9 mai 2021 7 09 /05 /mai /2021 18:00

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeules | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques & REVUE ORIENTALES (O) | N°1 | Florilège de créations poétiques

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L'Orient

 

 

 

 

 

 

 

Lise Coquillon

 

Poème choisi & transcrit

par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Crédit photo : "Une sultane", domaine public, Commons. 

 

 

À A. M. Charles LEROUX (Ancien député des Deux-Sèvres)

 

 

 

Ô toi, noble Orient, voluptueux asile

Que rêve le poète, où son cœur enchanté

S'élance plein d'espoir, où son âme virile

Poursuit avec ardeur ton antique beauté ;

 

 

Toi, doux berceau de l'homme, objet de sa tendresse,

Dès que la blonde aurore, en dessillant ses yeux,

Eut frappé ses regards de l'immense richesse,

Des bienfaits de ton sol, splendeurs de tes cieux ;

 

 

Toi qui vis s'élever Babylone et Ninive,

Ces filles des puissants, orgueilleuses cités

Qui dorment maintenant – froids débris – sur la rive

Où murmurent encore tes fleuves indomptés ;

 

 

Toi qui vis la grandeur, toi qui vis la puissance

Couronner tour à tour, les rois, les nations,

Pourquoi donc, aujourd'hui, glacé d'indifférence,

Regardes-tu passer les générations ?...

 

 

Ô pourquoi maintenant, isolé, sombre, triste,

Comme un vieillard mourant, drapé dans son manteau,

Vois-tu seuls tes deux fils, le poète et l'artiste,

T'offrir le souvenir que l'on donne au tombeau ?..

 

 

Bien loin à l'horizon, sur tes mers azurées,

Quels sont ces bâtiments qui sillonnent les flots,

Pourquoi remplacent-ils tes trirèmes dorées

Que montaient autrefois tes joyeux matelots ?...

 

 

Dodone n'a point vu, dans ses forêts antiques,

De leurs superbes mâts croître le chêne altier,

Et jamais les zéphyrs aux souffles fatidiques,

Courant dans ses rameaux, ne les ont fait plier ;

 

 

Le fier Liban n'a point, sur sa sauvage cime,

Nourri l'arbre géant qui forma leurs tribords ;

Mais qu'un jet de vapeur les lance sur l'abîme.....

Et rapides, sans crainte, ils entrent dans tes ports ;

 

 

C'est le signe des temps, reconnais-en les marques ;

De peuples nouveau-nés, vois, les jours sont venus,

Sur ces vainqueurs des mers, tes princes, tes monarques,

Bientôt te quitteront pour des champs inconnus !...

 

 

Eux, ces rois dont un mot fait courber tant de têtes,

Eux, que tes fils tremblants adorent à genoux,

Vers le sombre Occident qui porte les tempêtes

Que viennent-ils chercher, que veulent-ils de nous ?...

 

 

Que leur refuses-tu ? confiants dans les charmes

De l'éternel printemps qui règne en tes climats,

Auraient-ils vu briller de cristallines larmes

Aux feuilles du palmier, ennemi des frimas ?

 

 

Pour former les tissus splendides qu'on admire

Au sein de leurs palais – ces merveilles sans nom – 

La chèvre qui bondit aux vals de Cachemire

A-t-elle refusé sa soyeuse toison ?

 

 

Pour doter le sérail d'une reine nouvelle,

Cherche-t-on sans succès, sur les rives du Kours ?

A-t-il donc refusé, le Caucase rebelle,

son tribut de beautés, aux royales amours ? …

 

 

Pour orner les attraits de la brune sultane,

De la riche parure, objet de ses désirs,

Ne fournis-tu donc plus, antique Taprobane,

Et la perle nacrée, et les brillants saphirs ?...

 

 

Quand mollement couchés, sous l'arcade embaumée

Que, sur leurs têtes, forme un oranger en fleurs,

Ils rêvent – de Schiraz la rose parfumée,

N'apporte-t-elle plus d'enivrantes senteurs ?...

