16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 09:38

 

Compte rendu

 

Parution imprimée dans le hors-série 2016

 

 

« Violences sexuelles contre les femmes :

 

une réalité encore taboue »

 

Le colloque du 22 novembre 2016 à Strasbourg

 

 

Françoise Urban-Menninger

Membre de la revue LPpdm et de la SIEFEGP

Responsable de la rubrique Lettres & Arts

Blog officiel : L'heure du poème

Photographies par Claude Menninger

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
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© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
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À l’heure de la remise en question du droit à l’IVG et de l’interdiction faite aux femmes d’entrer dans des cafés « réservés aux hommes », la septième édition du colloque strasbourgeois organisé par l’Eurométropole et dédié aux « Violences sexuelles contre les femmes : une réalité encore taboue » trouve plus que jamais sa justification s’il en fallait encore une !


 

Roland Riess, le maire de Strasbourg qui a ouvert ce colloque l’a bien compris en faisant référence à la proposition de loi turque visant à dépénaliser le viol ! Heureusement, on apprenait dans la même journée le rejet de cette loi grâce aux manifestations massives en Turquie contre ce projet inique.


 

L’écrivaine Isabelle Alonso, militante engagée, n’a cessé au cours de son intervention de marteler une vérité première : « Nous vivons dans une société patriarcale » et ceci depuis la nuit des temps...Tout est dit !

Cette réalité planétaire se perpétue dans le non-dit, sans qu’on la nomme, « Elle crève les yeux à en devenir invisible », a-t-elle affirmé.

Ainsi « Les Droits de l’Homme » énoncés en 1789 ne comprennent pas « Les Droits des Femmes », le mot « Fraternité » en témoigne. Quant au « suffrage universel », il ne vise que les hommes, soit 50 % de la population jusqu’en 1944, date à laquelle les femmes obtiennent enfin le droit de vote !

Le vocabulaire n’est pas neutre, il est travaillé par l’inconscient collectif patriarcal...Un homme parlera de « sa femme » à l’instar d’un bien tel « sa voiture », « son chien »… Les violences commises à l’encontre des femmes sont minorées et citées dans les faits divers ! L’expression « se faire violer » est une manière subtile de rendre active celle qui a été agressée sexuellement !

 

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
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Marie-France Casalis, porte-parole de l’association « Collectif féministe contre le viol », a poursuivi sur ce thème évoquant le nombre effarant de viols enregistré (quand une plainte est déposée), à savoir 124000/an.

Là aussi, le vocabulaire est révélateur ! « Une femme avoue avoir été violée » ou « avoir été abusée sexuellement », autant de termes qui visent à créer l’impunité pour les violeurs.

Pour Marie-France Casalis, il est vital de « libérer la parole » c’est la seule possibilité pour les femmes qui ont été violées de pouvoir se reconstruire.


 

Claudine Legardinier, journaliste et auteure, spécialiste des questions de prostitution, a réaffirmé que celle-ci n’est autre que « l’emblème du patriarcat et du capitalisme ». Le silence assourdissant qui entoure la prostitution illustre cette violence dont « l’inceste est le terreau de prédilection ». Claudine Legardinier informa en outre son auditoire de l’ouverture de « cafés pipes » en Suisse où la pornographie prospère, fit un point sur « l’accompagnement sexuel des handicapés » qu’elle considère comme une autre forme de prostitution. Pour conclure, elle dénonça encore une fois le silence des autorités quant à la prostitution, cette « violence ordinaire » qui n’est autre que « le lieu de la réaffirmation de l’identité masculine ».


 

Anna Matteoli, juriste au Centre d’Information sur les Droits des Femmes, a abordé le problème de la difficile frontière juridique entre « le devoir conjugal » et « le viol conjugal ». Là encore, la société patriarcale, le code civil napoléonien ou le droit canonique ont formaté les esprits et les lois. Ne parle-t-on pas de « communauté de lit », de ce que « la femme est donnée à l’homme » ?

Balzac lui-même préconisait « de ne pas aborder le mariage par un viol » !

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
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La psychanalyste Catherine Gillet, elle aussi, a relevé l’importance du langage et du poids des mots dans l’appréhension et la compréhension des souffrances d’une femme violée. Elle n’utilise en aucun cas le terme de « victime » qui est une « étiquette limitative » mais celui de « personne » pour désigner la femme violée ou violentée. Seul le sujet détient la clé de sa « reconstruction », « une fable collective ne peut en aucun cas remplacer la vérité personnelle du sujet », a déclaré Catherine Gillet.


