2 octobre 2023 1 02 /10 /octobre /2023 16:23

N°14 | Les conteuses en poésie | Dossier mineur | Florilège | Poésie & philosophie 

 

 

 

 

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Ma maison se prénomme Inquiétude

 

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : Moustafa Farroukh (1901 – 1957), «The Artist's House in Beirut », capture d'écran via Commons.

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L'inquiétude creuse un puits philosophique dans mon imaginaire,

Elle se déplie en réel du réel

grandit comme les pucerons et, dévore tout.

 

L'inquiétude se mue en solitude.. puis en battements irréguliers du cœur et enfin.. en truble d'amour.

 

Mon cœur saigne d'encres maternelles et.. les encriers de ma vie demeurent vides.

 

© DS., 2023.

 

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Pour citer ce poème inédit​​​​​

 

Dina Sahyouni, « Ma maison se prénomme Inquiétude », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 14 | ÉTÉ-AUTOMNE 2023 « Les conteuses en poésie », volume 1, mis en ligne le 2 octobre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no14/ds-mamaison


 

 

 

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1 octobre 2023 7 01 /10 /octobre /2023 16:28

N°14 | Les conteuses en poésie | Dossier mineur | Florilège | Cuisinier en poétisant

 

 

 

 

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Une nourriture de poètes

 

 

 

 

 

Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo :  Cristaux de neige autour d'un fil de fer barbelé, capture d'écran via Commons.

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J'ai faim de vous,

j'ai soif de vous

nourriture de poètes..

oh.. nourriture céleste, ambroisie de tous les temps

– surtout de mes dix ans –

et vous.. oui vous.. vous

la chair de ma chair

vous.. chère Poésie, 

embaumée de poussières d'étoiles

vous.. Bleue d'azur, 

Bleue violette,

Bleue sanguine,

Bleue d'amertume des eaux de mers et d'océans

vous me donnez des pivoines en mots superflus,

vous me refusez un poème

un mets résolu

doux-amer aux couleurs de l'univers

au goût des mers

 

 

J'ai faim de vous,

j'ai soif de vous

et ma faim, et ma soif ne s'étanchent jamais

et votre passion me consume au gré des saisons


 

© DS. Extrait de « Bleutée d'autisme ».

 

 

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Pour citer ce poème inédit​​​​​

 

Dina Sahyouni, « Une nourriture de poètes », Le Pan poétique des muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 14 | ÉTÉ-AUTOMNE 2023 « Les conteuses en poésie », volume 1, mis en ligne le 1er octobre 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no14/ds-unenourriture


 

 

 

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24 mai 2023 3 24 /05 /mai /2023 13:00

N°13 | (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices | Dossier mineur | Articles & Témoignages / Muses & féminin / Muses Symboliques | Revue Matrimoine | Réception d'autrefois 

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​​​​​​​​​​​Sarah Bernhardt ou le portrait de la

 

muse puissante de la mêlée symboliste

 

 

 

 

 

 

 

Ernest Raynaud (1864-1936)

 

 

Chapitre choisi, transcrit, légèrement rectifié, 

titre modifié avec une

précision par Dina Sahyouni

 

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Louise Abbéma (1844-1923), "Portrait de Sarah Bernhardt dans le rôle d’Adrienne Lecouvreur en 1880", peinture en huile sur toile, dimensions 22,2 x 16 cm. Ce tableau de trouve au Musée Carnavalet, image réalisée par LPpdm.

 

L'extrait ci-dessous provient de l'ouvrage – tombé dans le domaine public – de RAYNAUD, Ernest (1864-1936), La mêlée symboliste (1870-1890) : portraits et souvenirs, vol. I.,  Paris, La renaissance du livre (78, Boulevard Saint-Michel), 1920-1922, pp. 14-18. Je reviendrai sur ce texte intéressant pour l'annoter, le commenter et le traduire en arabe littéraire. Je qualifie ce texte d'intéressant parce qu'il explore brièvement un rôle spécifique peu exploré sur l'apport qu'une muse inspiratrice et influente peut jouer dans le développement et la renommée d'un courant poétique et ses pratiques.

