25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 15:39

Lettre n°14 |Être féministe|Critique & réception

 

​Pedro Vianna

Sans raison précise

​Livre LIV, format A5,

juillet-décembre 2019, 72 p.

 

 

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

Sans Raison précise mais « le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point » selon Pascal.

Ce titre qui commence par la préposition Sans marque d’emblée un privatif donc l’absence, le manque. Un impromptu qui chambarde tout si bien que le poète reste comme « figé/ dans un mouvement incessant » car « la perte / est une porte / qui se déporte/ qui se fige »

On tourne en rond quand rien ne tourne rond. Quand tout est creux, néant autour de soi.  Infinitude du vide. Vide qui « remplit les nuits » et induit tant de douleur. 

L’éloquence du silence et la permanence des souvenirs étouffent les cris logés dans la gorge nouée du poète. Plus de repères. C’est comme s’il vivait dans un monde dépeuplé où ne résonne que l’écho du silence : « aller venir /notes de voyage /revenir /notes de souvenirs /

ne plus revenir /notes d’absence /haussement du silence /silence des ossements /ah si tu avais été là » 

Immortalité des souvenirs logés dans la permanence de la souffrance : la présence de l’absent s’impose au quotidien dans son univers dépeuplé : « égaré dans les pièces vides /de la maison fantôme/abandonné / avec ses pas /il brassait dans sa tête /la présence des absences confondues »

Une voix s’est éteinte, cette voix d’homme de théâtre, complice des bons et mauvais jours. Étreinte soudaine et brutale de la mort. Mort sans préavis. Injonction des Parques. Rien de précis sur cette disparition qui laisse place à tant de questionnements. Tout demeure suspension. 

Suspension de l’action. Suspension des projets. Évanouissement des rêves  « dans la vacuité des jours » car « soudain la mort se présente/et tout se perd dans l’horizon /figé dans l’absence d’avenir/serti dans l’écrin du plus jamais ».

 

Ces poèmes écrits à l’encre du désespoir résonnent comme des notes d’incertitude. C’est un truisme dire que l’avenir est incertain. N’est-il pas courant de dire : on ne sait jamais de quoi sera fait demain ? 

Mais le poète se trouve confronté à l’incertitude de l’incertitude :

« je m’accroche au quotidien /pour tenter d’étayer un avenir / bien incertain ».

Dans l’incertitude de l’avenir il continue de vivre dans la procuration de l’absence.  Aussi a-t-il fait le pari de « tenir bon ». Enfin de compte il ne lui reste qu’« à apprivoiser le quotidien /pour / que les pleurs s’abîment dans les failles du néant » même si rien ne sera plus comme avant,   quitte à « défoncer des portes ouvertes ». Bel oxymore pour lutter contre l’inéluctable et l’invincible.   

 

 

NDLR : Ce recueil dédié à Éric Meyleuc est disponible sur le site :

http://poesiepourtous.free.fr/

***

 

​​​​​​Pour citer ce texte

 

Maggy de Coster, « Pedro Vianna, « Sans raison précise », Livre LIV, format A5 juillet-décembre 2019, 72 p. », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 25 février 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/sansraison

 

 

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Lettre n°14|Être féministe - LE PAN POÉTIQUE DES MUSES​​​​​​

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm
25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 12:13

Lettre n°14 |Être féministe|Entretiens

 

 

Le Petit Prince 

 

illustré

 

autrement par

 

Nicole Durand

​​​​​

 

Propos recueillis par

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/

 

 

Illustrer Le Petit Prince de Saint-Exupéry autrement c’est le défi qu’a relevé la talentueuse dessinatrice Nicole Durand, en répondant à la demande du professeur italien Mario Selvaggio de l’Université de Cagliari en Sardaigne. Nous assistons là, à une première en matière littéraire. Un projet ambitieux qui s’est concrétisé par la publication aux Éditions Aga et le nouvel Athanor en 2018 d’un très bel ouvrage bilingue français-italien de 238 pages, préfacé par le professeur Giovanni Dotoli de l’Université de Bari. 

