins de crimes, d’adultères, de trahisons ? Non : ils n’ont soi-disant plus rien à se reprocher. C’est la faute de l’autre, des étrangers, des impôts, des patrons, des employés. La société, blanche comme neige, n’avoue plus qu’un crime : celui de ne pas aimer les confessionnaux.
Fini le temps béni des courtisanes vautrées dans leurs péchés, des politiciens véreux soudainement pris de remords, des jeunes filles décrivant leur première fois, des belles-mères dégoulinantes de fiel, des maquignons, des beaux capitaines aux bataillons d’enfants naturels.
Me restent l’aumône de deux-trois grenouilles crapahutant hors d’un bénitier presqu’à sec, un smic de larcins véniels, la génuflexion d’un Alzheimer qui n’a plus que ses cent ans à déclarer. Pas de quoi fouetter un démon !
Non, ce n’est pas drôle. Et pas juste, car le Très-Haut m’interdit toute publicité. Concurrence déloyale : ces Messieurs Javel, Karcher et Savon de Marseille en font pourtant par pages pleines. Parfois, j’écarte le rideau d’un coup sec pour guigner de-ci, de-là. Tous ont le ventre bedonnant, la calvitie proprette. Ils traînent leur insouciance, le nez dans les vitraux comme dans un musée, un restant de sandwich au coin des babines. Cartes de crédit pleines mais poches vides : pas un sou pour les bougies de la Vierge ni pour le tronc de saint Antoine, pas un péché pour moi. Rien !
Bien sûr, j’ai réclamé en Haut-Lieu. Question pénitence pour ces mécréants, Lucifer m’a signifié qu’une bonne épidémie n’était plus à la mode, qu’une guerre de cent ans était trop compliquée à organiser, qu’un tsunami en ces montagnes serait invraisemblable... Et, de toute manière, qu’il était à la retraite et que sa partie de cartes avec l’archange Michel n'était pas terminée.
Alors, que faire ? Avec mes planches, fabriquer un cercueil pour mes illusions d’un paradis sans taches ? Tailler une nouvelle barque pour Charon, lui qui en a si besoin ? Démonter ma boîte à soucis pour allumer un feu de joie ? Solder le tout, bénédiction comprise, en un seul lot, sur Internet ?
Dites-moi votre avis, vous qui êtes immaculé. Vite, venez... me le confesser !*
* Ce texte est un extrait deClaude Luezior, Mystères de Cathédrale (St-Nicolas de Fribourg), publié par la BCU, Fribourg, Suisse, 4e trim. 2016, reproduit avec l'aimable autorisation de la Bibliothèque Cantonale et Universitaire de Fribourg, 2016.
***
Pour citer ce poème en prose
Claude Luezior(texte et illustrations), «Confessionnal», Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques|Concours international (édition 2017 sur les animaux, le handicap & la joie) & N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 6 octobre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/10/concours-confessionnal.html
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LPPDM, SEPTEMBRE 2026
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