4 août 2022 4 04 /08 /août /2022 17:50

N°11 | Parfums, Poésie & Genre | Dossier mineur | Florilège / Poésie des aïeules | Voix-Voies de la sororité 

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L'amie

 

 

 

 

 

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Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

Poème choisi & transcrit par Dina Sahyouni

 

 

 

 

​​​© Crédit photo : Dessin de Marceline Desbordes-Valmore trouvé dans son recueil cité ci-dessous & photographié par DS pour LPpdm.

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Quand mon ombre au soleil tremble seule et s'incline,

Quand je cherche des pas à l'entour de mes pas,

Quand j'écoute attentive et que je dis tout bas :

« Personne! » une jeune ombre éternelle, divine,

Se lève et me répond : « Me voici, Marceline !


 

« Ne dis jamais : Personne ! où l'abandon te prend.

Si tu montes vers Dieu, je suis sur la colline ;

Si tu descends en pleurs, je descends en pleurant. »

– Et mon âme s'écrie : « Oh ! bonsoir, Albertine ! »

 

 

 

Le poème ci-haut provient de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Poèmes et proses, Préface et notes de Tony TAVEAU, Paris, Marcel SEHEUR éditeur (10 rue Tourlaque XVIIIe), coll. « L'âme de la femme », 1928, p. 43. Le recueil appartient au domaine public.

 

 

 

* Voilà ce qui est imprimé dans le livre à propos de cette collection :

La collection « L'Âme de la Femme ». Il a été tiré de cette édition soixante-quinze exemplaires sur papier de Hollande, numérotés de 1 à 75. Le quatrième volume à paraître est le « Dictionnaire des Étiquettes de la Cour » de Madame de Genlis.

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème d'amitié & de sororité entre aïeules

 

 

Marceline Desbordes-Valmore, « L'amie », extrait de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Poèmes et proses, Préface et notes de Tony TAVEAU (1928), choisi & transcrit par Dina Sahyouni pour Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°11 | ÉTÉ 2022 « Parfums, Poésie & Genre »mis en ligne le 4 août 2022. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no11/mdv-amie


 

 

 

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2 mai 2021 7 02 /05 /mai /2021 13:40


Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeules | Sourires & rires féministes

 

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Les Anglaises

 

 

(boutade)

 

 

 

 

 

 

 

Louise Colet

Texte choisi, transcrit & remanié par Dina Sahyouni

 

 

 

 

​​​​​Crédit photo :  Louise Colet et et sa fille Henriette, peinture, domaine public, Wikimedia.

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Si ce siècle est humanitaire,

La mode à coup sûr ne l'est point:

Pour empire sur notre terre,

Exclusive, elle n'a qu'un point :

C'est la France, où, reine et déesse,

Son culte est le seul respecté ;

Où chaque femme est sa prêtresse,

Sous peine de lèse-beauté !

– Mais l'Amérique et l'Angleterre !...

– Mesdames, n'y regardez pas,

De peur qu'un fou rire n'altère

La grâce de vos frais appas !

Là, ni charme, ni poésie,

L'élégance y meurt de dégoût ;

La femme de la bourgeoisie.

À Paris modèle de goût,

Revêt à Londres, quoique sage,

Les atours de nos Frétillons,

Ambulant et fol étalage

Des modes que nous exilons.

Belles et railleuses Françaises,

De la tête aux pieds regardez

Ces efflorescentes Anglaises,

Le cou tendu, les bras guindés !

Chapeau rose où sont étouffées

Plumes, dentelles, gazes, fleurs,

Longues boucles ébouriffées,

Lourds repentirs, accroche-cœurs ;

Et, provoquant les cœurs rebelles,

Mantelet de fausses dentelles

Où le coton singe le fil ;

Corsage ouvert jusqu'aux aisselles,

Broche brillant sur le nombril,

Jupe, barège ou mousseline,

En spirale de falbalas,

Cône gonflé du haut en bas

Par la menteuse crinoline ;

En place de nos fines peaux,

Soulier de caoutchouc difforme,

Caparaçon de pied énorme

Comme une tortue au repos.