 

 

Ou pour ceindre leurs fronts d'un noble diadème,

À Golconde épuisé, s'adressent-ils en vain ;

N'y trouveraient-ils plus – déception suprême –

Le diamant brillant de son éclat divin ?...

 

 

Ou bien l'Astre de feu, sous le fardeau des âges,

Succombant dans sa route, a-t-il changé son cours ?

S'éloigne-t-il de toi, laissant froids tes rivages,

Compte-t-il ses rayons, pour éclairer leurs jours ?...

 

 

Non, leur œil n'a jamais vu la fraîche rosée

Se changer en glaçons sous ce ciel printanier,

Et quand l'aurore naît, une perle irisée

Vient baigner doucement la feuille du palmier.

 

 

L'heureux Serinagar, dans sa vallée immense,

Du berger de l'Indus reçoit les blancs troupeaux

Qui, dociles toujours et pleins de confiance,

Abandonnent leur laine à ses ardents ciseaux.

 

 

La vierge du Caucase, éperdue et tremblante,

Laisse, pour le harem, le vieux toit paternel,

Quand ses jeunes attraits et sa grâce naissante

Ont frappé les regards d'un despote cruel.

 

 

La charmante sultane, en sa main douce et fine,

Serre le bleu saphir, dans un joyeux élan,

Et sur ses noirs cheveux, sur sa belle poitrine,

Étincelle toujours la perle de Ceylan.

 

 

Non, rien ici ne manque à leurs moindres caprices,

Ni la beauté, ni l'or, ni les joyaux sans prix,

L'Orient est toujours le pays des délices,

De la nuit étoilée et des parfums exquis.

 

 

Le Soleil qui féconde et rajeunit la terre

Est toujours radieux, aux plaines d'Ispahan.

Mais celui qui remplit les âmes de lumière,

Le Soleil du Progrès, se lève à l'Occident.

 

 

 

Le poème ci-dessus de COQUILLON, Lise (Mlle) provient de sa brochure L'Orient, à A. M. Charles LEROUX (Ancien député des Deux-Sèvres), COQUILLON, Lise (Mlle), L'Orient, à A. M.Charles LEROUX (Ancien député des Deux-Sèvres), Angers, Imprimerie Ballu, 1870. Le document appartient au domaine public et se trouve sur le site de Gallica.

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème printanier & coloré 

 

Lise Coquillon, « L'Orient », poème de COQUILLON Lise Mlle, L'Orient, (1870), a été choisi, & transcrit par Dina Sahyouni pour Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées » & Revue Orientales, « Les figures des orientales en arts et poésie », n°1, mis en ligne le 9 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/periodiques/orientales/no1/megalesia21/lc-orient

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES Et REVUE ORIENTALES - dans Megalesia REVUE ORIENTALES
7 mai 2021 5 07 /05 /mai /2021 14:19


 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésie des aïeules | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques

 

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Les couleurs, À Cloris,

 

 

À Tircis & à Cloris

 

 

&

 

À ma patrie

 

 

 

 

 

 

 

Mlle Poulain de Nogent

 

Texte choisis, transcrits & remaniés par Dina Sahyouni

 

 

 

 

Les poèmes ci-dessous proviennent du recueil de la poète POULAIN (DE NOGENT-SUR-SEINE) Mlle, Poésies diverses de Mlle Poulain de Nogent, Auteur des Lettres de Madame la Comtesse de la Rivière ; du Tableau de la Parole ; de l'Anecdote intéressante ; de l'Amour Conjugal ; de Nouvelle Histoire abrégée de Port-Royal ; etc., Chez VARIN, Libraire, rue du Petit-Pont, près celle Saint-Jacques, N° 22, MDCCLXXXVII (1787), pp. 115, 116, 146. Cet ouvrage appartient au domaine public.

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Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS, 2021.

 

 

 

Les couleurs. À la même, sur ses rubans

 

Madrigal 

 

 

Ton goût, charmante Iris, brille dans tes rubans

L'un représente seul cette douce espérance1

Qui nous fait pressentir de précieux moments :

Un autre peint d'amour la véhémence :2

 

Notes

 

1. Le vert.

2. La couleur de feu.

 

 

 

Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.