 

 

 

 

Titre original :

 

Sarah Bernhardt

 

 

 

Mais si les poètes, à l'instigation de Sarah Bernhardt, se sont trop vite adaptés aux mœurs du théâtre il n'en est pas moins vrai qu'ils ont reçu d'elle, une secousse salutaire et qu'elle les a tirés de la torpeur de leur Tour d'ivoire où ils s'enfermaient trop volontiers, en leur rappelant qu'il y avait autour d'eux des oreilles attentives à conquérir. Elle leur a donné le sens de l'émulation. Ce n'est peut-être pas entièrement sa faute si certains, passant d'un extrême à l'autre, ont glissé si vite sur la pente des concessions, et ont déserté les hautes entreprises pour les spéculations commerciales. Ce qui demeure, à la louange de Sarah Bernhardt, c'est qu'elle a répandu le goût des beaux vers que transfigure la musique de sa voix, la flamme de son génie et la noblesse de son maintien. La nature l'a merveilleusement douée. Un statuaire grec, disait Banville, voulant symboliser l'Ode, l'eût choisie pour modèle. À l'heure qui nous occupe, elle vient de prendre possession avec éclat de la scène du Théâtre-Français. À triompher dans les rôles de Phèdre et d'Andromaque, elle nous fera aimer Racine qu'elle a sorti de l'exil où l'avait confiné l'anathème romantique et sèmera ainsi les germes d'une future renaissance classique. Comment cette femme admirable, d'une activité dévorante, artiste jusqu'au bout des ongles, ne se serait-elle pas imposée impérieusement à l'élite de son temps et n'y eût-elle pas marqué son empreinte ? Elle est vibrante, inquiète, nostalgique. On sent en elle le besoin de vêtir chaque jour une âme nouvelle, le désir d'écarter la Réalité navrante et de s'évader chaque soir

 

Vers les horizons bleus dépassés le matin.

 

Elle sera Doña Sol, Phèdre, Andromaque, Cléopâtre, Marguerite, Ophélie. Elle fera revivre aux yeux des foules le fantôme des héroïnes évanouies. Son temps haletant la suit et l'applaudira quand, pour résumer et sceller toutes les aspirations éparses de l'heure, elle évoquera les splendeurs du Bas-Empire, bâtira au milieu de nos brouillards industriels, un décor fleuri et somptueux de Byzance et dressera sur les imaginations éblouies l'image de Théodora, impératrice d'Orient. Là s'épanouira son souci de plastique, son goût des longs voiles, des tissus précieux, des dalmatiques et des étoles orfévrées qui va révolutionner la mode. Elle sera « l'Empire à la fin de la décadence », comme Verlaine, et les poètes nouveaux la suivront des yeux comme une éblouissante vision de rêve. La Poésie illumine tout ce qu'elle touche. Elle prêtera un cachet d'art même aux vulgaires affiches de son spectacle pour lesquelles elle mobilisera des talents neufs : Orazi, Grasset, Mucha. À son geste, on verra les murs éteints flamboyer d'un enchantement de couleurs. Elle y apparaîtra figée dans une pose hiératique d'idole, de sainte de vitrail, de panagia byzantine, les mains chargées de bagues, les bras de débordants de palmes et de fleurs. Musa inspiratrix, c'est le nom que lui donne Spindler dans cette icône où il montre de profil, vêtue du péplum antique, ses cheveux dénoués casqués de lauriers. C'est véritablement la Muse. Elle inspire à Edmond Rostand sa Princesse lointaine. Elle s'apparente, en image, à la Madone de Baudelaire, à l'Hérodiade de Mallarmé. Elle semble l'illustration vivante de tous ces poèmes, obsolètes, et polychromes, en train d'éclore de toutes parts, pleins de lys, d'alérions, de clairs de lune, de sphinx et de centaures, et elle captivera les chevaucheurs de nuées et de chimères par la grâce imprévue et troublante de ses travestis, évoquant la vision de l'Androgyne, du Surêtre asexué, de l'Ange impollu, ce qui lui vaudra l'hommage d'un poète exquis et précieux, l'arbitre des élégances, le nouveau Pétrone, l'un des adeptes de l'esthétique nouvelle, chez qui Hüysmans a pris l'idée de son Des Esseintes : le comte Robert de Montesquiou :

 

REVIVISCENCE I

 

Les Héroïnes disparaissent en cohortes

Comme si les chassait un étrange aquilon :

Sombre Lorenzaccio, pâle Hamlet, blanc Aiglon,

Un jeune homme renaît des jeunes femmes mortes.

 

Le Florentin éphèbe a des faiblesses fortes,

Le Sphinx du Danemark meurt sous un sort félon ;

Un sinistre palais du lugubre salon

Sur le blond fils de l'Aigle a refermé ses portes.

 

Une grâce de femme est dans ces trois enfants :

C'est que tous trois sont faits, vaincus ou triomphants,

Des grâces de Sarah qui fait toutes les femmes.

 

Et Phèdre et Jeanne d'Arc palpitent dans la chair

De ce Lorenzaccio qui prépare les lames

De l'Hamlet, Aiglon noir, de l'Aiglon, Hamlet clair.

 

Ainsi Sarah Bernhardt a joué un rôle dans l'évolution symboliste en se pliant à son esthétique symboliste et en la diffusant.