Nicole Durand nous donne à voir quarante sept dessins faits de main de maître(sse), illustrant la version italienne traduite du français par le professeur Mario Selvaggio. 

Des dessins inspirés des originaux mais qui n’en sont guère des copies conformes. À la vérité ce sont les chefs d’œuvre d’une ancienne professeur des écoles actuellement animatrice des soirées poétiques, qui avait toujours mis son talent de dessinatrice innée au service de ses élèves. Elle n’a plus rien à prouver car elle n’est pas à son coup d’essai. Elle avait l’habitude d’illustrer des recueils de poèmes. Ses dessins qui accompagnent la fine traduction de Mario Selvaggio dans la langue de Dante sont une incitation à relecture du Petit Prince, un opus qui peut être considéré comme le patrimoine de la littérature universelle puisqu’il est traduit en 159 langues depuis sa première publication en anglais depuis 1943. 

 

Maggy De Coster : Nicole Durand pouvez-vous nous dire comment vous avez reçu cette demande du professeur Mario Selvaggio ?

 

Nicole Durand : La demande du professeur a suscité en moi deux réactions spontanées. Tout d’abord le plaisir de collaborer de nouveau avec Mario Selvaggio envers lequel j’éprouve une sincère amitié et, en même temps la satisfaction de considérer que ma compétence est reconnue par une personne dont j’admire profondément les grandes qualités. 

Et, malgré tout cela, j’ai été fort encline à refuser. Comment rivaliser avec l’immense Saint Exupéry ? Ses dessins tout à fait indissociables du texte et tellement connus me paraissaient absolument irremplaçables. 

 

MDC : Vous était-il facile de relever le défi ?

 

ND : Je ne me considérais absolument pas à la hauteur de soutenir cette gageure. J’étais à la fois inquiète et contrariée d’avoir à travailler selon un cadre très précis et des contraintes rigoureuses puisqu’il s’agissait d’effectuer plus de quarante dessins qui devaient s’insérer exactement dans les mêmes espaces que ceux du livre de Saint Exupéry et donc correspondre aux mêmes moments du texte.

 

MDC : Comment avez-vous procédé pour parvenir à un tel résultat ? En êtes-vous satisfaite ?

 

ND : J’ai fait part au professeur Mario Selvaggio de mes doutes, de mes scrupules et je lui ai envoyé, sans conviction, quelques ébauches. Celles-ci lui ont plu, il m’a donc vivement encouragée à continuer.

Heureuse de cette approbation, je me suis lancée dans l’aventure et j’y ai trouvé un plaisir particulier car, en dépit des contraintes, j’ai pu libérer ma propre créativité. 

Avec les volutes en guise de planètes, j’ai trouvé l’élément récurrent qui pouvait être décliné pour donner une unité à l’ensemble. 

Pour le personnage du Petit Prince, j’ai accentué sa silhouette fragile, éthérée ; il est sans âge, sans nom, pour cela je n’ai pas dessiné son visage, il garde ainsi une part de mystère. Sa cape légère, mouvante, aérienne, nous invite à l’envol vers l’azur, vers « l’outre-lieu » selon Yves Bonnefoy.

Je pense avoir réussi à créer un univers onirique, poétique, comme suspendu dans l’espace, ouvert sur l’infini.

 

MDC : Vous dessinez depuis longtemps comptez-vous un jour exposer vos dessins ?

 

ND : Je n’envisage pas actuellement d’organiser une exposition.

Mes dessins originaux sont mis en évidence lors de la présentation des recueils auxquels ils sont associés, c’est une collaboration qui me convient.

Par ailleurs, je réalise des œuvres au pastel gras, de grand format, pour constituer sur scène les décors de divers récitals de poésie. Ainsi mes réalisations se trouvent en contact avec le public soit par les livres, soit par les spectacles.

 

MDC : Combien de dessins inédits comptez-vous à ce jour ?

 

ND : Je suis au désespoir de ne pouvoir donner une réponse à cette question.

