15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 17:12

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | I. Le merveilleux féerique au féminin | Poésie des aïeules/Astres & animaux | Travestissements poétiques

 


 

 

​​​​​

 

 

La nature

 

​​

 

 

 

 

 

Zoé Fleurentin (1815-1863)

Poème choisi & transcrit avec un commentaire par Dina Sahyouni

 

 

 

 

​​​​​Crédit photo :  Fleurs, Feuillages sous la pluie, Rain drop n° 5, domaine public, Wikimedia.

 ​​​​

 

 

Je suis la splendide nature,

J'ai les grands fleuves pour colliers,

Et de mes palais de verdure

Les chênes verts sont les piliers.


 

 

Le feu rouge de ma narine

Bout dans les cratères béants,

Et les flots noirs des océans

Dorment bercés sur ma poitrine.

 


 

Je donne l'être à toutes choses

Avec un funèbre soupir ;

C'est moi qui fais germer les roses

Et c'est moi qui les fais mourir.


 

 

Mais si je cache dans les tombes

Fleur sans arôme et corps glacés,

Au printemps, sur les trépassés,

Je fais murmurer les colombes !


 

 

Au loin, dans les espaces mornes,

Aussi loin que va le ciel bleu,

J'étends ma puissance sans bornes

Qui se dresse en face de Dieu !


 

 

Quand il menace d'une entrave

Mon front caché dans les cieux clairs,

Pour répondre à ses blancs éclairs

Mes volcans font fumer la lave !


 

 

De l'infini perçant les voiles,

J'allume d'un souffle vainqueur

Les feux scintillants des étoiles,

Astres d'or qui tournent en chœur.


 

 

Ô cieux, à la fauve ceinture !

Contemplez mes fils infinis

Dont la voix, en hymne bénis,

Chante l'éternelle nature.

 

 

 

Le poème ci-dessus provient de FLEURENTIN, Zoé (1815-1863), Poésies élégiaques (Ancienne élève de la Maison impériale de Saint-Denis), Paris, au bureau de la revue de la Province, C. VANIER, Libraire-Éditeur, 25 rue de Buffault, 1861, pp. 15-16. Ce recueil de poèmes appartient au domaine public.

 

Cette poète lyrique ou lyreuse* se glisse dans la peau de la mère nature dans toute sa puissance et sa splendeur pour en faire l'éloge et pour dévoiler certaines de ses féeries. Ce poème élogieux mérite notre attention puisqu'il met en lumière l'importance de la nature dans la psychologie humaine et dans le processus de la création poétique.

 

 

***

 

Pour citer ce poème élogieux de l'aïeule 

 

Zoé Fleurentin« La nature », extrait de FLEURENTIN, Zoé (1815-1863), Poésies élégiaques, (1861), a  été choisi & transcrit avec un commentaire par Dina Sahyouni pour Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 15 juin 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/zf-lanature

 

 

 

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15 juin 2022 3 15 /06 /juin /2022 14:53

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | II. Le merveilleux féerique féministe | Florilège & Recueil de nouvelles de Dicé | Avant première 

 

 

 

 

 

 

 

 

Astarté l’immortelle

 

 

 

 

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Mona Azzam

 

 

 

 

Crédit photo :  la déesse "Astarté l’immortelle", Commons, domaine public.

 

 

 

Le monde a soif d’amour : tu viendras l’apaiser



 

Aux confins d’une terre de Phénicie, en des temps oubliés où frémit par miracle le murex, colorant l’horizon de ses couleurs pourpres, il est un lieu dont les remparts résistent encore, face aux assauts des innombrables conquérants. 

Adossée à une falaise, ceinte par la Méditerranée aux voiles bleu camaïeu, Byblos abrite en secret une déesse. 

Il suffit parfois, aux premières lueurs de l’aube, aux creux de multiples cristallisations de sel, de discerner sa silhouette qui surgit, drapée dans des voiles qui embaument la fleur d’oranger au parfum inouï et entêtant. 

C’est ainsi que je l’aperçus, un matin de mai, créature mythique qui alimente tant de légendes. 

Astarté, comme l’on se plaît à la nommer en langue punico-phénicienne ; Ishtar pour les Babyloniens, Oum chez les Carthaginois. 

Astarté l’immortelle. 

 

Était-ce une vision ? Une création onirique ? Était-ce une de mes innombrables pérégrinations dans cet univers de l’Ailleurs où je puise mon inspiration ? Ou n’était-elle que mon double, celle que j’aurais voulu être, si j’avais été une déesse ? 

Mais… qu’importe, après tout ? Qu’importe ? 

Astarté me fait face. Aussi réelle qu’une chimère. Aussi humaine qu’une déesse dont la détermination se lit sur le parchemin de son visage. Un parchemin aussi parfait qu’une statue de marbre. 

