5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 10:53

 

PÉRIODIQUES | REVUE MDV | N°1 CÉLÉBRATION

 

 

 

 

​Célébration​​​​​​

 

 

© Crédit photo : Cristina Rap (illustration et photographie), Marceline Desbordes-Valmore, dessin inspiré de ses œuvres, été 2020.

 

Succinct

 

 

Do (Dossier)

 

Jean-François Blavin, « Marceline Desbordes-Valmore »

 

Annpôl KASSIS, « Les poèmes de Marceline Desbordes-Valmore chantés, parlés, accompagnés »

 

Ré (Réceptions)

...... 

 

Mi (Miroirs)

.....

 

Fa (Fatum)

.....

 

Sol (Solinote) 

 

......​​​​​

 

La (Larmes-armes)

....... 

 

Si (Sirènes de la visibilité)

...... 

 

Do bis (Dossier)

Annpôl Kassis, « Une découverte : Ondine Valmore, symboliste avant la lettre » (volet 2)

....

 

AS (Anthologie & Spicilège)

 

Anthologie

 

Dina Sahyouni, « Plainte en sourdine » 

Maggy de Coster, « Prosopopée. Les Confidences de Marceline Desbordes-Valmore »

Cristina Rap, « Deux illustrations pour le poème "La Mort du Papillon" d’Ondine Valmore (vv. 21-24 et 27-32) »,  « Illustration pour le poème "Le Derviche et le Ruisseau" de Marceline Desbordes-Valmore »

Michel Orban, « À Marceline »

 

Sarah Mostrel (poème & illustration), « Comme l'oiseau chante » (volet 2)

 

 

Spicilège

 

Maggy de Coster (poème de Marceline Desbordes-Valmore sélectionné & traduit en espagnol par), « L'oreiller d'un enfant / La almohada de un niño »

Shadi Saboji (textes sélectionnés & traduits en persan par), « مارسلين دبور وال مور/Marceline Desbordes-Valmore,  "باور کن مرا" /"Crois-moi" », « مارسلين دبور وال مور/Marceline Desbordes-Valmore, "عشق"/"L'Amour"», « مارسلين دبور وال مور/Marceline Desbordes-Valmore,  "گل های زر سعدي" /"Les roses de Saadi" ».

 

 

ISSN numérique :

 

à venir

 

Périodique annuel 

proposé en parution

imprimée (aura lieu en 2021)

numérique dans la revue 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES

Revue MDV sur Twitter

 

 

Pour citer cet avis de parution

 

REVUE MARCELINE DESBORDES-VALMORE, « Célébration|Succinct »Revue Marceline Desbordes-Valmore« Célébration », n°1, mis en ligne le 11 mai 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/periodiques/mdv/no1

 

 

 

Page en construction créée

le 28 mai 2020 par

Aude et David Simon

 

Dernières mises à jour : 28 mai 2020, août 2020​​​​​, avril 2021

 

© Tous droits réservés

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REVUE MDV - dans REVUE MDV
5 avril 2021 1 05 /04 /avril /2021 10:52

 

PÉRIODIQUES | REVUE MDV | N°1 Célébration | DO  Bis (ou Dossier bis) & Événements poétiques | Megalesia 2021 | Dossier Mineur : Muses & Poètes. Poésie, Femmes & Genre

 

 

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Une découverte : Ondine Valmore

 

 

symboliste avant la lettre

 

 

 

 

 

Annpôl Kassis

ou ici

 

 

 

 

© Crédit photo : Ondine Valmore, image fournie par la rédactrice de l'article. 

 

DEUX NOVEMBRE

(Novembre 1844).

 

D'un sourire d'été Novembre se colore;

Le soleil s'est levé, riant et tiède encore.

Les oiseaux, étonnés du pur éclat du jour,

Comme aux chaudes saisons veulent chanter l'amour.

Où s'est caché l'hiver ? Tout renaît, tout s'éveille,

...

Et chacun reconnaît que c'est fête aujourd'hui.

C'est votre fête, ô morts ! Et l'univers vous chante...1


 

Depuis Charlemagne, le 1er novembre est instituée jour des saints chrétiens (la Toussaint) ; environ un siècle plus tard, le 2 novembre est institué le Jour des Morts, et… Le 2 novembre 1821, nait Marceline, Justine, Hyacinthe, Line pour les intimes, très vite joliment surnommée Ondine. Hasard de la nature en cette date ou symbolisme avant la lettre, qui hantera sa fragile et éphémère présence sur terre ? Car, à partir de son 21ème anniversaire, la même question se posera à elle, ici en 1844, puis en 1846, en 1848 et jusqu’en 1852, peu de mois avant sa disparition, elle cherchera et parfois trouvera une réponse partagée entre mysticisme et poésie.

 

                                         Et vos âmes errantes

Tressaillent à l'appel de nos cloches vibrantes.

Les vivants aujourd'hui vous parlent à genoux :

C'est votre fête, ô morts ! O morts, écoutez-nous !

...

Car vous êtes là-haut plus vivants que nous- mêmes,

          Et peut-être..

...C’est nous, pâles vivants, que vous nommez les morts.

...
 

En 1844, Ondine Valmore a 23 ans et c’est déjà une poétesse affirmée qui se confirmera au fil du temps. Notons au passage que la forme très rare du huitain, aux rimes enlacées, que la jeune autrice utilise ici et très régulièrement par la suite, souligne une grande connaissance et une vraie maitrise de l’expression et du langage poétiques.

 

Revenir à la courte vie d’Ondine, peut expliquer et justifier ce questionnement. Ondine était la quatrième enfant de la famille Valmore, dont les deux premiers – un garçon et une fille – étaient morts très tôt semant le désespoir chez la mère, Marceline Desbordes-Valmore, elle-même orpheline à quinze ans, qui, très jeune avait cumulé de dures épreuves. Ces pertes douloureuses furent à jamais inscrites dans la mémoire familiale. Sans nul doute, le deux novembre, les jeunes parents devaient visiter les sépultures de leurs enfants ou au moins évoquer leur disparition, ou en partager des  souvenirs. Sans nul doute également, cette profonde et incurable douleur chez la mère entretint une inquiétude permanente et autant d’espérances que de désespérances qui menèrent à une extrême vigilance marquant l’éducation de la petite fille.

