8 avril 2021 4 08 /04 /avril /2021 08:34

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | 8 avril | Distinctions 2021 | Prix poétiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

 

 

 

​Le Prix International de Traductrice

 

& Éditrice de Poésie

 

de l'Académie Claudine de Tencin​​​​​​

 

 

 

 

 

Le Prix International de Traductrice et éditrice de Poésie de l'Académie Claudine de Tencin récompense l'ensemble des efforts fournis par une traductrice et/ou une éditrice pour diffuser la poésie en France et ailleurs dans le monde. Il est attribué publiquement le 8 avril de chaque année durant le festival Megalesia afin de célébrer les femmes et le genre en poésie dans la "Journée Internationale de la Poésie Mineure" (cf. D. Sahyouni). Il est décerné à une personne qui n'appartient pas au Conseil Administratif de l'Académie de Tencin. Cette distinction a été créée en décembre 2019 par la Présidente de la SIÉFÉGP Dina Sahyouni et a été octroyée pour la première fois en 2020 à Maggy DE COSTER.

 

 

Attestation officielle

 

 

Crédit photo : Portrait de la femme de lettres, Claudine Guérin de Tencin, domaine public​​​​​​.

 

Académie Claudine de Tencin

 

        Grenoble le 8 avril 2021

 

 

La Présidente de l'Académie Claudine de Tencin a l'honneur et la joie d'annoncer à la femme de lettres Madame Sabine HUYNH que le Conseil Administratif de l'Académie lui a décerné le Prix International de Traductrice et Éditrice de Poésie et lui adresse ses sincères félicitations.

 

Signature de la Présidente

Dina SAHYOUNI

 

 

***

 

Pour citer cet avis de gratification 


SIÉFÉGP, « Le Prix International de Traductrice & Éditrice de Poésie de l'Académie Claudine de Tencin », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Megalesia 2021|Distinctions 2021 « Prix poétiques de la SIÉFÉGP du 8 avril », mis en ligne le 8 avril 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/prix-tencin2

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Distinctions
7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 15:04

 

No 9 & Événements poétiques | Megalesia 2021 | Textes poétiques du dossier mineur permanent | Varia de textes poétiques​​​​​​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

Mujer de sombra /

 

 

La Femme de l'ombre

 

 

 

 

 

Lectora de tu voz /

 

Lectrice de ta voix

 

 

 

 

 

Poèmes de

 

Celia Vázquez

 

Poèmes choisis & Œuvre traduits en français par

 

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

© Crédit photo : Couverture illustrée du recueil de poèmes de Celia Vázquez traduits en français par Maggy De Coster. 

​​

« Comme nous disions hier », Celia Vázquez, collección AMPALIT, Poesía, 2020, 131 p., traduit de l’espagnol par Maggy De Coster

 

 

 

Mujer de sombra

 

 

 

Nos han humillado, nos han infravalorado,

 nos han silenciado la voz,

nos han arrancado la mirada,

nos han rechazado y nos han sometido:

esos grandes hombres que no tienen medida 

de su sadismo sin raciocinio.

 

De todos ellos están los libros llenos:

personajes heroicos que llenan cementerios;

aclamados y elevados en la fuerza de sus vidas, 

inhumanos y agresivos, violentos,

cohorte de cretinos.

 

La historia se ha escrito con sangre de soldados: 

Guerras de conquista, guerras de independencia,

las más cruentas de la historia, las guerras de religión; 

guerras por ostentar el poder, guerras por una mujer.

Juegos de hombres, estatuas ecuestres, en patas alzadas; 

caballos en bronce de pata en el aire, flechas y lanzas; 

hombres esgrimiendo la espada, cañones y bayonetas; 

aviones, buques acorazados, tanques, hazañas de vileza 

ejercida por el hombre contra el hombre.

Ironía. Tortura, abuso, barbarie y venganza.

