20 février 2018 2 20 /02 /février /2018 11:45

 

N°9 | Dossier majeur | Articles & Témoignages

 

 

 

 

 

L’art au féminin à ST’ART 2017

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

Photographies par

 

Claude Menninger

 

 

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image n°1.

 

 

Le salon d’art contemporain vient de s’achever en cette fin de novembre à Strasbourg et l’on peut dès lors constater que seulement un tiers des galeristes étaient des femmes et qu’un quart des artistes présenté(e)s étaient des femmes !

 

Ces chiffres ne peuvent que nous interroger sur cette fameuse parité qui n’en porte que le nom ! Et de songer à l’Américaine Linda Nochlin, la pionnière de l’art pensé au féminin, décédée en octobre dernier, qui a bousculé l’histoire de l’art avec son ouvrage « Why Have There Been No Great Women Artists ? » (Pourquoi n’y a-t-il pas de grandes artistes femmes ?). Pendant un demi-siècle, Linda Nochlin s’est penchée sur cette problématique après avoir rédigé une thèse sous la direction de Robert Goldwater qui n’était autre que l’époux de la plasticienne Louise Bourgeois !

 

C’est dans cet esprit que j’ai laissé mon imaginaire vagabonder tout au long des allées de ce salon et que j’ai noté de manière subjective quelques uns de mes coups de cœur.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image n°2.

 

 

« Quand viendront les jours indomptables », une œuvre de Florence Dussuyer exposée à la galerie « Au-delà des apparences », plongeait le spectateur dans ce que l’artiste nomme « un flottement indécis » où le corps transcendé devient pure poésie.

Marta Lafuente chez Anquin’s Gallery nous offrait l’élégance et la grâce aérienne de ses danseuses tandis que Monica Castanys nous donnait à voir sur ses toiles des femmes peintes dans leur quotidien, l’une lisant sur son sofa, une autre attablée à la terrasse d’un café, une peinture subtile qui fait songer à celle des impressionnistes français.

À la galerie Forni, Jeanne-Isabelle Cornière exposait sa série de résines « Au fil de l’eau », notamment un buste de nageuse coiffée d’un bonnet de bain serti de lunettes de natation renvoyant ainsi l’image d’une femme belle, altière, sportive, bien dans sa peau ! Franco-italienne, la sculptrice également peintre, photographe, aquarelliste a eu une enfance bercée par la musique d’un père compositeur. Elle vit et travaille actuellement à Florence où elle explore les thèmes de l’enfance, du temps qui passe, des souvenirs…

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image n°3.

 

 

La galerie Bertrand Gillig présentait quelques œuvres de Stéphanie-Lucie Mathern tirées de la série « Une femme sous influence » où l’on découvrait sa peinture dont l’artiste dit elle-même « Mon style c’est l’opinel » et d’écrire « Il faut aller à l’essentiel [...], le geste est de l’ordre de l’évidence... ». Qu’ajouter à ces déclarations sinon que la peinture de l’artiste nous interpelle par la puissance singulière qu’elle génère.

À la galerie Mathieu, la photographe Jacqueline Salmon suspendait le temps avec ses merveilleuses images de miroirs vénitiens sans tain qui ne reflètent plus que les bribes de palais d’un passé révolu mais dont les réminiscences affleurent toujours à l’instar d’un poème sur les bords de notre conscience collective.

Luisa Abert offrait l’écrin d’ambiances sereines et lumineuses, un fauteuil éclairé par la lumière douce d’une lampe nous attendait dans la toile d’un entre-deux apaisé, une belle manière de nous inviter à passer d’un intérieur à notre vie intérieure...

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image n°4.

 

 

 

À la galerie Calderone, Françoise de Felize nous incitait à appréhender avec son archange ou le soleil du soir son univers éminemment féminin d’une splendeur onirique à couper le souffle.