En famille : Une enfance et une adolescence protégées... pourtant ouvertes et libérées. Ondine était une enfant tranquille, mais peu causante aux yeux de sa mère ne comprenant pas ce qu’elle nommait « silence, du retirement de cloître»2 et voyait en elle «un ange de fer»*

Ondine, reçut une éducation sans faille de ses précepteurs, mais son comportement et sa détermination monopolisèrent l’attention des parents. Elle s’enfermait des heures durant dans ses rêves contemplatifs, ses lectures, plus tard ses études religieuses, de lettres, de latin, de langues, et de mathématique, de physique plongeant dans des examens techniques hors normes qui lui « brulaient le sang et le cerveau.»*

Ce « petit cheval toujours à l’ouvrage »* était pourtant frêle et fatigable, d’où l’inquiétude maternelle. Cependant elle était très proche de son frère ainé Hippolyte, avec qui elle s’amusait, lisait et jouait des saynètes – une complicité dont leur petite sœur, Inès née cinq ans après Ondine, se sentait exclue et qui créait des tensions, des jalousies enfantines qui se prolongèrent jusqu’à son adolescence. Son originalité et sa créativité, faisait d’elle un être à part, d’autant que sa mère l’entrainait dans des salons d’amis ou au théâtre – ainsi chez Mme Récamier, où elle devint dès ses 5 ans « la merveille  du genre »*, admirée de tous. Elle avait à peine 10 ans, quand Mlle Mars, la grande comédienne, proposa de « montrer ce diamant sur scène », ce que refusa sa mère, d’une part car elle détestait la profession mais surtout parce que la santé fragile de la jeune fille porteuse de tuberculose était pour la mère un vrai souci pour la mère.

Cette mère qui souffrait de la « froideur » de sa  fille, de son indifférence à « l’aiguille, la couture, à  son apparence de cosaque» peu soignée, était pourtant aimée d’elle et le lui témoignera, à sa façon :

 

Quand, mère, tremblante et craintive,

Tu me vis à mon premier jour,

Au lieu d'une voix plaintive,

Ta fille souriait au jour.

Mais une mère a tant d'alarmes !

...

Vois-tu, si je naquis sans larmes,

C'est que le bonheur m'attendait.

...

Je venais donc dans cette vie

T'apporter et chercher l'amour...3

 

Une belle adolescence, une jeunesse studieuse mais maladive, qui la pousse vers les études avancées, la créativité dans l’art, la peinture, le dessin et une religiosité teinté de mysticisme qui lui sert de refuge et de support, et même bientôt une indépendance financière, puisque sur recommandations d’amis, elle commence par donner des cours particuliers de français et d’anglais à des jeunes filles, puis à vingt-trois ans devient sous maitresse dans une Institution pour jeunes filles et à vingt-huit, Inspectrice d’Institutions éducatives pour la préfecture ! Quel parcours !

 

Oui mais... Et l’amour, les promesses, les promis...l’indispensable mariage : 

 

La mère la comprend de moins en moins et considère son avenir avec perplexité. La seule solution dans ce cas c’est...un mari. Et la voilà en quête...la mère, pas la fille ! Qui n’a rien contre mais ne fait rien pour... Elle va avoir trente ans...

Plusieurs petites entr’aperçus même pas entrevues, de faux espoirs d’un Malhortie peu galant qui lui fait écrire de guerre lasse « Va, l'amour d'un tel cœur ne vaut pas une larme : « Aimèrent-ils jamais, ceux qui cessent d'aimer! ». Voilà l’ami Ste Beuve, de 19 ans son aîné, qui s’avance d’un pas, lors de soirées ludiques organisées à l’Institution où il partage jeux, tables, et discussions avec Ondine... et qui recule de deux.

C’est à désespérer et elle désespère dans l'Étoile du soir :

 

Ah, si j'aimais, si l'on m'aimait de même

Tes purs rayons ne me feraient plus peur.

Déjà mon cœur a battu d'espérance…

 

Se présente enfin LE candidat sérieux : Jacques Langlais, 40 ans, veuf, père de deux garçons, avocat, vaguement écrivain-nouvelliste lui-même. Il s’attache à l’intelligence et à la sensibilité supérieure de la jeune femme. Le mariage de raison de 1850, se transforme vite. Le couple développe un vrai amour et elle le dit « À Jacques », deux poèmes de 1850 et 1851 :

 

... Et toi qui m'as donné cette foi souveraine

Toi qui mis dans mon cœur cette flamme sereine,

Cette nouvelle force et ce vivant amour...

Et le second :

...Plus doux que la rosée et plus doux que l'aurore,

Dans les bienfaits de Dieu j'en connais un encore

Ce don, mon bienaimé, ce don-là, c'est l'amour.


 

Amour que partagent les deux garçons car une famille se forme, un bébé nait en février 1852. Mais la vie en décidera autrement : le bébé disparaitra en mai 1852, et Ondine épuisée le suivra en février 1853. Restent ses Cahiers riches de toute son histoire


 

Une vocation de poétesse

 

Le 6 décembre 1832 Lamartine perdit sa fille et Ondine, âgée de 11 ans, lui adressa, début 1833,  le poème intitulé (établissant un lien durable avec le poète).

 

À UN PÈRE

Ô Lamartine, ô toi que le ciel a formé

De tout ce qu'il avait de pur et de suave !

C'est donc triste d'aimer! Quand ta lyre divine

Berçait l'enfant joyeux par ton cœur adoré,

...La mort le regardait

... Père, console-toi ! Ta fille bien-aimée

Est montée où la mort n'entre que désarmée!

C'est Dieu qui l'a voulu, c'est Dieu qui l'aimera !

Ainsi ne pleure plus, Père, il te la rendra.

 

Le texte fut publié  dans le numéro daté du 18 mai 1834, de la revue lyonnaise, Le Papillon, probablement par les soins de Marceline Desbordes-Valmore.... Par la même occasion, la religiosité de la jeune fille se déclare déjà ouvertement.

La jeune poétesse ainsi révélée ne faiblira jamais, répondant en mots et en images aux circonstances de l’histoire et de la vie, abordera tous les sujets : l’amour, la nature, la mort omniprésente, adoptant de multiples formes du quatrain rimés, à l’octain (une forme très difficile et rare mais n’oublions pas que sa mère avait créé le onzain) qu’elle perfectionnera utilisant métaphore, symbole, prière, exaltation, voire élégie ou éloge !

Très tôt,  elle se lancera dans les concours de poésie, notamment circonstanciels. Ainsi en 1836, le poème à la Princesse Marie, retient l’attention.

1er août 1839, Le baptême du comte de PARIS, un texte vif, « où elle reste elle-même,  loin des clichés courtisanesques »* qui obtient le 1er prix du grand concours de poésie de l’Institution Levi : elle a dix -huit ans. Elle ne s’arrêtera plus.

Tout au long de sa vie, elle dédicacera ses poèmes à ses amis Marie Bathilde, Jean Louis ; aux plus grands Victor Hugo (en janvier 1840, qui lui répondra), Alfred de Vigny, encore à Lamartine (en 1846), à un ami anglais H. Philips qui l’aurait introduit à la poésie de Cowper qu’elle traduisit, et naturellement à plusieurs reprises à  l’incontournable Sainte Beuve.