 

Los siglos navegan en el tiempo, el hombre queda anclado.

 La violencia sigue arropando la naturaleza humana.

El hombre no suelta lastre, el placer de la crueldad 

se cuelga de su espalda allá donde va.

Son los súbditos de la muerte, la llevan grabada a temple. 

La mujer de sombra avanza por el filo del abismo,

bajo el sutil velo de la lucha silenciosa

por el derecho a recuperar el honor arrebatado.

 

El hombre es un contraste sustancial de involución

frente a la madre-mujer. Revolución.

Rechaza el yugo oculto bajo la bandera del amor. 

Mujer de sombra, no transijas, no llores, no te rindas

Tu triunfo eximio reside en la fuerza suprema de dar vida.

 

 

La Femme de l’ombre l'ombre

 

 

Ils nous ont humiliées, ils nous ont sous-estimés, 

ils nous ont réduites au silence,

Ils nous ont détourné nos yeux

Ils nous ont rejetées et imposé la  soumission :

ces grands hommes qui n'ont aucune mesure

de leur sadisme sans raison.

 

Les livres fourmillent :

de personnages héroïques qui remplissent les cimetières ;

acclamés et élevés dans la force de leur vie,

inhumains et agressifs, violents,

une cohorte de crétins.

 

L'Histoire s'est écrite avec le sang des soldats: 

Guerres de conquête, guerres d'indépendance,

les plus cruciales  de l'Histoire, les guerres de religion; 

des guerres pour prendre le pouvoir, des guerres pour une femme.

Des jeux pour hommes, des statues équestres avec des pattes élevées ; 

des chevaux de bronze, les pattes en l'air, des flèches et des lances;

des hommes brandissant l'épée, des canons et des baïonnettes;

des avions,  des cuirassés, des chars, des exploits de vilénie

exercée par l'homme contre l'homme.

Ironie. Torture, abus, barbarie et vengeance.

 

Les siècles naviguent dans le temps, l'homme y est ancré. 

La violence continue d’envahir la nature humaine.

L'Homme ne lâche pas du lest, le plaisir de la cruauté

qu’il revendique en tout temps et en tout lieu.

Ils sont les sujets de la mort, incrustée en eux. 

La femme de l'ombre avance vers l’abîme,

sous le voile subtil d'une lutte silencieuse

pour obtenir le droit de récupérer  son honneur volé.

 

L'homme est un contraste substantiel d'involution

contre la femme-mère. Révolution.

Soulève-toi contre l’oppression cachée sous la bannière de l'amour. 

Femme de l’ombre, ne transige pas, ne pleure pas,

 n'abandonne pas

Ton triomphe absolu réside dans la force suprême de donner la vie.

 

 

Lectora de tu voz

 

 

Soy la lectora de tu voz; 

la que pronuncia al viento

Sílabas transidas de silencio, 

la que acaricia con la mirada

Ese verbo encabalgado de poeta, 

de trovador de almas

Que no distingue género.

 

Intento descifrar tu quimera 

cuando deshilas tu vida

De metáforas y ausencias,

De tus tardes de adolescencia. 

Soy la cándida criatura que, 

sentada en la arena de la playa, 

a mil estrofas de distancia,

 desde arcaicas tierras celtas, 

tiende un puente de añoranza

 para escuchar atardeceres

Al ritmo lento de tus poemas.

 

Desde el céfiro a los alisios

soy tu adivina,

La que traduce los inmensos azules

del horizonte marino,

La que interpreta tus versos. 

Se deslizan por mis labios

peldaño a peldaño,

Resbalan por mi pecho

Para quedarse en el recuerdo…

poeta, tu voz no cae en yermo, 

se transforma en eco.

Soy Alice :

Interpreto besos, sueños

a través de los espejos.

 


 

Lectrice de ta voix


 

Je suis la lectrice de ta voix ;

celle qui prononce le vent

syllabes transies de silence,

celle qui caresse avec le regard

ce verbe qui enchante le poète,

le troubadour des âmes

qui ne différencie pas les sexes.