La jeune artiste Camille Fischer se voyait remettre le prix Théophile Schuler pour ses créations originales où elle mêle différentes techniques. Des photographies anciennes, des collages, entre autres de papiers colorés ou de papier aluminium, des fleurs artificielles composent ses tableaux sortis tout droit des contes de fées. Le regard est immergé dans une œuvre foisonnante où l’inconscient de tout un chacun renoue avec l’esprit d’un passé lointain mais pourtant familier. Les années 20, le monde de la danse, celui de la mode où Camille Fischer a travaillé des matières comme le galuchat, génèrent tout à la fois un esprit de fête, de nostalgie mais toujours celui d’une poésie tangible, belle, intemporelle.

 

© Crédit photo : Claude Menninger, image n°5.

 

On retiendra encore les œuvres extraordinaires d’Alicia Paz à la galerie Dukan, une artiste multiculturelle née au Mexique, vivant et travaillant à Londres. Elle a vécu toute son enfance entourée de femmes et c’est peut-être là la source d’inspiration de ses œuvres dans lesquelles l’image féminine est omniprésente.

Entre peinture et sculpture, l’artiste proposait des toiles immenses qui ressemblaient à des bas-reliefs. Le corps dansant d’une femme composé d’un assemblage de mosaïques dont les carrés n’étaient pas sans rappeler le bleu des faïences de Delft faisait référence à l’histoire des femmes, à leurs passions, leurs souffrances, leur quotidien au fil du temps... Une magnifique ode à la féminité qui offre une visibilité lumineuse à toutes celles qui sont encore dans l’ombre !

 

 

Lettre n°13 | Bémols artistiques

 

 

 

***

 

Pour citer ce texte


Françoise Urban-Menninger, « L’art au féminin à ST’ART 2017 », photographies par Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 9 | 2ème  Fin d'Été volet sur les « Femmes, Poésie & Peinture » sous la direction de Maggy de Coster & Lettre n°13, mis en ligne le 18 février 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/2/art-au-feminin

 

 

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Dernière mise à jour : 20 février 2018 à 11 h 56 m

Rédaction de la revue LPpdm - dans Numéro 9 La Lettre de la revue LPpdm
14 février 2018 3 14 /02 /février /2018 12:23

 

Lettre n°13 | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages |

Actions en faveur des femmes

 

 

Nous ne laissons pas la parole

 

 

aux ennemi.e.s de la lutte

 

 

contre les violences sexuelles !

 

 

 

CLASCHES

Site officiel : http://clasches.fr

 

© Crédit photo : logo de l'organisme CLASCHES.

 

 

Communiqué de presse du 10 février 2018

 

 

NOUS NE LAISSONS PAS LA PAROLE AUX ENNEMI.E.S DE LA LUTTE CONTRE LES VIOLENCES SEXUELLES !

 

Nous avions dénoncé le principe et le programme de la journée d’études intitulée « Du harcèlement sexuel au travail à #Balancetonporc », qui s’est tenue ces 9 et 10 février 2018 à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) : il s’agissait en effet d’une tribune offerte à des personnes connues pour leurs attaques contre la lutte féministe contre les violences sexuelles.

 

En nous rendant ce matin à l’EHESS, nous n’avons pas été démenti.e.s : au début de la deuxième session, après des discussions mondaines hors-sol, sans le début d’un fondement scientifique et insultantes pour les victimes de violences sexuelles, la parole a été donnée à Hervé Le Bras, invité à parler du « nouveau pouvoir social des femmes »… Dans ce contexte, laisser intervenir cet homme, dont la seule compétence sur le sujet est d’avoir été accusé de harcèlement sexuel par l’une de ses doctorantes, constituait une insulte insupportable envers les victimes de violences sexuelles.

 

Nous avons donc décidé de le faire savoir et de prendre la parole à sa place : dans la joie combative, dans la bonne humeur féministe et dans la non-violence, nous avons applaudi, fait du bruit, joué de l’harmonica, soufflé dans nos sifflets et chanté « Le harcèlement, c’est dégueulasse ! » ou « Nous sommes fortes, nous sommes fières, nous sommes féministes, et radicales, et en colère ! ».

