25 mars 2021 4 25 /03 /mars /2021 16:09

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Pionnières en poésies féministes | Florilège de textes poétiques​​​​​​

 

 

 

 

 

 

Retour à Manderley

 

 

&

 

 

Sœur de la pluie

 

 

 

 

 

Lidia Chiarelli

 

Artiste, écrivain traductrice et fondatrice du

Mouvement artistique littéraire « Image & Poésie » ou

c/o  Immagine & Poesia

Turin, Italie

Site officiel : http://lidiachiarelli.jimdo.com/

Article Wikipédia

 

 

 

 

Crédit photo : Daphné du Maurier, image de Wikimedia, domaine public. 

 

 

 

Retour à Manderley

 

 

 

La nuit dernière, j'ai rêvé que j'étais de nouveau à Manderley.

Daphné du Maurier

 

 

 

 

Dans les dernières lueurs

d'un étrange crépuscule

Je te retrouve

sur le chemin étroit

un ruban argenté qui se déroule

dans différentes directions.

 

 

Branches tordues

s'arquent et cachent le ciel.

Hortensias bleus indigo

se plient et s'inclinent au vent perçant

dans la baie en dessous

rugit la mer en colère.

 

 

Et tu vas à la dérive lentement

par la prière de ce jour mourant

dans le souvenir de

Manderley

ton pavillon secret et silencieux

maintenant une île étrangère

enveloppée trop tôt par le manteau de la nuit.

 

 


 

 

Sœur de la pluie

 

 

 

Crédit photo : Photographie de Dorothy Parker, Wikimedia, domaine public. 

 

 

 

Je suis la sœur de la pluie

Dorothy Parker

 

 

Le ciel

est une couverture en lambeaux.

Le bord de la falaise

annonce la pluie

les vents hurlent et

soufflent leur fureur.


 

J'erre

à travers des chemins iridescents

plus haut

des nuages insouciants

voilent les étoiles.

Je respire profondément

la froide solitude d'avril

attirant cette nuit orageuse

vers moi

 

 

 

***

 

 

Pour citer ces deux poèmes féministes

 

Lidia Chiarelli, « Retour à Manderley » & « Sœur de la pluie » poèmes féministes inédits dédiés à Daphné du Maurier & Dorothy Parker, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/II « Pionnières en Poésies féministes », mis en ligne le 25 mars 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/lc-retouramanderley

 

 

 

 

Mise en page par David Simon

 

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Retour à la Table de Megalesia 2021 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Poésie engagée Poésies féministes
24 mars 2021 3 24 /03 /mars /2021 17:40

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Astres & animaux | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques 

 

 

 

 

 

 

Poème en jachère,

 

Des vers au vert,

 

En dernier ressort,

 

Entre les pots et le jardin

 

&

 

Les jours heureux 

 

 

 

 

 

Huguette Bertrand

 

Québec, Canada

Site personnel : http://www.espacepoetique.com/Espace/intime.html

 

 

 

Crédit photo : Jean-Honoré Fragonard "Shepherdess about", 1752, domaine public, Wikimedia. 

​​​​​

 

 

Poème en jachère

 

 

Les fleurs des champs

poussent à l'avenant

en toute grâce 

en toute beauté

certains les arrachent

pour la couleur

et leur odeur

 

 

les champs s'en plaignent

les maraudeurs sévissent

se pardonnent allègrement

 

 

comment voulez-vous

écrire un poème

à ce compte-là

surtout en plein hiver

 


 

 

Des vers au vert

 

 

 

Les volets sont ouverts

les vers s'envolent sans

lendemain ni d'hier

à la recherche du vert

dans l'atmosphère

 

quelques feuilles d'arbre

feraient bien l'affaire

pour l'étalement des lignes

répandues sur les parterres

auraient un air débonnaire

 

 

en cas de courant d'air

de voir les feuilles à l'envers

et tous les vers dans la misère

soufflez un bon coup

par les volets ouverts

et toute l'affaire sera

sans effet secondaire 

 

