13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 08:34

 

Poème pour la 3ème thématique :

Les animaux en poésie mineure ou le bestiaire des poètes

 

 

Mes animaux doux

 

Laure Delaunay 

 

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

Le dauphin (à A.F.)

L’ondée avive le vertige.

Pourtant le souffle ne perturbe ni l’allant ni la courbe. Se nourrit d’air, de bouffées et d’une vague.

Voltige, est prince, une brassée d’écumes.

Respire, jet d’air, et accompagne l’autre en sa trouée, en sa promenade, lui est ami, berce ses flots de rires.

L’aileron navigue, arrondit la surface. Profond soleil, léger bambin.

Aller là où luit l’eau.

Et découvrir, intense, l’espace, le loin. Fendre alors les mers, caresser l’horizon à une touche, y puiser l’espoir d’être toujours et infini, le premier. Avant-gardiste ? Anachronique. Et utopiste. Le pionnier ne laisse pas de sillon.

D’un bond gagner le large et se souvenir comme d’un trésor de la main croisée au bas de l’esquif.

Frère d’un jour, furtif. À l’âme éphémère. À l’élan temporel. Au flux parfait.

Liberté belle.


 

La biche (à F.D.G.)

Ma douce chemine en toute tendresse sur les sols, les terres, les lits, les mousses.

À sa venue, ploie une branche en hommage.

« Maman » dit le lierre. « Ma belle », toute la forêt. Et la clairière : « mon ange ».

Sautille, gambade, son air de rien, ses yeux fendus, ses chasses délicates.

« Ma douce », dis-je.

Elle se cache, ne veut pas qu’on la voit, préfère l’obscur et l’humide et le rayon timide au soleil écrasant. La rousseur d’un pelage est lumière à soi seul.

L’herbe et les brins ornent ses pieds de vert. Les feuilles lui font couronne. Ses yeux plissent un peu pour que renaisse le goût des innocents.

Futilités l’habillent mais les choses sérieuses lui sont naturelles.

Des églantiers semblent parfois piquer sa pureté de sang mais la cruauté glisse et il ne reste dans ses espaces que les joliesses ambrées.

Elle tient, elle tient, sa vie d’âtre battant au cœur de la nature.


 

L’anémone (à D. L.)

Pincées de sel dissout accompagnent tâches et filaments. Couleurs ployées, déployées.

Danse, orientale ou japonaise. Bras « lacs des cygnes » et lacets de signes jusqu’à l’épanouissement. Croix, points, ronds : tissu, soie corpulente.

Petit nu d’arc en ciel.

Fleuves sur les hauts fonds du cœur amollissants de pigments toute cruauté.

Parcelle, part belle.

Souffles d’eau. Bibelots.

Et la murrine navigue, mosaïque molle.


 

La colombe (à L. C.)

Quand l’envol est léger, les nuages l’écoutent. Et autour de l’oiseau blanc s’organisent.

À l’orée des nues, le bleu naît tous les jours.

La grâce se déploie et de chaque rayon fait un pont. Et de chaque vide, une vague.

Percées et plongées habillent les anges.

Et chaque coup d’aile appelle « doux de la voute » le pli qui ne dit que les beautés et les nouvelles heureuses.

Puretés, ouvrirez-vous aux mots soyeux ? Glisserez-vous ce message dans l’embrasure d’une fenêtre ? Je crois qu’aucun cœur ne bat dans le ciel et que tout est pleins et déliés à qui se dévoile.

Le vent souffle ; l’air est tendre.

Puretés, ouvrirez-vous aux mots soyeux ?
 

La pyrale des prés (à F.L.)

Tout s’offre et le diaphane oblige. Blanc déambule à antennes gratuites.

Les vides, les grâces. Et le vent pertinent.

Corpuscule se dévoile dans la corolle et le laurier rose lit mieux, et la belle de nuit s’émeut, et l’iris aperçoit.

Qui du brin ou du pétale triomphe ? Ni l’un ni l’autre. Seule la pâle altitude ou le ruisseau éphémère pense le voyageur, la tâche en mouvement dirait le peintre, la feuille allant au pré et au loin, le poète.

***

Pour citer ce poème

 

Laure Delaunay, « Mes animaux doux », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 13 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/mes-animaux-doux.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 12:55

 

 

Texte pour le numéro de la 3ème  thématique.

Critique & réception

 

Notes de lecture sur l'essai

 

Lire les femmes de lettres dans la littérature française

 

Dina Sahyouni

  

 

L'essai Lire les femmes de lettres dans la littérature française porte sur la réception problématique de celles qui font de l'écriture leur métier, en France. L'essayiste interroge l'incapacité de la critique littéraire et féministe à modifier l’approche lacunaire des écrits de femmes. Peut-on les critiquer et les classer sans les assigner, ni stigmatiser ? Par le biais d'une réécriture historique, Camille Aubaude met en évidence la présence constante des femmes de lettres dans l'histoire et leur absence lorsqu'il s'agit d’avoir une œuvre littéraire reconnue.
 