 

Myriam Cayemittes, psychiatre et présidente de l’Association Parole sans Frontière, a développé l’horrible thématique du viol utilisé comme outil de guerre en évoquant les 150000 femmes violées au Rwanda et ses conséquences, à savoir les grossesses non désirées, la mise au ban de la société, la perte d’identité de la femme en déshérence… Et d’élargir la liste des crimes de guerre à l’encontre des femmes tels la stérilisation forcée, les femmes enlevées et considérées comme des « butins de guerre », l’esclavage sexuel etc.


 

Une interview d’Yvette Roudy enregistrée le 13 septembre 2016 a clos cette journée exceptionnelle, voire essentielle tant les acquis des droits des femmes sont aujourd’hui menacés. L’ancienne Ministre aux Droits des femmes a rappelé que « Le degré de démocratie d’un pays se mesure à l’aune des droits des femmes ».

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
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Ce colloque a été richement illustré par Valérie Leroy, Éloïse Rey, Amina Bouajila. L’ensemble Voy’elles et la chorale Olympe, ont éclairé cette journée en interprétant avec humour, sous le signe de la « sororité », « Cell-Block Tango » et entonné avec une ferveur contagieuse « L’hymne des Femmes » qui a réchauffé les cœurs de tous les participants qui ont joint leurs voix à l’unisson pour reprendre le refrain :


 

« Reconnaissons-nous, les femmes

Parlons-nous, regardons-nous,

Ensemble, on nous opprime, les femmes

Ensemble, Révoltons-nous ! »

 

***

Pour citer ce compte rendu

Françoise Urban-Menninger, « "Violences sexuelles contre les femmes : une réalité encore taboue". Le colloque du 22 novembre 2016 à Strasbourg », photographies du colloque par Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 16 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/colloque.html

 

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 09:22

 

Texte pour le numéro de la 1ère thématique.

 

Critique & réception

 

Ferite a morte – Blessées à mort*:

 

quand la littérature guide les convictions profondes

 

ou comment réconcilier les féministes favorables à la question

 

de la violence faite aux femmes

 

et celles qui s’engagent dans le combat Queer, gay et lesbien

 

 

Laure Delaunay 

 

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

 

Il m’est difficile d’écrire sur ce livre tant il me bouleverse. Courageusement j’essaye. Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand faudra-t-il que des femmes meurent pour que les hommes comprennent qu’une femme n’est pas un trou denté et dangereux mais un réceptacle doux qui transforme toutes les douleurs en merveilles ? Jusqu’à quand ?

Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand la défiance entre les sexes mènera à des catastrophes intimes (c’est aussi le sens des blessures dont il est questions : coups, plaies mais aussi blessures symboliques) que les femmes enfouissent en elles et qui, là, dans leur corps, s’enkystent comme des maladies dévastatrices ?

Jusqu’à quand le rôle de dirigeante de société, le rôle d’intellectuelle, le rôle de prêtresse sera considéré comme illégitime parfois même illégal et sera alors vécu par les femmes sous le régime de l’imposture ?

Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand parlerons-nous de professeur ou d’auteur pour une femme ? Jusqu’à quand auront nous peur de ce petit « e » qui change tout, comme si les lettres étaient dangereuses ? Non les lettres ne sont pas dangereuses et le « e » d’ « auteure » qui dans notre revue revêt fièrement la majuscule est une nécessité linguistique, sociale, humaine.

 

À quand une femme papesse ?

À quand une femme Secrétaire Général de l’ONU ?

À quand une prophétesse ?

 

N’ayons pas peur de ce qui nous apparaît comme des folies…

Combien de temps encore aurons-nous à souffrir la violence des intégristes qui nous proposent des images de cadavres monstrueuses en lieu et place des amas de cellules dont nous avons avorté pour avoir droit à un destin choisi ?

Combien de temps encore entendrons-nous parler de mode « pudique » comme si la beauté ne pouvait pas, parfois, avoir la béance d’une indécence calculée, expression d’un désespoir : si nous ne montrons pas nos jambes, si nous ne grimons pas notre visage, si nous n’adoptons pas des pauses gracieuses, nous sommes considérées comme des sous-femmes. Combien de temps encore le désir des hommes sera un désir de possession physique et non pas le désir délicat de nous rendre heureuses et épanouies, physiquement, oui, spirituellement, affectivement mais au-delà des carcans où l’on nous enferme ?