 

 

En dernier ressort

 

 

Nouveauté sur le marché

arrivage d'âmes en conserve

sans date de péremption

puisque bon pour l'éternité

 

selon toutes les instructions 

faut manipuler avec précaution

sans gant en un tour de manivelle

on fait vite le tour du carrousel

 

 

dès l'ouverture s'envole un pigeon

puis une colombe restée au fond

pour semer l'espoir que la fin

n'est pas pour demain

 

 

 

Entre les pots et le jardin

 

 

Quand il ne fait pas beau

les fleurs dans les pots

lorgnent du côté jardin

que les peaux de chagrin

se partagent de très loin

 

la nature fait son chemin

et l'écriture fait le sien

entre les pots et le jardin

en prenant grand soin

de fleurir tous les matins

 

les mots les plus agiles

éloignent les nuits fragiles

pour égayer les solitaires

durant leur pause salutaire

chacun dans sa maison

en exil au bout du fil

d'une saison en prolongation

 

 

 

Les jours heureux  

 

 

 

Les jours fleurissent chaque matin

et les arbres de leurs longs doigts

au vent savent encore dire bonjour

quand tout renaît avant l'heure

de la pause que tous s'imposent

avant que tout explose

 

des astres par-ci

désastres par-là

en ondes efficaces

dont les mots se gargarisent

à même les heures

sous l'emprise des minutes

que les secondes épuisent

quand dehors allonge ses bras

invite à la reprise


 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes printaniers & colorés

 

Huguette Bertrand, « Poème en jachère », « Des vers au vert », « En dernier ressort », « Entre les pots et le jardin » & « Les jours heureux  », poèmes inédits sur le printemps, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 24 mars 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/hb-desversauvert

 

 

 

 

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Dernière mise à jour le 29 mars 2021, suppression d'un lien Web. 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Nature en poésie
23 mars 2021 2 23 /03 /mars /2021 12:00

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Astres & animaux | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques

 

 

[Invitée du festival Megalesia]

 

 

 

 

La fête

 

 

 

 

Poème & peinture de

 

Mariem Garali Hadoussa*

 

Artiste plasticienne & poète

Présidente de lassociation "Voix de femme nabeul"

 

 

 

​​​​​​© Crédit photo :  Mariem Garali Hadoussa, "éclosions attendues", 92x65 cm", peinture.

 

 

Sens-tu l’odeur des orchidées, 

Des œillets et des roses ? 

Quel mélange capiteux ! 

J’adore cette odeur qui flotte, 

Je la sens !

Donne-moi la main,

On monte, on monte !

Laisse-toi entraîner !

Je t’emmène vers ce petit nuage,

Il nous portera sur son dos

Pour une promenade dans le ciel ! 

On salue les étoiles,

Nous les connaissons toutes par leurs noms. 

À chaque fois qu’on s’approche de l’une d’elles, 

Elles se mettent à briller de mille feux,

Pour consolider notre amitié !

Les étoiles sont nos amies fidèles.

La nature nous accompagne.**

 

 

 

* Ou Garaali.

** Extrait de son 1er recueil «  Comme nos pluies seront parfumées ! »

 

***

 

 

Pour citer ce poème printanier & coloré

 

Mariem Garali Hadoussa (poème & illustration inédits), « La fête » poème inédit sur le printemps, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 23 mars 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/mgh-lafete

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Nature en poésie
21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 11:52

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Handicaps & diversité inclusive | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques

 

 

 

[Invitées du festival Megalesia]

 

 

 

 

 

 

Le goût des couleurs

 

 

 

 

 

Chahla Chafiq

 

Site officiel : www.chahlachafiq.com

Facebook & Twitter

 

 

 

Peinture de

 

Mariem Garali Hadoussa

 

Artiste plasticienne & poète

Présidente de lassociation "Voix de femme nabeul"

 

 

​​​​​​© Crédit photo :  Mariem Garali Hadoussa, "Tendresse", peinture. 

