11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:29

 

 

Annonce de parution 


L’évangile selon saint Carême

9ème recueil posthume  

 

           Maurice Carême

 

 

 

©Crédit photo : Portrait de Maurice Carême par l'artiste Felix De Bœck

 

Titre : L’évangile selon saint Carême
Auteur : Maurice Carême
Éditions : L’Âge d’Homme
Parution : 2013
Couverture : Portrait de Maurice Carême par l'artiste Felix De Bœck
Collection : N/A
Genre : Poésie
Reliure : Broché
Format : N/A
ISBN: 978-2-851-4311-7
Prix : 16 €
Url. http://www.lagedhomme.com/boutique/fiche_produit.cfm?ref=978-2-8251-4311-7&type=67&code_lg=lg_fr&num=0

 

 

Extrait

 

  

 

SERAIT-CE TOI MA MÈRE...
 

 

Serait-ce encore toi, ma mère,
Dont la voix familière
Semble emplir tout le
ciel ?
Est-ce toi préparant là-haut
Le lait, le pain, le miel,
Toi qui me regardes, hésitant,
Le visage au carreau
Et ne sachant vraiment que faire
Pour retrouver, sur cette terre,
Mon bonheur candide d’enfant ?


 

Présentation de l'éditeur

 

L’évangile selon saint Carême est le neuvième recueil posthume de Maurice Carême. À partir du milieu des années 60, l’écrivain travaille simultanément à l’écriture de plusieurs recueils qui représentent chacun une facette de son inspiration. À sa mort, il laisse onze volumes prêts à être publiés. L’évangile selon saint Carême est caractéristique de l’ironie du poète qui aime jouer avec son patronyme, mais il révèle surtout la recherche spirituelle qui anime son oeuvre et se marque dans des recueils comme Heure de grâce ou Complaintes.


S’il est fasciné par la figure du Christ, Maurice Carême s’écarte d’une vision dogmatique de la religion. Sa spiritualité est vécue comme une mise en question permanente et évolue vers le panthéisme. Au Paradis, que les religions promettent dans un autre monde, il substitue la recherche du Paradis ici-bas. Au milieu d’un monde brutal, le Paradis semble, pour le poète, être parfois « à portée de main ». Il se révèle au détour d’un rêve, dans les petites joies du quotidien ; il jaillit dans la méditation au coeur de la nature lorsque l’homme ressent sa participation profonde au mouvement du cosmos qui l’entoure ; il peut naître à tout moment entre les hommes si ceux-ci sont capables de se mettre à l’écoute bienveillante de l’autre. Ce qui intéresse Maurice Carême dans le fait religieux est donc, avant tout, l’homme. Les églises lui apparaissent ainsi comme des lieux sacrés parce que des êtres humains ont mis toute leur âme et leurs forces à les bâtir, parce qu’ils sont venus y prier pendant des générations avec espoir et douleur.
Au soir de sa vie, dans L’évangile selon saint Carême, Maurice Carême parcourt les épisodes de l’Histoire sainte apprise dans son enfance. De l’annonciation à la mise en croix, il jette sur eux un regard tantôt narquois tantôt grave. Il y retrace son propre cheminement et pose souvent les questions métaphysiques
sous un voile d’humour.

 

 

 

Auteur

 

Maurice Carême , né en 1899, est l’un des auteurs belges les plus connus et les plus lus. Consacré « Prince en poésie », il reçut de nombreux prix littéraires tout au long de sa vie, notamment le « Prix Rossel », le « Prix triennal de poésie », le « Prix de l’Académie française » ou le « Grand Prix international de poésie ». Son oeuvre, au départ marquée par les avant-gardes, s’oriente à partir des années 30 vers une quête de la simplicité et du dépouillement. De cette rupture, naîtra le recueil Mère, qui est une profonde réflexion sur le deuil, mais également sa poésie pour les enfants. L’enfance apparaît dans son œuvre comme la seule voie pour réenchanter le monde.

