Trihn Lo, «Plis de chair. Litanie profane », poème visuel illustré par Cristina Rap,Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°12 & N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 4 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/litanie.html
Maggy DE COSTER – Nadine Guilpin, j’ai été frappée par la diversité de votre style artistique lors de ma visite d’une exposition privée que vous avez organisée du 20 octobre au 3 novembre 2017 autour du dessin, de la peinture et de la création textile. Pouvez-vous nous dire comment vous êtes arrivée à la création artistique ?
Nadine Guilpin – À propos de la « diversité artistique » que vous soulignez, je vais essayer une introspection de mes débuts. Je n’ai pas fait d’études artistiques. Je me suis intéressée à l’histoire de l’art, j’aime la philosophie, la littérature, l’écriture et l’histoire en général. Cela me classe sans doute dans la catégorie des sciences humaines. Dans une autre vie, j’ai fait Sciences Po et préparé l’ENA, puis j’ai réussi le concours des Instituts Régionaux d’Administration et fait l’IRA de Lille. Ce qui m’a conduit à faire du Management public.
L’art s’est d’abord présenté à moi comme centre d’intérêt, grâce au musée Dapper. Merveilleux musée dont la découverte m’a conduit à m’interroger sur l’art contemporain des artistes et créateurs africains à travers le monde. J’ai alors fondé en 1999 l’Association Art’Monie dédiée à l’art contemporain Africain.
J’ai été commissaire d’exposition dans le cadre des expositions organisées par cette structure pour faire rencontrer la diversité autour de l’art … À ce stade, Je ne pensais pas du tout avoir le virus de la création. Par la suite, j’ai eu un déclic dans une boutique de perles qui mettait à disposition un certain nombre de matériaux. Mon hobby pour le bijou sculpté est né et continue jusqu’à présent. Cette part de ma création a été suggérée par la création textile dans l’exposition « Nature & Légendes ».
L’art plastique a été une entreprise exploratoire qui, au travers de l’art numérique (depuis 2003), la peinture et le collage de 2008 à 2013, puis le marouflage par la récupération de papiers journaux cartons … (2013 à 2017), la pratique du dessin est apparue en 2016 par la rencontre d’une certaine flore et de l’équipement rudimentaire dont je disposais à ce moment-là.
Cette collection de variations autour de la flore va se prolonger sans doute au fil des découvertes et de l’inspiration qu’elles vont susciter. Pour conclure, je pense que cette diversité est sans doute le fruit d’une traduction de ma perception, par rapport aux choses en général et aux perspectives qu’elles me font entrevoir. La création textile est née, quant à elle, de la rencontre entre une histoire de légendes africaines, les épurations et les massacres après la mort des rois anciens, notamment en Afrique, et la recherche d’un moyen d’illustration, pour faire émerger le drame des femmes dans ces tragédies et dans la vie en général. Cette quête et l’opportunité de la mise à disposition d’une bonne quantité de tissus en coton blanc ont fait le reste. Compte tenu de ce qui précède, on peut penser que c’est l’art s’insinue de lui-même à travers des rencontres, des récits des objets à transformer.
MDC – Qu’en est-il des procédés que vous utilisez en matière de création ?
NG – Je ne peux pas parler de procédés acquis ou préexistants. Je connais quelques techniques à la portée de bon nombre d’entre nous, comme la couture, le tricot ou le modelage. Quelquefois j’improvise. Lorsque j’ai fait de l’art récup avec du papier usagé et du carton, j’ai été surprise par l’accueil en galerie avant d’en mesurer l’apport esthétique. L’expert galeriste m’a parlé de marouflage, moi je voulais travailler de la texture de façon écologique (que du papier usagé, un peu de pigment et de la colle) pour base de travail. Au fond je fonctionne quelquefois comme un laboratoire.
MDC – Peut-on comprendre que de par les matières que vous utilisez vous transmettez unmessage ?
NG – Je recherche quelquefois un effet plastique. C’est le cas pour le textile notamment. J’ai une préférence pour les textures, cependant les histoires nourrissent le décor et inspirent l’œuvre.
