10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 13:00

 

 

Avant-première

     Lancement des archives de la SIÉFÉGP

 

 
La SIÉFÉGP  essaie depuis 2012 de concrétiser son projet de créer un catalogue sur les femmes et le genre en poésie pour mettre à la disposition des spécialistes comme des amateurs une documentation riche et organisée avec l'aide des bibliothèques françaises et étrangères...
Ce catalogue permettra de saisir le travail déjà réalisé par les associations et les spécialistes dans ce domaine de recherche, ainsi que tout ce qui reste à faire. Il s'agit également de valoriser le patrimoine de chaque personne (morale ou physique) relevant de l'objet du catalogue et de l'inscrire dans l'histoire des idées comme dans celle de la poésie et dans celle de la littérature en général.
Nous lançons enfin le catalogue avec le fonds d'Éric Guillot (qui vient d'être créé, son descriptif détaillé et chronologiquement répertorié viendra ultérieurement).
Merci à toutes les personnes qui peuvent nous aider de nous contacter par le biais de la revue LPpdm.
 

Pour citer ce billet

 

SIÉFÉGP, « Lancement des archives de la SIÉFÉGP », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Le printemps féminin de la poésie », Hors-Série n°1 [En ligne], sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013. Url. http://www.pandesmuses.fr/article-diapos-expo-de-rodez-par-eric-guillot-117611131.html/Url. http://0z.fr/lGNJc

Le Pan poétique des muses - dans Hors-Séries du Ppdm
10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 13:00

 

 

Poème

Dis, le Diable, à quelle date, la guerre ?

 

 

(poème théâtral)

 

Camille Aubaude 

 

 

Camille aubaude photo hors-série

©Crédit photo: Cultura, Camille Aubaude (France) (photo fournie par l'autrice)


  

 

 

— Ça, c’est sûr, nous avons été des enfants sans jeunesse.

Des enfants près de Dieppe, en quarante-deux.

J’avais quatorze ans en quarante-deux.

Qui pouvait regarder le ciel ?

Des forteresses volantes bloquaient la vue.

Chaque soir, des escadrilles survolaient le hameau,

au-dessus de nos têtes.

La Saulaie

La Saulaie

Ils revenaient le lendemain matin

après avoir bombardé l’Allemagne.

— Rendez-vous compte, une jeunesse comme ça !

Ça durcit un individu.

Rendez-vous compte !

Ma mère inclinait sa tête aux cheveux blancs.

La lumière déclinait.

 

Rouen était livrée au supplice,

sa cathédrale, ses églises, ses jeunes filles.

— Souviens-toi, la Semaine Rouge.

J’ai quitté l’Ecole normale

et je suis retournée à Sauchay

chez mes parents, peu avant.

Cette semaine, ils ont bombardé le Palais de Justice.

— Cette splendeur de la Renaissance

avec en son centre la Maison Sublime ?

— Ça nous rappelait la Révolution.

 

— Qu’est-ce qu’on peut espérer des Français ?

Rien.

 

(Brusque revirement, une envolée dans le passé.)

— Rien que moi,

comment est-il possible que j’ai vécu ces drames ?

 

Je suis une mémoire historique.

 

Plus tu souffres dans la vie, plus tu deviens solide.

L’ennemi est le meilleur maître.

Il n’y a pas de bonté, je vous le dit,

et les rêves, j’en suis captive.

 

La Saulaie

La Saulaie

 

Regarde les Anciens Combattants !

l’un d’eux a vécu jusqu’à cent ans.

Le Mal, ça forge le caractère.

— Oui, Maman, mais…!

­— Je sais, ils sont rares, et ils ont pris le temps.

Le pire, c’était grand mère,

aînée de douze enfants, fille-mère à vingt ans,

un teint de porcelaine, comme toi, trop belle,

et paysanne de père inconnu,

abusée par les châtelains

— … les dominants, qui sont tout, sauf nobles

— … et devenue une sainte.

— Une Sage ! la grâce, la crucifixion et la résurrection…

— Maintenant tout ça c’est trop vieux,

je m’en vais faire un thé.

 

Le monde est Vivant, il est Unique.

Il est plus grand, plus grand que le plus grand des hommes

au cœur sec, rameau mort, accablé par les tâches,

inconsolable au milieu de rêves démembrés

sans pouvoir venir à bout de sa parole.