Tout évènement lui sert de départ à un poème. Ainsi le 20 mars 1847, elle écrira un poème – toujours un octain en rimes enlacées- à la mort de la grande amie de la famille, la tragédienne Melle Mars qui avait tenté de l’entraîner sur la même voie :


 

Les muses ont pleuré ! Sur leur chaste visage

À ses derniers rayons gémissent leurs adieux.

Elle part, douce reine adorée et suivie,

Une cour à ses pieds l'adorait chaque soir.

Comme eux, ma voix s'élève et ma voix t'a bénie.

Tous pleurent ton soleil, tous pleurent ton génie,

Ils t'admiraient : j'ose t'aimer.

Cet adieu désolé qui vient frapper ton cœur

Qui gémit dans la voix de ceux qui t'ont bénie,

Je ne le dirai pas. C'est un mot qui fait peur.

Au revoir ! Au revoir ! Ô la belle des belles,

Ô la plus reine encor des reines d'ici-bas,

           Au revoir ! On ne peut pleurer les immortelles

 

Et chaque année, revient, revient...son anniversaire

 

VINGT ANS (2 novembre 1842)

(à sa mère)

Vingt ans ! Quoi ! J'ai vingt ans, ma mère, et les journées

Ont apporté cette heure en jouant avec moi.

Quoi ! De si courts instants (') ont formé vingt années !

...

La nouvelle t'effraie, ô mère ardente et sage;

Tu lis dans l'avenir et ton cœur m'y défend.

Oui ! L'avenir est près ; mais, qu'importe ? À tout âge,

Serai-je pas toujours ta vie et ton enfant ?

Ne crains pas ! J'ai vingt ans; tout s'éveille en mon âme.

Je n'ai pas peur de vivre et ne recule pas.

Ne crains pas à me voir commencer le voyage,

Légère de trésors pour payer le bonheur.

Il viendra sans compter, le vivant héritage

M'a mis l'espoir dans l'âme et l'amour dans le cœur.

....

 

Dans ce long poème de 16 quatrains rimés avec soin, se révèle le double aspect du caractère et de l’âme d’Ondine. Son amour avoué enfin pour sa mère et sa famille, et sa technique acquise en poésie.

Les sept premières strophes, passés l’étonnement de fin d’adolescence, c’est la jeune femme courageuse, ouverte à la vie, qui regagne confiance après 6 mois de soins à Londres chez le Dr. Curie (le nom ne s’invente pas !) une expérience dont elle sut tirer profit.

Cependant, les sept strophes suivantes révèlent bien sa fragilité qui la pousse vers plus de dévotion donnant sens à ce qui deviendra sa Vie.

Pour cette célébration poétique de l’anniversaire celui de ses 21 ans, tout en réitérant amour et tendresse pour sa mère, elle affirme définitivement ses vocations de jeune femme active, écrivaine et artiste et mystico-religieuse. 

Poétesse aux multiples possibles, mélomane et pianiste amateure mais connaissant son perfectionnisme on peut imaginer  jusqu’où elle avait dû pousser son amateurisme, elle consacra en octobre 1848 un très long octain en rimes enlacées à Chopin Prélude de Chopin, toujours sur fond mystique, s’appuyant sur la symbolique vivante de la nature.

 

Un autre talent devait compléter son œuvre : la traduction dès 1847. On connait son goût et sa facilité d’apprentissage des langues : l’anglais, le polonais, l’italien, le latin entre autres. Elle se lança donc dans la traduction de poèmes, ce qui ne tolère aucune faiblesse ni interprétation ! C’est ainsi que l’on retrouva dans ses carnets deux Hymnes- de William Cowper-Cowper, un poète du 18ème siècle, à l’origine du romantisme anglais, qui écrivit ces Hymnes à la demande de John Newton un ancien négrier, devenu abolitionniste et vicaire.

En janvier 1850 elle choisit Bhodan Zaleski, poète polonais spécialiste de Lieders mis en musique par Chopin, dont elle traduit Jamais !Oh ! Jamais donc ! et en avril Départ sans retour (9 quatrains) toujours symboliste mais un rien politique car :

 

 

([Sous] Un platane près des ondes

Un jeune homme aux tresses blondes

Se penche en pleurant.

... L'homme dit à sa patrie

L'éternel adieu.

... Par-delà la forêt verte,

Il suit la route déserte

...

Pour chercher loin du grand fleuve (*)

Le pain de l'exil ;

...

La reverra-t-il ?

... 

Non ! Car l'Ukraine féconde

Depuis bien des temps,

Envoie au loin par le monde

Mourir ses enfants

 

Circonstances, actuelles de nos jours et de toujours. La fécondité littéraire d’Ondine  Valmore ne fut arrêtée que par sa mort. Elle aborda toute les formes à sa portée du poème aux aphorismes, du conte pour enfant au théâtre comique, car elle ne manquait ni d’esprit ni d’humour et avec la complicité du grand frère Hippolyte pour les dire et les mettre en scène, tout t avançait vite. Cela, avec une aisance et une élégance formelle d’époque et d’école ...d’école ? Pourtant...

 

 

Une pédagogue d’époque et plus ?

 

De la sous-maîtresse à l’inspectrice académique hyper-compétente, c’est le parcours  méthodique, rigoureux et réfléchi d’une observatrice appliquée au respect des règles sociales et religieuses, autant qu’à la pédagogie et au développement de l’enfant. Le regard qu’elle porte sur l’éducation des filles est ambigu, à une époque où l’éducation des filles n’était ni obligatoire ni gratuit et s’adressait aux classes moyenne et haute, visant à les préparer à leur futur rôle d’épouses et mères.

Dans son rapport d’inspection, une contradiction implicite surprend dont elle ne semble pas avoir conscience. Elle déplore le traditionalisme voire le conservatisme rigide des méthodes éducatives en préconisant un renouvellement et insistant sur la nécessité de créer une École Normale d’Institutrices formant à une pédagogie évolutive, et discrètement réclame la professionnalisation de la femme (attention ! non point des femmes car elle est dans un schéma). Là s’arrête sa réflexion, car Ondine était jeune fonctionnaire, sans grande expérience, loin encore d’un esprit ouvert et laïc et tolérant.

Quant à La Femme...elle s’en expliquera dans une conférence ...assassine

 

Une femme ou un génie ?

(gardons le masculin pour faire bonne figure malgré la marque « e » finale de noblesse féminine et pour répondre avec un sourire moderne à la jeune poétesse inspectrice d’époque.)

