24 mars 2016 4 24 /03 /mars /2016 12:19

 

Annonces diverses

 

 

 

 

 

 

 

Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 14:33

 

Critique & réception

 

Eugène Green

 

L’inconstance des démons

 

aux éditions Robert Laffont, 2015

 

Camille Aubaude

Rédactrice de la revue LPpdm, membre de la SIEFEGP

responsable de la rubrique en ligne Chroniques de Camille Aubaude

 

ISBN : 2-221-15965-9.  Paru le  20 Août 2015. Format : 135 x 215 mm. Nombre de pages : 234 p.

Prix : 18,00 €. Lire les premières pages

Page du livre chez l'éditeur :

http://www.laffont.fr/site/l_inconstance_des_demons_&100&9782221159651.html

 

***

 

L’inconstance des démons (Robert Laffont, 2015) est le dernier roman d’un écrivain, cinéaste, érudit parfaitement atypique, Eugène Green. Son regard sur l’univers se partage entre les images et les mots de sa création. Son éclairage est différent. L’inconstance des démons est une merveille d’écriture, à une époque qui crée si peu de livres affranchis de la culture majoritaire, des livres essentiels pour le respect et le renouvellement des règles esthétiques et de l’imaginaire.

 


 

Preuve s’il en était besoin que L’inconstance des démons est essentiel : il hante à sa façon l’imaginaire par une pensée fondée sur le langage. Une pensée soutenue par le cœur, plus des pleurs, et des crises de mélancolie, indispensables pour comprendre cette essence. Celle que, par exemple, les paroles léguées par Les tables tournantes de Jersey ne font qu’appréhender à demi. Victor Hugo tenait ces « révélations » pour la « base d’une religion nouvelle », mieux encore, « à l’époque où mes ouvrages posthumes paraîtront », pensait-il avec un sérieux qui l’éloigne de nous.

 

Amour véritable, deuil, perte, haute magie, folie, karma, métempsycose suggérée, crimes les plus atroces, qu’est-ce qui est le plus important dans l’étrange vie de Nikolau ? Les niveaux de ce récit ne doivent être hiérarchisés. Ce n’est pas une pensée, c’est là. L’effet personnage est admirable, les dialogues, les descriptions, irréprochables. La profondeur, perceptible dès le début, fait entrer la magie. D’emblée, une profondeur envoûtante. Plus haut que le sacré, nous sommes dans l’Inconnu. On arpente le Mystère à l’état réel. Il est capté et délivré. J’aurais pu être déçue par les techniques trop visibles du roman policier qui mènent à des scènes hyper violentes qu’en général je rejette. Là, l’interrogation métaphysique qui soutient l’auteur — et son personnage —, annihile la violence extrême. C’est une représentation maîtrisée de la violence sociale, dans les rites et les procès. La conscience du mystère est prégnante dans ce qui ressortit à l’art d’écrire, la sapience.

 

Ce roman épuise l’action et le désir. Sa trame narrative est si manifeste que l’on peut regretter qu’elle ne serve pas une cause. D’où ma déception que le titre ne soit pas de l’auteur ! Alors que L’inconstance des démons est un titre qui ne fixe rien, on découvre qu’il est fixé dans un livre du passé. Est-ce que les démons de nos âmes peuvent s’accommoder d’un lieu fixe ?

L’errance est-elle démoniaque ? Il serait facile de voir dans ce mouvement un des apanages de la nourriture spirituelle de toute âme placée en des situations extrêmes, consciemment crées ou prises dans la répétition de souffrances générationnelles. Ce roman d’inspiration religieuse et esthétique génère cet univers shakespearien : « Voici le moment où les hurlements des loups éveillent les dragons qui traînent la nuit tragique et mélancolique, caressant de leurs ailes indolentes, molles et flasques, les sépulcres des hommes, et exhalant de leurs gueules brumeuses dans l’air  l’affreuse contagion des ténèbres » (Henry VI).

De cette vaste vie qui ne peut se dérouler sans la littérature surgissent les ténèbres du passé peuplées d’ombres divines. De leur nuit considérable jaillit la clarté.

 

 

Pour citer ce texte

Camille Aubaude, « Eugène Green, L’inconstance des démons aux éditions Robert Laffont, 2015 »Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°7 [En ligne], mis en ligne le 23 mars 2016.

Url http://www.pandesmuses.fr/2016/03/inconstance-des-demons.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 13:34

 

Rubrique Poésie & Théâtre

Texte aussi pour le Printemps des poètes

 

 

Un jour de printemps, je me suis sentie poète

 

 

Laure Delaunay 

Rédactrice de la revue LPpdm et responsable des rubriques

"Poésie & Théâtre" & "Poésie italienne"

 

Je veux parler d’une pièce de théâtre et de sa mise en scène, italienne, que j’ai découvertes par hasard sur internet, selon la loi désormais bien connue de la sérendipité, un matin, le 21 mars dernier, jour traditionnel du printemps, cette année avancée d’un jour pour la première fois depuis 120 ans, jour aussi de la naissance d’Alda Merini, poète très chère à mon cœur et dont j’avais déjà parlé ici en 2013, lors du Printemps des Poètes organisé à Paris 3 en 2013. Et je veux parler de la brève mais capitale expérience que j’ai faite en la regardant, sur internet.

