7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 15:34

N°9 | Artistes en Poésie | Entretiens

 

 

Rencontre avec

Zhifang Tang

une femme Calligraphe

 

 

Propos recueillis par

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

© Crédits photos : Maggy de Coster, "Zhifang Tang ".​​​​

 

 

D’origine chinoise, Zhifang Tang a fait L’École des Beaux Arts et excelle dans la calligraphie, la peinture et l’origami. Nous l’avons rencontrée dans son atelier à l’Espace le Six B à l’adresse suivante : 6-10 quai de Seine 93200 SAINT-DENIS ; un lieu de création et de diffusion à Seine Saint-Denis près de Paris, autour d’un thé servi dans un rituel typiquement chinois. Elle nous a parlé de son art et de sa méthode de travail.

 

Maggy De Coster : Comment êtes-vous arrivée à la Calligraphie ? Comment procédez-vous ? Les matières ? Vos rapports avec les outils ? Les sensations que vous éprouvez en calligraphiant ?

 

Zhifang Tang : J’avais un besoin de me rapprocher de ma propre culture, la culture chinoise. Et le contact avec des matières traditionnelles m’aide à chasser le stress de la vie actuelle et à trouver un rythme salutaire à mon corps, cela me permet aussi de me retrouver et de me former.

Les outils traditionnels chinois, encre de chine, papier Xuan, pinceau chinois ont une ultra-sensibilité que je ne trouve pas ailleurs. Il y a déjà énormément de choix mais j’'expérimente aussi d’autres outils traditionnels ou modernes comme le calame, la lumière. Cela m'oblige à changer mes habitudes et à me donner de nouvelles sensations et à avoir des nouveaux regards. Quand je calligraphie, je sens l'énergie et le mouvement, cela ne vient pas seulement de moi sur le moment mais aussi des autres, de l’environnement et du passé.

 

MDC : Que représentent vos calligraphies  et qu’est-ce qui vous inspire en tant que calligraphe ? 

 

ZT : Mes calligraphies représentent les mouvements, la continuité, et l'instant vécu. La calligraphie c’est la gestuelle dans une certaine rythmique. De ce point de vue, elle est plus proche de la danse que de l’art pictural.

Ce sont des gestes qui m’inspirent. J’aime toujours regarder les mouvements autour de moi, ceux des animaux des gens, de la lumière, de la flamme etc. Mon projet en cours s'appelle Journal des gestes. J’observe des personnes de mon environnement, artistes ou non artistes, je capture leurs gestes en fonction de mes sensations du moment. Puis je les concrétise avec de l’encre et du papier. C’est la base de mon projet. Cette « collection des gestes » devient ma propre ressource pour créer ma calligraphie.

 

​​​​​© Crédit photo : Maggy de Coster, toile de Zhifang Tang. 

 

MDC : Quels sont les calligraphes des deux sexes qui vous auraient marquée ? Pourquoi ? 

ZT : C’est vrai qu’il y a moins de femmes calligraphes reconnues. Mais le sexe de l’auteur ne change pas mon regard sur son œuvre.

Il y a une grande artiste française très remarquable, Fabienne Verdier qui est une des premiers artistes européens qui a étudié la calligraphie en Chien. C’est une pionnière qui a crée un mi-chemin entre la peinture et la calligraphie.

 

MDC : Auriez-vous un modèle de calligraphe ?

ZT : La méthode d’apprendre la calligraphie chinoise est de recopier les œuvres des anciens grands maîtres. Elles est bien différente des autres calligraphies, nous recopions plus les gestes que de formes. 

J’ai étudié la calligraphie de Yan Zhenqing, de Wang Xizhi, de Zhao Ji et de bien d’autres. Comme je suis influencée par deux cultures, la chinoise et la française, je cherche toujours mon propre langage. C’est difficile de choisir un seul modèle de calligraphe.

 

MDC : Avec quelle fréquence exposez-vous ? 

ZT : Comme beaucoup d'artistes d'aujourd'hui, je verse dans la diversification : la peinture, la calligraphie, la photographie, la performance et l’origami. Je montre mon travail environ une fois par mois.

 

MDC : Quelle est la place de la femme dans le monde de la calligraphie par rapport à son homologue masculin ?

ZT : Historiquement et dans certaines régions, les femmes n’ont pas accès à la calligraphie. Aujourd’hui, il n’y a plus ou très peu de frontière entre les deux sexes. Et il y a de plus en plus de femmes qui pratiquent la calligraphie.

 

MDC : Vous arrive-t-il d’associer vos calligraphies à des ouvrages ?

ZT : Oui, j’en ai associé au livre intitulé «  Le Feng shui » de la spécialiste en la matière, en l’occurrence Caroline Gleizes Chevallier.

 

Site de l'artiste :

Peinture & Calligraphie, http://tangzhifang.com

Origami : https://www.instagram.com/a_year_of_deer/

***

 

Pour citer cet entretien

​​​​​Maggy de Coster, « Rencontre avec Zhifang Tang, une femme Calligraphe », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°9| Fin d'été 2021 « Femmes, Poésie & Peinture », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 7 mars 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/no9/zhifangtang

 

 

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7 mars 2020 6 07 /03 /mars /2020 11:23

N°9 | Femmes, Poésie & peinture | Entretiens

 

 

Rencontre avec

 

Annie Quatresol Dieufrance

 

une artiste polyvalente

 

 

 

Propos recueillis par

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

© Crédit photo : Maggy de Coster, "Annie Quatresol Dieufrance". 

