|
Poèmes
|
|
Le septième tome de Poémitude en extraits
|
|
Khris Anthelme
Poèmes reproduits du 7ème tome de Poémitude ; Entre muse et plume,
avec l'aimable autorisation de l'auteur et des éditions Stellamaris
|
À ma muse
Jongler avec les mots, frôler la frénésie,
Remettre dans leurs gonds les soupirs ressassés,
Déplacer quelques maux par un verbe chassés,
Le soluté répond au nom de poésie.
N’y voyez nul miracle à la rime choisie,
N’ont de valeur que les seuls traits bien embrassés ;
Ni d’autre oracle au fil des vers cadenassés,
Qu’une douce chaleur de peine dessaisie ;
Moins encore d’honneur dans la masse fondu,
Ni de reconnaissance au mètre bien pondu,
J’en passe et des meilleurs, est plein mon répertoire !
Mais deviner sa muse avec un brin d’esprit,
Apporte un gisement plus fort que bourse et gloire,
Constatez, ce n’est moi, c’est elle qui l’écrit !
Mes respects, Muse !
Il faut bien vivre avec son temps disent certains ;
Tout a changé, tout va plus vite et tout progresse,
L’ère est au modernisme. Oui, mais la politesse
Avance à vilains traits, pour ouïr des « Putains »
À longueur de journée ; un mot qui ne caresse
En rien les faux tracas ou les mauvais potins.
La prévenance est enfouie et les catins
À faire ont mieux que de panser une détresse !
Enfant, notre parler était respectueux,
Qui se serait permis d’être délictueux ?
Craignant le pied au cul ou le grand coup de latte.
De jour en jour se perd le clair et bon Français,
Deviendrais-je vieux jeu ? C’est ce que je pensais !
Mais que nenni, ma Muse encor ma langue flatte !
Mouwachah à Lise
(À Élisabeth)
Élisabeth, te souviens-tu de ce village
Où nous vivions, toi dans ta vie et moi tout près
Au moulin, cependant proches dans un bel âge
Mais trop loin sur nos seuils entourés par les prés ?
Nous fréquentions les mêmes bancs, la même église,
Sans le savoir vraiment, comme le temps est gourd !
Ont coûté nos saisons pour qu’enfin il se brise,
Et se remémorer un souvenir trop court
Perdu dans une gare, au fond d’une valise
Où se trouvaient les mots des instants aboutis ;
Mais c’est en relisant un poème de Lise,
Qu’un virus s’est posé sur des vers engloutis.
Oui, c’est toi, grande Dame, et mince est mon langage
Pour t’offrir un bouquet de vers cueillis auprès
De Muse, mais elle est douce en coloriage
Pour te dire ô combien mes traits sont diaprés.
Car grand fut le plaisir, sans autre convoitise
Que d’écrire un mémoire entre Nord et Sud, pour
Partager ces moments sur une verve acquise
Dans un lycée où la tiédeur faisait le jour.
Partez, ma muse !
Ma chère, je vous sers un triolet,
Avec bel espoir qu’il ne vous déplaise,
N’ayant de temps pour vous instruire un lai,
Ma chère, je vous sers un triolet.
Ne me dites surtout qu’il est trop laid,
Vous m’en trouveriez bien fort mal à l’aise,
Ma chère, je vous sers un triolet
Avec bel espoir qu’il ne vous déplaise !
Il est vrai, j’aurai pu, d’un virelai
Vous servir mon ardeur sur une braise,
Mais le moment fait défaut au délai,
Il est vrai, j’aurai pu, d’un virelai …
Mais ma plume hier soir m’interpellait,
Asséchée hélas de cette fournaise,
Il est vrai, j’aurai pu, d’un virelai
Vous servir mon ardeur sur une braise !
|
Pour citer ces poèmes
|
|
Khris Anthelme, « À ma muse », « Mes respects, Muse ! », « Mouwachah à Lise (À Élisabeth) », « Partez, ma muse ! », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°6 [En ligne], mis en ligne le 11 novembre 2015. Url : http://www.pandesmuses.fr/2015/11/extraits-poemitude-entre-muse-plume.html/Url :
|