Gros bracelets de malachite

Autour de bras inélégants,

Volubilis ou clématite

Brodés en relief sur leurs gants ;

Air ravi, pose indescriptible,

Disant : Qui me résisterait !

Cependant l'Anglais impassible

Reste de glace à tant d'attrait...

Il a, pour réchauffer son âme,

La Chambre, le club, le houblon,

Et, dédaigneux, cherche la femme

Dans les marbres su Parthénon1

 

1851.

 

 

Note

 

1. Les plus beaux marbres du Parthénon d'Athènes sont dans le Musée de Londres.

 

 

Le poème ci-dessus provient de la poète COLET, Louise (1810-1876), Ce qui est dans le cœur des femmes. Poésies nouvelles par Mme Louise COLET suivies du Poème sur la colonie de Mettray Couronné par l'Académie française dans sa séance du 19 août 1852. Paris, Librairie nouvelle, Boulevard des Italiens, 15, en face de la maison dorée, 1852, pp. 85-87. Cet ouvrage est tombé dans le domaine public.

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***

 

 

Pour citer ce poème

 

Louise Colet, « Les Anglaises (boutade) », poème extrait de COLET, Louise (1810-1876), Ce qui est dans le cœur des femmes. Poésies nouvelles... (1852), a été choisi, transcrit & remanié par Dina Sahyouni pour Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I, mis en ligne le 2 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/lb-lesanglaises

 

 

 

 

 

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22 avril 2021 4 22 /04 /avril /2021 16:16


Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeules | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques​​​​​ 

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Le bleuet 

 

 

 

Adèle Souchier

Texte choisi, transcrit, remanié & accompagné d'un commentaire sur la poète par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

 

​​​​​Crédit photo :  Bluet des champs, domaine public, Wikimedia.

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Ta couleur est celle des cieux,

Ô turquoise des blondes gerbes !

Ton aspect est plus gracieux

Que celui de nos fleurs superbes ;

Mais je ne veux point te ravir

À ces lieux où tu viens d'éclore ;

Ailleurs, on te verrait mourir,

Ici, tu dois briller encore.

 

 

À la rose, reine des fleurs,

À l'œillet aux fraîches odeurs,

Au jasmin, à la primevère,

Petit bleuet, je te préfère.

 

 

Le bengali, charmant et pur,

S'éloignant d'un climat propice,

T'a-t-il laissé tout son azur

En s'ébattant sur ton calice ?...

Que j'aime ta naïveté,

Fleur, des champs qu'un zéphyr caresse !

Chef-d'œuvre de simplicité,

Souris toujours à la jeunesse.

 

 

À la rose, reine des fleurs,

À l'œillet aux fraîches odeurs,

Au jasmin, à la primevère,

Petit bleuet, je te préfère.

 

 

À travers un rayon du jour,

Tu nous séduis et l'on t'admire,

Le poète, en des chants d'amour,

Te chante parfois sur sa lyre ;

Près du coquelicot pourpré,

Et de la blanche marguerite,

Vis joyeux dans ton champ doré

Où la brise embaumée habite.

 

 

À la rose, reine des fleurs,

À l'œillet aux fraîches odeurs,

Au jasmin, à la primevère,

Petit bleuet, je te préfère.

 

 

Mais quand viendra le moissonneur,

Crains de tomber sous sa faucille ;

Plutôt que d'avoir ce malheur,

Si jamais une jeune fille

Veut te mettre à ses blonds cheveux,

Ne gémis pas, ô ma fleurette ;

L'or qui pare tes champs heureux,

Tu le trouveras sur sa tête !*

 

 

* Le terme vieilli « Bluet » a été remplacé par nous par le terme moderne « Bleuet ». Ce texte poétique est une chanson de SOUCHIER, Adèle (1832-19..), Les Roses du Dauphiné, Poésies, par Mlle Adèle Souchier, Lyon, Nicolas Scheuring, MDCCCLXX/1870, pp. 81-83. Le recueil appartient au domaine public.