 

 

Maggy De Coster : Annie Quatresol Dieufrance  vous êtes poète, peintre et chanteuse. Pourriez-vous nous dire en quoi consiste ces trois volets de vos activités culturelles ?

 

 

Annie Quatresol Dieufrance : Je considère que chaque être humain est une parcelle de l’amour divin en action. Chacun de nous a une mission. La mienne est d’être une fée bénéfique qui doit ensoleiller la vie des personnes qui m’entourent, ou que je rencontre avec tous les dons qui m’ont été accordés.

Lorsque je chante dans une maison de retraite, j’aime voir les yeux parfois tristes, ou même éteints de certains résidents, briller tout à coup. Des personnes atteintes d’Alzheimer qui se mettent à chanter en même temps que moi. J’ai les larmes aux yeux. Je suis heureuse. Je me sens utile et bénéfique. Je me promène dans la salle, je m’approche d’elles pour qu’elles voient et touchent mes belles robes de scène. Je les fais rêver. Elles me sourient. Oui, il n’y a pas que les spectacles dans de grandes salles remplies du public qui rendent un artiste épanoui et heureux…

Depuis que je sais lire et écrire j’ai la passion de la musique des mots. C’est pourquoi j’écris. Par plaisir. Pour transmettre mon amour du français. J’éprouve aussi le besoin de faire partager mon émerveillement devant l’univers. Je peins donc tous mes coups de cœur.

 

 

MDC : Comment les conciliez-vous ? Y a-t-il une interférence entre ces triptyques-là ? 

 

 

AQD : Oui j’essaie de relier tous les arts. J’organise des récitals pendant lesquels j’alterne poèmes et chansons. Et j’expose des tableaux qui correspondent à mes poésies.

Dans les bibliothèques, je lis les contes pour enfants que j’écris et en même temps je m’entoure de tableaux, toiles ou tableaux-poèmes qui correspondent à mes histoires.

 

 

MDC : Quels sont vos sujets ou thèmes de prédilection ?

 

 

AQD : Tous les sujets. Les paysages, les animaux, les sentiments, les métiers.

 

 

MDC : Quelles sont les satisfactions que vous avez tirées de votre triple carrière ?

 

AQD :  Un épanouissement total. Chaque création donne un sentiment de plénitude.

 

 

© Crédit photo : image de la peinture de l'artiste fournie par Maggy de Coster.

 

 

MDC : Auriez-vous de nouveaux projets en cours ?

 

AQD : Bien sûr. Un projet est suivi d’un autre. Et souvent j’ai plusieurs œuvres en cours. En ce moment je fais des illustrations pour un livre cartonné, destiné aux enfants de 2 à 4 ans. Il s’appellera «  Mes personnages de contes  ».

Je mène de front l’écriture et l’illustration d’un autre livre pour enfants « Rose et Oscar l’escargot ». Il est écrit, mis en page. J’ai toutes les illustrations à inventer, dessiner, puis peindre.

 

 

MDC : Auriez-vous un message à transmettre ou un conseil à donner à ceux qui ont choisi les mêmes voies que vous ?

 

 

AQD : La persévérance et le courage. Car rien n’est facile. Il faut faire et refaire ; parfois tout défaire pour refaire.

En écriture, je ne peins pas. Mais pour les illustrations… J’avais dessiné Rose avec son escargot. Je n’avais plus de place sur les côtés pour finir ses bras, ses coudes appuyés devant Oscar. Par contre trop de place vide en bas. Et pas assez en haut. Le dessus de ses cheveux était donc coupé. Un dessin mal positionné. Dommage car l’expression de l’enfant était bien réussie… J’ai tout effacé avec la peur de faire moins bien…

Mais je suis une battante courageuse. J’ai mis moins de temps et j’ai réussi. Le résultat est mieux. Conclusion.

Il faut que la confiance de la personne qui crée soit plus forte que ses doutes. Et se lancer avec passion.

 

 

***

 

Pour citer cet entretien

​​​​​Maggy de Coster, « Rencontre avec Annie Quatresol Dieufrance, une artiste polyvalente », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N°9|Fin d'été 2021 « Femmes, Poésie & Peinture », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 7 mars 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/no9/anniequatresoldieufrance

 

 

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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 11:37

Lettre n°14 | Être féministe | Entretiens & N°9 | Dossier majeur

 

 

 

 

Interview avec

 

Celia Vázquez

​​​​​

 

 

 

Propos recueillis & traduits par

 

Maggy de Coster

Site personnel : www.maggydecoster.fr/

Site du Manoir des Poètes : www.lemanoirdespoetes.fr/ 

 

 

 

©Crédit photo : Maggy de Coster, "Celia Vázquez chez elle", février, 2020.

 

 

 

 

Celia Vázquez est Professeure titulaire à l'Université de Vigo en Espagne et Directrice du  Département de philologie anglaise, française et allemande, Celia Vázquez est aussi poète et spécialiste de  littérature enfantine en Galice. Elle nous a reçue chez elle et nous en avons profité pour l’interviewer. Site :

http://www.celiavazquez.es/

 

       

 

MDC- Celia Vázquez, parlez- nous de votre parcours littéraire ?