 

 

À Cloris

Le jour de sa fête. 

Bouquet sans fleurs

 

 

Belle Cloris, on célèbre ta fête :

Reçois mon amitié, mon estime parfaite,

Point de bouquet, par pitié pour les fleurs ;

Ton teint effacerait leurs plus vives couleurs.

 

 

 

 

Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.

 

 

À Tircis et à Cloris

 

Madrigal

 

 

Tircis est un mortel aimable

Par sa belle âme, son bon cœur,

Par son esprit charmant, par sa riante humeur.

Sa Cloris est douce, agréable,

Belle, spirituelle et pleine de candeur.

Le Ciel qui veille à leur bonheur,

Les satisfait au-delà de l'attente

Dans leur unique rejeton.

Qu'une félicité constante

Couronne leur tendre union !

 

 

 

 

Crédit photo : Capture du poème du recueil cité par DS en 2021.

 

 

 

À ma patrie

Sur l'air épais et malsain de Paris.

 

 

Quatrain

 

Loin de toi, que de maux, ô ma chère Patrie !

Vainement dans le beau, le ravissant Paris

L'on espère goûter les douceurs de la vie ;

Adieu santé, repos, teint frais et coloris.

 

 

À lire sur cette auteure :

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes printaniers & colorés 

 

Mlle Poulain de Nogent, « Les couleurs », « À Cloris », « À Tircis et à Cloris » & « À ma patrie », poèmes extraits de POULAIN (DE NOGENT-SUR-SEINE) Mlle, Poésies diverses de Mlle Poulain de Nogent, etc. (1787), ont été choisis, transcrits & remaniés par Dina Sahyouni pour Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 8 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/n-cloris

 

 

 

 

 

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6 mai 2021 4 06 /05 /mai /2021 11:06

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Muses au masculin

 

 

 

 

 

 

Le bricoleur des mots

 

 

 

 

 

 

Claude Luezior

 

Site personnel

 

 

 

​​​Crédit photo :  Paul Cézanne, "Le rêve du poète", Commons, domaine public.

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N'étant pas grand clerc, je me mets à la chasse des fautes d'orthographe, comme d'autres jouent aux chasseurs de papillons. Mais, il faut bien l'avouer : la récolte est plutôt indigente. Alors, de guerre lasse, je redresse machinalement une conjugaison en mal de tuteur, je rabote une répétition disgracieuse, je mets quelque non-sens à l'équerre.

 

Au coin de mon atelier d'ébéniste en devenir, parmi une noria de ciseaux et de varlopes, grouillent des interrogations en copeaux, une poignée d'alexandrins inachevés, des majuscules à jamais ébréchées. Et je médite en prenant une pose à la Rodin et en espérant qu'un grammairien atypique bénisse avec bienveillance ces entrelacs sans lendemain.

 

Parfois, je prends courage et je ponce une trop grande lettrine, alors que mes participes se désolent de leur passé. Au coin de l'établi, deux-trois plus-que font les malins et se disent parfaits.

 

Comme les zombies sortis de magasins suédois, mes reconstructions laissent au quidam une poignée de clous et de vis en déshérence et une angoisse d'apprenti. Alors, je recommence avec la foi du charbonnier, j'élague l'adjectif trop baroque, je rabiboche la rime, je traque l'anglicisme en vadrouille, je rabote mes ratures.

 

Bref, vous l'aurez compris : je ne suis qu'un amateur décidément peu éclairé. De temps à autre, j'ouvre la fenêtre pour solliciter un rayon de soleil ou de pleine lune en invoquant le passage d'une improbable muse...

 

 

* Texte sélectionné pour paraître dans la revue IRIS ET MÊTIS sur la poésie.

 

 

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème sur la poésie

 

 

Claude Luezior, « Le bricoleur des mots », poème inédit sur l'écriture poétique, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021, mis en ligne le 6 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/cl-lebricoleurdesmots

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia
5 mai 2021 3 05 /05 /mai /2021 11:00

 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Poésies printanières & colorées | Articles & témoignages 

 

 

 

Quatrième épisode du reportage-feuilleton d'Occupation du Théâtre de l'Odéon

 

 

 

 

 

 

 

 

Chronique d'occupation de L’Odéon.