Jusqu’à quand l’homosexualité féminine sera plus scandaleuse que l’homosexualité masculine : qui est gêné ? Toutes les femmes, j’en suis bien convaincue, toutes les femmes un peu sensibles, vivant des amitiés fortes avec d’autres femmes, se sont un jour posées cette question. Est-ce l’existence d’un membre atrophié qui fait peur ? Nos libertés sexuelles doivent être totales ! Celles des hommes, de fait, le sont, bien qu’encore on assiste à des procès qui approuvent l’idée que « PD » n’est pas une insulte, comme si, là encore, c’était la féminité, celle d’un homme, qui faisait peur.

Jusqu’à quand ?

Le désespoir et la rage sont profonds, difficilement consolables. Dans ce livre, pourtant, j’ai trouvé de la consolation. Parce que c’est une femme qui porte la voix des autres femmes. Parce que c’est une femme qui traduit. Mais pas seule. Accompagnée de ces étudiants autant que de ses étudiantes. Parce que la représentation de ce spectacle théâtral aura lieu en Sorbonne (l’Académie française m’a pas encore ajouté de « e » mais la Sorbonne, déjà, se pose les bonnes, les très bonnes questions), dans la mise en scène d’un homme et avec la collaboration d’un autre homme musicien. Et que donc, oui, dans les plus hautes sphères intellectuelles de notre pays, il y a désormais de l’inacceptable. Voilà une très bonne nouvelle.

 

Mon émotion s’apaise. Écrire est magique. Et sans rage, sans excès, je suis désormais capable de recommander très chaleureusement à toutes les lectrices mais aussi à tous les lecteurs de Lppdm, la fréquentation de ce texte plein de profondeur, vous l’aurez compris mais aussi d’un humour ravageur et salvateur (on passe un délicieux moment à la lecture, on en sort revigoré, armé). La présentation qu’en fait la traductrice, Lucie Comparini, est exemplaire. Elle explique les origines d’un mot qui existe maintenant en italien de manière courante : le « feminicidio », le « féminicide » autour duquel s’articule une pensée complexe sur les violences faites aux femmes. Pour moi, ce mot a désormais un sens très large : est « féminicide » tout ce qui agresse la féminité, y compris celle des transsexuels.

Il faudra bien un jour que l’on comprenne qu’être femme est un privilège aussi rare que celui, comme disait Hémingway, d’avoir un cœur d’enfant. À savoir que la sacralisation légitime du corps des enfants doit aussi s’appliquer, maintenant, parce qu’il faut en passer par là, au féminin entendu comme concept très général : n’ayons plus peur des calices. Déposons-y des fleurs.

Vous avez compris que ce texte et la souffrance qui s’en dégage sont aussi une manière pour moi de réparer la violence reçue d’un homme, violence symbolique, purement symbolique mais insupportable, mais terrible, un homme, intellectuel de renom et poète. Ce texte est une victoire. Une vraie victoire.

Voici les termes de la victoire intellectuelle qu’il raconte. « Oui, bien sûr, le sexe est une réalité psychique. Vous avez raison. Oui, bien sûr, comme disait Aragon, « le vers n’est jamais si bleu qu’à sa brisure ». Vous avez raison. Mais vous m’avez brisée. Brisée. Même pas seulement blessée, brisée. Comme je suis de bonne composition, je vais de l’avant. Je me bats, comme d’habitude. Alors sachez qu’en m’agressant, c’est le féminin en vous que vous agressé. Que c’est vous-même qui ne vous êtes pas respecté. J’en retire des convictions. Violence faite aux femmes ? Gender studies ? Les deux mon capitaine. Peut-être n’offrirai-je pas des petites voitures à fille ou des poupées à mon fils mais il ou elle sera éduqué(e) dans le respect de la complexité de son âme. ». Voilà pour la vengeance, si tant que c’est de vengeance qu’il s’agisse. J’ai été, moi, éduquée dans l’idée du respect de l’autre.