 

CV- Je suppose que vous me demandez de vous parler de  mes lectures de mes sources d’inspiration et de mon instigation à écrire.

 

Hormis les histoires traditionnelles  recueillies par les Frères Grimm auprès des femmes dans les villages et qu’ils avaient  adaptées pour les enfants après leur succès auprès des adultes et de Perrault, la première chose dont je me souviens, c'est d'avoir lu de la poésie. Je crois que mon père savait que les enfants avaient la grande vertu de s’émerveiller et d’être dans une attitude curieuse et que la poésie était en harmonie avec la fantaisie, le sens du rythme et alimente en même temps  leur imagination et leur curiosité. D'abord la poésie enfantine, les histoires folkloriques, les berceuses, les devinettes, les chansons, puis la poésie épique, qui racontait les prouesses des héros, les contes et légendes. Puis mon père me demandait de mémoriser les fragments du Romanceo du Cid Campeador et m’avait donné des recueils de poèmes illustrés comme  les Fables de Tomás de Iriarte et les livres des grands classiques universels (anglais et français comme Jules Verne, Alexandre Dumas, Charles Dickens, J. M. Barrie, Daniel Defoe, Oscar Wilde, Jonathan Swift, Rudiard Kipling et des Américains comme Mark Twain, Robert L. May, Louisa May Alcott et Harriet Beecher Stowe).

Mes lectures poétiques  portent sur tous les auteurs espagnols et latino-américains auxquels j’ai fait allusion dans mes livres de littérature et – que je ne citerai pas ici pour ne pas vous ennuyer –, les plus connus internationalement, vont  principalement du romantisme à nos jours mais aussi ceux des siècles précédents, comme de l'époque médiévale, l'Âge d'or et l’époque contemporaine. Non seulement parce cela s’imposait à moi quand j'étudiais la Littérature espagnole mais aussi parce que cela relève de ma préférence. Et bien sûr, sans omettre les romanciers  contemporains.

 

MDC- En tant que poète, quelles sont les thématiques qui dominent votre poésie ? 

 

CV : Dans mes poèmes, il y a très peu d’originalité sur le plan  thématique puisque je m'intéresse à des thèmes abstraits et universels comme la mort des êtres chers, l’amitié, le temps, l'amour et ses contradictions, la douleur engendrée par la perte,  la trahison, la rupture, la mélancolie, la relation de couple, les rêves... les amours impossibles, la nostalgie d'un lieu, les droits de la femme, la violence faite aux femmes, le temps qui passe...

 

MDC- Si vous deviez colorier le monde, quelles sont les couleurs que vous choisiriez ?

 

 CV : Cette question attire toute mon attention car, curieusement, la question de  couleur et de son importance m'a toujours intéressée. Et en fait, en tant que chercheur universitaire, j'ai écrit des articles sur le sujet. J'ai analysé l'importance de la couleur et des vêtements dans la littérature en suivant une méthodologie basée sur la théorie des couleurs chez Goethe et d'autres moins autres auteurs moins connus. La couleur et la robe sont un système sémiotique à travers lequel les personnages parlent à leurs lecteurs en matière de  fiction. Les identités exprimées par la couleur et les vêtements qu'ils portent sont explorées car elles enrichissent les personnages littéraires et notre sens du contexte social et historique de la fiction. Ce que les personnages portent et la couleur qu'ils choisissent pour leurs vêtements ont une symbolique et une code qui les unissent à eux-mêmes. Cependant, les couleurs acquièrent cette symbolique de par les références culturelles ou religieuses, les contextes contemporains et ces facteurs ne sont pas universels. La robe et la couleur nous en disent plus sur le contexte, sur les valeurs émotionnelles ou psychologiques des personnages. Il en va de même pour les auteurs. Quelles couleurs utiliserais-je pour colorier le monde? Comme je sais que l'impact des couleurs sur chacun de nous est le même, quels que soient le sexe, l'âge ou le statut social, le rouge, le jaune et l'orange nous activent et nous transmettent de l'énergie. Il serait bon que le monde soit colorié de cette façon. Mais pour le repos, nous avons besoin de couleurs sédatives tels que le vert naturel, le bleu ciel et le mauve ou le violet. Je colorierais donc les couchers de soleil et les crépuscules. Si je voulais exprimer la pureté ou la simplicité, j'utiliserais le blanc et le noir pour exprimer la tristesse et le pessimisme. Quant aux vêtements, les couleurs ont une signification différente. Par exemple, les vêtements noirs signifient l'indépendance, le respect, le sérieux…

 

MDC- Comment pouvez-vous vous situer par rapport à vos camarades écrivaine latino-américaine du  point de vue littéraire ?

 

CV : En effet, il y en a dont  la poésie relève d’un engagement politique ou féministe. Il y en d’autres qui cultivent un style baroque en privilégiant  le sens et les sonorités. Tout peut être conçu comme une expérience esthétique. Mais ce que j'aime le plus, c'est la sensualité des formes et des paysages, comme la beauté du cadre qui les inspire.

