23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 16:50

Lettre n°14|Être féministe |Annonces diverses

 

 

Affinités électives

 

Rencontres en Sorbonne​

 

 

 

Alexandre Gefen et Guillaume Métayer vous convient à leurs "Affinités électives. Rencontres en Sorbonne"

 

Crédit photo : Louise Élisabeth Vigée Le Brun, Julie Le Brun, 1787, domaine public, image fournie par A. Gefen. 

 

 

Le principe de ces rencontres est de faire parler d’un écrivain du passé un écrivain du présent, dans une confrontation éclairant à la fois un travail en train de se faire et une œuvre du patrimoine. « Je cherche dans l’ancien ce qu’il y a de nouveau et dans le nouveau ce qu’il y a d’ancien » disait Valery Larbaud pour résumer une conversation secrète qui anime toute la littérature de passages, d’interférences, d'admirations ou de détestations et qui fait toute la profondeur du temps des lettres.

 

 

L'échange cherchera à mettre en lumière les affinités électives, à saisir la force d’une influence, autant qu'à montrer la présence, possiblement importune, des classiques, dans les débats les plus contemporains.

 

Programme détaillé :

 

  • Mercredi 4 mars 2020, 18h30-20h30, Salle des Actes

 

Florence Delay et Valery Larbaud

 

  • Mercredi 11 mars 2020, 18h30-20h30, Salle des Actes

Camille Laurens et Benjamin Constant

 

  • Mercredi 1er avril 2020, 18h30-20h30, Salle des Actes

 

Pierre Michon et Gustave Flaubert

 

  • Mercredi 6 mai 2020, 19h00-21h00, amphithéâtre Milne-Edwards

Jean-Pierre Siméon et Andrée Chedid

 

  • Mercredi 13 mai 2020, 18h30-20h30, Salle des Actes

Pierre Jourde et Marcel Proust


 

  • Mercredi 10 juin 2020, 18h30-20h30, Salle des Actes

Karine Tuil et Philip Roth

 

 

Chaque rencontre sera enregistrée et podcastée. Elle sera ponctuée de lectures par les étudiants de l’atelier La Sorbonne Sonore et suivie d’une signature organisée avec la librairie Compagnie.

 

Cet événement est organisé par le Service culturel de Sorbonne Université avec la collaboration du Centre d'étude de la langue et des littératures françaises (UMR CELLF).

 

Pour y assister :

Accès par le 17 rue de la Sorbonne 75005 Paris.

L'entrée est gratuite.

Inscription nécessaire sur Billetweb.

 

Source de l'information :

Alexandre Gefen

UMR THALIM, « Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité »

CNRS-Université Paris 3-Sorbonne nouvelle-ENS

HAL : https://cv.archives-ouvertes.fr/alexandre-gefen

​​​

***

 

Pour citer cet avis

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Affinités électives. Rencontres en Sorbonne », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 23 février 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/affinites

 

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LE PAN POÈTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm
20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 16:05

Lettre n°14 |Être féministe|Revue culturelle d'Europe

 

 

Carnet de Voyage

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Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

   

 

La Galice côté sud :  porte ouverte sur le Portugal



 

De Vigo à Porto en passant par Saint-Jacques de Compostelle et autres villes :

​​​​Une halte au bord des plages  de Vigo au soleil couchant pour saluer la nature dans sa majesté. 

 

Le tracé des vagues  en ondes de formes parallèles à l’horizon souligne la mer et le sable que le soleil dore de ses rayons  convoite le ciel en perspective que les nuages embrassent alors que les Îles Cies au long abritant faune et flore  s’imposent à nos regards.

 

Comme un point blanc perdu dans le bleu du ciel la lune se distingue au-dessus de la pinède que le vent du large  caresse piano. 

 

Comme la Rome éternelle un pont romain inébranlable marque sa présence en enjambant  le fleuve et faisant face à une étroite voie sur berge pavée surmontée d’un muret aux contours crénelés où se rangeaient les passants pour laisser passer les charretiers. 

 

Depuis le Parador nacional de Gondomar on a une vision époustouflante sur Baiona jadis témoin de nombreux épisodes de guerres et de conquêtes romaines, wisigothes, portugaises et arabes.

 

Depuis 1994, on  note la présence d’une  réplique de la Caravelle de Christophe de Colomb, La Pinta, musée flottant  reconstituant la vie de l’équipage à bord durant la traversée de l’Atlantique.

 

Rodriguez Bermejo, dit « Rodrigo de Triana », le marin qui le premier lança le cri «  Terre » en abordant Guanahani, baptisée par Colomb San Salvador.   

 

Le 1er mars 1493 Baiona fut le premier port européen à avoir eu vent de la découverte  de l’Amérique et depuis on commémore la Fête de l’Arrivée tous les ans dans la ville.