 

Notons tout d’abord qu’Ondine vécut sous quatre régimes politiques différents et trois révolutions qui la fit passer du conservatisme paisible de Louis XVIII, ultra de Charles X qui entraina Les Trois Glorieuses 1830 (elle avait alors 9 ans) à La Monarchie de Juillet de Louis-Philippe, et ses avancées sociales et économiques jusqu’à la révolution des « Gavroches » de Juillet 1848. Elle entrevit les espérances de la République... sous Napoléon le neveu, puis du Second empire en décembre 1852.

Les derniers régimes avaient été marqués par les premières revendications sur l’éducation des filles et, la révolution industrielle battant son plein, une classe moyenne se développait où les femmes, plus nombreuses à travailler dans des secteurs variés, revendiquaient leur place.

En ce sens, 1848-52 est une période charnière. Âgée de 27 ans, esprit curieux et alerte, mais de santé fragile, ayant côtoyé les plus grandes créatrices de Mlle Mars, Mme Récamier à George Sand, Louise Colet entre autres, qui bousculaient les clichés autour des « bas bleus », elle ne pouvait ignorer les avancées et les combats des femmes pour leur place (ce qui ne s’appelait pas encore des droits). À l’époque, les publications féminines sans être interdites, étaient considérées d’un œil distant voire méprisant. Il suffit de lire Michelet, hautain, qui n’hésitait pas à les « remettre à leur place » (aux lectrices-teurs de deviner laquelle !).

Quoi qu’il en fût, Ondine n’était pas féministe, loin de là. Peut-être à cause de sa dévotion aux dogmes de Paul ; peut-être parce qu’à 20-30-32 ans, trop impliquée dans ses études, puis sa carrière; peut-être aussi son opposition à sa mère. Bien qu’intelligente et très impliquée par son rôle d’éducatrice puis d’inspectrice, elle n’avait pas eu le temps de réfléchir au-delà des clichés dans lesquels finalement elle s’inscrivait. 

Ainsi Ondine dans une conférence intitulée Discours à propos de Jacqueline Pascal, (la sœur de Blaise Pascal, religieuse janséniste et poétesse), elle déclara que la femme ne devait pas être publiée. Elle pouvait chanter «  elle chante comme un rossignol *» selon sa mère, à l’église ou dans des récitals privés ; elle pouvait écrire, lire et dire, déclamer des poèmes ou des textes, toujours dans les cercles familiaux ou entre amis...

 

Mais non ! Pas écrire pour être publiée. Elle avait même précisé que, si elle était législateur, elle ferait une loi qui l’interdirait. ...Sauf dans une exception : « quant au génie, il est hors la loi; rien ne l'étouffe et il est bon qu'il apprenne à vaincre ».

La question était, pour une femme qui veut écrire et publier ses œuvres, de savoir si elle avait du génie. Curieux raisonnement pour la fille d’une grande poétesse comme Marceline, largement reconnue pour ses publications, ses poèmes mis en chansons! À moins qu’elle ne considérât sa mère et à terme elle-même comme de géniales rebelles. Car rebelle, elle l’était et sûre d’elle. Mais son mari Jacques Langlais, par respect pour elle, hésita longtemps à confier ses Cahiers à sa belle-mère et à Ste Beuve, ce qui maintint à jamais la fille dans l’ombre de la mère.


 

En conclusion

 

Laissant le temps décider, elle avait ajouté :

« Si vous regrettiez pour eux [les génies], l'écho de la postérité, ne craignez pas. Le génie est immortel et son parfum le trahit. Quand vous ne serez plus là pour redouter l'orgueil et le monde, votre nom sortira pur de son obscurité ».

Son nom est-il sorti de l’obscurité ? On peut espérer que la fin du poème d’entrée du présent article le confirme :

 

Oui ! Tout vit à jamais dans une âme immortelle.

Oui ! Tout ce qu'elle aima s'éternise avec elle.

Oui ! Vous vous souvenez ; vous nous aimez encor ;

Le passé du présent enrichit le trésor.

Ah ! puisqu' après le jour un autre jour commence.

Puisque la mort respire et n'est que le silence

Rien ne troublera plus mon libre et calme essor :

Sûre d'aimer toujours, je ne crains pas la mort !



 

© Crédit photo : Dessin de la main d'Ondine Valmore, image fournie par la rédactrice de l'article. 

 

 

 

Bref rappel chronologique du parcours de vie d’Ondine Valmore

 

– 2 Novembre 1821 : naissance à Lyon

– 1830 : Les Trois Glorieuses ; Création de la Monarchie de Juillet sous Louis Philippe qui s’ouvrira aux libertés publiques (presse et religieuse notamment).

– Début 1832 : À onze ans, elle adresse son tout premier poème Père à Lamartine 26 – Mars 1835 : Célébration du baptême d’Ondine

– Entre 1827 et 1840 : Les engagements de Prosper Valmore, contraignent la famille à de fréquents déménagements en France (Bordeaux, Rouen, Lyon, Toulouse,  Paris etc), et en Europe- Milan (1838) Bruxelles (1840).

– À partir de 1837 : Ondine tient régulièrement dans ses Cahiers (une trentaine, contenant une centaine de poèmes inédits, dont une quarantaine datés, autant non datés et inachevés, des notes savantes d’études et de lectures, des aphorismes, des saynètes, des dessins, peintures, son rapport d ‘inspections d’Institutions de jeunes filles, pour la préfecture).

– Juin- septembre 1840 Prosper Valmore est à Bruxelles, Ondine se repose à Douai chez Mme Saudeur (sa sœur Inès à Orléans chez Caroline Branchu, une grande amie des parents).

– En octobre, avec leur mère et Inès, elle rejoint son père à Bruxelles. Ils rentreront à Paris à la fin de la saison (juin 1841).

– Août-Novembre 1841 : La tuberculose se déclarant, elle effectue un premier séjour en Angleterre chez le Dr Curie; elle apprend  l’anglais et se sensibilise à la  littérature et la poésie anglaises. Elle fête ses vingt ans en offrant un poème à sa mère.

– Mars 1843 : Second séjour à Londres ;  elle écrit son premier conte pour la petite fille du médecin ; elle retourne en France en juillet avec sa mère.

– Octobre 1844- Juin 48 : Elle débute comme sous- maitresse (institutrice), dans l’Institution pour jeunes filles Bascans, rue de Chaillot (alors Neuilly).

– 4 décembre 1846 : Mort de sa sœur Inès à 19ans. Sa mère s’arrange avec la directrice de l’Institution pour éviter qu’Ondine soit informée de la dégradation de la santé de sa sœur (tuberculose) et la tiendra éloignée jusqu’au dernier moment.

– 1847 : Mort de Mlle Mars, très proche d’Ondine qui lui consacre un poème.