Enfourchant un cheval blanc, elle surgit des eaux, avance vers moi à grands galops. Comme si c’est pour moi qu’elle est de retour. Comme si, par-delà les siècles, elle se savait attendue. 

Et comme si le temps s’était suspendu, figé quelque part en une parenthèse hors du temps des humains ; comme si le monde extérieur, sans prévenir, s’en était résolu à s’évanouir, la voici qui vient à moi, pauvre mortelle. 





 

Astarté l’immortelle, porteuse d’un papyrus qu’elle tend vers moi avec fermeté, ses yeux couleur de bleu profond rivés aux miens. 

Soudain, comme si cela n’avait été qu’un mirage, je me retrouve seule sur le port de Byblos.

À l’heure où les premières felouques de pêcheurs entrent dans le port, autour de moi, c’est le silence. La ville dort encore. Seule la mer ronronne telle une amante qu’une nuit de passion a comblée. 

Je me laisse un moment bercer par ses soupirs de plaisir, les yeux clos, savourant ce calme matinal dont je sais qu’il ne va pas durer. 

Bientôt, les clameurs des pêcheurs habiteront le port et les haleines du vent répandront sur les pierres séculaires une senteur iodée de poissons frétillants. 

Ont-ils croisé Astarté au cours de leurs périples ? Les pêcheurs ont-ils décelé la présence de cette déesse dont ils se plaisent à répéter qu’elle est leur protectrice ? Je ne sais. Comment savoir ? 

Tout ce que je sais, c’est qu’elle est venue à moi et qu’elle a disparu. Évaporée dans le sel de la mer. 

Elle est venue à moi, pourtant. Preuve en est, le papyrus qu’elle m’a confié, sans prononcer un mot. Et dont j’ignore, pour l’heure, le contenu. 

À vrai dire, j’ai peur de dénouer le lien en sépia qui enserre les feuillets qui y sont enfermés. 

Je crains d'abîmer même sans le vouloir, ce trésor dont je devine la valeur. Trésor inestimable. 

Quel sacrilège ce serait si, par un geste maladroit et malencontreux, je venais à le détruire. 

Paradoxalement, la curiosité me dévore et j’ai du mal à lutter contre cette envie grandissante de déchiffrer ces signes venus d’un temps autre et qui m’ont été confiés par une déesse. Et pas n’importe quelle déesse. Astarté l’immortelle. Aussi immortelle que ce papyrus. Aussi immortelle que l’écriture. 

En dépit de mon impatience, je décide d’agir avec prudence. Je quitte le ponton, désireuse de trouver un abri tranquille. Mes pas me portent vers les ruelles de la vieille ville déserte, à cette heure matinale. 

Je traverse le Souk encore endormi. D’ici peu, il grouillera de vie. Comme depuis toujours. Comme depuis plus de 7000 ans. 

Tout en déambulant, en quête de l’endroit propice à ma lecture, il me revient à l’esprit que Byblos (Jbeil en libanais)  doit son nom aux Grecs qui l’ont baptisée ainsi parce que c’est d’ici-même, depuis ce port, qu’ils importaient le papyrus.




 

Tout à coup, tout prend sens. Il n’y a guère de hasard. 

Byblos, le papyrus ; Astarté, le papyrus. 

Le seul maillon manquant de la chaine, c’est moi. 

Pourquoi moi et pas une autre ? 

Pourquoi moi ? 

Cette question me taraude à présent de manière incessante. Si incessante que c’est à peine si je m’aperçois que je suis arrivée devant le sarcophage de Hiram. Celui-là même où est gravée la plus ancienne transcription phénicienne. L’origine de notre alphabet contemporain. 

Soudain, l’évidence. 

C’est ici, en ce lieu et nulle part ailleurs que je prendrai connaissance du secret que recèle le papyrus d’Astarté. 

Il est des évidences qui s’imposent d’elles-mêmes et n’ont nul besoin d’être expliquées. 

 

Je m’assois à même le sol. Les doigts tremblants, j’entreprends de défaire le lien en sépia qui s’effrite presque et se dénoue. 

Sous mes yeux ébahis, une vingtaine de pages écrites en phénicien.

Fort heureusement, à la vue des premiers signes, je suis en mesure de les déchiffrer, même si cela nécessitera du temps. 

Sans doute Astarté savait-elle que je prendrai le temps. 

Sans doute. Car du temps, pour une fois, j’en ai. 

 

Je pris le temps. Je le lus ; le relus. Et je saisis le message qu’Astarté avait tant voulu me transmettre en me confiant son papyrus. 