Je pense que je devrais prendre en compte les pays pour pouvoir me comparer d'un point de vue littéraire, mais notre histoire est très différente et la culture européenne aussi. Certaines écrivaines sympathiques ont cette  confiance en elles-mêmes et en leur travail, ce que je n'ai pas. Mais c'est leur attitude envers la vie même. Je pense que cela est dû aux différences culturelles. Je suis très exigeante, peut-être à cause de mon éducation allemande. Ce n'est pas parce que je ne crois pas à mon travail de poète mais, si je me compare aux grands, il me manque encore beaucoup. Je crois que chacun est jugé par rapport à tout ce qu'il a lu de bon. En tant que critique littéraire et professeure de littérature j'essaie toujours d'être en adéquation avec moi-même. Mais je demande aussi de me juger. J'ai beaucoup lu et je ne me laisse pas emporter par la passion. Ma poésie  n’est pas d’une grande éloquence mais plutôt abordable par n’importe quel lecteur des paysages marins ou des plateaux ensoleillés ou des après-midi pluvieux. Mes descriptions sont simples. Mes lecteurs ne devraient pas s'attendre à des envolées lyriques ou des explosions images dérangeantes.

Parfois ma poésie regorge de solitude, elle est triste, elle parle d'amour non partagé, de la mort. Il n'y a pas de lyrisme en filigrane, pas de métaphores élaborées ou des descriptions sensuelles de paysages. Ma poésie en simple.

 

Je suppose que cela est dû à  l'influence de l'École allemande et de sa culture, car l'Allemagne est le berceau des frères Grimm, les philologues qui ont recueilli ces histoires dans les villages, des contes que des femmes leur racontaient et qui, compte tenu du succès remporté à la suite de leur publication, les ont adaptées aux enfants.

De plus, mon père a offert  à ma sœur et moi, quand nous étions enfants, deux livres très volumineux (d’environ 12 cm d'épaisseur), d’épaisses pages qui nous fascinaient tant. Il s'agissait en réalité des deux volumes d'Histoires  et de Littérature enfantine ibéro-américaine, écrites et compilées par Carmen Bravo Villasante, première chercheuse en littérature enfantine et juvénile en Espagne. Par ordre alphabétique, le volume I commençait par des auteurs d’Argentine et  se terminait avec le Panama, avec des histoires et des poèmes pour enfants. Et le volume II commençait avec le Pérou pour finir avec le Portugal. Un autre pays avait été ajouté, il s’agit des Philippines, car depuis l’impression de Doctrine chrétienne  aux Philippines,  l'influence espagnole se fait également sentir  dans les lectures du tagalog et les traditions des deux pays se sont emmêlées  car il y avait aussi la présence des auteurs philippins et espagnols. Avec cette merveilleuse sélection, nous avions toutes les deux lu et appris à connaître, dès notre plus jeune âge, ce que représentait chaque pays et je pense que cela nous a également aidé à comprendre et à admirer  l'Amérique latine.

Plus tard, quand j'ai voulu faire ma thèse de doctorat sur l’oeuvre d'un auteur britannique très connu en matière de littérature enfantine et juvénile, on m’a sommé d’y renoncer sous prétexte que   cette littérature n'était ni importante ni intéressante pour un travail de recherche aussi pertinent. Je me suis donc consacrée à la littérature humoristique britannique et je me suis promis, le moment venu,  d’intégrer la littérature enfantine et juvénile dans le cadre du programme académique de Licence de Lettres. Et c’est ainsi que je me suis associée avec une collègue et amie allemande pour fonder en 1998 l’Association nationale de recherche en littérature pour enfants et adolescents, basée à l'Université de Vigo, en Espagne, dans le but de promouvoir ces études, en  conférant un statut universitaire à une matière que nous avons jugé importante, car comme l'a dit l'écrivain anglais Wordsworth :«l'enfant est le père de l'homme et ce qu'il lit pendant son enfance fait partie de son passé culturel à l’âge adulte. » Nous avons créé un espace d'échanges entre ceux qui s’intéressaient à la Littérature pour enfants et jeunesse au sein de l’Université et en dehors de l’Université ».

 

MDC- Auriez-vous un vœu à former pour le monde et aussi pour vous-même ?  

 

CV : Oui bien sûr. Il y a plusieurs choses qui me préoccupent. Nous voulons tous un monde meilleur. Mais il semble que vu les conséquences du réchauffement climatique, nous vivons le compte à rebours et nous n'y arrivons pas. Essayons d'économiser les ressources, de protéger l'environnement, notre environnement naturel. Le recyclage est  la chose la plus importante pour une coexistence pacifique : soyons tolérants.

C'est un sujet qui nous concerne tous.

 

Mais il y  a une autre chose qui m'inquiète beaucoup car la situation s'est aggravée malgré la politique de protection des femmes et les campagnes contre la violence sexuelle. Je me demande si ces hommes qui donnent la mort à une femme ont une mère. Ne peuvent-ils pas se mettre à la place de leurs enfants afin d’éviter une tragédie familiale? N'est-il pas préférable de s'éloigner si l'amour n’existe plus? Est-il si difficile de penser qu'ils laissent leurs enfants orphelins de mère? Quelle éducation dispense-t-on dans les écoles pour que nous revenions à des situations bien plus graves qu'au cours des décennies précédentes ? Il est difficile de comprendre la mentalité d'un homme, eu égard à cet état de fait, en même temps, je voudrais insister sur la SORORITÉ.