 

Le constat est alarmant. Des contemporaines, telle Béatrice Didier, pensent qu'il existe une impossibilité méthodologique qui empêche d'étudier les œuvres de femmes (voir Ibid.,  "Avant-propos"). Ce que Camille Aubaude réussit à contredire, en nous offrant la possibilité de se détacher des doxas académiques, féministes, et folklorique-ment* universitaires dans la réception des femmes de lettres pour songer plutôt à une lecture thématique, historique et philologique de leurs œuvres. Elle a également réussi à saper les catégories classiques de classification. Elle a répondu à la question cruciale : « Qu'est-ce que créer une œuvre littéraire ? » Elle montre comment une femme peut construire une œuvre littéraire et qu'on peut comprendre ces écrits-là comme une œuvre nécessitant des études, des rééditions critiques et une réception posthume.

 

Cet essai assez formel dans sa manière de traiter les femmes de lettres n'est pas à prendre à la légère. S'inscrivant dans une vision historiographique, il reste toujours d'actualité. On sait l'absence patente d'une analyse approfondie de la réception des femmes citées dans la presse et dans les études universitaires. Lire les femmes de lettres dans la littérature française est donc utile à toute personne qui souhaite frayer de nouvelles voies pour réhabiliter, à travers une critique objective, pertinente et pragmatique, l'héritage des aïeules en France, et, par extension, partout ailleurs, là où le patriarcat et ses doxas fabriquent des leurres, des prismes historiques et méthodologiques pour dénaturer les œuvres des femmes de lettres.

 

Voir aussi :  Camille Aubaude, Lire les femmes de lettres dans la littérature française aux éditions Pan des muses, 2016

 

* Folklorique-ment* : revoie aux folklores attachés au formatage des écrits, au savoir-faire, aux rites universitaires et aux manières fixes de faire de la recherche au sein des universités qui caractérisent chaque époque.

 

Pour citer ce texte

Dina Sahyouni, « Notes de lecture sur l'essai Lire les femmes de lettres dans la littérature française », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 12 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/notes-de-lecture-lire.html

 

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 09:05

 

Poème pour la 2ème thématique :

 

Les aventurières, orientalistes, occidentalistes, voyageuses, nomades, rêveuses en poésie, etc.

 

Coup de foudre

 

Mona Gamal El-Dine

© Crédit photo : dessin fourni par Mon Gamal El Dine pour illustré le poème "Coup de foudre"

© Crédit photo : dessin fourni par Mon Gamal El Dine pour illustré le poème "Coup de foudre"

 

Rouge comme le sacrifice du Sauveur…

 

Bordeaux ? Comme le cœur des amoureux…

Toi ! Rouge Bourgogne, bouteille, comme la danseuse espagnole fertile et sensuelle…

Bourg … Tu es apprécié par les artistes.

Rosé dit l’introduction de la soirée…

Sur les bords de la Méditerranée ; Tu es mon seul ami et compatriote !

Sur les bords de la Seine, je bois même en public pour célébrer la fête de la Vierge !

Amoureuse de ce liquide, tricotée avec le soleil du sud et la sueur des hommes mais encore avec leur sourire !

Dansez, chantez avec le grand buveur El Khayyâm…

Buvez avec les poètes… entourés par les Houris…

Ne dites pas Djihad 1 mais Ijtihad 2 pour le Vivre ensemble Toi et Moi…

Votre majesté le Rouge ; Vous êtes la muse de mes nuits solitaires …

Vous êtes mes rêves jusqu’à l’aube de la Vérité … ?

Vous êtes mes remèdes jusqu’à la libération de mes chagrins !

How are you mon libérateur ?

Bourg … ! Mon atterrissage au château me comble de joie …

Voilà, nous sommes au paradis de tes vignes, …

Interdit de penser à d’autres promesses, suspendues entre terre et ciel…

Les recettes des Pharaons sur les fresques ; Néfertari et son amant Ramsès trinquant à notre santé…

L’égalité homme/femme existait à ton honneur !

Le Mazag3 arrive à table avec le Rosé glacé…


 

Félicitations pour la maîtresse !

Poulet au four avec amandes et figues… mais couronné par le Bordeaux rouge, rosé au choix mes amis…

Salut les copains, c’est une réussite bien arrosée…

Oh ! Divin ! Permettez-moi la soirée sans sommeil, sans fatigue…

Amour nocturne avec la danseuse et la bouteille marionnette …

Versez pour moi de ce génie, encore et encore jusqu’à la dernière goutte pour avoir la chance à mes côtés …

Souriez, dansez, chantez les poèmes des nuits de Bagdad, de Grenade, des Khalifes d’autre fois à l’époque de mes ancêtres…

 

 

 

Souvenez-vous de ce magique remède contre les maux du siècle ! ...