 

Adèle SOUCHIER, Méconnue, la poētria (poète/poétesse/poétisante, lyreuse, etc.) Adèle Souchier est née le 27 août 1832 à Romans-sur-Isère dans la Drôme en France. On ignore pour le moment la date de son décès au XXe siècle.

J'ai découvert Adèle Souchier en lisant, il y a longtemps, le périodique dit d'érudition la « Revue du Lyonnais » où elle était rédactrice et critique littéraire. Elle y a publié des textes en vers et en prose. On prépare par ailleurs quelques billets sur elle pour les périodiques féministes et l'encyclopédie de la SIÉFÉGP, et aussi pour le « Dictionnaire critique... ».

Commentaire daté du 2020.

 

***

 

 

Pour citer ce poème printanier & coloré

 

Adèle Souchier, « Le bleuet », poème extrait de SOUCHIER, Adèle (1832-19..), Les Roses du Dauphiné, Poésies (1870), il a été choisi, transcrit, remanié & accompagné d'un commentaire sur Adèle SOUCHIER par Dina Sahyouni pour Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 22 avril 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/as-lebleuet 

 

 

 

 

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29 novembre 2020 7 29 /11 /novembre /2020 17:21

Événements poétiques | ReConfinement | Rêveries fleuries | Jour 31

 

 

 

 

 

Le rêve à deux

 

 

 

 

 

 

Marceline Desbordes-Valmore

 

Poème choisi & transcrit pour cette revue par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : Grandville (de), "La reine des fleurs, fleurs animées", domaine public, image Commons.

 

 

Le texte reproduit ci-dessous provient de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Poésies de Mme Desbordes-Valmore, 2e édition publiées par Gustave REVILLIOD, Genève, imprimerie Jules-Guillaume Fick, 1873, « Diverses », pp. 270-272. Ce recueil appartient au domaine public.

 

 

 

Entends-tu sonner l'heure

Qui t'appelait vers moi ?

On dirait qu'elle pleure

De me trouver sans toi.

Elle aimait à renaître

Sous nos chants amoureux.

C'était rêver peut-être :

Mais nous rêvions à deux.

 

 

D'une voix souveraine

Tout se laisse enchanter.

Tu soumettrais la reine

Qui t'entendrait chanter.

Dans ses ennuis sans trêves,

Cette dame aux longs yeux

Donnerait tous ses rêves

Pour notre rêve à deux.

 

 

Mais depuis que l'absence

Tourmente ma raison,

Mon âme est en démence,

Le monde est ma prison.

C'est la cage affligée

Où se heurtent mes vœux.

J'étais si protégée

Dans notre rêve à deux !

 

 

Hors de tes bras fidèles,

Froide à tous les accords,

La danse n'a plus d'ailes

Pour soulever mon corps.

À moi-même ravie,

Tout bien m'est douloureux,

Le jour même est sans vie

Après le rêve à deux.

 

 

Comme un orage emporte

Tous les oiseaux d'un bois,

Rien ne chante à ma porte

Où ne vient plus ta voix.

Ah ! si le ciel écoute

Les amants malheureux,

La douce mort sans doute

Sera le rêve à deux !

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème

 

Marceline Desbordes-Valmore, «  Le rêve à deux », poème extrait de DESBORDES-VALMORE, Marceline (1786-1859), Poésies de Mme Desbordes-Valmore, 2e éd. par Gustave REVILLIOD (1873), texte choisi, transcrit et remanié par Dina Sahyouni,  Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Reconfinement « Rêveries fleuries », mis en ligne le 29 novembre 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/reveriesfleuries/mdv-lereveadeux

 

 

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