 


 

Sont-ils verts ou jaunes ?

Demande le caissier

Qui pèse les citrons.

Perplexe, je regarde ses yeux

D’un profond bleu.

 

 

Quel malheur !

Me dis-je.

Il ne reconnaît

Des couleurs

Les merveilleuses nuances.

 

 

Verts ou jaunes ?

Le prix n’est pas le même,

Dit le jeune homme.

Des jaunes, Monsieur,

D’un joli doré.

 

 

Bon choix, Madame,

Un régal, ces citrons !

Ce matin, j’en ai goûté

Des frais et bien juteux,

Un zeste sucré.

 

 

De ses lèvres

Je cueille

Le tendre sourire

Pour l’emporter

Dans mon panier.

 

 

Je le mettrai

En vase

Et il m’offrira

Demain matin

Une fleur enchantée.


 

 

© Chahla Chafiq, Mars 2021.

 

***

 

 

Pour citer ce poème printanier & coloré 

 

Chahla Chafiq, « Le goût des couleurs » poème inédit illustré par une peinture inédite de Mariem Garali Hadoussa, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 21 mars 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/cc-legoutdescouleurs

 

 

 

 

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Retour à la Table de Megalesia 2021 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Nature en poésie Amour en poésie
21 mars 2021 7 21 /03 /mars /2021 10:05

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Revue Poépolitique

 

 

Premier épisode du reportage-feuilleton du L'Occupation de l'Odéon 

 

 

 

 

 

 

Occupation du Théâtre

 

 

de l'Odéon :

 

 

un parfum de mai 68

 

 

 

 

 

Mustapha Saha

Sociologue, poète, artiste peintre

 

Reportage photographique par

Élisabeth et Mustapha Saha

 

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédits photos : Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mars 2021, no 1 & no 2. 

 

 

Paris, 4 mars 2021. Une manifestation pour la culture s’ébranle de la Place de la République. Des d’étudiants en art dramatique, désoeuvrés par la suspension de leurs cours, ou leur virtualisation,  un comble pour une discipline autant physique qu’intellectuelle, se mobilisent. Une banderole affiche « Nous voulons mourir sur scène ». Molière au secours ! Un manifestant, portant un masque de robot, poignets enchaînés, brandit un écriteau « culture en danger ». Sur une autre pancarte, « Besoin urgent d’une bouffée d’art ». Une fanfare orchestre la rébellion festive. Un groupe de quatre-vingt personnes se détache pour investir l’Odéon. Le patriarche,  Marc Slyper,  fréquente, depuis un demi-siècle, la vieille bâtisse. Il s’y représente chaque fois que le vent de l’histoire secoue les colonnes impassibles. 

 

 

​​​​​​© Crédit photo : Mustapha Saha, Place de la république, Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mars 2021, no 3.

 

 

15 mai 1968. Une poignée d’artistes et d’étudiants, Jean-Jacques Lebel et moi-même, prenons possession du théâtre de l’Odéon que nous transformons, pendant un mois, en agora vivante, grouillante, confusément créative. Des rencontres improbables s’effectuent. Des talents insoupçonnés se révèlent. Nous sommes adoptés par les habitants du quartier qui viennent volontiers discuter et nous gratifier de quelques boissons chaudes. Des comédiens et des ouvriers, des écrivains et des immigrés, des jeunes et des vieux s’échangent allégrement leurs opinions. Marc Slyper, lycéen à Sarcelles, activiste précoce, rejoint en soirée l’euphorique pétaudière. Je représente le Mouvement du 22 Mars, irréfutable caution révolutionnaire. Le ministre de la culture, André Malraux, renvoie illico le directeur, Jean-Louis Barrault, qui se solidarise avec les squatters. L’acteur et metteur en scène déclare dans l’enthousiasme ambiant : « Au risque de décevoir quelques personnes, je vous annonce que je ne suis plus directeur de ce théâtre. Je ne suis plus qu'un comédien comme les autres. Barrault est mort ».