 

 

Poème écrit le 25/07/2015


 

 

Glossaire

1. Djihad : un terme en arabe signifie exercer une force ou effort sur soi-même pour atteindre le perfectionnement moral.

2. Ijtihad : (diligent) effort de compréhension, de réflexion pour s’adapter.

3. Mazag : avoir de bonne humeur.

 

***

 

 

Pour citer ce poème

Mona Gamal El-Dine, « Coup de foudre », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 12 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/coup-de-foudre.html

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 08:34

 

Poème pour la 2ème thématique :

 

Les aventurières, orientalistes, occidentalistes, voyageuses, nomades, rêveuses en poésie, etc.

 

يا سيدِّي

 

د. منى جمال الدين / Dr. Mona Gamal El-Dine

 

 

 

تحيّة خالصة

إلى الشّاعر الكبير جمال بخيت

 

في عُرسِ عيدِ مِيلادي

 

أزُفُ لكَ يا مولاي

حَصَلتُ على بطاَقَةِ حُريتي

دون اسمِ توابع

و دونَ مضاف ٍإليه وإليكَ

أنتَ في حَياتي اِختيارٌ

بدون إجبارٍ

أشاءُ بالتّساوي كما تشاءُ

أسافِرُ من شواطئٍ إلى بحارٍ

وأتمَخطرُ في لباسِ البلرينا

و أشدو بالحبِ و الغرامِ

صَنَعوكَ رجلاً

ثمَّ أسقَطوكَ في بحرِ الأوهامِ

هل صحيحٌ أنتَ هِرَكلٌ؟

فأنا دليلةَ و لا ليلى في الغرامِ

أنا عُصفورٌ يُغَرِّدُ .....

أنا طائرٌ هُيامٌ بدون زِمامٍ

لا تقولَ لي إن الحُبَّ حرامٌ

لا تقولَ إن الهيامَ يُفسِدَ الأنعامَ

فأنا هائمةٌ في بَحرِ الغرامِ

و اللّيلُ يوحِشُني دون انسجامِ

دعني أرحَلُ في الفَجرِ و بدون انتظارِ

خَدَعوكَ فقالوا ........

أنتَ الحبيبُ الأوَلي

وأسألُكَ عن الحبِّ والهيامِ

لا تجيبَ عني السؤالَ

فأنتَ مَخلوقٌ مفقودٌ لا تَعرِفُ بين الجنّةِ و النّارِ

أرجوكَ اِرحَلْ حتى تُغَرِّدَ العصافيرُ

حتى تُزَفَ الجميلاتُ في زيّ أبيضٍ شفاف

فمقاليدُ العشقِ ليسَ بها كلمةٌ حرامٌ

فكلٌّ مُباحٌ حتى صياحُ الدّيكِ في الصّباحِ.

 

***
 

الأحد 23/11/2014


 

 

 

Notice biographique :

 

Mona Gamal El-Dine, docteur en Sciences de l’art, universitaire à La Sorbonne Paris, Membre de Cercle Universel des Ambassadeurs de la paix (Genève/Paris), Présidente de l’Association ISIS Arts & Cultures pour la Paix, Fondatrice des Rencontres des Poètes pour la Paix Membre de World Academy of Arts and Cultures de Paix, Los Angeles, California Membre de World Congress of Poets, USA, Los Angeles, California & World Poet Society GREECE, Membre du Cercle des Ambassadeurs de la Paix (France/Suisse), déléguée de l'Association Amitiés Internationales-André Malraux Paris/Le Caire (lire la suite....)

 

Pour citer ce poème

منى جمال الدين / Mona Gamal El-Dine, « يا سيدِّي », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 12 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/يا.html

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Le Pan poétique des muses - dans Megalesia
11 avril 2016 1 11 /04 /avril /2016 07:41

 

Texte pour le numéro de la 1ère thématique

Critique & réception

 

Pierre Le Pillouër ou l’infatigable acteur

 

du renouveau de la poésie française 

 

 

 

Dina Sahyouni

         

Pensée n° 806 : « Il ne faut pas mettre du vinaigre dans ses écrits; il faut y mettre du sel. »

Pensée n°858 : « Quel siècle que le nôtre, où il y a tant de juges (critiques), et si peu de lecteurs ! »

Cf. Montesquieu, Pensées, dans Œuvres complètes, t. I, éd. Gallimard, collection La Pléiade, 1949

 

 

 

Pierre Le Pillouër est poète, auteur, journaliste de poésie et éditeur de poésie. Né en 1950, à Louhans, il a collaboré à la revue TXT puis a fondé en 2001 le périodique numérique Sitaudis. Auteur de plusieurs recueils et ouvrages divers, il est aussi d'après certains spécialistes en poésie française, une des figures marquantes de la poésie française du XXe siècle. Mais il est surtout un des principaux acteurs du mouvement que l'on peut qualifier du « renouveau de la poésie française grâce à Internet » et à l'impression à la demande après sa crise, son agonie, voire sa mort médiatique et éditoriale dès les années 80. Il figure parmi les pionniers de ce renouveau avec François Bon, Jean-Michel Maulpoix, Angèle Paoli, Florance Trocmé, etc.