Il s’agit de Minnie la Candida, un texte de Massimo Bontempelli du début du siècle dernier qui raconte les aventures d’une jeune héroïne qui doutant d’elle-même doute du monde. Cette pièce interroge profondément notre rapport au réel. Parfois, en effet, nous sommes comme perdus, envahis de pensées et de peurs qui nous empêchent de voir, avec des yeux vrais, avec des yeux sereins la réalité du monde qui nous entoure. Nous nous réfugions aussi dans nos rêves tant le monde nous semble inhospitalier. C’est ce que fait Minnie dans cette pièce, décidant que les poissons en plastique de l’aquarium décoratif d’un restaurant ont plus de réalité que les vrais poissons.

 

Je connaissais depuis longtemps ce texte et m’étais parfaitement identifiée à cette Minnie candide, me sentant très concernée par les questions qu’elle pouvait se poser. Ce matin, je me demande donc : « est-ce que ce texte a récemment été mis en scène ? ». Je tape dans Google les quelques mots de ma recherche et découvre, oui, une mise en scène récente de la communauté Trans du Lido*. Je n’ai pas approfondi ma recherche, je ne sais pas exactement de quelle partie d’Italie émane cette création. Adorant Venise, je rêve qu’il s’agisse du Lido de Venise. Mais peut-être, après tout, y a-t-il mille autres « Lido » en Italie ? Ayant découvert ce texte dans un contexte très académique durant mon parcours à la Sorbonne, je m’attendais à trouver une interprétation plutôt classique, épurée, délicate. Ma stupeur est donc grande de voir qu’elle émane du monde le plus fantaisiste qui soit… bien loin de toutes les blancheurs que l’on prête habituellement à la candeur, un monde ultra coloré, celui de l’arc en ciel. Je regarde. Et découvre que cette interprétation est à la fois épurée et délicate et classique, c’est-à-dire marquée par la simplicité.

 

J’en ai été bouleversée, bouleversée de voir devant moi des femmes, oui, des femmes, parlant d’elles-mêmes, des femmes dans des corps d’homme trafiqués mais encore un peu marqués par leur sexe de naissance. Bouleversée est le mot. Car moi qui identifiais la condition de trans à celle d’une grande souffrance, j’ai découvert au contraire la plus profonde joie de vivre. Ces femmes faisaient devant moi l’expérience que je fais sans cesse lorsque je joue au théâtre (je suis comédienne amateure, le théâtre est un art qui donne sens à ma vie) : celle de l’appréhension, par la fiction, d’une réalité nouvelle. Celle d’un apprentissage, par le théâtre, du bien-être et de la liberté. Et en les regardant, là, sur internet, ce monde bien souvent fictionnel, j’ai moi aussi, par la fiction, retrouvé un peu de bien-être et de liberté. Le droit d’être poète dans ce monde fou, le droit d’être candide.

 

J’ai compris aussi que le monde est si triste parfois, la haine des uns et des autres si tenace, qu’il est légitime de se réfugier dans nos rêves, cela nous soigne, à condition qu’il s’agisse de rêves actifs. La résistance qui s’organise contre le terrorisme est le signe de cela. Elle a réveillé les idéalismes : nous produisons des dessins, nous allons boire en terrasse, face à la dureté, nous opposons nos désirs et nos rêves lumineux. Voilà ce que faisaient exactement ces femmes. Face à la dureté, que, j’imagine bien, elles subissent tous les jours, elles opposaient leurs désirs et leurs rêves lumineux.

 

La suite ? Je ne sais pas. Mais je sais que ce que ces femmes m’ont appris, en parlant ainsi d’elles-mêmes, en évoquant ainsi l’émotion qu’elles éprouvent au théâtre, le sentiment aussi assumé d’une étrangeté peut-être, d’une étrangeté qui leur est renvoyée plus qu’elle n’est ressentie, c’est que le sexe n’est certainement pas une donnée physique mais bien une donnée psychique et cette certitude, pour moi, désormais, sera indéracinable. Être une femme, être un homme est un choix. Un choix à renouveler toujours. En les regardant, je me suis moi aussi sentie femme tout comme elles. Qu’elles en soient remerciées. Elles m’ont appris à me réconcilier avec moi-même.

En les regardant aussi, j’ai compris que j’allais désormais continuer moi aussi à opposer à la dureté du monde mes désirs et mes rêves lumineux.

Je n’ai pas participé au Printemps des poètes cette année. Cette expérience, cela dit, est mon printemps à moi. Mon printemps de poésie.*

 

 

* Pour les italophones, cette pièce est visible en tapant « Minnie la Candida, capitolo 1, 2, 3 » sur Google.