 

 

Lulu Van Trapp

 

 

 

 

 

 

 

Mustapha Saha

Sociologue, poète, artiste peintre

 

Reportage photographique par

Élisabeth et Mustapha Saha

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, 2021, no 1. 

 

 

 

 

Dimanche, 2 mai 3021. Les groupes musicaux étant toujours interdits par la préfecture sur l’esplanade de l’Odéon, les occupants les accueillent derrière les barreaux du rez-de-chaussée, dans l’enceinte  inviolable du théâtre. Aujourd’hui, le groupe Lulu Van Trapp, électrisé par Rebecca Baby, Maxime Sam Rezài, Manu et Nico. Ils se balancent. Ils se  tortillent. Ils se dandinent. Ils se déhanchent. Ils s’enroulent dans les fils. Ils s’accrochent aux grilles. Violence et tendresse. Fulminance et volupté.  Vibrations propagées.  Emotions partagées. Au-delà des styles. Rythmes pop, soul, blues, rock, punk s’entremêlent. Les notes s’enragent. Les sentiments s’embrasent. Romantisme en bastringue. Plume de paon et marteau. Complexité à fleur de peau. L’agora, endormie par les inepties mélodramatiques d’une philosophe médiatique,  se réanime. La place se remplit en quelques minutes. Le bouche à oreille emprunte les raccourcis iphoniques.  Les corps bougent, dansent, se carambolent joyeusement. Les canettes de bière circulent en contrebande. La fête nargue la répression. Dans le monde en ruine, échapper aux contraintes mortifères, oublier les gestes barrières, les distanciations physiques, arracher les bâillons, casser les coques robotiques, déborder les limites, retrouver des  figures humaines, sentir ses zygomatiques, s’éveiller plus pour agir plus.

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, 2021, no 2. 

 

 

La pop décomplexée, déshowbizée, désabusée, se déstarise, se désacralise. Ressortent des placards naphtalisés les chemises caribéennes, les pattes d’éléphants, les bottes de cowboy en cuir de serpent. Esthétique brocantique. Récurrences psychédéliques.  Déguisements.

Simulations. Travestissements carnavalesques. Arrangements burlesques. Gestuelles clownesques. Subtilités dantesques. Envoûtements. Le groupe s’autogère, se régénère. Illustration d’Apollo Thomas. Graphisme japonais. Veillée à ciel ouvert sous croissant de lune. Les quatre acolytes en combinaisons superwoman et superman. Rebecca tient une rose rouge à la main. Nico jette un pneu dans le feu de camp.  Max, muni d’un calumet de la paix ou d’un sebsi de kif, médite, un nuage d’hallucinations jouissives au-dessus de la tête. Manu filme la scène. Autre aquarelle. Le quartette au bord d’un précipice. Rebecca indique une abscisse  à l’horizon, un azimut énigmatique, un éden onirique.  Lulu Van Trapp, hydre à  quatre têtes, ombre totémique, avatar manouche, en mutation permanente, métamorphose de La Mouche, né dans le squat Wonder à Saint-Ouen. Tournées en caravane. Scènes et buvettes bricolées avec des matériaux de fortunes. Rencontres de hasard. Hybridations. Métissages. L’autodérision casse le mur de verre. Transversalité. La voix déchaînée brise les vitres. Le tintamarre  fissure la pyramide. Le geste artistique est révolutionnaire, par nature. Paroles en anglais.  Paroles en français. À chaque langue son paysage. L’anglais se cymbalise. Le français se cérébralise. Nous ne sommes plus dans les contrefaçons des années soixante, dans la vogue abrutissante de Salut les Copains, quand les chanteurs français portaient des pseudonymes américains en guise d’authentification. Le rêve américain ? Des montagnes de bouteilles de Coca Cola dans les supermarchés,  des fast-foods McDonald’s à chaque coin de rue. La philosophe médiatique assène ses inepties mélodramatiques. C’est peut-être dans la musique que renaît l’esprit critique. 

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, 2021, no 3. 

