2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 14:25


Numéro Spécial | Printemps 2022 | Dossier mineur | Florilège | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages​​ ​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

Tombeau pour une troubaderesse

 

 

 

 

 

​Textes & photographie

 

Chantal Robillard

 

​Art. Wikipédia​​​​​​

 

 

 

 

© Crédit photo :  Chantal Robillard, "Estours".

 

 

 

Ce sont trois poèmes dont deux en haïkus encadrant une sextine en hommage à la troubaderesse (ou troubadouresse) méconnue voire oubliée Na de Castelloza.

Les photographies ont été prises aux environs de Meyronne (43), où cette poétesse a fini ses jours. C'est un pays de loups et l'un des coins de la bête du Gévaudan au XVIIIe siècle.

 

 

Na ! (haïkus partiellement monosyllabiques)

 

 

 

 

J’ai lu hier dans un

Manuel Assimil dit

« L’Auvergnat d’ poche »,

 

Qu’il y eut ici*, joie,

Une vraie châtelaine

Troubaderesse,

 

C’est incroyable !

Que j’aimerais trouver ce

​​​​​​Hameau Meyronne !

 

Je me demandais

Pourquoi dans les sextines,

TeRines, -nines,

 

Un rien m’attirait.

Ma « Sizaine des Cendreux »**,

Sextine en prose,

 

Sur la montée de

Langeac vers le Mont Mouchet

Finit à Ruynes.

 

La châtelaine,

Dame Truc de Meyronne,

Na Castelloza,

 

A vu tous ces bois,

Forêt de Pourcheresse,

En a fait des vers,

 

J’en suis certaine,

Contre le vent qui hurle

Et contre les loups.

 

Rage d’écrire,

Contre tous les hurlements,

Haines, jalousies.

 

De vos temps, le jour,

Sur quoi, qui, écriviez-vous,

Na Castelloza ?

 

Je mets des mots sur

Vous, je vous vois près du feu,

À tourner les vers,

 

Chercher la rime,

Puis trouver la sextine

(mieux que les haïkus ?).

 

 

 

 

© Crédit photo :  Chantal Robillard, "Les gorges de la Seuge".

 

 

 

 

2. Ronces et ruines à Meyronne : sextine

 

 

 

N’ayant vu que ronces

N’arriver aux ongles,

Navire vert aux fleurs,

Naviguer d’inverse.

Narrer à mon oncle

Navrant « conte aux ruines ».

 

 

Na, ce sont tes ruines !

N’approcher tes ronces ?

N’amener mon oncle ?

Nageant sous son ongle,

Nature s’inverse,

Nacre en forme de fleur.

 

 

N’attraper nulle fleur,

N’amasser vent ; ruines

N’aimer, sens inverse,

N’attirer que ronces.

N’arrimer ses ongles :

Na(u)tilus  furoncle.

 

 

N’avait vu mon oncle,

Naguère taxi, fleur

Nappée sous son ongle.

N’abîmons ces ruines,

N’accrochons aux ronces

Nattes : tresse inverse.

 

 

N’aiguillons rien vers ce

Natif d’ici, l’oncle.

Naval champ de ronces,

N’armer d’épines fleurs.

N’a château que ruines,

N’a vallée que jongle.

 

 

N’a incarné l’ongle,

Navette à l’inverse.

Nazis vus à Ruynes :

N’avait seize ans l’oncle,

Naïfs tués en fleur,

Narines sous ronces…

 

 

Ronces : castel pour Na.

Ongle écrire mena,

Fleur d’encre mâchonna.

Inversa siècles, Na.

Onc les rimes tourna

Ruines trouva Domna.

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Chantal Robillard à Estours. 

 

3. Délivrance (en haïkus)

 

 

Coule la Desges,

De sa source vers l’Allier.

Nous la remontons,

 

 

Gorge sauvage,

Route en lacets tortillés,

Fatras de ronces,

 

 

Le fond de vallée,

Cul de sac désert, soudain,

Se met à grimper.