Il s’agit d’un conte. Qui sera retranscrit un jour, peut-être. Retransmis peut-être. Et qui revêtira quelquefois les pierres immortelles de Byblos de mille et un soleils. 

 

© Mona Azzam



 

 

***

 

Pour citer cette nouvelle féministe inédite

 

Mona Azzam, « Astarté l'immortelle », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin » & Recueil collectif de nouvelles de Dicé « Ah ! si j’étais une déesse », mis en ligne le 15 juin 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/ma-astartelimmortelle

 

 

 

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10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 16:26

 

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | Astres & animaux

 


 

 

 

 

 

 

Le mois de mai

 

 

 

 

 

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Mariem Garaali Hadoussa

 

Artiste plasticienne & poète

Présidente de lassociation "Voix de femme nabeul"

​​​​

 

 

 

Crédit photo :  Un rosier fleuri, domaine public, Commons. 

 

 

 

J'aime la douceur du mois de mai

Les boutons de fleurs en éclosion

Une joyeuse palette s'offrant au

Regard ébloui

Des fragrances se répandent

Dans les airs traînant un voile

Indicible

Le mois de mai nous tire ainsi

Du froid rigide de l'hiver

Des maux des os et des sinus

Pour nous baigner

Dans une nature chaleureuse

Pleine de charme qui invite

Aux longues randonnées

Avec pique-niques et rigolades

 

 


 

En mai je me laisse

Envoûter par la brise

Tendrement légère

Emporter par les chants

Des oiseaux amoureux

Qui s'élèvent dans les airs


 

 

En mai j'adore marcher

Au bord de mer

Et tremper mes pieds

Dans son eau encore fraîche


 

Oui je me sens renaître en mai

Et comme cela ne dure qu'un mois l'éphémère laisse un arrière goût

De mélancolie qui nous rattrape

Avec les longues journées

De juin et ses angoisses

 

 

© Mariem Garaali Hadoussa, 25 mai 2022.

 

 

***


Pour citer ce poème inédit

 

Mariem Garaali Hadoussa, « Le mois de mai », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin »mis en ligne le 10 juin 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/mgh-moisdemai

 

 

 

 

 

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LE PAN POÉTIQUE DES MUSES - dans Megalesia Nature en poésie Amour en poésie
10 juin 2022 5 10 /06 /juin /2022 13:50


Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | Astres & animaux 

 

 

 

 

 

 

la pluie toute la journée

 

 

 

 

 

 

 

 

Françoise Urban-Menninger

 

Blog officiel : L'heure du poème

 

 

 

 

Crédit photo : "Falling Rain in Mexico", image Commons, domaine public. 

 

 

 

 

la pluie toute la journée

a effilé son long collier

de larmes argentées

 

 

des lacs se sont formés

dans les jardins détrempés

où le temps s’est mis à flotter

 

 

tout le bleu du ciel s’est renversé

sur nos âmes éplorées

car plus rien ne pouvait arrêter

 

 

cette immense coulée

où nous nous sommes noyés

dans notre rêve d’éternité

 

 

 

 

© Françoise Urban-Menninger, 9 juin 2022.

 

 

 

***

 

Pour citer ce poème inédit

 

​Françoise Urban-Menninger, « la pluie toute la journée », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 10 juin 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/fum-pluietoutelajournee

 

 

 

 

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4 juin 2022 6 04 /06 /juin /2022 15:54

Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 | I- Le merveilleux féerique au féminin | Florilège 
 

 

 

 

 

 

Luisantes aurores

 

 

 

 

 

 

 

Poème & dessin

 

Mokhtar El Amraoui

 

 

 

 

 

© Crédit photo :  Mokhtar El Amraoui, "Luisantes aurores".

​​​​​

 

 

 

Le grain qui germa dans le sillon de ta chaleur

 

A fermé toutes les portes de l’oubli.

 

Ses fleurs récitent les cantiques des mains

 

Qui portent les cieux d’oiseaux libérateurs.

 

Tes yeux les protègent, nids de musique et d’amour,

 

Pour les guider toujours vers d’autres semences,

 

En étoiles suant de roses et de belles attentes,

 

En quais d’aurores luisantes,

 

Ors de levers et de rires partagés !



 

© Mokhtar El Amraoui dans « Le souffle des ressacs ».

 

***

 

Pour citer ces poème d'amour & dessin inédits

 

 

​Mokhtar El Amraoui (poème & dessin), « Luisantes aurores », Le Pan Poétique des Muses | Revue féministe, internationale & multilingue de poésie entre théories & pratiques : Événements poétiques | Festival International Megalesia 2022 « Les merveilleux féeriques féministe & au féminin », mis en ligne le 4 juin 2022. Url :

http://www.pandesmuses.fr/megalesia22/mea-luisantesaurores 

 

 

 

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