 

On peut prendre de la hauteur  en accédant au Mont Sansón à plus de 100 mètres au-dessus du niveau de la mer où se trouve perchée la Vierge de la Roche, protectrice des marins, tenant en main un petit bateau. Cette statue en granit érigée par Antonio Palacios et Valence Mariano Benlliure, a le visage et les mains de marbre blanc sculptés par l’architecte Ángel García Díez. Là, à 15 m d’altitude, on a une vue panoramique de la ville avec la mer et la Ría de Vigo en perspective.

 

           

Une visite s’impose au Musée municipal de Vigo Quiñones de León, demeure seigneuriale du XVIIe siècle, entourée du parc de Castrelos avec des jardins à la française.

 

Ce musée recèle une collection d’objets archéologiques de l’époque paléolithique  à l’époque romaine. Une collection de peintures européennes totalisant 128 tableaux  légués par Policarpe Sanz à la Municipalité de Vigo. La Pinacothèque recèle d’importantes peintures  galiciennes du XXe siècle. 

 

Le mobilier  compte des meubles d’époque Louis XV et Louis XVI. Une partie du musée est consacrée à l’Histoire contemporaine à partir de la Reconquista en 1809 et de 1810 où Vigo commençait à s’imposer comme une vraie ville grâce aux apports économiques et industriels des personnalités qui ont contribué à son essor. 

 

En allant à Saint-Jacques de Compostelle, on traverse  le parc Almeda, impossible de ne pas s’arrêter pour une pause-photo  avec Maruxa et Corélia, dénommées « les deux Marie », immortalisées par l’artiste César Lombera. Dans les années 60-70, symbolisant l’éternelle jeunesse, habillées en tenue pimpante, elles aguichaient quotidiennement les jeunes étudiants qui passaient par le parc.

 

Le Monastère de Oia fut le témoin d’une bataille navale entre la troupe de Napoléon qui entreprit de s’emparer de l’Espagne et les moines qui  finirent par remporter la victoire. 

 

À Combarro, petit village de pêcheurs avec ses rues étroites et ses minuscules maisons mignonnement alignées, ses hórreos, greniers sur pilotis en nombre, surmontés d’une croix, servant à entasser des céréales, ses cruceiros ou calvaires symboles de victoire sur le mal ou de signalétiques.

 

 

À Padrón, on peut visiter la Casa de Rosalía de Castro, enfant cachée d’un prêtre,  célèbre écrivaine féministe, poète, figure emblématique de la littérature moderne et de la culture populaire galicienne. Ainsi en Galice beaucoup de lieux publics sont baptisés de son nom. 

 

© Crédit photo : Maggy de Coster,  image no 1, février, 2020.

 

 

       

C’est aussi à Padrón que naquit Le Prix  Nobel de Littérature Camilo José Cela.

 

                        *

 

Construite au VIe siècle la Cathédrale de TUI inspirera la Cathédrale de Saint Jacques de Compostelle. 

 

Pontevedra, cette ville administrative, se démarque par son niveau  socio-économique et intellectuel. C’est la seule ville de la Galice où s’exécute  la tauromachie lors de la fête de la Virgen Peregrina, la Vierge pèlerine.

 

            *

 

Classé  Monument historique le Castro* du Mont de  Santa Trega dans la commune de à Guardia nous ramène au temps des Celtes, Ier siècle av. JC. où demeurent les vestiges de leur civilisation. Ce sommet nous procure une excellente vue panoramique sur l’estuaire et l’embouchure  du fleuve Miño, du Portugal, de la Vallée du Rosal et de l’Atlantique. 

 

 

© Crédit photo : Maggy de Coster, image no 2, février, 2020.

 

 

* Un castro est une fortification résidentielle associée à l’âge du fer de la péninsule ibérique, aussi bien utilisée par les populations celtiques des plateaux de Castille (meseta), de la Gallaecia et du nord du Portugal, que dans la partie ibérique du sud et de l'est. Cette demeure en pierre, de forme circulaire et avec un toit de chaume, est entourée de douves et de remparts. L’époque romaine marque la fin des castros.

 

Vila Nova de Cerveira, ville portugaise limitrophe partage avec l’Espagne le Río Miño. C’est avec bonheur que les Galiciens traversent la frontière les jours de marché pour venir y faire de bonnes affaires car au Portugal la vie est moins chère. Il n’y a qu’à passer le pont et le tour est joué.

 

En poursuivant notre itinéraire on débouche sur Valença, une   autre ville voisine de la Galice, cernée dans sa partie antique par une fortification d’où l’on peut contempler le  Río Miños enjambé par un pont sur lequel jadis s’étirait la longue file d’attente menant au Poste –frontière.

 

Fini les contrôles frontaliers, libre accès aux touristes espagnols qui viennent acheter des produits artisanaux comme le linge de maison brodé à la main. 