 

 

Deux chiens aboient

Férocement contre nous :

C’est donc habité !

 

 

Vient un paysan,

Soupçonneux, boiteux, taiseux.

C’est « Délivrance » ! ***

 

 

Mon oncle parle,

Ou plutôt parlemente.

Le vieux, renfrogné,

 

 

Ne le connaît pas.

N’a jamais pris de taxi.

Mais l’oncle venait !

 

 

Pour une dame,

Avec son petit enfant :

A dû bien grandir ?

 

 

Le retraité, là,

Se déride enfin : ceux, oui,

De l’autre maison.

 

 

L’homme nous mène

Au fond de la basse-cour.

Montre une porte ;

 

 

Puis grommèle un peu :

« Vous craignez pas les ronces ? ».

Nous laisse aller seuls

 

 

Par une sente,

Bordée d’orties bien fraîches !

Précipice, au fond :

 

 

Mieux vaut pas y choir,

La Desges coule sans bruit.

En équilibre

 

 

Plus que précaire,

On s’apprête à retourner

Chez le vieux ronchon.

 

 

Tout à coup je vois,

Un peu plus bas, sous nos pieds,

Voûte avec pierres.

 

 

Voilà tout, Na, tout

Ce qu'il reste du château !

Nous marchons sur le

 

 

Chemin de ronde.

La maison du paysan

Est sur le castel.

 

 

Toutes les pierres

Ont été prises au château.

Enfin… ses ruines.

 

 

 

 

© C. Robillard

 

*au fond de la vallée de la Desges, juste en dessous de Venteuges et du mont Mouchet.

**nouvelle publiée dans le numéro 70 de la R.A.L puis dans Hôpital Cendrillon (éd du GREF).

*** film de John Boorman.

 

 

© Crédits photos :  Chantal Robillard, "Tombeau pour une troubaderesse", images des poèmes prises par LE PAN POÉTIQUE DES MUSES pour montrer la mise en page originelle de l'ensemble poétique, ajoutées le 7 février 2022. 

 

***

 

Pour citer ces sextine & haïkus élégiaques inédits​​​

 

Chantal Robillard (poèmes & photographies), « Tombeau pour une troubaderesse », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Numéro Spécial | Printemps 2022 « L'humour au féminin » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 2 février 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/ns2022/cr-unetroubaderesse

 

 

 

Mise en page par David Simon, dernière mise à jour le 7 février 2022. 

​​​

 

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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 14:49

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Numéro Spécial | Printemps  2022 | Critique & réception 

​​​​​

 

 

 

 


 

 

Irina Moga,

 

 

 Variations sans palais

 

 

L’Harmattan, 91 pages, 12€

 

​​

 

 

 

 

 

Maggy De Coster

​​​​Site personnel

Le Manoir Des Poètes​

 

 

 

 

 

 

© ​​​​​​Crédit photo : Première de couverture illustrée de l'œuvre "Variations sans palais", L’Harmattan. 

 

 

 

Un véritable écheveau à démêler. L’autrice nous entraîne dans un dédale de questionnements autour de deux temporalités différentes : un avant dans l’Ancien monde et son actualité dans le Nouveau monde. Impossible de boucler la boucle. 


 

 

 «  Naufragée, après d’âpres tempêtes,

Sur une plage mystérieuse,

Je me dressais, à genoux,

Sur un nouveau continent »

 

 

Est-elle bien armée pour avancer ? Elle semble avancer à tâtons dans le noir dans un monde aventureux. La neige, le froid, le verglas se déploient sur son itinéraire. L’inconnu s’y invite à chaque fois. Le passé et le présent s’enchevêtrent, ponctués de silences où évoluent «  des petits démons invisibles ».


 

 « Une terre neuve, vaste et silencieuse, dans laquelle

Le mutisme des arbres était mon compagnon »


 

Là, elle semble bien rejoindre Pascal quand il avance : «  Le silence éternel des espaces infinis m’effraie ».