 

Malgré les interpellations par quelques membres de la tribune et du public, voire les tentatives de pressions physiques, nous avons pacifiquement occupé l’espace sonore pendant une vingtaine de minutes. Nous avons distribué des tracts expliquant notre opposition à cette journée d’étude et à l’intervention d’Hervé Le Bras aux personnes qui assistaient à l’événement.

 

Nous avons envoyé un message fort et clair : nous ne laisserons pas les ennemi.e.s de la lutte contre les violences sexuelles s’exprimer impunément dans nos institutions académiques !

 

CLASCHES, Solidaires étudiant-e-s EHESS, Sud éducation EHESS, La brèche (EHESS) et "Assemblée #MeToo #MoiAussi Paris".

 

© Crédit photo : logos de l'organisme CLASCHES et de ses partenaires.

 

 

CLASCHES - Collectif de Lutte Anti-Sexiste Contre le Harcèlement sexuel dans l'Enseignement Supérieur

http://clasches.fr

CLASCHES est aussi sur Facebook !

Contacts : clasches@gmail.com ; syndicat.sud@ehess.fr

 

Source de l'information : via le réseau de l'association EFIGIES

Voir aussi :

***

 

Pour citer ce communiqué de presse


CLASCHES, « Nous ne laissons pas la parole aux ennemi.e.s de la lutte contre les violences sexuelles ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°13, mis en ligne le 14 février 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/2/clasches

 

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11 février 2018 7 11 /02 /février /2018 15:12

 

Lettre n°13 | N° 4 Hors-série 2018 | Muses au masculin

 

 

Le Café de Flore

 

 

Texte & photographies de

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète, artiste peintre

© Crédits photos : Mustapha Saha & Guy Bedos au Café de Flore à Paris.

 

 

Mon voisin déroule sa longue trajectoire

L’après-guerre s’évoque en décor Allégret

Le souvenir de Sartre hante son purgatoire

Son œuvre s’achève en éternel regret


 

 

La clientèle afflue les paradeurs s’évitent

La pensée disparaît survit le beau spectacle

De Beauvoir et Camus dans le récit s’invitent

L’énigme du Flore s’exprime en pentacle


 

© Crédit photo : Mustapha & Élisabeth Saha au Café de Flore.

 

 

Le dandy scribouilleur échancre sa chemise

La critique au rabais le sacre philosophe

La chanteuse en détresse attend la bonne mise

De surnoms savoureux le serveur s’apostrophe


 

L’actrice métisse flatte son partenaire

Son film sur magazine explose en couverture

Sa suite s’enrichit de nouveaux mercenaires

Son clin d’œil me ravit je reprends ma lecture


 

© Crédit photo : Mustapha Saha au Café de Flore.

 

Terrasse Saint-Benoît sous lumière nocturne

La bourgeoise bohème à mes côtés s’installe

Rien ne la perturbe ni mondain taciturne

Ni bigote en face comme nonne sur stalle


 

 

Son livre m’intrigue Roger Martin du Gard

Sans savoir à mi-voix je l’appelle Clémence

La fausse indifférente accroche mon regard

La soirée se termine une histoire commence

© MS

***

 

© Crédits photos : Mustapha Saha au Café de Flore.

 

***

 

Pour citer ce texte


Mustapha Saha, « Le Café de Flore », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°13 & N° 4 Hors-série 2018, mis en ligne le 11 février 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/2/cafe-de-flore

 

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Rédaction de la revue LPpdm - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 18:49

 

Lettre n°13 | N° 4 Hors-série 2018 | Poésie érotique

 

 

 

Neptune désarmé

 

 

Nicole Hardouin

 


 

Rien, je ne sais rien

ni la meule ventrue, ni la mousse bleue

je ne sais rien

ni le bruit de la source, ni la couleur de ses rives

je sais juste

encercler tes sels dans la violence et la lenteur de mes glissements

te drosser contre les embruns du délire

haletant sous des houles deffleurements

jusqu’à retenir tes tremblements dans l’écume d’un éclair.

jusqu’à boire les mendicités d’un breuvage non consommé

je ne sais rien, rien

peut-être t’ensauvager avec la lenteur du liseron et la force des hordes mauresques, déclic et vagues feutrées pour recouvrir ton corps

feux d’eau jusqu’à incendier l’océan

Neptune désarmé

je suis sirène à la fourche du ressac

à la fourche de la raison

la nuit aiguise ses griffes de louve

dans les roseaux de nos garrigues.

une danse barbare se trame dans l’ornière des tabous.