De nombreux dessins n’ont jamais été édités, ce sont des cadeaux à usage amical ou des croquis qui seront peut-être finalisés plus tard.

 

MDC : Vous qui vous êtes déjà familiarisée avec la langue de Dante, qu’espérez-vous personnellement de la publication de ce livre bilingue français-italien : Le Petit Prince/ Il Piccolo Principe ?

 

ND : Je suis très heureuse de ma collaboration avec Mario Selvaggio et Giovanni Dotoli et de la confiance qu’ils m’ont accordée. Tous deux poètes, écrivains, passionnés, de grand talent m’ont apporté par leurs qualités humaines, leur enthousiasme, leur accueil chaleureux, une ouverture nouvelle, un précieux enrichissement.

Je souhaite que, grâce à cette édition bilingue du Petit Prince, beaucoup de lecteurs de nos deux pays éprouvent le plaisir de découvrir ou de redécouvrir la délicieuse fraîcheur, le message d’espoir de ce conte philosophique et poétique si bien traduit ici par Mario Selvaggio et qui bénéficie d’une préface remarquablement écrite et documentée par Giovanni Dotoli. 

***

 

Pour citer cet entretien

 

Maggy de Coster, « Le Petit Prince illustré autrement par Nicole Durand », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 25 février 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/nicoledurand

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm
25 février 2020 2 25 /02 /février /2020 10:23

Lettre n°14 |Être féministe|Revue culturelle d'Afrique & d'Orient

 

 

​Présentation des ouvrages

"Penseur de la diversité"

et "Ainsi parlait ma mère"

au Maghreb-Orient des

Livres à l'Hôtel de Ville

de Paris en février 2020​​​​​​

 

 

 

Mustapha Saha

 

Sociologue, poète, artiste peintre

© Crédits photos : Élisabeth et Mustapha Saha, "Mustapha Saha et Rachid Benzine en signature de leurs livres au Maghreb-Orient des Livres à l'Hôtel de Ville à Paris les 7, 8 et 9 février 2020".
© Crédits photos : Élisabeth et Mustapha Saha, "Mustapha Saha et Rachid Benzine en signature de leurs livres au Maghreb-Orient des Livres à l'Hôtel de Ville à Paris les 7, 8 et 9 février 2020".
© Crédits photos : Élisabeth et Mustapha Saha, "Mustapha Saha et Rachid Benzine en signature de leurs livres au Maghreb-Orient des Livres à l'Hôtel de Ville à Paris les 7, 8 et 9 février 2020".

© Crédits photos : Élisabeth et Mustapha Saha, "Mustapha Saha et Rachid Benzine en signature de leurs livres au Maghreb-Orient des Livres à l'Hôtel de Ville à Paris les 7, 8 et 9 février 2020".

 

« La rigueur scientifique comme principe éthique. S’il fallait un seul concept pour définir l’œuvre de Haïm Zafrani, une œuvre prolifique, impressionnante, pour ne pas dire intimidante, par sa dimension et sa densité, ce concept serait la rigueur, la rigueur intellectuelle, la rigueur scientifique, la rigueur éthique. Une rigueur associée à la vigueur investie dans sa réalisation pendant un demi-siècle, avec la ténacité tranquille des voyageurs du désert. Au-delà de la reconnaissance publique, des distinctions académiques, des sollicitations internationales, intervenues sur le tard, Haïm Zafrani, stoïquement cuirassé dans la persévérance et la discrétion inculqués par l’enseignement talmudique, mène jusqu’au bout, loin des sentiers battus, une existence de chercheur imperturbable, d’explorateur inébranlable, de laboureur infatigable de la diversité culturelle marocaine et andalouse. Tout au long de son existence, il poursuit un seul but, exhumer et restituer, à l’usage des générations présentes et futures, un capital historique exceptionnel, un patrimoine culturel bimillénaire en grande partie méconnu, sous-estimé, refoulé, dans sa flexuosité labyrinthique, ses contradictions, ses accords et ses contre-accords », voir Mustapha Saha, Haïm Zafrani, Penseur de la diversité, éditions Hémisphères/éditions Maisonneuve & Larose, Paris, 2020.