 

Une Cabale m’empêche de le voir, le Monde,

de voir qu’il vit, le Monde,

qu’il éclate de Beauté dans l’Art,

l’Eternel Féminin

engendré par l’homme au sexe débile,

bien insensible et bien jaloux,

l’homme qui sait multiplier les malheurs,

et en donner la clef au Diable.

 

Le 5 juillet 2012

Récit d’un rescapé des camps de concentration :

— Ils nous ont appelés.

On a emporté les cadavres au four crématoire.

Un prêtre donnait l’absolution

et nous a demandé de plier un genou.

Un SS lui a tiré une balle dans la tête.

Le prêtre donnait l’absolution.

 

La voix du rescapé s’étranglait dans sa gorge.

 

Logique, a dit un Allemand,

le prêtre s’opposait au pouvoir.

Atroce, a dit un Français,

il me fait chialer.

— Vous savez, j’ai de graves séquelles,

avoue le rescapé. J’ai quatre-vingt-six ans.

Il ne faut pas oublier, sinon, ça recommence.

— Le viol aussi, la femme humiliée

pour ne pas fleurir comme un lotus,

aimantée uniquement par la maternité,

pas d’esprit, et les hampes de son mystère

sous le joug du silence.

 

Chair à baiser/chair à canon.

Jeune ou vieux, personne ne sait la date, ni l’heure,

mais le menteur, le salaud, le traître, le violeur,

lui, il se vautre dans des firmaments de sang.

 

Même pas sûr qu’il se convulse un jour en Enfer,

La justice des hommes est a-mère…

 

Hélas ! il anéantit la Femme aux Oreilles magiques.

Il pleut dans la mémoire gomeuse des Mères.

Je suis venue au Seuil de la Mémoire.

Ils vont m’achever et je n’ai plus peur.

 

Quelle femme verra le Ciel si des forteresses volantes

occultent les champs ? L’une s’est abattue sur un enfant.

Terrifiée, ma mère a bâti un abri dans son pré,

contre le poulailler, à la Saulaie, en quarante-deux.

 

Personne n’en a jamais parlé.

Personne n’est venu à bout du Mal.

Sauf le Silence.

 

 

 

Camille Aubaude a lu le 13 mars 2013 à Paris III l'hommage de Francesca Yvonne Caroutch à Lydia Claude Hartman, qui vient de nous quitter : « Hommage à Lydia Claude Hartman, poétesse de la ferveur » : url. http://www.recoursaupoeme.fr/essais/hommage-à-lydia-claude-hartman-poète-de-la-ferveur/francesca-y-caroutch

 

Pour citer ce poème

   

Camille Aubaude, «  Dis, le Diable, à quelle date, la guerre ? (poème théâtral) », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Le printemps féminin de la poésie », Hors-Série n°1 [En ligne], sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-dis-le-diable-a-quelle-date-la-guerre-117626547.html/Url. http://0z.fr/PuY0l

 

Auteur/Autrice


Camille Aubaude

 

Le Pan poétique des muses - dans Hors-Séries du Ppdm
10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 13:00

 

 

Annonce de parution


Georgeta Adam, Imaginarul poeziei feminine,

 

Niculescu, Bucureşti, 2010


          

 Couverture, Imaginarul poeziei feminine par Georgeta Adam

©Crédit photo : Couverture de l'éditeur- Imaginarul poeziei feminine   


Titre : Imaginarul poeziei feminine 
Autrice : Georgeta Adam 

Éditions :  Niculescu

Parution :  2010
Collection : N/A
Genre : Essai

Pages : 304p.

Format : 13x20

Couverture illustrée

Prix : 9,81 lei

ISBN  : 978-973-748-499-4

Livre disponible chez l'éditeur : url. http://www.infocarte.ro/niculescu-editura-detalii-42

Url.  http://www.infocarte.ro/imaginarul-poeziei-feminine-carte-detalii-5583 

 

Présentation en français de l'essai par l'autrice
Dr. Georgeta Adam
 

Pour citer ce billet

LPpdm, « Georgeta Adam, Imaginarul poeziei feminine, Niculescu, Bucureşti, 2010 », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Le printemps féminin de la poésie », Hors-Série n°1 [En ligne], sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-georgeta-adam-imaginarul-poeziei-feminine-117624470.html/Url.http://0z.fr/QPD3G

 

Le Pan poétique des muses - dans Hors-Séries du Ppdm
10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 13:00

 

Préambule

Invité de la Journée du 13 mars 2013

 

Que puis-je dire sur cette belle réunion ??