– Février 1848 : Révolution « des Gavroches ». Deuxième République, nouveaux espoirs et transformations sociales

– 14 Juin 1848 : Elle est nommée Inspectrice des Institutions et pensionnats de demoiselles du département de la Seine.  En 2 ans, elle visite 63 établissements avant d’établir un rapport  circonstancié sur les niveaux sociaux dans les établissements, la qualité et la spécificité des enseignements, et dénonçant la pauvreté des méthodes et ressources pédagogiques. 

– 16 janvier 1851 : Elle épouse Jacques Langlais, un avocat de dix ans son ainé.

– 19 janvier 1852 : Ondine donne naissance à un petit garçon Marcel, qui décède le 4 mai.

– Décembre 1852 : Second Empire elle n’eut pas le temps d’apprécier les suites en littérature.

– 12 février 1853 : À 32 ans, elle décède de tuberculose. Son époux, son frère collectent ses cahiers et sa mère demande à Ste Beuve de rédiger la biographie de sa fille. Il publia plusieurs articles, mais aucune biographie complète d’Ondine.


 

Références bibliographiques : Sur Ondine Valmore :

Consultés en PDF sur le site BNF Gallica

– Jacques BOULENGER : Ondine Valmore  (Paris ; les Bibliophiles Fantaisistes 1909) ; ainsi que L’album d’Ondine Valmore ;

– Les Cahiers de Ondine Valmore/avec une introduction et des notes de Albert CAPLAIN (Conservateur de la Bibliothèque de Compiègne) et la reproduction de 3 dessins (Paris, Charles BOSSE, libraire 1932) ;

– La Gazette anecdotique du 31 janvier 1889 : partie sur la relation ambiguë de Ste Beuve avec la jeune fille, alors sous maîtresse de l’Institution Bascas rue de Chaillot

 

Sur et autour de Marceline Desbordes-Valmore : certains documents d’époque consultés sur Gallica, mais surtout plus récemment:

– Œuvres poétiques de Marceline Desbordes Valmore (2 volumes -PUF Grenoble 1973)

– Poésies, Gallimard- Poésie 1996, préfacé par Yves BONNEFOY.

– Anthologie de la poésie française : XVIIIe, XIXe, XXe siècles, Gallimard, La Pléiade 2000.

– Stefan ZWEIG : Les grandes Biographies (Marceline Desbordes-Valmore, pp. 227- 296, La Pochothèque, Le livre de poche ré-édition 2014)

 

© ApKassis


 

Notes

 

1. Tous les poèmes et autres citations sont extraits des Cahiers d’Ondine Valmore, par Albert Caplain (Paris, Charles BOSSE, libraire-éditeur 1932).

2. et * Toutes  les citations des lettres de Marceline sont extraites de la biographie de Jacques Boulenger Ondine Valmore (Paris , éd. Les Bibliophiles fantaisistes- Dorbon Ainé 1909).

3. Poème non daté, probablement circa 1839 lors de ses dix-huit ans.

4. Non vérifié, probablement 1825.

 

 

***

 

 

Pour citer cet article

 

Annpôl Kassis, « Une découverte : Ondine Valmore, symboliste avant la lettre », texte inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021 & Marceline Desbordes-Valmore Valmore | Revue annuelle, internationale, multilingue & poéfeministe (ou poefeminist), « Célébration », n°1, volet 2, mis en ligne le 5 avril 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/mdv/no1/megalesia21/ak-ondinevalmoresymboliste

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES Et REVUE MDV - dans Megalesia REVUE MDV
1 avril 2021 4 01 /04 /avril /2021 18:07

 

REVUE MDV | N°1 Célébration | AS | Anthologie​​​​​​

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme l'oiseau chante

 

 

 

 

 

 

Poème & peinture de

 

Sarah Mostrel

 

Site : https://sarahmostrel.wordpress.com 

Facebook www.facebook.com/sarah.mostrel

 

 

 

 

​​​​​​​​© Crédit photo :  Sarah Mostrel, "Célébration", peinture huile sur toile, reproduite de la couverture de l'œuvre « Célébration » aux éditions Unicité. 

 

 

 

 

Mourir à 31 ans

C’est terrible, Ondine

On oublie aujourd’hui

La maladie honteuse

Ladite tuberculose qui tua tant de gens

 

 

De ta mère Marceline

Poétesse émérite

Et ton père Prosper

Valmore ou bien un autre

(Ce fut peut-être Henry* en effet, on ne sait)

 

 

Tous deux furent écrivains

Quand elle, poétesse

T’inculqua le soleil

Et la neige et la pluie

Et la terre et l’envie…

 

 

Mariée à 29 ans

Maman d’un petit garçon 

Tu fus hélas emportée

Par la mort trop présente

Avide d’hiver, du printemps, de ton être

 

 

Ta grand-mère mourut, elle, de fièvre jaune

Son petit Hippolyte, décédé en bas âge

Ton oncle perdit la vie

Que de morts alentours 

Chez « Notre-Dame-des-Pleurs » 

Le théâtre, l’écriture

Etaient bien nécessaires

À ta mère, la conteuse, cette si belle artiste

Quand les femmes en tout temps

Subirent tant d’embûches

 

 

 

Il fallait bien alors inventer quelque chose

Créer onze syllabes en guise de liberté

Onze comme le nombre de jours

Pour se rendre en Guadeloupe

Onze pieds pour conjurer un sort injuste

 

 

 

Fille de peintre, quelle merveille

Elle parut si bien née

Mais le monde des hommes 

Peina à reconnaître 

Son talent, son génie, son « âme d’élite »**

 

Passionnées, passionnantes et si tendres

Mère et fille

Poétesses émérites

Marceline et Ondine

Sont unies à jamais

 

 

©S. Mostrel

 

 

* Henry Hyacinthe de Latouche

** Baudelaire

 

 

 

Pour citer cet hommage 

 

Sarah Mostrel (poème & illustration), « Comme l'oiseau chante » hommage inédit illustré par une peinture reproduite avec l'amiable autorisation des éditions Unicité et de l'artiste Sarah MostrelMarceline Desbordes-Valmore|Revue annuelle, internationale, multilingue & poéféministe (poefeminist)« Célébration », n°1, volet 2, mis en ligne le 1er avril 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/mdv/no1/sm-loiseauchante

 

 

 

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REVUE MDV - dans REVUE MDV
28 septembre 2020 1 28 /09 /septembre /2020 13:09

 

REVUE MDV | N°1 | Célébration | DO  (Dossier) 

 

 

 

 

Les poèmes de Marceline Desbordes-Valmore

 

chantés, parlés, accompagnés

 

 

 

 

 

 

Annpôl Kassis

 

 

Brève introduction à la formation et aux savoirs littéraires et musicaux de Marceline Desbordes-Valmore

 

 

Avant toute présentation de la poésie de Marceline Desbordes-Valmore, sa musique et ses musiciens nous souhaitons poser plusieurs fondamentaux en ouvrant notre approche à sa culture, ses talents et compétences. 

