21 février 2021 7 21 /02 /février /2021 18:18



Événements poétiques | Le Printemps des Poètes | « Les femmes & le désir en poésie »

 

 

 

 

 

 

 

À mon seul désir

 

 

 

Chantal Robillard

 

 

 

© Crédit photo : Mon seul désir, un détail de la tapisserie de la dame à la licorne, image fournie par Chantal Robillard. ​​​​​​​

 


 

Au milieu du ciel rouge vif et des prés bleus,


 

 

Mille fleurs éparpillées autour d'animaux.

Oriflammes brandies par licorne et vieux lion,

Nobles dames richement coiffées et vêtues.

 


 

Serties de bijoux sont les robes de brocart

Et velours, atours de reines, miroirs dorés.

Un chien, des singes, oiseaux, genette, renard...

Libre sous les arbres fruitiers, petit chevreau


 

 

Défie un lapin. Agneau, héron, léopard...

Et soudain l'insolite tente se déploie

Sur le pré où la dame range ses joyaux.

Inscription dorée mystérieuse suggérant :

Réfléchissez aux cinq sens, mais aussi au cœur.

 

 

© C. Robillard

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème féministe inédit sur le désir 

 

Chantal Robillard, « À mon seul désir »​​, poème féministe inéditLe Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 21 février 2021. Url :  http://www.pandesmuses.fr/desir/cr-monseuldesir

 

 

 

 

 

 

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8 février 2021 1 08 /02 /février /2021 14:41

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Événements en faveur des femmes

 

 

 

 

 

 

 

Festival

 

 

Cri de femme 2021 

 

  

 

Cri de Femme

 

www.gritodemujer.com

www.cridefemme.com

www.womanscreamfestival.com

 

 

 

© Crédit photo : "Cri de femme", logo ou identité visuelle.

 

 

 

Cri de Femme 2021 (note de presse),

 

 

Le Festival Cri de Femme 2021 projettera des films en ligne sur la violence faites aux femmes

 

 

 

Présenté du 1er au 31 mars, avec plusieurs événements semi-présidentiels et virtuels (via les réseaux sociaux), le 11e Festival International de Poésie et d'Art "Cri de Femme / Grito de Mujer / Woman Scream" proposera des films de 18 pays, des œuvres provenant autant de réalisatrices que de réalisateurs bénévoles défendant la non-violence envers les femmes.

 

Le festival Cri de Femme 2021, projettera pour la 1ère fois, des documentaires, des œuvres médiatiques, des œuvres interactives et des vidéoclips de musique, poésie et d’art. De nombreux films auront pour sujets des femmes du monde entier, spécialement, ces femmes et jeunes filles qui sont victimes de violence ou qui vivent en quarantaine avec leurs agresseurs. Le thème retenu pour cette saison est : "Les Femmes Guerrières : la violence n'est pas en quarantaine !"

 

La parité chez les hommes et femmes, réalisateurs et coordinateurs du festival, c'est très important, confirme Jael Uribe, fondatrice et Présidente du mouvement international des femmes poètes (Mujeres Poetas Internacional MPI, Inc.) à la République Dominicaine.

 

Les pays participants au Cri de Femme Cinéma, sont : Espagne, France, Mali, Congo, Inde, El Salvador, Mexique, Argentine, Guatemala, Pérou Brésil, Portugal, les États-Unis, Iran, Afrique du sud, Royaume-Uni, Grèce et Israël.

 

Plusieurs propositions en vidéo d'hommes et femmes artistes seront également diffusées gratuitement en mars 2021 sur les réseaux sociaux du festival en diffèrent langues : portugais, français, anglais, espagnol et italien.

 

Les nouveautés de l'édition 2021 du Festival Cri de Femme sont des projections de Court-métrages, vidéo poèmes, micro-conférences, mini-ateliers, petit théâtre, performance, présentations musicales, danse et arts visuels, destinées aux familles.