En attendant, les poètes de la Renaissance exaltent Baudelaire. On sent que sa mémoire leur est chère et l'emprise sur les cerveaux de ce génie, encore si contesté, et que les symbolistes brandiront comme un drapeau, s'avère chaque jour grandissante.

En 1873 parurent trois volumes auxquels d'ailleurs personne ne prit garde, mais qui auront une grande répercussion sur le mouvement symboliste :

 

Une Saison en enfer, d'Arthur Rimbaud.

Les Amours jaunes, de Tristan Corbière ;

Le Coffret de Santal, de Charles Cros.

 

En 1874, Cros publie la Revue du Monde nouveau, qui n'eut que quelques numéros, mais où collaboraient Stéphane Mallarmé, Léon Dierx, Villiers de l'Isle-Adam, Germain Nouveau, Zola.

 

Note

I. La Plume, n° 276.


 

 

 

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Pour citer cet article de l'ancêtre 

 

 

Ernest Raynaud, ​​​​​« Sarah Bernhardt ou le portrait de la muse puissante de la mêlée symboliste », chapitre choisi, transcrit, légèrement rectifié, titre modifié & une précision par Dina Sahyouni de RAYNAUD, Ernest (1864-1936), La mêlée symboliste (1870-1890) : portraits et souvenirs, vol. I (1920-1922),  Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°13 | PRINTEMPS 2023 « (Auto)Portraits poétiques & artistiques des créatrices », mis en ligne le 24 mai 2023. URL :

 

http://www.pandesmuses.fr/no13/eraynaud-sarahbernhardt 


 

 

 

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11 avril 2023 2 11 /04 /avril /2023 13:36

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 | II. Anthologie « Frontières du vivant » | Astres & animaux

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Cœurs sans frontières

 

&

 

Radeaux d'humains

 

 

 

 

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Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : "The Whirlpool Galaxy (M51)"/La galaxie tourbillon ou (spirale), capture d'écran via Commons.

 

 

 

Cœurs sans frontières

 

 

 

 

Il est des lieux secrets arrachés au temps, cachés en forêts tropicales et des jardins de cœurs plus vastes que les jungles de l'Amazonie.

 

Il est des yeux larmoyants où coule une fontaine de jouvence, où nichent l'amour et les oiseaux de Paradis.

 

 

 

Radeaux d'humains

 

 

Crédit photo : Image de Depositphotos, "night storm abstract fractal design", libre de droits.

 

 

 

Paisible ennemi s'empare de l'âme

puis l'enflamme dans un tourbillon de rouge

Tout bouge sauf toi, tu restes sans frontières, ni accords

tel un radeau végétal.. un point d'exclamation sans escale.. un pont érigé là-bas au creux des nuages pour des oiseaux de passage

 

 

Paisible ennemi s'empare de l'âme

puis l'enflamme dans un tourbillon de rouge

tout bouge.. sauf toi, tu restes sans frontières.. un écho d'une voix silencieuse

 

Paisible silence s'empare de l'âme, résonne partout où les radeaux d'humains sans frontières glissent sur les mers en hiver.

 

© DS, avril 2023.

 

 

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Pour citer ces poèmes engagés & inédits

 

Dina Sahyouni« Cœurs sans frontières » & « Radeaux humains », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2023 « Étrangères », « Frontières du vivant », « Lyres printanières », mis en ligne le 11 avril 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia23/ds-sansfrontieres

 

 

 

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13 février 2023 1 13 /02 /février /2023 16:24

N°12 | Poémusique des femmes & genre | Dossier majeur | Florilège | Astres & Animaux| Revue poépolitique

 

 

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Une musique du mal

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Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : Albert Maignan, "Les Voix du tocsin", 1886), Musée de Picardie (Amiens), capture d'écran de Commons.

 

 

Ce mal enraciné dans des cœurs humains

chantonne ses gloires, 

place Poutine au pouvoir

et l'Ukraine s'endort endolorie

 


 

Ce mal enraciné dans des cœurs humains

chantonne ses pouvoirs

et nos plaies de guerres s'infectent

de la peste des égocités



 

 

Ce mal enraciné dans des cœurs humains

fait son œuvre,

racle les fonds des terres et des mers,

chasse l'horizon des rêves,

casse les sublimes baies

et.. tu le sais

la mort sonne le tocsin

et le paradis bleu s'évapore

aux écumes des gaz toxiques.

 

 

© Dina Sahyouni, janvier 2023.

 

 

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Pour citer cet écopoème géo politique inédit

 

Dina Sahyouni, « Une musique du mal », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°12 | HIVER 2022-23 « Poémusique des Femmes & Genre », mis en ligne le 13 février 2023. URL :

http://www.pandesmuses.fr/no12/ds-unemusiquedumal

 

 

 

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