28 juillet 2021 3 28 /07 /juillet /2021 09:20

 

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Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Articles & témoignages  & N° 10 |  Célébrations | Poésie érotique

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Certaines l'aiment chaud

 

 

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Barbara Polla*

Site où elle publie régulièrement :

https://sarasvati.fr/

ou

https //womentoday.fr/

Blog officiel : 

https://barbarapolla.wordpress.com/

Site officiel de la Galerie :

https://analixforever.com

 

Texte reproduit avec l'amiable autorisation

de l'auteure et du site WOMEN Today

 

 

 

 

Les  femmes investissent aujourd’hui les champs politiques, économiques, artistiques, sportifs, aéronautiques, informatiques, techniques – en plus de tous les champs qui sont les leurs depuis des siècles, le soin, la petite enfance, l’éducation, la poésie… Est-il vraiment important qu’elles investissent aussi le champ érotique ? N’ont-elles pas assez à faire avec tous ces autres champs à s’approprier progressivement ?

 

 

Investir le champ érotique serait une préoccupation secondaire ? Je ne suis pas de cet avis : il me semble au contraire que de devenir les héraults et les chantres de notre propre érotisme pourrait bien représenter une manière encore inexplorée de détourner voire de briser le stéréotype résilient qui veut que les hommes soient des prédateurs sexuels et les femmes des victimes sexuelles. Non pas que les femmes deviendraient alors des prédatrices sexuelles, non, nous ne visons pas une telle inversion des rôles. Mais l’expression et le partage publics, et non plus seulement intimes, de nos désirs et de nos plaisirs érotiques – que cette expression soit esthétique, poétique, politique – nous sortirait, nous femmes, de la position traditionnelle d’objets du désirs, pour nous faire entrer de plain pied dans un terrain d’échange et de jeu où nous serions alors partenaires à part entière.

 

Il reste malheureusement indéniable que les femmes subissent encore et toujours des abus sexuels de tous genres, en particulier dans le cadre familial. Une partie de cette réalité doit être corrigée par des changements profonds de l’éducation des garçons. Mais une jeune fille qui s’approprie de champ de l’éros, de l’érotisme voire de la pornographie – d’une pornographie à créer, qui serait sienne et non pas empruntée à celle exisatnte – sortirait de ce fait même du champ prédésigné de la victime sexuelle. Je conçois donc l’appropriation du champ de l’éros, de l’érotisme et de la pornographie comme une voie encore largement inexplorée de l’indispensable protection – de l’auto-protection en l’occurrence – contre les agressions et les abus sexuels.

 

 

Une femme qui exprime son désir, ses désirs, quels qu’ils soient, est une femme proactive dans le domaine de la sexualité. Une telle attitude va à l’encontre de l’attitude de réserve qu’aujourd’hui encore on enseigne – de façon explicite ou implicite – aux jeunes filles. Le classique « Fais attention » qui leur est encore et toujours adressé pourrait être remplacé par « Exprime-toi ». Le fait d’être invitée à exprimer ses désirs plutôt que de les dissimuler détournerait les filles et les femmes de la sempiternelle question de savoir si elles vont plaire, au profit de définir ce qui va leur plaire – et donc aussi ce qui pourrait leur déplaire. Et voici que les garçons, les hommes, par effet de miroir, se mettraient peut-être à se demander comment ils pourraient répondre aux désirs ou à l’absence de désir de leurs partenaires, plutôt que d’être essentiellement préoccupés par leur « performance » et la satisfaction narcissique de leurs « pulsions ». Il n’est pas impossible qu’une telle attitude, nouvelle, des femmes, effrairait transitoirement les hommes – grand bien leur fasse si c’est le cas. À terme, il en découlerait indubitablement des échanges plus équilibrés, plus riches, plus profonds, plus sensuels. Adieu la mascarade du plaisir que l’on simule, place au vrai plaisir !

