28 septembre 2017 4 28 /09 /septembre /2017 10:32

Lettre n°12 | Annonces diverses | Événements en faveur des femmes

 

 

Le colloque sur

 

 

les violences faites aux femmes :

 

 

Comprendre et s'engager

 

 

de la ville de Strasbourg

 

 

 

 

© Crédit photo : image du programme du colloque de Strasbourg, prise par LPpdm, 2017.

 

 

 

La Ville organise chaque année depuis 2010, en partenariat avec les associations locales, un colloque ouvert à toutes et tous.

Inscrit dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes le 25 novembre, ce colloque vise à permettre aux participants-es de rencontrer les associations locales et de s'interroger sur les fondements de tous les types de violences dont les femmes sont victimes (violences physiques, psychologiques, économiques, symboliques...) Cette huitième édition du colloque annuel sur les violences contre les femmes se déroulera au Palais de la Musique et des Congrès, Place de Bordeaux (salle Schweitzer). L'inscription en ligne est ouverte dès le 15 septembre.

Les actes et les vidéos des colloques sont disponibles à la Médiathèque Olympe de Gouges - 3 rue Kuhn (à proximité de la gare).

Pour toute information, demande de document ou demande d'inscription au prochain colloque, merci d'adresser un mail à :

dgs-colloqueviolencesfaitesauxfemmes@strasbourg.eu

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3919 VIOLENCES FEMMES INFO
(Appel gratuit) : du lundi au vendredi de 9h00 à 22h00
Samedi et dimanche : 9h00 à 18h00

Lors de son intervention au colloque "Violences sexuelles contre les femmes : une réalité encore taboue" du 22 novembre 2016, Marie France Casalis a fait référence au guide juridique édité par le Collectif Féministe Contre le Viol.

Numéro de la ligne d'écoute mise en place par le collectif : SOS viols femmes informations 08 00 05 95 95

Programme officiel du colloque :

 

Page de référence du colloque

 

 

Source de l'information : Françoise Urban-Menninger

 

***

Pour citer ce colloque

 

LPpdm, « Le colloque sur les violences faites aux femmes : comprendre et s'engager de la ville de Strasbourg », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°12, mis en ligne le 28 septembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/9/violences-faites-aux-femmes.html

 

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31 août 2017 4 31 /08 /août /2017 11:12

 

Distinctions 2017 | Prix poétiques de la SIÉFÉGP

 

 

 

 

Présentation du recueil

 

 

Femmes du monde entier contre les violences

 

 

(récits-poèmes)

 

 

 

 

Annpôl Kassis

 

 

 

Biographie

 

Linguiste-didacticienne, Annpôl Kassis, a enseigné le FLE puis la didactique des langues à l’Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle, ainsi que Le Renouveau du conte en France depuis le 19ème siècle à New York University in France, ses ports d’attache. À travers des missions et actions sociales auprès du Ministère des Affaires Sociales elle a toujours œuvré pour la redéfinition et le respect des droits de la personne et a lutté pour l’élimination des violences intrafamiliales et en faveur d’une éducation et de soins sans violence…. Un long chemin à travers le monde et des mondes… pas terminé… Depuis 2005, elle est Journaliste, critique littéraire à diverses revues d’arts et littérature, et d’histoire (Le Manoir des Poètes, l’Agora-Sté des poètes français, Inverses… entre autres). Elle est également traductrice historienne bilingue anglais>< français.

 

Œuvres

 

  • Déjà parus

L’UneS-poèmes, éditions le Huchet d’or (2017)

Femmes du monde entier contre la violence (poèmes-actions, Yvelineditions, 2016 (réédition complétée de Femmes du Monde Entier, récits-poèmes, Yvelineditions, 2004 épuisé)

Les disparues de l'Amphitrite, récit historique, éditions de Janus- 2010 Grand Prix de la Mer-ADELF 2011, épuisé, réédité en février 2015 Les inconnues de l’Amphitrite : (auto-publication)

Arthur, roi de l’Union (drame lyrique, Édilivre Juin 2014)

Lumière et Poésie chez Nicolas Dieterlé (essai, éditions du Cygne 2011)

Les Contes en retour (coll.) éditions PUF Blaise Pascal St-Étienne, 2009

Lila et Robinson (conte de voyage, Leprince éditions 1995)

La poésie, éditions Clé international, 1993

 

  • Traductions

 