 

Venons-en à ces fameuses convictions que je retire de mon expérience. Les féministes doivent se réconcilier. Judith Butler fait peur ? Sûrement. Mais elle est loin d’avoir complètement tort. Son combat, notamment en faveur de la transsexualité est admirable. La violence faite aux femmes, c’est en réalité la violence faite au féminin, en tant que réalité psychique. Avant d’être physique, elle est toujours, toujours symbolique. Parfois elle est les deux, comme un télescopage. Mais pour avoir vécu la violence symbolique, je sais qu’elle est aussi grave que la violence physique. Pensons à Delphine Horvilleur. Se battre pour qu’une femme, un jour, puisse être en charge de l’âme est une merveille. Et nier aux femmes des compétences en ce domaine est insupportable. Vous nous demandez d’être mères et nous refusez le droit de nous occuper de vous…

Quelle cohérence, amis de la pensée ? La violence faite aux femmes est un thème cher à celles que l’hystérie énerve ? Elles ont raison. Amies femmes, amies féministes, non ne soyons pas hystériques ou misandre. Nous méritons bien mieux que cela. Telle est l’idée qui se cache derrière ce thème récurrent du féminisme actuellement. Et elles ont raison aussi, les femmes qui ne demande qu’une chose : qu’on les laisse faire la vaisselle sans les agresser. Les combats du féminisme sont bien plus profonds que les questions d’organisation du couple. L’égalité salariale par contre, voilà un vrai combat. Un combat important. Le travail des femmes étant tout aussi important et utile que le travail des hommes, il mérite le même salaire. Évidemment aussi, il faut que les hommes puissent avoir de vrais congés partenité. Pour profiter autant que les femmes de leur enfant. Pour participer autant que leur compagne à son éducation qui dans les premiers temps (celui où l’on fait connaissance) est bien important. Être père, ce n’est pas déléguer à une femme le soin de l’éducation. C’est prendre sa part, pleinement sa part. Après, on peut bien sûr parler de la nécessité biologique pour les femmes de se reposer plus qu’un homme d’une grossesse et d’un accouchement. Le travail des femmes ? Simone de Beauvoir a à moitié raison. Le travail libère les femmes en ce qu’il leur permet d’accéder à l’égalité de traitement (le mot traitement est violent, à l’égalité, tout court). Mais le travail, parfois, non ne libère pas. Et certaines femmes faisant cette douloureuse expérience, parce que peut-être, un jour, il y a bien longtemps, elles ont transigé sur leur désir, ont le droit de rester chez elles s’occuper de la maison et du petit. Ce droit doit aussi être accordé aux hommes. Homme au foyer, forgeons l’expression, oui.

 

Voilà pour quelques convictions. D’autres pourraient apparaître. Ce sont celles qui me viennent. La conviction fondamentale qui guide les autres et que je continuerai à faire fleurir à l’occasion, c’est donc, je le répéterai, je le martèlerai, que la violence faite aux femmes est en réalité, profondément, une violence faite au féminin, à la fonction anthropologique du féminin, fonction anthropologique qui oui dérive d’une réalité de différenciation sexuelle mais qui oui, aussi, la dépasse.

 

 

* Ce livre est publié dans une version bilingue aux Presses Universitaires du Midi. L’auteure en est Serena Dandini, la traduction élégante, efficace, concise émane du groupe d’étudiant(e)s de l’UFR d’italien de l’Université Paris-Sorbonne, dirigé par Lucie Comparini. Une mise en scène de ce texte sera proposée à un public que l’on espère nombreux courant mai (plus d’information sur la page Facebook de l’Association Sorbonidea). Il a aussi été mis en scène par un groupe de théâtre universitaire à Toulouse. On ne saurait, vraiment, trop recommander aux parisiens comme aux provinciaux de se déplacer. Le texte est construit autour de plusieurs monologues qui offre une voix à des femmes victimes de féminicide, qui, des limbes, racontent, sans la moindre complaisance et avec humour et énergie, leur histoire.

 

 

 

***

Description du livre par la maison d'édition :

Ferite a morte / Blessées à mort par Serena DANDINI, Traduction collective des étudiants de l’UFR d’études italiennes de l’université Paris-Sorbonne sous la direction de Lucie COMPARINI

Date de parution : 2016

Éditions : Les Presses universitaires du Midi (PUM) "sont un service commun de l’université Toulouse - Jean Jaurès (UT2J)".

Réf. : NOUI 12

Code SODIS : F408310

Format : 198 p.

Nombre de pages : 15 x 21 cm 198 p.