« La musique est l’essence, la musique est aussi la raison de ses vers

Il fallait une oreille sûre voire absolue et une culture musicale réelle, pour produire des textes aussi variés que des élégies, des épitres, des cantiques, des complaintes, des ritournelles, et même des comptines pour enfants. Une telle variété des formes suppose des choix expressifs savants et toutes sont soigneusement composées : prosodie, rythmes, structures, même rimes et versifications de chaque poème qui lui souffle une musicalité : tonalité/tons/ teintes et couleurs. Il fallait donc une sureté de plume pour se plier au double impératif de la mise en musique et en voix visant à des interprétations de salons (à l’époque) ou plus libres de nos jours.

Or, dès l’âge de 10/11 ans, à partir du moment où elle quitta sa ville natale Douai pour la Guadeloupe, Marceline Desbordes-Valmore acquit des connaissances de façon pragmatique non formelle, en jouant, récitant, lisant, disant des textes et chantonnant dans les théâtres, toutes activités destinées à couvrir les frais du voyage engagé par sa mère ou assurer leur survie quotidienne.

De retour en France et encore très jeune, remarquée à Rouen comme comédienne, elle fut invitée à Paris et elle eut pour Maitre Auguste-Ernest-Modeste GRETRY qui fit son éducation musicale, la guida dans l’apprentissage de l’art du chant et la fit engager à l’Opéra-comique où à moins de vingt-deux ans la jeune soprano avait interprété déjà avec succès Lisbeth de Grétry (1804), Julie de Spontini, Camille de Dalayrac, puis le Calife de Bagdad de Boieldieu. En 1807 au théâtre de la Monnaie de Bruxelles, elle fut brièvement employée comme dugazon (mezzo- colorature, souple et modulé), pour Une heure de Mariage, autre opéra-comique de Dalayrac.

Qu’elle n’ait pas persisté dans cet art du chant fut un choix car la voix est le plus fragile et part autant de l’âme que de la technique qu’un rien peut altérer, avec le risque de dénaturer une interprétation. Travail exigeant et très aléatoire : il n’est pas étonnant qu’au-delà d’écouter sa fine voix qui la « faisait pleurer », elle ait renoncé au chant en faveur de l’étude de textes de comédienne. De plus, si ce dernier emploi est tout aussi exigeant, il ouvre davantage de perspectives et il offrit à la jeune femme d’enrichir ses références littéraires et linguistiques, en la sensibilisant aux compositions textuelles, aux variations des expressions langagières et sémantiques, et à tout ce qui participe d’une compréhension et interprétation complètes et réussies. Et ce fut toujours avec succès qu’au grand théâtre de Lyon, dès 1808 elle interpréta L’École des femmes, La Fausse Agnès de Destouches ou Nanine de Voltaire. 

Enfin, mariée et mère de trois enfants depuis 1826, elle n’eût pu ajouter à ses obligations familiales et à son activité d’écrivaine-poétesse, la charge de comédienne. D’autant qu’elle fut très impliquée dans la vie sociale, n’hésitant pas, par exemple à aider les plus démunis.

C’est pourquoi nous considérerons ses œuvres comme nées d’un parfaite artiste en poésie, doublée de réelles compétences musicales, loin des créations « spontanées » d’un esprit « féminin mélancolique», comme il fut répété tout au long du XXème siècle malgré ses indéniables succès et l’admiration des lecteurs et autres artistes. 

Nous étudierons son œuvre sous deux aspects : le lyrisme poétique des textes et les principales œuvres (les plus connues aussi) mises en musique par les compositeurs, musiciens ou récitants qui l’interprétèrent et continuent de le faire.

 

 

 

I- Lyrisme poétique chez Marceline Desbordes-Valmore

 

« Rien dans sa poésie n’est massif d’édifice, contours, modelé, imitation..., construction ; tout y est coulant harmonieux, vibrant et mélodieux ; tout y est musique et transfiguration. »
Un point fort que nul de conteste et qui fait la synthèse de ces différents constats, c’est le fait d’évoquer la poésie lyrique ou le lyrisme des poèmes de MDV. Tous les auteurs et critiques d’époque et au-delà, s’accordent pour situer Marceline Desbordes-Valmore à l’aube de V. Hugo et de A. de Vigny, et déclarer sa poésie « lyrique » et préconisant le « romantisme poétique », comme, le tout premier, Ste Beuve le déclara, repris et confirmé par Verlaine.

Mais qu’en est-il du lyrisme et qu’en est-il en poésie ? 

Le concept de lyrisme issu de l’instrument lyre, est en rapport étroit avec l’idée de musique et de déclamation au Moyen Âge notamment, où les poèmes, versets, strophes étaient chantés ou accompagnés instrumentalement telles les pastourelles, les odes, les dits, les ïambes, les sonnets, les sextines et donc toujours en recherche d’effets mélodique formels.  

Cependant dès le XVIIIème siècle, et plus encore au XIXème, s’ajouta un élément de subjectivité, et l’expression de sentiments personnels, sens que la vague romantique développera largement. La poésie lyrique est née et la sensibilité se traduit concrètement par l’image. Les émotions personnelles, amoureuses, nostalgiques, religieuses vont être suscitées ou illustrées par le spectacle de la nature, des couleurs vives, des animaux, tous symboles qui les cristallisent l’attention et élèvent le sens.

Chez Marceline Desbordes-Valmore, la nature (ciel et terre ; lumière et ombre, air, fleur et champs), « le souffle de l'univers »,  l’eau, (la vague, l’océan, la mer, le fleuve, le ruisseau), les animaux de l’oiseau (hirondelle, alouette, passereau) aux insectes (cigale, papillon, ver) reviennent régulièrement, images qui selon Auguste Darchain :  « déjà s’exhalent, à travers des gémissements, tout mélodieux, ces beaux élans de passion désolée, qui la mettent tant au- dessus et à part [...] de celles même qui ont osé chanter dans le mystère » , ou qui l’habite comme l’écrit Ste Beuve, elle « fut, comme le première hirondelle [particulièrement récurrente chez elle], toujours empressée, quoique craintive. » Image, sonorité, sens et sensibilité à vif, fragile et furtif à l’aube de ce que de nouveau Ste Beuve (un de ses plus grands amis) qualifiera de « printemps romantique. » 

 

Elle développa cette tendance au lyrisme d’images, de mouvements, au-delà des langueurs de l’amoureuse délaissée ou rêveuse, en s’investissant dans le soutien actif aux plus pauvres et s’élevant contre la misère, la violence et l’injustice.  