Je m'inquiète des relations entre les femmes. Nous devons nous unir pour atteindre des objectifs du point de vue du l’enseignement scolaire et universitaire,  du travail, du salaire, de la productivité, de la création artistique. Tous ces éléments créent de la rivalité entre les femmes à savoir que chacune veut être la meilleure dans tous les domaines  de la vie quotidienne: le travail, l'amitié,  la maternité, la vie de couple. Si la rivalité est favorisée par les structures du pouvoir patriarcal, le machisme et la misogynie, alors c'est quelque chose de négatif. C'est pourquoi nous devons apprendre la nouvelle éthique du soutien, du respect et de la concordance pour améliorer les relations entre les femmes et en tirer profit. Nous devons nous rappeler que nous sommes des femmes et des  camarades non des rivales. Nous sommes confrontées à des difficultés conjugales, professionnelles, de conciliation familiale que nous devons résoudre dans l’harmonie. Nous devons développer une grande compréhension, de l'empathie, de l’altérité, créer des mécanismes de convergence, de synergie entre les femmes. C'est de la sororité. Je pense qu'ensemble, nous devons convenir que les femmes ne  doivent plus mourir parce qu’elles sont femmes. Si nous le voulons, nous pouvons changer les structures du pouvoir que détiennent les hommes qui pour la plupart ne respectent pas les femmes. Nous devons éduquer nos enfants dans la tolérance et le respect de ces dernières. 

 

 

***

 

Pour citer cet entretien

 

Maggy de Coster, « Interview avec Celia Vázquez », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, mis en ligne le 20 février 2020. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/celiavazquez

 

 

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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 11:19

Carta n ° 14 | Ser feminista | Entrevistas

/ N° 9 | Dossier majeur | Articles & témoignages 

 

 

 

 

 

 

    

​Entrevista con

 

 

Celia Vázquez

 

 

 

 

Celia Vázquez entrevistada por/

Palabras recogidas y traducidas por

Maggy de Coster

Sitio :  www.maggydecoster.fr/

 

 

 

 

© Crédito fotográfico de : Maggy de Coster, "Celia Vázquez en su casa", febrero, 2020.

 

 

 

 

 

 

Celia Vázquez es Profesora titular de la Universidad de Vigo en España y Directora del departamento de Filología Inglesa, Francesa y Alemana, Celia Vázquez también es poeta y especialista en literatura infantil en Galicia. Nos recibió en su casa y aprovechamos para entrevistarla. Sitio :

http://www.celiavazquez.es/

 

 

 

MDC- ¿Celia Vázquez, háblame de tu recorrido literario?

 

 

CV: Supongo que lo que me preguntas se refiere a lo que he leído o lo que me ha inspirado y animado a escribir.

 

Aparte de los cuentos tradicionales recogidos por los hermanos Grimm de las historias que les contaban las mujeres en los pueblos y que luego adaptaron para niños tras su éxito con los adultos y los de Perrault. Lo primero que recuerdo es haber leído poesía. Yo creo que mi padre sabía que los niños y niñas tienen la gran virtud de maravillarse y estar en actitud inquisitiva, asombrados y que la poesía está a tono con la fantasía, con el sentido del ritmo y aviva la imaginación y curiosidad de los niños. Primero poesía infantil, el folklore con sus nanas, acertijos, canciones, adivinanzas y luego poesía épica, que contaba las hazañas de héroes, los mitos y las leyendas. Luego mi padre me pedía que memorizase fragmentos del Romancero del Cid Campeador y me regalaba libros ilustrados con poemas, las fábulas de Iriarte y los libros de los grandes clásicos universales (ingleses y  franceses como Jules Verne, Alexandre Dumas, Charles Dickens, J. M. Barrie, Daniel Defoe, Oscar Wilde, Jonathan Swift, Rudiard Kipling et des Américains comme Mark Twain, Robert L. May, Louisa May Alcott et Harriet Beecher Stowe)..

En cuanto a la lectura poética, he leído a todos los españoles y latinoamericanos cuyos nombres aparecían en mi libro de literatura y que no nombraré aquí para no aburrir, los más conocidos a nivel internacional, que son principalmente los de la etapa romántica hasta hoy pero también los de los siglos anteriores, desde la época medieval, los del Siglo de Oro hasta llegar al día de hoy. Unas veces porque no quedaba más remedio cuando estudiaba literatura española pero era mi asignatura favorita. Y por supuesto, los novelistas hasta hoy.

 

 

MDC-  Como poeta ¿cuáles son las temáticas que dominan? 

 

 

CV: En mis poemas, en cuanto a temática soy poco original ya que me interesan los temas universales, abstractos como la muerte de seres queridos, amigos y la vida, el tiempo, el amor con sus desencuentros, su dolor ante la pérdida, la traición, el fin, la melancolía, la relación de pareja, los sueños…amores imposibles, añoranza de un lugar, la mujer y sus derechos, violencia contra la mujer, el paso del tiempo…

 

 

MDC- Si tuvieses que colorear el mundo ¿cuales son los colores que elegirías?