 

14 juin 1968. Les feux de révolution culturelle s’éteignent. En face des forces disproportionnées de répression,  nous préférons la reddition à l’affrontement suicidaire. Le préfet de police Paul Grimaud voit sortir avec effarement, baluchons sur le dos, des couples romantiques, main dans la main, des mères avec leurs enfants en bas âge, des clochards érudits, des vagabonds célestes chevelus, des poètes éberlués, des insomniaques médusés. Des inspecteurs se précipitent, montent et descendent, à la recherche d’armes, de Cocktails Molotov, d’explosifs, de l’arsenal supposé des émeutiers. Ils ne trouvent que quelques couteaux, des képis et des matraques de gardiens de la paix, subtilisés pendant les manifestations. Les drapeaux rouges et noirs sont arrachés. «  Embrasse ton amour, mais ne lâche pas ton fusil » sur le mur paraît soudain d’une désuétude émouvante. Nous avons démythifié le gaullisme et le stalinisme. Nous n’avons jamais cru au grand soir. Nous savons déjà que nous entrons dans une longue période de glaciation culturelle. Les couleurs de la révolution sont vite maculées. Opération d’évacuation achevée en une heure. Les mêmes riverains, hier sympathisants, sinon bienveillants, s’attroupent derrière les cordons de la gendarmerie, applaudissent le retour à leur morne quotidienneté. 

 

 

​​​​​​​​​​​​© Crédits photos : Manifestants autour du Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mars 2021, no 4 & no 5.

 

 

 

13 Mars 1968. En cette première quinzaine d’occupation, le théâtre de l’Odéon, grilles verrouillées, est inaccessible. Un bataillon de vigiles contrôle fermement les entrées et les entrées. Occupation surveillée. Protestataires sous cage. Une présence à peine tolérée par la direction qui renonce à l’expulsion manu militari en échange d’un strict encadrement. L’animation musicale, le forum modéré par Marc Slyper, les discussions informelles se déroulent  à l’extérieur, dans la rue. A dix-sept heures, la place se vide. Couvre-feu oblige. Paradoxe des paradoxes, l’occupation du théâtre fermé est en somme un confinement choisi pour sortir de l’impasse. Une saison de spectacles vivants sinistrée, marquée d’une pierre noire. Les militants, respectueux des répétitions d’une troupe de théâtre préparant Le Ciel de Nantes de Christophe Honoré, pièce écrite au jour le jour, acceptent des restrictions liberticides. Coïncidence, le décor de la pièce est un cinéma désaffecté utilisé comme un refuge.  

 

Les occupants sont des syndicalistes aguerris, des négociateurs expérimentés, armés de revendications concrètes, réouverture des salles de spectacles qui n’ont jamais été des foyers d’infection, prolongation d’une nouvelle année blanche indemnisée pour les intermittents, les travailleurs précaires, les saisonniers, prise en charge des congés-maladie et des congés-maternité, retrait  de la réforme ségrégative de l’assurance-chômage. Les artistes s’organisent dans la durée. Plusieurs commissions se répartissent les tâches, logistique, ravitaillement, communication… Une cagnotte en ligne finance des réserves de nourriture, des produits d’hygiène, des fournitures indispensables. Les statues de Racine et de Corneille s’accoutrent d’étendards syndicaux. L’action se veut fédérative. Le mouvement fait tache d’huile. Des théâtres publics et privés suivent l’exemple. La défense de la culture passe par la convergence des luttes. L’occupation s’imagine un carrefour à l’instar des ronds-points envahis par les gilets jaunes. 

 

 

​​​​​​© Crédit photo : Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mars 2021, no 6.