 

À Porto dont les origines remontent à l’âge du Bronze, prévaut également le baroque reconnaissable dans les édifices religieux et publics, un style dû aux architectes Antonio Pereira et Nicolau  Nasoni. Dans cette ville Le néoclassique est également présent. Ce serait parjure que de ne pas noter la présence des Azulejos, revêtements en céramique d’origine arabe et espagnole sur les nombreuses façades des édifices urbains comme à l’intérieur de la Gare principale.   

 

Ah ! on retrouve la patte de Gustave Eiffel en empruntant le Pont de Dona Maria Pia haut de 61 m et large de 354 m et inauguré en 1877.

 

Située à Porto deuxième ville du Portugal, La librairie Lello et Irmão, baptisée « la plus belle librairie du monde »  est un passage incontournable pour les amoureux de la littérature et les intellectuels de tous genres. Elle fut inaugurée le 13 janvier 1906. Un magnifique escalier à double entrée  débouchant sur un balcon avec procuration de vue sur le rez-de-chaussée, constitue la principale curiosité architecturale de l’édifice à la façade néogothique qui abrite un intérieur où  les styles Art nouveau et Art Déco s’allient à la perfection. 

 

Un exemplaire de l’édition originale en anglais du Petit Prince de Saint Exupéry signé, s’y trouve exposé.

 

  

© Crédit photo : Maggy de Coster, image no 3, février, 2020.

 

 

Mais on ne peut que déplorer  qu’il y a trop de beaux immeubles en mauvais état et laissés à l’abandon dans cette belle ville.

***

 

Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « Carnet de Voyage », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 20 février 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/carnet

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Carnet de Voyage O-no4
20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 11:37

Lettre n°14 | Être féministe | Entretiens & N°9 | Dossier majeur

 

 

 

 

Interview avec

 

Celia Vázquez

​​​​​

 

 

 

Propos recueillis & traduits par

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/ 

 

 

 

©Crédit photo : Maggy de Coster, "Celia Vázquez chez elle", février, 2020.

 

 

 

 

Celia Vázquez est Professeure titulaire à l'Université de Vigo en Espagne et Directrice du  Département de philologie anglaise, française et allemande, Celia Vázquez est aussi poète et spécialiste de  littérature enfantine en Galice. Elle nous a reçue chez elle et nous en avons profité pour l’interviewer. Site :

http://www.celiavazquez.es/

 

       

 

MDC- Celia Vázquez, parlez- nous de votre parcours littéraire ?

 

CV- Je suppose que vous me demandez de vous parler de  mes lectures de mes sources d’inspiration et de mon instigation à écrire.

 

Hormis les histoires traditionnelles  recueillies par les Frères Grimm auprès des femmes dans les villages et qu’ils avaient  adaptées pour les enfants après leur succès auprès des adultes et de Perrault, la première chose dont je me souviens, c'est d'avoir lu de la poésie. Je crois que mon père savait que les enfants avaient la grande vertu de s’émerveiller et d’être dans une attitude curieuse et que la poésie était en harmonie avec la fantaisie, le sens du rythme et alimente en même temps  leur imagination et leur curiosité. D'abord la poésie enfantine, les histoires folkloriques, les berceuses, les devinettes, les chansons, puis la poésie épique, qui racontait les prouesses des héros, les contes et légendes. Puis mon père me demandait de mémoriser les fragments du Romanceo du Cid Campeador et m’avait donné des recueils de poèmes illustrés comme  les Fables de Tomás de Iriarte et les livres des grands classiques universels (anglais et français comme Jules Verne, Alexandre Dumas, Charles Dickens, J. M. Barrie, Daniel Defoe, Oscar Wilde, Jonathan Swift, Rudiard Kipling et des Américains comme Mark Twain, Robert L. May, Louisa May Alcott et Harriet Beecher Stowe).

Mes lectures poétiques  portent sur tous les auteurs espagnols et latino-américains auxquels j’ai fait allusion dans mes livres de littérature et – que je ne citerai pas ici pour ne pas vous ennuyer –, les plus connus internationalement, vont  principalement du romantisme à nos jours mais aussi ceux des siècles précédents, comme de l'époque médiévale, l'Âge d'or et l’époque contemporaine. Non seulement parce cela s’imposait à moi quand j'étudiais la Littérature espagnole mais aussi parce que cela relève de ma préférence. Et bien sûr, sans omettre les romanciers  contemporains.

 

MDC- En tant que poète, quelles sont les thématiques qui dominent votre poésie ? 

 

CV : Dans mes poèmes, il y a très peu d’originalité sur le plan  thématique puisque je m'intéresse à des thèmes abstraits et universels comme la mort des êtres chers, l’amitié, le temps, l'amour et ses contradictions, la douleur engendrée par la perte,  la trahison, la rupture, la mélancolie, la relation de couple, les rêves... les amours impossibles, la nostalgie d'un lieu, les droits de la femme, la violence faite aux femmes, le temps qui passe...