 

Vous pouvez retrouver le programme complet du festival dès le 15 février 2021, sur la page www.cridefemme.com ou www.womanscreamfestival.com

 

 

 

® Cri de Femme

www.gritodemujer.com

www.cridefemme.com

www.womanscreamfestival.com

 

 

 

***

 

Pour citer cet avis féministe 

 

Cri de Femme, « Festival Cri de femme 2021 »,  annonce inédite pour lutter contre les violences faites aux femmes, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 8 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/festivalcridefemme2021

 

 

 

 

 

 

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 17:55

 

Événements poétiques | Le Printemps des Poètes « Désir » | Les femmes & le désir en poésie

 

 

 

 

 

 

Autour de la pièce d’eau

 

&

 

 

Une journée de femme ordinaire

 

 

 

 

 

 

Mireille Podchlebnik

 

Blog officiel

 

 

 

Crédit photo : "Grand-Étang Capesterre, Belle-Eau", wikimedia, domaine public.

 

 

 

Autour de la pièce d'eau 

 

 

 

Cristal d'aurore sur les parfums du jour

Dans la pièce aux mosaïques

Turquoises et opalines

Un arc-en-ciel de lumières 

se déploie dans l'espace

Aux reflets de soie

 

À portée de main 

dans la salle de bain

Les parfums exhalent leurs odeurs 

attirent et attisent les souvenirs

Inexorablement

 

La femme d'ici et de là-bas

À pas de velours

Pénètre les lieux et regarde et écoute

Le souffle du vent 

Une larme sur la digue

 

Elle écoute le goutte à goutte 

du robinet de l'ennui

Qui de flac et de floc 

donne le tempo à son désarroi

Sur son visage 

Apparaissent les sillons de l'âge

Eau monotone 

eau d'automne

Mais encore rythme de vie

Un cœur palpite

 

 

D'un geste vif 

elle met fin à ce bruit

Fermant ce robinet 

qui depuis quelque temps fuit

Elle oublie 

ce qui soudain avait guidé ses pas

Vers ce lieu-là

Alors qu'elle travaillait 

alors qu'elle écrivait

Vers ce lieu de refuge 

ce lieu de vasques 

ce lieu d'éclats 

Ce lieu où parfois 

son corps s'alanguit 

se délasse

Rose éclose dans la nuit

 

 

Elle se souvient 

des jours de joie 

de chansons et de cris

Des jours actifs 

des jours sans trêve

Lorsque ses enfants étaient petits

Enfants de mystères et de rêves

Prêts pour le bain et jouant avec l'eau 

magique

L’eau qui s'écoule entre les doigts

L’eau qui ébouriffe

L’eau de cascade qui éclate

Et s'éparpille 

pour mourir sur les murs 

les glaces et les tapis

Au fil des jeux et des batailles 

inlassables

L’eau de mousse parfois fruitée 

l'eau veloutée

L’eau qui enveloppe et qui berce

Pour s'allier à la tendresse

Elle revoit les bains de douceurs et caresse 

ces moments de bonheur

 

 

Elle songe aussi au mari parti

Aux disputes autour de l'eau 

qui s'écoule et dont il n’interrompt pas le flot

De la mousse à raser

Qui gicle 

sur la glace 

en laissant de sales traces

qu’il ne nettoie pas

 

 

Elle pense à ces rancunes futiles

À ces histoires qui reflètent  

l’absence et le vide 

Aux illusions et certitudes inutiles

Elle pense à toutes les unions 

qui se défont 

Pour de petits riens 

Ou pour de nobles et soi-disant justes raisons 

À ces décisions qui engagent la vie

Prises dans une pièce d'eau

Un matin limpide qui ne présageait pas 

l’inattendu

Un matin de routine

Elle soupire et ouvre à grand fracas 

les robinets de la baignoire

L’eau respire de vagues et de marées

Elle rêve de voyages

De chaleurs tropicales et de pluies torrentielles

Surgissant de façon imprévue 

de façon impromptue

Entre deux éclats de soleil

Lorsqu'elle vivait là-bas

Elle ressent la lourdeur 

L’humidité qui étouffe et essouffle

Les douches tièdes 

prises à tout instant 

du jour et de la nuit

Pour ôter les odeurs âcres de la sueur inévitable

Pour soulager les piqûres des insectes 

qui s'acharnent et blessent 

La peau pâle et fine 

des exilés de fraîche date

Sur les flots une brise apaise

 

