Le porte-parole de notre nouveau président, à savoir Christophe Castaner vient de qualifier le général Pierre de Villiers de « poète revendicatif » !
Au-delà de toute polémique, je réfute en tant que poète les termes employés par Monsieur Castaner qui se voulaient péjoratifs à l’encontre de l’ancien Chef d’État-major. En usant de ces vocables, il insulte tous les poètes vivants ou morts qui contribuent à faire tenir debout les murs de la mémoire immatérielle de notre poésie dûment fêtée tous les ans dans le cadre du Printemps des Poètes. Victor Hugo, Renée Vivien, Yves Bonnefoy, Jacques Prévert, Anna de Noailles, Henri Meschonnic, Guillevic, Anise Koltz, Maximine, pour ne citer que quelques auteur(e)s, sont-ils des poètes revendicatifs ? Certainement et dans le sens le plus noble, car la poésie se veut une force de résistance dans un monde qui perd tout repère ! Mais cela Monsieur Castaner l’ignore et use de clichés éculés pour pallier son manque de culture et de réflexion...
Aussi en tant que poète, je revendique mon droit à la parole et demande au porte-parole du gouvernement de faire « marche arrière » en retirant ses paroles désobligeantes envers les poètes.
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Revendication approuvée et soutenue par Le Pan poétique des muses avec tous les organismes bénévoles (non subventionnés) liés à la Société internationale d’études des femmes et d’études de genre en poésie.
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Pour citer ce texte
Françoise Urban-Menninger,«Marche arrière toute ! », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 24 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/7/marche.html
Une poésie narrative qui rappelle un peu celle du poète italien Carlo Bordini et qui met à nu la vie d’un peuple souffrant et luttant au jour le jour pour sa survie mais sans se plaindre. Mario Urbanet sait mettre des mots sur les maux du continent noir dépeuplé de ses fils à la faveur de la colonisation.
Aussi démêle-t-il l’écheveau de l’Histoire d’un peuple ? :
en appui au sicaire locaux
le négrierdéshonora l’homme blanc
mais enrichit Bordeaux Nantes La Rochelle
et tant de villes avilies
ou encore:
le développement est un cercle vicieux
qui engendre
un sous-développement vicié
Même les arbres lui paraissent tristes :
les baobabs
aux allures de bougeoir éteints
en sont retournés
ils se sont mis la tête sous terre
pour que leurs racines
puisent des prières dans le ciel
Quand la famine sévit la mendicité s’impose. Elle touche tous les âges. Et le poète de poser un regard compatissant sur le pauvre hère errant dans les rues de Dakar demandant l’aumône à tout va alors que le soleil darde ses rayons. Aussi comprend-il que « Le mendiant de couleur n’a pas de couleur »car c’est avant tout un être humain dont les besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits. Le droit de vivre dignement ne lui est point reconnu. Quel constat d’inhumanité !
Il met également l’accent sur la permanence du système D, l’autre moyen ordinaire de survie. C’est la preuve que l’être humain a tant de ressources en lui qu’il ne se laisse pas facilement mourir. Même quand la maladie fait rage tous les moyens sont bons pour la conjurer, les grigris ne sont-ils pas là pour contrer tous les obstacles ?
Les vieux versent dans la résignation en attendant leur dernière heure car ils ont déjà leur vie de lutte derrière eux. Mais pourquoi ne pas avoir recours au « bois à mâcher » pour tromper la faim ?
C’est un poète-reporter qui observe tout avec minutie, sait lire dans les regards, traduit les souffrances, interprète les faits et gestes de ses frères humains de « Couleurs noir » :
Aussi s’indigne-t-il que le mendiant cul-de-jatte soit chassé comme une mouche puisque « s’en fout le président » emmuré dans sa tour d’ivoire loin de la misère de son peuple ».
Il est aussi le témoin oculaire de ces femmes, l’échine courbée, puisant l’eau, ou de ces rudes travailleuses des champs à l’ancienne, ces forces de travail inépuisables, et indispensables, ces chercheuses de sel, ces bêcheuses, ces porteuses d’eau, ces restauratrices de trottoir. Il semble même se demander comment aider ces êtres à raccommoder le tissu de leur vie par la misère troué.
Un clin d’œil est également fait à Haïti que le poète dénomme dans l’intitulé d’un poème qui lui est consacré « L’autre rive du continent noir », il évoque le quotidien des Haïtiens dans les moyens de locomotion incommodes sur des chaussées défoncées :
la ferraille antique cahote
Rebondit sur les nids de poule
Les têtes tapent la tôle tap ! tap !
Nous relevons dans ce recueil de très belles descriptions qui dégagent une vraie émotion, des images haut en couleurs, des détails significatifs et de très belles images.