Tout aussi bien Baudelaire quand il avance  dans son sonnet «  Le Gouffre » : « Le silence, l’espace affreux et captivant »

Ces Variations subies, passage d’un état à un autre, c’est l’espoir et la mélancolie, le rêve et la nostalgie qui sont autant de sentiments à verbaliser. Et les mots ne lui manquent guère .  « Il faut parler », prône-t-elle car «  on ne survit que par la hardiesse de nos convictions »

 

 

 

© ​​​​​​Crédit photo :  Quatrième de couverture de l'œuvre "Variations sans palais", L’Harmattan. 

 

 

 

Elle semble incarcérée dans un espace de solitude dont il faut briser les glaces pour se libérer du vide intérieur qu’est le manque  des «  odeurs des sables » et des «  contours des rocs et des algues /près de Pas de Calais » : 

Rêve de palais perdu, véritable chimère. Un mur à abattre. 

La poète a aussi envie de sagesse mais le désir se révèle bien plus fort. Impossible de le calmer donc retour à ses fantasmes :

 

«  Je te suis / où que tu sors/ dans le frisson en nœud de vipère s qu’est mon corps ». 

 

Rien de tel pour tenter de digérer le hiatus entre les deux mondes. Deux mondes parallèles.

 

 

© M. DE COSTER

 

 

***

 

 

Pour citer ce texte inédit 

 

Maggy De Coster, « Irina Moga, Variations sans palais, L’Harmattan, 91 pages, 12€ », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Numéro Spécial | Printemps 2022 « Humour au féminin » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 1er février 2022. Url :  

http://www.pandesmuses.fr/ns2022/mdc-variations

 

 

 

Mise en page par Aude

 

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30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 14:23

​​​

N° 10 | Célébrations | Éditorial 

​​​​​

 

 

 

 


 

 

 

 

 La poésie est un scandale langagier

 

 

 

 

​​

 

 

 

Dina Sahyouni

 

Poéticienne, éditrice,

 

lyreuse & fondatrice de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

Crédit photo :  "Cora Pearl", image Wikimedia, Commons, domaine public. 

 

En guise d'éditorial de ce numéro anniversaire, je me garde de commenter ses deux beaux volumes réalisés grâce à vos nombreuses poésies et je vous offre en retour un bouquet de mots en vrac en souhaitant à cette revue devenue une vraie entreprise éditoriale hors normes une longue et belle vie !!! 

 

Dans mon entourage, certains me demandent : Devient-on poète comme l'on devient une femme ou un homme ? 

Et je leur réponds :

Non, on ne devient pas poète, on naît ainsi avec une puissance créatrice et un jour, la poésie jaillit en soi, telle une source de jouvence. On peut par contre s'améliorer tout au long de sa vie, et devenir même un génie*.

 

Certains poètes, femmes, hommes ou autres, portent la poésie en eux comme l'on endosse une malédiction très ancienne et originelle, héritée d'une entité créatrice et matricielle qui les pousse à errer sans cesse dans les langages sans aucun bagage. 

 

Et l'on me demande encore mais qu'est-ce donc la poésie ?

Effarée, je réponds hâtivement : 

 

La poésie est un scandale** langagier, une orgie linguistique, une orgie des sens et des affects voire une extase.

La poésie est un scandale dans la langue. La poésie est un scandale esthétique dans le monde, elle agit telle une femme qui s'émancipe et arrache sa liberté aux existences normatives et aux tiédeurs fades de la normativité.

La poésie est ainsi une interminable célébration de la vie, de l'amour et de la mort.

 

* Ce substantif masculin pourrait facilement devenir épicène pour qualifier le talent d'une femme. Il suffit d'utiliser un article défini ou indéfini devant le nom.

** Le terme "Scandale" provient du latin "scandalum" emprunté au grec "skandalon" qui lui aussi est une traduction de l'hébreu "mikchôl" ou "moqesh" qui signifie "obstacle" (on trébuche sur, on chute...). Voir aussi l'étymologie du substantif "Scandale" dans les dictionnaires.