 

Joignant l’action à la parole, j’ai récemment publié un poème intitulé Ma vulve dans la revue « Le Pan poétique des Muses ». Ce site de poésie féministe ouvert à tou.t.e.s a en effet proposé une série « Dyonisiaque : À nos Ivresses et aux Bacchantes ». Le peu de retours des poétesses très actives pourtant sur le « Pan poétique des Muses » souligne la réticence persistante – malgré des avancées formidables, à cet égard, chez certaines jeunes femmes – que nous avons à parler de nos désirs.

 

Dans mon livre Le Nouveau Féminisme, combats et rêves de l’ère post-Weinstein (Odile Jacob, 2019), je rappelais déjà cette belle légende du Rwanda : il y a très longtemps, une reine s’y languissait de son époux retenu loin d’elle par la guerre. La reine assume son désir et ordonne à un esclave de la rejoindre dans sa chambre. L’homme, tétanisé à l’idée du sort qui l’attend si le roi venait à découvrir l’affaire à son retour et tremblant de tout son corps, ne parvient pas à pénétrer la souveraine. Mais son sexe, en frottant contre les lèvres et le clitoris de la reine, provoque un jaillissement de plaisir… On raconte même, au Rwanda, que la reine aurait éjaculé le lac Kivu !

 

Au début était le verbe, paraît-il. Au début de l’harmonie sexuelle, il y a aussi le fait de dire ce qui est désiré, agréable, nécessaire à notre épanouissement, et ce qui ne l’est pas. Sans prescription d’aucune sorte : ce qui est désiré par chacune d’entre nous, oui, mais individuellement, et non collectivement. Il n’y a aucune norme en la matière.

 

 

 

* "Barbara Polla est médecin, galeriste et écrivain. Elle a quatre filles. Elle aime les femmes, les hommes et les autres, l’art et la poésie et la vie. En politique, en art, pour les femmes, elle s’engage pour la liberté." Via ©Women Today.

 

 

En lien direct avec ce texte :

 

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Pour citer cet article féministe

 

Barbara Polla, « Certaines l'aiment chaud », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16 & N° 10| Automne 2021 « Célébrations », mis en ligne le 28​​​​​​ juillet  2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/bp-certaineslaimentchaud

 

 

 

 

 

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15 juillet 2021 4 15 /07 /juillet /2021 17:15

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Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques/Biopoépolitique & N° 10 | Célébrations | Revue Biopoépolitique | Poésie érotique

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Ma vulve

 

 

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Barbara Polla

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https://barbarapolla.wordpress.com/

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https://analixforever.com

 

 

 

 

Crédit photo : « Dame aux coquillages », peinture libre de droits, capture d’image du site Commons. 

 

 

 

Ma vulve est tous les fruits

les fruits de mon labeur

un fruit de la passion

mangue et citron vert

et vigne toujours vierge

ma vulve fruit de mer

sanguine


 

Ma vulve est toutes les fleurs

mes pensées mes capucines

fleurs de pommiers fleurs carnivores

le parfum des lauriers roses

et celui des lauriers blancs


 

Ma vulve est la tendresse

la violence de la vie

ma vulve est amour

je jouis en accouchant

ma vulve est mon extase


 

Ma vulve est la joie

Elle fait rire les déesses

Elle fait rire Déméter

Et la console

de la perte de Perséphone

Ma vulve est un sourire


 

Ma vulve est le temps

le temps de jouir

le temps de la vie

de mon envie de vie

Ma vulve est mon amie

fidèle compagnonne

chaque jour elle me rappelle

tu peux jouir tu sais

Elle s’endort avec moi

mes mains entre mes cuisses

– une dernière caresse

se réveille à la rosée

Ma vulve est mon témoin – testis de mes désirs

et elle chante pour toi

les chants des marins grecs

 

 

Crédit photo : "L'Origine du Monde" de Gustave Courbet, Musée Orsay, image de Commons. 