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Présentation de l'auteur
Mario URBANET,né à Saint-Germain-en-Laye en 1935, Mario Urbanet a grandi entre deux langues, celle du Frioul paternel et le français de sa mère. L’occupation allemande, les chantiers du bâtiment à quatorze ans, la guerre d’Algérie à vingt, et un fort engagement citoyen lui ont appris l’essentiel sur la vie. Les livres lui en ont dit les valeurs. Il tente de découvrir comment fonctionne ce monde étrange. Il appareille ses mots comme les pierres d’un mur où s’ouvre la fenêtre du vent, qui répète inlassablement : Pourquoi ? Ses poèmes sont édités aux éditions Temps des Cerises, Le Serpolet, Henri, l’Amandier, La lune bleue, Couleurs et Plumes et dans diverses revues et anthologies collectives. Ses contes sont publiés par les maisons d'édition Albin Michel, Glénat, Milan, Père Castor et L’Harmattan.
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Pour citer ce texte
Maggy de Coster,« Mario Urbanet, Couleurs Noir, Éditions Unicité, coll. Poètes francophones planétaires, juillet 2017, Format A5, 72 p., 13€», Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 3 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/07/couleurs-noir-mu.html
Une étrangère, la Française Sonia Kronlund, est allée filmer sur ses terres le plus célèbre acteur d’Afghanistan, Salim Shaheen. Selon une technique inédite, le héros du scénario est aussi un héros de films de genre, dans le style « Bollywood ». Dieu vivant, applaudi, adulé, il est un homme. Il séduit, il souffre et frappe, à la manière de ce film infaisable, comme est infaisable le cinéma afghan.
En dépit du manque d’argent, toutes sortes de prouesses émaillent les deux heures d’images naturalistes que la réalisatrice a rapportées de ce pays qu’elle connaît bien. Des images mises en miroir avec celles du cinéma afghan, non pour perpétuer le genre du « cinéma dans le cinéma », sûrement pas pour faire rêver, mais pour comprendre les émotions que procure le Septième Art. Le cinéma est la Grande Illusion dans un pays en guerre.
Hommes et femmes afghans jouent leurs vies, entre cimes enneigées et désert. Pas de dénonciation, pas de transcendance dans ce « Bois de Rien », car les humains n’ont rien, comme dans d’autres pays musulmans. Nothingwood accomplit le « tour de force » de Djuna Barnes dans Nightwood : il donne une vision juste d’un pays et de ses habitants. Les motifs se développent peu à peu pour montrer ce qu’apporte le cinéma, et pour montrer sans manipulation.
Les registres les plus graves sont présentés avec une précision chirurgicale. La liberté de ton, l’intelligence qui ont donné aux émissions quotidiennes de Sonia Kronlund sur France-Culture tant de fidèles, dont je suis, font le style de ce documentaire. Le talent unique de Sonia Kronlund confère aux scènes les plus dures, comme aux scènes romantiques, une évidence. Tout ce qui fait la singularité de ses émissions radiophoniques, si bien nommées « Les pieds sur terre » (France-Culture, 13h30), sert à comprendre l’illusion du Septième Art.
Poétesse, diariste, essayiste, membre du comité de rédaction du Pan poétique des muses.
Éditions de la Maison des Pages
30 rue Beaubourg - 75003 PARIS
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Pour citer ce texte
Camille Aubaude, « Nothingwood, réalisé par Sonia Kronlund. Film documentaire, 2017», Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 2 juillet 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/nothingwood-sk.html
Nicole Coppey,«Indonesian Atmospheres (calligramm poem)/Atmosphères indonésiennes (calligramme)», Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 23 juin 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/indonesian-atmospheres.html
Joliment présenté, le recueil intitulé La Somnambule dans une Traînée de Soufre, ne contient ni d'épigraphe, ni de sous-titres, ni de table des matières. En revanche, il expose deux illustrations réalisées par Catherine Gil Alcala, le premier dessin est un autoportrait de face, biffé, de la comédienne Catherine Gil Alcala qui illumine la première de couverture et la page de titre en frontispice*, quant au deuxième, il représente un visage de profil et il fait office de rideau théâtral qui clôt l'ouvrage...
Minimaliste et épuré dans sa présentation, composé d'un long poème en prose structuré de blancs, d'espaces et de trois points, ce recueil se lit d'une traite. Comme les autres ouvrages de Cathernine Gil Alcala aux éditions La Maison Brûlée, ce livre de peintures métaphoriques et allégoriques renferme plusieurs pensées transformées en toiles de nature morte et de portraits de personnes noctambules. La dramaturge-conteuse se métamorphose ici en portraitiste aux univers symboliste, dadaïste et surréaliste.