  • en français

Le foyer de Charles Dickens pour les filles perdues (traduction/adaptation de l’anglais : Jenny Hartley : Dickens and the House of fallen women ; Methuen 2010, Paris Édilivre 2014)

Correspondance Berta von Stuttner- Alfred Nobel (traduction de l’anglais) éd. Turquoise 2015

  • en anglais :

Ghislaine Renard : Que serions- nous sans émotion ? What of us if we were emotionless (Edilivre 2015)

Oscar Hernandez : Vivre en harmonie dans la conscience d’Être : Living in Harmony in the Consciouness of Being (The Book Edition 2016), une bonne traduction d’un fond à revoir…

Diverses traductions anglais/français ou français/anglais pour les éditions Tambao

  • Et aussi :

Collaboratrice-rédactrice à diverses revues et publications d’associations humanitaires dont : 2010- 2012 : l’Association Primo Levi ;

2012-1014 : La Fondation Scelles (rédactrice-traductrice français>< anglais de Rapport Mondial sur l’exploitation sexuelle, 2013 et 2014)

Présidente fondatrice de l'association "La Pierre et l'Oiseau, les amis de Nicolas Dieterlé"

Présidente de l’association CompoS Sui : Compagnie de Théâtre et actions sociales : Création du spectacle « Voies de FaitS, Voix de Femmes », d’après le recueil paru en 2016, contre les violences faites aux femmes.

Chargée de Publications de La société des Amis de Dickens France/l’International Dickens’s fellowship-London/ Boulogne sur mer.

Contact : https://annpolkassis.worldpress.com

 

 

 

 

Femmes du monde entier contre les violences (récits-poèmes)

 

 

 

 

 

 

© Crédit photo : Le visuel du spectacle qui a été tiré de cette œuvre par la compagnie Compos Sui pour la journée du 8 mars 2017 et pour le Festival Populaire de la Poésie Nue mai 2017,

image fournie par Annpôl Kassis

 

 

 

Ces poèmes n’ont d’autre objet que de marquer l’engagement de l’auteure tout au long de sa vie vis-à-vis des femmes, de toutes les femmes sans aucune différence, car toutes les femmes portent sur leurs épaules le fardeau des erreurs humaines et bien trop de douleurs injustes et injustifiées.

Je n’ai rien inventé, j’ai observé, entendu et même si parfois je ne comprenais pas, j’ai toujours réagi et agi contre les violences faites aux femmes et aux enfants. Vivre c’est accepter sans se résigner ; c’est contribuer sans bousculer ni heurter et je continuerai à soulager modestement mais avec tout mon être celles, fourvoyées sur le sentier sans issue des orages, qui ont oublié les beautés de l’arc-en-ciel. Ainsi donc tous mes poèmes-actions dénoncent des faits réels, relevés au hasard de ces « brèves » quotidiennes de pages des journaux – reflets des sociétés.

Simples ou passionnés, ils suivent le long chemin de mes engagements fondamentaux : refuser les violences et les mensonges dits « historiques, religieux, traditionnels », qui veulent embellir sous quelque masque les conquêtes meurtrières, les agissements dominateurs et destructeurs de ceux qui en niant la moitié de l’humanité et dégradent l’humanité toute entière. Les violences sont inacceptables en général et mille fois plus envers les femmes, parce que femmes, et autant envers les enfants, et surtout envers les personnes les plus vulnérables, souvent porteuses de handicap ou simplement âgées ou encore trop jeunes pour… Pour vivre ? Pour s’épanouir en toute liberté. L’action de mes poèmes dans une solidarité huma-féministe de crier et agir notre refus tête haute: Non, c’est Non, c’est Tout. Pour toutes

 

 

voir aussi : Maggy de Coster, « Annpôl Kassis, L’UneS, Le Huchet d’Or, 2017, 58 p., format 21 x 14,8 cm, 9 € »)

 

 

Ce recueil a été récompensé par

Le Premier Prix international de poésie 2017

de l'Académie Claudine de Tencin

 

***

 

Pour citer ce texte


Annpôl Kassis, « Présentation du recueil Femmes du monde entier contre les violences (récits-poèmes) », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Distinctions 2017 « Prix poétiques de la SIÉFÉGP », mis en ligne le 31 août 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2017/8/distinctions-kassis.html

 

 

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16 décembre 2016 5 16 /12 /décembre /2016 09:38