MDC – Àvoir les formes géométriques qui caractérisent certaines de vos œuvres, cela n’est pas sans nous rappeler Picasso, qui initialement puisait son inspiration dans les masques africains, plus particulièrement du Bénin dont vous êtes originaire.
NG – À propos du Bénin, le rapport ne me semble pas très évidentLa géométrie rapportée au cubisme est sans doute ici le propos. Le travail autour de la flore a en réalité sa propre géométrie. Lorsque vous observez les feuilles d’une passiflore de près, vous vous apercevez que certaines sont divisées en 3, d’autres 4 voire 5 figures. Que les feuilles de certains arbres ont des formes identiques sur une même structure pour aboutir à une différenciation en bout de chaine mais pas nécessairement de façon régulière. Je ne suis pas très bonne en géométrie disons que certaines formes offrent un champ géométrique dont la combinaison est intéressante en terme de perception. De ce côté-là, il y a un jeu graphique autour de quelques dessins qui, une fois terminés, font penser aux masques africains. Il y a en effet dépouillement et expression dans ce dessin, sans doute un réflexe inconscient ? Je ne saurais le dire. J’imaginais des spectateurs silencieux face aux drames et voilà qu’apparaît la figure multipliée du masque !
MDC – Parlez-nous de votre clientèle ? De qui se compose-t-elle ?
NG – Par rapport à cette collection, elle n’est pas encore constituée. Néanmoins l’intérêt renouvelé pour une série de dérivés textiles est à l’étude. Pour l’instant rien n’est défini.
MDC – Arrivez-vous à vivre de votre art ?
NG – En l’état actuel, je suis un nouvel arrivant dans un jeu que je ne maîtrise pas encore très bien. En revanche, le monde du textile semble y trouver une approche intéressante alors je suis ouverte aux collaborations. L’édition en direction du grand public est envisagée. Affaire à suivre.
MDC – Quel est votre regard sur le marché de l’art et le monde artistique ?
NG – L’art est devenu un produit marketing dont la valeur est le reflet que l’artiste veut donner de lui. L’intérêt de l’œuvre pour ce qu’elle est semble secondaire. Il arrive heureusement quelquefois, que les deux valeurs s’équilibrent. Les marchands pourront expliquer de façon approfondie cette impression partagée par bon nombre de gens.
Maggy de Coster, «Rencontre avec Nadine Guilpin une artiste au parcours atypique », illustrations de Nadine Guilpin, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 3 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/nadine-guilpin.html
Françoise Urban-Menninger, «au bout de l'indicible », illustration par Aurélie-Ondine Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 3 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/indicible.html
Ce poème et cette illustration inédits ont été créés pour cette revue pour rendre hommage à l'artiste et réalisatrice Niki de Saint Phalle (1930-2002).
Lidia Chiarelli (poème & illustration), « Le Jardin des Tarots », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 2 novembre 2017. Url :http://www.pandesmuses.fr/2017/11/jardin-tarots.html
Paula Becker est cette femme allemande née le 8 février 1876 à Dresde et morte à Woorpswede le 21 novembre 1907 dans sa 32 année, qui avait la peinture chevillée à son être, que nous donne à découvrir Maïa Brami dans un savoureux roman biographie. Histoire de la faire demeurer à jamais vivante dans nos esprits.
Dans un style romanesque épuré, l’auteure nous fait cheminer dans la vie de cette peintre expressionniste hors norme sans nous épargner des détails les plus significatifs comme si elle avait elle-même été liée à son univers. Elle évoque la passion artistique de la peintre, une de ses raisons de vivre à une époque où la peinture résistait à la percée des femmes. Maïa Brami nous dépeint une femme qui voulait concilier vie privée et vie artistique à la fois. Elle la présente comme la peintre, l’épouse et la mère de famille. Tout cela est compatible, nous fait-elle comprendre :
La femme est un terreau duquel peut naître de merveilleux jardins à l’image de La Nature, que Paula identifie à Dieu. La femme est au même titre sacrée. Au mur de son atelier, des mères à l’enfant, à genoux, allongés, donnant le sein. Le sujet la fascine depuis toujours. À son tour, elle aimerait transcender sa condition, devenir une héroïne, car c’est ainsi qu’elle considère les mères, qui seules se donnent, acceptent la transformation de leur chair, le sacrifice de leur chair pour faire naître la vie, l’espoir. Rien de contradictoire à vouloir être artiste et mère, au contraire, cela participe du même élan, de la même sève.