La recherche stylistique de Maurice Carême est celle de la fluidité. Il rêve de parvenir à « une forme si dépouillée, si simple qu’elle deviendrait transparente comme un vitre sous laquelle on verrait battre le cœur du poète »

 



Pour citer ce texte 


« Maurice Carême, L’évangile selon saint Carême, 9e recueil posthume aux Éditions L’Âge d’Homme, 2013 », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°2 [En ligne], mis en ligne le 11 avril 2013.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-maurice-careme-l-evangile-selon-saint-careme-116907268.html/Url. http://0z.fr/no14p

 

 

Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:29

 

 

 

Conférence  


 

Quarante ans de recherche sur


 

les femmes, le sexe et le genre

 

         


Armelle Le Bras-Chopard 

 

 

http://ecx.images-amazon.com/images/I/41XW3EH2CEL._SL500_AA300_.jpg   

©Crédit photo : Couverture de l'éditeur


L’Institut Émilie du Châtelet a le plaisir de vous inviter à la prochaine séance de son cycle de conférences :

 

Samedi 13 avril 2013

14h à 16h : Campus des Cordeliers, amphi Bilski-Pasquier, 21 rue de l’École de Médecine 75005 Paris. Métro : Odéon. Entrée libre dans la limite des places disponibles

 

Armelle Le Bras-Chopard


Politologue, professeure à l’Université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines, retracera son parcours de recherche en l'éclairant d'analyses de son champ scientifique.


Armelle Le Bras-Chopard est la première femme à avoir été agrégée de science politique en 1986. Elle est professeure à l’Université de Versailles-Saint-Quentin en Yvelines depuis la création de cette université. Elle y a été notamment élue vice-présidente pour les relations internationales.

De 1999 à 2009, elle fut chargée de mission au ministère de l'Éducation nationale pour l’égalité des chances femmes/hommes dans l'enseignement supérieur. Elle a également dirigé entre 2008 et 2012 le Séminaire Genre et Politique avec Mariette Sineau (AFSP/Science po) et,  depuis 2010, elle assure un cours de master sur le genre à la faculté de Tanger. Membre du jury des concours de recrutement de l’École nationale de la magistrature, de l’agrégation interne de science politique, elle a aussi été membre du jury du Prix de thèse sur le genre de la Ville de Paris.

Ses travaux ont fait l’objet de conférences dans de nombreuses villes étrangères à Pékin, Buenos-Aires, Montevideo, Casablanca, et aux États-Unis, au Liban, en Syrie, en Jordanie, au Danemark.

Ses principaux ouvrages illustrent ses champs de recherche de prédilection : la mise en évidence de la force des liens entre la puissance sexuelle et le pouvoir politique, un pouvoir politique construit en France sans les femmes sinon contre elles. Pour chaque époque Armelle Lebras Chopard dresse le tableau minutieux et savant de la manière dont les institutions masculines ont porté une attention constante à maintenir et, si besoin est, à chasser les femmes hors de « l’espace de la citoyenneté ». À cet effet, elle se saisit des  textes théologiques, scientifiques et philosophiques classiques mais aussi de bien d’autres souvent tombés dans l’oubli telle La Démonologie des sorciers de Jean Bodin ou les œuvres littéraires de Machiavel. S’y ajoute son analyse de l’œuvre longtemps mal comprise de Pierre Leroux, l’inventeur du mot socialisme, pour qui l'égalité ne peut se déployer que dans le respect de l'individualité et dans la lutte contre le « régime des castes », c’est-à-dire non seulement contre les inégalités économiques et politiques mais aussi contre les inégalités sociales issues du racisme et du sexisme.

 http://ecx.images-amazon.com/images/I/41PW93EYF4L._SL500_AA300_.jpg

©Crédit photo : Couverture de l'éditeur


 Quelques titres : De l’égalité dans la différence : le socialisme de Pierre Leroux (Presses de Sciences Po, 1986 ; La Guerre. Théories et idéologies (Montchrestien,1994) ; L’École, un enjeu républicain (dir., Creaphis, 1995) ;  Les Femmes et la politique (dir. avec J. Mossuz-Lavau, L’Harmattan, 1997) ; Le Zoo des philosophes. De la bestialisation à l’exclusion (Plon, 2000, Prix Médicis Essai) ; Le Masculin, le sexuel et le politique (Plon,2004) ; Les Putains du Diable. Le procès en sorcellerie des femmes (Plon,2006) ; Première dame, second rôle (Seuil, 2009).