 

Compte rendu

 

Parution imprimée dans le hors-série 2016

 

 

« Violences sexuelles contre les femmes :

 

une réalité encore taboue »

 

Le colloque du 22 novembre 2016 à Strasbourg

 

 

Françoise Urban-Menninger

Membre de la revue LPpdm et de la SIEFEGP

Responsable de la rubrique Lettres & Arts

Blog officiel : L'heure du poème

Photographies par Claude Menninger

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

À l’heure de la remise en question du droit à l’IVG et de l’interdiction faite aux femmes d’entrer dans des cafés « réservés aux hommes », la septième édition du colloque strasbourgeois organisé par l’Eurométropole et dédié aux « Violences sexuelles contre les femmes : une réalité encore taboue » trouve plus que jamais sa justification s’il en fallait encore une !


 

Roland Riess, le maire de Strasbourg qui a ouvert ce colloque l’a bien compris en faisant référence à la proposition de loi turque visant à dépénaliser le viol ! Heureusement, on apprenait dans la même journée le rejet de cette loi grâce aux manifestations massives en Turquie contre ce projet inique.


 

L’écrivaine Isabelle Alonso, militante engagée, n’a cessé au cours de son intervention de marteler une vérité première : « Nous vivons dans une société patriarcale » et ceci depuis la nuit des temps...Tout est dit !

Cette réalité planétaire se perpétue dans le non-dit, sans qu’on la nomme, « Elle crève les yeux à en devenir invisible », a-t-elle affirmé.

Ainsi « Les Droits de l’Homme » énoncés en 1789 ne comprennent pas « Les Droits des Femmes », le mot « Fraternité » en témoigne. Quant au « suffrage universel », il ne vise que les hommes, soit 50 % de la population jusqu’en 1944, date à laquelle les femmes obtiennent enfin le droit de vote !

Le vocabulaire n’est pas neutre, il est travaillé par l’inconscient collectif patriarcal...Un homme parlera de « sa femme » à l’instar d’un bien tel « sa voiture », « son chien »… Les violences commises à l’encontre des femmes sont minorées et citées dans les faits divers ! L’expression « se faire violer » est une manière subtile de rendre active celle qui a été agressée sexuellement !

 

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

Marie-France Casalis, porte-parole de l’association « Collectif féministe contre le viol », a poursuivi sur ce thème évoquant le nombre effarant de viols enregistré (quand une plainte est déposée), à savoir 124000/an.

Là aussi, le vocabulaire est révélateur ! « Une femme avoue avoir été violée » ou « avoir été abusée sexuellement », autant de termes qui visent à créer l’impunité pour les violeurs.

Pour Marie-France Casalis, il est vital de « libérer la parole » c’est la seule possibilité pour les femmes qui ont été violées de pouvoir se reconstruire.


 

Claudine Legardinier, journaliste et auteure, spécialiste des questions de prostitution, a réaffirmé que celle-ci n’est autre que « l’emblème du patriarcat et du capitalisme ». Le silence assourdissant qui entoure la prostitution illustre cette violence dont « l’inceste est le terreau de prédilection ». Claudine Legardinier informa en outre son auditoire de l’ouverture de « cafés pipes » en Suisse où la pornographie prospère, fit un point sur « l’accompagnement sexuel des handicapés » qu’elle considère comme une autre forme de prostitution. Pour conclure, elle dénonça encore une fois le silence des autorités quant à la prostitution, cette « violence ordinaire » qui n’est autre que « le lieu de la réaffirmation de l’identité masculine ».


 

Anna Matteoli, juriste au Centre d’Information sur les Droits des Femmes, a abordé le problème de la difficile frontière juridique entre « le devoir conjugal » et « le viol conjugal ». Là encore, la société patriarcale, le code civil napoléonien ou le droit canonique ont formaté les esprits et les lois. Ne parle-t-on pas de « communauté de lit », de ce que « la femme est donnée à l’homme » ?

Balzac lui-même préconisait « de ne pas aborder le mariage par un viol » !

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

La psychanalyste Catherine Gillet, elle aussi, a relevé l’importance du langage et du poids des mots dans l’appréhension et la compréhension des souffrances d’une femme violée. Elle n’utilise en aucun cas le terme de « victime » qui est une « étiquette limitative » mais celui de « personne » pour désigner la femme violée ou violentée. Seul le sujet détient la clé de sa « reconstruction », « une fable collective ne peut en aucun cas remplacer la vérité personnelle du sujet », a déclaré Catherine Gillet.