 

MDC- Si vous deviez colorier le monde, quelles sont les couleurs que vous choisiriez ?

 

 CV : Cette question attire toute mon attention car, curieusement, la question de  couleur et de son importance m'a toujours intéressée. Et en fait, en tant que chercheur universitaire, j'ai écrit des articles sur le sujet. J'ai analysé l'importance de la couleur et des vêtements dans la littérature en suivant une méthodologie basée sur la théorie des couleurs chez Goethe et d'autres moins autres auteurs moins connus. La couleur et la robe sont un système sémiotique à travers lequel les personnages parlent à leurs lecteurs en matière de  fiction. Les identités exprimées par la couleur et les vêtements qu'ils portent sont explorées car elles enrichissent les personnages littéraires et notre sens du contexte social et historique de la fiction. Ce que les personnages portent et la couleur qu'ils choisissent pour leurs vêtements ont une symbolique et une code qui les unissent à eux-mêmes. Cependant, les couleurs acquièrent cette symbolique de par les références culturelles ou religieuses, les contextes contemporains et ces facteurs ne sont pas universels. La robe et la couleur nous en disent plus sur le contexte, sur les valeurs émotionnelles ou psychologiques des personnages. Il en va de même pour les auteurs. Quelles couleurs utiliserais-je pour colorier le monde? Comme je sais que l'impact des couleurs sur chacun de nous est le même, quels que soient le sexe, l'âge ou le statut social, le rouge, le jaune et l'orange nous activent et nous transmettent de l'énergie. Il serait bon que le monde soit colorié de cette façon. Mais pour le repos, nous avons besoin de couleurs sédatives tels que le vert naturel, le bleu ciel et le mauve ou le violet. Je colorierais donc les couchers de soleil et les crépuscules. Si je voulais exprimer la pureté ou la simplicité, j'utiliserais le blanc et le noir pour exprimer la tristesse et le pessimisme. Quant aux vêtements, les couleurs ont une signification différente. Par exemple, les vêtements noirs signifient l'indépendance, le respect, le sérieux…

 

MDC- Comment pouvez-vous vous situer par rapport à vos camarades écrivaine latino-américaine du  point de vue littéraire ?

 

CV : En effet, il y en a dont  la poésie relève d’un engagement politique ou féministe. Il y en d’autres qui cultivent un style baroque en privilégiant  le sens et les sonorités. Tout peut être conçu comme une expérience esthétique. Mais ce que j'aime le plus, c'est la sensualité des formes et des paysages, comme la beauté du cadre qui les inspire.

Je pense que je devrais prendre en compte les pays pour pouvoir me comparer d'un point de vue littéraire, mais notre histoire est très différente et la culture européenne aussi. Certaines écrivaines sympathiques ont cette  confiance en elles-mêmes et en leur travail, ce que je n'ai pas. Mais c'est leur attitude envers la vie même. Je pense que cela est dû aux différences culturelles. Je suis très exigeante, peut-être à cause de mon éducation allemande. Ce n'est pas parce que je ne crois pas à mon travail de poète mais, si je me compare aux grands, il me manque encore beaucoup. Je crois que chacun est jugé par rapport à tout ce qu'il a lu de bon. En tant que critique littéraire et professeure de littérature j'essaie toujours d'être en adéquation avec moi-même. Mais je demande aussi de me juger. J'ai beaucoup lu et je ne me laisse pas emporter par la passion. Ma poésie  n’est pas d’une grande éloquence mais plutôt abordable par n’importe quel lecteur des paysages marins ou des plateaux ensoleillés ou des après-midi pluvieux. Mes descriptions sont simples. Mes lecteurs ne devraient pas s'attendre à des envolées lyriques ou des explosions images dérangeantes.

Parfois ma poésie regorge de solitude, elle est triste, elle parle d'amour non partagé, de la mort. Il n'y a pas de lyrisme en filigrane, pas de métaphores élaborées ou des descriptions sensuelles de paysages. Ma poésie en simple.

 

Je suppose que cela est dû à  l'influence de l'École allemande et de sa culture, car l'Allemagne est le berceau des frères Grimm, les philologues qui ont recueilli ces histoires dans les villages, des contes que des femmes leur racontaient et qui, compte tenu du succès remporté à la suite de leur publication, les ont adaptées aux enfants.