Depuis cet office de la chair, mon sanctuaire craque contre tes brisants, immobile je tourne la mappemonde jusqu’à tituber et tous les continents ont ton visage. Dans mes rêves éveillés, abécédaire de ma fantaisie, je relie tes vagues à l’écume de mes fantasmes, nous ancrons nos incertitudes aux légendes océanes, mais il y a toujours une crique où l’oiseau chante, une grève où les sirènes peignent leurs chevelures pour te faire frémir.

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Nicole Hardouin, « Neptune désarmé », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiquesLettre n°13 & N° 4 Hors-série 2018, mis en ligne le 10 février 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/2/neptune

 

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Rédaction de la revue LPpdm - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéros
9 février 2018 5 09 /02 /février /2018 17:39

 

Lettre n°13 | Textes poétiques | Calendrier poétique  | Événements poétiques

 

 

 

 

Dièse équilibre

 

 

 

Natacha Guiller

 

 

 

Il s'agit d'un poème sur la délicate frontière de l'acceptable, du consentement... dans une relation.

 

 

Depuis l'arène de menton en point d'orgue

Hémisphère adroitement gainé au Nord en quête

Émis ce frêle sudorique Léman en poreuse sphère

Membrane irriguée à tort, défraie l'oraison

La cité sous les tempes, temple d'idées profuses

Cavité confuse s'expose à l'excuse de l'irritation

 

L'autre versant vint sans dire

Élire domicile en lenteur habile

Explosions débandade au même bain d'encre brune

Révélation nocturnes, les desseins contingents

L'hic du décalage serti d'alliance errante

Ahuris au point d'indicible hasard de l'étrange

 

Les tapis se déroulent côte à côte ondulant

Dos d'âne et croisillons en pied de poule

Sergé sergent, seyant l'un compatible

À la perpendiculaire

L'angle droit rugueux et sobre, brisant l'à priori

Tâtons à libre arbitre le risque du désastreux

 

La tête ébouriffée esbroufée abrutie fébrile

Repose usée sénile désillusionne l’ébullition

Sur l'ondulation biaise de l'épaule pimpante

Défibrillation

 

L'elle fatiguée de moinelle qui dînerait du sommeil

Marchand de sable en cristaux, ivre allé se mouiller

L'il déserte son désir pour veiller l'enveloppe douce à mer

Elle dort sur lui, qui observe et disserte, flavour cieux internes

L'instant de répit puis pause, sur son corps devenu couche

Ne l'at-touche interdit qu'à parcimonieuses pincées

 

Chatouilleuse réveillée caresse les cheveux en-sablés endormis

Aussi à présent ravivée, sirupeux picrate le parfait décalage

L'adage à l'insomnie, pacte rompu à deux, véhiculant l'un-l'hôte

Le plumage à la sieste adéquate, du reste énergies co-fondues en blizzard

Brefs sursauts de la nuit où des flashs doucereux, en découvre l'écorce

Délicate enveloppe épi, derme maïs susurré bâti en lait chair du désir

 

 

Poésie engagée

 

***

Pour citer ce poème

Natacha Guiller, « Dièse équilibre », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°13 & « Le calendrier 2018 des poèmes pour lutter contre les violences faites aux femmes, enfants & minorités », mis en ligne le 9 février 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/calendrier2018/equilibre

 

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Rédaction de la revue LPpdm - dans La Lettre de la revue LPpdm Calendrier poétique

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La rédaction lyonnaise reprend son activité éditoriale après un arrêt de l'actualisation de ce site (suite au décès d'un proche).

L’association SIÉFÉGP publiera en septembre 2026 ses anthologies livresques composées de vos écrits poétiques sur des thèmes déjà proposés par la rédaction.

SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.

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