 

Syllabes transies de silence, 

celle qui caresse avec le regard

ce verbe enragé de poète, 

de troubadour des âmes

qui ne différencie les sexes.

 

J'essaye de déchiffrer ta chimère

quand tu  démêles ta  vie

de métaphores et d’absences,

de tes soirées d'adolescence.

Je suis la candide créature qui,

assise sur le sable de la plage,

à mille lieues,

des archaïques terres celtiques,

jette un  pont

pour écouter les couchers de soleil

au rythme lent de tes poèmes.

 

Du zéphyr aux alizés

je suis ta devineresse,

celle qui traduit l’immensité bleue

de l'horizon marin,

Celle qui interprète tes vers.

Ils glissent sur mes lèvres

petit à petit

Ils atterrissent sur ma poitrine

Pour rester dans la mémoire...

 poète, tu ne prêches  pas dans le désert,

ta voix se fait écho.

Je suis Alice :

J'interprète les baisers, les rêves

à travers les miroirs.

 

NDLR : Celia Vázquez est docteur en philologie anglaise à l’Université Complutense de Madrid, chercheur, conteuse, poète et essayiste ; elle a été professeur titulaire de l’Université Polytechnique de Madrid et de l’Université de Vigo et aussi Directrice du Département de Philologie anglaise pendant quelques années.

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes traduits & printanier coloré s 

 

Celia Vázquez, « Mujer de sombra / La Femme de l'ombre » & « Lectora de tu voz / Lectrice de ta voix », poèmes bilingues inédits choisis & traduits en français par Maggy De Coster, textes reproduits avec l'aimable autorisation des auteures et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées » & N° 9 | FIN D'ÉTÉ « Femmes, Poésie & peinture » volet 2, sous la direction de Maggy De Coster, mis en ligne le 7 avril 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/no9/cv-femmedelombre

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Numéro 9 Poésie engagée Poésies féministes
7 avril 2021 3 07 /04 /avril /2021 13:25

 


N°9 & Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques​​​​​ | Revue Poépolitique | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes & hommages

​​​​​​

 ​​

 

 

 

 

 

Il paraît... 

 

 

 

Nadine Adra

 

 

 

​​​​​​​​​​​Crédit photo :  Bluets des champs, domaine public, Wikimedia.

 ​​​​

 

 

Il paraît que l’histoire

Pleure tous les jours

Sous un cèdre bleu...

 

 

Il paraît que tout passe

Les déceptions, les amours

Seuls restent les lieux...

 

 

Il paraît que là-bas

Il n’y a plus de recours

On fait taire les furieux...

 

 

Il paraît que les mots

Ont ce pouvoir fou

De rayonner quand il pleut !

 

© N. Adra

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème printanier & coloré, engagé, poépolitique  

 

Nadine Adra, « Il paraît... », poème engagé & poépolitique inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées » & N° 9 | FIN D'ÉTÉ « Femmes, Poésie & Peinture » sous la direction de Maggy De Coster, mis en ligne le 7 avril 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/no9/na-ilparait

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Poésie engagée Poésie philanthropique Numéro 9
6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 14:54

 

N° 9 & Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésies printanières & colorées| Florilège de textes poétiques​​​​​​  | S'indigner, soutenir, lettres ouvertes, hommages 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voleurs de rêves

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

Crédit photo : Sergey Solomko "Icarus dream", Wikipedia, domaine public. 

 

                 


 

rêver c'est libérer

l'imaginaire en soi

pour s'envoler

sur les ailes de l'azur

 

 

rêver c'est mettre des étoiles

dans les yeux de l'enfant

que nous sommes tous restés

même si l'espoir n'est plus qu'un mot

 

 

alors laissons rêver nos enfants

ne brûlons pas leurs ailes

avant leurs envolées poétiques

en terre de féerie et de fantaisie

 

 

préservons leur imaginaire

des voleurs de rêves

car le monde sans poésie

serait un monde sans âme*

 

 

 

* Ce poème a été écrit en réaction à la déclaration de la maire de Poitiers qui veut interdire ou contrôler les rêves des enfants notamment aériens !