 

En tourbillonnant l’eau aspire 

les gouttes de thym et de lavande

Qu'elle jette 

d'un geste ample et pourtant mesuré

 

 

Senteurs et bien-être

Odeurs d'espoir

Elle glisse 

dans un cocon bienfaisant et s'assoupit

Elle s’évade dans autre monde

Dans un autre espace

Pour oublier ses souvenirs

Elle sourit

 

 

 

Une journée de femme ordinaire

 

 

Une journée de femme

Aujourd’hui ou hier

 

 

Toujours les mêmes labeurs

Toujours les mêmes rêves

Tôt levée

Au petit jour du quotidien

À la hâte se préparer

 

 

Les habits, le café 

la toilette

Les enfants à réveiller

 

 

Et durant quelques instants

Être partout à la fois

Devoirs bouclés, cartables prêts

Coiffés, lavés, bien habillés

L’argent pour la kermesse

Les consignes à rappeler

Et puis ranger, ranger, ranger…

 

 

L’heure de l’école a sonné

 

Vite partir travailler et débuter la journée

La consultation, les gens à écouter

Leurs souffrances, leurs espoirs

Leur travail devenu insupportable

Les querelles avec le chef

Les soumis, les rebelles

les indifférents, les apathiques

 

 

Le téléphone sonne

Les impondérables

Réponses à donner ou à différer

Les urgences, visites à faire

entreprises à conseiller

 

 

Et toujours

La pensée en éveil, la pensée diffuse

La nourrice à payer, les courses à acheter

le repas à prévoir

Les enfants à aller chercher

les écouter, les consoler

Comprendre leurs besoins, leurs chagrins

 

 

Et trouver le temps

Le temps de lire 

le temps d’écrire

le temps d’apprendre

 

 

Courir le midi entre deux rendez-vous

Déjeuner de presque rien

ou s’esquiver en catimini

 

 

Fermer doucement la porte 

et ouvrir son jardin secret

Un instant

Au passant, au complice

Échanger un regard ou davantage

Avant de repartir

 

 

Achever la journée

La journée ordinaire 

et retrouver le soir

L’homme fatigué, l’homme qui a travaillé

qui a besoin de parler, d’être compris 

 

 

Tandis que moi

Moi je faisais quoi au juste….

 

 

***

 

Pour citer ces poèmes féministes 

 

Mireille Podchlebnik, « Autour de la pièce d’eau » & « Une journée de femme ordinaire » poèmes féministes inédits, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques Événement poétique|Le Printemps des Poètes « Les femmes et le désir en poésie » sous la direction de Françoise Urban-Menninger, mis en ligne le 7 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/desir/mp-unejourneedefemmeordinaire

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans RECUEIL NO3 Maternité en poésie Poésies féministes
6 février 2021 6 06 /02 /février /2021 18:05

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Textes thématiques | Astres & animaux 

 

 

 

 

 

 

 

J'écris ton nom 

 

  

Dina Sahyouni

 

 

 

Crédit photo : "Greifswalder, Oie", aerial, photograph 01/09/1992", wikimedia, domaine public.

 

 


 

Écrire sur les vagues bleues ton nom

Dormir aux plis des pages vides, 

avide de tout savoir sans rien avoir

le ventre du monde pleure

et la douleur surgit de la douceur 

écrire avec l'encre des invisibles

avec des plumes d'oies blanches 

la blessure des oies est mienne

​​​​​​

 

 

 

Crédit photo : "Oies, coastline", wikimedia, domaine public.