            

L’infatigable acteur du renouveau de la poésie française

 

Depuis longtemps, je suis son travail sur le web, ce travail inlassable, inclassable par le biais de Sitaudis, autres réseaux et publications diverses pour frayer à la poésie francophone une voie durable, nette, nouvelle afin de l'installer au cœur de l'actualité littéraire.

C'est un vent nouveau pour un renouveau de la poésie, voire « un trouble dans le genre », si j'ose emprunter le fameux titre du livre de la philosophe Judith Butler, pour l'adapter à la situation de Sitaudis puisque ce journaliste et éditeur de poésie, Pierre Le Pillouër, est à la tête d'une entreprise journalistique qui sème le trouble dans le monde littéraire et fait de temps en temps trembler quelques éditeurs/éditrices avec leurs auteur-e-s.

Voilà pourquoi, depuis longtemps, je tente d'écrire un article ou quelques pages sur lui, mais cela est un projet bien ardu car son œuvre est multiple et en mutation. À l'instar de Sitaudis, difficilement classable et envisageable comme un objet d'étude classique.

En poésie, tout le monde sait que la critique échoue à définir, à critiquer, à interpréter et à mettre au clair une œuvre poétique mais en prenant du recul, comme avec les œuvres des femmes poètes tant décriées « poétesses », tant adulées, tant délaissées par méconnaissance, voire par un refus obstiné d'inventer de nouvelles manières et approches méthodologiques pour analyser les textes.

En somme, j'ai compris que nous avons besoin d'inventer de nouveaux modèles pour interpréter ce genre d'objets d'étude qui cause la désolation des spécialistes et les mettent dans l'embarras.

 

Comme Gilles Deleuze a défini « la littérature mineure », j'ai tenté de définir « la poésie mineure » en détaillant ses caractéristiques dans le numéro spécial zéro de la revue Le Pan poétique des muses (paru aux éditions Pan des muses, 2015) : la poésie mineure est celle de l'écart, de la différence. Elle est compatible avec la poésie dominante (majeure) (par exemple : Rimbaud est un poète majeur dans l'histoire de la poésie française mais sa poésie diffère de la poésie dominante de son siècle et de celles des XXe et XXIe siècles.). Autrement dit, la poésie mineure ne concerne pas seulement les femmes et le genre mais aussi tout poète inclassable.

 

Par ailleurs, je pense que les spécialistes ont réellement besoin d'un modèle empirique issu de l'expérience esthétique subjective et subjectivante pour aborder la poésie mineure. J'appelle ce modèle la « Madeleine de Proust » qui permet de saisir, par le biais d'une réelle expérience esthétique, le propre d'une œuvre sinon l'écart qu'elle produit par l'intermédiaire des impressions et son travail de producteur de subjectivités ainsi que son rôle dans le processus de la production des sujets individualisés par leur singularité esthétique. Par ailleurs, le travail de l'universitaire Elaine Showalter américaine (malheureusement, elle n'est pas assez traduite en français) sur les femmes et le féminisme consolide mon propos.

 

Je reviens donc au poète Pierre Le Pillouër qui représente sûrement l'infatigable acteur du renouveau éditorial de la poésie française au XXIe siècle surtout par son implication dans la renaissance éditoriale et esthétique sur Internet de la poésie française et francophone avec Sitaudis et à travers ses écrits, mais ce poète me paraît également être classable sous la bannière de la poésie mineure puisque l'on ne accède à son œuvre qu'à travers une vraie expérience esthétique subjectivante telle celle du modèle de la « Madeleine de Proust » que la « pensée n° 862 » de Montesquieu résume fort bien :

 

Souvent un goût particulier est une preuve d'un goût général : les Muses sont sœurs, se touchent l'une et l'autre, et vivent en compagnie.* (cf. Ibid., « Pensée n° 862 ». )


 

* Le terme « goût » au XVIIIe siècle renvoie à l’« esthétique » qui apparaît dans la deuxième moitié du siècle des Lumières)

 

Voir aussi : Sitaudis (http://www.sitaudis.fr/)

 

Pour citer ce texte

Dina Sahyouni, « Pierre Le Pillouër ou l’infatigable acteur du renouveau de la poésie française », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 11 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/pierre-le-pillouer.html

 

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