 

Myriam Cayemittes, psychiatre et présidente de l’Association Parole sans Frontière, a développé l’horrible thématique du viol utilisé comme outil de guerre en évoquant les 150000 femmes violées au Rwanda et ses conséquences, à savoir les grossesses non désirées, la mise au ban de la société, la perte d’identité de la femme en déshérence… Et d’élargir la liste des crimes de guerre à l’encontre des femmes tels la stérilisation forcée, les femmes enlevées et considérées comme des « butins de guerre », l’esclavage sexuel etc.


 

Une interview d’Yvette Roudy enregistrée le 13 septembre 2016 a clos cette journée exceptionnelle, voire essentielle tant les acquis des droits des femmes sont aujourd’hui menacés. L’ancienne Ministre aux Droits des femmes a rappelé que « Le degré de démocratie d’un pays se mesure à l’aune des droits des femmes ».

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger
© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

© Photographies du colloque prises par Claude Menninger

 

Ce colloque a été richement illustré par Valérie Leroy, Éloïse Rey, Amina Bouajila. L’ensemble Voy’elles et la chorale Olympe, ont éclairé cette journée en interprétant avec humour, sous le signe de la « sororité », « Cell-Block Tango » et entonné avec une ferveur contagieuse « L’hymne des Femmes » qui a réchauffé les cœurs de tous les participants qui ont joint leurs voix à l’unisson pour reprendre le refrain :


 

« Reconnaissons-nous, les femmes

Parlons-nous, regardons-nous,

Ensemble, on nous opprime, les femmes

Ensemble, Révoltons-nous ! »

 

***

Pour citer ce compte rendu

Françoise Urban-Menninger, « "Violences sexuelles contre les femmes : une réalité encore taboue". Le colloque du 22 novembre 2016 à Strasbourg », photographies du colloque par Claude Menninger, Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Lettre n°9 (publication partielle de nos derniers numéros imprimés de 2016) [En ligne], mis en ligne le 16 décembre 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/colloque.html

 

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13 avril 2016 3 13 /04 /avril /2016 09:22

 

Texte pour le numéro de la 1ère thématique.

 

Critique & réception

 

Ferite a morte – Blessées à mort*:

 

quand la littérature guide les convictions profondes

 

ou comment réconcilier les féministes favorables à la question

 

de la violence faite aux femmes

 

et celles qui s’engagent dans le combat Queer, gay et lesbien

 

 

Laure Delaunay 

 

Site officiel : https://lauredelaunay.com/

 

 

Il m’est difficile d’écrire sur ce livre tant il me bouleverse. Courageusement j’essaye. Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand faudra-t-il que des femmes meurent pour que les hommes comprennent qu’une femme n’est pas un trou denté et dangereux mais un réceptacle doux qui transforme toutes les douleurs en merveilles ? Jusqu’à quand ?

Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand la défiance entre les sexes mènera à des catastrophes intimes (c’est aussi le sens des blessures dont il est questions : coups, plaies mais aussi blessures symboliques) que les femmes enfouissent en elles et qui, là, dans leur corps, s’enkystent comme des maladies dévastatrices ?

Jusqu’à quand le rôle de dirigeante de société, le rôle d’intellectuelle, le rôle de prêtresse sera considéré comme illégitime parfois même illégal et sera alors vécu par les femmes sous le régime de l’imposture ?

Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand parlerons-nous de professeur ou d’auteur pour une femme ? Jusqu’à quand auront nous peur de ce petit « e » qui change tout, comme si les lettres étaient dangereuses ? Non les lettres ne sont pas dangereuses et le « e » d’ « auteure » qui dans notre revue revêt fièrement la majuscule est une nécessité linguistique, sociale, humaine.

 

À quand une femme papesse ?

À quand une femme Secrétaire Général de l’ONU ?

À quand une prophétesse ?

 

N’ayons pas peur de ce qui nous apparaît comme des folies…

Combien de temps encore aurons-nous à souffrir la violence des intégristes qui nous proposent des images de cadavres monstrueuses en lieu et place des amas de cellules dont nous avons avorté pour avoir droit à un destin choisi ?