 

L’acteur Thibault Lacroix déclame sur  balcon un poème de William Shakespeare : « Fatiguée de ce monde je demande à mourir / Lassée de voir qu'un homme intègre doit mendier /  Quand à côté de lui des nullités notoires / Se vautrent dans le luxe et l’amour du public /  Qu’on s’amuse à cracher sur la sincérité / Que les places d'honneur sont pour les plus indignes / Qu’on offre des corps vierges à des désirs brutaux / Qu’on couvre d’infamies le juste diffamé / Qu’un fort devienne infirme au pouvoir du difforme / Que l'art est bâillonné sous un règne arbitraireQue des singes en docteurs décident du génie / Qu’un être simple et vrai est traité de stupide / Que  le bien asservi est esclave du mal / Fatiguée de tout ça, je veux quitter ce monde / Sauf que si je me tue, mon amour sera seul ».

Un autre acteur, Matthieu Marie, dit un texte d’Antonin Artaud : « Le théâtre comme la peste est une crise qui se dénoue par la mort ou par la guérison. Et la peste est un mal supérieur parce qu’elle est une crise complète après laquelle il ne reste rien que la mort ou qu’une extrême purification, écrit-il. De même, le théâtre est un mal parce qu’il est l’équilibre suprême qui ne s’acquiert pas sans destruction. Il invite l’esprit à un délire qui exalte ses énergies ; et l’on peut voir pour finir que du point de vue humain, l’action du théâtre comme celle de la peste est bienfaisante, car poussant les hommes à se voir tels qu’ils sont, elle fait tomber le masque, elle découvre le mensonge, la veulerie, la bassesse, la tartufferie; elle secoue l’inertie asphyxiante de la matière qui gagne jusqu’aux données les plus claires des sens; et révélant à des collectivités leur puissance sombre, leur force cachée, elle les invite à prendre en face du destin une attitude héroïque et supérieure qu’elles n’auraient jamais eu sans cela » (Antonin Artaud : "Le Théâtre et la peste",  "La Nouvelle Revue Française", n° 253, Janvier 1934).

 

 

​​​​​© Crédit photo : Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mars 2021, no 7.

 

 

 

La crise sanitaire, gérée statistiquement, froidement, par des technocrates, fait tomber l’art, la poésie, dans l’inessentiel, l’irréférentiel, le sacrificiel. Le mot culture s’occulte dans les discours, obsédés par leur dramaturgie de l’urgence. La rhétorique perd sa logique manipulatrice. Les éléments de langage ne propagent qu’angoisse virale. Ne se profilent au bout des annonces qu’issues tragiques. Ne parviennent aux solitudes confinées qu’échos de la mort. La vie sociale se saborde. Les lieux culturels se condamnent. Les livres s’interdisent à la vente. L’absurde gère grotesquement l’imprévisible. L’apparence égare sa substance. L’insaisissable réalité récuse à chaque décision l’impuissante raison calculatrice. Puisque la liquidation technocratique de la culture est programmatique, les artistes entrent en résistance. Ils exploitent judicieusement les discordances, les incohérences, les inconséquences d’une gouvernance sans cap et sans trajectoire. Ils investissent les lieux encore ouverts, les églises, les galeries marchandes, les salles de vente. Les interstices urbains sont des scènes incontrôlables. 

 

 

Photographies supplémentaires

 

 

​​​​​​© Crédit photo : Marc Slyper, Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mars 2021, no 8. 

 

 

 

​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Marc Slyper & Mustapha Saha, Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mars 2021, no 9.

 

​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Élisabeth Saha, Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, mars 2021, no 10. 

 

 

 

Voir aussi :


Mustapha Saha, « Entretien avec le musicien et syndicaliste Marc Slyper »

 

***

 

 

Pour citer cet article 

 

Mustapha Saha, « Occupation du Théâtre de l'Odéon : un parfum de mai 68 », reportage photographique inédit par Élisabeth et Mustapha Saha, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 21 mars  2021. Url :  

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ms-occupationdelodeon

 

 

 

 

 

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L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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