De plus, mon père a offert  à ma sœur et moi, quand nous étions enfants, deux livres très volumineux (d’environ 12 cm d'épaisseur), d’épaisses pages qui nous fascinaient tant. Il s'agissait en réalité des deux volumes d'Histoires  et de Littérature enfantine ibéro-américaine, écrites et compilées par Carmen Bravo Villasante, première chercheuse en littérature enfantine et juvénile en Espagne. Par ordre alphabétique, le volume I commençait par des auteurs d’Argentine et  se terminait avec le Panama, avec des histoires et des poèmes pour enfants. Et le volume II commençait avec le Pérou pour finir avec le Portugal. Un autre pays avait été ajouté, il s’agit des Philippines, car depuis l’impression de Doctrine chrétienne  aux Philippines,  l'influence espagnole se fait également sentir  dans les lectures du tagalog et les traditions des deux pays se sont emmêlées  car il y avait aussi la présence des auteurs philippins et espagnols. Avec cette merveilleuse sélection, nous avions toutes les deux lu et appris à connaître, dès notre plus jeune âge, ce que représentait chaque pays et je pense que cela nous a également aidé à comprendre et à admirer  l'Amérique latine.

Plus tard, quand j'ai voulu faire ma thèse de doctorat sur l’oeuvre d'un auteur britannique très connu en matière de littérature enfantine et juvénile, on m’a sommé d’y renoncer sous prétexte que   cette littérature n'était ni importante ni intéressante pour un travail de recherche aussi pertinent. Je me suis donc consacrée à la littérature humoristique britannique et je me suis promis, le moment venu,  d’intégrer la littérature enfantine et juvénile dans le cadre du programme académique de Licence de Lettres. Et c’est ainsi que je me suis associée avec une collègue et amie allemande pour fonder en 1998 l’Association nationale de recherche en littérature pour enfants et adolescents, basée à l'Université de Vigo, en Espagne, dans le but de promouvoir ces études, en  conférant un statut universitaire à une matière que nous avons jugé importante, car comme l'a dit l'écrivain anglais Wordsworth :«l'enfant est le père de l'homme et ce qu'il lit pendant son enfance fait partie de son passé culturel à l’âge adulte. » Nous avons créé un espace d'échanges entre ceux qui s’intéressaient à la Littérature pour enfants et jeunesse au sein de l’Université et en dehors de l’Université ».

 

MDC- Auriez-vous un vœu à former pour le monde et aussi pour vous-même ?  

 

CV : Oui bien sûr. Il y a plusieurs choses qui me préoccupent. Nous voulons tous un monde meilleur. Mais il semble que vu les conséquences du réchauffement climatique, nous vivons le compte à rebours et nous n'y arrivons pas. Essayons d'économiser les ressources, de protéger l'environnement, notre environnement naturel. Le recyclage est  la chose la plus importante pour une coexistence pacifique : soyons tolérants.

C'est un sujet qui nous concerne tous.

 

Mais il y  a une autre chose qui m'inquiète beaucoup car la situation s'est aggravée malgré la politique de protection des femmes et les campagnes contre la violence sexuelle. Je me demande si ces hommes qui donnent la mort à une femme ont une mère. Ne peuvent-ils pas se mettre à la place de leurs enfants afin d’éviter une tragédie familiale? N'est-il pas préférable de s'éloigner si l'amour n’existe plus? Est-il si difficile de penser qu'ils laissent leurs enfants orphelins de mère? Quelle éducation dispense-t-on dans les écoles pour que nous revenions à des situations bien plus graves qu'au cours des décennies précédentes ? Il est difficile de comprendre la mentalité d'un homme, eu égard à cet état de fait, en même temps, je voudrais insister sur la SORORITÉ.

Je m'inquiète des relations entre les femmes. Nous devons nous unir pour atteindre des objectifs du point de vue du l’enseignement scolaire et universitaire,  du travail, du salaire, de la productivité, de la création artistique. Tous ces éléments créent de la rivalité entre les femmes à savoir que chacune veut être la meilleure dans tous les domaines  de la vie quotidienne: le travail, l'amitié,  la maternité, la vie de couple. Si la rivalité est favorisée par les structures du pouvoir patriarcal, le machisme et la misogynie, alors c'est quelque chose de négatif. C'est pourquoi nous devons apprendre la nouvelle éthique du soutien, du respect et de la concordance pour améliorer les relations entre les femmes et en tirer profit. Nous devons nous rappeler que nous sommes des femmes et des  camarades non des rivales. Nous sommes confrontées à des difficultés conjugales, professionnelles, de conciliation familiale que nous devons résoudre dans l’harmonie. Nous devons développer une grande compréhension, de l'empathie, de l’altérité, créer des mécanismes de convergence, de synergie entre les femmes. C'est de la sororité. Je pense qu'ensemble, nous devons convenir que les femmes ne  doivent plus mourir parce qu’elles sont femmes. Si nous le voulons, nous pouvons changer les structures du pouvoir que détiennent les hommes qui pour la plupart ne respectent pas les femmes. Nous devons éduquer nos enfants dans la tolérance et le respect de ces dernières. 