« Souvent les vers de Marceline ne sont que des cris, des plaintes, parfois de prières mais toujours ils sont la voix de l’âme. »

Ainsi en est-il en 1834, à Lyon lors de la révolte des canuts violemment réprimée où Dans la Rue, elle dénonça les massacres contre les ouvriers qui la fit « grand poète religieux de la pitié sociale » et qu’Auguste Dorchain compare aux Châtiments de Victor Hugo et aux Tragiques d’Agrippa d’Aubigné. 

... J’écoutais mourir la ville en flammes/J’assistais vive et mortes au départ de ces âmes
Que le plomb déchirait et séparait des corps/Fête affreuse où tintaient de funèbres accords
Les clochers haletants, les tambours et les balles/ Les derniers cris du sang répandu sur les dalles...
Je l’entendis sept jours/Seul requiem chanté dans le grand cimetière

 

II – En musique et en chansons

 

« La musique lui a apporté la poésie, et c’est encore la musique qui transporte sa poésie à travers le monde car amis et inconnus mettent encore en musique ses petits chants. » 

 

Au début de sa carrière, MDV composa elle-même des musiques pour accompagner ses poèmes, simples ligne mélodique s’appuyant sur une prosodie bien construite autour du   rythme et de la cadence, pour commencer celui de la romance, de plus en plus élaborée avec l’expérience. Car bientôt elle aborda maintes formes d’écrits : de l’élégie à la complainte, de l’épître au cantique, de la romance à la chanson, aux comptines pour enfants et même aux chants engagés. Une telle diversité stylistique ne put qu’encourager à la mise en musique orchestrale ou vocale, les compositeurs et compositrices – et pas des moindres, encore qu’aux yeux de la discrète Marceline Desbordes-Valmore il n’y eut aucune hiérarchie – à travers le temps et jusqu’à nos jours.

Les poèmes le plus souvent mis en musique ou interprétés peuvent être très courts, comme c’est le cas du plus courus et le plus dits Les roses de Saadi – 3 tercets rimés si brefs que toute l’attention de l’interprète, du lecteur ou du chanteur comme de l’auditeur, est éveillée par toutes les modulations rimées et réceptives à l’harmonieuse ligne mélodique du texte. Il en va de même d’ailleurs des autres romances dites de salon (car interprétées dans les salons des grandes familles), que furent S’il avait su, la Sincère ou L’Amour, Ma Chambre (parfois connue sous les titres Ma demeure ou La chaise).

Le plus grand nombre de poèmes de Marceline Desbordes-Valmore mis en musique à l’époque sont de Pauline DUCHAMBGE (1778-1856), compositrice, pianiste et professeur et même chanteuse, dont les Carnets de Chansons et Romances contenant 400 œuvres, ne comptent pas moins de dix pour cents de textes de la poétesse.  

Cependant dans la première moitié du XIXème siècle, nombreux sont les musiciens qui composèrent des romances, et autres accompagnements musicaux pour lectures et « dits » (très en vogue alors). Pour n’en citer que quelques-uns, en dehors des anonymes Melle T. ou Melle G. (soumise à l’interdit d’apposer leur nom et leur signature sur des œuvres publiques) il y eut un Nocturne  pour piano et harpe de Mme Caroline de Martainville (de la chapelle et de la musique particulière du roi), ou Joseph Henri Mees, (1777-1856), biographe et ami de Gretry, qui mit  en musique le Billet ou en 1849 Salvator sur les Cloches du Soir, et même en 1863 une transcription d’une musique de Beethoven en une «  chanson vocale » pour une jeune élève par son professeur Melle AM.B. Sans oublier... Rossini lui-même (1792-1868) qui s’alanguit mélodiquement sur Le Saule Pleureur (entre autres.)

Ces premières avancées dans la romance et chanson de salons vont s’intensifier dans la seconde moitié du siècle, et c’est grâce aux poèmes de Marceline Desbordes-Valmore, que va naître littéralement ce qui fera la gloire de la musique française et musique qui rayonnera internationalement avant et après la première guerre mondiale et depuis : La Mélodie Française. 

En effet, pour rester dans l’aspect chronologique, les jeunes musiciens de la génération suivante _ qui laisseront un nom dans l’histoire de la musique _ s’y essaieront tous et choisiront pour support l’œuvre de la poétesse. Pour ne citer que les plus en vue on trouve le jeune César Franck (1822-1890), le très jeune Camille St Saens (1835-1912) qui à l’âge de sept ans mis un poème en musique pour son professeur et G Bizet (1838-1875) qui composa sa célèbre Berceuse en transposant l’air populaire de Dodo l’enfant do

La France ne fut pas seule, ce qui montre que la langue française rayonnait encore à l’étranger, outre la Belgique, pays francophone et francophile de toujours dont sont issus nombre de musiciens cités, ses poèmes donnèrent lieux à des créations dans des familles de musiciens néerlandais et norvégiens, vivant en France voire à Paris. Chez les premiers G. Lange-Cairny écrivit une série de dix Mélodies dont quatre poèmes de Marceline dont les Roses de Saadi et surtout l’Espoir ; chez les seconds, les Roses...encore trouvèrent leur écho dans une musique de E. Selmer (de l’Opéra -Comique). Et toujours dans l’évasion hors de France, un compositeur franglais, (mais né et installé au Havre) Henry Woollett (1864-1936) composa plusieurs mélodies sur la base de plusieurs poèmes de Marceline créa un album intitulé Marceline ou la Vie d’une Femme dont certains dont N’écris pas, Le Refuge, ou l’Absence seront repris de nos jours par des interprètes de chansons populaires. Plus loin encore, après la guerre, les poèmes de Marceline traversèrent l’Atlantique jusqu’à atteindre Montréal au Canada où Auguste Descarries (1864-1958) composa lui aussi un album intitulé Trois poèmes de Marceline  édités après sa mort au début 1960 et repris plus tard dans les années 2000.

Pour revenir à l’investissement personnel, plus social et religieux que politique, du moins au plan conscient, car l’un ne va pas sans l’autre, de Marceline Desbordes, a été vue plus haut par sa dénonciation des massacres des Canuts (mis en musique par une anonyme). 

Mais à l’époque déjà son engagement fut traduit en musique par Adolphe Adam (1809-1856) dans deux romances dites « à caractère social » dénonçant l’esclavage : Le Nègre et Restez enfants  

« Jouez dansez beaux petits blancs /, Pour être beaux restez enfants / Nègre captif courbé sur le rivage... / Je te vois rire en songeant à la mort 

Pauvre et content / Jamais le Noir paisible n’a traversé les eaux / Jamais d’un homme noir on entend les sanglots. »

 

Et de nos jours...