 

© ​D. Sahyouni

 

 

 

 

***

 

 

Pour citer cet éditorial 

 

​Dina Sahyouni, « La poésie est un scandale langagier », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 10 | Automne-Hiver 2021-22 « Célébrations », mis en ligne le 30 janvier 2022. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/no10/ds-poesieestunscandale

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 10 Amour en poésie Muses et féminins en poésie
28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 18:05


Numéro Spécial | Printemps 2022 | Dossier mineur | Florilège | Poésie visuelle 

 

 

 

 

 

 

 

Deux poèmes  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sabine Aussenac

 

Blog et sites officiels :

https://sabineaussenac.blog/

www.sabineaussenac.com

www.sabine-aussenac.com

www.poesie-sabine-aussenac.com

 

 

 

 

 

​​​​​​

 

© Crédit photo : Sabine Aussenac, "On me dit que j'écris comme Anna de Noailles", photographie du poème visuel. 

 

 

On me dit que j’écris comme Anna de Noailles

 




 

Voici venir l’été de promesses et de vents

Plein de miels et de fruits et de ciels et d’amants,

Prunes rouges et groseilles, abricots et serments :

Sur mes lèvres cerise tes baisers sont aimants.

 

 

Voici venir moissons après tant de semailles,

On me dit que j’écris comme Anna de Noailles…

Oh que viennent jardins où au doux clapotis

La fontaine au lilas coule enfin vers la vie.

 

 

Voici venir le temps des froments et des fêtes,

Lorsque ces hirondelles qui ont perdu la tête

Piquent vers le village en criant leur envie

D’enfin vivre plus sages après tant d’infinis.

 

 

Voici venir chemins où la vie devient douce,

Quand tu tiendras ma main avant que ne me trousses,

Au détour des sentiers, quand la lune sourit,

De mes seins dénudés jusqu’en tes paradis.

 



 

 

 

​​​

© Crédit photo : Sabine Aussenac, "Je suis ta petite Je suis ta petite Françoise Sagan", photographie du poème visuel.

 

 

 

 

Je suis ta petite Françoise Sagan

 

 

 

 

Je suis ta petite Françoise Sagan
Je roule en Porsche et par grand vent
Offrant trop vite mon âme en sang
Je me consume obstinément


Je suis ta muse et ton « Castor »
Ton nomansland ton ancre au port
Comme l’inaliénable Aliénor
Quoique tu fasses je t’aime encore


Je suis ta rose Louise Labé
Ta poétesse aux mots fêlés
L’amour me guide comme en un gué
Il me dirige à volonté


Je suis Charlotte ou Emily
En Hurlevent je vis ma nuit
Petite Jane Eyre je m’enfuis
Préfère l’enfer aux paradis


Je suis la fille de l’Indochine
Un seul amant m’offre ses rimes
Nouveau roman ou Mandarine
En Yann j’ai eu l’amour en prime


Je suis la plume de demain
Celle qu’on lira charmé enfin
Femme de lettres aux cent destins
Je vis d’amour de joie de vin.

 

 

©S. Aussenac


 

 

***

 

Pour citer ces poèmes inédits ​​​​​

 

Sabine Aussenac,  « Deux poèmes », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Numéro Spécial | Printemps 2022 « L'humour au féminin » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 28 janvier 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/ns2022/sa-deuxpoemes

 

 

 

 

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28 janvier 2022 5 28 /01 /janvier /2022 17:59

​​​

N° 10 | Célébrations | Dossier mineur | Florilège 

​​​​​

 

 

 

 


 

 

Esther Ada, Celle qui dit,

 

J'aimerais embrasser le passé sur la bouche

 

& Léopoldine un soir de juin 

 

​​

 

 

 

 

 

 

Sabine Aussenac

 

Blog et sites officiels :

https://sabineaussenac.blog/

www.sabineaussenac.com

www.sabine-aussenac.com

www.poesie-sabine-aussenac.com

 

 

 

 

 

​​​​​​

Crédit photo : Wall painting of three women (Ladies in Blue) from Knossos (outside Royal Magazines), Heraklion, AM, image de Wikimedia, domaine public. 