 

CV: Esta pregunta me llama la atención porque, curiosamente, el tema del color y su importancia me ha interesado siempre. Y de hecho, como investigadora universitaria, he escrito artículos sobre el tema. He analizado la importancia del color y del vestido en la literatura siguiendo una metodología basada en la teoría del color de Goethe y otras no tan conocidas. El color y el vestido es un sistema semiótico a través del cual los personajes hablan a sus lectores en la ficción. Se exploran las identidades expresadas por el color y la ropa que visten ya que enriquecen los personajes literarios y nuestro sentido del contexto social e histórico de la ficción. Lo que visten los personajes y el color que eligen en sus ropas tiene un simbolismo y códigos unidos a ellos. No obstante, los colores obtienen este simbolismo a través de referencias culturales o religiosas, contextos contemporáneos y estos factores no son universales. Tanto el vestido como el color nos dicen algo más sobre el contexto, sobre los valores emocionales o psicológicos de los personajes. Puede ocurrir lo mismo con los autores. ¿Qué colores utilizaría para colorear al mundo? Como sé que el impacto que tienen los colores en cada uno de nosotros es el mismo, sin importar género, edad o estatus social, el rojo, el amarillo y el naranja nos activan y transmiten energía. Sería bueno para el mundo colorearlo de esta manera. Pero para el descanso necesitamos colores sedantes como el verde, de la naturaleza, el azul del cielo y el malva o violeta de las flores. Así colorearía los atardeceres y anocheceres. Si quisiera expresar pureza o sencillez utilizaría el blanco y el negro sería utilizado cuando quisiera expresar tristeza y pesimismo. En cuanto a la ropa tienen un significado diferente. Por ejemplo,  la ropa negra indica independencia, respeto, seriedad…

 

MDC-¿Cómo te puedes ubicar en referencia a tus compañeras escritoras latinoamericanas desde el punto de vista literario? 

 

CV: Bueno, algunas  escriben poesía que se supedita al compromiso político o feminista. Algunos escritos abundan en el estilo barroco con un uso exhaustivo de los sentidos  centrándose en el sonido. Todo puede ser concebido como vivencia estética. Pero lo que más me gusta es la sensualidad de formas y paisajes, como es os hermosos países en los que se inspiran.

Creo que debería tener en cuenta los países para poder compararme desde el punto de vista literario, pero nuestra historia es muy diferente y la cultura europea también. Algunas escritoras amigas tienen una seguridad en sí mismas y en su trabajo que no tengo yo. Pero es su actitud ante la vida igual. Creo que es debido a diferencias culturales. Yo exijo mucho, quizás por mi educación alemana. No es porque no crea en mi trabajo como poeta sino que, si me comparo con los grandes, aun me falta mucho. Yo creo que cada una se juzga en relación  a todo lo bueno que ha leído. Como profesora de literatura y crítica literaria siempre trato de ser ecuánime. Pero también soy exigente para juzgarme. He leído mucho y no me dejo llevar por la pasión. No hay gran elocuencia en mis poemas. Cualquier lector puede acercarse a mi poesía de paisajes marinos o soleadas mesetas, o a las tardes de lluvia. Mis descripciones son sencillas. Mis lectores no deben esperar fogonazos líricos, arrebatos o imágenes perturbadoras.

A veces abunda de soledades, es triste, habla de amores no correspondidos, de la muerte. No hay filigranas líricas, ni metáforas rebuscadas o descripciones sensuales de paisajes. Mi poesía en sencilla.

 

MDC-  ¿Cómo puedes explicarme tu interés por la literatura infantil?

 

CV: Supongo que la influencia del colegio Alemán y su cultura, pues Alemania es la cuna de los hermanos Grimm, los filólogos que recogieron por los pueblos aquellas historias, cuentos  que les contaban las mujeres y que luego, tras el éxito de la publicación, las adaptaron para niños.

Además, mi padre nos regaló a mi hermana y a mí, cuando éramos niñas, dos libros muy gordos (de unos 12 cm de grosor), de pastas gruesas  que eran nuestra pasión. Realmente eran los dos tomos de la Historia y Antología de la Literatura Infantil Iberoamericana, escrita y recopilada por Carmen Bravo Villasante, la primera investigadora de literatura infantil y juvenil de España. Por orden alfabético el tomo I empezaba por autores de Argentina y terminaba en Panamá, con sus cuentos y poemas para niños antologados. Y el tomo II empezaba con Perú y cuando creías que terminaría en Portugal. Se añadía un país más, Filipinas, porque desde que se imprimió “Doctrina Cristiana” en Filipinas, la influencia española se hace sentir también en las lecturas de los tagalos y aparecen mezcladas sus tradiciones porque había autores filipino-españoles. Con esta selección  maravillosa, ambas leímos y conocimos desde niñas lo que representativo de cada país y creo que eso nos ayudó también a la comprensión y admiración por Latinoamérica.

Más adelante, cuando quise realizar mi tesis doctoral sobre la extensa obra de una autora muy conocida de literatura infantil y juvenil británica, me recomendaron que desistiese porque esa literatura no era importante ni interesante para un trabajo de investigación tan relevante. Así que me dediqué a la literatura de humor británica y prometí que cuando llegase el momento, intentaría reivindicar la literatura infantil y juvenil como parte del currículo académico en una licenciatura de Letras. Y así hice asociándome con una colega y amiga alemana para fundar la Asociación Nacional de investigación en Literatura infantil y Juvenil en 1998, con sede en la Universidad de Vigo, España, con el propósito de impulsar estos estudios, dándole categoría universitaria a una materia que considerábamos importante, pues como dijo el escritor inglés Wordsworth, “el niño es el padre del hombre” y lo que lee de niño forma parte de su bagaje cultural de adulto. Impulsamos un espacio de intercambio entre quienes se interesaban por las letras para niños y jóvenes dentro y fuera del mundo académico.