Addendum : Armelle Le Bras Chopard a été élue au conseil municipal de Guyancourt en 2001 puis, en 2008, nommée adjointe à la culture. Elle a créée, à l’occasion du 8 mars, une série de manifestations intitulée « Le Temps des femmes ».


Prochaine conférence

18 mai 2013 : actualité éditoriale autour d’un ou plusieurs ouvrages sur le care, avec Pascale Molinier, psychologue (Univ. Paris 13 Nord) et Patricia Paperman, sociologue (Univ. Paris 8). Discutantes : Sandra Laugier, philosophe (Univ. Paris 1) et Marie Garrau, philosophe.

 

Programme sur www.mnhn.fr/iec

 

 

Pour citer ce texte 


« Armelle Le Bras-Chopard, ''Quarante ans de recherche sur les femmes, le sexe et le genre" » (conférence de l'IEC), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°2 [En ligne], mis en ligne le 11 avril 2013.

Url.http://www.pandesmuses.fr/article-quarante-ans-de-recherche-sur-les-femmes-le-sexe-et-le-genre-116851937.html/Url. http://0z.fr/mKQWH

 

Le Pan poétique des muses publie vos chroniques qui portent sur ce genre d'événements


 

Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
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Annonce de parution 


   Sur les sentiers d'Éros

         

Marc Bernelas 

 

 

 Couverture Sur les sentiers d'Eros

 ©Crédit photo : Couverture - Sur les sentiers d'Éros   

 

Titre : Sur les sentiers d'Éros 
Auteur : Marc Bernelas   

Éditions :  Chevillon ; M. Bernelas  

Imprimé en numérique, Lille, France pour The Book Edition

Parution :  2012
Collection : Arabesque
Genre : Poésie
Reliure : N/A

Format : N/A

 Couverture illustrée,  20 cm

ISBN : 978-2-9541981-3-2

EAN : 9782954198132

Prix : 8, 70 €
Url. http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb42779655h/PUBLIC

 

 

Réception/critique dans un média


  • Dina Sahyouni, « Éros chez les Muses. À propos du recueil Sur les sentiers d'Éros de Marc Bernelas » dans le n°3, (dir.) Françoise Urban-Menninger, Le Pan poétique des muses, à paraître en 2013

 

Présentation de l'éditeur


Marc BERNELAS est né à Niort (Deux-Sèvres) en 1959. Il dit "Chez moi" en évoquant le Marais Poitevin. Ses premiers textes datent de ses 9, 10 ans. Il est professeur des écoles. En 1990, il rencontra sa dame de Champagne et la rejoignit en Haute-Marne. Muse, elle l'encouragea à écrire et à publier, compagne, elle lui fit découvrir les fleurs et les épines de la paternité.

 

Auteur


Marc Bernelas

 

 

 

Pour citer ce texte 


«  Marc Bernelas, Sur les sentiers d'Éros, coll. Arabesque, éd. M. Bernelas, imp. The Book Edition, 2012, 44 p. », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°2 [En ligne], mis en ligne le 11 avril 2013.

Url. http://www.pandesmuses.fr/article-marc-bernelas-sur-les-sentiers-d-eros-116839675.html/Url. http://0z.fr/IVkjK

 

 

Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
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Réception & Critique
 

 

Bleue comme la mer,

 

 

comme l'encre suave...

 

À propos du recueil Lettres à Bleue

 

d'Aurélie-Ondine Menninger

 

Dina Sahyouni

            

178-Marionnette ©Crédit photo : Marionnette par Aurélie-Ondine Menninger

Cette œuvre a été créée pour un film islandais : " Syndadansinn for solo piano" (sur You Tube)

 

Couverture Lettres à Bleue

©Crédit photo : Couverture-Lettres à Bleue 

 

« Ma petite Bleue, es-tu ma sœur, mon double, mon souvenir ?

Es-tu la rivière où je plongeais mes pieds, dont les reflets jouaient avec le miroir du soleil ?