Combien de temps encore entendrons-nous parler de mode « pudique » comme si la beauté ne pouvait pas, parfois, avoir la béance d’une indécence calculée, expression d’un désespoir : si nous ne montrons pas nos jambes, si nous ne grimons pas notre visage, si nous n’adoptons pas des pauses gracieuses, nous sommes considérées comme des sous-femmes. Combien de temps encore le désir des hommes sera un désir de possession physique et non pas le désir délicat de nous rendre heureuses et épanouies, physiquement, oui, spirituellement, affectivement mais au-delà des carcans où l’on nous enferme ?

Jusqu’à quand l’homosexualité féminine sera plus scandaleuse que l’homosexualité masculine : qui est gêné ? Toutes les femmes, j’en suis bien convaincue, toutes les femmes un peu sensibles, vivant des amitiés fortes avec d’autres femmes, se sont un jour posées cette question. Est-ce l’existence d’un membre atrophié qui fait peur ? Nos libertés sexuelles doivent être totales ! Celles des hommes, de fait, le sont, bien qu’encore on assiste à des procès qui approuvent l’idée que « PD » n’est pas une insulte, comme si, là encore, c’était la féminité, celle d’un homme, qui faisait peur.

Jusqu’à quand ?

Le désespoir et la rage sont profonds, difficilement consolables. Dans ce livre, pourtant, j’ai trouvé de la consolation. Parce que c’est une femme qui porte la voix des autres femmes. Parce que c’est une femme qui traduit. Mais pas seule. Accompagnée de ces étudiants autant que de ses étudiantes. Parce que la représentation de ce spectacle théâtral aura lieu en Sorbonne (l’Académie française m’a pas encore ajouté de « e » mais la Sorbonne, déjà, se pose les bonnes, les très bonnes questions), dans la mise en scène d’un homme et avec la collaboration d’un autre homme musicien. Et que donc, oui, dans les plus hautes sphères intellectuelles de notre pays, il y a désormais de l’inacceptable. Voilà une très bonne nouvelle.

 

Mon émotion s’apaise. Écrire est magique. Et sans rage, sans excès, je suis désormais capable de recommander très chaleureusement à toutes les lectrices mais aussi à tous les lecteurs de Lppdm, la fréquentation de ce texte plein de profondeur, vous l’aurez compris mais aussi d’un humour ravageur et salvateur (on passe un délicieux moment à la lecture, on en sort revigoré, armé). La présentation qu’en fait la traductrice, Lucie Comparini, est exemplaire. Elle explique les origines d’un mot qui existe maintenant en italien de manière courante : le « feminicidio », le « féminicide » autour duquel s’articule une pensée complexe sur les violences faites aux femmes. Pour moi, ce mot a désormais un sens très large : est « féminicide » tout ce qui agresse la féminité, y compris celle des transsexuels.

Il faudra bien un jour que l’on comprenne qu’être femme est un privilège aussi rare que celui, comme disait Hémingway, d’avoir un cœur d’enfant. À savoir que la sacralisation légitime du corps des enfants doit aussi s’appliquer, maintenant, parce qu’il faut en passer par là, au féminin entendu comme concept très général : n’ayons plus peur des calices. Déposons-y des fleurs.

Vous avez compris que ce texte et la souffrance qui s’en dégage sont aussi une manière pour moi de réparer la violence reçue d’un homme, violence symbolique, purement symbolique mais insupportable, mais terrible, un homme, intellectuel de renom et poète. Ce texte est une victoire. Une vraie victoire.

Voici les termes de la victoire intellectuelle qu’il raconte. « Oui, bien sûr, le sexe est une réalité psychique. Vous avez raison. Oui, bien sûr, comme disait Aragon, « le vers n’est jamais si bleu qu’à sa brisure ». Vous avez raison. Mais vous m’avez brisée. Brisée. Même pas seulement blessée, brisée. Comme je suis de bonne composition, je vais de l’avant. Je me bats, comme d’habitude. Alors sachez qu’en m’agressant, c’est le féminin en vous que vous agressé. Que c’est vous-même qui ne vous êtes pas respecté. J’en retire des convictions. Violence faite aux femmes ? Gender studies ? Les deux mon capitaine. Peut-être n’offrirai-je pas des petites voitures à fille ou des poupées à mon fils mais il ou elle sera éduqué(e) dans le respect de la complexité de son âme. ». Voilà pour la vengeance, si tant que c’est de vengeance qu’il s’agisse. J’ai été, moi, éduquée dans l’idée du respect de l’autre.