 

MDC- .¿Tendrías un deseo que formular para el mundo y para ti también? 

 

CV: Si claro. Hay varias cosas que me preocupan.

Todos queremos un mundo mejor.  Pero parece que con lo que está sucediendo con el cambio climático hemos iniciado la cuenta atrás y no lo estamos logrando. Tratemos de ahorrar recursos, protejamos el medio ambiente, nuestro entorno natural. Reciclemos. Y lo más importante para la convivencia pacífica: seamos tolerantes.

Esto es un tema que nos concierne a todos.

 

Pero hay otro que me preocupa mucho porque la situación ha empeorado a pesar de la política de defensa hacia la mujer y las campañas de no a la violencia de género. Me pregunto si estos hombres que terminan con la vida de una mujer tienen madre. ¿Acaso no pueden ponerse en el lugar de sus hijos y evitar una tragedia familiar? ¿no es mejor alejarse si el amor se ha terminado? ¿Es tan difícil pensar que dejan a sus hijos sin la madre que les dio la vida?  ¿Qué educación se está dando en los colegios para que estemos volviendo a situaciones más graves que en las décadas anteriores? Es difícil entender la mente de un hombre por eso, a la vez quisiera insistir en la SORORIDAD. 

Me preocupan las relaciones entre mujeres. Debemos unirnos para lograr metas: desde la escuela a la universidad, en el trabajo, el salario, la productividad, la creación artística. Todos estos elementos hacen que compitamos muchísimo por el espacio, por el trabajo, por la amistad de una persona y por ser la mejor mamá y esposa en relación con otras, lo que fomenta la rivalidad. Si la rivalidad la fomentan las estructuras del poder patriarcal, los machistas y los misóginos, entonces es algo negativo. Por eso debemos aprender la nueva ética del apoyo, del respeto y la concordancia para estar mejor en las relaciones con mujeres y sacar provecho. Debemos recordar que somos mujeres y compañeras, no rivales. Nos enfrentamos a dificultades conyugales, laborales, de conciliación familiar que debemos resolver con armonía. Necesitamos desarrollar una gran comprensión, una empatía, ponernos en el lugar de la otra y entenderla, crear mecanismos de convergencia, de sintonía, de sinergia entre las mujeres. Eso es la sororidad. Creo que juntas podremos lograr que no haya más asesinatos de mujeres por el mero hecho de serlo. Si nos lo proponemos, podremos cambiar las estructuras de poder en manos de unos hombres que no respetan, en su mayoría, a las mujeres. Debemos educar a nuestros hijos en la tolerancia y enseñarles a respetar a las mujeres.

 

***

 

Para citar esta entrevista 

 

Maggy de Coster, « Entrevista con Celia Vázquez », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°14|Être féministe, & N°9 | Fin d'Été « Femmes, Poésie & Peinture », mis en ligne le 20 février 2020. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno14/entrevista

 


Página publicada el editor David Simon

 

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19 mars 2018 1 19 /03 /mars /2018 15:56

 

Megalesia 2018 | Interviews/Entretiens

 

 

 

Interview with Hadaa Sendoo

 

 

 

Tatjana Debeljački

 

 

 

 

 

Tatjana Debeljački Generally speaking, what advice would you give us about author’s temptation? Please provide an example of “what not to do?”

 

Hadaa Sendoo I would like to say that as a writer you can use “temptation” (both ambiguous and magic) in a novel or story, but as a poet you can't be so lucky. I think, a good poet should resist temptation.

What not to do ?” I think that a young poet can imitate his predecessors, but he must not copy his predecessors' verses. Plagiarism is not cute, but it is also an unwise manifestation.

If desperation does not have a way to go, please, be brave and take a path to your own poetry !

 

 

TD Balance of scenery of desire and ambition, beauty “secret” of success ?

 

HS A good poet should have a desire and ambition, but this desire and ambition must be beyond his own, and one should even have ambitions to surpass his predecessors one day, from this perspective. The view of desire and ambition is not tilted, but anyway, beauty is the “secret” of success. It means to firm the faith, not to repeat yourself, and to maintain a unique spirit.

I hope that there will be a beautiful secret in each of our inner worlds. Perhaps the secret of success cannot be fully stated, and the heart of the poet can tell a secret with a poem only.

 

 

TD Creation aims to leave a mark, the mark of faith in people and humanity, and this faith does not leave you ?

 

 

HS Yes, you're right. Creation aims to leave a mark of faith in people and humanity, and this faith will accompany people for the rest of their lives. Memories of yesterday, and also memories of – or longings for – recovery and rebirth.

If a poem or a painting has a historic echo, it will be a powerful art work. Here let me use a metaphor: Walking a long way is not only happening in order to leave a mark, he or she is also hoping to arrive. The poets have a faith very much like the sun, and love of peace. This faith is the hope of humanity.

 

 

TD Do you express ease of writing, the dominance of passion and

culmination ?

 

 

HS I, in a poem like the one entitled “In the Woods”, have been trying to express a relaxed writing. I think ease of writing tests the true skill of a poet. Only when the mind is as clear as water can it be natural, and beauty of verses occurs without carving.