 

 

 

Pose ton oreille là, mon amant

et écoute ma vulve

tu entendras le vent

le ressac et l’océan

la musique vient de là

les bateaux et les voiles et le chant des baleines

le chant des sirènes

le soleil en éruption


 

Il y a très longtemps au Rwanda

sur Flash FM une légende raconte

que la fontaine d’une reine

créa le lac Kivu

Le kunyaza fit jaillir l’eau

Une eau sacrée dit la légende

sur Radio Rwanda, Zirara Zubakwa

ma vulve est une fontaine

fontaine de jouvence


 

Ma vulve est politique

je suis femme sous mes jupons

comme des milliards d’autres femmes

des vulves au Parlement


 

Ma vulve est à moi

et à qui seule je veux

je suis le corps humain

le corps social le corps mortel

je suis mon corps

mon corps au Parlement

ma vulve est mon corps


 

Ma vulve est androgyne

Geisha aux lèvres blanches

ma vulve sait tout faire

rétention éjection ouverture ou refus

ma vulve est privilège


 

Dessine moi une vulve…


 

Ma vulve est ma planète

ma vulve est ma princesse

une Sainte Exubérante

Astéroïde B-07-03


 

 

 

Il y a très longtemps au Rwanda, une reine se languissait de son époux retenu loin d’elle par la guerre. Éperdue de désir, elle ordonne à un esclave de la rejoindre dans sa chambre. L’homme s’exécute, mais il est tétanisé à l’idée du sort qui l’attend, si le roi venait à découvrir l’affaire à son retour. Tremblant de tout son corps, il ne parvient pas à pénétrer la souveraine. Mais son sexe, en frottant contre les lèvres et le clitoris de la reine, provoque un jaillissement de plaisir. On raconte même, au Rwanda, que la reine aurait éjaculé le lac Kivu...

C’est sur cette légende que repose la pratique du kunyaza, un acte sexuel voulant que l’homme caresse le sexe de la femme à l’aide de son pénis pour « faire jaillir l’eau », et qui s’enseigne comme l’un des piliers du mariage. Car « Le kunyaza, [dit-on], unit les familles et chasse le désordre dans les foyers. » Le réalisateur belge Olivier Jourdain, lui, a décidé de tirer de cette légende vivante un documentaire, intitulé L’eau sacrée 1 : « L’eau, c’est la vie, dit-il, c’est ce qui fait pousser les plantes. Le fait d’être fertile parce que la femme est capable “d’avoir de l’eau” renvoie aussi à la toponymie du Rwanda, à sa végétation luxuriante. La pratique est sans doute liée à la géographie du lieu...» 2.

 

 

 

Notes

1. Cf. URL : https://vimeo.com/ondemand/sacredwater

2. Voir URL : http://www.slate.fr/story/157474/rwanda-ejaculation-feminine-kunyaza-tradition-ancestrale

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème dionysiaque  & féministe

 

Barbara Polla, « Ma vulve », poétexte dionysiaque, érotique biopoépolitique & féministe inédit, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16 & N° 10| Automne 2021 « Célébrations », mis en ligne le 15 juillet 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/bp-mavulve

 

 

 

 

 

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12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 15:29

 

N° 10 |  Célébrations | Dossier mineur | Florilège

 

 

 

 

 

Trois poèmes de Leo Zelada

 

 

 

 

 

Leo Zelada

Poète espagnol

Extraits traduits avec l'aimable

autorisation de l'auteur & de sa maison d'édition

 

Poèmes traduits de l’espagnol

 

& précédés d'une biographie du poète par

 

Maggy de Coster

​​​​Site personnel

Le Manoir Des Poètes

 

 

 

© ​Crédit photo : Leo Zelada , image fournie par la traductrice. 

 

 

 

Biographie de Leo ZELADA

 

Leo Zelada, pseudonyme littéraire de Braulio Ruben Tupaj Amaru Grajeda Fuentes, est né à Lima, Pérou, en 1970. Poète et écrivain, il a étudié la philosophie à l’Université Nationale Mayor de San Marcos à Lima. Il a publié les recueils de poésies suivants : Delirium Tremens (1991), Journal d’un cyberpunk (2001), Opúsculo de Nosferatu a punto de amanecer (2005), La senda del dragón (2008), Minimal poética (Vaso Roto Ediciones, 2010) ; le roman American Death of Life (2005) et traduit avec son père Brailio Grajeda Challco l’anthologie poétique de l’empire Inca (2007). En 2016, la maison d’édition espagnole Vaso Roto publie Transpoética, son dernier ouvrage de poésies. Après avoir voyagé à travers les États-Unis, l’Amérique du sud et l’Europe, il vit depuis dix ans en Espagne.