 

 

***

 

Pour citer cet entretien

 

Maggy de Coster, « Interview avec Celia Vázquez », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 20 février 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/celiavazquez

 

 

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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 11:19

Carta n ° 14 | Ser feminista | Entrevistas

/ N° 9 | Dossier majeur | Articles & témoignages 

 

 

 

 

 

 

    

​Entrevista con

 

 

Celia Vázquez

 

 

 

 

Celia Vázquez entrevistada por/

Palabras recogidas y traducidas por

Maggy de Coster

Sitio :  www.maggydecoster.fr/

 

 

 

 

© Crédito fotográfico de : Maggy de Coster, "Celia Vázquez en su casa", febrero, 2020.

 

 

 

 

 

 

Celia Vázquez es Profesora titular de la Universidad de Vigo en España y Directora del departamento de Filología Inglesa, Francesa y Alemana, Celia Vázquez también es poeta y especialista en literatura infantil en Galicia. Nos recibió en su casa y aprovechamos para entrevistarla. Sitio :

http://www.celiavazquez.es/

 

 

 

MDC- ¿Celia Vázquez, háblame de tu recorrido literario?

 

 

CV: Supongo que lo que me preguntas se refiere a lo que he leído o lo que me ha inspirado y animado a escribir.

 

Aparte de los cuentos tradicionales recogidos por los hermanos Grimm de las historias que les contaban las mujeres en los pueblos y que luego adaptaron para niños tras su éxito con los adultos y los de Perrault. Lo primero que recuerdo es haber leído poesía. Yo creo que mi padre sabía que los niños y niñas tienen la gran virtud de maravillarse y estar en actitud inquisitiva, asombrados y que la poesía está a tono con la fantasía, con el sentido del ritmo y aviva la imaginación y curiosidad de los niños. Primero poesía infantil, el folklore con sus nanas, acertijos, canciones, adivinanzas y luego poesía épica, que contaba las hazañas de héroes, los mitos y las leyendas. Luego mi padre me pedía que memorizase fragmentos del Romancero del Cid Campeador y me regalaba libros ilustrados con poemas, las fábulas de Iriarte y los libros de los grandes clásicos universales (ingleses y  franceses como Jules Verne, Alexandre Dumas, Charles Dickens, J. M. Barrie, Daniel Defoe, Oscar Wilde, Jonathan Swift, Rudiard Kipling et des Américains comme Mark Twain, Robert L. May, Louisa May Alcott et Harriet Beecher Stowe)..

En cuanto a la lectura poética, he leído a todos los españoles y latinoamericanos cuyos nombres aparecían en mi libro de literatura y que no nombraré aquí para no aburrir, los más conocidos a nivel internacional, que son principalmente los de la etapa romántica hasta hoy pero también los de los siglos anteriores, desde la época medieval, los del Siglo de Oro hasta llegar al día de hoy. Unas veces porque no quedaba más remedio cuando estudiaba literatura española pero era mi asignatura favorita. Y por supuesto, los novelistas hasta hoy.

 

 

MDC-  Como poeta ¿cuáles son las temáticas que dominan? 

 

 

CV: En mis poemas, en cuanto a temática soy poco original ya que me interesan los temas universales, abstractos como la muerte de seres queridos, amigos y la vida, el tiempo, el amor con sus desencuentros, su dolor ante la pérdida, la traición, el fin, la melancolía, la relación de pareja, los sueños…amores imposibles, añoranza de un lugar, la mujer y sus derechos, violencia contra la mujer, el paso del tiempo…

 

 

MDC- Si tuvieses que colorear el mundo ¿cuales son los colores que elegirías?

 

CV: Esta pregunta me llama la atención porque, curiosamente, el tema del color y su importancia me ha interesado siempre. Y de hecho, como investigadora universitaria, he escrito artículos sobre el tema. He analizado la importancia del color y del vestido en la literatura siguiendo una metodología basada en la teoría del color de Goethe y otras no tan conocidas. El color y el vestido es un sistema semiótico a través del cual los personajes hablan a sus lectores en la ficción. Se exploran las identidades expresadas por el color y la ropa que visten ya que enriquecen los personajes literarios y nuestro sentido del contexto social e histórico de la ficción. Lo que visten los personajes y el color que eligen en sus ropas tiene un simbolismo y códigos unidos a ellos. No obstante, los colores obtienen este simbolismo a través de referencias culturales o religiosas, contextos contemporáneos y estos factores no son universales. Tanto el vestido como el color nos dicen algo más sobre el contexto, sobre los valores emocionales o psicológicos de los personajes. Puede ocurrir lo mismo con los autores. ¿Qué colores utilizaría para colorear al mundo? Como sé que el impacto que tienen los colores en cada uno de nosotros es el mismo, sin importar género, edad o estatus social, el rojo, el amarillo y el naranja nos activan y transmiten energía. Sería bueno para el mundo colorearlo de esta manera. Pero para el descanso necesitamos colores sedantes como el verde, de la naturaleza, el azul del cielo y el malva o violeta de las flores. Así colorearía los atardeceres y anocheceres. Si quisiera expresar pureza o sencillez utilizaría el blanco y el negro sería utilizado cuando quisiera expresar tristeza y pesimismo. En cuanto a la ropa tienen un significado diferente. Por ejemplo,  la ropa negra indica independencia, respeto, seriedad…

 

MDC-¿Cómo te puedes ubicar en referencia a tus compañeras escritoras latinoamericanas desde el punto de vista literario? 