 


 

J'écris avec le vent, avec le sable mouvant 

avec les doigts, les oreilles, les orteils

j'écris avec le cœur en sueur 

j'écris comme avant, comme auparavant 

j'écris sur les nuages en sel de mers

des histoires de mères, des contes de fées inachevés

j'écris soudain et l'eau coule… 

tout s'écroule mais ton nom reste

Mer, au hasard des larmes, tout s'alarme

l'écrit s'arme de larmes de joie amères. 

 

©DS, février 2021.

 

***

 

Pour citer ce poème écoféministe et engagé 

 

Dina Sahyouni, « J'écris ton nom », poème engagé et écoféministe inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères », mis en ligne le 6 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/ds-tonnom 

 

 

 

 

 

 

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3 février 2021 3 03 /02 /février /2021 16:29

 

Lettre n°15 | Eaux oniriques... | Articles sur la poésie | Revue Matrimoine |  Poésie érotique | No 9 | Dossier mineur permanent

 

 

 

 

 

 

 

Amores y amantes / Noche de sombra

 

Amoureux et amants / Nuit d’ombre

 

de Jacinta Ceballos

 

 

 

 

 

Œuvre traduite de l’espagnol du Mexique et préfacée par

 

Maggy de Coster

Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Jacinta Ceballos, poète maxicaine contemporaine. 

 

 


 

C’est une poésie intimiste teintée de sensualité, de volupté et d’érotisme que nous offre notre amie mexicaine Jacinta Ceballos dans ce recueil de poèmes. Elle est celle qui n’a pas froid aux yeux car elle ose exprimer ses désirs ardents sans tabou, sans vulgarité ni grossièreté. Elle est de ces femmes libérées qui considèrent que l’évocation ou la description de l’acte d’amour ne doit pas être le monopole du sexe masculin. Quoi de plus naturel que d’exprimer en toute liberté ses désirs amoureux, ses fantasmes ! 

D’entrée de jeu, elle met en évidence les différentes parties de son corps qu’elle soumet aux caresses de son partenaire. Les préliminaires sont annoncés par ces vers :

 

 

« tes mains glissent sur ma peau blanche

touchant mes seins dressés

ma poitrine ardente

baisant mon ventre

frôlant mes hanches

par des mouvements lents

doucement tu laisses descendre

tes doigts

jusqu’à mon intimité »

 

 

À l’instar d’autres pays de l’Amérique latine, le Mexique n’est entré dans l’ère du féminisme que dans les années 70 alors que la religieuse Sor Juana Inès de la Cruz avait déjà tracé le chemin d’émancipation de la femme dès le XVIIe siècle via la culture du lyrisme amoureux dans ses poèmes. 

 

 

« Je ne peux ni te garder ni te quitter,

pourquoi je ne sais, en te quittant ou en te gardant,

il y a toujours un je ne sais quoi pour t’aimer

et bien des si pour t’oublier. »

 

 

Il faut sans cesse réinventer sa vie de couple et pour cause elle déploie des trésors d’imagination car comme dit Corneille dans le Cid : «  L’amour est un feu qui s’éteint faute de nourriture ». Aussi est-elle «  dans la séduction provocatrice » 

C’est grâce à la connaissance de son corps qu’on arrive à maîtriser sa sexualité. Anaïs Nin nous l’a fait remarquer par cette assertion : « L'érotisme est l’une des bases de la connaissance de soi, aussi indispensable que la poésie. » Diderot de son côté a su lever le voile sur la nature de la femme dans les « Les Bijoux indiscrets » en mettant en scène Louis XV et Mme de Pompadour sous les traits du sultan Mangogul et de sa favorite Mirzoza » 

 

Jacinta Ceballos s’exprime sans fausse pudeur en utilisant un langage érotique non un langage convenu comme les femmes poètes latino-américaines de la deuxième moitié du siècle dernier :

 

« inlassablement tu me pénètres 

et parvenant à l’extase

nous nous émerveillons d’un long soupir. »

 

 