En mai 2013, un court-métrage documentaire intitulé « Leo Zelada, Poète underground » est réalisé par la production audiovisuelle espagnole Amagifilms.

Son œuvre a été traduite en anglais, en français et en portugais. Il collabore régulièrement à la rubrique culturelle du journal Madridpress. Son blog Diario de dragón a reçu plus de 260.000 visites. En 2015, le Fonds Poétique International lui a décerné à Madrid le Prix Poetas de Otros Mundos. En 2019 il publie à Madrid son roman El Último Nómada aux Editions Harpo Libros. Il le présente à Paris à la Librairie Cien Fuegos et il a également été poète invité spécial au Club Des Poètes et à Paris Lit Up.

En janvier 2021, le documentaire « Leo Zelada : Transpoética », réalisé par le réalisateur Mario Leclerc, est sorti à Madrid. Ce documentaire est sous-titré en français et en anglais. Voir le lien suivant : 

https://www.youtube.com/watch?v=755bKCXAE_c

 

 

© ​Crédits photos : Couverture illustrée du recueil de poèmes de Leo Zelada accompagnée par sa photographie, images fournies par la traductrice. 

 

 

 

Travesía hacía Andrómeda

 

 

...me he despertado en un sueño convertido 

en el escarabajo de Kafka 

leyendo en una cafetería de Ginebra 

Las Ruinas Circulares de Borges...

detrás del ocre un árbol rojo se levanta,

abro los ojos y es otra persona la que habita ahora mi cuerpo...

 

**

 

 

Traversée vers Andromède

 

 

...je me suis réveillé dans un rêve 

transformé en scarabée de Kafka

lisant dans un café genevois

Les Ruines Circulaires de Borges...

derrière l'ocre s'élève un arbre rouge,

j’ouvre les yeux et c'est une autre personne qui habite désormais mon corps...

 

 

 

 

Búho Blanco

 

 

El aliento del ciprés

me da en este instante

refrescante sosiego.

Hace tiempo que no me siento sólo

en la banca de un parque.

Hace demasiado tiempo

que no salgo por la tarde

a impregnarme del destello

de la tarde

en mi cuerpo.

Sí,

me he ido

acostumbrado poco a poco

a ser un animal melancólico

de la noche.

He quedado cubierto del resplandor

materno de la luna.

Has atravesado la noche

quedando puro como un

témpano de hielo.

Ahora posees

la serenidad del blanco búho.

 

**

 

 

La chouette blanche

 

 

Le souffle du cyprès

me procure en cet instant

un calme rafraîchissant.

Il y a longtemps que je ne me suis pas retiré

sur le banc d’un parc.

Il y a trop longtemps

que je ne suis pas sorti à la tombée du jour

pour m’imprégner de la clarté 

du soir.

Oui,

je suis sorti

et me suis accoutumé peu à peu

à être cet oiseau nocturne mélancolique.

J'ai été protégée par la splendeur maternelle

de la lune.

Tu as traversé la nuit

en étant pur comme un iceberg

de la banquise.

Maintenant tu as

la sérénité de la chouette blanche.


 

 

Wiracocha pasea por la tierra de los dioses blancos

 


 

Cada noche un dragón rojo vigila mi sueño y Wiracocha camina por las calles de Madrid. Es verano de julio y el cielo está nublado. 

A miles de kilómetros, cruzando el mar Atlántico, la voz de mis ancestros me llama ¿Qué hizo el inka Garcilaso para curar la agonía de su exilio? 

Mi estirpe está casi extinta. Soy uno de los últimos vestigios de un gran esplendor. Lo he dado todo por la literatura y en mis palabras he tratado de que hablara el lenguaje de mi sangre. Escribo en la lengua de mis colonizadores, pero mi espíritu va más allá de sus palabras. Soy un virus en la gramática de España. ¿Cómo expresar lo que siento en un idioma que no es mío? 