 

 

 

 

À lire aussi sur ce sujet : 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème philanthropique & engagé 

 

Françoise Urban-Menninger, « Voleurs de rêves »poème philanthropique inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique| Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées » & N°9| Femmes, Poésie & Peinture sous la direction de Maggy De Coster, mis en ligne le 6 avril 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/no9/fum-voleursdereves

 

 

 

 

 

 

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À venir

 

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6 avril 2021 2 06 /04 /avril /2021 13:44

 

No 8 & Événements poétiques | Megalesia 2021 | Textes poétiques du dossier mineur permanent | Varia de textes poétiques​​​​​​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

Como decíamos /

 

Comme nous disions hier.

 

Poèmes de Celia Vázquez

 

 

 

 

 

 

Poèmes de

 

Celia Vázquez

 

Poèmes choisis & Œuvre traduits en français par

 

Maggy de Coster

 

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

© Crédit photo : Couverture illustrée du recueil de poèmes de Celia Vázquez traduits en français par Maggy De Coster. 

​​

 

« Comme nous disions hier », Celia Vázquez, collección AMPALIT, Poesía, 2020, 131 p., traduit de l’espagnol par Maggy De Coster


 

 

 

El paciente olvido


 

¿Qué es el amor sino un horizonte sin línea

que diluye al ser que ama?

¿Qué es el amor sino una dolencia constante
que vuelve anémica la sangre?

¿Qué es el amor sino un canto de sirenas
para un Odiseo sin mares? 

Es salva de incoherencias que disuelve la libertad,

un presagio de vidente

que nos ancla el alma a un dueño:

el paciente olvido espeso. 


 

Le patient oublié

 

 

Qu'est-ce que l'amour sinon un horizon sans ligne

qui dilue l'être qui aime?

Qu'est-ce que l'amour sinon une souffrance constante

qui anémie le sang?

Qu'est-ce que l'amour sinon  une chanson de sirène

pour une odyssée sans mers?

 

Il est sauvé des incohérences que dissout la liberté,

un présage de voyant

qui ancre notre âme à un propriétaire:

Le patient a oublié l’aspérité.

 

 

 

 

Distancia 

 

Ahora estoy, amor, lejos de ti,

tan lejos que me cuesta extasiarme,

conseguir evocarte, traerte hasta mi misma.

Se me quiebra en las manos tu recuerdo más puro :

tu ser indefinible.

 

Lo accesorio lo tengo. El paisaje,

lo que te rodea y que de ti es parte:

la larga, desesperante, inmensa llanura.

El horizonte remoto, pura línea,

la pincelada azul del vibrante aire,

el sol, fulgente, duro e implacable ;

el anchuroso espacio

que marca la distancia,

el quiebro áspero de la sombra cortada,

la inclemente cuchillada del sol.
 

Todo me acerca tu recuerdo en un instante:

los veranos calientes, las hirientes cales;

las casas chicas, humildes o nobles.

Llevo mi mente a todo lo que me inspira

y me permite evocarte :

A la plaza, al escudo y a la iglesia ;

al tapial, a la grieta y al molino ;

al árbol solitario, altivo y seco

que como tú me mira de soslayo;

al castillo en lo alto del otero,

sin sueños, sin gigantes,

sin vientos, sin anhelos.

 

A ti, sí, te tengo, aquí, clavado ;

tu rostro, erial de suaves surcos,

marca el tiempo que nos amamos ;

el horizonte remoto de tu cuerpo,

la pincelada azul de mis ojos,

el delineado de tus labios,

el sol fulgente de mi cabello

el anchuroso espacio de tu espalda…

la inclemente cuchillada de tu ausencia.