N° ISBN : 978-2-8107-0430-9

PRIX : 13.00 €

Présentation de l'éditeur :

« On avait le monstre chez nous et on ne le savait pas… » Dans un lieu indéterminé et dans un temps suspendu, sont réunies toutes les femmes décédées par « féminicide » : riches et pauvres, cultivées ou analphabètes, rebelles ou soumises. Enfin délivrées de leur condition de victimes silencieuses, elles nous racontent, chacune par un monologue qui lui est propre, leurs histoires venues des quatre coins du monde : Italie, Mexique, Afrique, Inde, France, Japon…

Nous devenons ainsi témoins des drames provoqués par une société encore machiste, des traditions cruelles, des mentalités arriérées, mais aussi par les stéréotypes et les conditionnements intérieurs. Les cas particuliers s’unissent et s’universalisent en une anthologie militante, lisible telle quelle ou théâtralisable, paradoxalement empreinte d’humour et d’ironie. Blessées à mort incite sans apitoiement le lecteur spectateur à réfléchir à la véritable condition de la femme – et de l’homme face à la femme – dans l’espoir d’agir sur le monde du XXIe siècle.

Auteure

Serena Dandini est auteure, journaliste et animatrice pour la télévision italienne. Elle crée dès les années 1980 des émissions radiophoniques et télévisées satiriques et innovantes où elle lance la carrière d’artistes femmes très populaires en Italie. Engagée politiquement, elle y aborde des thèmes comme le travail, la corruption, la sauvegarde de la planète. Entre 2012 et 2013 elle met en scène son premier texte pour le théâtre, Ferite a morte (Rizzoli, 2013), inspiré de faits divers de violences subies par les femmes. Ce texte est encore aujourd’hui en tournée en Italie et dans le monde. Il est traduit pour la première fois en français.

Cf. Voir url : http://pum.univ-tlse2.fr/~Ferite-a-morte-Blessees-a-mort~.html

 

 

Pour citer ce texte

Laure Delaunay, « Ferite a morte – Blessées à mort*: quand la littérature guide les convictions profondes ou comment réconcilier les féministes favorables à la question de la violence faite aux femmes et celles qui s’engagent dans le combat Queer, gay et lesbien », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 13 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/blessee-a-mort.html

 

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 09:54

 

Poème pour la 2ème thématique :

 

Les aventurières, orientalistes, occidentalistes, voyageuses, nomades, rêveuses en poésie, etc.

 

 

Harcelée

 

 

 

Dina Sahyouni

                      

 

Ces lignes sont dédiées à toutes les femmes, dites Orientales, qui subissent des violences psychiques et/ou des descriminations.

Pardon aux vrais loups qui sont des animaux magnifiques...

 

 

 

Dans l'impasse des idées fugitives

dans l'antre de l'objectivité

le sensible se dérobe

et les idées se broient...

 

 

dans l'impasse des idées fugitives

dans l'antre des lumières

l'orientale se fait descendre

Silence. On tue là-bas

Silence

Action

On tue sournoisement là-bas

 

 

Dans l'antre de leurs furies et complexes

l'orientale devient l’écho de leurs humiliations

l'orientale dans l'impasse de leur harcèlement moral

et discriminations à tout va

demeure debout, crie sa victoire

elle est là, debout et comme la tortue

de la fable de La Fontaine

avance dans la pertinence des idées et

les meutes des loups s'acharnent au loin

 

 

 Poème écrit le 14 août 2013 à 11 h 25
 
 
 
Pour citer ce poème
 
Dina Sahyouni, « Harcelée », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 8 avril 2016. Url :  http://www.pandesmuses.fr/2016/04/harcelee.html
 

 

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Réédition

 

Calendrier poétique | Agenda poétique | Événements poétiques

 

 

Poésie militante

 

***

Pour citer ce poème

 

Dina Sahyouni, « Harcelée », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : « Le calendrier 2018 des poèmes pour lutter contre les violences faites aux femmes, enfants & minorités », mis en ligne le 3 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/harcelee.html

 

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23 octobre 2013 3 23 /10 /octobre /2013 08:00

 

   

Poème français/arabe

 

La nuit

 

ou

 

الليل

 

 

Dina Sahyouni

    

 

 

Poème contre la violence conjugale sur les femmes
 
La nuit,
libre de dire son angoisse
l'homme s'en va
le loup apparaît
 
 
La nuit,
libre comme la mort
il lui vole son sourire
lui arrache le cœur
émiette son être
 
la nuit,
le loup sourd
 

 

 

قصيدة ضد العنف المنزلي على النساء
 
 
الليل
 
 
 
الليل
 
حُرٌّ بِقَولِ قَلاقَهُ

يذهَبُ الرَّجُلُ

يظْهَرُ الذئب
 
 

الليل

حُرٌّ مِثل الموت

يسرقُ بسمتها

ينتزعُ قلبها

يفتِتُ كيانها
 
 
 
الليل
 
يظهر الذئِبُ

 

 

Pour citer ce poème féministe 

Dina Sahyouni (texte bilingue français-arabe), « La nuit » ou « الليل », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°4 [En ligne], mis en ligne le 23 octobre 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-poesie-souvenirs-120689810.html/Url.http://0z.fr/kgs0j

 

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 13:00
   

Poème reproduit


  Tes longues jambes dorées 


 

 

Anne-Marie Reine Le Pape 


 

Pour ma culture et mon humour

tu m'as épousé.