No siento nostalgia. Pero soy extranjero en estas tierras de Castilla. A veces tengo ganas de gritar en su plaza mayor mi rabia contenida. Pero me callo. He escondido mi dolor debajo de mis lentes redondos. Pero a veces no puedo evitar esconder mi mirada desolada en el crepúsculo. 

Tengo la fe de que mis palabras sirvan para algo. 

¡Oh Wiracocha, la misión es dura, ten misericordia de este hijo tuyo!

 

 

**

 

 

Wiracocha se promène au pays des dieux blancs

 


 

Chaque nuit, un dragon rouge veille sur mon rêve et Wiracocha se promène dans les rues de Madrid. C'est l'été en juillet et le ciel est nuageux.

À des milliers de kilomètres de l'autre côté de l'Atlantique, la voix de mes ancêtres m'interpelle : qu'a fait l'Inca Garcilaso pour guérir de l'agonie de son exil ?

Ma lignée est presque éteinte. Je suis l'un des derniers vestiges d'une grande splendeur. J'ai tout donné pour la littérature et dans mes mots j'ai essayé de lui enseigner la langue de mon sang. J'écris dans la langue de mes colonisateurs, mais mon esprit va au-delà de leurs mots. Je suis un virus dans la grammaire espagnole. Comment exprimer ce que je ressens dans une langue qui n'est pas mienne ?

Je n'ai pas le mal du pays. Mais je suis un étranger sur les terres de Castille. Parfois, j'ai envie de crier ma rage contenue sur sa grand’place. Mais je me tais. J'ai caché ma douleur sous mes lunettes rondes. Mais parfois, je ne peux m'empêcher de cacher mon regard désolé dans le crépuscule.

J'ai la foi que mes paroles servent à quelque chose.

Oh Wiracocha, la mission est difficile, aie pitié de ton fils !

 

 

***

 

 

Pour citer ces poèmes bilingues

 

Maggy de Coster (extraits traduits de l'espagnol & précédés de la biographie du poète par), « Trois poèmes de Leo Zelada », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : N° 10| Automne 2021 « Célébrations », mis en ligne le 12 juillet 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/mdc-poemesdeleozelada

 

 

 

 

 

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À venir

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Numéro 10 Muses et féminins en poésie
12 juillet 2021 1 12 /07 /juillet /2021 08:57

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Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Poétextes thématiques  & N° 10 |  Célébrations | Muses au masculin 

 

 

 

 

 

 

Balada oscura para Jim Morrison /

 

Ballade sombre pour Jim Morrison

 

 

 

 

 

Poème de

 

Leo Zelada

Poète espagnol

 

 

Poème traduit de l'espagnol par

 

Maggy de Coster

​​​​Site personnel

Le Manoir Des Poètes

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© ​Crédits photos : Couverture illustrée du recueil de poèmes de Leo Zelada accompagnée par sa photographie, images fournies par la traductrice. 

 

 

 

Balada oscura para Jim Morrison


 

 

Luna roja

y en la radio la precisa melodía

proyecta tus arpegios endiablados

viejo Jim Morrison

arqueas la cintura

la sensualidad de tus labios

y entre filtros de peyote

y vasos de aguardiente

te diriges peligrosamente

hacia el fin

 

– enciendes el cigarro

alzas la copa de vino

y brindas por ti, por Blake

Artaud, tus oscuros fantasmas –

la mirada extraviada

el seco gemido

nadie entiende el descarnado alarido

que parte el cielo en pedazos

la muerte traidora danzando

sobre tu cuerpo

la soledad desnuda

en medio del escenario

el baile indio

el suicidio anunciado

entregando en cada concierto

tu más rotunda agonía

rey de los lagartos. 

 

 

**


 

 

Ballade sombre pour Jim Morrison


 

 

À la lune rouge

et à la radio la précise mélodie 

projette tes arpèges diaboliques

mon vieux Jim Morrison

à la taille cambrée

et aux lèvres sensuelles

entre les filtres de peyotl

et les verres d’eau-de-vie

tu te diriges dangereusement

vers la fin

 

– tu allumes le cigare

tu lèves le verre de vin

 

et tu trinques à ta santé

à celle de Blake

d’Artaud, à tes sombres fantômes –


 

le regard perdu

le gémissement sec

personne ne comprend le cri strident

qui brise le ciel en morceaux

la danse de la mort perfide

sur ton corps

la solitude nue

au milieu de la scène

la danse indienne

le suicide annoncé

te livrant roi des lézards

à chaque concert

à ton agonie la plus retentissante.