 

Venons-en à ces fameuses convictions que je retire de mon expérience. Les féministes doivent se réconcilier. Judith Butler fait peur ? Sûrement. Mais elle est loin d’avoir complètement tort. Son combat, notamment en faveur de la transsexualité est admirable. La violence faite aux femmes, c’est en réalité la violence faite au féminin, en tant que réalité psychique. Avant d’être physique, elle est toujours, toujours symbolique. Parfois elle est les deux, comme un télescopage. Mais pour avoir vécu la violence symbolique, je sais qu’elle est aussi grave que la violence physique. Pensons à Delphine Horvilleur. Se battre pour qu’une femme, un jour, puisse être en charge de l’âme est une merveille. Et nier aux femmes des compétences en ce domaine est insupportable. Vous nous demandez d’être mères et nous refusez le droit de nous occuper de vous…

Quelle cohérence, amis de la pensée ? La violence faite aux femmes est un thème cher à celles que l’hystérie énerve ? Elles ont raison. Amies femmes, amies féministes, non ne soyons pas hystériques ou misandre. Nous méritons bien mieux que cela. Telle est l’idée qui se cache derrière ce thème récurrent du féminisme actuellement. Et elles ont raison aussi, les femmes qui ne demande qu’une chose : qu’on les laisse faire la vaisselle sans les agresser. Les combats du féminisme sont bien plus profonds que les questions d’organisation du couple. L’égalité salariale par contre, voilà un vrai combat. Un combat important. Le travail des femmes étant tout aussi important et utile que le travail des hommes, il mérite le même salaire. Évidemment aussi, il faut que les hommes puissent avoir de vrais congés partenité. Pour profiter autant que les femmes de leur enfant. Pour participer autant que leur compagne à son éducation qui dans les premiers temps (celui où l’on fait connaissance) est bien important. Être père, ce n’est pas déléguer à une femme le soin de l’éducation. C’est prendre sa part, pleinement sa part. Après, on peut bien sûr parler de la nécessité biologique pour les femmes de se reposer plus qu’un homme d’une grossesse et d’un accouchement. Le travail des femmes ? Simone de Beauvoir a à moitié raison. Le travail libère les femmes en ce qu’il leur permet d’accéder à l’égalité de traitement (le mot traitement est violent, à l’égalité, tout court). Mais le travail, parfois, non ne libère pas. Et certaines femmes faisant cette douloureuse expérience, parce que peut-être, un jour, il y a bien longtemps, elles ont transigé sur leur désir, ont le droit de rester chez elles s’occuper de la maison et du petit. Ce droit doit aussi être accordé aux hommes. Homme au foyer, forgeons l’expression, oui.

 

Voilà pour quelques convictions. D’autres pourraient apparaître. Ce sont celles qui me viennent. La conviction fondamentale qui guide les autres et que je continuerai à faire fleurir à l’occasion, c’est donc, je le répéterai, je le martèlerai, que la violence faite aux femmes est en réalité, profondément, une violence faite au féminin, à la fonction anthropologique du féminin, fonction anthropologique qui oui dérive d’une réalité de différenciation sexuelle mais qui oui, aussi, la dépasse.

 

 

* Ce livre est publié dans une version bilingue aux Presses Universitaires du Midi. L’auteure en est Serena Dandini, la traduction élégante, efficace, concise émane du groupe d’étudiant(e)s de l’UFR d’italien de l’Université Paris-Sorbonne, dirigé par Lucie Comparini. Une mise en scène de ce texte sera proposée à un public que l’on espère nombreux courant mai (plus d’information sur la page Facebook de l’Association Sorbonidea). Il a aussi été mis en scène par un groupe de théâtre universitaire à Toulouse. On ne saurait, vraiment, trop recommander aux parisiens comme aux provinciaux de se déplacer. Le texte est construit autour de plusieurs monologues qui offre une voix à des femmes victimes de féminicide, qui, des limbes, racontent, sans la moindre complaisance et avec humour et énergie, leur histoire.

 

 

 

***

Description du livre par la maison d'édition :

Ferite a morte / Blessées à mort par Serena DANDINI, Traduction collective des étudiants de l’UFR d’études italiennes de l’université Paris-Sorbonne sous la direction de Lucie COMPARINI

Date de parution : 2016

Éditions : Les Presses universitaires du Midi (PUM) "sont un service commun de l’université Toulouse - Jean Jaurès (UT2J)".