 

 

Distance

 

Maintenant je suis, mon amour, loin de toi,

si loin qu'il m'est difficile d'être extatique,

de t'évoquer, te ramener vers moi.

Ton souvenir le plus pur se brise entre mes mains:

ton être indéfinissable.

 

J'ai l'accessoire. Le paysage,

ce qui t'entoure et ce qui fait partie de toi :

La longue plaine immense et désespérante.

L'horizon lointain, la ligne pure,

le coup de pinceau bleu de l'air vibrant,

le soleil, brillant, dur et implacable ;

le vaste espace

qui marque la distance,

la rupture brutale du tranchant de l'ombre,

la lame incisive du soleil.

 

Tout en un instant me rappelle à ton bon souvenir:

étés chauds, chagrins blessants;

les petites maisons, humbles ou nobles.

tout ce qui m'inspire me revient à l'esprit

et me permet de t'évoquer :

la place, le blason et l'église,

le pisé, la fissure et le moulin

l'arbre solitaire, hautain et sec

qui comme toi me regarde de travers;

le château perché sur la colline,

sans rêves, sans géants,

 

Toi, oui, je t'ai, ici, cloué ;

ton visage, hérissé de sillons doux,

marque le temps de nos amours;

l'horizon lointain de ton corps,

la peinture bleue de mes yeux,

le tracé de tes lèvres,

le soleil éclatant de mes cheveux

la largeur de ton dos...

la lame tranchante de ton absence.

 

 

 

Su encanto  

 

Su voz de tono grave e impostada 

que jamás vacilaba ante la mentira, 

se derritió con la rutina un día.

La costumbre habitó su alma; 

la fragancia de su viril encanto

se colgó de su camisa de once varas

rasgada con la inercia de la vida.

 

 

 

Son charme

 

 

Sa voix profonde et imposante 

 

qui n'avait jamais hésité face aux mensonges, 

 

un jour, s'est fondue dans la routine.

 

L'habitude habitait son âme ; 

 

le parfum de son charme viril

 

s'est pendu à sa chemise à onze points

 

déchirée par l'inertie de la vie. 

 

 

 

 

Oubli

 

Olvidarte me arroja a la más burda indolencia, 

a un cielo rojo y añil, a la intolerancia absurda, 

a la nada macilenta, a la máscara sin perfil,

a la disolución sin huella. 

Por eso me niego a olvidarte.

 

Prefiero ser un perfume sin aroma

una hoguera sin fuego, la pleamar sin olas,

un verano sin calor, un pájaro sin vuelo,

un poema sin rima, una fuente sin agua,

una canción sin letra, paradoja sin sentido,

para no perder la ilusión de esa amistad eterna

que parpadea en la noche convertida en una estrella,

que cuelga del firmamento, que sueña con el mañana, 

en un tiempo de futuro y en el sonoro plural,

en el tatuaje del alma de un amor atemporal.


 

 

 

 

Oubli

 

 

 

L’oubli me jette dans la plus grande indolence,

à un ciel rouge et indigo, à une intolérance absurde,

au néant blafard, au masque sans profil,

à la dissolution sans trace.

Pour cela je me refuse de t'oublier.

 

Je préfère être un parfum sans odeur

un foyer sans feu, la pleine mer sans vagues,

 un été sans chaleur, un oiseau sans vol,

un poème sans rime, une fontaine sans eau,

une chanson sans paroles, paradoxe insignifiant,

pour ne pas perdre l'illusion de cette amitié éternelle

qui clignote la nuit transformée en étoile,

suspendue au firmament, qui rêve au matin,

dans un futur pluriel et sonore,

d'un amour intemporel au tatouage de l’âme.