Difficile à classer, la poésie de Catherine Gil Alcala émane toutefois d'une réflexion sur la condition dite féminine et s'apparente à une généalogie matriarcale. Son écriture ciselée est marquée des malheurs de l'être féminin abandonné à son sort dans un univers qui le surpasse, le détermine en le violentant. Parmi les thèmes récurrents chez Catherine Gil Alcala que l'on retrouve dans La Somnambule dans une Traînée de Soufre, on cite l'amour-passion, le sexe, la mer, l'eau, le meurtre, le suicide, le sang, l'enfant, la danse, la mort, les femmes, les fruits et légumes. Toutefois, le recueil esquisse un portrait novateur du somnambulisme au féminin revisité par une féministe déplorant la liberté encore conditionnée des femmes réduites aux déboires de la domination masculine : « Les ailes des obus trouent le ventre dentelle des nuages… le démiurge des tyrans métamorphose les décibels des cris en l'écrit dans le chant, pour un hommage innommable et pénétrant au père incestueux. » (Ibid., p. 15).
La poésie de Catherine Gil Alcala est une écriture fragmentaire, elle se caractérise par sa pauvreté en rimes, sa richesse en vocabulaires, la rareté de l'emploi des pronoms personnels sujets, mais également par l'oxymore, l'allégorie, la personnification (des animaux, végétaux et objets), l'aphorisme et le recours aux sources mythiques, légendaires et religieuses. Ce recueil est aussi truffé de références et/ou de clins d’œil à plusieurs chefs-d’œuvre littéraires (par exemple : La Dame aux camélias, voirp. 102). En outre, le portrait magique de la danseuse demeure le fil rouge du sujet désirant-désiré dans cet ouvrage. C'est ainsi que dans cette errance poétique, Catherine Gil Alcala dévoile les mots-maux des êtres humains et leur capacité à se renouveler par l'amour-passion comme dans les lignes suivantes : « Le parleur atlantique titube : Je meurs d'une rencontre ontologique, vénérienne et sacrée. Étreindre le désir, c'est gagner ce que l'on perd. » (Ibid. p. 29) ou dans « La Somnambule frôle la joue d'un homme dans une traînée de soufre. Son extase sourde, sidérée, nage dans l'espace incommensurable. » (Ibid. p. 58).
Dina Sahyouni,« Catherine Gil Alcala, La Somnambule dans une Traînée de Soufre, éd. La Maison Brûlée, 2017, 108 p., 13€ », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°11, mis en ligne le 22 juin 2017. Url :http://www.pandesmuses.fr/cga-somnambule-soufre.html
APPEL À POÈMES SUR LE THÈME « LIBERTÉ » (PROPOSÉ PAR LE PRINTEMPS DES POÈTES) DU 30 NOVEMBRE AU 31 JANVIER 10 MARS 2026.
L’association SIÉFÉGP vous propose de publier une sélection de vos écrits poétiques sur le thème « Liberté » proposé par le festival Le Printemps des Poètes. Pour ce faire, veuillez vérifier que vos poèmes (de 1 à 4) et/ou illustrations (de 1 à 4) respectent la ligne éditoriale de cette revue avant de nous adresser vos participations au plus tard le 10 mars 2026 pour une publication livresque durant le printemps 2026 dans le cadre du festival Le Printemps des Poètes.
SIÉFÉGP, 27 NOVEMBRE 2025
APPEL PERMANENT À ARTICLES ENCYCLOPÉDIQUES POUR NOTRE ENCYCLOPÉDIE NUMÉRIQUE (LANCÉE EN 2012) SUR LES POÉTESSES (FEMMES POÈTES, POÈTES, POÉTRIDES, ETC.) DE TOUTES LES PÉRIODES ET DANS UNE OU PLUS DES LANGUES SUIVANTES : FRANÇAIS, ANGLAIS, ARABE ET ESPAGNOL. L'ARTICLE DOIT PORTER SUR LA VIE, L'ŒUVRE ET LA POSTÉRITÉ DE CHAQUE CRÉATRICE.
Cette section n'a pas été mise à jour depuis longtemps, elle est en travaux. Veuillez patienter et merci de consulter la page Accueil de ce périodique.
Événements poétiques | NO II Hors-Série | Festival International Megalesia 2026 « POÉTIQUE PRINTANIÈRE » | Distinctions 2026 | Prix Poétiques attribués par la SIÉFÉGP le 8 Mars Attribution du Prix Littéraire Dina Sahyouni
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LA RÉDACTION VOUS PRIE DE BIEN VOULOIR PATIENTER POUR RECEVOIR UNE RÉPONSE À VOTRE DEMANDE ET DE RENOUVELER VOTRE COURRIEL APRÈS UN MOIS SANS RÉPONSE. NOUS RECEVONS BEAUCOUP DE COURRIELS PAR JOUR ET AVONS BESOIN DU TEMPS POUR TRAITER CONVENABLEMENT VOS...