Son père qui la voulait institutrice ou gouvernante n’avait guère pressenti qu’elle allait devenir une peintre d’envergure. À Worpswede elle rencontra Clara Westthoff en qui elle trouva une âme sœur. Avec elle, devenue l’épouse de Rainer Maria Rilke, elle découvrit en 1900 les différents galeries et musées quand elle séjourna à Paris, particulièrement au quartier de Montparnasse.
C’est en découvrant l’autoportrait de Cézanne chez le marchand d’art Ambroise Vollard que lui serait venue sa vocation de peintre sans doute pour exorciser la mort de sa cousine Cora ensevelie sous les dunes alors qu’elles jouèrent ensemble. Cependant ses toiles seront marquées par des influences multiples qui feront d’elle une peintre originale qui n’hésitera pas à prendre ses distances avec les peintres de l’école de Worpswede, jugés trop académiques. Aussi fut-elle, la première femme à développer son propre style pictural, après s’être inspirée des avant-gardistes français, alliant ainsi l’expressionnisme, le fauvisme, le cubisme et bien d’autres formes plus anciennes.
Rainer Maria Rilke, malgré sa grande considération pour elle, mit beaucoup de temps à voir en elle une artiste notable car il la voyait d’abord comme l’épouse du grand peintre Otto Modersohn qui, pour sa part, témoigna de l’incompréhension vis-à-vis de l’œuvre de sa femme, très éloignée des codes classiques de la peinture. Malgré son soutien artistique et financière à sa digne épouse, on peut lire sous sa lire :
Ce qu’elle fait avec son art ne me plaît plus autant qu’avant. Elle n’accepte aucun conseil – c’est idiot et dommage. Un grand gaspillage de ses pouvoirs ! […] Elle veut unifier couleur et forme – hors de question avec la manière dont elle s’y prend. Elle n’aime pas restreindre la forme – une énorme erreur – elle ne réfléchit pas assez à son art – travaille avec les mêmes points de vue et ne progresse pas.
Cependant c’est le sculpteur Bernhard Hoetger, rencontré dans son atelier parisien qui va porter un regard valorisant sur le travail artistique de Paula Becker. Se voulant autonome, elle demanda le divorce à son mari qui le lui refusa.
Otto Modershon parvint à reconquérir sa femme en venant passer quelques jours avec elle à Paris avant de repartir avec elle à Worpswede. Paula tomba enceinte mais le malheur sera au bout de ce grand bonheur qui se termina par son décès survenu le 8 février 1876, des suites d’une embolie pulmonaire peu de jours après avoir donné le jour à une petite fille prénommée Matilde.
Après l’érection successive de deux bustes à son effigie par son amie Clara Westhoff, en 1899 et 1908, Heinrich Vogeler fut celui qui vulgarisa les toiles de l’artiste après avoir longtemps vu cette dernière à travers le prisme de son mari.
En 1978 c’est sa fille qui créa la Fondation Paula Modersohn-Becker à Brême. Notons que très peu de toiles ont été vendues du vivant de l’artiste et c’est plutôt son entourage qui en fit l’acquisition.
Retenons enfin que Paula Becker se refusa à servir de matière à nourrir la toile d’un peintre. De ce fait, elle révolutionna la peinture de par la particularité de son style.
***
Pour citer ce texte
Maggy de Coster, « Maïa Brami, Paula Becker la peinture faite femme, Éditions de L’Amandier, 2015, 141 p. 20€», Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°7 | Automne 2017 « Femmes, poésie & peinture » sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 2 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/11/peinturefaitefemme.html
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