Es-tu Ennaïa..., cours-tu toujours ? Es-tu Blanche, Lou, es-tu toutes celles que j'ai fait naître un soir de tristesses, sous mes doigts ?...

Es-tu une autre ? Es-tu la seule ?... N'es-tu pas encore ? Si tu savais, ma petite Bleue, ce qu'écrire me manque... » (Lettre 1, p. 7)

*****
 
Comme l'encre suave...
 

Bleue comme l'encre suave, comme la mer, comme la mère, comme les bas-bleus d’antan… Blue comme l'écriture, comme la poésie, comme la blessure d'une âme qui chavire… Bleue est cette blessure bleue que l'on cache au fond de soi... Bleue est le féminin de bleu, son égale mythique... Un style épuré, des mots vivants, des émotions à l'état brut, de la poésie à couper le souffle, c'est cela aussi Lettres à Bleue.
Être étrangère à soi-même, être l’autre qui m’interpelle, qui me fait naître dans la langue, qui vient à ma rencontre, qui m’aime puis me réinvente… C'est cela aussi Lettres à Bleue.

 
Voix-Voie
 

Paru en mars 2013 sous le titre Lettres à Bleue aux Éditions Éditinter dans la collection « L’Échappée belle » dirigée par l’auteur Robert Dadillon, ce recueil est composé de 19 lettres-poèmes en prose qui décrivent entre autres la quête de l’épistolière Ondine de Bleue. C’est un ensemble de lettres écrites entre 2010 et 2012.
Ce recueil se lit d'une traite, nous projette sur l'autre rivage, celui qui parle aux plis les plus profonds de l'être. Là-bas, on se promène avec l'auteure Aruélie-Ondine Menninger transformée en nymphe des eaux Ondine*.
 
C'est l'histoire d'Ondine (être féminin de l’univers bleu) qui écrit à Bleue (être féminin intemporel, inconnu, polyforme et polyphone).
Le personnage Bleue est à la fois la personnification par l'écrit de l'écriture, de la lecture, de la poésie, de l'âme, de l'enfant, de la femme-fleur, de la mer, de la blessure, de la lettre, de l'idée que l'on a de soi-même, de la folie, de l'autre féminin, de tout et de rien à la fois…

La Muse bleue de l'auteure est intemporelle, intouchable, palpable, une Galatée, un émoi devenu le moi qui advient lors de l’adresse dans le genre épistolier… Bleue est « l’âme », « l’enfant-fleur », « l’amie dansante », la danse des mots...  C’est le Tango des poètes, la liberté qui les attire vers le précipice, vers l’abîme.
Les figures de Bleue sont aussi celles du moi de la femme poète. L’épistolière va à la rencontre d'elle-même par l'écrit, elle s'engage dans une quête de soi, dans une poétique et un lyrisme époustouflants. Un cri émane pourtant des appels, de cette conversation muette entre Ondine et Bleue silencieuse. Un bruissement émerge de cette créature qui prend forme au fil des mots : une voix-voie…
Bleue est aussi cette tâche d’encre qui colle à la peau de chaque femme qui écrit. L’expression du bas-bleuisme qui demeure, qui tâche et entiche celles qui écrivent dans l’histoire littéraire.


Le personnage Ondine est l’épistolière ou la destinatrice qui a besoin d’écrire à Bleue. Celle qui représente son reflet est celle qui lui ressemble et qui pourra la lire et la comprendre : c’est la destinataire Bleue.
L'être féminin mythique Ondine est une représentation de la maternité, de la fécondité, de l’eau et de la limpidité. Elle symbolise la féminité bienfaisante dans toute sa splendeur. Ondine est celle qui entame une quête, qui vit dehors et s’adresse à ce qui est dedans par le biais des mots. C’est celle qui écrit, qui crée et qui a une voix mais cherche une voie. C'est la voix de la femme poète, c'est cette poésie qui coule en elle, c'est l'histoire d'une rencontre immuable qui s'écrit et se vit dans la création.

Le fil rouge du recueil est le présent de l’écriture. Un lien viscéral lie cette femme auteur à l’écriture. Dans la présentation lumineuse et spirituelle de la mort, la destinatrice Ondine déborde de bonté à l’égard des femmes, des personnages minces, réduits aux prénoms et à quelques descriptions brèves.