 

***

 

« Vous vous demandez sans doute ce que je fais dans la chambre de ma mère. Moi, le professeur de lettres de l'Université catholique de Louvain. Qui n'a jamais trouvé à se marier. Attendant, un livre à la main, le réveil possible de sa génitrice. Une maman fatiguée, lassée, ravinée par la vie et ses aléas. La Peau de chagrin, de Balzac, c'est le titre de cet ouvrage. Une édition ancienne, usée jusqu'à en effacer l'encre par endroits. Ma mère ne sait pas lire. Elle aurait pu porter son intérêt sur des centaines de milliers d'autres ouvrages. Alors pourquoi celui-là ? Je ne sais pas. Je n'ai jamais su. Elle ne le sait pas elle-même. Mais c'est bien celui-ci dont elle me demande la lecture à chaque moment de la journée où elle se sent disponible, où elle a besoin d'être apaisée, où elle a envie tout simplement de profiter un peu de la vie. Et de son fils. », voir Rachid Benzine, Ainsi parlait ma mère, éditions du Seuil, Paris, 2020.

***

 

Pour citer ce texte
 

Mustapha Saha, « Présentation des ouvrages "Penseur de la diversité" et "Ainsi parlait ma mère" au Maghreb-Orient des Livres à l'Hôtel de Ville de Paris en février 2020 », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 25 février 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/presentation

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm
24 février 2020 1 24 /02 /février /2020 12:33

Lettre n°14|Être féministe |Événements en faveur des femmes

 

 

 

Une rencontre théâtrale

et musicale consacrée à

la vie et à l'œuvre de

Valentine de Saint-Point

 

 

 

L'Association des Roses noires a le plaisir de vous inviter à son événement artistique :

 

​​​​Crédit photo : "Valentine de Saint-Point", domaine public. 

 

Une rencontre théâtrale et musicale consacrée à la vie et à l'œuvre de Valentine de Saint-Point.

 

 

Date : 29 février 2020.

Lieu : Centre Paris Anim' Mado Robin, 84 rue Mstislav Rostropovitch - ZAC des Batignolles, 75017 Paris.

Avec :

Crystalia, Roya Zargar et Ann Randrianisa. "Valentine de Saint-Point (la Femme futuriste)" par la troupe "La Romance de la Rose Noire" et deux autres personnes.

​​​​​​

Entrée libre.

 

Source de l'information :

Xavier Borloz

***

 

Pour citer cet événement

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Une rencontre théâtrale et musicale consacrée à la vie et à l'œuvre de Valentine de Saint-Point », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 24 février 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/valentinedesaintpoint

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm
23 février 2020 7 23 /02 /février /2020 17:42

Lettre n°14|Être féministe |Muses au masculin

 

 

 

 Écrire à

 

Jean Ferrat 

 

 

 

Stephen Blanchard

 

 

 

Écrire

à l’orée des impatiences muettes

aux confins des aveux

et des résonances océanes

au hasard de l’ultime serment

et des échos rompus.

 

Écrire

à l’amont des mémoires

irréversibles

lorsque la parole ricoche

aux nostalgies

de la page blanche.

 

Écrire

en dehors des solitudes

à rebours des sèves endormies

lorsque le doute

s’interroge

sur le devenir d’une aube.

 

Écrire

dans le sillon du jour

au versant des connivences

lorsque fondent

les incertitudes de l’oubli.

 

Écrire

dans l’intimité

des gestes nourriciers

lorsque la clarté

escorte les ombres

de la nuit.

 

Écrire

au pied d’un ciel

dépossédé de son arc

lorsque s’émerveillent

les couleurs du temps.

 

Écrire

comme un semeur de songes

aux confins d’infinis paysages.

 

***

 

Pour citer ce poème

Stephen Blanchard, « Écrire à Jean Ferrat », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 23 février 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/jeanferrat

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm

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