 


 

Vestigios de amor

 

 

El poeta del amor,

a quien las adolescentes 

admirábamos,

no parecía tener claro

 a qué mujer amaba

y a algunas de nosotras,

sus poéticos retratos

más de un disgusto han dado 

y nos dejan ahora intuir

que el poeta y su querer 

no nos ha quedado claro.

 

Empeño inútil me parece,

en nuestro tiempo, averiguar 

quiénes fueron las mujeres

de las que Bécquer

anduvo enamoriscado :

la que hablaba como Julieta, 

en el balcón donde anidaban 

las golondrinas

y donde se enredaban

las madreselvas ;

la que le hizo exclamar :

“¡Hoy creo en Dios!” ; 

la que con su mano

arrancaba melodiosos sones

del arpa olvidada ;

la que prueba,

con una sola afirmación,

que ella es la poesía ;

la que evoca por su solo recuerdo

 

al amor que pasa, entre olas de armonía ;

la que acorta el vivir del poeta, cuyo espíritu,

se propone esperarla

a las puertas de la muerte

para poder decirle

todo lo que ha callado.

 

Nuestro admirado Bécquer 

vivía de ensueños

y al final de su vida no sabía

qué había sido sueño

y qué realidad en su vida amorosa:

solamente soñándose dormido,

así tan solo, vivía en plenitud 

la vida que había soñado.

 

Nombres y fechas

se confundían en su mente.

Para él todo había sido

amor verdadero, sentido,

amor real. Un gran sueño.

 


 

 

Vestiges de l'amour

 


 

Le poète de l'amour,

que les adolescentes admiraient,

ne semblait pas savoir 

clairement quelle femme il aimait

et à certaines d'entre nous,

ses portraits poétiques

révèlent plus ses déconvenues

et nous laissent deviner

que le poète n’était pas clair  

sur son sentiment amoureux.

 

Il me semble inutile, 

à notre époque, de chercher à comprendre

que  des individus comme Becquer

soient  tombés amoureux:

celle qui parlait comme Juliette, 

sur le balcon où se nichaient

les hirondelles

et où les chèvrefeuilles s’emmêlaient;

celle qui le fit s'exclamait: 

« Aujourd'hui, je crois en Dieu! »

celle qui de sa main

arracha des sons mélodieux 

de la harpe oubliée;

celui qui prouve,

en affirmant fermement, 

qu’elle est la poésie ;

celle qui évoque par son seul souvenir

 l'amour qui passe,

 entre les vagues d'harmonie ;

ce qui raccourcit la vie du poète, 

dont l'âme,

se propose de l'attendre

aux portes de la mort 

pour pouvoir lui dire

tout ce qu’il a tu.

 

Notre Bécquer admiré 

vivait de rêveries

et à la fin de sa vie, il ne savait pas

qu’il avait rêvé

en réalité dans sa vie amoureuse: 

qu’il rêvait sa vie dans son sommeil,

ainsi tout en étant si seul, il vivait dans la plénitude

de la vie rêvée.

 

Noms et dates

se confondaient dans son esprit. 

Pour lui, tout avait été 

de l’amour vrai, ressenti,

le véritable amour. Un grand rêve.



 

 

 

NDLR : Celia Vázquez est docteur en philologie anglaise à l’Université Complutense de Madrid, chercheur, conteuse, poète et essayiste ; elle a été professeur titulaire de l’Université Polytechnique de Madrid et de l’Université de Vigo et aussi Directrice du Département de Philologie anglaise pendant quelques années.

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes  d'amour traduits

 

Maggy De Coster, « Como decíamos / Comme nous disions hier. Poèmes de Celia Vázquez », poèmes d'amour bilingues inédits choisis & traduits en français par Maggy DE COSTER, textes reproduits avec l'aimable autorisation des auteures et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées » & N°8 « Penser la maladie & la vieillesse en Poésie » volet 2, sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 6 avril 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/no8/cv-nousdisions 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Numéro 8 Amour en poésie

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