 

 

 

Je viens de relire Do it de Jerry Rubin (traduction française éditions du Seuil, 1973). Incroyables résonances avec Lulu Van Trapp. Fusion de libertés hippies et d’activisme social. Le mythe est une réalité palpable que les gens peuvent s’offrir une scène pour jouer leurs rêves et leurs désirs. C’est sur cette scène qu’ils deviennent ce qu’ils sont. C’est sur cette scène qu’ils sont eux-mêmes. C’est sur cette scène qu’ils récusent ce qui les nie et leur dénie le droit à l’existence. C’est sur scène qu’ils cultivent indéfiniment leur imaginaire. Une manifestation, comme disait Allen Ginsberg, est une pièce de théâtre où l’énergie et l’allégresse libérées indiquent quel comportement adopter dans les situations de danger et d’angoisse. Jerry Rubin (1938-1994) est le cofondateur avec Abbie Hoffman (1936-1989) du mouvement Yippies (Youth International Party), qui a joué un rôle déterminant dans la lutte contre la guerre au Vietnam et dans la contestation de la société de consommation, qui a inventé le théâtre-guérilla. Abbie Hoffman écrit en prison l’ouvrage « Volez ce livre », qui n’est traduit et publié en France qu’en 2015 par les éditions Tusitala. 

 

 

​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​© Crédit photo : Théâtre de l'Odéon, reportage photographique © Élisabeth & Mustapha Saha sur l'occupation du Théâtre de L'Odéon à Paris, 2021, no 4. 

 

 

 

 

Dans les pays de l’abondance inégalitaire, il n’est qu’une méthode de survie pour les pauvres et les précaires, la reprise individuelle à grande échelle. Les bons plans suggérés, tantôt réalistes, tantôt loufoques, certes obsolètes, sont autant de farces libertaires. Il faut utiliser créativement les moyens de bord, subtiliser le matériel nécessaire pour monter des journaux, des radios, des télévisions, des groupes musicaux, des troupes théâtrales, saturer l’espace public d’activités culturelles, renvoyer au pouvoir  ses absurdités insurmontables et ses pathologies incurables. Les principes du fameux « Do it yourself » sont ainsi posés.

 


 

 

***

 

 

Pour citer cet article

 

Mustapha Saha, « Chronique d'occupation de L’Odéon. Lulu Van Trapp », reportage photographique inédit par Élisabeth et Mustapha Saha, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/1 « Poésies  printanières & colorées », mis en ligne le 5 mai 2021. Url :  

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ms-luluvantrapp

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Muses et féminins en poésie
4 mai 2021 2 04 /05 /mai /2021 11:28


 

Événements poétiques | Megalesia 2021 | Astres & animaux | Poésie des aïeules | Poésies printanières & colorées | Florilège de textes poétiques

 

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Mother nature,

 

 

The robin,

 

 

The butterfly's day,

 

 

 

The bluebird,

 

 

April &

 

 

My rose

 

 

 

 

 

 

 

Emily Dickinson

Texte choisis, transcrits & modifiés légèrement par Dina Sahyouni

Traduction en français à venir...

 

 

 

​​​​​Crédit photo :  Emily Dickinson enfant de 9 ans, dessin en noir et blanc, domaine public, Wikimedia.

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Les poèmes ci-dessous proviennent du recueil de la poète DICKINSON Emily (1830-1886), Poems, Second series, Edited by two of her friends, T. W. HIGGINSON and Mabel LOOMIS TODD, Boston, Little, Brown, and Company, 1920, « Nature », pp. 111-112, 117, 118-119, 120, 121 & 124. Cet ouvrage est tombé dans le domaine public.

​​​​​​

 

Mother nature

I

 

Nature, the gentlest mother,

Impatient of no child,

The feeblest or the waywardest, –

Her admonition mild

 

 

In forest and the hill

By traveller is heard,

Restraining rampant squirrel

Or too impetuous bird.

 

 

How fair her conversation,

A summer afternoon, –

Her household, her assembly ;

And when the sun goes down

 

 

Her voice among the aisles

Incites the timid prayer

Of the minutest cricket,

The most unworthy flower.