 

CV: Bueno, algunas  escriben poesía que se supedita al compromiso político o feminista. Algunos escritos abundan en el estilo barroco con un uso exhaustivo de los sentidos  centrándose en el sonido. Todo puede ser concebido como vivencia estética. Pero lo que más me gusta es la sensualidad de formas y paisajes, como es os hermosos países en los que se inspiran.

Creo que debería tener en cuenta los países para poder compararme desde el punto de vista literario, pero nuestra historia es muy diferente y la cultura europea también. Algunas escritoras amigas tienen una seguridad en sí mismas y en su trabajo que no tengo yo. Pero es su actitud ante la vida igual. Creo que es debido a diferencias culturales. Yo exijo mucho, quizás por mi educación alemana. No es porque no crea en mi trabajo como poeta sino que, si me comparo con los grandes, aun me falta mucho. Yo creo que cada una se juzga en relación  a todo lo bueno que ha leído. Como profesora de literatura y crítica literaria siempre trato de ser ecuánime. Pero también soy exigente para juzgarme. He leído mucho y no me dejo llevar por la pasión. No hay gran elocuencia en mis poemas. Cualquier lector puede acercarse a mi poesía de paisajes marinos o soleadas mesetas, o a las tardes de lluvia. Mis descripciones son sencillas. Mis lectores no deben esperar fogonazos líricos, arrebatos o imágenes perturbadoras.

A veces abunda de soledades, es triste, habla de amores no correspondidos, de la muerte. No hay filigranas líricas, ni metáforas rebuscadas o descripciones sensuales de paisajes. Mi poesía en sencilla.

 

MDC-  ¿Cómo puedes explicarme tu interés por la literatura infantil?

 

CV: Supongo que la influencia del colegio Alemán y su cultura, pues Alemania es la cuna de los hermanos Grimm, los filólogos que recogieron por los pueblos aquellas historias, cuentos  que les contaban las mujeres y que luego, tras el éxito de la publicación, las adaptaron para niños.

Además, mi padre nos regaló a mi hermana y a mí, cuando éramos niñas, dos libros muy gordos (de unos 12 cm de grosor), de pastas gruesas  que eran nuestra pasión. Realmente eran los dos tomos de la Historia y Antología de la Literatura Infantil Iberoamericana, escrita y recopilada por Carmen Bravo Villasante, la primera investigadora de literatura infantil y juvenil de España. Por orden alfabético el tomo I empezaba por autores de Argentina y terminaba en Panamá, con sus cuentos y poemas para niños antologados. Y el tomo II empezaba con Perú y cuando creías que terminaría en Portugal. Se añadía un país más, Filipinas, porque desde que se imprimió “Doctrina Cristiana” en Filipinas, la influencia española se hace sentir también en las lecturas de los tagalos y aparecen mezcladas sus tradiciones porque había autores filipino-españoles. Con esta selección  maravillosa, ambas leímos y conocimos desde niñas lo que representativo de cada país y creo que eso nos ayudó también a la comprensión y admiración por Latinoamérica.

Más adelante, cuando quise realizar mi tesis doctoral sobre la extensa obra de una autora muy conocida de literatura infantil y juvenil británica, me recomendaron que desistiese porque esa literatura no era importante ni interesante para un trabajo de investigación tan relevante. Así que me dediqué a la literatura de humor británica y prometí que cuando llegase el momento, intentaría reivindicar la literatura infantil y juvenil como parte del currículo académico en una licenciatura de Letras. Y así hice asociándome con una colega y amiga alemana para fundar la Asociación Nacional de investigación en Literatura infantil y Juvenil en 1998, con sede en la Universidad de Vigo, España, con el propósito de impulsar estos estudios, dándole categoría universitaria a una materia que considerábamos importante, pues como dijo el escritor inglés Wordsworth, “el niño es el padre del hombre” y lo que lee de niño forma parte de su bagaje cultural de adulto. Impulsamos un espacio de intercambio entre quienes se interesaban por las letras para niños y jóvenes dentro y fuera del mundo académico.

 

MDC- .¿Tendrías un deseo que formular para el mundo y para ti también? 

 

CV: Si claro. Hay varias cosas que me preocupan.

Todos queremos un mundo mejor.  Pero parece que con lo que está sucediendo con el cambio climático hemos iniciado la cuenta atrás y no lo estamos logrando. Tratemos de ahorrar recursos, protejamos el medio ambiente, nuestro entorno natural. Reciclemos. Y lo más importante para la convivencia pacífica: seamos tolerantes.

Esto es un tema que nos concierne a todos.