Écrire pour Ondine, ne relève pas uniquement d’une nécessité absolue qui lui ouvre les portes de l’imaginaire (des vies parallèles et de l’errance), Écrire devient Vivre et traduit le sens des moments vécus. Écrire n’est plus Dialoguer avec l’autre mais Converser avec soi-même et avec les autres… Or, l’écriture permet cet état d’entre-soi et de l’entre-deux.
Comme l’on peut voir dans le fameux schéma de Jakobson, Lettres à Bleue est une machine à cloner. Elle clone sans cesse et simultanément la destinatrice et la destinataire tout en fabriquant des états d’entre-deux voire d’interstices.
Écrire est se créer, Écrire est s'assujettir et assujettir autrui... C’est exister et s’interpeller dans le langage ;  les barreaux du récit de soi s’effacent… Le poème s‘étire en lignes et les lignes en espaces-lieux-moments de vie.

Le livre commence par la mise en scène d’un territoire imaginaire où l’épistolière sème les premiers mots de l’existence de Bleue. Elle est celle qui manque : la voie. L’adresse ‘’Chère enfant’’ crée cette parenté discursive ou au moins intellectuelle. Ondine s’affiche comme la mère de Bleue ou l’adulte par défaut... Celle qui détient l’autorité et qui représente la loi.
La femme poète nous la décrit puis crie son prénom et le répète en babillement d’enfant qui apprend à nommer les choses (voir pp. 32-33, 43-44). Elle apprend à nommer Bleue tel le bruissement des gouttes d'eau, telle la musique du soi apparaissant quelque part à l’intérieur du moi…
 
 
 
De la sonorité et du rythme


Dans le miroir de l’encre limpide qui devient eau, les modèles féminins défilent et prennent vie. Les lettres-poèmes créent un découpage rythmique haletant fort intéressant à étudier. De même, cette masse de vocabulaire cristallin résonne ici et là et au creux des pages.
Les interjections, les onomatopées et les répétitions intensifient la sonorité des lettres. De même, la ponctuation, le babillement (dont on a parlé) et l’errance des mots accentuent les sons et amplifient les échos sémantiques. Or, le rythme varie selon la lettre et son objet. La destinatrice évolue avec le temps qui traverse les pages comme les souvenirs qui nous terrassent  soudainement.
 

 
Dedans-dehors-dedans ou de l’économie de l’écriture-Je-lecture
 


Ce livre est composé de 19 lettres brèves d’une longueur variée qui couvrent la période allant d’avril 2010 à octobre 2012. Chaque lettre est une scène portant sur un thème important pour l’épistolière (destinatrice) et lui permet d’exprimer sa vision sur l’enfance, l’écriture, la mort, l’amour, la vie, l’amitié, etc. Les lettres sont datées, signées, et les lieux sont également mentionnés comme l’état d’esprit de la destinatrice qui se prénomme Ondine.
Ce prénom féminin n’est pas étranger à l’auteure Aurélie-Ondine Menninger. Il fait partie de sa vie réelle. Elle joue avec cette double personnalité que lui offre son prénom composé. Et l’on peut même lire Lettres à Bleue en se basant sur ce point de vue. Ondine (la destinatrice) écrit à Aurélie (surnommée Bleue qui est la destinataire) pour faire émerger Aurélie-Ondine ou Bleue-Ondine. Comme les deux faces de la même pièce. Une sorte de dédoublement qui renvoie au même dans une autofiction poétique que permet le genre épistolier.
Cette lecture a toutefois ses limites puisque la destinatrice Ondine ou la face cachée signe sa dernière lettre différemment en ajoutant la lettre N à son prénom Ondine. La fée ou la nymphe "Ondine" devient "Nondine'' et "Bleue" se transforme aussi en "Myosotis". Cette chute vertigineuse a sûrement un sens (qui reste à découvrir) et produit une nouvelle poétique propre à cette œuvre singulière.
 