Gérard Chambre

 

 

La poésie se lit certes... Mais aussi et surtout se dit, se chante et s'enchante lorsqu'elle quitte les lèvres pour s'envoler comme un parfum qui boulverse, qui tourneboule les mots, les magnifient, en se perchant sur les murmures du chant de la voie et en venant se poser sur les ailes de l'ange qui l'écoute..... Pétrifié d'étonnement.

 


Il faut réveiller les poèmes! les faire éclore comme un bourgeon fragile qui soudain par magie explose sous la langue, laissant apercevoir les mystères de celle qui les ont imaginé.
Il faut réveiller le monde avec les mots, lui faire perdre les sens, l'arracher des sables mouvants de son immobilisme, l'emmener de l'autre côté du mur du son, dans les manèges de ses rêves et les abysses de ses désirs.



On ne peut se contenter d'écrire et de donner à lire... On n'a plus le temps de murmurer... Il faut que le poème devienne une vague immense qui emporte tout sur son passage et jette sur le sable un monde renversé, éperdu de tendresse, d'enfance et de beatitude (bea-attitude !)

Lorsqu'on lit un poème il faut le prendre à bras le corps, le caresser, le lècher, le faire vibrer, de toutes ses forces, le porter au plaisir pour qu'il brille dans le regard de l'autre.
 

 

Il ne faut pas qu'un poème soit une fleur qui se fane trop vite par manque de l'eau de la vie, un poème est un fruit qu'il faut faire croquer a pleine bouche, une petite cerise dont on lèche d'abord la peau, puis dans la chair de laquelle on enfonce voluptueusement les dents, dont le jus s'écoule goutte à goutte, comme des "gouttes de chant", et dont le noyau magnifique apparaît enfin pour qu'on le polisse longtemps, longtemps, sous la langue sur les lèvres jusqu'à sa pureté et sa douceur infinie...

Enfin, pour résumer, un poème ça se lit avec force et acharnement !!!!!

 

    

 

Pour citer ce billet

Gérard Chambre,  «  Que puis-je dire sur cette belle réunion ?? », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Le printemps féminin de la poésie », Hors-Série n°1 [En ligne], sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013. Url.http://www.pandesmuses.fr/article-que-puis-je-dire-sur-cette-belle-reunion-117624065.html/Url.http://0z.fr/l8wd7


Auteur/Autrice


Gérard Chambre

 

 

Le Pan poétique des muses - dans Hors-Séries du Ppdm
10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 13:00

 

Avant-première

    Diapos Expo de Rodez par Éric Guillot

 

 
Le Pan poétique des muses a le plaisir de vous annoncer l'exposition d'Éric Guillot (poète, artiste et journaliste) à Rodez en juin 2013. L'artiste y expose des photos, collages et assemblages d'objets. Vous trouvez toutes les informations utiles dans la présentation réalisée par l'artiste et intégrée ci-dessous :
 

Avertissement : ce document pdf est protégé tous droits réservés 


 


 

Pour citer ce texte

 

LPpdm, « Diapos Expo de Rodez par Éric Guillot », in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Le printemps féminin de la poésie », Hors-Série n°1 [En ligne],  sous la direction de C. Aubaude, L. Delaunay, M. Gossart, D. Sahyouni & F. Urban-Menninger, mis en ligne le 10 mai 2013.  Url. http://www.pandesmuses.fr/article-diapos-expo-de-rodez-par-eric-guillot-117611131.html/Url. http://0z.fr/IYYKu

Artiste

Éric Guillot

Le Pan poétique des muses - dans Hors-Séries du Ppdm

Bienvenue !

 

L’association SIÉFÉGP publiera en juin 2026 son anthologie livresque composée de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » du festival Le Printemps des Poètes 2026.

SIÉFÉGP, LE 2 AVRIL 2026

 

APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE UNIVERSELLE ET NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES, ET DANS UNE OU PLUSIEURS LANGUES. CHAQUE ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE LA CRÉATRICE CHOISIE.

SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

Crédit photo : Visuel pour le 2 avril ou la la Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme. Capture d’écran réalisée par LPpdm d'une image libre de droits diffusée sur un réseau social.​​​​​​​

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