Elle témoigne de sa reconnaissance envers son partenaire qui la comble en faisant d’elle une femme épanouie. Elle nous fait comprendre également que l’amour est une force donc, ça rend heureux, comme on dit, ça fait du bien. De ce fait, elle se sent en confiance, elle respire l’amour, la passion la fait vibrer :

 

« tu couvres mon corps de baisers

et véhicules ta passion »

 

C’est l’amour qui donne un sens à son quotidien. Même le jour se met au diapason de leur amour :

 

« se perdre dans le mystère silencieux

le jour se lève

avec un chant d’amour. »

 

*

 

« avec ma langue ardente

je vérifie tes chemins

pleins d'humidité

lentement s’ouvrent

les pétales

pour dévorer

le sexe. »

 

Jacinta Ceballos célèbre l’amour en beauté en rejoignant la liste de poètes latino-américaines qui ont écrit des poèmes sur les plaisirs charnels comme l’Uruguayenne Delmira Agustini, la chilienne Gabriela Mistral, Prix Nobel de Littérature en 1957 et plus près de nous la Nicaraguayenne Gioconda Belli, internationalement connue et la Mexicaine Lina Zerón traduite en français par Claude Couffon .

Ainsi comme dit Georges Perros « L’érotisme, c’est de donner au corps les prestiges de l’esprit ».

 

 

Quelques poèmes de Jacinta Ceballos :

 

Prólogo

 

Este libro está consagrado a los amores y amantes que en las noches atormentan y enloquecen a la sombra y estimulan los sentidos. Escribir es esa necesidad de querer tener la esencia tan íntima y efímera; es filtrarse en un sueño profundo donde sale la locura de los deseos.

Resulta increíble cómo cada quien puede dar una interpretación diferente a una misma imagen: mis locos sueños están reflejados en estos poemas que son solo instantes fugaces que ya ni recuerdo. Aquí, hablo de los cuerpos de los amantes que pierden su deleite para llegar al éxtasis del placer, de cómo las miradas se convierten en cómplices, cómo una mujer enamorada soporta el silencio del amante.

Y darle vida al dios y que su cuerpo arda de pasión. Entre amores, quejidos y silencios, dime ¿Qué callas? Es el tiempo el que se encarga de borrar las sombras que guardamos con recelo. El cuerpo es el único que saborea esas caricias perdidas y se deleita con los besos escondidos. En las noches extenuantes se abre el abismo y entre fatigas hay que darse el permiso de sentir.¿Quién no ha tenido un amor o un amante en la oscuridad de la soledad?

Jacinta Ceballos

 

**

Prologue

 

Ce livre est dédié aux amoureux de l’ombre que les nuits tourmentent, affolent et dont elles stimulent les sens. Écrire est ce besoin essentiel si intime et si éphémère; c’est sombrer dans un sommeil profond où émerge la folie des désirs.

C’est incroyable que chacun puisse interpréter si différemment une même image : mes rêves fous se reflètent dans ces poèmes qui ne sont que des instants fugaces complètement effacés de ma mémoire. Ici, je parle des corps des amants qui perdent leur propension à parvenir à l’extase, de la complicité de leurs regards, de la façon dont une femme amoureuse supporte le silence de l’amant. Donner sa vie à dieu et laisser son corps brûler de passion.

Entre amours, gémissements et silences, dis-moi, que tais-tu ? C’est le temps qui se charge d’effacer les ombres que nous gardons avec appréhension. Seul le corps savoure ces caresses perdues et se délecte de baisers clandestins. Dans les nuits exténuantes l’abîme s’ouvre sur des ennuis, il faut s’autoriser des regards complices et savoir comment une femme amoureuse endure le silence de l’amant. Qui n’a pas vécu une relation amoureuse dans l’ombre de la solitude ?

Jacinta Ceballos,( traduction française Maggy De Coster)

 

 

Si Dios fuera hombre

 

Si Dios fuera hombre

amaría con todo su ser

lloraría en las noches quietas

viendo una estrella

pediría un deseo

cantaría con el arcoiris

el milagro de la esperanza

abriría los ojos de su alma excitado

ante la belleza de una mujer

su cuerpo de hombre

saborearía la carne fresca

sus manos presurosas

acariciarían los pechos ardientes

se le quemarían las venas

y las llagas de la piel arderían

se emborracharía con buen vino

por el placer prohibido

de una noche.