Every writing must have passion. Not only does the drama have a climax, but likewise, the peak of a poem is the peak of the soul. And poetic language is free flying, like the birds that sail and settle down on the snowy tree.

And dominant in Mongolian poetry is always the rhyme, and there must be rhymes in each line of a verse, incorporated in its first letter (and word). In today's modern Mongolian poetry, especially some post-modern poets are breaking away from this tradition (that the first letters of each line of a poem must rhyme).

 

 

TD On the wings of the intimate, radiant empires remain in the curiosity of an author ?

 

 

HS In the kingdom of writing, writers and readers are full of curiosity. A writer is like an eagle, soaring over the sea, flapping his wings in the dark stormy night! He gazes at his language empire and builds a new free empire, and at this time the wings of the empire are also the wings of a writer. The curiosity of a writer makes him enter the darkness and he finds the shadow of heaven through hell. In my writing, that curiosity exists : if one does not go through wind and rain, it is difficult to see the rainbow.

 

 

TD Do you feel that your writing process is continually evolving, or have you found a way for your memory to always readily work for you ?

 

 

HS I think that my writing process is like a cultivating process. And similar to the experience of the pious Taoist or yoga guru, the writer’s complicated mind enters a quietness of water, and experiences a returning of the heart.

Writing, with age, time, and life’s experience sublimated, is a leap. Writing does not stop because writers think, express their thoughts and feelings, the pain and joy of life, and the changing history. If I have found a way to keep the memory of youth and sunshine, that is what it means to write poems. And thus one finds a truth through the works of poetry.

 

 

TD All poets were a little scared with insomnia in them ?

 

HS Wow, this question asked the poet's heart. We know that insomnia often is caused by stress in the heart. But there is a kind of insomnia that is a poet's patent. Late at night, the poet may have started drinking coffee, listening to music, while thinking about a long poem. It was then "poet insomnia." Natural insomnia is not terrible for poets, but every night, perhaps, the poet himself “insomnias himself” – the poet returns to childhood, dreams of grandmothers, fathers, love of a wife, wooden houses, rivers, flowers, sun, moon, mountains, and horses. In exile, he dreams of his homeland. Dreams and insomnia are inseparable and there may be fear that, with a new poem, insomnia may continue which is why all poets are a little scared of their insomnia.

 

 

TD Who is Ibrahim Honjo, in a civilizational and also in the artistic sense of consciousness and conscience ?

 

 

HS Yes, Ibrahim Honjo – I regret a little that I didn't see him in Canada many years ago. But as an artist, he knows that the artistic sense and conscience is the most important. He said: Creativity is not the only purpose on its own. An author hopes that his work will live in people and with people as long as possible, to leave a mark on the time in which the author lives. An author believes in what he offers to the readers of his work. He lives with this faith.

 

 

TD What inspires you most when writing ?

 

HS Sometimes, writing a poem inspires me to think, meditate, reflect, look back, seeing how pain and joy coexist. My soul enters the pure lake, and it is with much love, and not more hate, that I am when I'm writing.

 

 

TD Have you ever been tempted to return and change your potential ?

 

HS Yes, I thought about returning, returning to the beginning, always remembering to return to innocence and returning to Homer, Dante, Goethe, and our Janggar Epic, but the return means moving deeper and farther away, in a “home way”.

I never thought about my potential. I'm sure I have deeper potential for writing, in the future. Everything can be written and transformed into poetry.

 

 

TD Do you enjoy with all senses with experience and passions of the gift ?

 

HS Of course, I regard all senses and passion and presence as God's gift to me. The senses come from perception, the experience of the gift comes from the first love, and the passion comes from the heart's call.

 

 

TD What can we expect from you in the near future on the creative agenda ?

 

HS If you expect anything from me, expect that I will write good poems one day, but not in the future. Thank you again for interview, Thanks to magazine !

 

 

***

 

Hadaa SENDOO (b. 1961) is a poet and translator of international renown. Sendoo’s recent collections of poems include “Sweet Smell of Grass” (in Persian 2016), “Aurora” (in Kurdish 2017), “Mongolian Long Tone” (in Georgian 2017), WENN ICH STERBE, WERDE ICH TRÄUMEN (in German-Mongolian bilingual 2017) « Mongolian Blue Spots » (in Dutch,2017), and « A Corner of the Earth » (in Norwegian2017). His new collection of poems has published in Russian (2018, Moscow). Since 1989, he has published 15 books of poetry and in 2006, he founded the ground-breaking World Poetry Almanac, which he continues to edit. He has won awards for poetry in india, the USA, Canada, Greece, China, and Russia, including the Mongolian Writers’ Union Prize. Sendoo Hadaa’s influence transcends national and ethnic borders and he is recognized as a great poet of the 21th century. He lives in Ulaanbaatar, capital of Mongolia. Presently he served as co-Chairman of the Council of Writers and Readers of the Assembly of Peoples of Eurasia, in Russia.

 

© Photo credit/Crédit photo : Hadaa Sendoo

 

***

 

 

To quote this poetic interview /Pour citer cet entretien poétique


Tatjana Debeljački, « Interview with Hadaa Sendoo », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Le Festival Megalesia 2018, Le Printemps des Poètes au féminin, mis en ligne le 19 mars 2018. Url : http://www.pandesmuses.fr/2018/3/hadaa-sendoo

 

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