23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 05:30

 

 

Traduction 

Version originale 

 

Cinq poèmes inédits

 

 

 

Baiser, Souvenir, Fidélité,

 

 

Femme & Écrire dans le noir


Poèmes de Mario Portillio Pérez traduits de l’espagnol

 

 

Nadine Le Lirzin

 

 

 

Baiser

 


   

Tu m’embrasses/et je grave sur tes lèvres ma dédicace.

Je t’embrasse/et j'écris dedans mes lèvres ton histoire.

 

 

 

 

Souvenir


 


Je me souviens que j’écoutai le calme

de tes cheveux pendant que tu dormais,

chemin d'un automne interminable

au parfum de feuilles qui chutent.

 

Je dissipai les caresses à la brise de mes mains

vers les étangs limpides de tes seins,

comme s’ils formaient un paysage à part.

 

Et je sauvai une fleur

du silence

d’entre tes cuisses.

 

Papillon fut ton sourire

posé sur ma bouche.

Te dénudant je revêtis ma peau de toi.

Au creux de ton corps

je semai un cœur.

 

 


   

Fidélité

 

 


Je ne nomme rien quand

sur ta peau j'écris.

Le frottement

de mes mots

est au-delà

d’un quelconque contact.

 

Écrire c'est te réchauffer

tandis que j’invente

ta nudité entre mes mains.

 

 

 


 

Femme

 

 


En la beauté tu existes

parce que ma bouche

/te nomme.

 

Figure que mes mains

esquissent/estompent

jusqu’à toujours atteindre

au merveilleux de notre union.

 

Il se peut que cela m’emporte

toutes les nuits

à contempler le sublime

de ta présence.

 

Femme,

ton corps est mon âme.

Si tu le désires,

dans mon cœur

tu peux garder vie.

 

 

 


Écrire dans le noir


 


Écrire dans le noir,

quand les idées restent vives

et les pulsations s’accélèrent.

 

Écrire pour opacifier le silence,

écrire sur les pages d’un journal,

écrire sur des feuilles épargnées,

écrire par-dessus les murs,

écrire à l’accueil des sentiments,

écrire impunément, sur d'autres livres,

par-dessus leurs signes.

 

Écrire pour traduire une caresse,

écrire jusqu'à ce que la feuille se consume,

écrire pour que l'encre

concrétise ma voix,

parce qu’elle a tant à te dire,

et n'ose pas.

 

Écrire pour toi dans le noir

en attendant qu’un jour

la lumière de tes yeux embrase enfin mes lettres.

 

    

 

Pour citer ces poèmes

 


Nadine Le Lirzin, « Baiser, Souvenir, Fidélité, Femme & Écrire dans le noir. Poèmes de Mario Portillio Pérez traduits de l’espagnol »,   in Le Pan poétique des muses|Revue internationale de poésie entre théories & pratiques : « Poésie, Danse & Genre » [En ligne], n°1|Printemps 2012, mis en ligne en Mai 2012.

URL. http://www.pandesmuses.fr/article-baiser-souvenir-fidelite-105335883.html ou URL.  http://0z.fr/cUblD

   



 

 

 

Pour visiter les pages/sites de l'auteur(e) ou qui en parlent

 

 


http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=auteurs&obj=artiste&no=19582

 

 

 

Auteur(e)

 


 

Nadine Le Lirzin


 

 

Nadine Le Lirzin, traductrice, née le 30 juin 1962, tente d’offrir un port accueillant aux mots nés en d’autres contrées, d’autres langues. Les vents qui les lui soufflent proviennent souvent d’Italie. 

Traductions : Carlo Ossola, Le Continent intérieur, Paris, Éditions du Félin, à paraître en 2012; Georg Christoph Lichtenberg, 62 manières d’appuyer sa tête sur le coude : cartographie de la mélancolie, nouvelle traduction en collaboration avecRoger RoquesetGudrun S., Toulouse, Champavert éditeur, 2012 ; Carlo Ossola,En pure perte : le renoncement et le gratuit, Paris, Payot-Rivages, « Rivages poche/Petite Bibliothèque », 2011 ; Mariapaola Fimiani,Le Sommeil événementiel, in Éthique, esthétique, communication technologique dans l’art contemporain ou le destin du sens, sous la direction deMario CostaetFred Forest, Paris, L’Harmattan, « Les Médias en actes », 2011, p. 97-109 ; Carlo Ossola, « Seul en communion », préface à Dag Hammarskjöld, Jalons, Paris, Éditions du Félin, « Félin Poche », 2010 ; Mariapaola Fimiani,Érotique et Rhétorique : Foucault et la lutte pour la reconnaissance, Paris, L’Harmattan, « L’Ouverture philosophique », 2009 ; Mariapaola Fimiani,Le Sommeil événementiel, intervention au Colloque international des 12 et 13 décembre 2008 :Éthique, esthétique, communication technologique ou le destin du sens, BnF et INHA, actes en ligne sur le site Leonardo Olats, 2009 ; Carlo Ossola, Leopardi : préludes et passions, in Id.et al.,La Conscience de soi de la poésie, sous la dir. d’Yves Bonnefoy,Colloques de la fondation Hugot du Collège de France (1993-2004), Paris, Éditions du Seuil, « Le Genre humain », n° 47, 2008, p. 235-268; Roberto Esposito, Catégories de l’impolitique, Paris, Éditions du Seuil, « L’Ordre philosophique », 2005. Et bien d'autres...

 


         

 

 

 

   

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