 

 Voir aussi : www.lauredelaunay.com.

 

Pour citer ce texte

Laure Delaunay,  « Un jour de printemps, je me suis sentie poète », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°7 [En ligne], mis en ligne le 23 mars 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/03/printemps.html

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 09:49

 

Poème-illustration ou carte postale pour

la Journée internationale de la femme

 

 

 

Nowhere

 

 

 

Huguette Bertrand

 

 

 

Dans ce « nowhere » solitaire

les matins lèchent le silence de nos mères

quand une larme serpente

la dorsale de leur rêve

à l’affût des étangs grenouillards

 

 

femmes d'éternité

leurs chevelures s'enroulent

autour d'un chaud frisson

quand la mémoire de leurs jambes

se referme sur la tendresse

dépôt de lumière

dans la moelle du lit

 

Poème écrit en 2016

© Crédit photo : Huguette Bertrand, Nowhere, 2016

© Crédit photo : Huguette Bertrand, Nowhere, 2016

Page officielle : https://www.facebook.com/huguette.bertrand.9

Son site officiel : http://www.espacepoetique.com

Site web : http://www.espacepoetique.com/poete/poete.html

 

 

Pour citer ce poème

Huguette Bertrand, «  Nowhere », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°7 [En ligne], mis en ligne le 23 mars 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/03/nowhere.html

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Le Pan poétique des muses - dans La Lettre de la revue LPpdm
23 mars 2016 3 23 /03 /mars /2016 08:59

 

Annonce de parution

Paula Dumont

 

Contes et nouvelles lesbiennes

 

aux éditions L'Harmattan

© Crédit photo : couverture illustrée du livre


LITTÉRATURE CONTE ROMANS, NOUVELLESQUESTIONS DE GENRE 

 

Présentation de l'éditeur : « Ce recueil contient de nouvelles versions de contes traditionnels tels que La Belle au Bois dormant,CendrillonLa petite ille aux allumettes et Le Chat botté. On y trouvera également des nouvelles qui mettent en scène des lesbiennes, illustres et obscures, qui ont des soucis identiques à ceux des autres femmes : vivre des relations authentiques, qu'elles soient amicales ou amoureuses, tout en gardant leur liberté et leur autonomie grâce à un métier plus ou moins épanouissant. »

 

Paula Dumont : « Docteure ès lettres, Paula Dumont, qui vit dans un village proche de Montpellier, se consacre à l'écriture. Elle a publié aux Editions L'Harmattan deux ouvrages autobiographiques, Mauvais genre, et La vie dure, un conte philosophique, Le règne des femmes, deux essais, Lettre à une hétéro et Les convictions de Colette, et un dictionnaire de l'écriture lesbienne. Entre femmes, dans lequel sont recensées trois cents œuvres lesbiennes. Féministe, Paula Dumont milite également pour l'égalité des droits des LGBT. »

 

 

ISBN : 978-2-343-08117-5 

Date de parution : janvier 2016 

Nombre de pages : 114 p.

Broché

Prix éditeur :  12,83 €

Site de l'éditeur :  http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=49218

 

Ses œuvres déjà parues aux éditions de L’Harmattan :

 

  •  Mauvais Genre, parcours d’une homosexuelle, 2009.
  •  La Vie dure, éducation sentimentale d’une lesbienne, 2010.
  •  Lettre à une amie hétéro, propos sur l’homophonie ordinaire, 2011.
  • Le Règne des femmes, conte philosophique, 2012.
  •  Les convictions de Colette, Histoire, guerre, politique, condition des femmes, 2012.
  • Portée disparue, aller simple pour Alzheimer, 2013.
  • Entre femmes, 300 œuvres lesbiennes résumées et commentées, 2015.

 

Voir également ses autres livres édités par L'Harmattan (présentation reproduite via le site de l'éditeur)

 

ENTRE FEMMES
300 oeuvres lesbiennes résumées et commentées

Paula Dumont
PORTÉE DISPARUE
Aller simple pour Alzheimer

Paula Dumont
CONVICTIONS DE COLETTE (LES)
Histoire, politique, guerre, condition des femmes

Paula Dumont
RÈGNE DES FEMMES
Conte philosophique

Paula Dumont
LETTRE À UNE AMIE HÉTÉRO
Propos sur l'homophobie ordinaire

Paula Dumont
VIE DURE (LA)
Education sentimentale d'une lesbienne

Paula Dumont
MAUVAIS GENRE
Parcours d'une homosexuelle

Paula Dumont

 

© Crédit photo : couverture illustrée du livre

© Crédit photo : couverture illustrée du livre

Paula Dumont : livres lesbiens

 

 

 

Pour citer cette annonce

LPpdm, «  Paula Dumont, Contes et nouvelles lesbiennes aux éditions L'Harmattan », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°7 [En ligne], mis en ligne le 23 mars 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/03/contes-paula-dumont.html

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