 

Pero hay otro que me preocupa mucho porque la situación ha empeorado a pesar de la política de defensa hacia la mujer y las campañas de no a la violencia de género. Me pregunto si estos hombres que terminan con la vida de una mujer tienen madre. ¿Acaso no pueden ponerse en el lugar de sus hijos y evitar una tragedia familiar? ¿no es mejor alejarse si el amor se ha terminado? ¿Es tan difícil pensar que dejan a sus hijos sin la madre que les dio la vida?  ¿Qué educación se está dando en los colegios para que estemos volviendo a situaciones más graves que en las décadas anteriores? Es difícil entender la mente de un hombre por eso, a la vez quisiera insistir en la SORORIDAD. 

Me preocupan las relaciones entre mujeres. Debemos unirnos para lograr metas: desde la escuela a la universidad, en el trabajo, el salario, la productividad, la creación artística. Todos estos elementos hacen que compitamos muchísimo por el espacio, por el trabajo, por la amistad de una persona y por ser la mejor mamá y esposa en relación con otras, lo que fomenta la rivalidad. Si la rivalidad la fomentan las estructuras del poder patriarcal, los machistas y los misóginos, entonces es algo negativo. Por eso debemos aprender la nueva ética del apoyo, del respeto y la concordancia para estar mejor en las relaciones con mujeres y sacar provecho. Debemos recordar que somos mujeres y compañeras, no rivales. Nos enfrentamos a dificultades conyugales, laborales, de conciliación familiar que debemos resolver con armonía. Necesitamos desarrollar una gran comprensión, una empatía, ponernos en el lugar de la otra y entenderla, crear mecanismos de convergencia, de sintonía, de sinergia entre las mujeres. Eso es la sororidad. Creo que juntas podremos lograr que no haya más asesinatos de mujeres por el mero hecho de serlo. Si nos lo proponemos, podremos cambiar las estructuras de poder en manos de unos hombres que no respetan, en su mayoría, a las mujeres. Debemos educar a nuestros hijos en la tolerancia y enseñarles a respetar a las mujeres.

 

***

 

Para citar esta entrevista 

 

Maggy de Coster, « Entrevista con Celia Vázquez », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, & N°9 | Fin d'Été « Femmes, Poésie & Peinture », mis en ligne le 20 février 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/entrevista

 


Página publicada el editor David Simon

 

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17 février 2020 1 17 /02 /février /2020 12:55

Lettre n°14|Être féministe |Printemps des poètes|Textes poétiques

 

 

 

 Du courage...

 

 

 

Dina Sahyouni

 

 

​​​​Crédit photo :Pluie sur une toile d'araignée Commons, domaine public.

 

 

Il pleut en moi

 

et le courage,

 

tel un vieux volage, 

 

vacille. 



 

Il pleut en moi,

 

des larmes, des joies

 

des Je ne sais quoi. 



 

Il pleut des hivers, 

 

des étés blancs, 

 

des coccinelles rouges

 

sans leurs petits points noirs. 



 

Il pleut des je ne sais quoi abstraits

 

des étoiles filantes, 

 

des voyages imaginaires

 

des souvenirs en mirage

 

des siècles d'esclavage

 

des noms, des verbes, 

 

et des tas d'inconnues. 



 

Il pleut là-bas, 

 

des histoires fictives

 

des tas de trucs incompréhensibles

 

des oui et des non. 



 

Il pleut tout le temps

 

dans ce corps-support

 

des larmes, de l'eau de mers

 

il pleut et le déluge des mots-larmes continue son chemin au creux du pli de l'existence.



 

Il pleut des poésies

 

des vers en alexandrin

 

des musiques enchanteresses

 

des mélodies sourdes

 

et des rythmes diaboliques. 



 

Il pleut de l'être

 

sans le paraître

 

il pleut de ce soi tant attendu

 

qui ne viendra plus

 

il pleut des fleurs

 

des coquelicots sauvages

 

des perce-neige, 

 

des bleuets des champs vierges, 

 

des territoires magiques, 

 

des tics et des tacs. 



 

Il pleut de Vous et Moi

 

de Tu et Je 

 

il pleut de Nous

 

et la pluie diverse ses flux et reflux de contraintes, 

 

et la pluie charrie avec l'aube se réveillant son lot de tristesses



 

Un cœur pleure 

 

et la pluie tombe, 

 

le monde s'estompe 

 

au gré des gouttes translucides du silence du coeur qui pleure...

 

le violon saigne, 

 

un cœur pleure, 

 

toute sa poésie

 

et sa joie inonde

 

le monde de poèmes ronds. 



 

Le poème est un cri rond, 

 

une gouttelette d'eau, 

 

une larme qui coule

 

et s'enroule sur ton visage 

 

Humanité…

***

 

Pour citer ce poème

Dina Sahyouni, « Du courage... », poème inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 19 février 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/ducourage

 

 

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