“Amantes y amorosos

Si Dieu était un homme

 

Si Dieu était un homme

il aimerait de tout son être

il pleurerait durant les nuits tranquilles

en voyant une étoile

il ferait un vœu 

il chanterait avec l’arc-en-ciel

le miracle de l’espérance

il ouvrirait les yeux de son âme excitée

devant la beauté d’une femme

son corps d’homme

savourerait la chair fraîche

ses mains seraient prêtes

à caresser les poitrines ardentes

ses veines le brûleraient

et les plaies de la peau le lanceraient

il s’enivrerait de bon vin

pour le plaisir défendu

d’une nuit.

El canto del amor

Cuando el amor canta en la mañana

respira por la noche

en los poros se aniquila el tiempo

se sueña un poco de magia

llena de mieles

donde lloran las sílabas

convirtiéndose

en aullido del dolor

y las venas transportan

los recuerdos de fantasmas

que vuelan en el aire

tiñendo las nubes

para morder

el secreto de la noche

que deja nuestro olor

perdido en el misterioso silencio

el día se levanta

con un canto de amor.

Le chant d’amour

Quand l’amour chante au matin

respire la nuit

le temps s’annihile dans les pores

on rêve d’un peu de magie

pleine de miel

où pleurent les syllabes

en se convertissant

dans un hurlement de douleur

et les veines transportent

les souvenirs des fantasmes

qui volent dans l’air

en teignant les nuages

pour mordre

le secret de la nuit

qui laisse notre odeur

se perdre dans un mystérieux silence

le jour se lève

avec un chant d’amour.

 

 

Tatuado

 

El beso vaga

por el cuerpo sediento

que sacia la sed

entre los brazos

navega impaciente

y se consume

en los ojos

donde se hunde

el universo tan pequeño

arde el pecho

donde gimen los labios

llenos de sed humedad

en la noche delirante

queda tatuado el mito

de los cuerpos que callan

el secreto del otoño.

Tatoué

 

Le baiser erre

sur le corps assoiffé

il étanche la soif

impatient il navigue

entre les bras

et se consomme

dans les yeux

où s’enfonce

l’univers si minuscule

la poitrine où gémissent les lèvres

assoiffées d’humidité

dans la nuit délirante

est en effervescence

le mythe des corps qui taisent

le secret de l’automne

 reste tatoué.

Dedos delirantes

 

Llenaré tu cuerpo

con las caricias

de los dedos delirantes

ligeramente rozaré

tus pezones resaltados

olvidando el tiempo

que se abre

con las manos hechizadas

abriendo paso con mi beso

para despertar tus sentidos

y engarzar tu llama

en los cuerpos

hechos nudo.

Doigts délirants

 

De caresses

des doigts délirants

je comblerai ton corps

je frôlerai légèrement

tes mamelons rebondis

en oubliant le temps

qui s’ouvre

avec des mains ensorcelées

en ouvrant la voie avec mon baiser

pour éveiller tes sens

et enchâsser ta flamme 

dans les corps 

dénudés

NLR : Jacinta Ceballos, est architecte, photographe et poète mexicaine

 

 

***

 

Pour citer cet article 

 

Maggy De Coster, « Amores y amantes/Noche de sombra / Amoureux et amants/Nuit d’ombre de Jacinta Ceballos », œuvre traduite de l’espagnol du Mexique et préfacée par Maggy DE COSTER, texte reproduit avec l'aimable autorisation des auteures et leur maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n° 15 « Eaux oniriques : mers/mères » N°9|Hiver 2021 « Artistes en Poésie », sous la direction de Maggy de Coster, mis en ligne le 3 février 2021. Url : http://www.pandesmuses.fr/lettre15/no9/mdc-jacintaceballos

 

 

 

 

 

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