Pour tes longues jambes dorées

je t'ai adorée

pour ton sens de l'humour et ta gaieté

je t'ai épousée.

Dans ta pharmacie

nues sont tes longues jambes dorées.

Sur le danger je t'ai alertée

les microbes de tes clients

vont s'y accrocher

et nous attaquer.

Plus persuasif je me suis montré

un pantalon j'ai exigé.

Jamais tu n'en avais porté ?

Tes jambes sont ton bien-être et ta fierté ?

Pourquoi trembler, mon amour

où est resté ton sens de l'humour ?

Pour ta fête un pantalon je t'ai offert

à ta boutique en pantalon tu partais

mais, en jupe je t'y surprenais.

Les contrôles je multipliais

les allers et venues de tes clients

je vérifiais

sur une chaise je m'asseyais

toute embarrassée tu devenais.

Où est restée ta gaieté ?

Quand je rentrais tu dormais

sur les cachets tu forçais

à ta pharmacie ils abondaient.

Pour ta compagnie, je te secouais

de pire en pire tu abusais.

Pour ta compagnie

jusqu'à la douche je te traînais

même l'eau froide n'y parvenait

c'est le froid des carreaux qui te réveillait.

Seul je me retrouve.

Interdit de te visiter

en cure de sommeil tu es placée.

Nous sommes pourtant mariés

 

À quand tes longues jambes dorées ?

Seul je me retrouve.

Seules tes potions tu connais

la philosophie tu ne sais.

Cultivé je suis et je réfléchis :

« L'homme n'est pas un animal solitaire »

Mais je suis seul

si je ne suis pas un animal

suis-je un homme ?

 

 

*Poème reproduit avec l'aimable autorisation de l'auteure


                                                 

Pour citer ce poème 


Anne-Marie Reine Le Pape, « Tes longues jambes dorées »,  (poème extrait du recueil Je veux juste être tranquille), in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Le printemps féminin de la poésie », Hors-Série n°1 [En ligne], sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013.

Url. http://www.pandesmuses.fr/article-tes-longues-jambes-dorees-116293598.html/Url.http://0z.fr/lsVKh

 

Auteur/Autrice

 

Anne-Marie Reine Le Pape


L'auteure française Anne-Marie Reine LE PAPE, née en 1961, est avocate à Paris (France) depuis l'année 1985 et défend des femmes battues. À partir d'histoires réelles, mélangées et retouchées pour préserver les anonymats, elle a publié en 2012 en ebook sur le site Amazon un recueil de 25 poèmes sur la violence conjugale.

Le poème N° 22  « Tes longues jambes dorées »vient apporter sa contribution au Printemps féminin de la poésie 2013 sur les trois thèmes : la voix, le cri, la Journée internationale des femmes. En effet, comme souvent dans la violence conjugale, on entend :

  • un faible cri de la femme, victime, qui tente une révolte laquelle s'étiole en même temps que sa santé,

  • la seule voix de l'homme qui finit par se retrouver seul et, alors,déconfit, revient sur le déroulé de la vie du couple, depuis la rencontre jusqu'à la séparation.
    Comme peu souvent, il s'interroge sur son comportement, ce qui laisse un espoir.

Ce poème rappelle que la violence conjugale existe dans tous les milieux, ici en milieu aisé, montre l'emprise de l'homme violent sur sa femme, l'isolement de la femme victime de violences tant psychologiques que physiques, et l'impact de la violence sur la santé des victimes.


 

 

Bienvenue !

 

 

APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 2026.

L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 31 janvier 2025 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.

SIÉFÉGP, 27 novembre 2025

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    N°I | HIVER 2026 | 1ER VOLET « SORCIÈRES D’ANTAN & D’AUJOURD’HUI » | Dossier mineur | Florilège | Essais & manifestes Notre ancien monde Poème en prose par Berthilia Swann Poétesse & autrice engagée Crédit photo : Delphin Enjolras (1865-1945), « Le bouquet...