 
 Le genre épistolier offre à Aurélie-Ondine Menninger la possibilité de décrire l’errance de l’être à travers l’errance du langage qu’elle emploie. Elle évoque des représentations diverses de l’être féminin et un florilège de féminités construites culturellement où les femmes peuvent se reconnaître. Aurélie-Ondine Menninger nous fait découvrir les vertus poétiques du genre épistolier. Ses lettres sont des poèmes en prose, des lettres-poèmes messagers de l’entre-soi, d’une mise à distance du moi par la correspondance.
Dans Lettres à Bleue, Ondine est celle qui écrit, Bleue est celle qui lit et la lettre est le média. Cette Bleue est unique, un être à part, une autre par son prénom, par sa consistance, par l’adresse… Bleue est également la lecture (ou l’acte de lire) personnifiée. Ondine est l’écriture (ou l’acte d’écrire) qui présuppose l'existence de sa lectrice : soi-même.
Sa correspondance poétique révèle un acte fondateur du moi : s’interpeller et héler l’autre par et dans l’écriture, dans la langue qui nous (dé)construit tout le temps. Bleue a un être et un paraître soigneusement condensés et cryptés dans les lettres-poèmes de l’épistolière-poète. La profondeur de Bleue se réduit aux figures polyphoniques errantes et démultipliées de la destinatrice qui se crée puis se différencie dans la lettre lors de la signature. L’espace discursif de chaque lettre est l'intervalle. La destinatrice et la destinataire sont multiples et les reflets à la fois similaires et contradictoires du moi. L’écriture est le territoire de leur rencontre puisqu'elle est l'expression de la correspondance : on écrit au moins pour créer une lecture du monde ou pour l'interpeller.
 
La correspondance poétique d'Aurélie-Ondine Menninger met à mal l'existence d'une quelconque séparation possible entre le dedans et le dehors car l'entre-deux les lie, les modifie sans cesse.
La lettre regroupe ainsi à la fois le dehors, le dedans et l’entre deux pour devenir l’entre-deux : l’autre-média qui permet d’être tout cela à la fois. Ondine, Bleue et toutes les autres femmes grâce à l'écriture/lecture.

 
Les mythes et les réalités s’unissent dans cette écriture symbolique, dans la création même de l’entre-soi et de la femme poète lectrice (d')elle-même. C'est aussi le passage du bas-bleu à Bleue. Les lettres se succèdent et la quête de soi s’affirme, s’écrit puis se réalise sous la plume d’une Ondine qui signe en quelques lignes noires mais bleues dans le regard le sens secret de la vie.
 
 
  *Ce modèle féminin constitue un personnage littéraire indémodable qui inspire depuis des siècles les poètes, artistes et les musicien.ne.s. On peut citer par exemple le poème "Ondine" (1901) de Renée Vivan ou le conte de Friedrich de La Motte-Fouqué qui raconte l'histoire d'Ondine (1811), etc.
 

Pour citer ce texte

 

Dina Sahyouni, « Bleue comme la mer, comme l'encre suave... À propos du recueil Lettres à Bleue d'Aurélie-Ondine Menninger » , in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°2 [En ligne], mis en ligne le 11 avril 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-bleue-comme-la-mer-comme-l-encre-suave-116838047.html/Url.http://0z.fr/y_9lq 

 

Auteur(e)

 

Dina Sahyouni     

 

Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 17:29

 

Poèmes

Poemas


Mario Portillo

            

 Portada

©Crédit photo : Couverture de l'éditeur

 

 

 

III


 
Dédié à Mireya, avec amour

Contempla el silencio,
fúndelo con tu
latido. Creas armonía.


 

VII

 

 

Noche : Versos sobre la
página oscura
con palabras que brillan.

 

IX

 

Todas mis voces guardas
en tu corazón.
Perfil de mi tintero.

 

 

Pour citer ces poèmes

 

Mario Portillo, « Poemas » (extraits de son recueil Buscarte para encontrame), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°2 [En ligne] , mis en ligne le 11 avril 2013. Url. http://www.pandesmuses.fr/article-poemas-116836949.html/Url. http://0z.fr/t6UaE 

 

Auteur(e)


Mario Portillo  (ou Mario Portillo Pérez)    

 

Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm

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