 

 

When all the children sleep

She turns as long away

As will suffice to light her lamps ;

Then, bending from the sky

 

 

With infinite affection

And infiniter care,

Her golden finger on her lip,

Wills silence everywhere.

 

 

The robin

VI

 

 

The robin is the one

That interrupts the morn

With hurried, few, express reports

When March is scarcely on.

 

 

The robin is the one

That overflows the noon

With her cherubic quantity,

An April but begun ?

 

 

The robin is the one

That speechless from her nest

Submits that home and certainty

And sanctity are best.

 

 

The butterfly's day

 

VII

 

 

 

From cocoon forth a butterfly

As lady from her door

Emerged – a summer afternoon –

Repairing everywhere,

 

 

Without design, that I could trace,

Except to stray abroad

On miscellaneous enterprise

The clovers understood.

 

 

Her pretty parasol was seen

Contracting in a field

Where men made hay, then struggling hard

With an opposing cloud,

 

 

Where parties, phantom as herself,

To Nowhere seemed to go

In purposeless circumference,

As 't were a tropic show.

 

 

And notwithstanding bee that worked,

And flower that zealous blew,

This audience of idleness

Disdained them, from the sky,

 

 

Till sundown crept, a steady tide,

And men that made the hay,

And afternoon, and butterfly,

Extinguished in its sea.

 

 


 

The bluebird

 

VIII

 

 

Before you thought of spring,

Except as a surmise,

You see, God bless his suddenness,

A fellow in the skies

Of independent hues,

A little weather-worn,

Inspiriting habiliments

Of indigo and brown.

 

 

With specimens of song,

As if for you to choose,

Discrection in the interval,

With gay delays he goes

To some superior tree

Without a single leaf,

And shouts for joy to nobody

But his seraphic self !

 

 

 

 

April

 

IX

 

​​​​​​

An altered look about the hills ;

A Tyrian light the village fills ;

A wider sunrise in the dawn ;

A deeper twilight on the lawn ;

A print of a vermilion foot ;

A purple finger on the slope ;

A flippant fly upon the pane ;

A spider at his trade again ;

An added strut in chanticleer ;

A flower expected enverswhere ;

An axe shrill singing in the woods ;

Fern-odors on untravelled roads, – 

All this, and more I cannot tell,

A furtive look you know as well,

And Nicodemus' mystery

Receives its annual reply.

 

​​​​​

 

My rose

 

XI

 

 

Pigmy seraphs gone astray,

Velvet people from Vevay,

Belles from some lost summer day,

Bees' exclusive coterie.

Paris could not lay the fold

Belted down with emerald ;

Venice could not show a cheek

Of a tint so lustrous meek.

Nerver such an ambuscade

As of brier and leaf displayed

For my little damask maid.

I had rather wear her grace

Than an earl's distinguished face ;

I had rather dwell like her

Than be Duke of Exeter

Royalty enough for me

To subdue the bumble-bee !

 

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes printaniers & colorés 

 

Emily Dickinson, « Mother nature », « The robin », « The butterfly's day », « The Bluebird », « April » & « My rose », poèmes extraits de DICKINSON Emily (1830-1886), Poems, Second series, (1920), ont été choisis, transcrits & modifiés légèrement par Dina Sahyouni pour Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Megalesia 2021/I « Poésies printanières & colorées », mis en ligne le 4 mai 2021. Url : 

http://www.pandesmuses.fr/megalesia21/ed-myrose

 

 

 

 

 

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  • Emma Lazarus, La Liberté éclairant le Monde (Poésie au fil de la vie). Sélection et traduction des poèmes- Annpôl Kassis, Constellations, 2026, 91 p. 17€
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  • Les chaînes de cristal
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    N° III AUTOMNE 2026 | NUMÉRO SPÉCIAL « MÉTAPOÉSIE AU FÉMININ », 1ER VOLET | Dossier majeur | Articles & témoignages | Revue Matrimoine & REVUE ORIENTALES (O) | N° 5-1 | Dossier | Dictionnaire / Biographie Vie & œuvre d'Anna Keiko – Portrait d'une voix...
  • La Reine des Zibans
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