 

 

 

Esther Ada

 

 

 

 

Un seul nom

 

demeure sur les tombes

 

de Lampedusa. Elle avait dix-huit ans

 

et la grâce des gazelles.

 

Tant de mains suppliciées

 

disparues au charnier azuréen

 

des poissons avides. Mare nostrum,

 

un cimetière.


 

Je te nomme, seule, Esther Ada,

 

rescapée des fosses communes du silence,

 

je t’adoube immortelle.


 

Une survivante du Titanic portait ce même nom.

 


 

 

 

 

Celle qui dit

 

 




 

J’aurais aimé pétrir une argile torride

Et de mes mains déesses créer de terre aride

Formes femmes fantasmes modelés tel destins

J’aurais été Camille aux côtés de Rodin

 

J’aurais aimé de mes yeux parcourir la planète

En devenir le chantre des gens et des bêtes

D’un objectif rageur capturer injustices

Ou simplement merveilles en beautés de solstices

 

J’aurais aimé devenir une toile infinie

Où mille couleurs d’intense seraient devenues vie

Tournesols ou marines ors flamands et sanguines

Ma peinture au soleil sentirait mandarine

 

J’aurais aimé danser en tutu de p’tit rat

Gracieuse ballerine merveilleuse Coppélia

Mon lac des cygnes aurait couleur d’immense

Isadora Duncan serait entrée en transes

 

J’aurais aimé vibrer au clavier tempéré

De cent accords divins de maîtres inachevés

Devenir concertiste adulée une artiste

Mes mains si assurées se feraient cantatrices

 

Mais je ne sais qu’écrire balbutier radoter

Raconter murmurer ravagée de pensées

Les mots me bouleversent l’émotion me décrit

Au clair de toutes lunes je suis celle qui dit.




 






J'aimerais embrasser le passé sur la bouche

 



 

J’aimerais embrasser le passé sur la bouche,

En un souffle léger, comme on frôle une couche

Où l’amant assoupi frissonne en s’endormant…

Je viendrais regarder tous mes rires d’enfant.

 

Je me verrais rêver au destin qui m’attend,

Toute de vie vêtue, chantonnant sur un banc ;

Et puis toutes ces failles qui craquellent mes nuits,

Je saurais les combler sous la lune qui luit.

 

Quand cette jeune fille passerait devant moi,

Je lui dirais les routes, et la faim, et le froid.

Mais aussi les bonheurs, et tant de mirabelles

 

Que ses jours engourdis deviendraient des soleils.

Je lui tiendrais la main, murmurant à son cou

Que les hommes sont bons, même quand ils sont fous



 

 



 

Léopoldine un soir de juin

 

 




 

Léopoldine un soir de juin

Son rire tendre et cristallin

Brassées de fleurs escarpolette

Et les sourires en pirouettes


 

Des murs envahis de glycines

Des confitures en ma cuisine

Le parc immense un écureuil

Parfois on y voit les chevreuils


 

Nos matins sentent le lilas

La sieste sourde est taffetas

À l’heure où chantent les grillons

Au ciel s’allument des lampions


 

Je vis chargée de mille roses

Et tu me dictes tant de proses

On dit de moi « Madame Hugo »

Mais tes maîtresses te trouvent beau


 

Oh rendez moi nos Feuillantines

Et le rire de Léopoldine

À l’heure où blanchit la campagne

Moi ta modeste compagne.


 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes inédits 

 

Sabine Aussenac​, « Esther Ada », « Celle qui dit », « J'aimerais embrasser le passé sur la bouche » & « Léopoldine un soir de juin », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 10 | Automne-Hiver 2021-22 « Célébrations », mis en ligne le 28 janvier 2022. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/no10/sa-estherada

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 10 Muses et féminins en poésie

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