 

 

En janvier 2021, le documentaire « Leo Zelada : Transpoética », réalisé par le réalisateur Mario Leclerc, est sorti à Madrid. Ce documentaire est sous-titré en français et en anglais. Voir le lien suivant : 

https://www.youtube.com/watch?v=755bKCXAE_c

 

 

***

 

 

Pour citer ce poème bilingue

 

Leo Zelada (poète), Maggy de Coster (traductrice), « Balada oscura para Jim Morrison / Ballade sombre pour Jim Morrison », extrait traduit avec l'aimable autorisation de l'auteur & sa maison d'édition, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16 & N° 10| Automne 2021 « Célébrations », mis en ligne le 12 juillet 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/no10/lz-jim-morrison

 

 

 

 

 

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À venir

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans La Lettre de la revue LPpdm Numéro 10
29 juin 2021 2 29 /06 /juin /2021 17:03

 

Lettre n°16 | À nos ivresses & aux Bacchantes | Agenda poétique | Appels à contributions

 

 

 

 

 

 

 

Le dixième numéro :

 

 

Célébrations

 

 

 

 

 

Crédit photo : Déesse Gemu, domaine public, Wikimedia.

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, revue poéféministe pionnière en "Études des femmes et genre en poésie" (cf. Dina Sahyouni), fêtera les dix ans de la parution de son numéro zéro en octobre prochain. Pour célébrer cet évènement, on vous propose de participer avec nous au dixième numéro de l'automne 2021.

D'emblée, vous avez "Carte blanche" pour contribuer au dossier majeur de notre dixième numéro qui porte sur les lauréates et lauréats de L'Académie Claudine de Tencin de la SIÉFÉGP depuis sa création :

Etel Adnan, Mika, Éditions Des Femmes-Antoinette Fouque, Sabine Huynh, Florence Trocmé, Angèle Paoli, Conceição Evaristo, Daniel Rodriguez, Izabella Borges, Béatrice Bonhomme, Adrienne Rich, Sarah Mostrel, Camille Aubaude, Françoise Urban-Menninger, Nicole Coppey, Maggy De Coster, Louise Michel, Marceline Desbordes-Valmore, Yolaine Blanchard, Stephen Blanchard, Annpôl Kassis, Nathanaël et Nadine Adra. 

 

La "Carte blanche" s'applique également au dossier mineur "Muses & Poètes. Poésie, Femmes & Genre" et aux rubriques fixes du périodique. 

 

 

Dates à retenir :

 

On accepte vos propositions d'articles du 30 juin au 15 10 septembre, la transmission des contributions complètes se fait du 30 juin au 15 15 octobre compris à l'adresse électronique contactlppdm@pandesmuses.fr avec l'objet "No 10" (ou à contact@pandesmuses.fr). La mise en ligne débutera le 21 août 2021.

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES édite aussi vos articles académiques, des chapitres ou résumés de mémoires universitaires (soutenus ou non) et accepte les formats Word, Rtf, Odt, Jpg, Jpeg et Png (moins de 8 Mo pour les photos ou les textes). Les documents retenus auront une publication d'abord numérique ensuite imprimée (dans la version livresque, on ne peut pas éditer les vidéos et enregistrements audiovisuels de la version numérique).

 

 

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Pour citer cet appel à contributions

 

LE PAN POÉTIQUE DES MUSES, « Le dixième numéro : Célébrations », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°16, mis en ligne le 29 juin 2021. Url :

http://www.pandesmuses.fr/lettreno16/appelpournodix

 

 

 

 

 

Mise en page par Aude Simon

 

Dernière mise à jour : 8 août (modifications des dates butoirs des propositions 30 août & contributions au 30 septembre) 

 

 

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SIÉFÉGP, JUIN 2026

 

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SIÉFÉGP, 18 FÉVRIER 2025

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