De la période post _ deuxième guerre mondiale jusqu’au XXIème siècle, si Marceline reste toujours discrète elle est bien présente en poésie et musique contemporaines : En 1948, à la Maison de la Pensée Française, Louis Aragon déclarant Marceline Desborde Valmore « première femme résistante », déclamait avec emphase le poème cité plus haut sur le massacre des Canuts à Lyon 1834. Dans le même sens Aimé Doniat _ grand ténor français ténor chanta Le chant du Déserteur, dans son cas, pour protester contre la guerre en Algérie. 

N’est-ce pas là, la modernité des combats de Marceline Desbordes-Valmore ?

 

En 1955, la raffinée Juliette Gréco dit Les roses de Saadi sur une musique de Reynaldo Hahn.
 

Jamais ne cessèrent les interprétations et les créations sur et autour de ses poèmes. On la retrouve toujours auprès de nos amis francophones, de Belgique du Canada – autant sinon plus qu’en France, ce qui nous ravit. Par exemple ce musicien interprète compositeur et même conteur qu’est magnifiquement sensible Julos Beaucarne a mis en musique « Qu’en avez-vous fait ? » ce douloureux poème qui interpelle, questionne et met en doute (sans apporter de réponse) dans un de ses premiers albums Mon terroir c'est les galaxies, fin des années 1970.

Belge aussi Karin Clercq (née en 1972) qui chante La Sincère sur une musique de Guillaume Jouan.

En France, l'intérêt pour Marceline Desbordes-Valmore demeure autant chez les musiciens et interprètes que chez les « diseurs » et lecteurs à voix haute qui s’accompagnent de musique spécialement élaborée autant que dans la chanson populaire actuellement.

Par exemple Les séparés » un poème interprété fin des années 1990 par Julien Clerc et repris en 2007 par Benjamin Biolay dans un album intitulé Trash Yéyé, 2007.

Pascal Obispo, en février 2016, a sorti un album baptisé Billet de femme, dont les textes sont des poèmes de Marceline Desbordes-Valmore ; ou Réglo qui en 2019, a pour sa part mis en musique et interprété sur YouTube Voix de l’amie Marceline Valmore.

Youtube fourmille de « dires » imagés, avec ou sans accompagnements orchestraux, parfois semi-chantés et avec des intonations nouvelles. Difficile alors de faire un choix, il suffit de se laisser porter.

Mais le plus beau moment fut la réécoute complète  sur  France- Culture de la remarquable émission présentée le 1er juin 2009,  « Chanson boum boum »  au cours de laquelle Françoise Masset (soprano) et Claude Lavoix  (piano),  donnèrent corps et vie aux musique de Pauline Duchambge, simultanément révélant une vraie grande compositrice un peu négligée sinon oubliée, un phrasé savoureux, et des commentaires passionnants sur les œuvres de ces deux grandes amies que furent la musicienne et la poétesse ou l’inverse ?

 

Brève chronologie des publications des œuvres de Marceline Desbordes Valmore
 

Entre 1816/17 et 1817 : Romances : publiées dans Le Chansonnier des Grâces et dans l’Almanach des Muses : mises en musique par Pauline DUCHAMBGE
Début 1819 : Élégies, Marie et Romances : 1ère publication

1820 : Poésies 

1825 : Élégies et Poésies Nouvelles

1830 : version définitive de Poésies de Mme Desbordes-Valmore

1832-33 : Les Pleurs
1839 : Pauvres fleurs
fin1842- printemps 1843 : Bouquets et Prières

1861-1869 : Poésies Inédites

 

Quelques Références Bibliographiques :

Documents d’époque consultés sur Gallica :

Les chefs d’œuvres lyriques de Marceline Desbordes Valmore : choix et notice d’Auguste Dorchain (Paris-Porche 1909)
Présentation du catalogue de l’exposition de la BNF : Hommage les 100 ans du décès de Marceline Desbordes-Valmore (1859-1959)
Œuvres poétiques de Marceline Desbordes-Valmore (2 volumes PUF Grenoble 1973)

Autres :
Marceline Desbordes-Valmore : Poésies- préface de Yves Bonnefoy, Gallimard-Poésie 1996.
Anthologie de la poésie française : XVIIIème, XIXème, XXème siècles, Gallimard, La Pléiade 2000.
Stefan Zweig : Les grandes Biographies (Marceline Desbordes-Valmore pp. 227-296, ; La Pochothèque – Le livre de poche réédition 2014 ; 1ère édition 1924)

Également  

Europe : revue littéraire mensuelle n°1091/Mars2020 : poésie & chanson

https://www.franceculture.fr/emissions/chanson-boum/marceline-desbordes-valmore-et-pauline-duchambge-romances-francoise-masset Claude Lavoix piano/ Françoise Masset soprano : Romances de salon, de Marceline Desbordes-Valmore et Pauline Duchambge, émission du 1er juin 2008.

Articles sur Wikipédia, dont Les compositeurs autour des Poèmes de Marceline Desbordes- Valmore 

Quelques liens sur You tube : possibilité d’écouter et même avec effets visuels :

https://www.youtube.com/watch?v=ekK3ryjwtog: N’écris pas- lu par Christine Mattei- Barreau
https://www.youtube.com/watch?v=EVkrbL4_Gx0: Promenade d’Automne- musique de John Williams, réalisateur Papidou 1934
https://www.youtube.com/watch?v=l9dRqp7UJeg Qu’en avez-vous fait https://www.youtube.com/watch?v=t-qbh3az3Rk : N’écris pas (2002) et Les Séparés – de et par Julien Clerc
https://www.youtube.com/watch?v=8XGnGBj8jTU :  Le serment-Poé’zic mis en musique et chanté par Sélian
https://www.youtube.com/watch?v=BJ5CewZgsCQ : L’attente poème lu par Léa pour Audiocite.net
https://www.youtube.com/watch?v=dEam-BrHzxI : les roses de Saadi- Frank Hamon musique et dit
https://www.youtube.com/watch?v=-s0b3HYkseU    Quelques notes de poésie Romain Foret
https://www.youtube.com/watch?v=vz6qgY4ORy0 Catherine MAISSE in. Les Roses de Saadi -musique CH. Manen, arrangement et accompagnement par André Grassi et son orchestre

 

Pour citer cet article

Annpôl KASSIS, « Les poèmes de Marceline Desbordes-Valmore chantés, parlés, accompagnés »Marceline Desbordes-Valmore|Revue annuelle, internationale, multilingue & poéféministe (poefeminist)« Célébration », n°1, mis en ligne le 28 septembre 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/periodiques/mdv/no1/poemeschantes-kassis

 

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