Réf. : NOUI 12

Code SODIS : F408310

Format : 198 p.

Nombre de pages : 15 x 21 cm 198 p.

N° ISBN : 978-2-8107-0430-9

PRIX : 13.00 €

Présentation de l'éditeur :

« On avait le monstre chez nous et on ne le savait pas… » Dans un lieu indéterminé et dans un temps suspendu, sont réunies toutes les femmes décédées par « féminicide » : riches et pauvres, cultivées ou analphabètes, rebelles ou soumises. Enfin délivrées de leur condition de victimes silencieuses, elles nous racontent, chacune par un monologue qui lui est propre, leurs histoires venues des quatre coins du monde : Italie, Mexique, Afrique, Inde, France, Japon…

Nous devenons ainsi témoins des drames provoqués par une société encore machiste, des traditions cruelles, des mentalités arriérées, mais aussi par les stéréotypes et les conditionnements intérieurs. Les cas particuliers s’unissent et s’universalisent en une anthologie militante, lisible telle quelle ou théâtralisable, paradoxalement empreinte d’humour et d’ironie. Blessées à mort incite sans apitoiement le lecteur spectateur à réfléchir à la véritable condition de la femme – et de l’homme face à la femme – dans l’espoir d’agir sur le monde du XXIe siècle.

Auteure

Serena Dandini est auteure, journaliste et animatrice pour la télévision italienne. Elle crée dès les années 1980 des émissions radiophoniques et télévisées satiriques et innovantes où elle lance la carrière d’artistes femmes très populaires en Italie. Engagée politiquement, elle y aborde des thèmes comme le travail, la corruption, la sauvegarde de la planète. Entre 2012 et 2013 elle met en scène son premier texte pour le théâtre, Ferite a morte (Rizzoli, 2013), inspiré de faits divers de violences subies par les femmes. Ce texte est encore aujourd’hui en tournée en Italie et dans le monde. Il est traduit pour la première fois en français.

Cf. Voir url : http://pum.univ-tlse2.fr/~Ferite-a-morte-Blessees-a-mort~.html

 

 

Pour citer ce texte

Laure Delaunay, « Ferite a morte – Blessées à mort*: quand la littérature guide les convictions profondes ou comment réconcilier les féministes favorables à la question de la violence faite aux femmes et celles qui s’engagent dans le combat Queer, gay et lesbien », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 13 avril 2016. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/blessee-a-mort.html

 

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8 avril 2016 5 08 /04 /avril /2016 09:54

 

Poème pour la 2ème thématique :

 

Les aventurières, orientalistes, occidentalistes, voyageuses, nomades, rêveuses en poésie, etc.

 

 

Harcelée

 

 

 

Dina Sahyouni

                      

 

Ces lignes sont dédiées à toutes les femmes, dites Orientales, qui subissent des violences psychiques et/ou des descriminations.

Pardon aux vrais loups qui sont des animaux magnifiques...

 

 

 

Dans l'impasse des idées fugitives

dans l'antre de l'objectivité

le sensible se dérobe

et les idées se broient...

 

 

dans l'impasse des idées fugitives

dans l'antre des lumières

l'orientale se fait descendre

Silence. On tue là-bas

Silence

Action

On tue sournoisement là-bas

 

 

Dans l'antre de leurs furies et complexes

l'orientale devient l’écho de leurs humiliations

l'orientale dans l'impasse de leur harcèlement moral

et discriminations à tout va

demeure debout, crie sa victoire

elle est là, debout et comme la tortue

de la fable de La Fontaine

avance dans la pertinence des idées et

les meutes des loups s'acharnent au loin

 

 

 Poème écrit le 14 août 2013 à 11 h 25
 
 
 
Pour citer ce poème
 
Dina Sahyouni, « Harcelée », Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : Événement poétique « Megalesia 2016 » [En ligne], mis en ligne le 8 avril 2016. Url :  http://www.pandesmuses.fr/2016/04/harcelee.html
 

 

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***

Pour citer ce poème

 

Dina Sahyouni, « Harcelée », Le Pan poétique des muses|Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : « Le calendrier 2018 des poèmes pour lutter contre les violences faites aux femmes, enfants & minorités », mis en ligne le 3 novembre 2017. Url : http://www.pandesmuses.fr/2016/04/harcelee.html

 

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